Rambo!

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 Certains l’avoueront, d’autres non, mais nous avons tous eu un grand éclat de rire en entendant Rambo Gauthier se lancer en politique.
L’homme a un style particulier dont il sait jouer. Il sait faire rire, indigner, choquer, en prétendant chaque fois représenter­­ le bon sens des régions.
Devant des politiciens cravatés, qui se plient, pas que pour de mauvaises raisons­­, aux exigences de la politesse médiatique, il se présentera comme l’homme vrai, n’hésitant pas à sacrer, à gueuler.
Pittoresque
Bouffon du roi? Pas vraiment. On aurait­­ dit autrefois: tribun de la plèbe. C’est-à-dire que Rambo dira parler au nom d’un peuple bâillonné.
Le contraste entre la classe politique et lui est tel qu’il trouvera son public. Avec son langage coloré, on le dira authentique­­, drôle. On trouvera son propos­­ plein de fraîcheur.
À l’heure de la défiance généralisée, il suscitera la sympathie de ceux qui veulent­­ faire un bras d’honneur aux puissants. On entend déjà la formule de ralliement: il ne peut pas être pire que les autres!
Reste à voir s’il pourra convertir les rieurs en électeurs. C’est moins certain. La politique est quand même chose sérieuse. Rambo Gauthier en manque quand il veut faire battre une députée péquiste pour renverser les libéraux­­.
Il y a là un manque de rigueur­­ politique qui nous rappelle qu’une grosse colère, même justifiée, n’accouche pas toujours d’une bonne stratégie.
Une fois le rire passé, il faut l’écouter malgré l’outrance du propos.
Que représente Rambo Gauthier?
Dans sa conférence de presse, il a parlé de la dépossession des régions. Faut-il lui donner tort? Nous sommes devant des populations qui se sentent abandonnées, oubliées, négligées. En d’autres mots, elles ne se sentent plus protégées par ceux qui devraient les protéger.
Rambo ajoute que les élites abusent de leurs privilèges et négligent les besoins du peuple. Peut-on vraiment lui donner tort? Les scandales à répétition, à tout le moins, entretiennent le cynisme de la population.
Rambo dit s’inquiéter de l’immigration massive et des pseudo-accommodements raisonnables. Traduisons cela autrement: il exprime, comme bien d’autres, la peur de perdre son identité et de devenir étranger dans son propre pays.
Colère
Cette peur est fondée. Partout en Occident­­, elle suscite la création de nouveaux­­ mouvements et l’émergence de nouvelles personnalités.
On pourrait poursuivre la liste, mais on comprend l’essentiel: au-delà de son caractère pittoresque, l’engagement de Rambo Gauthier est un symptôme du désaveu des élites par ceux qui se perçoivent­­ comme des gens ordinaires.
Pour l’instant, le Québec a la chance de ne pas avoir dans sa vie politique de mouvement populiste à l’européenne. Mais pour éviter qu’ils se développent, nos élites doivent entendre le malaise populaire.
Elles doivent cesser de parler comme des robots et entendre la douleur du peuple et comprendre qu’il a de bonnes raisons de redouter le monde qui vient.
Sans singer Rambo Gauthier, elles doivent­­ écouter ce qu’il dit, même s’il parle en sacrant et en exagérant.

Martine Ouellet lorgne la direction du Bloc québécois

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La députée de Vachon, Martine Ouellet, se donne la période des Fêtes pour prendre une décision.



