jeudi, janvier 07, 2016

D’autres ingénieurs de Québec dans la mire de l’Ordre

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7 janvier 2016 | Isabelle Porter à Québec | Ville de Québec
Photo: iStock
Les deux dirigeants de BPR qui viennent d’être radiés par l’Ordre des ingénieurs ne seront vraisemblablement pas les seuls à être sanctionnés pour le système de collusion qui a touché la Ville de Québec durant les années 2000. D’autres enquêtes sont en cours dans le même dossier.

Mardi, l’Ordre des ingénieurs a fait savoir qu’il avait radié deux de ses membres pour 18 mois dans cette affaire. En plus du cas de Jostran Lamontagne, dont faisait état Le Devoir de mardi, un ancien vice-président de BPR, Marcel Faucher, a été sanctionné pour des actes remontant à deux ans plus tôt (dès 2005).

C’était la première fois mardi que l’Ordre radiait des membres pour le réseau de collusion de Québec, alors qu’à Montréal et Gatineau différents dossiers ont déjà été traités, a signalé mercredi le porte-parole de l’Ordre, Patrick Leblanc. Or les agissements d’autres ingénieurs de Québec sont actuellement examinés par des enquêteurs.

Les décisions concernant messieurs Lamontagne et Faucher confirment en gros le témoignage de l’ex-vice-président d’Aecom, Patrice Mathieu, devant la commission Charbonneau. Ce dernier avait raconté qu’il avait fait partie d’un groupe de firmes qui s’entendaient pour contrôler le marché des contrats d’infrastructures à Québec entre 2006 et 2011.

Système de collusion

Outre BPR et Aecom (ex-Tecsult), les six autres firmes nommées sont SNC-Lavalin, Genivar, Roche, Cima + et Teknika HBA. Le système avait été mis en place au moyen de réunions de l’Association des ingénieurs-conseils du Québec (AICQ).

Les documents présentés en preuve par le syndic adjoint de l’Ordre incluent notamment des échanges de courriels concernant les appels d’offres de la Ville de Québec. Ils établissent que les membres du groupe de firmes se sont rencontrés près de 40 fois entre 2007 et 2010.

Le système à Québec permettait aux firmes de contrôler le marché en gardant les prix à la baisse. Les firmes se partageaient les contrats à tour de rôle en fonction de leur expertise. La firme choisie devait faire une soumission à un prix égal ou inférieur au barème de l’AICQ tandis que tous les autres devaient faire des propositions 2 % plus élevées.

Dans leurs décisions, les membres du comité de discipline mentionnent que l’association n’était pas au courant du stratagème même si « la majeure partie des gros entrepreneurs de la région » y prenaient part.

Tournée Voices: Véronic DiCaire séduit Paris

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Publié le 06 janvier 2016 à 08h24 | Mis à jour le 06 janvier 2016 à 08h24
Véronic DiCaire a lancé sa tournée française lundi soir... (PHOTO OLIVIER JEAN, ARCHIVES LA PRESSE)
PHOTO OLIVIER JEAN, ARCHIVES LA PRESSE
Véronic DiCaire a lancé sa tournée française lundi soir à la salle des Grands Boulevards.

