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samedi, mai 06, 2017

POLITIQUE QUÉBÉCOISE Pierre Moreau s’en prend à Québecor

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Le PLQ est victime d'acharnement politico-médiatique, accuse le ministre

4 mai 2017 | Marco Bélair-Cirino - Correspondant parlementaire à Québec | Québec
Le président du Conseil du trésor, Pierre Moreau, a dit tout haut mercredi ce que répètent tout bas ses confrères depuis quelques semaines : Québecor média ne ménage aucun effort pour discréditer le Parti libéral du Québec. « Ça ressemble […] à un tir groupé qui est presque une position politique à l’encontre du parti qui représente le gouvernement », a-t-il déclaré lors d’une mêlée de presse à l’Assemblée nationale.
 
Photo: Capture d'écranViolette Trépanier
Le ministre s’était fait interpeller quelques minutes plus tôt sur la une du Journal de Montréal et du Journal de Québec sur laquelle apparaissait une photo de l’ancienne directrice du financement du PLQ, Violette Trépanier, assortie du titre « Les secrets de Violette » en gros caractères.
 
M. Moreau a reproché au bureau d’enquête de Québecor média d’avoir conclu de façon prématurée que Mme Trépanier « n’a pas dit toute la vérité » lors de sa comparution à la Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction en juin 2014.
 
À la question du procureur Paul Crépeau « Y a-t-il des gens qui vous ont remis des curriculum vitae lors d’activités de financement [du PLQ] ? », Mme Trépanier avait répondu sous serment : « Dans mes treize ans, c’est peut-être arrivé cinq, six fois, et c’était toujours des postes non rémunérés. » Elle a aussi nié avoir promu la candidature de donateurs ou de membres du PLQ à des postes d’administrateurs d’organismes publics.
 
Après avoir passé au crible des courriels signés par Mme Trépanier, Le Journal soutient qu’elle a obtenu au moins seize CV de personnes désireuses de siéger à des conseils d’administration, et ce, seulement en 2007-2008.
 
L’ex-ministre déléguée à la Condition féminine « aidait des donateurs libéraux à se rapprocher du pouvoir », suggère Le Journal dans sa dernière livraison.
 
M. Moreau s’est désolé de voir la presse « tirer des conclusions de renseignements qui sont essentiellement parcellaires ». « En médecine, je pense qu’on appelle ça de l’acharnement thérapeutique, c’est-à-dire qu’on beurre épais pas mal », a-t-il déclaré, jetant le doute sur les motivations profondes de membres de l’équipe de reporters de Québecor. « Il y a un dessein, dont on commence à cerner les contours », a-t-il spécifié.
 
Les « enquêtes » devraient être la chasse gardée de la police, a aussi soutenu Pierre Moreau mercredi. Contrairement aux journalistes, les policiers ont, « eux », « la fonction d’aller au fond des choses ». « Chacun son métier, les vaches seront bien gardées. »
 
Par ailleurs, le ministre a parlé de supposées dissensions au sein du bureau d’enquête de Québecor média. « Privément, je reçois des messages de gens qui sont désolés. Eh bien, les personnes désolées et moi, privément, on sait qu’elles sont désolées, mais publiquement elles ont fait un grand spectacle pendant des heures qui n’allait pas dans le sens du fait qu’elles étaient désolées », a-t-il lancé à la presse. Il faisait alors allusion à un reportage diffusé la semaine passée le dépeignant comme le complice de Schokbeton et de Violette Trépanier. TVA Nouvelles n’avait pas ses explications dans la première version de son reportage, selon lui.
 
Le chef du bureau d’enquête au Parlement, Antoine Robitaille, a préféré ne pas commenter. Autrement, « ça détourne[rait] l’attention des reportages » de Québecor média.
 
La Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) a également réservé ses commentaires.
La liberté d’expression ne permet pas de dire tout ce qui nous passe par la tête. La liberté de la presse, ce n’est pas de bâcler son travail.
Pierre Moreau, en marge de la Journée mondiale de la liberté de la presse
Climat de suspicion
 
Plusieurs libéraux ont été piqués au vif par des gazouillis du président et chef de la direction de Québecor, Pierre Karl Péladeau — l’ex-chef péquiste soulignait le travail « essentiel » du bureau d’enquête —, et sa tournée des locaux de Québecor à la Tribune de la presse il y a une semaine.
 
Pourtant, ils avaient souhaité la meilleure des chances à l’homme d’affaires lorsque celui-ci a repris les commandes de Québecor en février dernier. « Il n’est plus en politique, alors M. Péladeau a le droit de faire ce qu’il souhaite de sa vie. Puis, je pense que c’est un homme d’affaires qui est très intégré à Québecor », avait déclaré M. Moreau.

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Le vieux singe

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Michel David
6 mai 2017 |Michel David | Québec | Chroniques
On n’apprend pas à un vieux singe à faire la grimace, et Robert Lafrenière en est un. Jeudi, il en était à sa douzième comparution devant une commission parlementaire, dont neuf en six ans à titre de grand patron de l’UPAC. De son propre aveu, il est devenu une sorte d’expert en la matière. Il sait parfaitement ce qu’il faut dire et ne pas dire. Ce n’était ni le moment ni le lieu des grandes révélations, mais l’habileté de son témoignage avait de quoi impressionner.
 
Aussi longtemps que le choix du commissaire de l’UPAC et du directeur de la SQ sera à la discrétion du gouvernement, sans l’approbation des deux tiers de l’Assemblée nationale, il s’en trouvera toujours pour douter de leur indépendance. Une méfiance que l’habitude des allers-retours entre la police et le ministère de la Sécurité publique n’est pas de nature à atténuer.
 
M. Lafrenière n’en avait pas moins des airs d’Eliot Ness durant son interrogatoire. À l’entendre, rien, ni personne, ne pourrait l’empêcher de passer les menottes à tous ces mécréants. « Il n’y a jamais eu de tentative de m’influencer en six ans. Celui qui essaierait, ce serait catastrophique pour lui, tout se sait. » À bon entendeur, salut !
 
Même les députés de l’opposition, qui l’attendaient de pied ferme, ont paru rassurés par sa volonté de mener à terme l’enquête Mâchurer, qui vise Jean Charest et son collecteur de fonds, Marc Bibeau, et de transmettre le dossier à la Direction des poursuites criminelles et pénales (DPCP), peu importe les conséquences politiques. Autrement dit, s’il n’y a pas d’accusations, ce n’est pas lui qu’il faudra blâmer.
 
Les explications qu’il a données pour justifier la lenteur de l’enquête étaient très convaincantes. Tout le monde comprendra que des gens menacés d’être traduits devant les tribunaux vont utiliser tous les moyens légaux possibles pour faire traîner les choses. Bref, un remarquable plaidoyer.
 
Le déplaisir que lui ont causé les fuites dont les médias de Québecor ont bénéficié était tout aussi manifeste, comme sa détermination à mettre la main au collet du « bandit » qui en est à l’origine. À aucun moment il n’a cependant mis en doute l’authenticité des courriels et autres documents qui ont été publiés.
 
Contrairement à Pierre Moreau, M. Lafrenière s’est bien gardé d’adresser le moindre blâme aux médias. Il ne voudra jamais admettre que ces fuites ont pu avoir un effet positif, mais il peut maintenant avoir l’assurance que personne au gouvernement n’osera lui suggérer de modérer ses ardeurs.
 