La députée de Vachon, Martine Ouellet, se donne la période des Fêtes pour prendre une décision.  Après deux tentatives infructueuses d’accéder à la chefferie du Parti québécois, la députée de Vachon, Martine Ouellet, songe sérieusement à briguer la direction du Bloc québécois.
«Je suis en réflexion», a confirmé la principale intéressée, jeudi matin, à son arrivée au caucus de l’aile parlementaire péquiste à l’Assemblée nationale.
«Je pense que c’est important de renforcer le Bloc québécois, c’est pour ça que je suis en réflexion», a-t-elle ajouté.
La députée de Vachon se donne la période des Fêtes pour prendre une décision. Quelques rencontres figurent déjà à son agenda afin d’alimenter sa réflexion.
Le chef actuel du Bloc québécois, Rhéal Fortin, a annoncé mercredi qu’il ne serait pas sur les rangs lors de la course à la direction de son parti à venir en 2017.
Encouragée par Lisée
Informé de la nouvelle jeudi matin, comme tout le monde, le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, n’a pas cherché à retenir Mme Ouellet au sein du caucus péquiste. Questionné à ce sujet par les journalistes, M. Lisée l’a pratiquement encouragé à se lancer.
«Je pense qu’elle serait une excellente candidate, a dit le chef du Parti québécois. Je pense qu’elle serait une bonne cheffe. Je pense que sa candidature serait une bonne candidature.»
M. Lisée a raconté que Mme Ouellet avait abordé le sujet avec lui après la dernière course à la chefferie. Elle avait alors manifesté le souhait de demeurer au Parti québécois.
«Ce n’était pas du tout sur mon radar, a assuré Mme Ouellet, mais plusieurs personnes ont sollicité ma candidature, des personnes que je respecte.»
Parmi eux, on retrouve notamment la comédienne, ex-candidate péquiste et bloquiste, Sophie Stanké.
Mme Ouellet a laissé planer qu’elle pourrait se lancer dans la course à la chefferie tout en demeurant députée de Vachon, une possibilité que M. Lisée n’a pas écarté.
«Ce n'est pas une question que j'ai analysée. On va d'abord laisser Martine faire sa réflexion, prendre sa décision, puis ensuite on va prendre les enjeux un par un», a indiqué le chef péquiste.
Un comté que le PQ pourrait perdre
Invité à réagir, le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a quasiment invité Mme Ouellet à faire le saut en politique fédérale, ce qui pourrait éventuellement signifier le déclenchement d’une quatorzième élection partielle depuis 2014.
Aux dernières élections générales, les résultats avaient été très serrés dans la circonscription de Vachon. Mme Ouellet avait été réélue avec une majorité de seulement 176 votes sur le candidat libéral. La CAQ avait terminé non loin derrière, en troisième position.
«On aime ça les partielles, on sera prêts, a dit M. Legault. C’est dans le 450 : ce sont des comtés visés par la CAQ et on espère que ça serait la seule partielle, donc on pourrait concentrer nos efforts dans une partielle, plutôt que dans quatre.»
«Je pense que c’est probablement parce qu’elle est très malheureuse au sein de l’équipe dans laquelle elle est présentement», a commenté de son côté la ministre Christine St-Pierre, à la sortie du caucus libéral.
Pour ce qui est de la course à la chefferie du Bloc québécois tant que tel, «écoutez, c’est un peu un farce, a dit M. Legault. Il y a des courses au PQ et au Bloc à peu près à tous les six mois.»
Réactions à Ottawa
À Ottawa, quelques députés bloquistes se sont montrés emballés à l’idée que Mme Ouellet soit de la course à la chefferie de leur parti.
«C’est une super bonne nouvelle pour le Bloc québécois. Mme Ouellet, c’est une candidature de prestige. Si elle décide d’y aller, il va y avoir d’autres candidatures. Ça montre que le Bloc a de l’attrait.
Ça montre qu’il y a de l’engouement pour le Bloc», a dit Gabriel Ste-Marie, député bloquiste de Joliette.
«Je sens un grand engouement dans le caucus du Bloc québécois, a déclaré Xavier Barsalou-Duval, député bloquiste de Pierre-Boucher—Les Patriotes—Verchères. [...] Mme Ouellet, c’est tellement une bonne candidature que je ne vois pas qui pourrait s’y opposer. À mon sens, c’est la meilleure personne.»
- Avec la collaboration de Guillaume St-Pierre, Agence QMI

Ken Pereira réfléchit à la politique

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Le syndicaliste évalue actuellement les options lui permettant de faire bouger les choses rapidement




Ken Pereira a confirmé son désir de faire le saut dans l’arène politique. Deux jours à peine après Bernard ‘’Rambo’’ Gauthier, voilà que le lanceur d’alerte et autre figure connue du monde syndical Ken Pereira a confirmé son désir de faire le saut dans l’arène politique.
Le syndicaliste bien connu a confié jeudi lorgner vers la politique active depuis un moment déjà. «On va mettre les choses au clair, oui je songe à la politique. Ça fait quatre ans que je me fais appeler par des partis politiques», a expliqué M. Pereira.
Grogne populaire grandissante
C’est la grogne qui s’étend maintenant un peu partout qui pousserait Ken Pereira a faire le saut. Selon lui, le Québec n’est pas différent des États-Unis ou de l’Europe en matière de ras-le-bol populaire.
«Donald Trump a été créé non pas par la droite, mais par l’incompétence des politiciens qui sont passés avant lui. [...] Si lui est capable de faire un changement, peut-être que ça peut faire boule de neige», estime M. Pereira.
«Le bon char pour gagner»
Pour ce qui est du palier éventuel ou du choix d’un parti, celui qui avait dévoilé au grand jour les stratagèmes frauduleux dans l’industrie de la construction n’est toujours pas arrêté. En fait, Ken Pereira cherche «le poste le plus rapide pour faire avancer les choses».
«Tu veux prendre le bon char pour gagner la course, image-t-il. Je me questionne à savoir quel parti va me donner les meilleures chances de pousser mon agenda, qui est celui de la classe moyenne. [...] Si je rentre, je rentre à 100% et je ne me ferai pas arrêter par quiconque.»
Avec Rambo?
Pourrait-il rejoindre Bernard Gauthier qui s’est lancé mardi? «On vient les deux du même monde. Oui, il est là et le timing n’est pas mauvais, mais moi je ne suis pas Bernard», indique Ken Pereira, refusant de fermer complètement la porte. Une candidature indépendante n’est pas écartée non plus. «Ça aussi c’est bon, mais ça a ses limites. Tu n’as pas de structure, tu pars tout seul.»