VÉRONIQUE BEAUDET
Collaboration spéciale
La Presse
(Paris) On peut dire que l'année 2016 commence bien pour Véronic DiCaire. Très bien même. La chanteuse et imitatrice a inauguré lundi soir sa tournée Voices, au Grand Rex à Paris, devant un public conquis.
La salle des Grands Boulevards affichait complet pour cette première d'une série de quatre dates parisiennes. Ce spectacle donnait le coup d'envoi à la troisième tournée de Véronic DiCaire en France. Une tournée d'une cinquantaine de dates qui la mènera un peu partout en France jusqu'en juin prochain avec un retour au Grand Rex en avril pour cinq dates supplémentaires.
C'est avec un spectacle qu'elle qualifie de «complètement différent» de celui présenté au Québec qu'elle arrive en France. Elle a toutefois conservé quelques segments de son spectacle québécois, comme la séquence des stars de la pop où elle prend la voix et la gestuelle de Lady Gaga, Pink ou Madonna, et ses «imitations pour les nuls» où elle donne au public quelques astuces pour imiter certaines voix, comme de «savoir bailler» pour caricaturer Cher.
Pour cette tournée française, Véronic DiCaire est accompagnée non seulement de danseuses sur scène, mais aussi de quatre musiciens, ses «beaux bûcherons canadiens», comme elle les appelle.
Une nouveauté qui dynamise une mise en scène déjà bien ficelée. Il y a aussi des voix de chanteuses françaises à côté desquelles «elle ne peut pas passer». Elle pense entre autres à Dalida, Mireille Mathieu, Vanessa Paradis, mais aussi Catherine Ringer des Rita Mitsouko, Muriel Moreno de Niagara et de nouvelles chanteuses comme Christine and the Queens qu'elle imite à la perfection autant dans la gestuelle et la danse que dans le timbre de la voix.
Tout au long de son spectacle, Véronic DiCaire manie habilement et à juste dose les moments d'émotion et d'humour. Dans une séquence où elle nous entraîne dans la chambre de trois adolescentes (québécoise, américaine et française) des années 80, elle ne se gêne pas pour taquiner le public parisien en lui disant que les Français écoutaient des «choses ringardes» dans ces années-là, comme la chanson Les bêtises de Sabine Paturel. Plus loin, elle sait aussi se faire poétique en chantant des chansons de films français tels que Jules et Jim ou La famille Bélier sur des images projetées sur un écran géant.
À la fois drôle et touchante, Véronic DiCaire a offert deux heures de spectacle très rythmées et divertissantes. Un spectacle complet où elle a aussi, pendant quelques minutes, déposé son micro pour offrir une séquence danse, elle qui a participé cet automne à l'émission françaiseDanse avec les stars. Le public, qui n'a pas ménagé ses applaudissements, ses bravos et ses sifflements tout au long du spectacle, lui a réservé une ovation à la fin de la soirée.
Véronic Dicaire devant la plus mythique des salles parisiennes, l’Olympia,... (PHOTO FOURNIE PAR L’ARTISTE) - image 2.0
Véronic Dicaire devant la plus mythique des salles parisiennes, l’Olympia, en 2011
PHOTO FOURNIE PAR L’ARTISTE
Histoire d'amour
Lorsqu'elle a débarqué à Paris au début de l'année 2010 pour s'installer pour deux mois dans le petit Théâtre de la Gaîté Montparnasse, Véronic DiCaire était loin d'imaginer qu'à peine un an plus tard, elle foulerait les planches de la plus mythique des salles parisiennes: l'Olympia. Depuis, la chanteuse et imitatrice s'y est produite 15 fois. Entre-temps, il y a aussi eu les salles parisiennes de La Cigale et du Casino de Paris et deux tournées qui l'ont menée un peu partout en France, mais aussi en Suisse et en Belgique.
Pour illustrer cette courte mais prolifique carrière en France, Véronic DiCaire reprend une image que son imprésario et mari Rémon Boulerice aime bien répéter.
«C'est comme si on avait un morceau de gâteau et qu'après, en le finissant, on en avait un plus gros!»
Cette ascension rapide pourrait donner le tournis à n'importe qui, mais l'imitatrice, bien consciente du décollage éclair de sa carrière en France, était prête pour ça. «C'est l'avantage d'être dans la trentaine. J'étais prête et j'ai toujours voulu ça», nous dit l'imitatrice de 39 ans.
Aussi au petit écran français
Outre les excellentes critiques dans les médias français et le bouche-à-oreille qui a opéré depuis ses débuts à Paris en 2010, c'est certainement la populaire émission X Factor, dont elle a été membre du jury en 2012, qui a d'abord permis à Véronic DiCaire de se faire connaître du grand public français.
Sa popularité a grimpé d'un cran cet automne avec Danse avec les stars, dans laquelle elle a tiré son épingle du jeu en se rendant aux portes de la demi-finale. L'émission attirait chaque semaine entre 4,5 et 5 millions de téléspectateurs. Ces dernières semaines, on a aussi pu la voir notamment dans des émissions de divertissement comme N'oubliez pas les paroles animée par Nagui, l'émission spéciale du 31 décembre du Plus grand cabaret du monde animée par Patrick Sébastien ou encore à Touche pas à mon poste, l'émission quotidienne de Cyril Hanouna. Véronic DiCaire a aussi accordé une entrevue et fait une prestation au journal télévisé de 13 h sur France 2 en début de semaine.
Les spectacles, les plateaux de télévision et les différents projets se sont enchaînés depuis six ans. Le dernier en date: la troupe des Enfoirés qu'elle vient tout juste de rejoindre et avec laquelle elle se produira à Bercy du 20 au 25 janvier. Un spectacle qui sera diffusé à la télévision française au printemps prochain.

Un gramme de pot pour chaque député libéral

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Un activiste cherche à rappeler son engagement au gouvernement… qui rappelle à son tour à ses députés que le cannabis est toujours illégal

Dana Larsen, un militant bien connu en Colombie-Britannique a indiqué avoir envoyé un gramme de marijuana aux 184 députés libéraux du pays.
Photo: Jonathan Hayward La Presse canadienne
Dana Larsen, un militant bien connu en Colombie-Britannique a indiqué avoir envoyé un gramme de marijuana aux 184 députés libéraux du pays.

Yann Martel envoyait des livres à Stephen Harper par la poste ? Dana Larsen, un militant pro-marijuana, a pour sa part choisi de poster… du pot à tous les députés libéraux. Un coup fumant qui a forcé le gouvernement à prévenir ses députés que la substance n’est pas encore légale.

Dana Larsen, un militant bien connu en Colombie-Britannique — et ex-candidat du NPD aux élections fédérales en 2008 — a indiqué avoir envoyé un gramme de marijuana aux 184 députés libéraux du pays. Certains, comme Nate Erskine-Smith (Beaches-East York, près de Toronto), ont confirmé l’avoir reçu à leur bureau de circonscription. « Mais je ne l’ai pas (encore) fumé », a-t-il juré mardi sur Twitter.