On peut facilement comprendre la frustration des libéraux, qui assistent impuissants à l’étalage de leur turpitude, mais le procès d’intention que le président du Conseil du trésor a intenté à Pierre Karl Péladeau ne peut qu’être contre-productif. Soit, M. Péladeau aurait pu avoir la satisfaction plus discrète, mais tout le monde se souvient que, n’eussent été les enquêtes journalistiques, le gouvernement Charest n’aurait jamais accepté de créer la commission Charbonneau. M. Moreau a peut-être marqué des points au sein de son caucus, mais donner l’impression de vouloir intimider la presse était la dernière chose à faire.
 
La bonne nouvelle pour les libéraux est que les allégations du président de la Fraternité des policiers de Montréal, Yves Francoeur, semblent se dégonfler. Le commissaire de l’UPAC et le directeur de la SQ, Martin Prudhomme, ont été aussi catégoriques que la DPCP l’avait été la semaine dernière : ils n’ont pas trouvé la moindre trace de ces écoutes électroniques dont deux élus libéraux soupçonnés d’avoir favorisé un promoteur immobilier lié à la mafia auraient fait l’objet.
 
D’éventuelles poursuites contre Jean Charest causeraient évidemment un tort considérable à l’image du PLQ, mais M. Couillard pourrait encore plaider que cela appartient au passé, si détestable qu’il ait pu être. Les choses se compliqueraient si un député qui siège actuellement à l’Assemblée nationale, voire au Conseil des ministres, était épinglé. Les manigances de Sam Hamad et de Marc-Yvan Côté pour favoriser Premier Tech remontaient aussi à l’ère Charest, mais M. Couillard a quand même jugé nécessaire de sacrifier M. Hamad sur l’autel de l’intégrité.
 
Le premier ministre disait récemment qu’il croyait avoir fait des adieux définitifs à la politique quand il a quitté le cabinet Charest en 2008. À l’époque, il n’était pas disposé à vivre le long purgatoire qui aurait normalement dû suivre la défaite de 2012, comme cela avait été le cas après celles de 1976 et de 1994. Il a repris du service quand il s’est rendu compte que la marque libérale avait été moins amochée qu’il l’avait craint au départ. Il y avait néanmoins un prix à payer pour ce raccourci vers le pouvoir, celui de devoir assumer le poids d’un passé trop récent. Un prix qui ressemble quand même à une aubaine.

mercredi, avril 26, 2017

L’UPAC cherche la source de la fuite sur Charest

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26 avril 2017 | Marie-Michèle Sioui - Correspondante parlementaire à Québec
L’ancien premier ministre Jean Charest affirme qu’on veut «porter atteinte à sa réputation».
L’ancien premier ministre Jean Charest affirme qu’on veut «porter atteinte à sa réputation».
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir

Le gouvernement Couillard a insisté mardi sur l’importance de découvrir la source qui a permis la mise au jour de détails d’une enquête de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) sur l’ex-premier ministre Jean Charest, disant s’inquiéter davantage de l’intégrité du processus judiciaire que des soupçons pesant sur l’ancien chef du Parti libéral du Québec (PLQ).

En fin de journée, l’UPAC a fait part d’inquiétudes semblables à celles formulées par les troupes de Philippe Couillard : elle a commandé une enquête interne « afin d’identifier l’origine de la transmission de documents confidentiels qui a permis la diffusion publique de certains éléments d’une enquête criminelle active ».

L’annonce de l’organisation de la lutte contre la corruption est venue clore une journée agitée à l’Assemblée nationale. Le gouvernement Couillard a essuyé des attaques de tous les partis au lendemain de révélations de TVA voulant que Jean Charest et l’ancien collecteur de fonds libéral Marc Bibeau eussent été ciblés par des enquêtes de l’UPAC jusqu’à l’an dernier.

« Maintenant, à moins que mon collègue ne me signale un seul cas, un seul cas qui touche le gouvernement que je dirige depuis 2014 et le parti que je dirige depuis mars 2013, je ne vois pas l’utilité de pousser cette discussion plus loin. Les autorités en prendront acte », a finalement déclaré Philippe Couillard, pressé de questions au Salon bleu. Il avait auparavant esquivé une demande du Parti québécois, qui exigeait d’entendre MM. Charest et Bibeau, sous serment, dans une commission parlementaire.

