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jeudi, février 16, 2017

Gérard Bouchard déplore la volte-face de Charles Taylor

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«On est ramenés à la case départ», affirme le sociologue en entrevue au Devoir

16 février 2017 17h50 |Lisa-Marie Gervais | Actualités en société
Gérard Bouchard et Charles Taylor en 2008
Gérard Bouchard et Charles Taylor en 2008
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir
Non seulement Gérard Bouchard ne change pas d’avis, il trouve « décevant » le recul de son collègue Charles Taylor. Selon lui, ne pas légiférer pour interdire le port de signes religieux pour les juges, les policiers et les gardiens de prison ne réconciliera en rien le Québec. Pire, cela aura l’effet contraire.

« Le débat va reprendre et il va ressembler à celui qu’on a depuis les quinze dernières années, qui est très émotif. Il se prêtera à des dérapages et sans aucun doute en arrivera à blesser des membres des communautés religieuses », a déclaré Gérard Bouchard en entrevue au Devoir.

Fin du consensus

Maintenant qu’il a laissé s’exprimer celui avec qui il a présidé la commission sur les accommodements raisonnables, il se dit obligé de rappeler sa position dans les médias. Cette volte-face ne l’a pas surpris, Charles Taylor ayant laissé de plus en plus transparaître, notamment dans un livre sur la laïcité publié en 2010, son inconfort devant cette recommandation du rapport. M. Bouchard attribue la sortie publique de M. Taylor à la rumeur persistante voulant que le premier ministre Philippe Couillard allait se rallier au consensus qui était en train d’émerger à l’Assemblée nationale.

Tout en respectant la pensée de son collègue, il déplore le fait que l’un des « buts » de ce dernier était de contribuer à mettre en échec ce consensus. « Parce qu’il n’y a plus d’entente, le PQ, la CAQ vont être tentés de reprendre leurs billes jusqu’aux prochaines élections », dit l’auteur et sociologue de l’Université du Québec à Chicoutimi.

Il se dit « triste » de voir s’envoler toute chance de réconciliation des Québécois qui, affirme-t-il, sont « tannés » de ce débat. « On est ramenés à la case départ. Et je ne vois pas quand les astres vont se réaligner, dit-il. C’était quand même exceptionnel que trois partis sur quatre mettent de l’eau dans leur vin pour s’entendre. »

La faute à Couillard

Mais, selon lui, la faute revient avant tout au premier ministre. « Il me paraît évident que la responsabilité de l’échec du consensus appartient à M. Couillard. Il a adopté une position extrêmement rigide au nom des principes de la liberté individuelle alors qu’en droit, il y a des conceptions de la liberté individuelle qui amènent à certaines limites qu’on peut concilier avec des principes collectifs, explique-t-il. M. Couillard n’a pas le monopole des principes ou de la morale publique. »

Il l’accuse également d’être en contradiction avec lui-même, puisqu’il a rejeté la recommandation que M. Bouchard soutient maintenant seul sous prétexte qu’il est contre toute forme de discrimination vestimentaire. « Or, l’article principal de son projet de loi 62 [sur la neutralité de l’État] consiste à interdire aux femmes musulmanes de porter le voile si elles veulent recevoir des services de l’État. On n’est pas dans le vestimentaire, là ? fait remarquer le sociologue. M. Couillard est en parfaite contradiction. On pourrait se passer de ses leçons de morale. »

L’importance de légiférer

Car, oui, il est urgent de s’entendre, insiste Gérard Bouchard. « Pourquoi attendre qu’il y ait une crise avant d’intervenir ? Après 15 ans de querelles, on doit avoir appris quelque chose, on doit savoir qu’il y a une énorme sensibilité sur ces questions-là. » Il rappelle que le Québec s’est beaucoup déchiré lors des crises autour du kirpan, du porc dans les cabanes à sucre, des fenêtres givrées des juifs hassidiques. « Il faut garder ça à l’esprit. On doit avoir appris de ce qu’on a vécu et agir. »

Interdire le port de signes religieux — croix, kippa, voile, kirpan — est essentiel pour assurer la crédibilité des personnes exerçant des fonctions de coercition.