L’initiative de M. Larsen a incité le Parlement et le gouvernement à émettre des directives aux destinataires. « Certains députés rapportent avoir reçu des colis contenant de la marijuana, écrit dans une note le sergent d’armes adjoint, Patrick McDonell, qui est agent de la sécurité institutionnelle. Si vous vous trouvez dans un bureau de circonscription et que vous recevez un tel colis, veuillez communiquer immédiatement avec l’organisme local d’application de la loi, afin de jeter ce colis de façon convenable. »

Le courrier qui arrive à la Chambre des communes est soumis à un contrôle de sécurité, mais pas celui qui est acheminé directement aux bureaux de circonscription.

Le bureau du whip du gouvernement a lui aussi envoyé aux députés un message leur indiquant de communiquer avec le poste de police local ou avec un constable des Services de protection du Parlement, « afin de discuter des procédures à suivre »« Nous vous déconseillons de jeter ou de disposer du contenu du colis vous-mêmes, ou de le retourner à l’expéditeur », ajoute-t-on.

Ce n’est évidemment pas que la matière soit dangereuse, mais « elle demeure illégale », précisait mercredi le Bureau du premier ministre.

Légaliser

Une fois les considérations de sécurité énoncées, le message du whip (l’ancien général Andrew Leslie) rappelle toutefois que le gouvernement s’est « engagé à légaliser et régulariser l’accès à la marijuana [d’ici la fin du mandat], tout en restreignant son accès pour les enfants et en empêchant les criminels de tirer profit du marché clandestin »« Le gouvernement reconnaît que, dans le passé, l’approche à l’égard de la marijuana n’a pas fonctionné », réitère-t-on.

Dans l’immédiat, Dana Larsen ne craint pas de représailles judiciaires. « Je ne pense pas qu’un député libéral ira appeler la police, a-t-il indiqué au journal The ProvinceEt on le fait, je ne pense pas que la police voudra m’arrêter pour un gramme de pot. »

Interrogé sur ce que le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) ferait dans le cas où un député appellerait à l’aide, le porte-parole, Laurent Gingras, mentionne qu’une équipe se déplacera pour « disposer du contenu, c’est-à-dire procéder à sa destruction après avoir rempli un rapport ».

Mais, au-delà de ça, le SPVM dit que ce serait aux policiers britanno-colombiens d’agir s’ils le désirent, puisque les lettres sont envoyées de là-bas.

Lecture

L’envoi de Dana Larsen comprend aussi un peu de lecture, soit une copie de son dernier livre, qui porte sur l’histoire de la marijuana au Canada. L’auteur compte plusieurs publications à son actif (dont un livre parodiant Harry Potter — Hairy Pothead and the Marijuana Stone) et possède une longue feuille de route d’activité politique. Il s’est notamment présenté aux élections fédérales en 2000 pour le Parti marijuana, avant de se tourner vers le Nouveau Parti démocratique.

En 2008, il avait dû retirer sa candidature en pleine campagne électorale après la diffusion d’une vidéo le montrant en train de consommer… du LSD. Il était aussi lié à une entreprise faisant le commerce des semences de coca (plante sud-américaine qui est utilisée dans le processus de fabrication de la cocaïne).

Mercredi, il a expliqué son dernier coup d’éclat en soutenant que « c’est un bon moment[pour que les libéraux] prennent conscience de la place importante que le cannabis occupe dans l’histoire canadienne », alors que le gouvernement est « sur le point de légaliser le cannabis ». L’échantillon de pot envoyé permettra aux députés de découvrir les « effets plaisants » de la plante, dit-il.

Ses envois ne lui ont coûté que le prix du cannabis : l’article 35 de la Loi sur la Société canadienne des postes permet d’envoyer gratuitement des lettres aux députés.

Des millions de petits drapeaux pour le 150e du Canada

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Mise à jour le mercredi 6 janvier 2016 à 7 h 17 HNE
Le gouvernement continue ses préparatifs en vue des célébrations du 150e anniversaire du Canada, qui se tiendront en 2017. Patrimoine canadien s'apprête à acheter des millions de petits drapeaux arborant le logo de l'événement.
Le ministère a lancé un appel d'offres à ce sujet. Il souhaite acheter 4,1 millions de ces drapeaux, ce qui équivaut à un drapeau pour neuf Canadiens. Une entente sera signée au cours des prochaines semaines.
Ces drapeaux, mesurant 8 cm par 15 cm, devraient commencer à être distribués dès cette année.
Contacté par Radio-Canada mardi, Patrimoine canadien n'a pas précisé le montant qui sera alloué à leur achat. Toutefois, chaque commande ne pourra excéder 400 000 $. On ignore toutefois combien de commandes peuvent être faites.
Pour le professeur de droit Benoît Pelletier, de l'Université d'Ottawa, il est normal pour un gouvernement de vouloir promouvoir son identité.
« On ne peut pas reprocher au gouvernement du Canada de faire la promotion de l'identité canadienne et de la fierté au Canada, pas plus qu'on ne pourrait reprocher au gouvernement du Québec de faire la promotion de l'identité québécoise et de la fierté au Québec. »— Benoît Pelletier, professeur de droit à l'Université d'Ottawa
Le logo du 150e anniversaire qui apparaîtra sur les drapeaux a été conçu par une étudiante de l'Université de Waterloo. Choisi à la suite d'un concours, il a notamment été critiqué pour sa ressemblance avec le logo du centenaire du Canada.
Avec les informations de Jean-François Chevrier