Harper se préparait à un troisième référendum

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EXCLUSIF
Publié le 08 décembre 2016 à 05h00 | Mis à jour à 06h15
Dès l'été 2013, Stephen Harper a décidé de... (PHOTO PASCAL RATTHÉ, ARCHIVES LE SOLEIL)
Dès l'été 2013, Stephen Harper a décidé de créer un groupe de travail afin d'élaborer
la stratégie fédérale dans l'éventualité d'un troisième référendum.
PHOTO PASCAL RATTHÉ, ARCHIVES LE SOLEIL
(Ottawa) Conscient de son impopularité au Québec, l'ancien premier ministre Stephen Harper était prêt à jouer un rôle effacé durant la campagne menant à un référendum sur la souveraineté, dans l'éventualité où le Parti québécois aurait remporté la majorité des sièges aux élections provinciales qui ont eu lieu en avril 2014. À cette fin, il avait d'ailleurs approché l'ancien premier ministre du Québec, Jean Charest, pour qu'il joue un rôle de premier plan durant la bataille référendaire qui, croyait-on à Ottawa, surviendrait rapidement après une victoire péquiste, a appris La Presse de plusieurs sources.
Dès l'été 2013, Stephen Harper a décidé de créer un groupe de travail très restreint de moins de 10 personnes afin d'élaborer la stratégie fédérale. L'objectif était d'éviter à tout prix une répétition des évènements qui avaient mené à la quasi-victoire du camp du OUI au référendum d'octobre 1995, selon des notes obtenues par La Presse et des informations glanées auprès de sources bien au fait des évènements.
Une constatation qui s'est rapidement imposée au groupe était sans appel : Stephen Harper ne pourrait être à l'avant-scène de la campagne du NON, étant donné son faible taux de popularité au Québec. Tout au plus, le premier ministre comptait prononcer deux discours «factuels» durant une telle campagne, laissant davantage de place à d'autres ténors fédéralistes du Québec comme Jean Charest pour éviter l'éclatement du pays.
Selon nos informations, M. Harper a rencontré M. Charest au moins une fois à son bureau à Ottawa afin de discuter du rôle qu'il pourrait jouer dans une bataille référendaire. M. Charest a aussi rencontré à quelques reprises à ce sujet l'ancien ministre des Affaires intergouvernementales, Denis Lebel, qui était alors lieutenant politique du premier ministre au Québec.
«Et dans un scénario de gouvernement péquiste majoritaire, le Parti libéral du Québec n'aurait pas eu de chef ou aurait eu un nouveau chef. M. Charest aurait donc joué un rôle fort important», a ajouté cette source qui a requis l'anonymat parce qu'elle n'avait pas l'autorisation de discuter publiquement de la stratégie.
Dans les officines du gouvernement fédéral, on s'attendait aussi à ce que le Parti québécois majoritaire déclenche son offensive référendaire très rapidement.
«Pour nous, c'était clair comme de l'eau de roche que si le PQ obtenait une majorité, il déclencherait un référendum dans un délai de six mois. On s'attendait à ce qu'il tente de tirer profit de la présence de Stephen Harper, l'Albertain mal aimé des Québécois qui avait déjà trois mandats dans le corps et seulement cinq députés conservateurs au Québec», a ajouté cette source.
«Les erreurs de 1995 n'allaient pas être répétées»
Selon des informations obtenues par La Presse, le groupe de travail formé par Stephen Harper était dirigé par l'ex-ministre Denis Lebel. Six autres personnes faisaient partie du groupe : Yan Plante, chef de cabinet de Denis Lebel, Catherine Loubier, conseillère de Stephen Harper pour le Québec, Carl Vallée, proche collaborateur de M. Harper, Graham Flack, sous-ministre des Affaires intergouvernementales qui avait vécu le «traumatisme» de 1995, Joëlle Montminy, haute fonctionnaire aux Affaires intergouvernementales et ancienne membre du personnel politique sous le gouvernement Mulroney, et enfin Jean-François Tremblay, haut fonctionnaire du Bureau du Conseil privé.
Joint par La Presse, hier, Yan Plante, l'ancien chef de cabinet de Denis Lebel qui a joué un rôle prépondérant dans l'élaboration du plan et qui est aujourd'hui président de Compas stratégies, s'est borné à dire que le gouvernement Harper se préparait à toute éventualité.
