Philippines: Abou Sayyaf décapite un otage allemand

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Publié le 27 février 2017 à 10h10 | Mis à jour à 12h18
En 2008 déjà, Jürgen Kantner et son épouse avaient été... (PHOTO MUSTAFA ABDI, ARCHIVES AFP)
En 2008 déjà, Jürgen Kantner et son épouse avaient été enlevés par des pirates somaliens dans le golfe d'Aden et retenus pendant 52 jours.
PHOTO MUSTAFA ABDI, ARCHIVES AFP
Agence France-Presse
MANILLE
Les islamistes philippins d'Abou Sayyaf, à l'origine de nombreux enlèvements d'étrangers, ont décapité un septuagénaire allemand enlevé à bord de son voilier l'an dernier dans le sud des Philippines.
Le groupe SITE, spécialisé dans la surveillance des... (PHOTO AP/FOURNIE PAR SITE) - image 1.0
Le groupe SITE, spécialisé dans la surveillance des sites internet islamistes, a publié une image de Jürgen Kantner tirée d'une vidéo d'Abou Sayyaf.
PHOTO AP/FOURNIE PAR SITE
L'assassinat de Jürgen Kantner par le groupe philippin rallié à l'organisation État islamique (EI) a d'abord été rapporté lundi par le groupe SITE, spécialisé dans la surveillance des sites internet islamistes. D'après SITE, une vidéo publiée par Abou Sayyaf montre un de ses membres, spécialisé dans les enlèvements crapuleux, en train de tuer Jürgen Kantner avec un couteau.
Peu après la publication de cette vidéo, un responsable gouvernemental, Jesus Dureza, a confirmé la mort de l'Allemand âgé de 70 ans. « Nous avons fait de notre mieux [pour le sauver], mais en vain », a-t-il affirmé. « Nous sommes peinés et condamnons avec force la décapitation barbare d'un nouvel otage ».
Dans l'après-midi, Berlin a, à son tour, déploré la mort de son ressortissant. « Après des semaines d'inquiétude, nous avons aujourd'hui la triste certitude qu'un otage allemand a été assassiné de façon barbare par des terroristes preneurs d'otages aux Philippines », a déclaré Steffen Seibert, porte-parole du gouvernement allemand.
De son côté, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault a condamné « avec la plus grande fermeté l'odieux assassinat » de l'otage allemand.
Des responsables militaires dans le sud du pays ont affirmé que le corps de l'Allemand n'avait pas encore été retrouvé.
Le ministre allemand des Affaires étrangères Sigmar Gabriel a déclaré que Manille ne lui avait pas encore donné confirmation que la vidéo était authentique. Mais si tel est le cas, « il s'agit bien évidemment d'une des choses les plus effroyables que l'on puisse imaginer », a-t-il dit.
Abou Sayyaf, accusé d'être à l'origine des pires attaques terroristes de l'histoire de l'archipel, avait exigé avant dimanche le versement d'une rançon de 30 millions de pesos (plus de 780 000 dollars canadiens) pour libérer son otage.
L'armée philippine avait annoncé le 7 novembre avoir découvert le Rockall, le voilier de Jürgen Kantner, dérivant dans le sud des Philippines. La dépouille de sa compagne, Sabine Merz, avait été découverte à bord, présentant une blessure par balle.
« Un peu du suicide »
Le couple aimait barouder dans des régions dangereuses.
En 2008 déjà, M. Kantner et Mme Merz avaient été enlevés par des pirates somaliens dans le golfe d'Aden et retenus pendant 52 jours. L'AFP avait interviewé le couple en 2009 au sujet de cette épreuve et Jürgen Kantner avait expliqué qu'il ne renoncerait jamais à naviguer. « Je suis bien conscient qu'il est dangereux de naviguer dans les eaux somaliennes et je n'ai personne pour assurer ma sécurité, mais je prie Dieu pour ne pas être de nouveau la cible de pirates. C'est un peu du suicide », avait-il alors concédé.
Basé dans les îles reculées du sud des Philippines où la majorité des habitants sont musulmans, Abou Sayyaf a prêté allégeance à l'organisation État islamique (EI), après avoir été lié à Al-Qaïda.
Il a extorqué des millions de dollars de rançon en enlevant des otages étrangers et chrétiens et les analystes jugent qu'il s'agit plus d'un groupe crapuleux que d'un mouvement idéologique.
Abou Sayyaf a exécuté deux Canadiens, en avril et en juin 2016, lorsque les millions de dollars de rançon demandés n'avaient pas été versés.
Abou Sayyaf est une ramification de l'insurrection séparatiste musulmane qui a fait plus de 100 000 morts depuis les années 70 aux Philippines, d'Asie du Sud-Est composé à très grande majorité de catholiques fervents.
Considéré comme une organisation terroriste par Washington, il a été fondé au début des années 1990 avec des financements du réseau Al-Qaïda.
En 2014, les islamistes avaient enlevé un autre couple d'Allemands sur leur yacht dans le sud des Philippines. Ils les avaient relâchés six mois plus tard en affirmant avoir reçu les 250 millions de pesos exigés (environ 6,5 millions dollars canadiens).
S'il est spécialisé dans les enlèvements crapuleux d'étrangers, le groupe extrémiste est aussi accusé d'avoir organisé de sanglants attentats dans l'archipel. Il a ainsi perpétré le pire attentat qu'aient connu les Philippines : une attaque contre un traversier qui avait fait 116 morts en 2004.