Le disque se meurt, mais les revenus augmentent

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Publié le 07 janvier 2016 à 08h44 | Mis à jour à 08h44
Taylor Swift... (PHOTO ARCHIVES AP)
Taylor SwiftPHOTO ARCHIVES AP

La firme Nielsen Soundscan a dévoilé hier son tant attendu bilan annuel des ventes de musique aux États-Unis. Le disque se meurt, mais certainement pas les revenus de l'industrie musicale, qui ont augmenté de 15% en 2015. Des tendances se confirment: l'écoute en ligne, la popularité du format vinyle et la domination d'Adele. Les faits saillants.
Hausse des revenus
Si les ventes d'albums sont en déclin, les revenus totaux de musique ont bondi de 15 % en 2015. Il s'est consommé l'équivalent de près de 550 millions d'albums aux États-Unis en 2015, contre 477 en 2014. Les ventes physiques et numériques ont chuté de 6 %, mais l'écoute en ligne a gagné massivement du terrain. La pop domine la liste des cinq albums les plus populaires, soit 25 d'Adele,1989 de Taylor Swift, Purpose de Justin Bieber, X d'Ed Sheeran etBeauty Behind The Madness de The Weeknd.
Écoute en ligne: un bond de 83 %
L'écoute de musique en ligne sur demande a fait un bond de 83 %, alors que celle des clips a augmenté de 102 %. Fait intéressant: plus de 70 % du contenu musical consommé en streamingprovenait d'un catalogue qui date de plus de 18 mois. Selon les calculs de revenus en équivalent d'albums, l'écoute en ligne a représenté 38,5 % des recettes totales de musique en 2015, contre 23 % en 2014.
Les sites d'écoute en ligne comme Spotify ont... (Photo Shannon Stapleton, Archives Reuters) - image 2.0
Les sites d'écoute en ligne comme Spotify ont fait un bond de 83 % en 2015.
PHOTO SHANNON STAPLETON, ARCHIVES REUTERS
Adele: le grand succès de l'année
On doit à Adele le plus grand succès de 2015, même si son album 25 était seulement en vente pendant le dernier dixième de l'année. Lors de sa semaine de sortie, fin novembre, 25 a battu un record historique avec 3,4 millions d'albums vendus aux États-Unis en sept jours. Elle a détrôné *NSYNC qui avait vendu 2,4 millions d'exemplaires de No Strings Attached. En six semaines seulement, 25 s'est écoulé à 7,5 millions d'unités. Il a même relancé les ventes de 21 et 19.
La popularité des vinyles
Depuis 10 ans, les ventes de vinyles ne cessent d'augmenter. En 2015, 12 millions d'unités se sont vendues aux États-Unis, soit 2,8 millions de plus (30 %) qu'en 2014. Les plus populaires, dans l'ordre, sont 25 d'Adele, 1989 de Taylor Swift, Dark Side of The Moon de Pink Floyd, Abbey Road des Beatles, Kind of Blue de Miles Davis, AM d'Arctic Monkeys et Carrie & Lowell de Sufjan Stevens.
Faits intéressants
Le rapport annuel de Nielsen Soundscan révèle une foule de données pertinentes, notamment pour les agences de marketing. Uptown Funk ! de Mark Ronson avec Bruno Mars s'avère l'extrait le plus vendu à l'unité de l'année et le plus populaire à la radio. La chanson la plus écoutée en streaming? Trap Queen de Fetty Wap. Le clip le plus regardé sur demande? Watch Me (Whip/Nae Nae) de Silento. Sinon, Katy Perry est la reine du web, alors que Justin Timberlake est le musicien le plus estimé des «enfants du millénaire», les 18 à 34 ans.

Piment fort à la sauce du jour

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Publié le 07 janvier 2016 à 08h29 | Mis à jour à 08h29

Le grand retour de Piment fort avec Normand Brathwaite... (PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE)
PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE
Le grand retour de Piment fort avec Normand Brathwaite s'amorce lundi prochain sur les ondes de TVA.

