jeudi, novembre 03, 2016

La SQ a surveillé les appels d'Alain Gravel, Isabelle Richer et Marie-Maude Denis pendant 5 ans

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Entrevue avec Alain Gravel

Le SPVM a surveillé les communications d'un autre journaliste en 2014

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PUBLIÉ IL Y A 46 MINUTES | Mis à jour il y a 26 minutes
Patrick Lalonde, assistant-directeur à la Direction des opérations du Service de police de la Ville de Montréal
Patrick Lalonde, assistant-directeur à la Direction des opérations du Service de police de la Ville de Montréal
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La SIQ, « c'est une gang de pas bons là-dedans » - Monique Jérôme-Forget

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La SIQ, « c'est une gang de pas bons là-dedans » - Monique Jérôme-Forget
© Reuters La SIQ, 
© Reuters La SIQ, « c'est une gang de pas bons là-dedans » - Monique Jérôme-Forget
EXCLUSIF - En toute franchise, Monique Jérôme-Forget a admis en entrevue que la Société immobilière du Québec dont elle avait la responsabilité n'était pas sa priorité au gouvernement. Elle se fiait au pdg et aux membres du conseil d'administration pour lesquels elle n'avait toutefois pas une grande estime.
« Sincèrement, ça ne m'intéressait pas. Peut-être que ça aurait dû m'intéresser. Moi, Monique Jérôme Forget, la SIQ ne m'intéressait pas », nous a avoué candidement l'ex-ministre libérale rencontrée dans sa demeure de Montréal cet été.
Bien qu'au moment de l'entrevue elle n'était pas au courant des détails de l'enquête de l'Unité permanente anticorruption (UPAC) sur de graves allégations de fraude, elle nous a dit avoir collaboré avec les policiers pour les aider dans leurs recherches sur la Société immobilière.
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Cette société d'État était sous sa responsabilité. Mme Jérôme-Forget fut présidente du Conseil du trésor de 2003 à 2008 et ministre des Finances de 2007 à 2009 dans le gouvernement de Jean Charest.
C'est durant cette période que des collecteurs de fonds du Parti libéral du Québec (PLQ) et l'ex-pdg de la SIQ se seraient partagé d'importantes sommes d'argent en marge de transactions immobilières effectuées par le gouvernement.
Pour assurer la bonne gouvernance de l'institution, Monique Jérôme-Forget se fiait aux gestionnaires et au conseil d'administration.
Pense-t-elle que des organisateurs politiques libéraux auraient pu contribuer à la nomination des membres du C. A. et peut-être même du pdg de la SIQ lorsqu'elle en était responsable?
« Sincèrement, je ne pourrais pas vous dire », dit-elle, ajoutant que personne de compétent n'était intéressé à être administrateur de la SIQ, un poste bénévole.
« Peut-être que je ne devrais pas dire ça, mais aller sur le conseil d'administration de la SIQ, ce n'est pas le plus prestigieux », explique-t-elle.
Elle-même ne voudrait jamais occuper cette fonction.
Fait troublant, tous les membres du conseil d'administration de la SIQ nommés avec l'arrivée du pdg Marc-André Fortier, en 2003, avaient un lien avec le PLQ (bénévoles, donateurs) ou avec les collecteurs de fonds Charles Rondeau ou Franco Fava.
« Quelqu'un qui connaît la construction, qui connaît la location, etc. Les gens qui sont bons ne voudront pas aller à Québec à la SIQ », ajoute M. Jérôme-Forget.
Résultat, les membres du C. A. de la SIQ étaient des incompétents, à son avis.
Des propos que rejette du revers de la main Claire Boulanger, qui était membre du conseil d'administration à l'époque.
« Nous avons eu le plaisir de la rencontrer peut-être trois minutes à son bureau. Elle n'avait vraiment aucune affinité pour la Société immobilière. Elle ne nous connaissait pas du tout. [...] Alors, je ne sais pas où elle prend ses propos que "c'est une gang de pas bons" », dit Mme Boulanger, ajoutant avoir siégé avec des gens de bonne foi, qui travaillaient fort et prenaient au sérieux leur mandat à la SIQ.
Selon Mme Boulanger, le conseil d'administration a été induit en erreur par Marc-André Fortier lorsqu'il était pdg.
Mise à pied de Marc-André Fortier
Si Monique Jérôme-Forget a embauché le pdg Marc-André Fortier en 2003, c'est aussi elle qui l'a renvoyé.
En 2008, le vérificateur général l'informe d'irrégularités dans les comptes de dépenses du pdg de la SIQ. On y retrouve des invitations à des parties de golf et des « dépenses absolument incroyables », se rappelle Mme Jérôme-Forget. Elle le met à pied sur-le-champ.
M. Fortier sera d'ailleurs poursuivi par son ancien employeur pour des dépenses injustifiées. Le tribunal l'a condamné à rembourser 75 000 $.
Lors de son procès, il a déclaré qu'il avait été nommé à la tête de la SIQ après avoir fait des représentations à des personnes « pesantes » au PLQ.
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« On m'a demandé de le rencontrer. Je n'ai pas été éblouie par M. Fortier, je dois vous avouer candidement », dit Monique Jérôme-Forget, se rappelant sa rencontre avec l'homme après la prise du pouvoir des libéraux en 2003.
Malgré tout, elle confirmera sa nomination qui lui est recommandée par le Secrétariat aux emplois supérieurs, qui relevait du premier ministre de l'époque, Jean Charest.
Avec la collaboration de Daniel Tremblay et de Jacques Taschereau
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PUBLIÉ IL Y A 17 MINUTES
Le député péquiste Stéphane Bergeron
Le député péquiste Stéphane Bergeron