Trump propose une «hausse historique» des dépenses militaires

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Publié le 27 février 2017 à 10h10 | Mis à jour à 11h12
Évoquant un budget « de sécurité nationale », Donald Trump... (PHOTO EVAN VUCCI, ASSOCIATED PRESS)
Évoquant un budget « de sécurité nationale », Donald Trump a affirmé qu'il respecterait sa « promesse de protéger les Américains », lors d'une rencontre avec des gouverneurs à la Maison-Blanche, le 27 février.
PHOTO EVAN VUCCI, ASSOCIATED PRESS
Agence France-Presse
Washington
Le président américain Donald Trump a proposé lundi « une hausse historique » des dépenses militaires dans le prochain budget fédéral dont son administration a esquissé les grandes lignes.
Évoquant un budget « de sécurité nationale », le président républicain a affirmé, lors d'une rencontre avec des gouverneurs à la Maison-Blanche, qu'il respecterait sa « promesse de protéger les Américains ».
Selon un responsable de l'administration, il va proposer une hausse de 54 milliards de dollars pour la Défense, soit une hausse d'environ 9 % d'une année sur l'autre, qui sera compensée par une baisse équivalente des dépenses non-militaires.
« La plupart des agences fédérales verront par conséquent une réduction de leur budget », a indiqué ce responsable, interrogé sur des informations de presse évoquant en particulier une baisse pour la diplomatie et l'agence de protection de l'environnement.
Il a aussi annoncé une « importante réduction » de l'aide internationale.
Le budget « inclura une hausse historique dans les dépenses de la Défense » visant à « reconstruire » l'armée, a ajouté Donald Trump, qui avait fait de la sécurité et de la lutte contre le groupe État islamique un des grands axes de sa campagne électorale.
« Vous en saurez plus demain [mardi] soir », a-t-il ajouté évoquant don discours devant le Congrès réuni au grand complet.
« Ce sera un événement majeur, un message au monde en ces temps dangereux, sur la force et la détermination de l'Amérique », a-t-il encore dit.
Début février, des chefs militaires américains avaient décrit devant le Congrès une armée américaine affaiblie par des années de ressources budgétaires insuffisantes et plus de deux décennies de conflits. S'ils ont déjà convaincu Donald Trump, c'est le Congrès qui tient in fine les cordons de la bourse.
Profitant des retraits de troupes américaines d'Irak et d'Afghanistan, son prédécesseur démocrate, Barack Obama, avait réduit les dépenses militaires.
À 3,3 % du PIB, soit près de 600 milliards de dollars, elles restent toutefois de loin les plus importantes du monde.

