Le Pakistan libère «le cerveau» des attentats de Bombay

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Publié le 10 avril 2015 à 07h33 | Mis à jour à 07h39
Zakiur Rehman Lakhvi, considéré par l'Inde comme le... (PHOTO AAMIR QURESHI, ARCHIVES AFP)
PHOTO AAMIR QURESHI, ARCHIVES AFP
Zakiur Rehman Lakhvi, considéré par l'Inde comme le cerveau du raid sanglant contre plusieurs sites de Bombay, a été libéré sous caution, ont précisé ces sources pénitentiaire et politique.
Agence France-Presse
ISLAMABAD
Le Pakistan a libéré le cerveau présumé des attentats de Bombay, qui avaient fait 166 morts en 2008, a-t-on appris vendredi de sources concordantes, une décision immédiatement dénoncée comme une «insulte aux victimes» par le voisin et rival indien.
Zakiur Rehman Lakhvi, environ 55 ans et considéré par l'Inde comme le cerveau du raid sanglant contre plusieurs sites de Bombay, dont un hôtel de luxe, a été libéré sous caution, ont précisé ces sources pénitentiaire et politique.
La libération du cerveau présumé des attentats de Bombay représente une «insulte» aux victimes, a rapidement déclaré un porte-parole du ministère indien de l'Intérieur.
La libération de Zakiur Rehman Lakhvi constitue «une annonce très décevante. Une insulte aux victimes de l'attaque de Bombay du 26 novembre. La communauté internationale doit sérieusement relever le double langage du Pakistan sur le terrorisme», a dit ce porte-parole.
Lakhvi, qui faisait partie des sept suspects inculpés et incarcérés au Pakistan en liaison avec ces attaques, a été libéré jeudi soir ou vendredi matin, ont précisé les sources pénitentiaire et politique.
«Nous avons reçu les documents permettant sa libération jeudi soir, et il a été libéré de la prison d'Adiala», proche de la capitale Islamabad, a déclaré à l'AFP un responsable de l'administration pénitentiaire sous couvert de l'anonymat.
Cette libération a été confirmée à l'AFP par un haut responsable de la Jamaat-ud-Dawa (JuD), une influente organisation islamiste pakistanaise soupçonnée par l'Inde d'être liée aux attentats de Bombay et qui défend Lakhvi.
«Il a été libéré et se trouve dans un lieu que nous ne pouvons pas révéler pour raisons de sécurité», a ajouté ce responsable, lui aussi sous couvert de l'anonymat.
La libération sous caution de Lakhvi avait été ordonnée à plusieurs reprises ces derniers mois par la justice pakistanaise, au fil d'une saga politico-judiciaire qui pèse sur les relations entre le Pakistan et l'Inde. La diplomatie indienne a toujours condamné ces décisions, même si celles-ci ne s'étaient jusqu'ici jamais concrétisées.
En décembre dernier, un tribunal pakistanais avait autorisé sa libération, mais les autorités locales avaient refusé de le relâcher. Après des pressions de l'Inde, la justice pakistanaise avait ensuite ordonné sa détention, puis sa libération, et à nouveau sa détention, dans une sorte de ping-pong judiciaire.
Jeudi, quelques heures avant la libération, la Haute Cour de Lahore (est) avait «suspendu l'ordre de détention» de Lakhvi et «autorisé sa libération après le versement de deux cautions d'un million de roupies chacune», soit environ 20 000 $ au total, avait déclaré à l'AFP son avocat, Rizwan Abbasi.
L'Inde accuse le Lashkar-e-Taïba, branche armée de la JuD, une organisation caritative réputée proche des services secrets pakistanais, d'avoir perpétré les attentats de Bombay.
Ces attaques continuent de peser sur les relations entre les deux pays, l'Inde accusant le Pakistan de faire traîner les procédures judiciaires, le Pakistan lui répondant qu'elle n'a pas fourni les preuves nécessaires pour juger les accusés.

Gisèle Lalonde lance un S.O.S.

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Publié le 10 avril 2015 à 05h00 | Mis à jour à 05h00
Gisèle Lalonde n'épouse plus autant de causes depuis... (ARCHIVES, LeDroit)
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Gisèle Lalonde n'épouse plus autant de causes depuis qu'elle a livré bataille pour Montfort. Mais le geste «incompréhensible» de l'OFSAA a changé la donne. «Nous n'avons pas travaillé pour rien!»
Gisèle Lalonde veut que les francophones et francophiles «fassent comme Montfort».
La grande dame de l'Ontario français lance un nouveau S.O.S., 18 ans après son appel légendaire pour sauver l'hôpital Montfort. Cette fois, elle implore la communauté franco-ontarienne et ses alliés de dénoncer un règlement jugé «discriminatoire» à l'endroit des élèves des programmes sports-études francophones.
«C'est effrayant ce qui se passe. Depuis le Règlement XVII, il y a toujours eu des événements terribles pour nous empêcher de nous éduquer en français, commente Mme Lalonde, outrée au bout du fil. Il y a eu plusieurs batailles au cours des années pour obtenir la gestion de nos écoles. Cette victoire représente tout un acquis. Nous n'avons pas besoin de personne pour nous dire quoi faire. Le règlement doit être aboli.»
Forcés de choisir entre sport et langue
L'Ontario Federation of School Athletic Associations (OFSAA), un organisme parapublic, a adopté en 2012 un règlement qui oblige les élèves ontariens inscrits dans un programme sport-études de résider dans un certain rayon de leur école, afin de participer à ses compétitions sportives provinciales.
Certains élèves sont ainsi forcés de s'inscrire dans une école anglophone, située dans leur secteur de fréquentation, afin d'obtenir leur billet d'entrée.
Le CEPEO croit qu'il s'agit d'un règlement «discriminatoire», particulièrement pour ses élèves de l'école secondaire Louis-Riel, qui se spécialise dans l'offre de programmes sports-études. De son côté, l'OFSAA prétend que son règlement est équitable pour tous.
«Je n'ai jamais entendu quelque chose d'aussi stupide. Dans toute ma carrière, je n'ai jamais vu ça», rétorque Mme Lalonde, qui a oeuvré pendant plus de 30 ans en éducation.
Le CEPEO a décidé de contester le règlement devant la cour puisqu'à son avis, il «perpétue et aggrave l'assimilation de la communauté de langue française». Le conseil scolaire a même lancé une pétition - qui compte aujourd'hui plus de 3100 noms - et a reçu plusieurs appuis d'organismes francophones, depuis qu'il a ébruité la situation sur la place publique.
«Le conseil public s'est levé. [...] J'espère maintenant que tous les francophones et les anglophones qui nous appuient s'investissent et écrivent une lettre à leur député, a lancé Mme Lalonde. Il faut leur pousser dans le dos. Il ne faut pas lâcher. Ça n'a pas de bon sens qu'on ne respecte pas le fait français.»
Mme Lalonde n'épouse plus autant de causes depuis qu'elle a livré sa bataille pour éviter la fermeture de l'hôpital Montfort. Mais le geste «incompréhensible» de l'OFSAA a changé la donne. «J'étais bien trop choquée. Nous n'avons pas travaillé pour rien!»
Gisèle Lalonde a rabroué les libéraux provinciaux, dont la première ministre Kathleen Wynne.
«Le pire, c'est que Mme Wynne a été appuyée par presque tous les francophones de la province. Et là, elle nous fait ce coup-là? Elle n'a pas rappelé l'OFSAA à l'ordre. Même (la ministre déléguée aux Affaires francophones) Madeleine Meilleur pourrait faire mieux.»
Les élus libéraux refusent de commenter le dossier puisqu'il se trouve actuellement devant les tribunaux.