Allégations de fraude impliquant des collecteurs de fonds du PLQ

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Une enquête de Marie-Maude Denis, Daniel Tremblay et Jacques Taschereau

Exclusif - Ce serait la plus importante fraude dans une société d’État au Québec et peut-être même au pays. Des collecteurs de fonds du Parti libéral et l’ex-pdg de la Société immobilière du Québec (SIQ) se seraient partagé d’importantes sommes d’argent lors de transactions immobilières.
La SIQ est peu connue, mais elle brasse de grosses affaires. Elle gère tous les bureaux du gouvernement du Québec à l'exception des réseaux de la santé et de l’éducation.
C’est-à-dire plus d’un million de mètres carrés d’espace… ou l’équivalent de 50 fois la superficie du Stade olympique.
Radio-Canada a appris que Marc-André Fortier, pdg de la SIQ de 2003 à 2008, et les collecteurs de fonds libéraux William Bartlett, Franco Fava et Charles Rondeau se seraient partagé près de 2 millions de dollars dans le cadre de prolongation de baux.
Plusieurs documents obtenus lors de notre enquête démontrent que la SIQ opte la plupart du temps pour des baux de 10 ans et moins.
Pourtant, en 2004, la société d’État a signé un bail de 17 ans pour la location de presque tous les étages du plus important édifice de la place D’Youville, à Québec.
Deux mois plus tard, le gestionnaire de l’immeuble aurait donné l’ordre de virer 1,25 million de dollars d’une banque du Liechtenstein à un compte en Suisse.
La majorité de cette somme aurait ensuite pris le chemin de quatre comptes aux Bahamas.

Le manège se serait répété en 2006 lorsque la SIQ a signé des baux de 20 et 25 ans pour deux autres immeubles à Québec.
Cette fois, le gestionnaire aurait versé 2,1 millions de dollars à un consultant en immobilier. L'argent aurait ensuite transité de Montréal vers une banque en Belgique et dans plusieurs autres comptes en Suisse.
Au bout de la chaîne, 902 000 $ auraient été déposés dans un compte de William Bartlett, qui en plus d’être un collecteur de fonds du PLQ est un ancien vice-président de la SIQ.
Il aurait transféré la moitié de cette somme dans une banque des Bahamas. De là, trois traites bancaires auraient été émises aux noms de Marc-André Fortier (170 000 $), de Charles Rondeau (100 000 $) et de Franco Fava (100 000 $).
Les gestionnaires d’immeubles nous ont dit ne pas savoir qui a bénéficié ultimement des sommes d’argent.

Qui est William Bartlett?

