Genève en alerte: plusieurs présumés djihadistes recherchés

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Publié le 10 décembre 2015 à 07h26 | Mis à jour à 10h34
Le quotidien Le Matin publie une photo de quatre hommes... (PHOTO LE MATIN)
PHOTO LE MATIN
Le quotidien Le Matin publie une photo de quatre hommes barbus, qui aurait été fournie par les autorités américaines à la police suisse. Ils sont assis, le doigt en l'air à la façon des combattants de l'EI.

Agence France-Presse
GENÈVE
La police à Genève «recherche activement» des personnes liées à la mouvance djihadiste dont le signalement lui a été fourni mercredi, et le niveau d'alerte a été relevé, a annoncé jeudi le Département de la sécurité genevoise.
«Nous sommes passés d'une menace floue à une menace précise» a déclaré à la radio suisse Emmanuelle Lo Verso, chargé de la communication de ce département.
Quatre hommes sont recherchés, liés au groupe État islamique, a indiqué à l'AFP un vétéran des gardes de l'ONU.
Les Nations Unies ont leur siège européen à Genève et il fait l'objet jeudi d'une surveillance renforcée avec de nombreux gardes armés de fusils automatiques, une mesure tout à fait inhabituelle.
Le quotidien Le Matin publie une photo de quatre hommes barbus, qui aurait été fournie par les autorités américaines à la police suisse. Ils sont assis, le doigt en l'air à la façon des combattants de DAECH.
«L'alerte a été lancée mercredi soir à 20 h (14 h, heure de Montréal), après avoir rassemblé des renforts nous avons fouillé le bâtiment dans la soirée et demandé à ceux qui y travaillaient encore de l'évacuer», a expliqué le garde de l'ONU. Cela n'était jamais arrivé et des gardes équipés de fusils patrouillaient aussi à l'intérieur du bâtiment jeudi, du jamais vu.
Le Palais des Nations accueille dans la journée plusieurs milliers de fonctionnaires internationaux et environ 400 gardes des Nations Unies sont chargés de la protection.
À Genève et sa région, des forces de police supplémentaires ont été déployées et le niveau d'alerte relevé, précise le Département de la sécurité dans un communiqué. Des policiers supplémentaires ont notamment été déployés à l'aéroport et à la gare.
«Les autorités genevoises ont reçu mercredi après midi de la part de la Confédération (les autorités fédérales à Berne, NDLR) le signalement d'individus suspects susceptibles de se trouver à Genève ou dans la région genevoise. Des investigations sont menées en étroite collaboration avec les services nationaux et internationaux afin de pouvoir localiser et interpeller ces individus», affirme la police de Genève.
Elle précise qu'elle ne fournira pas d'autres précisions pour des «raisons opérationnelles».
Le journal La Tribune de Genève affirme par ailleurs qu'en plus de ces quatre personnes recherchées, deux autres le sont également, entrées en territoire suisse avec un véhicule utilitaire immatriculé en Belgique dans la nuit de mardi à mercredi. Le véhicule aurait été aperçu à Genève avant de quitter la Suisse. Le journal dit qu'on ne sait pas si les deux affaires sont liées.
Une mise en garde aurait été spécialement adressée à la communauté juive de Genève par les autorités, selon le quotidien.
Après les attentats de Paris du 13 novembre et la mise en place de l'état d'urgence, les très nombreux points de passage entre la France et la Suisse dans la région de Genève donnent lieu à des contrôles renforcés, les forces de sécurité suisses et françaises coopérant dans cette mission.
Toutefois, tous les points ne sont pas surveillés et les contrôles restent aléatoires vu le très grand nombre de passages quotidiens.
Outre le siège européen de l'ONU, Genève accueille une trentaine d'organisations internationales.
Pour l'heure, aucun événement officiel n'est annulé. «Des patrouilles supplémentaires encadreront dimanche le cortège de l'Escalade», indique l'État de Genève.
Le cortège historique, durant lequel 800 personnes en costumes d'époque défilent, attire chaque année plusieurs milliers de spectateurs.