Salaires trops élevés: «l'erreur» inquiète les nouveaux fonctionnaires

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Publié le 10 avril 2015 à 05h00 | Mis à jour à 07h47
Deux syndicats confirment avoir reçu de nombreux appels... (Photothèque Le Soleil)
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 LE SOLEIL
Deux syndicats confirment avoir reçu de nombreux appels de leurs membres alarmés par la situation. La veille, la Commission de la fonction publique (CFP) a dévoilé un rapport sur l'application erronée d'une directive 
<p>Michel Corbeil</p>
MICHEL CORBEIL
Le Soleil
(Québec) La possibilité que des milliers de nouveaux fonctionnaires aient bénéficié d'un salaire trop élevé qu'ils devront rembourser soulève une vague d'inquiétude chez les principaux intéressés.
Deux syndicats confirment avoir reçu de nombreux appels de leurs membres alarmés par la situation. La veille, la Commission de la fonction publique (CFP) a dévoilé un rapport sur l'application erronée d'une directive d'embauche au gouvernement.
Le tiers d'un échantillon de recrues (77), venant d'un ministère et de deux organismes, a été mal évalué. Certains sont sous-payés et devraient recevoir une compensation; d'autres sont surpayés et devraient rembourser. La CFP croit à l'erreur systémique et prédit que des milliers d'embauches seront revues.
La présidente du Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ), Lucie Martineau, a signalé «qu'avec la publication de l'article, tous [leurs] bureaux régionaux sont inondés» par des coups de téléphone. «Là où ça appelle le plus, a-t-elle poursuivi, c'est de l'Agence du revenu, où il y a eu beaucoup d'embauche. Mais elle n'est même pas soumise» à la Commission de la fonction publique.
Son collègue au Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) a fait état du même mouvement chez ses membres. «Nous avons été inondés d'appels de personnes extrêmement inquiètes qui ont été embauchées, ces trois dernières années», a rapporté Richard Perron.
Combien de personnes?
Les deux syndicalistes ont indiqué qu'ils ne savent trop à quoi s'en tenir sur le nombre de personnes véritablement touchées. Les révisions porteront sur les embauches réalisées depuis l'entrée en vigueur d'une directive reconnaissant l'expérience et la scolarité des fonctionnaires recrutés depuis le printemps 2012.
«Le problème est qu'on ne sait pas qui est visé, a repris Mme Martineau. Nous n'avons pas, nous, les dossiers des employés. Nous ne savons pas quelle est l'expérience de chacun, quels concours ils ont passés.»
Jeudi, Richard Perron n'a pris que quelques heures avant d'écrire au Conseil du trésor, piloté par le ministre Martin Coiteux. Le Trésor s'est engagé à apporter les correctifs requis par la CFP, ce qui signifie de «procéder aux ajustements salariaux ou aux récupérations qui en découlent».
En entrevue, le président du SPGQ a signalé que «ceux à qui le gouvernement doit de l'argent seront contents», en présumant que l'État paiera la remise à niveau salariale. Mais il a écarté l'idée de baisser la rémunération de ceux qui sont surclassés et de rembourser ce qui a été touché en surplus malgré le fait que les conventions collectives permettent de récupérer des sommes accordées à la suite d'erreurs administratives.
La directive en cause a été adoptée pour rendre plus attirant le recrutement de fonctionnaires en reconnaissant l'expérience ou la scolarité des candidats. «C'est sur cette base que [des professionnels] ont pris une décision, parce qu'ils avaient une expérience, de quitter leur emploi pour aller au gouvernement.
«Et trois ans plus tard, on leur dirait : "On s'est trompé, redonnez-nous l'argent en trop." C'est incompatible comme comportement pour un gouvernement qui doit attirer et garder des ressources dont il a besoin.»
Lucie Martineau, qui a sollicité une rencontre avec le ministre Coiteux, tient la même position. Que ce soit la récupération de rémunération ou le rajustement de salaire, «le même coupable, c'est l'employeur», qui doit assumer la mauvaise interprétation des règles.
«Cela n'a aucun bon sens!» a repris la présidente du SFPQ. «Ce n'est pas vrai qu'une personne, embauchée à un salaire X, après deux, trois ans», devra redonner des milliers de dollars à la suite d'une interprétation dont il n'est pas responsable. Quand une compagnie ou un citoyen doit des montants au fisc ou se fait infliger une amende, «c'est normal qu'il paye. C'est lui, le fautif.»
La directive au coeur du litige a été adoptée, en mai 2012, par le gouvernement de Jean Charest. Pour mieux concurrencer les autres ordres de gouvernement et le secteur privé, elle permet d'accorder à un candidat un maximum de cinq ans de scolarité, en fonction de l'expérience ou du niveau d'études.
En 2000, le gouvernement de Lucien Bouchard, promoteur du déficit zéro, avait aboli cette reconnaissance. Les règles de recrutement sur «l'attribution de la rémunération des fonctionnaires» valent pour les 25 ministères et une soixantaine d'organismes relevant de la CFP. Les réseaux de l'éducation et de la santé n'y sont pas soumis.