Hugo Meunier
HUGO MEUNIER
La Presse
Le grand retour de Piment fort s'amorce lundi prochain sur les ondes de TVA. Certains ont remis en question l'intérêt de ressusciter ce jeu télévisé culte, parfois controversé, diffusé de 1993 à 2001. Est-ce que l'humour corrosif des bonnes vieilles années de Piment fort demeure possible aujourd'hui, en cette ère du politically correct?
L'émission pilotée par un Normand Brathwaite survolté tapait parfois fort, et pas seulement à coups de pied sur les parois du décor érigé au Café Campus, où les spectateurs pouvaient prendre des consommations.
Les grincements de dents étaient nombreux, sans oublier ces polémiques qui ont parfois plongé l'animateur dans l'embarras.
Le principal intéressé - actuellement en vacances sous le soleil mexicain - assurait récemment en entrevue que l'émission conserverait son ton grinçant et qu'il n'aurait pas à badigeonner ses piments dans la sauce aigre-douce.
Producteur chez Avanti - la boîte derrière l'émission -, Hugo Roberge abonde dans le même sens et insiste: Piment fort est une formule pour s'amuser et faire des blagues. Il ajoute que la première génération de l'émission n'était pas un festival de malaises et de dérapages. «Il n'y aurait pas eu sinon huit saisons et 1300 émissions», lance M. Roberge, qui s'est tapé 200 «vieilles» émissions pour déduire que les vacheries gratuites étaient plutôt rares.
Du jeu initial, la formule de base restera la même: l'animateur, des panélistes et une ambiance de comedy-club. Pour le reste, l'émission sera adaptée à son époque, assure le producteur.
«J'ai six nouveaux jeunes auteurs très hot qui vont donner le ton. On ne veut plus faire de l'humour comme avant, on veut faire de l'humour de 2016.»
Piment fort ne perdra pas tout son mordant pour autant. Certains politiciens et personnes devront s'attendre à recevoir quelques taloches à l'occasion. «On va rire de ce que les gens font, pas de ce qu'ils sont», résume le producteur.
«Il y a un tas de contraintes aujourd'hui»
Sans céder à la nostalgie, le journaliste, professeur de journalisme et humoriste à la retraite, Marc Laurendeau croit que l'époque des Cyniques était un temps de grande liberté. «Il y a un tas de contraintes aujourd'hui. Tout ce qui concerne les minorités ethniques ou les différences physiques notamment», explique M. Laurendeau, qui ajoute que les tabous ont aussi changé en ce qui a trait à la religion. «Ça tient au fait qu'on est devenus une société inclusive. On ne peut plus rire de tout ça», observe-t-il.
Les Cyniques étaient irrévérencieux pour leur époque, en contestant des acteurs jusqu'alors intouchables et en s'attaquant aux interdits d'une société en pleine Révolution tranquille. «Certains tabous ont aujourd'hui disparu, notamment sur le plan de la langue. À l'époque, on ne sacrait pas», explique M. Laurendeau, faisant référence à certains sketchs du collectif.
«La caractéristique de Piment fort était l'humour personnalisé. J'ai hâte de voir comment ils vont se débrouiller aujourd'hui», souligne M. Laurendeau. Il évoque les nombreuses associations des droits de la personne et groupes de pression, sans oublier les avocats qui scrutent les textes à la loupe, autant de facteurs qui raccourcissent considérablement la mèche de la controverse.
Marc Laurendeau lance quelques flèches au passage à ces vieux concepts qui reviennent, comme Piment fort, Ti-Mé ou Séraphin.
«J'ai bien aimé le début du dernier Bye bye, où l'on parodiait le retour des "dinosaures". La télévision manque-t-elle d'imagination? Est-ce de la nostalgie? Est-ce qu'on privilégie une recette gagnante?»
Producteur à la fois du Ti-Mé show et du nouveau Piment fort, Hugo Roberge se défend de vouloir surfer sur de vieux succès. «Les gens ont été durs avec Claude Meunier, qui est une légende de l'humour et un grand créateur. Avec Piment fort, les jeunes vont s'y retrouver. Ça n'a rien à voir avec la nostalgie ou le recyclage, ce sont de grands talents», se félicite le producteur.
Retour du balancier?
Chroniqueur à l'émission La soirée est (encore) jeune, présentée chaque semaine à Radio-Canada, Jean-Sébastien Girard témoigne des difficultés à faire de l'humour au XXIe siècle.
Il l'a lui-même vécu à la dure en juin dernier en traitant à la blague des citoyens de Québec de «mongols». Ce qui se voulait au départ une blague anodine s'est alors mué en crise médiatique inattendue.
Les complexités contemporaines ont aussi été palpables un peu avant Noël, lorsque l'émission a reçu Guy A. Lepage.
«On voulait reprendre les personnages des deux bitchs de RBO. Ce sont deux gais qui potinent. Tout le monde a eu peur malgré la référence historique et le contexte. On a enlevé pratiquement tout ou presque. On s'est censurés spontanément.
Finalement, Guy A. a choisi d'aller plus loin, l'a fait et l'a pris sur lui. Mais il y avait de la nervosité», admet Jean-Sébastien Girard, qui s'avoue un brin plus frileux depuis le «mongolgate».
«On croyait qu'on avait une sorte d'immunité jusque-là. On s'étonne toutefois d'aller aussi loin dans le contexte actuel», observe M. Girard, qui considère que son émission demeure une sorte de «bulle» un peu imperméable à la rectitude ambiante. «On a la chance d'avoir un public brillant qui comprend les degrés de l'humour», s'enorgueillit le chroniqueur.
Il s'étonne, mais se réjouit aussi, du retour de Piment fort, qui avait laissé un goût amer dans la bouche de certains. «Je pense que la Soirée répond à un besoin de ces gens qui en ont assez de cette époque aseptisée. Avec Piment fort, on assiste peut-être à une espèce de retour du balancier.»
Premiers Piments
Normand Brathwaite distribuera ses premiers piments dès le 11 janvier. La saison s'amorcera avec Mariana Mazza, Dominic Sillon et Guy Jodoin. Les Phil Roy, Tammy Verge, Michel Barrette, Jean-François Mercier, Katherine Levac défileront ensuite au Café Campus tout au long de la saison. L'émission sera présentée du lundi au jeudi à 19h sur les ondes de TVA.