« Aujourd’hui, il y a des milliers de travailleurs forestiers et leur famille qui se demandent de quoi leur avenir va avoir l’air. Aujourd’hui, nous, on est aux côtés des travailleurs forestiers », avait ainsi répondu le premier ministre.

Jean Charest réaffirme son innocence

Selon les informations de TVA, l’enquête qui aurait entraîné la surveillance de Jean Charest et de Marc Bibeau concernerait notamment le financement politique et l’octroi de contrats publics. Elle est encore en cours et n’a toujours pas été transmise au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) : elle n’a donc mené à aucune accusation jusqu’ici.

« Je prends acte de la déclaration du Directeur des poursuites criminelles et pénales à l’effet qu’“aucun dossier ne lui a été transmis”. Je ne ferai aucun autre commentaire, si ce n’est pour réaffirmer mon innocence face aux allégations qui circulent », a d’ailleurs affirmé l’ex-premier ministre et chef du PLQ, Jean Charest, par l’entremise de son avocat.

« Notre client est outré par le fait que de l’information apparemment obtenue en cours d’enquête, pourtant confidentielle, y compris des renseignements personnels, soit délibérément coulée dans les médias dans le seul but de porter atteinte à sa réputation, sur la foi de conjectures », a aussi fait savoir l’avocat de Marc Bibeau, Léon Moubayed.

En coulisses, on s’est inquiété que les fuites dans les médias ne fassent dérailler l’enquête de l’UPAC en plaçant MM. Charest et Bibeau sur leurs gardes. Officiellement, les rares élus libéraux qui ont commenté la nouvelle, comme le ministre de la Sécurité publique Martin Coiteux, se sont inquiétés de la préservation de « l’intégrité du système d’enquête et du système de justice ». « Mon inquiétude, ce n’est pas pour un parti politique. Mon inquiétude, c’est pour l’ensemble de ce système. S’il y a des gens qui ont commis des gestes graves, on veut qu’ils en répondent à la justice. [Pour cela], il faut que les enquêtes soient menées dans toute l’intégrité possible », a-t-il déclaré.

Le président du Conseil du trésor, Pierre Moreau, s’est inquiété de l’origine de la fuite dans les médias, précisant qu’il ne critiquait pas le travail de ces derniers. « Je ne vois rien dans les faits rapportés ce matin [mardi] qui constitue un geste répréhensible au plan pénal ou criminel, sauf le geste qui aurait été posé par une personne qui a prêté le serment de sauvegarder la confidentialité des informations dans le cadre d’une enquête et qui viole ce serment-là. Ça, ce serait un acte criminel », a-t-il avancé.

L’élu libéral s’est défendu de tenter de faire dévier le débat ou de proposer une chasse aux sources. « Le problème, a-t-il dit, c’est : d’où vient le document ? Qui l’a rendu public et est-ce que, ce faisant, il n’a pas commis un geste criminel ? »

Chercher les « patrons »

L’opposition n’a pas pointé le même « problème ». Selon le chef du PQ, Jean-François Lisée, l’enquête dévoilée dans les médias démontre la nécessité de faire témoigner MM. Charest et Bibeau publiquement. « C’est clair que ce n’est pas Nathalie Normandeau qui a organisé ce système-là, a-t-il déclaré au sujet de l’ex-vice-première ministre du gouvernement Charest, actuellement accusée de complot, de corruption, de fraude et d’abus de confiance. Si la vice-première ministre est accusée d’avoir participé à un système de corruption criminelle pour dévoyer des fonds publics, elle n’a pas inventé ce système-là, elle ne l’a pas dirigé seule, et le fait que l’UPAC essaie d’avoir des preuves sur M. Bibeau et M. Charest montre bien qu’elle cherche [à savoir] qui étaient les patrons de Mme Normandeau. »

La Coalition avenir Québec a plutôt tenté de contraindre le gouvernement à identifier les trois ministres ou députés dont les noms ont été voilés sur un diagramme policier qui illustrerait le financement politique illégal qui aurait eu cours au PLQ. « Ce tableau de l’UPAC nous apprend qu’il y a un lien entre Marc Bibeau et la nomination d’au moins trois ministres, a souligné la députée Nathalie Roy. Vous nous avez promis de la transparence ? Qui sont ces trois ministres ? » a-t-elle demandé à Martin Coiteux.