Le NPD réclame une enquête sur Justin Trudeau

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Publié par La Presse Canadienne le jeudi 09 avril 2015 à 20h19. Modifié par Danielle Arsenault à 20h23.
Le NPD réclame une enquête sur Justin Trudeau
Justin Trudeau/Courtoisie:
 Parti libéral du Canada
OTTAWA - Le Nouveau Parti démocratique (NPD) a réclamé jeudi une enquête sur les pratiques du chef libéral Justin Trudeau, qui aurait utilisé des ressources parlementaires à des fins partisanes.
La nouvelle survient un jour à peine après que les libéraux eurent eux-mêmes déposé une plainte contre les néo-démocrates qui, selon eux, utilisent les bureaux de circonscription des députés comme quartier général pour leurs vastes campagnes de porte-à-porte.

Les deux requêtes ont été transmises au président de la Chambre des communes, Andrew Scheer, qui préside aussi le Bureau de régie interne, un comité parlementaire multipartite responsable de légiférer sur les dépenses et les ressources à la disposition des députés.

Dans une lettre, le député néo-démocrate de Windsor, Brian Massé, fait état d'une réunion du caucus libéral au parlement, au mois de juin, pendant laquelle M. Trudeau avait présenté plusieurs candidats libéraux aux prochaines élections. La rencontre ne semblait pas avoir un lien avec les procédures de la Chambre des communes, ni avec les électeurs de la circonscription de M. Trudeau, a remarqué M. Massé.

Or, selon lui, le Parti libéral a enfreint les règles, puisque les bureaux du Parlement ne peuvent être utilisés pour des visées partisanes.

Le député libéral Ralph Goodale croit toutefois que ce règlement s'applique seulement pour les députés individuellement et non aux réunions du caucus, qui sont, par nature, politiques. M. Goodale affirme que tous les partis invitent leurs employés aux réunions — dont le NPD.

Selon M. Goodale, le directeur de campagne nationale du NPD participe souvent à ces rencontres.

D'ailleurs, quelques minutes après que les néo-démocrates eurent envoyé leur missive, les libéraux ont riposté en partageant sur les réseaux sociaux des images de la candidate torontoise Linda McQaig devant les députés néo-démocrates réunis en caucus.

«(Les néo-démocrates) lancent toute la boue qu'ils peuvent lancer pour détourner l'attention de leurs propres difficultés», a déploré M. Goodale.

En 2014, le Bureau de régie interne des Communes avait ordonné aux néo-démocrates de rembourser près de 4 millions $ pour avoir utilisé des ressources parlementaires à des fins partisanes.

YÉMEN Washington entre dans la mêlée

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Les États-Unis dénoncent l’alliance entre l’Iran et les rebelles

Le secrétaire d’État américain John Kerry
Photo: Mark Wilson
Agence France-Presse
Le secrétaire d’État américain John Kerry
Les États-Unis ont dénoncé jeudi le soutien apporté aux rebelles chiites yéménites par Téhéran, qui a lui-même enjoint Riyad, à la tête d’une coalition anti-insurgés, de cesser ses « actes criminels ».
 
Dans le même temps, les combats sont restés intenses sur le terrain, au quinzième jour des frappes aériennes de la coalition arabo-sunnite dirigée l’Arabie saoudite contre les rebelles et leurs alliés.
 
Le secrétaire d’État américain John Kerry a affirmé sans détour que son pays savait que l’Iran armait les rebelles chiites Houthis ayant pris la capitale Sanaa et de vastes régions du Yémen avant de déferler vers le sud.
 
« L’Iran doit savoir que les États-Unis ne resteront pas les bras croisés alors que la région est déstabilisée et que des gens lancent une guerre ouverte à travers les frontières internationales des autres pays », a déclaré M. Kerry.
 
Contre-accusations
 
Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, s’en est pris pour sa part à l’Arabie saoudite et aux frappes de sa coalition. Il a demandé l’arrêt de ces « actes criminels », qualifiant l’opération d’« inacceptable ».
 
Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a réitéré de son côté jeudi ses appels à la négociation, mettant en garde contre les « répercussions régionales profondes et durables »du conflit.
  
« Il faut un retour à des négociations politiques », a affirmé M. Ban, dont l’envoyé spécial Jamal Benomar a tenté en vain une médiation.
 
Le patron de l’ONU a aussi appelé les belligérants « à protéger les civils et à permettre aux travailleurs humanitaires de fournir en toute sécurité une assistance vitale », soulignant « la gravité de la crise humanitaire ».
 
Dans le cadre du renforcement de son soutien à ses alliés du Golfe, l’armée de l’air américaine a commencé à ravitailler en vol des avions de chasse de la coalition, selon le Pentagone. Washington lui fournissait déjà des renseignements.
 
Des raids de la coalition ont notamment touché jeudi le ministère de la Défense à Sanaa, contrôlée par les Houthis. D’après des témoins, deux bases de la Garde républicaine ont également été visées à Fajj Attan, dans le sud de Sanaa, et à Arhab, dans le nord de la capitale. La Garde républicaine est une unité d’élite restée fidèle à l’ex-président yéménite Ali Abdallah Saleh, aujourd’hui allié aux Houthis.

Hydro-Québec ne fera pas payer ses clients résidentiels pour le Plan Nord

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10 avril 2015 |Julien Arsenault - La Presse canadienne | Actualités économiques
Pierre Arcand n’a pas précisé à quoi serviront les 20 milliards qu’Hydro-Québec doit investir dans le cadre du Plan Nord.
Photo: Jacques Boissinot
La Presse canadienne
Pierre Arcand n’a pas précisé à quoi serviront les 20 milliards qu’Hydro-Québec doit investir dans le cadre du Plan Nord.
Hydro-Québec n’ira pas piger dans les poches de ses clients résidentiels pour financer les quelque 20 milliards qu’elle injectera dans le Plan Nord d’ici 2035, assure le ministre des Ressources naturelles, Pierre Arcand.
 
Participant à une série d’annonces relativement à des investissements privés, M. Arcand a écarté un scénario similaire à celui du développement de la filière éolienne, souvent évoqué par la société d’État pour justifier des hausses de tarifs. « Dans le cas du Plan Nord, c’est un projet dans lequel il va y avoir suffisamment de clients pour que cela soit rentable pour Hydro-Québec, a-t-il affirmé jeudi à Montréal. Non, le Plan Nord n’engendrera pas de hausses de tarifs. »
 
En mêlée de presse, M. Arcand a également garanti que l’implication d’Hydro-Québec dans le Plan Nord n’aura pas d’impact sur son dividende versé au gouvernement du Québec, qui a atteint un montant record de 2,53 milliards en 2014.
 