Critiques de Nathalie Normandeau: d'ex-libéraux montent au créneau

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Publié le 07 janvier 2016 à 07h07 | Mis à jour à 07h07
Monique Jérôme-Forget... (PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE)
Monique Jérôme-ForgetPHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Martin Croteau
MARTIN CROTEAU
La Presse
(Québec) Les critiques de Nathalie Normandeau sur la performance économique du gouvernement Couillard ne sont pas passées inaperçues chez ses anciens collègues du cabinet Charest. Monique Jérôme-Forget estime que l'animatrice radio « rêve en couleur » si elle croit que Québec peut créer des emplois de toutes pièces dans un contexte de volatilité mondiale. Mais son prédécesseur, Michel Audet, aimerait bien que les libéraux se dotent d'une stratégie économique plus claire.

Mme Normandeau «aurait dû être plus modeste»

Nathalie Normandeau aura beau critiquer le bilan économique du gouvernement Couillard, le Québec et le Canada sont avant tout victimes d'un contexte économique mondial instable, estime son ancienne collègue Monique Jérôme-Forget.
« Même si Nathalie voudrait que le fer québécois vaille plus cher, ce n'est pas comme ça que ça se passe dans le vrai monde », ironise-t-elle en entrevue.
Présidente du Conseil du trésor et ministre des Finances sous Jean Charest, Mme Jérôme-Forget siège aujourd'hui au conseil d'administration de la Banque du Canada. Elle juge que l'animatrice de radio « aurait dû être plus modeste » dans ses commentaires, faisant remarquer au passage qu'elle ne possède aucun diplôme économique.
La chute du prix du pétrole et des matières premières a frappé le Canada de plein fouet, note Mme Jérôme-Forget. Certaines provinces, comme l'Alberta et la Saskatchewan, ont essuyé des pertes d'emplois par milliers. Pendant ce temps, les entreprises du Québec et de l'Ontario n'ont pas profité de la dépréciation du dollar canadien pour augmenter leurs exportations.
À cela s'ajoutent les tensions au Moyen-Orient et l'essoufflement de l'économie chinoise, rien pour aider l'économie québécoise.
« Vous avez une situation extrêmement volatile actuellement, et penser une seconde que le Québec est capable de contrer ce qui se passe dans le monde, sincèrement, c'est rêver en couleur. »
Le taux de chômage s'établissait à 7,5 % au Québec en novembre dernier, un seuil qui se trouve « à l'intérieur de bornes acceptables », selon l'ex-ministre. Dans ce contexte, elle voit mal pourquoi le gouvernement devrait investir massivement pour créer des emplois, lui qui vient de consacrer un an et demi à équilibrer les finances publiques au prix de douloureuses compressions.
Monique Jérôme-Forget se montre par ailleurs pessimiste quant à une éventuelle relance de l'économie canadienne. Les prix du pétrole et des métaux étaient encore en chute hier, tandis que les mauvaises nouvelles continuent d'affluer de la Chine.
« Je vois une période où ça va demander une très grande discipline », résume-t-elle.
Michel Audet... (PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE) - image 2.0
Michel Audet
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«On n'a pas vu un document qui ramasse la stratégie économique du gouvernement»

L'ancien ministre Michel Audet se garde de commenter les critiques de son ancienne collègue Nathalie Normandeau à l'égard du gouvernement Couillard. Mais il aimerait voir Québec présenter un plan de match économique plus clair.
« On n'a pas vu un document qui ramasse la stratégie économique du gouvernement, résume-t-il. C'est peut-être ça qui manque, à mon avis, avec quelqu'un qui présenterait de façon globale la stratégie économique du développement. »
Du reste, M. Audet, qui s'est occupé des portefeuilles du Développement économique et des Finances, juge que le gouvernement Couillard a fait plusieurs gestes pour favoriser la croissance économique.
Il cite en exemple l'investissement de 1,3 milliard pour acquérir une participation dans le programme C Series de Bombardier. Il se dit aussi favorable à la décision d'équilibrer les finances publiques, un exercice qui a entraîné des compressions importantes dans les différents ministères.
« Je ne porterais pas le même jugement [que Mme Normandeau]. Cependant, c'est clair que le gouvernement doit se positionner davantage sur un certain nombre d'enjeux, par exemple le développement de l'économie numérique. »
Le Québec est frappé par les soubresauts de l'économie mondiale, constate l'ex-ministre. Il souligne que la chute des prix des métaux a entraîné l'annulation de certains investissements, par exemple l'usine de silicium de FerroAtlantica, sur la Côte-Nord.
« C'est un cycle, dit-il. Ça dure de 10 à 12 ans et, à un moment donné, ça revient. Dans le cas des ressources naturelles, on n'y peut rien, le cycle est là, et ça va se corriger. Mais il y a des choses sur lesquelles le gouvernement a plus d'influence. »
Michel Audet croit que la chute du dollar canadien a créé des occasions d'affaires pour les entreprises québécoises, qui pourront exporter leurs produits plus facilement. Il a bon espoir que le gouvernement Couillard adoptera de nouvelles mesures dans son prochain budget.
« Compte tenu de l'économie qui rebondit moins vite, dit-il, je m'attends à ce que ce soit la priorité de la prochaine année : qu'on soit davantage orientés vers l'économie. »

Revenu universel : pourquoi cette idée est loin de se concrétiser en France

http://www.lefigaro.fr/economie/le-scan-eco/explicateur/

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L'organisation «Basic Income Earth Network» fondée en 1986 lie les défenseurs du concept à travers le monde.