« On est au Québec, on est dans une société démocratique, on est dans une société de droit, nous ne sommes pas dans une république de bananes. Alors, on n’est pas dans une société où le gouvernement se met les deux pieds dans les enquêtes », a répliqué le ministre libéral.

Le député de Québec solidaire Amir Khadir a d’abord reconnu qu’à son avis, les méthodes de financement du PLQ ont changé. Il a cependant dénoncé la lenteur du processus judiciaire. « Quand la justice n’est pas rendue en temps utile, quand ce genre d’enquêtes là fait en sorte que la justice est défaillante, ça fait en sorte qu’on a encore un gouvernement libéral qui n’a pas rendu des comptes sur la corruption des moeurs politiques dont le suspect no 1 est M. Charest », a-t-il déclaré.

Jean-François Lisée en a rajouté. « Depuis un certain temps se pose la question de l’immunité libérale dans notre système de justice. L’immunité libérale, est-ce que ça existe ? […] Est-ce qu’il y a un système qui fait en sorte que la plus grande enquête de corruption de l’histoire politique du Québec n’arrive jamais à aboutir à la tête du réseau ? » a-t-il demandé.

Philippe Couillard a qualifié l’exercice du chef péquiste de « triste ». « Je rappelle d’ailleurs qu’il n’y a pas de jugements de tribunaux qui ont été prononcés encore. […] les institutions judiciaires de notre État jouent leur rôle de façon indépendante et il n’appartient ni à l’opposition officielle, ni à la deuxième opposition, ni à nous de nous immiscer dans leur travail », a-t-il insisté. Il a ensuite ajouté que, ce que les Québécois « veulent », c’est un « Québec plus prospère, un Québec où l’emploi se crée ».

samedi, avril 01, 2017

MARC-YVAN CÔTÉ AU PLQ Un fantôme tenace

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Brian Myles
1 avril 2017 |Brian Myles | Québec | Éditoriaux
La tenue d’une commission parlementaire est de mise pour clarifier le rôle joué par Marc-Yvan Côté dans la campagne à la chefferie du PLQ de Philippe Couillard.

L'homme a commencé sa carrière d’organisateur politique au temps des enveloppes brunes, et il l’a poursuivie jusqu’à l’ère du numérique et des courriels encombrants.
 
La feuille de route de Marc-Yvan Côté est entachée par les scandales, petits et grands. En 2005, il avait avoué son implication dans le financement illégal du PLC lors de la commission Gomery. Banni à vie du PLC, cet organisateur « radioactif » n’aurait jamais dû obtenir une deuxième chance comme organisateur politique.
 
C’était sans compter sur la générosité de sa première famille d’adoption, le PLQ, grâce à laquelle il a pu poursuivre une prolifique carrière à l’intersection du développement des affaires et de l’organisation politique.
 
De 2000 à 2012, il aurait agi comme l’un des principaux responsables du financement illégal au PLQ, avec les résultats que l’on sait. L’UPAC a mis fin à sa prodigieuse carrière, l’an dernier, avec son arrestation pour complot, fraude envers le gouvernement, corruption de fonctionnaires et abus de confiance. Il est toujours en attente de son procès.
 