Le dossier a refait surface au lendemain de la présentation de la nouvelle mouture du Plan Nord, puisque le document d’environ 50 pages n’indique pas précisément à quoi serviront les 20 milliards qui doivent être investis par la société d’État. Questionné par les journalistes, M. Arcand n’a pas voulu fournir plus de détails entourant les projets qu’Hydro-Québec pourrait piloter puisque les consultations auprès des communautés autochtones concernées ne sont pas terminées. « Avant de les faire connaître publiquement, vous comprendrez que l’on veut en discuter avec nos partenaires, a-t-il dit. Les projets sont extrêmement sérieux. Il y a un potentiel très important. »
 
Le ministre des Ressources naturelles s’est limité à ce qu’il avait dit la veille, rappelant qu’il pouvait s’agir de projets hydroélectriques, de lignes de transport d’électricité ou de fibre optique, afin d’améliorer les communications au nord du 49e parallèle.
 
Sa réponse a été similaire en ce qui a trait aux tarifs hydroélectriques, comme le tarif L, qui pourraient être offerts aux entreprises afin de les inciter à investir dans le nord québécois.« Ça varie et c’est toujours comme cela. Il y a des tarifs de développement économique, d’autres qui tiennent compte du volume. Il n’y a pas une industrie qui est pareille. »
 
M. Arcand était flanqué du ministre de l’Économie, Jacques Daoust, ainsi que du ministre délégué aux Mines, Luc Blanchette, pour confirmer divers projets d’investissements privés totalisant 225 millions sur le territoire québécois couvert par le Plan Nord. Ces derniers étaient accompagnés de représentants de Focus Graphite, Redevances Aurifères Osisko, mine Raglan et le COREM — spécialisé dans la recherche et le développement en traitement de minerai.
 
Estimé à 166 millions, le projet de Focus Graphite débutera par une étude de faisabilité pour la construction d’une usine de transformation pour la production de produits de graphite à valeur ajoutée à Sept-Îles, sur la Côte-Nord. Le graphite est notamment utilisé dans la fabrication d’anodes pour les batteries lithium-ion rechargeables utilisées dans les voitures électriques et hybrides. Ces annonces ne devraient toutefois pas se traduire par la création significative d’emplois à court terme, a-t-il été précisé.

OPÉRATION DILIGENCE La mémoire fuyante de l’entrepreneur Paul Sauvé complique le procès

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10 avril 2015 |Brian Myles | Justice
Le témoin principal de la poursuite, Paul Sauvé, a oublié certains événements survenus en 2006.
Photo: Sean Kilpatrick
La Presse canadienne
Le témoin principal de la poursuite, Paul Sauvé, a oublié certains événements survenus en 2006.
L’entrepreneur Paul Sauvé donne du fil à retordre à la Couronne dans le procès des six accusés de l’opération Diligence.
 
Le témoin principal de la poursuite a une mémoire fuyante des incidents qui l’ont marqué en 2006. Un membre des Hells Angels, Normand Ouimet, a procédé à une prise de contrôle hostile de son entreprise, L. M. Sauvé, afin de blanchir les profits de ses activités illicites et prendre le contrôle de la maçonnerie à Montréal. Ouimet aurait été assisté de l’homme d’affaires Louis-Pierre Lafortune, l’un des coaccusés.
 
Le tandem aurait graduellement pris le contrôle de la comptabilité, des chantiers de L. M. Sauvé, de la liste de ses sous-traitants, des embauches et des mises à pied. M. Sauvé, qui est bipolaire, n’était pas au sommet de sa forme à l’époque. « J’étais pas dans le meilleur des esprits à ce moment-là. J’acceptais les changements peut-être à tort », a-t-il dit jeudi, lors du procès devant jury de Lafortune et ses complices allégués (Robert Amato, Jocelyne Therrien, Guy Drouin, Daniel Lafond et Jerry Purdy).
 
Le témoin a mis sur son état d’esprit et le passage du temps ses difficultés à se remémorer de paroles précises lancées par Ouimet, ou encore de l’implication de Lafortune dans le renvoi de son comptable, Pierre Marchand, qui a été remplacé par l’une des coaccusés, Jocelyne Therrien.
 
Par contre, l’entrepreneur garde un souvenir indélébile du moment où Normand Ouimet lui a montré sa veste de cuir à l’effigie des Hells Angels, qu’il traînait dans le coffre d’une Mercedes prêtée par la compagnie. Ouimet lui a dit : « Au cas où il y en aurait qui avaient des doutes. »
 
Paul Sauvé a rencontré Louis-Pierre Lafortune par l’entremise des représentants du Fonds de solidarité de la FTQ (FSTQ). En 2003 et 2004, son entreprise était en difficulté financière et il cherchait à obtenir l’appui de la Banque Nationale et du Fonds. Il a réalisé qu’il ne faisait« pas partie de la bonne gang ». Ses employés étaient affiliés à l’International, un syndicat rival de la FTQ. « Il faut faire partie de la gang. Il faut avoir des contacts au sein de l’exécutif de la FTQ-Construction », a-t-il expliqué.
 
De fil en aiguille, Sauvé s’est rapproché de Jocelyn Dupuis, le directeur général de la FTQ-C à l’époque. Selon Paul Sauvé, Jocelyn Dupuis exerçait une influence démesurée sur l’industrie de la construction. Il était en contact étroit avec Louis-Pierre Lafortune et Normand Ouimet.
 
Quand Sauvé s’est plaint à Dupuis que les inspecteurs de la Commission de la construction du Québec (CCQ) l’importunaient sur les chantiers, le leader syndical a passé un coup de fil au responsable des inspections de l’organisme. Du jour au lendemain, la CCQ s’est montrée plus conciliante avec L. M. Sauvé. « La CCQ est gouvernée par la FTQ-C », a dit le témoin.
 
Paul Sauvé a été très vexé d’une conversation entre Jocelyn Dupuis et Louis-Pierre Lafortune, qu’il avait recruté dans son giron. Lafortune aurait dit de L. M. Sauvé : « C’est une poule aux oeufs d’or. Mais il faut se débarrasser du coq. »
 
« J’ai été tassé », a déploré Sauvé.