Maintenant que le consensus a volé en éclats, il faut s’occuper des « priorités évidentes », dit M. Bouchard. Comme la lutte contre la discrimination, le sous-emploi chez les immigrants, les rapprochements interculturels. « Il faut vider le panier de crabes des accommodements raisonnables », soutient-il, rappelant que les deux tiers des Québécois disent être mal à l’aise avec ça. Pour ce faire, il répète qu’il est « urgent » de mener une enquête qui donne l’heure juste sur le nombre et le type d’accommodements qui ont été faits, et sur la façon dont ils sont gérés.

« Est-ce que c’est vrai que ç'a déraillé, que c’est devenu un instrument aux mains des immigrants et des minorités pour s’exempter de la loi, ou bien est-ce que c’est faux et que c’est géré de manière responsable ? » Le sociologue soutient aussi l’idée d’une commission sur le racisme systémique, pour autant que celle-ci ne refasse pas tout le travail déjà réalisé par la commission sur les accommodements raisonnables.

La fin d’un duo

Le désaccord entre les deux commissaires aura des répercussions publiques et sociales, reconnaît Gérard Bouchard. Les gens qui se référaient à la formule Bouchard-Taylor en bloc ne pourront plus le faire. « Il va falloir changer la formulation. Il y a un fractionnement et ça affaiblit la référence pour ce qui est de cette question, admet-il. Pour ce qui est du plan personnel, Taylor et moi sommes capables de faire les nuances nécessaires. »

Ces acouphènes qui sifflent dans nos têtes

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Au Québec, des centaines de millers de personnes sont affectées par des acouphènes. «Dans mon cas, c’est un petit bruit hyperaigu, mais très discret», nous dit Alain Vadeboncoeur. Qui a appris à vivre avec celui-ci.

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Comme des centaines de milliers de personnes au Québec, je souffre d’un acouphène, même si le mot «souffrir» est nettement exagéré dans mon cas. C’est que je dois admettre que je ne l’entends presque plus ces dernières années, même s’il revient à la charge quand je suis fatigué ou si je suis exposé à des sons intenses.
Un acouphène, plus ou moins continu, ressemble à un sifflement, à un bourdonnement ou à un cliquetis. Dans mon cas, c’est un petit bruit hyperaigu, mais très discret. Il peut être perçu dans différentes parties de la tête: une oreille ou les deux, à l’avant, au centre ou à l’arrière. Ce bruit est bien réel et non imaginaire, mais personne autour ne peut l’entendre, bien entendu. Si vous ignorez de quoi il en retourne, je vous suggère d’en écouter quelques-uns sur ce site.
Vraiment désagréable, n’est-ce pas? De tels acouphènes entraînent des répercussions psychologiques sérieuses. Les personnes qui en souffrent montrent d’ailleurs un état de stress plus intense que la moyenne, comme l’indique cette étude récente.

Les acouphènes causent ainsi des troubles de concentration, de l’irritabilité, de l’insomnie, des problèmes en milieu de travail, voire une détresse psychologique, des dépressions et même des idées suicidaires. Je plains ceux qui en sont vraiment affectés. Au Québec, 90 000 personnes sont ainsi sévèrement affectées par de tels acouphènes, selon le site Acouphène Québec, une ressource pertinente.

De bons soins de santé, mais des délais trop longs au Québec, selon une étude

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MONTRÉAL – De bons soins, mais une attente beaucoup trop longue: voilà comment les Québécois perçoivent en gros leur système de santé, selon une étude dévoilée jeudi.
Le Commissaire québécois à la santé et au bien-être a publié des résultats pour la province basés sur l’enquête internationale sur les politiques de santé du Commonwealth Fund de 2016. Près de 27 000 personnes, dans 11 pays industrialisés, y ont participé et ont fait part de leurs expériences et de leurs perceptions.
Il s’agit de la troisième enquête à avoir été menée à ce sujet, les précédentes versions ayant été effectuées en 2010 et en 2013.
Les résultats spécifiques au Québec démontrent que la problématique la plus importante demeure celle de l’accès aux soins, ce qui explique une grande part de l’insatisfaction de la population à l’égard du système de santé, relève la commissaire par intérim, Anne Robitaille, dans un communiqué.