Marc-Yvan Côté est un vieux fantôme qui hante la maison libérale depuis plus de 20 ans. Cette fois, une enquête du Journal de Montréal, courriels à l’appui, laisse entendre qu’il a joué un rôle dans l’organisation de la campagne à la chefferie du PLQ de Philippe Couillard, en 2012 et 2013.
 
Le premier ministre se décharge de toute responsabilité. De un, il avait demandé « personnellement » à Marc-Yvan Côté de se tenir à l’écart de sa campagne. De deux, il avait transmis la directive à l’équipe de direction de sa campagne. De toute évidence, quelqu’un, quelque part dans son organisation, n’a pas pris l’avertissement au sérieux.
 
M. Côté a aidé les organisateurs à repérer des délégués favorables à la candidature de M. Couillard. Au lendemain de sa victoire, une militante libérale, Lise Grondin, a envoyé un courriel au vieux routier. « Même si tu étais dans l’ombre, félicitations d’être toujours là, et encore là », lui écrit-elle.
 
Il est possible que Philippe Couillard n’ait rien su de l’implication de Marc-Yvan Côté dans sa campagne. Possible que celui-ci ait joué un rôle indirect et lointain. Possible, mais hautement improbable compte tenu des antécédents de ce collecteur et de l’ascendant qu’il exerçait sur les troupes libérales dans l’est du Québec. L’hypothèse la plus plausible, c’est que les organisateurs de Philippe Couillard, en dignes héritiers spirituels de Marc-Yvan Côté, n’ont pas pu se passer de ses précieux conseils.
 
Voilà une situation délicate pour les libéraux. Au pire, Marc-Yvan Côté était mêlé directement à la campagne de Philippe Couillard, ce qui contredirait des déclarations antérieures de la formation. En effet, le PLQ soutient que Marc-Yvan Côté a cessé de s’impliquer dans le parti en 2011. Au mieux, M. Côté jouait encore et toujours un rôle officieux d’artisan de l’ombre, ce qui en dirait long sur l’absence de jugement éthique des organisateurs « officiels » de M. Couillard.
 
Le premier ministre ne voit pas l’utilité d’une commission parlementaire pour clarifier cette situation encombrante. Si sa conscience est nette, comme il l’affirme, il n’aurait rien à craindre d’un exercice au cours duquel les élus de l’opposition se ridiculiseraient avec un tissu d’insinuations et de fausses rumeurs.
 
Cette commission permettrait d’entendre la version des principaux intéressés : Marc-Yvan Côté et les organisateurs de la campagne de M. Couillard, dont la crédibilité est mise en cause dans cette affaire.

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vendredi, novembre 11, 2016

UPAC Couillard nie toute ingérence

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11 novembre 2016 | Alexandre Robillard - La Presse canadienne à Québec
Le premier ministre Philippe Couillard
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne
Le premier ministre Philippe Couillard
Le premier ministre Philippe Couillard a nié, jeudi, toute ingérence de son cabinet dans les enquêtes de l’Unité permanente anticorruption (UPAC).

M. Couillard a reconnu que des échanges sont établis entre son personnel politique et les policiers, mais seulement lors de nominations, pour des vérifications de sécurité.

« Jamais, jamais il n’y a quelque communication entre mon cabinet et les forces policières au sujet de l’enquête, a-t-il dit en chambre. Il y a, comme c’est normal que ce soit le cas, des contacts pour les vérifications de sécurité qui entourent les nominations de membres du Conseil des ministres, ce qui est tout à fait régulier, normal. »

Liens suspects

Plus tôt, les partis de l’opposition se sont inquiétés des liens qui pourraient exister entre le bureau du premier ministre et le corps policier.

Leurs propos ont été inspirés par les allégations d’un ex-entrepreneur en construction, Lino Zambito, au sujet d’échanges entre l’UPAC et l’entourage de M. Couillard. M. Zambito a affirmé que les enquêtes de l’UPAC sont bloquées. Selon l’ex-homme d’affaires, le commissaire de l’UPAC, Robert Lafrenière, a des conversations fréquentes avec le directeur de cabinet du premier ministre, Jean-Louis Dufresne.