San Bernardino: les tireurs radicalisés depuis longtemps

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Publié par Associated Press le mercredi 09 décembre 2015 à 22h18.
San Bernardino: les tireurs radicalisés depuis longtemps
La procureure générale des États-Unis, Loretta Lynch et le directeur du FBI, James Comey / FBI.gov
WASHINGTON - Les deux auteurs de la tuerie de San Bernardino, en Californie, avaient été radicalisés il y a au moins deux ans - bien avant que la femme ne vienne aux États-Unis avec un visa de fiancée -, et avaient discuté de djihad et de martyrs dès 2013, a affirmé, mercredi, le directeur du FBI, James Comey.
Les enquêteurs tentent aussi de déterminer si le mari accusé dans la tuerie planifiait une attaque en 2012 avant d'abandonner ses plans, ont indiqué deux personnes bien au fait de l'enquête sous le couvert de l'anonymat, n'étant pas autorisées à discuter de l'affaire publiquement.

Après une semaine d'enquête, le FBI estime désormais que Syed Rizwan Farook et sa femme, Tashfeen Malik, ont embrassé une idéologie islamiste radicale avant même le début de leur relation en ligne, et que cette dernière entretenait des vues extrémistes avant son arrivée aux États-Unis l'an dernier, a dit M. Comey devant un comité du Sénat.

Bien que le FBI estime que le duo a été inspiré en partie par l'idéologie du groupe État islamique, les agents recherchent encore d'autres motivations et sources de radicalisation possibles, particulièrement en raison du fait que les intérêts extrémistes du couple remontent avant la véritable émergence de l'ÉI.

Cette plus récente mise à jour laisse également entendre que le processus de vérification du gouvernement des États-Unis a échoué à détecter la radicalisation de Tashfeen Malik lorsqu'elle a appliqué pour un visa, bien que M. Comey a dit ne pas avoir suffisamment d'information pour pouvoir dire si des faiblesses dans le processus d'octroi de visa avaient permis à cette femme d'entrer au pays.

Le Mexique rongé par la torture

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Publié le 10 décembre 2015 à 10h02 | Mis à jour à 10h19
Viol, asphyxie et pendaison par les pieds, la... (PHOTO FOURNIE PAR EMMANUELLE STEELS)
PHOTO FOURNIE PAR EMMANUELLE STEELS
Viol, asphyxie et pendaison par les pieds, la police a tout fait pour obtenir ses aveux, accuse Yecenia Armenta.