AFFRONTEMENTS À L’UQAM Calmer le jeu

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10 avril 2015 |Josée Boileau | Éducation
Peu importe par quel bout de la lorgnette on les regardait, les images qui provenaient mercredi de l’Université du Québec à Montréal, émanant tant de médias traditionnels qu’étudiants, étaient choquantes, faisant voir une addition d’aberrations dont nul ne peut se laver les mains.

Dressons donc la liste, car elle s’impose : il est inadmissible que des manifestants masqués se promènent dans une université, inadmissible que des agents de sécurité se déchaînent sur des étudiants pacifiques et visiblement apeurés, inadmissible encore que des hordes de policiers débarquent comme s’ils avaient affaire à des bandes criminelles, inadmissible aussi le vandalisme.
 
Certains choisissent de faire le tri dans ce lot : c’est l’autre qui a commencé, qui continue, qui jette de l’huile sur le feu… Qu’on foute à la porte ces fauteurs de trouble ! Que le recteur démissionne ! Et que surtout la situation dégénère, au plus grand bonheur des extrémistes des deux camps qui ne souhaitent surtout pas un quelconque encadrement : l’ASSE ou François Blais, ministre de l’Éducation, même combat !
 
Les violents heurts de mercredi sont donc devenus affrontement ouvert jeudi, avec au milieu le recteur de l’Université du Québec à Montréal, Robert Proulx, visiblement dépassé par des événements qui exigent la mise en place d’un dialogue plutôt que la communication par communiqué.
 
Le ministre Blais n’est pas l’interlocuteur recherché : après ses propos, sur les ondes de Radio X, sur les étudiants à traiter comme des enfants, sa perception de l’éducation comme un « don », énoncée jeudi, l’enfonce dans un paternalisme de mauvais aloi. Donnons-lui quand même raison sur un point : le recteur Proulx « a besoin de sa communauté ». Pas pour appeler la police toutefois, mais pour que la tension baisse : il importe qu’un comité de médiation soit mis en place, qui calmera des étudiants outrés et qui sortira la direction de la logique policière dans laquelle elle s’est enfermée.
 
La rentrée de 2012 aurait pourtant dû servir de mise en garde. Après le printemps agité que l’on sait, la rentrée automnale s’était faite sous la tension : des manifestants masqués avaient bloqué les cours à l’UQAM et à l’Université de Montréal. L’UQAM avait refusé de faire appel aux policiers : « Ça pourrait envenimer les choses », avait-on évalué. Sage décision, car l’intervention policière à l’Université de Montréal avait transformé le dérangement en un violent et inutile affrontement.
 
Le recours abusif à la police ne sert qu’à créer des martyrs de la cause étudiante. Les étudiants qui contestent les politiques d’austérité ne sont pas tous à l’aise devant les méthodes antidémocratiques de certains militants. Mais l’attaque frontale des autorités les rend solidaires et alimente leur colère. Cette dislocation de la société en groupes atomisés qui se méfient les uns des autres n’est pas la voie à suivre. D’où l’urgence de renouer le dialogue, en commençant par le rejet de la violence. Les étudiants de l’UQAM affirment que leurs masques les protègent de caméras qui pourraient mener à leur expulsion ? Fort bien, fermons les caméras, mais levons les masques aussi.
 
Ensuite, il faudra statuer sur le droit de grève étudiant, pour le reconnaître ET pour le baliser. Le rapport Ménard n’a pas été le seul à le réclamer : en septembre 2013, le rapport du Chantier sur une loi-cadre des universités, signé par Lise Bissonnette et John R. Porter, consacrait une section à la démocratie étudiante, devenue un surprenant enjeu juridique en 2012. Il faut trancher sur ce sujet avant le prochain conflit, écrivaient-ils : « C’est en temps de paix que la sagesse commande la réflexion, la prévention, et la préparation de compromis viables. » Une fois la guerre calmée, n’en déplaise au ministre, il faudra bien y revenir.

NOUVEAU PLAN NORD Khadir dénonce l’esprit «colonisé» de Couillard

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10 avril 2015 | Patrice Bergeron - La Presse canadienne à Québec | Québec
Le député de Québec solidaire Amir Khadir
Photo: Jacques Boissinot
La Presse canadienne
Le député de Québec solidaire Amir Khadir
Le premier ministre Philippe Couillard se complaît dans son « esprit colonisé », même s’il est très éduqué et cultivé, estime le député de Québec solidaire Amir Khadir, après le dévoilement de la nouvelle mouture du Plan Nord cette semaine par le gouvernement libéral.
 
À son avis, l’esprit colonisé qui règne depuis trop longtemps au Québec « place la loi des mines au-dessus de la loi divine » et ce sont les élites qui sont contaminées par cette mentalité. Tout le gouvernement est ainsi sous influence d’un lobby minier qui assoit la« dictature économique » des multinationales, a déploré M. Khadir.
 
Le député de Québec solidaire réagissait au nouveau Plan Nord du gouvernement Couillard, dont les cibles sont presque deux fois moins ambitieuses que sa version initiale, présentée il y a quatre ans. D’ici à 2035, Québec prévoit des investissements totaux de 50 milliards. En contrepartie, le gouvernement devrait injecter près de 2,7 milliards, une somme qui devrait surtout être destinée à l’amélioration des infrastructures au nord du 49e parallèle.
 
« C’est honteux pour le Québec » de payer de sa poche pour attirer les grandes entreprises étrangères, à l’instigation du lobby minier, qui perpétue « l’esprit colonisé » chez les décideurs, à commencer par le premier ministre, a déclaré M. Khadir dans une entrevue téléphonique à La Presse canadienne.
 
« Lorsque M. Couillard vient nous présenter le Plan Nord, il témoigne du fait que, encore une fois, même un premier ministre aussi bien éduqué et cultivé a une culture colonisée sur le plan de la gestion des ressources naturelles, parce qu’il opère dans cette culture politique », a-t-il dit.
 
Il y voit le travail du lobby minier tout-puissant, qui rôde constamment dans les corridors de l’Assemblée nationale, et qui propage l’idée que les groupes miniers sont « rois et maîtres de tout ».
 
« Tous les hommes de décision se soumettent à la dictature économique imposée par les multinationales minières depuis 100 ans maintenant », a dit M. Khadir.
 
Même plan
 
La nouvelle version du Plan Nord est à peu de chose identique à celle présentée par le gouvernement Charest, estime le député de Mercier : beaucoup de saccages, pas de protection de l’environnement, des investissements massifs de l’État pour ouvrir des routes et accorder des tarifs avantageux, peu de redevances ou d’impôts, et restauration des sites abandonnés à grands frais par les contribuables. « Ça lève le coeur pour le citoyen ordinaire des régions », a-t-il résumé.
 