Des agents nord-coréens auraient tué Kim Jong-Nam

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Publié le 27 février 2017 à 08h42 | Mis à jour à 10h00
La Malaisie n'a pas encore accusé directement la... (Photo Thomas Peter, REUTERS)
La Malaisie n'a pas encore accusé directement la Corée du Nord d'être derrière la mort de Kim Jong-Nam, mais elle traque plusieurs suspects nord-coréens en lien avec cette affaire.
PHOTO THOMAS PETER, REUTERS
Associated Press
SÉOUL, République de Corée
Kim Jong-Nam a été assassiné par quatre agents nord-coréens, selon le service du renseignement de la Corée du Sud.
Des parlementaires sud-coréens ont révélé lundi, sous le couvert de l'anonymat, avoir été informés que quatre suspects nord-coréens recherchés par la police malaisienne depuis l'attaque du 13 février sont des membres du ministère de la Sécurité de l'État, l'agence de renseignement du Nord.
Deux autres suspects appartiendraient au ministère des Affaires étrangères, ce qui démontrerait que Pyongyang est directement responsable de la mort du demi-frère du dictateur Kim Jong-Un.
On ne sait pas comment le service du renseignement sud-coréen a obtenu ces informations, mais sa performance quand vient le temps d'expliquer les événements qui se produisent au nord de la frontière est parfois chancelante.
La Malaisie n'a pas encore accusé directement la Corée du Nord d'être derrière la mort de Kim Jong-Nam, mais elle traque plusieurs suspects nord-coréens en lien avec cette affaire.
Deux femmes, une Vietnamienne et une Indonésienne, sont soupçonnées d'avoir assassiné Kim Jong-Nam en enduisant son visage de l'agent neurotoxique VX. Le ministre malaisien de la Santé a dit dimanche que la dose était si élevée qu'elle a causé une « paralysie très grave » et la mort de Kim Jong-Nam en moins de 20 minutes.
Certains médias rapportent toutefois que les deux femmes ont été bernées. On leur aurait dit qu'elles participaient à une émission de télévision et que le produit était une huile inoffensive. Le VX leur aurait été fourni par quatre agents nord-coréens qui ont fui le pays le jour même de l'assassinat, mais on ne sait pas s'il s'agit des quatre hommes mentionnés par le service du renseignement de la Corée du Sud.
Par ailleurs, cinq responsables de la sécurité nord-coréenne auraient été exécutés avec des canons antiaériens en raison de « fausses informations » qui auraient suscité la furie de Kim Jong-Un, selon les renseignements sud-coréens. On ne dispose pas de plus de détails concernant cette affaire, mais les cinq victimes auraient été des employés de Kim Won-Hong, un ancien proche de Kim Jong-Un qui a récemment été viré de son poste de directeur de la sécurité de l'État, possiblement pour corruption, abus de pouvoir et torture.
Enfin, l'Union européenne a annoncé lundi qu'elle resserrait ses sanctions à l'endroit de la Corée du Nord, dans la foulée d'une résolution adoptée en novembre par le Conseil de sécurité des Nations unies après l'essai nucléaire effectué par Pyongyang en septembre. Les sanctions touchent le charbon, différents métaux et les services financiers.

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Avortement: le Canada s'engage lui aussi à contrer la politique de Trump