EMMANUELLE STEELS
collaboration spéciale
La Presse
Décharges électriques, asphyxie, viols: ces méthodes sont couramment employées par la police et l'armée mexicaines dans ce qu'on appelle leur «guerre contre le crime». À l'occasion de la Journée internationale des droits de l'homme, les organisations civiles s'alarment des dimensions catastrophiques que prend le fléau de la torture au Mexique.
En 10 ans, les plaintes pour torture au Mexique ont augmenté de 600%. L'ONU a reconnu en 2014 qu'il s'agissait d'une pratique «généralisée» au Mexique. Les organisations civiles mexicaines préfèrent la qualifier de «systématique», jugeant que les institutions elles-mêmes l'encouragent en accordant l'impunité. Au cours des 20 dernières années, seuls sept agents de l'État ont été condamnés pour des faits de torture. Voici trois cas illustrant cette calamité mexicaine.
Une confession forcée
Violée, asphyxiée et pendue par les pieds: les sévices subis par Yecenia Armenta montrent la violence inouïe déployée par la police pour soutirer des aveux. Arrêtée en 2012 après la mort de son mari à Culiacán (nord du Mexique), la jeune femme a dû avouer l'avoir assassiné. «Ils m'ont bandé les yeux, m'ont parlé d'un homme qui aimait couper des doigts et des oreilles et m'ont fait croire qu'il était en train d'aiguiser son couteau», rapporte Yecenia dans un témoignage recueilli par Amnistie internationale, qui mène une campagne internationale pour sa libération. «Puis ils m'ont dit qu'ils allaient amener mes enfants, qu'ils allaient les violer et les dépecer.» En trois ans d'emprisonnement, tous les experts qui se sont penchés sur son cas ont repéré les séquelles de torture. Cependant, les charges pèsent toujours. «Au Mexique, le processus pénal se poursuit, même lorsque la torture est avérée», explique Madeleine Penman, du bureau mexicain d'Amnistie internationale. C'est seulement en 2015 que les autorités ont accepté d'ouvrir une enquête officielle sur la torture infligée à Armenta.
Torturés pour témoigner
Juan Carlos et Alandro Cortés, deux frères trentenaires, ont été arrêtés en 2009. Les examens médicaux et psychologiques ordonnés par le Parquet fédéral confirment leurs dires: ils ont été torturés par la police fédérale, qui les poussait à accuser leur oncle d'être le chef d'une bande de kidnappeurs. Alejandro livre son témoignage par lettre: «Ils m'ont obligé à me dénuder et m'ont versé de l'eau glacée sur tout le corps, puis sur un tissu couvrant mon visage, me coupant la respiration. Ensuite, ils ont sauté sur moi. Ils cesseraient de m'asphyxier uniquement si j'acceptais d'accuser mon oncle. J'ai perdu la notion du temps.» À son frère Juan Carlos, les policiers ont aussi infligé des brûlures aux jambes. Adrián Ramírez, président de la Ligue mexicaine de défense des droits de l'homme et médecin spécialisé dans les cas de torture, a étudié leur cas: «Comme eux, la plupart des cas auxquels je fais face concernent des personnes innocentes. Les autorités cherchent des personnes qui pourraient endosser certains crimes, pour donner l'image d'une efficacité des forces de sécurité. Refusant de coopérer, les frères Cortés, l'un avocat et l'autre employé par un parti politique, ont été accusés de complicité avec leur oncle, malgré les preuves démontrant la torture.»
Libérés après avoir été torturés
Le 3 décembre, en moins de 24 heures, deux décisions inédites ont été adoptées par des juges mexicains: deux victimes de torture accusées à tort, Adrián Vázquez, un chauffeur de bus de Tijuana, et Crisel Peña, une femme de Ciudad Juárez, ont été libérées. Lors de son procès, la jeune femme de 25 ans est parvenue à affronter les deux policiers qui l'avaient torturée sexuellement. «Ces cas montrent que la stratégie du gouvernement contre le crime organisé a échoué et que les conditions ont été créées pour torturer les personnes détenues et les impliquer dans des crimes qu'elles n'ont pas commis», estime Madeleine Penman, d'Amnistie internationale.

Le premier vol de réfugiés nolisé par Ottawa en route pour le Canada

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Avion des Forces canadiennes à Beyrouth pour le transport des réfugiés
Avion des Forces canadiennes à Beyrouth pour le transport des réfugiés  Photo :  Radio-Canada/Marie-Ève Bédard