William Bartlett est entré à la SIQ en 1988. Il a été vice-président aux finances et aux immeubles jusqu’à son congédiement en 1995. Il a occupé cette fonction stratégique pendant la conclusion d’une dizaine de transactions, qui ont été critiquées par un rapport du vérificateur général en 1997.
Au PLQ, il a été président et membre de la commission politique de 1981 à 1985, ainsi que collecteur de fonds.
Il est particulièrement engagé dans la circonscription de Jean-Talon, à Québec. Lorsque Philippe Couillard y a été élu à l’élection de 2007, William Bartlett faisait partie de son équipe de campagne.

La CSST aussi touchée

La CSST, aujourd’hui la CNESST, gère ses propres locations et ne passe pas par la SIQ pour ses espaces de bureau. Mais selon nos informations, Charles Rondeau et Franco Fava auraient aussi reçu des sommes en marge du prolongement d’un bail.
En 2007, la CSST a signé un bail de 20 ans avec le propriétaire de l’immeuble où se situent ses bureaux montréalais.
William Bartlett et Franco Fava, qui siégeait à ce moment au conseil d’administration de cet organisme, ont travaillé ensemble pour que ce bail soit signé, selon nos documents.
Nous avons obtenu d’une source anonyme des courriels qui auraient été échangés entre une banque autrichienne, William Bartlett et Franco Fava.
Dans l’un de ces courriels, Bartlett demande à son banquier autrichien, un mois après la signature du bail à la CSST, de verser à Franco Fava et à Charles Rondeau la somme de 422 575 $ chacun.
Dans un autre de ces courriels à la banque autrichienne, Franco Fava précise que cette somme correspond à sa part de la transaction pour le « 1199 Bleury »… l’adresse de la CSST dans la métropole.

La filière politique

Mais pourquoi Franco Fava et Charles Rondeau auraient-ils reçu de l’argent dans la foulée de toutes ces transactions?
Pour comprendre qui sont ces importants collecteurs de fonds pour le PLQ, il faut remonter à la commission Bastarache sur la nomination des juges, moment où ils se sont fait connaître du grand public.
Cette commission a été déclenchée en 2010 à la suite des déclarations-chocs de Marc Bellemare. L’ex-ministre libéral de la Justice affirmait avoir reçu des pressions de Franco Fava pour qu’il nomme certains juges. Il a également mis en cause Charles Rondeau.
Le commissaire a finalement conclu que Marc Bellemare n’avait pas été contraint de nommer les juges en question.
Par contre, les témoignages de Fava et de Rondeau ont mis en lumière leur influence au PLQ, pour qui ils recueillaient 1,5 million de dollars par année dans les 33 circonscriptions de l’Est du Québec dont ils avaient la responsabilité.
Ils avaient des accès personnels au premier ministre Jean Charest, qui les a déjà invités à souper à sa résidence de fonction. Ce dernier appelait d’ailleurs Charles Rondeau pour son anniversaire.
Lors de la commission Bastarache, nous avons appris que Charles Rondeau s’était rendu à plusieurs reprises au bureau de la responsable des nominations au gouvernement. L’objectif : l’aider à constituer des listes de candidats potentiels.
Lorsque la SIQ a poursuivi son ex-pdg Marc-André Fortier pour des remboursements de comptes de dépenses injustifiés, en 2013, il a aussi été question de Franco Fava et de Charles Rondeau. Fortier a reconnu les avoir rencontrés à plusieurs reprises dans un restaurant de Québec pour discuter des contrats à venir de la SIQ.
Il a laissé entendre que ces collecteurs de fonds avaient le même poids que le bureau du premier ministre, lors de son témoignage en cour.
Questionné par l’avocat de la SIQ, il a ajouté ceci : « Leurs intentions, c’était de savoir si on avait des gros projets qui s’en venaient. Et puis eux autres, en tant que solliciteurs, avaient des demandes : “est-ce qu’on peut penser éventuellement à des retours d'ascenseur?” »

Qui est Marc-André Fortier?

PDG de la SIQ de 2003 à 2008, Marc-André Fortier a été éjecté de son poste après un rapport du vérificateur général sur le remboursement de ses dépenses.
La SIQ a poursuivi M. Fortier, qui a été condamné par le tribunal à rembourser 75 000 $. Lors de son procès, il a déclaré qu’il avait été nommé pdg de la SIQ après avoir fait des représentations à des personnes « pesantes » au Parti libéral du Québec (PLQ).
Il a également déclaré connaître depuis des décennies Franco Fava et Charles Rondeau, deux importants collecteurs de fonds du PLQ.