Il soutient que c’est d’autant plus honteux pour le Québec en période d’austérité de prendre l’argent des contribuables pour subventionner les minières.
 
M. Khadir a d’ailleurs critiqué les propos du premier ministre, qui a reconnu que la dernière année avait été exigeante pour les Québécois, en raison des compressions entraînées par le retour à l’équilibre budgétaire.
 
« C’est toujours commode de parler d’une année exigeante, mais ce n’est pas exigeant pour soi-même, pour un homme riche comme Philippe Couillard, qui fait partie du 1 % de la population qui nage dans les centaines de milliers, voire les millions de dollars, de l’argent qu’il a en banque ici ou peut-être dans des paradis fiscaux », a-t-il dit.
 
Un an exactement après l’élection du gouvernement libéral, la classe politique au complet est entachée par le discrédit, a tiré comme bilan M. Khadir, parce que les partis font le contraire de leurs engagements une fois qu’ils forment le gouvernement. Lui-même dit avoir ressenti de l’hostilité quand on le présentait comme député à des gens qui ne connaissaient pas sa formation.
 
Le gouvernement Couillard n’est pas pire que le gouvernement précédent de Pauline Marois, a-t-il ajouté. C’est du pareil au même pour l’essentiel, et l’austérité a commencé sous le ministre péquiste des Finances Nicolas Marceau, juge le député de Mercier. À certains égards, les péquistes étaient pires, prend-il la peine d’évoquer.

GAZ À EFFET DE SERRE Les sables bitumineux condamnent le Canada à l’échec

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Les émissions de GES ont bondi de 18% depuis 1990 en raison de l’activité albertaine

Ce manifestant de Colombie-Britannique s’oppose à l’expansion de l’exploitation des sables bitumineux en sol albertain.
Photo: Darryl Dyck
La Presse canadienne
Ce manifestant de Colombie-Britannique s’oppose à l’expansion de l’exploitation des sables bitumineux en sol albertain.
À quelques jours de la rencontre à Québec des premiers ministres provinciaux consacrée aux changements climatiques, une nouvelle étude conclut que la croissance des émissions de gaz à effet de serre imputable aux sables bitumineux risque d’annuler tous les efforts entrepris au Canada pour endiguer cette crise environnementale.
 
Produit à partir de données gouvernementales, le document souligne que les émissions canadiennes de gaz à effet de serre (GES) ont connu une croissance globale de 18 % depuis 1990. À titre de comparaison, l’objectif de réduction des émissions au Québec est de 20 % en 2020, par rapport à 1990.
 
Ce n’est d’ailleurs pas ici que les GES ont suivi une courbe de croissance. En fait, l’Alberta est responsable de 73 % de la hausse observée à l’échelle nationale depuis 25 ans. Et l’étude publiée par Environmental Defence et Greenpeace pointe directement un coupable : l’industrie des sables bitumineux. « Tandis que les autres sous-secteurs de l’industrie pétrolière et gazière ont vu leurs émissions se stabiliser ou diminuer, celles des sables bitumineux ont monté en flèche, si bien qu’elles ont doublé depuis l’an 2000 », précise-t-on.
 
Sans réglementation fédérale à l’horizon, cette progression constante doit d’ailleurs se poursuivre. La production des sables bitumineux devrait en effet dépasser les trois millions de barils par jour en 2020, puis les cinq millions en 2030. Cette croissance rapide se reflète dans le transport de pétrole par train, qui a connu une croissance de 300 % depuis 6 ans. Les producteurs ont donc plus que jamais besoin des projets de pipelines.
 
Or, si les sables bitumineux sont exploités selon les prévisions de l’industrie, les émissions de l’Alberta « approcheront le total combiné de l’Ontario, du Québec et de la Colombie-Britannique » d’ici 2020, évaluent les auteurs de l’étude. L’Alberta est déjà la plus grande émettrice de CO2 parmi toutes les provinces canadiennes. Ses émissions dépassent même celles de l’Ontario et du Québec combinées.
 
Selon les conclusions de l’étude, il est donc tout simplement « impossible » que le gouvernement canadien atteigne son objectif de réduction des émissions de GES si cette industrie poursuit sur sa lancée. Après avoir jeté le protocole de Kyoto à la poubelle, le gouvernement Harper s’est donné une cible plus modeste de réduction de 17 % de ses émissions en 2020, par rapport au niveau de 2005.
 
Si elles souhaitaient cependant contrer la hausse des GES albertains, « les autres provinces et les autres secteurs économiques devraient fournir des efforts herculéens ». En fait, l’étude estime à 30 % la réduction nécessaire, et ce, à l’échelle du pays.Pour y parvenir, « il faudrait, par exemple, convertir tout le parc automobile du pays en véhicules électriques », ou encore amener les émissions de la Colombie-Britannique, des provinces de l’Atlantique et des territoires à zéro.
 
Pétrole et pipelines
 
Pour le responsable du programme national d’Environmental Defence, Dale Marshall, l’analyse des données d’Environnement Canada démontre clairement que l’exploitation des sables bitumineux est totalement « incompatible » avec la lutte contre les changements climatiques.
  
« Nos dirigeants doivent comprendre que la lutte du Canada contre les changements climatiques ne pourra pas être efficace tant que les émissions de GES en provenance des sables bitumineux continueront d’augmenter en flèche », fait-il valoir. Or, le premier ministre Stephen Harper a clairement fait savoir en décembre dernier qu’il n’entendait pas réglementer le secteur pétrolier et gazier, même si son gouvernement a évoqué l’idée à quelques reprises.
 
Dans ce contexte, le porte-parole de Greenpeace, Patrick Bonin, suggère aux premiers ministres des provinces de signifier leur opposition aux projets qui doivent favoriser la croissance de l’industrie. « S’ils veulent être crédibles dans la lutte contre les changements climatiques, le premier ministre du Québec et ceux des provinces doivent s’opposer à l’expansion des sables bitumineux et des infrastructures de transport, comme les pipelines, trains et bateaux dont elle dépend. »
 
À l’instar du gouvernement Harper, celui de Philippe Couillard a cependant déjà indiqué qu’il ne tiendra pas compte de la question des GES du pétrole albertain qui coulera dans le pipeline Énergie Est dans le cadre de son évaluation environnementale du projet. Lorsque le projet de TransCanada deviendra une réalité, en 2020, pas moins du tiers de la production canadienne des sables bitumineux transitera par le Québec. La province deviendra ainsi, et pour des décennies, la plus importante plaque tournante de la production pétrolière canadienne.
 