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Publié le 27 février 2017 à 05h00 | Mis à jour à 06h34
Marie-Claude Bibeau, ministre de la Coopération internationale du... (PHOTO REUTERS)
Marie-Claude Bibeau, ministre de la Coopération internationale du Canada.
PHOTO REUTERS
AGNÈS GRUDA
La Presse
La réponse à la politique antiavortement de l'administration Trump s'organise et le Canada sera de la partie, a confirmé la ministre de la Coopération internationale Marie-Claude Bibeau.
Celle-ci assistera jeudi, à Bruxelles, à la réunion des représentants d'une vingtaine de pays dans le cadre de l'initiative «She Decides» - un projet visant à compenser le retrait de fonds américains aux ONG étrangères qui soutiennent l'avortement.
L'idée émane de la ministre néerlandaise du Commerce international et du Développement, Lilianne Ploumen, qui avait été la première à réagir au décret par lequel le président Donald Trump coupait le financement à toute organisation étrangère militant pour l'avortement ou dirigeant ses patientes vers des services d'interruption de grossesse.
C'est la fameuse «politique de Mexico», qui a été en vigueur aux États-Unis pendant 17 des 32 dernières années, mais que le président Trump a ressuscitée sous une forme particulièrement virulente.
Le décret a été signé dans les jours qui ont suivi son entrée en fonction, à la fin du mois de janvier. Dès le lendemain, la ministre Ploumen a annoncé son intention de créer un fonds international pour combler le manque à gagner, estimé à environ 600 millions par an.
Les Pays-Bas, la Belgique et le Danemark ont déjà promis d'allouer 10 millions d'euros chacun (près de 14 millions $CAN) à ce fonds international.
La ministre Bibeau avait accueilli favorablement l'idée d'un fonds international. En entrevue téléphonique vendredi, depuis Amman, elle a confirmé que le Canada verserait aussi sa contribution, dont le montant sera précisé jeudi.
Les 600 millions d'aide américaine actuellement compromis permettaient à quelque 27 millions de femmes touchées par la politique de Donald Trump d'accéder à des services de contraception et de soins de santé reproductive.
En vertu du décret présidentiel de janvier, les ONG offrant ces services ont le choix entre éliminer toute allusion à l'avortement de leur discours ou perdre leur financement américain.
Aide humanitaire
La santé des femmes sera également au coeur de l'aide humanitaire que le Canada offrira à quatre pays du Moyen-Orient aux prises avec les répercussions des conflits qui déchirent la Syrie et l'Irak, a souligné la ministre Bibeau, qui effectue actuellement un voyage dans la région.
Il s'agit d'un volet de 239,5 millions sur les 840 d'aide humanitaire annoncés il y a un an par le premier ministre Justin Trudeau, somme destinée à financer des projets en Syrie et en Irak, mais aussi en Jordanie et au Liban, qui abritent pas loin de 2 millions de Syriens ayant fui leur pays en guerre.
Près de la moitié de ce volet humanitaire servira à financer des services de santé physique et mentale, sexuelle et reproductive en Syrie même. Des ONG oeuvrant en Irak pourront compter sur un engagement de 52 millions sur trois ans.
En Jordanie, la contribution canadienne servira notamment à la scolarisation des enfants réfugiés, pour qui le simple fait d'aller en classe constitue le premier signe «d'un retour à un cycle de vie normal», a fait valoir la ministre Bibeau.