«Je ne souhaite ni confirmer ni infirmer les détails des informations de La Presse. Toutefois, il faut comprendre que M. Harper est sans l'ombre d'un doute le meilleur stratège politique à avoir occupé la fonction de premier ministre du Canada. Alors, je vous dirais simplement que s'il y avait eu un référendum, nous étions prêts», a expliqué M. Plante dans un courriel. «Contrairement à 1995, le fédéral n'aurait pas tenté d'attacher ses lacets en panique dans le vestiaire avant la course de 100 mètres, pendant que les péquistes étaient déjà rendus à la ligne de 35 mètres.»
Également joint hier, Carl Vallée, ancien attaché de presse de M. Harper, a indiqué qu'on ne voulait pas répéter les erreurs de 1995. «Le gouvernement conservateur était pleinement préparé à cette éventualité, et ce, au plus haut niveau. Les erreurs de 1995 n'allaient pas être répétées sous la gouverne du premier ministre Harper», a dit M. Vallée, qui travaille actuellement chez HATLEY, entreprise montréalaise offrant notamment des conseils stratégiques en matière de relations avec les gouvernements et les administrations publiques.
Selon nos informations, Denis Lebel avait déjà souligné l'importance de se préparer à un éventuel référendum dès l'élection du gouvernement minoritaire de Pauline Marois, en septembre 2012. Son appel a finalement été entendu une fois qu'il est officiellement devenu le lieutenant politique de Stephen Harper au Québec, à l'été 2013.
À partir de juillet 2013, M. Lebel a commencé à faire un compte rendu mensuel au premier ministre sur l'évolution des préparatifs. Mais à compter de janvier 2014, alors qu'une élection se profilait à l'horizon et que le débat sur la charte des valeurs québécoises avait permis au Parti québécois d'augmenter ses appuis dans les sondages, au point qu'une majorité péquiste était possible, les rencontres sont devenues plus fréquentes et Stephen Harper a reçu un compte rendu toutes les deux semaines, en présence du greffier du Conseil privé, Wayne Wouters.
Éviter de s'immiscer dans la campagne québécoise
Dans les semaines qui ont précédé le déclenchement des élections au Québec, Stephen Harper a aussi pris soin d'appeler ou de rencontrer chacun de ses homologues des autres provinces. Son message était le même : il les implorait de ne pas s'immiscer dans la campagne québécoise, coûte que coûte, afin de ne pas donner de munitions aux souverainistes. 
«Il voulait essentiellement leur livrer deux messages. D'abord, si le Parti québécois gagne une majorité, nous sommes prêts. Ensuite, ne jetez pas d'huile sur le feu. Si Pauline Marois vous attaque, ne répliquez pas.» - Une source fédérale
Selon nos informations, ce dernier avertissement visait d'abord et avant tout le bouillant premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall, qui rêvait d'en découdre avec Pauline Marois sur la question des paiements de péréquation et l'exploitation des ressources naturelles.
Durant la même période, Stephen Harper a discrètement rencontré à tour de rôle le chef du NPD Thomas Mulcair et le chef du Parti libéral Justin Trudeau afin de discuter de la possibilité d'une victoire majoritaire du Parti québécois et de la tenue rapide d'un troisième référendum.
«M. Harper voulait leur faire comprendre que si le PQ gagnait et se dirigeait vers un référendum, il fallait mettre la politique de côté et travailler ensemble dans l'intérêt national du Canada. Justin Trudeau s'est comporté en digne homme d'État. Il a dit au premier ministre qu'il pouvait compter sur son appui dans une telle éventualité. Et il a gardé confidentielle la tenue de cette rencontre», a dit une source.
La rencontre avec Thomas Mulcair fut tout aussi cordiale, indique-t-on dans les rangs conservateurs, mais certains de ses proches collaborateurs ont cherché à marquer des points en organisant une fuite à la CBC pour démontrer que Stephen Harper ne comprenait pas le Québec.
Stephen Harper avait aussi mis sur pied un autre comité, formé de ministres et de hauts fonctionnaires venant de l'extérieur du Québec, pour se pencher sur la suite des choses dans l'éventualité d'un OUI, selon nos informations. Mais ce comité, dont étaient exclus tous les Québécois faisant partie de son administration, n'a pas été aussi actif que le comité dirigé par Denis Lebel.