Ventes d’immeubles douteuses

L’histoire ne s’arrêterait pas ici. D’autres transactions soulèvent des questions.
Le gouvernement québécois annonce en 2007 qu’il veut se départir de trois immeubles. La vente de Place Québec, de l’immeuble J. A. Tardif, ainsi que du 500 René-Lévesque Ouest, au centre-ville de Montréal, doit servir à garnir le Fonds des générations.
Monique Jérôme-Forget, alors ministre des Finances et responsable de la Société immobilière, estime qu’il n’est pas dans la mission de l’État de gérer ces immeubles qui ne sont pas entièrement occupés par le gouvernement.
Place Québec sera donc vendue à un consortium formé de la SOLIM, le bras immobilier du Fonds de solidarité FTQ, et de l’entrepreneur Tony Accurso.
Une entreprise de George Gantcheff, un gros joueur de l’immobilier au Québec, met la main sur les deux autres édifices.
Ces acheteurs auront droit à des avantages importants. C’est ce que révèlent les conclusions explosives d’un rapport juricomptable commandé par la SIQ et obtenu par Radio-Canada.
La SIQ vend ces immeubles, mais demeure locataire des espaces qu’elle occupait déjà.
Une fois le processus d'appel d'offres complété, la SIQ consent aux acheteurs d'importantes concessions. La durée initiale prévue des baux est augmentée, de même que les loyers.
47 millions de dollars d'avantages auraient ainsi été accordés aux acheteurs, selon le rapport, qui souligne que seuls le pdg Marc-André Fortier, un de ses vice-présidents et le courtier immobilier embauché par la SIQ étaient au courant de ces concessions.
Ces avantages, qui ont augmenté la valeur des immeubles, n'ont pas été divulgués durant le processus d'appel d'offres.

Rénovations aux frais du gouvernement

Et ce n’est pas tout. Lors de la vente de ces immeubles, la SIQ signe une clause qui prévoit que les travaux majeurs sont à la charge du locataire... pour la durée du bail de 20 ans. Autrement dit, le gouvernement n’est plus propriétaire, mais assume quand même le coût des travaux.
Aussitôt les immeubles vendus, on les rénove. La Société québécoise des infrastructures (SQI) - nouveau nom de la SIQ depuis 2013 - nous a confirmé que l’entreprise du propriétaire George Gantcheff a réclamé 21 millions de dollars en travaux.
Le gouvernement a finalement accepté de payer un peu plus de 13 millions de dollars et le propriétaire a accepté de mettre fin à cette clause.
Des négociations sont toujours en cours avec les propriétaires actuels de Place Québec pour l’abandon de cette clause.
Des documents indiquent que William Bartlett a été embauché par les acheteurs des trois immeubles pour les aider dans la négociation.
M. Bartlett s’attendait à un paiement de 7 millions de dollars de la part de George Gantcheff et de l’un de ses associés, indiquent les courriels obtenus d’une source anonyme.

Avare de commentaires

Les quatre personnes mises en cause dans notre enquête journalistique ont soit nié, soit refusé de commenter cette affaire.
Marc-André Fortier a nié avoir un compte de banque aux Bahamas contrairement à ce qu’indiquent nos documents. Il nie aussi avoir reçu une traite bancaire de 170 000 $. « Moi, j'ai rien à dire là-dedans. J'ai déjà tout dit. J'ai rien vu là-dedans, puis j'ai pas d'affaire là », nous a-t-il dit.
En réponse à notre courriel contenant les informations de notre reportage, l’avocat de William Bartlett nous a écrit : « En vérité, ces faits sont en partie inexacts et fort tendancieusement présentés », ajoutant ne pas vouloir commenter davantage la situation.
Charles Rondeau a dit vouloir parler à son avocat avant de répondre à nos questions. Il ne nous a jamais rappelés.
Franco Fava, pour sa part, dit ne pas être au courant de nos allégations. Il a nié avoir détenu des comptes de banque aux Bahamas et a mis fin à la conversation lorsque nous lui avons parlé de son compte en Autriche.
Une enquête de longue haleine
Notre enquête se base sur différents documents obtenus au cours des derniers mois. Entre autres, nous avons mis la main sur des enquêtes internes menées à la SIQ, un rapport juricomptable préparé par une firme comptable pour la société d’État et des documents provenant d’enquêtes policières qui se sont déroulées en Suisse, en Belgique, aux Bahamas, en Autriche et au Québec.
Selon nos informations, l'Unité permanente anticorruption (UPAC) a mené une longue et complexe enquête sur cette affaire à partir de 2011. L’essentiel de l'enquête est terminée, mais aucune accusation n’a été portée. Le dossier est à l’étude par le Directeur des poursuites criminelles et pénales.
Illustrations : Radio-Canada/Jasmin Simard