Le premier avion nolisé par Ottawa transportant des réfugiés syriens a décollé de Beyrouth, au Liban, vers 9 h (heure de Montréal) ce matin en direction de Cologne en Allemagne. Après un bref arrêt, l'appareil Airbus C-150 des Forces canadiennes reprendra sa route en direction de l'aéroport international Pearson de Toronto où les réfugiés sont attendus vers 21 h.
Le premier ministre Justin Trudeau les accueillera en personne à leur descente de l'avion.
Les démarches de parrainage de ces premiers arrivants syriens ont toutefois été amorcées avant l'annonce de la promesse électorale du premier ministre Trudeau d'accueillir 25 000 réfugiés.
Ces derniers sont principalement d'origine arménienne et ils sont parrainés par des proches et des groupes religieux. Ils iront s'établir à Montréal, Laval, Toronto et Edmonton.
« Ça va être une grande journée pour le Canada », a lancé mercredi le premier ministre Justin Trudeau, qui a profité de la période des questions à la Chambre des communes pour annoncer l'arrivée des premiers vols organisés.
Le premier ministre, qui avait fait de l'accueil de 25 000 réfugiés une promesse électorale, a ajouté au cours d'un point de presse qu'il avait invité les chefs des partis d'opposition à venir avec lui à l'aéroport.
Le deuxième contingent suivra dès samedi, mais cette fois à l'aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau de Montréal. L'heure n'a pas été précisée.
En tout, quelque 300 réfugiés, faisant tous l'objet de parrainage privé, doivent arriver au pays par ces deux vols.
Ils seront transportés à bord d'avions militaires, dont la capacité est moins grande que les avions civils. L'arrivée des réfugiés s'accéléra toutefois rapidement par la suite, puisque les avions civils prendront bientôt la relève.
Entre le 4 novembre et le 7 décembre, 416 réfugiés sont déjà arrivés au pays, mais par des vols commerciaux.
De nouvelles aires provisoires mises en place aux aéroports Trudeau et Pearson
Ce sont les agents de l'Agence des services frontaliers qui accueilleront les réfugiés afin de compléter les dernières étapes en vue de leur admission au Canada,
Les nouveaux arrivants devront tous se soumettre à un bilan de santé sommaire pour qu'on puisse détecter tout signe de maladie et leur offrir au besoin les soins qu'ils requièrent.
Le ministère de l'Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté rappelle toutefois dans un communiqué qu'ils ont déjà subi avant leur départ des « examens médicaux aux fins d'immigration » et qu'ils ont « déjà passé les mesures de vérification de sécurité ».
Il y a quelques semaines, le gouvernement libéral a dû réviser l'échéancier de son engagement, qu'il devait initialement réaliser avant le 31 décembre. Plusieurs maires du pays, dont ceux de Montréal, Québec et Toronto, l'avaient mis en garde contre la précipitation.
Le Canada accueillera plutôt 10 000 réfugiés d'ici la fin de l'année, et 15 000 autres avant la fin de février 2016. La grande majorité des réfugiés attendus avant la fin du mois, soit 8000 d'entre eux, feront l'objet d'un parrainage privé. Les 2000 autres seront parrainés par Ottawa.
Mercredi, le ministre de l'Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, John McCallum, s'est ditoptimiste de voir le Canada atteindre ses objectifs d'accueil.

Lachance c. Charbonneau : les dessous d'une dissidence

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Mise à jour le jeudi 10 décembre 2015 à 8 h 28 HNE

Exclusif - « Ridicule. Il ne faut avoir rien vécu dans sa vie pour écrire ceci. » Le commissaire Renaud Lachance a voulu atténuer les critiques envers les partis politiques dans le rapport de la commission Charbonneau, en particulier au sujet du Parti libéral du Québec. Ce qui a mené à des échanges houleux avec la présidente France Charbonneau.
Un texte de Marie-Maude DenisTwitterCourriel et Daniel Tremblay de l'émission Enquête
C'est ce que démontre une version préliminaire du chapitre sur le financement des partis politiques, annotée par le commissaire Lachance au début de septembre, et dont Radio-Canada a obtenu copie.
Nous avons également obtenu des courriels qui mettent en lumière le climat acrimonieux qui régnait entre France Charbonneau et Renaud Lachance au moment de rédiger le chapitre le plus sensible du rapport.
« Tu devrais te regarder le nombril avant de faire la morale aux autres. »— Renaud Lachance, à l'intention de France Charbonneau