LE SCAN ÉCO - Un rapport vient de préconiser au gouvernement d'instaurer un revenu universel en France. Une idée (très ancienne) qui obtient des soutiens en France, en Europe et dans le reste du monde. En quoi cela consiste ? Qui défend une telle démarche ? Qui la dénonce ? Pourquoi ? Comment la mettre en place ? Comment la financer ? Réponses.
Parce que le numérique bouleverse le monde et le droit du travail, parce que cette «ubérisation de l'économie» favorise le travail au noir, parce que le système social et fiscal en France est trop lourd et complexe, parce que la pauvreté augmente dans l'Hexagone, parce que le travail pourrait devenir un choix... quels que soient les arguments invoqués, l'idée de fournir à tous les Français un «revenu universel»fait son chemin. Dans le rapport du Conseil national du numérique remis mercredi au gouvernement,un tel dispositif est même préconisé pour la France, alors qu'en Finlande, le gouvernement (de droite) a prévu une mise en place en 2017.
En quoi consiste ce concept? D'où vient-il? Pourquoi prend-il de l'importance? Qui soutient une telle démarche? Comment la financer? Le revenu universel suscite autant de fantasmes que d'interrogations. Réponses.
• Le revenu universel, c'est quoi?
Revenu de base, revenu inconditionnel, revenu d'existence, allocation universelle… tous ces termes correspondent à la même chose, c'est-à-dire à un revenu distribué de manière inconditionnelle à l'ensemble des citoyens, chômeur volontaire ou involontaire, travailleur à temps plein ou à temps partiel, et cumulable avec d'autres revenus. Tout le monde le reçoit. «Les différences entre ces dispositifs relèvent plutôt des finalités ou des montants envisagés, qui vont de l'équivalent du RSA jusqu'à 750 ou 1000 euros par mois», explique le Conseil national du numérique dans son rapport remis ce mercredi au gouvernement.
• C'est différent du «salaire à vie»
Alors que le revenu de base consiste à distribuer la même somme à chacun de manière inconditionnelle, tout en laissant persister le modèle économique de manière identique, le salaire à vie consiste au contraire à transformer l'intégralité du modèle économique en socialisant l'ensemble des revenus: les cotisations sociales seraient donc portées à 100% du revenu.
• Qui soutient un tel système?
En rélaité, la notion du revenu de base est très ancienne. Au XVIe siècle puis au XVIIIe siècle les philosophes Thomas MOre et Thomas Plaine l'avaient travaillé. Napoléon ou Martin Luther King l'ont soutenue.
La vision marxiste et la pensée libérale, pourtant diamétralement opposées, se rejoignent sur la question d'un revenu de base pour tous: d'un côté, Marx voyait un revenu socialisé universel face à un monde où seules les machines créeraient de la richesse, de l'autre, le revenu universel permet de consommer d'alimenter la machine de la croissance pour améliorer le monde. En Espagne, en Allemagne, en Belgique, au Japon, ou même en Suisse, des réflexions ont été ou sont menées. En Europe, une «initiative européenne pour le revenu de base» a été lancée en 2013 et achevée en 2014 avec 300.000 signatures. Au niveau mondial, l'organisation «Basic Income Earth Network» fondée en 1986 lie les défenseurs du concept à travers le monde.
• Pourquoi la réflexion s'accélère-t-elle?
Parce que l'émergence rapide et intense de l'économie numérique -ou l'économie dite collaborative ou du partage- impliquera un chamboulement inédit dans les marchés du travail des pays développés: l'automatisation des tâches va polariser les emplois, avec la disparition progressive des qualifications intermédiaires et la montée en puissance d'emplois soit très qualifiés, soit peu qualifiés. Selon un rapport, 42% des métiers en France, y compris intellectuels et dans les services, pourraient être automatisés à terme.
Dans un contexte où le chômage de masse persiste déjà depuis plus de trente ans dans un Hexagone rigide, où la pauvreté réaugmente, où le système de protection sociale et des minima sociaux atteint un niveau d'éclatement et de complexité hallucinant (Allocations familiales, RSA, ARS, PAJE, allocation parents isolés, allocations viellesse des parents au foyer, allocation d'adoption etc.), et où le système fiscal, encore plus éclaté, très lourd, mal accepté et peu efficace, l'idée est présentée par ses défenseurs comme une bonne solution.
• Qui défend le revenu universel en France?
Depuis les altermondialistes jusqu'aux libertariens, des universitaires aux hommes d'affaires, mais aussi au sein des syndicats et des associations, le «revenu de base» dispose de soutiens. Selon un sondage Ifop relayé par le «Mouvement français pour un revenu de base»60% de Français y seraient favorables. Côté politique, dans tous les bords, l'idée est (ou a été) défendue en France: de l'extrême gauche à l'extrême droite, en passant par les Verts depuis 2007 puis en 2013 avec Eva Joly ou José Bové, la droite avec Dominique de Villepin qui parlait en premier de «revenu citoyen» ou Christine Boutin, et aussi la gauche, où plusieurs petits partis (le Parti pour la décroissance, le Mouvement des Libéraux de Gauche, Nouvelle Donne etc.) soutiennent la proposition. À ce stade, les propositions n'ont jamais dépassé le stade des débats.