Le Canada possède les troisièmes plus importantes réserves de pétrole brut au monde, derrière l’Arabie Saoudite et le Venezuela. Celles-ci s’élèvent à 174 milliards de barils. La production quotidienne doit atteindre 6,7 millions de barils d’ici 2030.
 
Une étude scientifique publiée en janvier dans la revue Nature concluait cependant que le Canada devrait absolument laisser plus de 85 % de ses ressources pétrolières connues dans le sol s’il veut aider l’humanité à éviter la catastrophe climatique qui s’annonce.

PROCÈS DUFFY Harper était au courant des voyages du sénateur aux quatre coins du pays

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10 avril 2015 | Marie Vastel - Correspondante parlementaire à Ottawa | Canada
L’avocat de M. Duffy a tenté de démontrer que son client n’a pas erré en se faisant rembourser des déplacements pour des activités partisanes.
Photo: Sean Kilpatrick
La Presse canadienne
L’avocat de M. Duffy a tenté de démontrer que son client n’a pas erré en se faisant rembourser des déplacements pour des activités partisanes.
Lorsque Mike Duffy parcourait le pays, c’était notamment à la demande du premier ministre Stephen Harper, qui l’a personnellement remercié de son aide en lui remettant une photo dédicacée, que l’avocat du sénateur a brandie en Cour au troisième jour du procès du sénateur. Qui plus est, de telles activités s’inscrivent dans le rôle parlementaire du sénateur et sont donc remboursables, est venu témoigner l’ex-légiste du Sénat.
 
L’avocat de Mike Duffy a de nouveau interrogé pendant près de cinq heures l’ancien conseiller juridique du Sénat, Mark Audcent. Et Donald Bayne a réveillé la salle de Cour, en après-midi, en distribuant deux photographies de son client avec le premier ministre. L’une en marge des sommets du G8 et du G20 en Ontario, en 2010. L’autre montrant MM. Duffy et Harper réunis pour un panel pour promouvoir le Plan d’action économique en juin 2009 — cinq mois après sa nomination au Sénat. Elle est signée par le premier ministre et dédicacée« À Duff, un grand journaliste et un grand sénateur. Merci d’être un de mes meilleurs, un des plus travaillants que j’aie jamais nommés. » Les deux événements relèvent des « affaires publiques pour un sénateur », a commenté M. Audcent, car M. Duffy y était en vertu de son rôle de sénateur. La Couronne a rétorqué que la photographie relevait du « ouï-dire » et qu’il n’y avait aucune preuve quant à l’authenticité de la note qui y est manuscrite. Le bureau du premier ministre n’a pas voulu commenter les deux clichés, jeudi.
 
Mais ces images sont la preuve, selon Me Bayne, que son client était extrêmement sollicité en tant qu’ex-vedette du journalisme. Il avait non seulement le droit de se faire rembourser ses déplacements par le Sénat — puisqu’il s’agissait d’activités parlementaires, comme l’a certifié M. Audcent —, mais elles expliquent en outre qu’il n’ait pu être présent en tout temps dans sa province de l’Île-du-Prince-Édouard, a suggéré son avocat.
 
En milieu de journée, M. Audcent avait expliqué qu’un sénateur ne doit pas uniquement posséder une demeure dans la province qu’il représente, mais y être résidant. Mais un sénateur « ne peut être à l’Î.-P.-É. quand il effectue d’autres travaux parlementaires à la demande du premier ministre ou du caucus conservateur », lui a suggéré Me Bayne. « C’est exact », a consenti M. Audcent. Les critères de résidence d’un sénateur dans la province qu’il représente ne sont nulle part définis, a réitéré « ad nauseam » — de son propre aveu — Me Bayne.
 
Une part « essentielle » du travail
 
En citant les règles sénatoriales, Me Bayne a en outre noté que « les activités partisanes sont inhérentes et essentielles aux fonctions parlementaires du sénateur ». Et que « le sénateur a droit aux ressources financières et aux services administratifs nécessaires pour s’acquitter de ses fonctions parlementaires ». M. Duffy n’a donc pas erré — tel que le plaide la Couronne — en se faisant rembourser des déplacements pour participer à des activités partisanes, a répliqué son avocat. Le concept d’« activité partisane » n’est nulle part défini, a admis M. Audcent.
 
La Couronne reproche par ailleurs au sénateur de s’être fait rembourser des déplacements alors qu’il allait voir sa famille. Un sénateur peut bien combiner une visite familiale et un voyage parlementaire, a demandé Me Bayne. « Ce serait ma compréhension, oui », a corroboré M. Audcent.
 
L’avocat de Mike Duffy a enfin fait valoir que, si les notes de frais du sénateur ont été acceptées par l’administration du Sénat au fil des ans, c’est que les autorités les ont crues valides. Pas si vite, a rétorqué M. Audcent. Le Sénat n’approuve pas les factures, il les reçoit simplement. « C’est le sénateur qui est maître des faits, pas l’administration », a insisté l’ex-légiste.

Visite-surprise au procès
Le sénateur Patrick Brazeau, lui aussi suspendu et accusé de fraude par la GRC, a causé la surprise en se présentant au palais de justice d’Ottawa pour assister au troisième jour du procès de son collègue Mike Duffy. M. Brazeau était présent pour « appuyer son collègue indépendant », a indiqué son avocat aux journalistes, à leur arrivée jeudi matin. L’avocat de M. Brazeau, Christian Deslauriers, était lui-même présent au premier jour des audiences, mardi. Patrick Brazeau subit ces jours-ci son procès dans une autre affaire, le sénateur ayant été accusé il y a deux ans de voies de fait et d’agression sexuelle contre une personne dont l’identité est protégée par un interdit de publication. Les dates de son procès pour fraude et abus de confiance, en lien avec ses indemnités de logement réclamées au Sénat, seront fixées début mai, M. Brazeau ayant renoncé à la tenue d’une enquête préliminaire qui était prévue début juin. Les arguments présentés en Cour par le clan Duffy pourront lui servir dans sa propre cause, espère le sénateur, qui a pris plusieurs pages de notes au fil de la journée. M. Brazeau est accusé d’avoir récolté, à tort, des allocations de logement en plaidant habiter principalement à Maniwaki — à plus de 100 km de la colline parlementaire — alors qu’il avait aussi une demeure à Gatineau.