L’illumination

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Michel David
3 novembre 2016 |Michel David | Québec 

À l’instar du premier ministre Couillard, Gaétan Barrette est un homme à l’esprit éminemment versatile. Dans un cas comme dans l’autre, il devient de plus en plus difficile de savoir à quel moment ils pensent vraiment ce qu’ils disent et pour combien de temps.

En juin 2016, le ministre de la Santé rejetait catégoriquement l’idée qu’on avait été trop généreux envers les médecins. « Je vois mal comment on peut dire que les médecins sont trop rémunérés. Ils sont au bon endroit, compte tenu de la capacité collective de payer des Québécois », disait-il, en réplique à une étude de l’Institut de recherche et d’information socio-économique (IRIS) qui recommandait une baisse de 12 % de leur rémunération pour tenir compte de la différence du coût de la vie au Québec et en Ontario.

« Québec devra tôt ou tard revoir les ententes avec les médecins, sans quoi il grèvera dangereusement les finances publiques ou forcera la population à accepter des sacrifices injustifiables pour les intérêts financiers d’une catégorie de professionnels », prédisait déjà l’IRIS.

À peine cinq mois plus tard, M. Barrette en est arrivé lui aussi à la conclusion que l’entente qu’il a lui-même négociée avec les fédérations médicales en 2014 doit être revue à la baisse. « Il faut arriver à une autre entente. Le Québec ne peut aller là, il n’en a pas les moyens », a-t-il déclaré jeudi. Il faut sans doute se réjouir de cette illumination. On aurait simplement souhaité qu’elle vienne plus tôt.

L’Institut canadien d’information sur la santé, qui tient une comptabilité rigoureuse des systèmes de santé partout au pays, avait pourtant constaté depuis deux ans que la rémunération des médecins québécois avait, non seulement rejoint, mais dépassé celle de leurs confrères canadiens. En 2014, les spécialistes gagnaient déjà 15 % de plus qu’en Ontario. Dans le cas des omnipraticiens, l’écart favorable était de 8 %. Mais à l’époque, M. Barrette avait balayé ces chiffres du revers de la main.


Quoi qu’il en soit, le ministre de la Santé en appelle maintenant à la « conscience sociale »des médecins et il les convie à une négociation du « bon sens ». Comme il fallait s’y attendre, les fédérations médicales ont immédiatement dénoncé sa façon brutale d’ouvrir la discussion. On ose à peine imaginer la scène que M. Barrette lui-même aurait faite s’il était toujours président de la FMSQ. Au cas où il ferait une rechute corporatiste, M. Couillard a quand même jugé plus prudent de confier la négociation au Conseil du trésor. Là encore, on devine les pensées peu charitables qui ont traversé l’esprit de son bouillant ministre.

Le problème est que la plus grande partie du rattrapage qui a été rééchelonné par l’entente de 2014 doit être versée à compter de l’année 2018-2019, ce qui pèsera lourdement sur le budget du Québec au moment précis où le gouvernement Couillard préférerait vraisemblablement remettre cet argent aux contribuables qui seront appelés aux urnes en octobre 2018.

Le moment serait très mal choisi pour donner aux partis d’opposition l’occasion de dénoncer un gouvernement dirigé par des médecins plus sensibles aux intérêts de leur confrérie qu’à ceux de la population. Alors que les médecins ont obtenu des augmentations moyennes de 6,1 % par année entre 2007 et 2014, elles ont été de 2,5 % pour les autres travailleurs.