Par contre, ajoute-t-elle, les Québécois ont l’impression de recevoir des soins de qualité: près de 70 pour cent d’entre eux jugent la qualité des soins reçus de «très bonne à excellente». De ceux-là, 38 pour cent ont parlé de «soins excellents». Dans les autres pays, la satisfaction est moins élevée à ce chapitre.

Le Québec se démarque aussi positivement en ce qui a trait à la qualité de la relation avec le médecin de famille qui, pour la majorité des répondants à l’étude, connaît bien leurs antécédents, passe suffisamment de temps avec eux et leur explique les choses clairement.
Toutefois, seulement 22 pour cent des citoyens de la province pensent que le système de santé fonctionne «assez bien» — soit le même pourcentage depuis 2010. Pendant ce temps, la moyenne des autres pays à ce chapitre s’est améliorée, atteignant même 50 pour cent dans certains pays.
«La confiance envers le système de santé est un indicateur important de l’adéquation entre les besoins de la population et la réponse du système à ces besoins. Or, au Québec, l’opinion de la population sur le système de santé est plutôt négative», est-il écrit dans le rapport.
Un autre fait à noter est qu’un adulte québécois sur quatre — 25 pour cent — rapporte ne pas avoir de médecin de famille. La moyenne canadienne est de 15 pour cent. Ces pourcentages sont restés relativement stables depuis 2010.
Dans plusieurs pays, comme en France, en Allemagne et aux Pays-Bas, pratiquement tous les adultes ont un médecin de famille.
Le fait d’avoir un médecin de famille ne garantit pas toujours un accès rapide aux services, prévient-on.
Seulement 41 pour cent des Québécois rapportent pouvoir voir un médecin ou une infirmière le jour même ou le lendemain en cas de besoin. La moyenne est de 45 pour cent au Canada et de 59 pour cent dans les autres pays participants.
Cette situation mène à un engorgement des urgences, relève le rapport: «Ce manque d’accès aux soins de première ligne entraîne une surutilisation des urgences, puisque 38 pour cent des adultes québécois ont fait au moins une visite à l’urgence dans les deux dernières années et près de la moitié de ces personnes (44 pour cent) indiquent qu’elles auraient pu aller voir leur médecin à la place, si celui-ci avait été disponible».
Le problème est aussi présent pour les rendez-vous avec un spécialiste au Québec. Les deux tiers des adultes ont attendu plus de quatre semaines pour voir un médecin spécialiste.
Si ce pourcentage est relativement semblable à celui du Canada, il est le pire parmi les pays participants.
Par contre, le manque d’argent n’est pas une barrière aux soins pour la grande majorité des Québécois. «Seulement 6 à 7 pour cent des adultes rapportent ne pas avoir vu un médecin ou ne pas avoir eu un examen ou un traitement à cause des coûts», est-il écrit dans l’étude. Et seulement neuf pour cent ont omis de prendre un médicament pour les mêmes raisons.
Bref, entre 2010 et 2016, la performance du Québec est demeurée assez stable pour la plupart des thématiques traitées dans cette enquête.
Outre le Canada, les pays participants étaient l’Australie, la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Nouvelle-Zélande, la Norvège, la Suède, la Suisse, le Royaume-Uni et les États-Unis.
Le Commonwealth Fund est une organisation américaine à but non lucratif dont le mandat vise à soutenir la prise de décision dans le domaine de la santé. Chaque année, l’organisation mène une enquête internationale dans une dizaine de pays.
Quant au Commissaire à la santé et au bien-être, il a pour mission d’apporter un éclairage pertinent au débat public et à la prise de décision gouvernementale dans le but de contribuer à l’amélioration de l’état de santé et de bien-être des Québécois.