GRÈVE ÉTUDIANTE L’UQAM choisit la ligne dure

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Le ministre François Blais offre tout son soutien au recteur Robert Proulx


10 avril 2015 |Philippe Orfali | Éducation
En soirée, des étudiants de l’École des sciences de la gestion de l’UQAM ont tenu une veillée aux chandelles pour montrer leur désaccord quant au grabuge effectué dans l’institution la veille.
Photo: Annik MH De Carufel
 Le Devoir

En soirée, des étudiants de l’École des sciences de la gestion de l’UQAM ont tenu une veillée aux chandelles pour montrer leur désaccord quant au grabuge effectué dans l’institution la veille.

Après les saccages et multiples arrestations survenus la veille au pavillon J.-A.-DeSève, l’Université du Québec à Montréal tentait de recoller les morceaux, jeudi, tant bien que mal. Mais une chose est sûre : devant les appels à la démission qui se multiplient, le recteur Robert Proulx n’a pas l’intention de fléchir.

Réveil brutal, jeudi matin, pour des milliers d’étudiants de l’UQAM. L’escalade des événements, la veille, avait culminé avec l’occupation pendant toute la soirée — et le vandalisme — du pavillon DeSève, situé à l’angle Sainte-Catherine et Sanguinet, avant que la police n’intervienne peu après minuit, pour la troisième fois en moins de 24 heures à l’UQAM.

Au lendemain de ces incidents, un collectif formé de professeurs et d’étudiants a réclamé la démission pure et simple du recteur Robert Proulx, furieux de la « dérive sécuritaire » de la direction de l’établissement. Ces représentants de professeurs, de chargés de cours et d’étudiants membres de l’Association pour une solidarité sociale étudiante (ASSE) ont exigé en choeur le départ immédiat de M. Proulx, qu’ils ont accusé de jouer au « pompier pyromane » avec sa gestion de la grève étudiante déclenchée au cours des dernières semaines. C’est la décision de la direction de faire appel au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) au sein des édifices de l’UQAM qui a mis le feu aux poudres, ont-ils soutenu.

« Il est clair que le recteur a failli à sa mission, a déclaré le professeur de sociologie Marcos Ancelovici. La seule chose responsable qu’il lui reste à faire est de démissionner. » La veille, en fin de journée, un groupe de professeurs et lui avaient tenté, au cours d’une rencontre houleuse, de trouver des solutions à la crise avec le recteur et deux de ses adjoints.

Débat sur le droit de grève

Le collectif a de plus demandé à l’UQAM de reconnaître le droit de grève des étudiants en ne demandant pas le renouvellement de l’injonction temporaire, qui arrive à échéance lundi, et qui vise à forcer la tenue des cours. Cette injonction n’a pas permis de rétablir le calme, bien au contraire, ont-ils souligné. Ils n’ont pas manqué de rappeler que Robert Proulx lui-même avait demandé au gouvernement libéral de Philippe Couillard de légiférer en matière de droit de grève des étudiants.

Au moment de faire le point sur la crise à l’UQAM, au cours d’une conférence de presse à Québec, le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, François Blais, a complètement exclu cette possibilité. « Je ne sais pas sur quoi vous voulez qu’on légifère, mais je vous rappelle simplement que nous ne croyons pas à ce droit-là », a dit le ministre.

L’ex-doyen de l’Université Laval a donné son appui « entier » au recteur de l’UQAM quant à ces « personnes qui rentrent cagoulées et qui terrorisent une institution ».

Celui qui avait proposé aux recteurs d’expulser de « deux à trois » étudiants par jour pour calmer le jeu a jugé que le recteur de l’UQAM y était « allé de manière très graduelle » au cours des dernières semaines. La venue des policiers — et les 27 arrestations qui ont eu lieu pendant la journée et la soirée de mercredi — était « le geste qui s’imposait pour faire respecter les règles qui régissent une société de droit ». Rappelons que le recteur Proulx a également entrepris des démarches visant à expulser ou suspendre neuf étudiants, en plus de faire appel à une firme de sécurité externe et d’avoir obtenu l’injonction de dix jours.

Il a précisé que Québec n’interviendrait pas directement dans les affaires de l’UQAM, à la demande du recteur Proulx, si ce n’est que pour lui offrir son « appui entier ». Robert Proulx a toute la légitimité nécessaire pour accomplir son travail, a soutenu M. Blais.

Québec ne paiera pas un iota si l’UQAM en venait à prolonger sa session, a-t-il ajouté.

Le chef par intérim du Parti québécois, Stéphane Bédard, a lui aussi demandé la« reconnaissance de la démocratie étudiante », et ce, bien que le PQ se soit toujours opposé à toute forme de droit de grève pour les étudiants alors qu’il était au pouvoir. « La violence est toujours inacceptable. Les gestes répréhensibles des commandos de manifestants masqués et cagoulés, dirigés contre des personnes et des biens, doivent être dénoncés,[mais] les étudiants peuvent légitimement s’opposer à l’austérité », a estimé le chef de l’opposition.

Dommages considérables

Entre-temps, au pavillon J.-A.-DeSève, le personnel de l’UQAM était à pied d’oeuvre afin d’évaluer et réparer les dommages. Le bâtiment situé à l’angle des rues Sanguinet et Sainte-Catherine était fermé pour la journée, forçant par le fait même l’annulation de plusieurs dizaines de cours.

Dès le début de la matinée, des employés des services des immeubles et de l’équipement ont entamé l’évaluation des dommages. « Nous n’avons pas encore de chiffre pour évaluer les dommages. Mais ce sont des dommages qui sont très importants », a dit la porte-parole de l’UQAM, Jenny Desrochers. « Le comptoir de l’aide financière [où ont pénétré par la force des vandales], où les étudiants peuvent faire des demandes de bourse, c’est carrément sinistré. » Caméras de surveillance, mobilier, machines distributrices ont également été endommagés ou détruits, alors que les graffitis se comptent par dizaines sur les murs. Et de nombreuses portes et fenêtres ont été brisées ou endommagées par des manifestants masqués.

Le pavillon DS sera « partiellement » rouvert vendredi, a indiqué l’établissement en soirée. Certains cours ont toutefois été déplacés. Les professeurs et étudiants en ont été avisés par courriel ou le seront par une affiche sur la porte de leur local de cours habituel. Certains services localisés dans le pavillon DS seront également fermés pour la journée.