Au Canada, le poids de la rémunération des médecins par rapport au PIB a été stabilisé à 1,3 % depuis 2009. Au Québec, une société moins riche, il a largement dépassé 1,4 %, et cette proportion augmenterait encore avec le rattrapage prévu. M. Barrette a sans aucun doute raison quand il dit que la population appuiera le gouvernement dans la révision qu’il propose. À l’approche des élections, un bras de fer avec les médecins pourrait même être très avantageux pour le PLQ.


Pour mieux préparer l’opinion, M. Barrette a commandé une nouvelle étude comparative sur la productivité des médecins au Québec et en Ontario. Un élément qui lui semble faire défaut dans le débat. On peut compter sur lui pour que cette étude apporte l’éclairage désiré.

Le ministre semble déjà avoir une idée assez précise de la situation. Le projet de loi 20, qui imposait des quotas aux médecins, reposait précisément sur la prémisse qu’ils travaillaient moins que leurs confrères hors Québec. À l’entendre, 60 % des médecins de famille se la coulaient douce, travaillant en moyenne 117 jours par année. Leur semaine de travail était de 8 heures plus courte que celle de leurs confrères ontariens et ils voyaient beaucoup moins de patients.

Les représentants des médecins avaient qualifié ces affirmations de « malhonnêtes ». Pour lui assurer un minimum d’objectivité, ils auraient tout intérêt à collaborer à cette nouvelle étude. De son propre aveu, il est parfois arrivé à M. Barrette de forcer quelque peu les chiffres pour leur faire dire ce qu’il souhaitait.

Pour votre info: l'essentiel du jeudi

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3 novembre 2016 |Guillaume Bourgault-Côté
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir
Le scandale de la semaine : surveillance, la suite
Et quoi pour aujourd’hui ? D’abord Patrick Lagacé espionné par le SPVM (une « attaque radicale » contre la liberté de presse, a dit Edward Snowden mercredi). Puis, trois autres journalistes dans le même dossier. Puis, six autres encore – cette fois par la Sûreté du Québec.

Ce qui était au départ « L’affaire Lagacé » est ainsi devenu l’affaire de toute une profession mercredi. Et le scandale ne cesse de prendre de l’ampleur, avec des dizaines de questions en suspens sur le rôle des uns et des autres dans ces opérations : les réactions continueront de surgir de partout aujourd’hui.


L’annonce du jour : affichage en français, la suite (bis)



Les Toys 'R' Us, Starbucks et autres Burger King du Québec suivront peut-être la conférence de presse que le gouvernement organise aujourd’hui pour annoncer de nouvelles modifications aux règlements touchant l’affichage des marques de commerce ? Le ministre responsable de la Promotion de la langue française, Luc Fortin, et le patron de l’Office québécois de la langue française expliqueront les changements.

C’est la deuxième fois en quelques mois que Québec bouge sur ce front. En mai, le gouvernement annonçait que les compagnies aux noms anglophones devront désormais assurer une « présence suffisante » du français sur leur façade. Stay tuned pour la suite.

C’est l’heure du Goncourt (et du Renaudot…)
On va se presser aux portes du restaurant Drouant à Paris aujourd’hui comme à chaque année : attribution du Goncourt, c’est la tradition. Empilés les uns sur les autres, les journalistes et photographes présents sauront en primeur le nom de l’élu littéraire de l’année– le prix étant probablement le plus prestigieux de la littérature francophone.

En fait, ils en auront deux pour le même effort, puisqu’on décerne également le Renaudot au Drouant. Une aubaine. Pour ce qui est du Goncourt, les quatre finalistes sont Catherine Cusset (L’autre qu’on adorait), Gaël Faye (Petit Pays), Régis Jauffret (Cannibales), Leïla Slimani (Chanson douce).


Dans le rétroviseur : un an de gouvernement Trudeau

Il triche un peu – le vrai anniversaire est le 4 novembre –, mais c’est aujourd’hui que Justin Trudeau célébrera le premier anniversaire de son entrée en fonction. On s’en rappelle ? Le soleil sur Rideau Hall, le cabinet paritaire, la parade à pied.

Pour marquer le coup, une conférence de presse, bien sûr… Mais aussi et surtout une séance de questions-réponses avec des élèves du secondaire, qui pourront interroger tant le premier ministre que certains ministres.