Donald Trump menace les auteurs des fuites dans la presse

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Publié le 16 février 2017 à 08h24 | Mis à jour à 08h24
Donald Trump... (PHOTO JOSHUA ROBERTS, ARCHIVES REUTERS)
Donald Trump
PHOTO JOSHUA ROBERTS, ARCHIVES REUTERS
Agence France-Presse
Donald Trump a menacé jeudi «d'attraper» les auteurs des fuites dans la presse, après des révélations sur des contacts répétés l'an dernier entre son équipe de campagne et le renseignement russe, et sur des discussions entre son ex-conseiller Michael Flynn et un diplomate russe.
«Les voyous auteurs des fuites sont finalement sous les feux de l'actualité! Ils se seront attrapés!», a dénoncé le président américain sur Twitter.
Le dirigeant républicain avait déjà la veille dénoncé les fuites, les qualifiant «d'actes criminels», mais ne s'était pas prononcé sur le fond.
Michael Flynn, qui a démissionné lundi de la tête du Conseil de sécurité nationale de la Maison-Blanche, «a été traité très injustement par les médias», s'était plaint le président lors d'une conférence de presse commune avec le premier ministre israélien à la Maison-Blanche.
Des écoutes téléphoniques de l'ambassadeur russe à Washington, Sergey Kislyak, ont révélé que Michael Flynn lui avait parlé des sanctions américaines contre la Russie - imposées le 29 décembre par Barack Obama pour l'interférence de Moscou dans la présidentielle américaine -, laissant entendre qu'elles pourraient être suspendues après l'alternance.
Le New York Times a aussi révélé mercredi, citant quatre responsables ou ex-responsables américains, que les services américains de renseignement possédaient des relevés et des écoutes de conversations tenues l'an dernier entre des membres de l'équipe de campagne du républicain et de hauts responsables du renseignement russe.

À DÉCOUVRIR SUR LAPRESSE.CA

Pierre Karl Péladeau reprend la direction de Québecor

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  MONTRÉAL - Pierre Karl Péladeau a annoncé jeudi matin qu’il reprenait la tête de Québecor.
Pierre Karl Peladeau
PHOTO D’ARCHIVES
Après une interruption de près de quatre ans, M. Péladeau redevient président et chef de la direction de l’entreprise. Sa nomination est immédiate.
«Je suis très heureux de reprendre la direction de Québecor, une entreprise que j’aime profondément, qui est en excellente santé financière et qui a connu une croissance continue au cours des dernières années», a-t-il expliqué dans un communiqué.
Son prédécesseur Pierre Dion, qui occupait la fonction depuis avril 2014, est nommé président du conseil d’administration de Québecor Média et membre du conseil d’administration de Québecor.
Sa candidature sera également soumise au conseil d’administration de Groupe TVA lors de la prochaine assemblée générale.
Quant à l’ancien premier ministre canadien Brian Mulroney, il demeure président du conseil d’administration de Québecor.
M. Mulroney n’a pas manqué de souligner ces changements. «Depuis sa fondation par Pierre Péladeau en 1965, a-t-il affirmé, Québecor a toujours été une entreprise solide et performante grâce aux gestionnaires de talents qui la composent. Avec le retour de Pierre Karl à la tête de l’organisation, et de Pierre (Dion) à la présidence du conseil d’administration de Québecor Média, nous pouvons compter sur une équipe remarquable afin de poursuivre le développement de la Société et de ses activités.»
Pour sa part, Pierre Dion se dit heureux de continuer à travailler avec M. Péladeau. «C’est avec la fierté du devoir accompli que je cède ma place à Pierre Karl, après près de trois années à titre de président et chef de la direction de Québecor. Je suis très heureux des nouveaux mandats qui me sont confiés aujourd’hui et de continuer à contribuer au succès de l’entreprise. Ce sera également un privilège de travailler à nouveau avec Pierre Karl.»
M. Péladeau avait quitté la direction de Québecor en avril 2013 pour prendre la tête du conseil d’administration d’Hydro-Québec. Un an plus tard, il annonçait son intention de briguer les suffrages comme candidat péquiste dans Saint-Jérôme, où il était élu.
Au printemps de 2015, il était choisi comme chef du Parti québécois, mais démissionnait en mai 2016 pour des raisons familiales, à la suite de sa séparation avec l’animatrice Julie Snyder.