En point de presse, jeudi, le chef péquiste, Jean-François Lisée, a évoqué l’hypothèse que le bureau de M. Couillard soit en position de « caller les shots ». « Les allégations qui sont là aujourd’hui ouvrent des pistes [laissant entendre] que c’est peut-être le cas », a-t-il dit.

UPAC Couillard nie toute ingérence

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11 novembre 2016 | Alexandre Robillard - La Presse canadienne à Québec
Le premier ministre Philippe Couillard
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne
Le premier ministre Philippe Couillard
Le premier ministre Philippe Couillard a nié, jeudi, toute ingérence de son cabinet dans les enquêtes de l’Unité permanente anticorruption (UPAC).

M. Couillard a reconnu que des échanges sont établis entre son personnel politique et les policiers, mais seulement lors de nominations, pour des vérifications de sécurité.

« Jamais, jamais il n’y a quelque communication entre mon cabinet et les forces policières au sujet de l’enquête, a-t-il dit en chambre. Il y a, comme c’est normal que ce soit le cas, des contacts pour les vérifications de sécurité qui entourent les nominations de membres du Conseil des ministres, ce qui est tout à fait régulier, normal. »

Liens suspects

Plus tôt, les partis de l’opposition se sont inquiétés des liens qui pourraient exister entre le bureau du premier ministre et le corps policier.

Leurs propos ont été inspirés par les allégations d’un ex-entrepreneur en construction, Lino Zambito, au sujet d’échanges entre l’UPAC et l’entourage de M. Couillard. M. Zambito a affirmé que les enquêtes de l’UPAC sont bloquées. Selon l’ex-homme d’affaires, le commissaire de l’UPAC, Robert Lafrenière, a des conversations fréquentes avec le directeur de cabinet du premier ministre, Jean-Louis Dufresne.

En point de presse, jeudi, le chef péquiste, Jean-François Lisée, a évoqué l’hypothèse que le bureau de M. Couillard soit en position de « caller les shots ». « Les allégations qui sont là aujourd’hui ouvrent des pistes [laissant entendre] que c’est peut-être le cas », a-t-il dit.

vendredi, août 05, 2016

Normandeau de retour à la radio

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5 août 2016 |Florence Sara G. Ferraris 
L'ancienne vice-première ministre et animatrice de radio Nathalie Normandeau
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir
L'ancienne vice-première ministre et animatrice de radio Nathalie Normandeau

Après une pause de quelques mois, Nathalie Normandeau sera de retour à la radio à Québec dès septembre, cette fois derrière un micro de la station BLVD 102,1.

Joint par Le Devoir, le directeur de la programmation de la station, Dan Caron, a indiqué être très heureux de pouvoir annoncer cette nouvelle collaboration, insistant sur le grand talent de l’ancienne vice-première ministre du Québec. « Nathalie [Normandeau] est un talent de radio exceptionnel, c’est une femme de grand charisme et nous espérons qu’il s’agit là du début d’une longue collaboration », a-t-il affirmé sans hésitation.

Mme Normandeau sera seule à la barre de sa nouvelle émission. Tous les détails concernant le contenu et les collaborateurs seront dévoilés à la fin du mois d’août, lors du lancement de la programmation de la station.

Allégations de corruption

Nathalie Normandeau a été arrêtée en mars par l’Unité permanente anticorruption (UPAC), au cours d’une opération liée aux enquêtes sur le financement politique illégal. L’ancienne députée avait alors été suspendue, puis remerciée par Cogeco Média, qui l’employait comme animatrice au FM 93 aux côtés d’Éric Duhaime.

Interrogé à ce sujet, Dan Caron a indiqué que Mme Normandeau était « présumée innocente » et qu’il ne commenterait pas davantage le contexte judiciaire qui entoure sa nouvelle animatrice.