La conservatrice du jour : Lisa Raitt
Ce sera officiel ce matin : l’ancienne ministre des Transports Lisa Raitt se lance, elle aussi, dans la course à la succession de Stephen Harper. Dans une vidéo dévoilée mercredi, elle promet de se « battre pour tous les Canadiens, pas seulement quelques privilégiés ».

Dire si le siège de M. Harper est convoité ? Ils sont déjà une dizaine de candidats (dont les Québécois Maxime Bernier et Steven Blaney)… et il en reste quelques-uns en réflexion.

L'avance de Clinton sur Trump s'évapore

http://www.lapresse.ca/international/dossiers/maison-blanche-

Publié le 03 novembre 2016 à 08h25 | Mis à jour à 09h02
Clinton obtient 45% des intentions de vote des... (REUTERS)
Clinton obtient 45% des intentions de vote des électeurs qui iront voter, contre 42% pour Trump,
 selon un sondage réalisé pour le New York Times et la chaîne CBS publié jeudi.REUTERS

Agence France-Presse
Washington
L'avance d'Hillary Clinton devant son rival dans la course à la Maison-Blanche Donald Trump s'est évaporée, passant de 9 à 3 points de pourcentage, selon un sondage réalisé pour le New York Times et la chaîne CBS publié jeudi.
La démocrate obtient 45% des intentions de vote des électeurs qui iront voter, contre 42% pour le républicain. La marge d'erreur de ce sondage est de 3 points
Le précédent sondage New York Times/CBS publié le 19 octobre donnait 9 points d'avance à Clinton (47%) devant Trump (38%).
Les deux candidats indépendants Gary Johnson (libertarien) et Jill Stein (écologiste) recueillent pour leur part respectivement 5% et 4% des intentions de vote, selon ce sondage réalisé par téléphone entre le 28 octobre et le 1er novembre auprès de 1561 Américains.
La plupart des électeurs (92%) affirment avoir fait leur choix et que les récentes révélations ne les feront pas changer d'avis, selon cette étude.
Néanmoins, les révélations qui ont émaillé cette campagne jusqu'au bout pourraient encore faire leur effet.
Environ 62% des électeurs, qui n'ont pas encore voté à l'avance comme le permet la législation dans de nombreux États, affirment que l'annonce par le FBI de la découverte de nouveaux courriels liés à l'affaire du serveur privé de Mme Clinton quand elle dirigeait la diplomatie ne changerait pas leur vote. Quelque 32% affirmant cependant que cette révélation pourrait les amener à ne pas voter pour Clinton.
Ce sondage confirme le resserrement de l'écart entre les deux candidats.
Le milliardaire était même donné gagnant dans un autre sondage réalisé pour le Washington Post et la chaîne ABC et publié mardi. Donald Trump y devance Hillary Clinton de 1 point avec 46% des intentions de vote, son avance restant elle aussi dans une marge d'erreur de 3 points.
L'enthousiasme des partisans de Mme Clinton s'est particulièrement effrité passant de 52% le 22 octobre à 45% le 30 octobre, selon cette étude du Post/ABC.
Les modèles du New York Times et du site FiveThirtyEight prédisent toujours une victoire de la démocrate avec respectivement 86% et 67% de probabilité.
Mais la moyenne des sondages montre un écart réduit à moins de deux points, certains plaçant les deux candidats à égalité.
Les états-majors préfèrent disséquer les études plus pertinentes, mais parfois contradictoires, réalisées dans la douzaine d'États-clés qui peuvent basculer d'un côté ou de l'autre.

Surveillance de journalistes : mutisme à la GRC et au SCRS

http://www.lapresse.ca/actualites/politique/politique-canadienne/

Publié le 02 novembre 2016 à 19h00 | Mis à jour le 02 novembre 2016 à 19h00
«Bob Paulson, commissaire de la GRC, a confirmé... (ARCHIVES PC)
ARCHIVES PC
«Bob Paulson, commissaire de la GRC, a confirmé qu'aucun journaliste ne fait actuellement l'objet d'une surveillance par la GRC», a indiqué l'attaché de presse du ministre fédéral de la Sécurité publique.