La SQ soupçonne un saccage environnemental à grande échelle

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Publié le 27 février 2017 à 05h00 | Mis à jour à 08h52
L'une des décharges utilisées par OFA à Vankleek... (PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE)
L'une des décharges utilisées par OFA à Vankleek Hill, près d'Hawkesbury, en Ontario. Le propriétaire, qui venait de recevoir la visite de la SQ, a dit ne rien savoir des activités de ses clients québécois.
PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE
Vincent Larouche
L'ombre d'un saccage environnemental à grande échelle plane sur des chantiers de construction du grand Montréal. Les autorités québécoises soupçonnent une importante firme de décontamination d'avoir empoché des millions en faisant disparaître illégalement dans la nature des milliers de tonnes de terre contaminée et des produits toxiques, a appris La Presse.
Une enquête criminelle de la Sûreté du Québec (SQ) est en cours, menée par la Division des enquêtes sur l'infiltration de l'économie, avec l'aide d'experts des ministères du Revenu et de l'Environnement. Mais la police refuse de discuter des détails de l'affaire. «Vous le savez, on ne commente pas les enquêtes en cours», a indiqué le capitaine Guy Lapointe.
Au terme d'entrevues menées depuis octobre avec une douzaine de sources issues de l'industrie, de groupes environnementaux, d'agences chargées de faire appliquer la loi et du monde municipal, La Presse a pu retracer l'histoire de ce nouvel acteur qui s'est accaparé une partie importante de la gestion des sols contaminés dans la région depuis deux ans : Gestion OFA Environnement, dont l'acronyme signifie «Opportunité, Fiabilité, Avenir».
Des acteurs connus des policiers
L'entreprise a été enregistrée en mars 2014 par Hermel Couture, ferrailleur de Saint-Esprit, dans Lanaudière. Au siège social, à Anjou, le responsable des opérations est le neveu de M. Couture, Jean-François Boisvert, 38 ans, condamné pour extorsion en 2009 et toujours en attente de procès dans une affaire de fausses factures dans l'industrie de la construction.
M. Boisvert s'était adjoint jusqu'à récemment les services d'un consultant très branché dans l'industrie de la construction : Louis-Pierre Lafortune, ancien partenaire d'affaires des Hells Angels, actuellement en appel d'un verdict de culpabilité pour complot en vue de recycler les produits de la criminalité. En juillet dernier, lorsqu'il a été libéré de prison dans l'attente de l'audition de son appel, M. Lafortune a dû s'engager devant la cour à ne pas entrer en contact avec des gens ayant des antécédents judiciaires ou des causes criminelles pendantes, «sauf dans le cadre de son emploi chez Gestion OFA Environnement».
Plusieurs sources de l'industrie se disent impressionnées par la croissance fulgurante de l'entreprise et sa capacité à casser les prix de plus de 50 % (OFA conteste vigoureusement ce chiffre, mais dit effectivement offrir de meilleurs prix que la concurrence). Certains concurrents, placés en difficulté par la perte de contrats importants, auraient été contactés pour vendre leur entreprise à OFA, qui participait à plusieurs chantiers importants, dont celui du nouveau pont Champlain.
Exportation vers l'Ontario
L'entreprise affirme que le secret de ses bas prix repose sur un système innovateur : au lieu de payer à prix fort pour disposer des sols dans des sites accrédités au Québec, elle les exporte en Ontario, notamment dans la région de Hawkesbury, directement de l'autre côté de la rivière des Outaouais, où les règles environnementales permettent d'en disposer pour une fraction du coût. Le seuil de contamination devant faire l'objet d'un permis du Ministère est beaucoup plus élevé en Ontario.
«Au Québec, on a le droit de presque rien faire avec des sols contaminés. En Ontario, c'est plus libéral par rapport à des sols qui, ici, ne peuvent même pas être utilisés comme remblais. La décision économique de ma cliente de faire affaire en Ontario permet des économies d'échelle», explique Me Karl-Emmanuel Harrison, avocat de l'entreprise.
Ce modèle d'affaires ne fait pas l'unanimité.
En 2015, dans le cadre de la reconstruction de l'école Baril, dans Hochelaga-Maisonneuve, OFA était responsable de la réhabilitation environnementale des sols et des matières résiduelles.