Rappelons également qu’en mai, Mme Normandeau a entamé des procédures judiciaires contre Cogeco Média, soutenant qu’elle a été congédiée illégalement. Selon elle, son licenciement a été fait sur la foi d’accusations, alors qu’elle bénéficie de la présomption 

vendredi, août 07, 2015

COLLUSION Gérald Tremblay savait, selon l'UPAC

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7 août 2015 19h58 |La Presse canadienne | Montréal
L’ancien maire de Montréal Gérald Tremblay participait en toute connaissance de cause au système de corruption.
Photo: Graham Hugues La Presse canadienne

L’ancien maire de Montréal Gérald Tremblay participait en toute connaissance de cause au système de corruption.
Selon des documents obtenus par Radio-Canada, l’Unité permanente anticorruption (UPAC) dit avoir des « motifs raisonnables » de croire que l’ancien maire de Montréal Gérald Tremblay connaissait l’existence du système de financement illégal de son parti, Union Montréal.
 
L’UPAC affirme également que la réélection de la formation politique du maire à Montréal était « nécessaire à la survie du système de collusion » mis en place.
 
Selon la société d’État, l’UPAC, qui a effectué la semaine dernière des perquisitions à la résidence et au chalet de l’ex-maire, cherchait des preuves que M. Tremblay était au courant du financement occulte de son parti politique.
 
La dénonciation en cour d’un enquêteur en vue d’obtenir un mandat de perquisition à la résidence de l’ex-maire dans l’arrondissement d’Outremont se base sur les déclarations de 11 témoins, rencontrés entre 2011 et le 21 juillet dernier. Notons toutefois qu’aucune des déclarations n’a été prouvée devant la cour.
 
Les agents de l’UPAC sont intervenus le 29 juillet dernier au domicile et au chalet de l’ex-maire qui a toujours répété qu’il n’était pas au courant. Mais les enquêteurs soutiennent qu’ils ont des preuves que M. Tremblay participait en toute connaissance de cause au système de corruption.
 
L’UPAC, selon Radio-Canada, était à la recherche de preuves de corruption, de complot, d’abus de confiance, de fraude et d’usage de faux documents. Le dossier de l’attribution du contrat des compteurs d’eau n’était donc pas le seul à justifier la demande de perquisitions.
 
Gérald Tremblay ne fait face à aucune accusation. De plus, une perquisition ne mène pas toujours à un procès criminel.
 
Les opérations ont été menées dans le cadre du projet FRONDE.

mardi, avril 14, 2015

UPAC 14 autres accusations contre l'ancien maire de Saint-Rémi

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14 avril 2015 08h33 |La Presse canadienne | Justice
Michel Lavoie, en 2003
Photo: Archives
 Le Devoir

Michel Lavoie, en 2003

Le Bureau de lutte à la corruption et à la malversation a autorisé le dépôt de 14 nouveaux chefs d’accusation à l’endroit de Michel Lavoie, l’ex-maire de Saint-Rémi, en Montérégie.

Michel Lavoie a donc été arrêté pour une troisième fois à son domicile, mardi matin, par les policiers du Service des enquêtes sur la corruption de l’UPAC.

Dans un communiqué, le commissaire à la lutte contre la corruption, Robert Lafrenière, écrit que la preuve recueillie démontre que lorsqu’il était maire, l’accusé serait indûment intervenu dans la promotion d’un projet de construction de desserte d’égouts. En s’immisçant dans ce projet, l’ex-maire se serait livré à des fraudes et à de l’abus de confiance tout en veillant à protéger ses propres intérêts pécuniaires.

Michel Lavoie a été arrêté en semblables matières par l’UPAC en décembre 2012 puis en octobre 2013. Les 14 chefs d’accusation déposés mardi s’ajoutent donc aux 4 chefs d’accusation d’abus de confiance, de fraude et de complot qui pèsent déjà sur lui.