C'est ainsi que Renaud Lachance conclut un courriel adressé à France Charbonneau le 30 août, en réponse à un long message qu'elle venait de lui écrire. « Il y aura bientôt un mois que tu as décidé de m'ignorer. Pourtant, je te rappelle que notre devoir va au-delà de nos différends. »
« Si tu décides d'inscrire tes commentaires dans le mot du commissaire plutôt que dans le texte, tu sais que cela va détourner l'attention des médias et de la population et va faire porter le débat sur nous plutôt que sur le rapport. Est-ce bien cela que tu veux? », poursuit-elle.
France Charbonneau voulait rallier son collègue et éviter une dissidence. « Il me fera grand plaisir de changer le texte. C'est pourquoi j'aimerais que tu m'indiques preuve à l'appui ce pour quoi tu n'es pas d'accord. »
Quelques jours plus tard, Renaud Lachance lui fait parvenir une centaine de pages annotées de sa main. Nous avons analysé 80 commentaires et ratures. En voici quelques exemples.
Au sujet de Marc Bibeau et Jean Charest
Le PLQ a été davantage au coeur des travaux de la commission que les autres partis. Un passage au sujet de Marc Bibeau, proche de l'ex-premier ministre Jean Charest et décrit à plusieurs reprises comme le grand argentier du PLQ, soulève des questions sur l'appréciation de la preuve de la part de Renaud Lachance. Il a rayé la phrase : « Bibeau n'était pas seulement le responsable du financement au PLQ. »
En marge de cette rature, il écrit : « Important, seul Robert Benoît (ex-député, Orford, PLQ) a dit qu'il a entendu dire que Bibeau était le responsable du financement. En fait, Bibeau n'a jamais eu de fonction officielle au PLQ. »
Pourtant, durant les audiences publiques de la commission Charbonneau, plusieurs témoins - dont des gens du PLQ - ont confirmé le rôle de Marc Bibeau. Entre autres témoins, Violette Trépanier, Marc-Yvan-Côté et Pierre Bibeau qui ont employé précisément le terme « responsable du financement ».
Plusieurs dirigeants de firmes de génie ou de construction ont aussi confirmé le rôle de Marc Bibeau, dont Yves Cadotte de SNC-Lavalin, Tony Accurso, ex-dirigeant de Simard Beaudry, et George Dick de l'entreprise RSW. Ce dernier a affirmé que Marc Bibeau se présentait comme un proche conseiller de Jean Charest lorsqu'il l'a sollicité pour contribuer au PLQ.
Dans un autre passage, il raye sans explication le nom de Jean Charest dans la phrase : « Les sollicitations à contribuer sont devenues particulièrement pressantes de la part du Parti libéral dans les années 2000 sous la gouverne de Jean Charest et Marc Bibeau. »
Ne manquez pas l'émission Enquête à 21 h ce soir : nous dévoilerons d'autres extraits de la correspondance entre France Charbonneau et Renaud Lachance.
Le « procès » de Nathalie Normandeau
Renaud Lachance voulait retrancher environ cinq pages au sujet de Nathalie Normandeau, dont plusieurs passages qui critiquaient sa gestion d'un programme de subventions pour des usines de traitement des eaux.
Les témoignages à la commission Charbonneau ont démontré que l'ex-ministre des Affaires municipales s'est servie de son pouvoir discrétionnaire pour majorer la subvention d'une grande proportion de projets situés dans l'Est du Québec, une région où la firme Roche était bien implantée. Roche a donc décroché beaucoup plus de contrats dans des municipalités qui ont obtenu une aide majorée, soit près du double de sa plus proche concurrente, BPR.
Renaud Lachance jugeait « non nécessaire » un passage qui traitait des relations privilégiées entre le chef de cabinet de Nathalie Normandeau, Bruno Lortie, et l'ex-ministre libéral Marc-Yvan Côté, alors vice-président de la firme de génie Roche. MM. Lortie et Côté s'impliquaient ensemble dans le financement de la ministre.
Sur l'une des pages qu'il rature, Renaud Lachance a écrit : « propos ne concernent pas le mandat de la commission; n'est pas de la collusion; n'est pas de la corruption, n'est pas du financement des partis politiques. Tout ceci ressemble à une forme de procès. »
Le commissaire Lachance voulait également retirer du texte une référence au rapport de la commission Gomery qui avait cité Marc-Yvan Côté et Bruno Lortie en lien avec des irrégularités de financement politique au Parti libéral du Canada. Pour justifier le retrait de cet élément, Renaud Lachance écrit :
« Propos nécessaires? Pourquoi taper sur quelqu'un qui est déjà à terre? »— Renaud Lachance, en parlant de Bruno Lortie

Rencontres « inappropriées » de Line Beauchamp
Renaud Lachance était aussi en désaccord avec un passage qui critiquait l'ex-ministre Line Beauchamp. Le document relate un petit-déjeuner au club privé 357C où Line Beauchamp a rencontré des dirigeants de firmes de génie et de construction. L'événement a lieu cinq jours après le déclenchement de la campagne électorale de 2007, dont Line Beauchamp était la directrice pour le PLQ.
Le soir même, plusieurs des convives au petit-déjeuner au 357C se sont rendus à un cocktail de financement pour le PLQ, qui se tenait dans un autre club privé. L'un d'eux, Rosaire Sauriol de Dessau, a dit à la commission Charbonneau que ce genre de rencontres avec une ministre, qui s'est présentée sans personnel politique, ne se reproduirait plus aujourd'hui.
Dans la version préliminaire du chapitre que nous avons obtenu, Renaud Lachance voulait enlever la phrase : « rencontres qu'on peut qualifier d'inappropriées en raison du fait qu'elles étaient réservées à quelques personnes et tenues dans un cadre confidentiel et privé. » En marge, il commente ainsi :
« Ridicule. Il ne faut avoir rien vécu dans sa vie pour écrire ceci. »— Renaud Lachance