(Ottawa) Alors que la SQ et la Ville de Montréal ont confirmé avoir mis des journalistes sous surveillance, la GRC et le SCRS, les deux corps policiers fédéraux, ne veulent pas confirmer s'ils ont déjà adopté de telles pratiques, et le cas échéant à quelle fréquence. La GRC précise seulement que «les cas où des enquêtes de la GRC concernant des journalistes ont eu lieu sont extrêmement rares».
Le commissaire de la GRC Bob Paulson a dit mardi «ne pas être au courant que nous avons des enquêtes actives ou de la surveillance à l'égard de journalistes», mais la GRC n'a pas voulu confirmer si des journalistes ont été surveillés dans le cadre de ses enquêtes. Un cas de filature avait été rendu public il y a un an, celui du journaliste de La Presse Joël-Denis Bellavance qui a été pris en filature en 2007.
Tout en précisant «reconnaître» et «respecter [...] l'importance de la liberté et de l'indépendance de la presse», la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a indiqué ne pas pouvoir commenter «l'existence d'enquêtes en cours» ou «discuter des détails opérationnels» d'enquêtes passées. La GRC n'a pas précisé à La Presse si elle effectuait, comme l'a fait la Sûreté du Québec cette semaine, un examen de ses enquêtes pour déterminer si des journalistes ont été mis sous surveillance. La SQ a dévoilé aujourd'hui que six journalistes au Québec, dont Alain Gravel (Radio-Canada), Marie-Maude Denis (Radio-Canada), Isabelle Richer (Radio-Canada), Denis Lessard (La Presse) et Éric Thibault (Journal de Montréal). 
Le Service canadien de renseignement de sécurité (SCRS) n'a pas répondu aux questions de La Presse à savoir si l'organisme fédéral responsable des enquêtes de sécurité nationale : 1) surveille actuellement des journalistes, 2) en a surveillé par le passé, 3) mène actuellement des démarches pour répondre à ces questions et a l'intention de rendre public le résultat de ces démarches.
De son côté, le gouvernement Trudeau n'a pas l'intention de demander à la GRC et au SCRS de divulguer de telles informations, estimant qu'il n'était «pas approprié de commenter sur les questions opérationnelles».
«Bob Paulson, commissaire de la GRC, a confirmé qu'aucun journaliste ne fait actuellement l'objet d'une surveillance par la GRC. Le ministre Goodale examine la Directive ministérielle sur les enquêtes dans les secteurs sensibles existante afin de s'assurer que les plus grands soins sont pris lorsque des enquêtes criminelles et du journalisme se recoupent et que la valeur canadienne fondamentale de la liberté de presse est protégée. Il est toujours ouvert à recevoir des représentations sur ce qu'il y a d'autre à faire pour protéger les libertés fondamentales de la presse», indique Scott Bardsley, attaché de presse du ministre fédéral de la Sécurité publique Ralph Goodale. 
Le NPD demande une enquête publique sur la question de la surveillance des journalistes par les corps policiers. Les néo-démocrates sont «préoccupés» par le fait que la GRC et le SCRS ne veulent pas préciser s'ils ont mis des journalistes sous surveillance. «En ne répondant pas, ça affecte la confiance du public, dit le député Matthew Dubé. La réponse de la SQ de dévoiler [ces informations] démontre que le public a besoin d'être rassuré. Ce sont des questions auxquels ils doivent répondre. On continue de demander une enquête publique qui nous permettrait de constater les faits: est-ce une pratique répandue ou arbitraire?»
Après avoir vu les cas au SPVM et à la SQ, le chef par intérim du Bloc québécois Rhéal Fortin dit qu'il «ne tomberait pas en bas de ma chaise» s'il apprenait que des journalistes ont été surveillés par les corps policiers fédéraux. «Nous n'avons pas d'informations à cet effet-là, précise-t-il. Comme n'importe qui, je vois que si la SQ et le SVPM le font, je ne tomberais pas en bas de ma chaise [pour les corps policiers fédéraux]. Le ministre Goodale doit demander des comptes aux services policiers sous sa juridiction et rendre des comptes en Chambre aussi. Tout ça va peut-être nous permettre de découvrir qui est surveillé, mais ça ne règle pas le problème, ce qui rend encore plus pertinent et urgent que jamais notre projet de loi [sur la protection des sources journalistiques].» 
Le Parti conservateur du Canada aimerait que le ministre Goodale fasse un examen de la situation et vienne en faire rapport en comité parlementaire.

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