4,5
millions
Chiffre d'affaires déclaré par OFA pour l'année 2015
Le surveillant du chantier a déposé une poursuite pour forcer la firme à se débarrasser de la terre dans un site accrédité au Québec plutôt qu'en Ontario. Le surveillant, qui possède lui-même des centres de décontamination au Québec, alléguait que l'exportation empêchait de suivre ce qu'il advenait vraiment des terres contaminées à terme.
«Comme la défenderesse a disposé des sols dans un lieu non autorisé, la demanderesse expose qu'elle ne peut retracer ces sols et ne peut émettre l'attestation de conformité de la disposition», affirmait la poursuite.
Mardi dernier, le juge Jean-Jude Chabot a donné raison à OFA à ce sujet : «Comme les sols ont quitté le Québec, ils ne sont plus alors assujettis à la loi québécoise, mais à la loi du lieu où ils sont acheminés, en l'espèce la loi ontarienne», dit-il.
Déversements sauvages
Selon des sources proches de l'enquête ainsi que des témoins interrogés par les policiers, la SQ croit qu'OFA a profité de la difficulté à retrouver les terres qu'elle dit envoyer en Ontario pour, en fait, les rejeter en secret dans la nature, au Québec, de façon illégale. Des systèmes de traçage GPS ont été apposés en catimini par les policiers sur des camions. L'enquête concerne des milliers de tonnes de terres contaminées et des contrats de plusieurs millions.
Une vague de perquisitions a eu lieu en septembre, dans l'entourage d'OFA et d'une entreprise associée, Remblais ATL. Plusieurs personnes ont été interrogées par les enquêteurs. Certains ont évoqué un enfouissement illégal de terres parfois contaminées par des produits toxiques.
«Il y avait des sols pleins de goudron. Des sols tellement pleins d'essence que des chauffeurs étaient étourdis par l'odeur. Mais on leur dit que tout est correct, papiers à l'appui, alors ils y vont pour gagner leur croûte», a déclaré une source bien au fait de l'enquête.
À Sainte-Sophie, dans les Laurentides, des citoyens confirment avoir reçu la visite de la SQ, qui avait mobilisé un hélicoptère pour observer les sites de déversement. Un résidant a évoqué en entrevue avec La Presse des «centaines et des centaines» de chargements de terre litigieux.
Au lendemain de son interrogatoire par les policiers à ce sujet, un surveillant de chantier d'OFA, Éric Hamel, s'est suicidé. «Il a été arrêté à 5h30 puis cuisiné tout le matin. Ç'a été long. Il s'est plaint que les policiers l'avaient fait craquer», avait expliqué Me Karl-Emmanuel Harrison lorsque La Presse avait révélé l'affaire, en octobre.
Sur le chantier du viaduc Monette, à la sortie du pont Mercier, l'entrepreneur général Groupe TNT a eu recours aux services d'OFA, qui devait disposer de la terre excavés dans un site ontarien près de la frontière québécoise. «Assez rapidement, les gens du ministère des Transports ont manifesté qu'il y avait peut-être une problématique liée à la disposition des sols contaminés. Nous avons fourni les documents d'OFA, mais le Ministère n'a pas voulu payer», explique Yannick Tardif, vice-président aux opérations de Groupe TNT.

100
Nombre maximal de camions qu'OFA dit avoir eus sur la route à certains moments
Au Ministère, un porte-parole a refusé de commenter l'affaire en raison du litige sur le paiement des travaux. Une source proche du dossier a toutefois expliqué qu'un camion avait été suivi secrètement alors qu'il se rendait vider son chargement dans les Laurentides plutôt qu'en Ontario.
L'entreprise se défend
Selon Me Harrison, OFA n'a fait l'objet d'aucun avis d'infraction ou de non-conformité et «semble faire l'objet d'une vendetta de la part de certains compétiteurs» qui alimentent la police.
«L'incompréhension de la Sûreté du Québec quant à la légalité de l'exportation des sols en Ontario démontre clairement l'absence de connaissance minimale par les policiers des règles en vigueur, ce qui est particulièrement troublant dans le contexte où ceux-ci semblent avoir déployé des budgets importants et causé un tort irréparable à une entreprise», dit-il.
L'avocat affirme que «la protection de l'environnement est au coeur de la mission de la société Gestion OFA Environnement» et que les allégations de disposition illégale ne peuvent concerner que «des erreurs isolées de gestion commises relativement à certains voyages de sols», lesquelles ont été rapidement réparées.

L'équipe de Gestion OFA Environnement

Louis-Pierre Lafortune
  • Ex-vice-président de Grues Guay
  • Ex-partenaire d'affaires du Hells Angel Norman Marvin « Casper » Ouimet
  • Ex-relation du caïd Raynald Desjardins
  • Ex-propriétaire d'un centre de prêts avec Mario Boulé (proche des Hells condamné pour gangstérisme). Leur employé Marc Bourgouin était un criminel de carrière décrit par la police à la commission Charbonneau comme un « violent » collecteur de dettes.
  • Présentement poursuivi par le fisc pour plus de 3 millions
Jean-François Boisvert 
  • Ex-président de Remblais J.F.A.
  • En attente de procès pour fraude fiscale lié à de fausses factures dans l'industrie de la construction à la suite du Projet Étau, une enquête de Revenu Québec
  • Condamné à 60 jours de prison discontinus, deux ans de probation et une interdiction à vie de posséder des armes après s'être reconnu coupable d'extorsion en 2009
Hermel Couture
  • Ferrailleur de métier
  • Propriétaire de terrains dans Lanaudière