En octobre dernier, l‘ancien secrétaire d'État Frédéric Lefebvre (Les Républicains) a déposé un amendemement au projet de loi de finances 2016 pour demander un rapport sur le coût et la faisabilité de la mise en place d'une «allocation universelle sans aucune contrepartie et dès la naissance» pour «éradiquer la pauvreté». Cette allocation serait, propose-t-il, financée «en supprimant tout ce maquis de système d'allocations, d'aides sociales et y compris avec toutes ces administrations qui les gèrent, qui les contrôlent». Pour lui, «c'est une question de bon sens», qui «devient une urgence» alors que «nous vivons dans un système qui ne fonctionne plus». MaisChristian Eckert, le secrétaire d'État au Budget, a refusé sa demande.
• Qu'en pensent les Socialistes?
Au Parti socialiste en revanche, il n'y a qu'Arnaud Montebourg qui a vraiment soutenu le principe d'un «revenu d'existence». Même si les valeurs véhiculées dans le message «pro» revenu de base se classent à gauche (fin de la pauvreté, reconnaissance des activités non marchandes, favoriser les activités culturelles, choix de travailler etc.), c'est bien du côté du Parti socialiste que le concept coince le plus. Historiquement, il est soutenu par les libéraux: en effet, Milton Friedman, éminent économiste du XXe siècle, fondateur du courant monétariste et opposant à la pensée keynésienne, et d'autres économistes néo-classiques ont impulsé l'idée d'un revenu de base, dans l'objectif de maintenir la locomitive de la consommation et de la croissance. Ainsi selon la gauche de la gauche, le revenu universel risquerait d'inciter les entreprises à baisser les salaires et/ou à supprimer l'assurance sociale.
• Comment financer un revenu de base en France?
Dans le rapport remis au gouvernement, plusieurs propositions sont évoquées.
- Soit une augmentation de la fiscalité pour financer le revenu de base -ce qui semble politiquement infaisable compte tenu du «ras-le-bol» fiscal généralisé en France. 
- Soit la suppression de tout un ensemble d'allocations (allocations familiales, allocations logement, allocations retraite, allocations chômage etc.) mais sans toucher à l'assurance maladie -ce qui paraît politiquement encore impossible à réaliser puisque la période de transition entraînera de fortes inégalités entre les français. 
- Soit réinventer le système monétaire : en partant du constat que la folle création monétaire qui existe en Europe, et a fortiori en France, depuis la crise ne résout pas les problèmes, l'idée serait de transférer un bout de ces liquidités aux personnes -ce qui serait très compliqué, car l'indépendance (certes déjà contestée) de la Banque centrale européenne serait écornée. 
- Soit taxer le chiffre d'affaires des entreprises -mesure qui serait certainement extrêmement combattue et qui pose des gros problèmes de mesures: quel type d'entreprise, combien, quel taux, quand, progressivité...
D'autres propositions d'économistes ont été évoquées, comme la taxe sur le patrimoine, la taxe Tobin (la fameuse taxe sur les transactions financières), ou encore la taxe sur la consommation qui remplacerait le RSA et les subventions à l'emploi etc.
Autant dire que la question du financement d'un revenu de base n'est pas du tout prête d'être résolue, ni techniquement applicable, ni politiquement imaginable. Ce qui constitue le principal argument de ses détracteurs.
• Est-ce que le revenu de base a déjà été appliqué?
Entre 1968 et 1980, le Canada a testé le revenu universel (un changement de gouvernement a arrêté l'initiative), à Dauphin-ville dans l'État du Manitoba. Selon la chercheuse Evelyn Forget, le bilan a été positif: les personnes n'ont pas moins travaillé et ont mieux vécu, et les étudiants ont mieux réussi, a rapporté le journal Les Echos. Au Canada, Hugh Segal, conservateur, défend depuis des décennies le concept et vient d'obtenir de le mettre en place dans la ville de Kingston, une première. Des initiatives locales ont fleuri aux États-Unis -quatre entre 1968 et 1986- et selon les chercheurs, la désincitation au travail a été faible. En Inde ausi, l'expérience a été tentée depuis 2011 avec l'Unicef et les résultats dans quelques localités. Idem en Namibie, au Koweït, à Singapour, en Alaska. L'idée est plus avancée au Brésil où un système de revenu de base universel est entrée en vigueur en 2004. La Bolsa Familia a depuis considérablement réduit la pauvreté là où elle s'applique, selon la Banque mondiale. En Suisse, a été organisé pour la première fois dans le monde, en 2014, un référendum sur le revenu de base. Il a été largement rejeté. En Finlande, un revenu de base de 800 euros par habitant pourrait être instauré en 2017, si la mesure (proposée par le gouvernement conservateur) est validée en novembre prochain. Au Pays-Bas, 30 villes disent, à ce stade, envisager de l'expérimenter. Enfin en France, précisément en Aquitaine, les Verts du conseil régional fraîchement élu ont obtenu (avec surprise) à l'unanimité le financement... d'une étude de faisabilité pour l'application d'un RSA inconditionnel.
Au final, il n'y a toujours pas eu de cas concret à l'échelle nationale, dans un pays développé, d'une instauration du revenu de base. Ce qui représente un autre argument fort de ceux qui dénoncent une utopie.