Dans le rapport final, cette phrase a été remplacée par « rencontres qui soulèvent des questions, notamment d'ordre éthique ».
D'ailleurs, Renaud Lachance utilise à cinq autres reprises le terme « ridicule » pour qualifier des passages de la version préliminaire, sans étayer sa pensée. Par exemple, il a écrit ce mot en marge de la phrase : « Les partis au pouvoir ont tiré profit de l'octroi de subventions et de contrats publics pour soutirer des contributions politiques auprès des entreprises. » Cette citation a été conservée intégralement dans le rapport final.
Le successeur de Renaud Lachance au poste de vérificateur général, Michel Samson, était cité à quelques reprises dans le chapitre annoté que nous avons obtenu. Dans son rapport 2012-2013, M. Samson avait critiqué le programme des usines d'eaux usées sous Nathalie Normandeau et un programme de subvention d'installations sportives qui était sous la responsabilité de Michelle Courchesne.
Renaud Lachance a rayé toutes les références à son successeur, la plupart du temps sans explication. À un endroit, il écrit que la référence à une critique du vérificateur général qui l'a suivi en poste est « non pertinente au mandat de la Commission ».
Nous avons contacté Renaud Lachance; il nous a dit qu'il ne souhaitait pas accorder d'entrevue pour le moment.

Donald Trump et les otages républicains

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Mise à jour le mercredi 9 décembre 2015 à 17 h 53 HNE  Radio-Canada  Yanik Dumont Baron
Le candidat républicain à la présidence américaine Donald Trump en pleine campagne à Davenport, en Iowa, le 5 décembre 2015.
Le candidat républicain à la présidence américaine Donald Trump
 en pleine campagne à Davenport, en Iowa,
 le 5 décembre 2015.
 Photo :  GI/Getty Images/Scott Olson

Donald Trump a pris les républicains en otage. Leur parti, leurs valeurs, leur course à la présidence. Donald Trump veut la Maison-Blanche, et les républicains aussi. L'un peut-il aller avec l'autre?
Une analyse de Yanik Dumont Baron TwitterCourriel correspondant à Washington 
Les républicains ont dénoncé plus fortement qu'à l'habitude la dernière déclaration controversée de Donald Trump, sa suggestion d'interdire l'entrée aux États-Unis à tout musulman qui n'est pas citoyen. Le sénateur Lindsey Graham, aussi candidat à l'investiture, a été l'un des plus virulents. « Dites-lui d'aller en enfer! Je préfère perdre sans Donald Trump plutôt que d'essayer de gagner avec lui. »
Les dirigeants du Parti républicain se sont aussi fait entendre. Même le grand patron, Reince Priebus, a dit que l'idée de Trump ne représente pas les valeurs du parti. Mais, comme d'autres, le président du parti refuse de dire ce qui arrivera si Trump est choisi comme le candidat des républicains.
La candidature controversée pose des maux de tête aux stratèges républicains. Et la popularité continuelle de Donald Trump apporte aussi des craintes. Le nom de celui qui est en tête du ticket pour l'élection présidentielle a beaucoup d'influence pour les candidats moins connus.
Craintes avouées
« Ça serait dévastateur », expliquait Steve Stivers, un des républicains responsables de la prochaine campagne. Trump nous coûterait des sièges, dit-il. Des sièges au Sénat notamment, où la majorité républicaine est bien mince. On craint aussi que Donald Trump ouvre les portes de la Maison-Blanche aux démocrates.
Malgré les craintes, le Parti républicain est incapable de déloger - ou ne veut pas le faire - Trump de son trône. Des rumeurs circulent. Il y a un assaut de publicité négative financé par des donateurs outrés. On lance des idées aussi. Jeb Bush, qui n'a rien à perdre sauf des millions en banque, pourrait s'attaquer au meneur. Mais rien ne se passe.
On chuchote que les donateurs ont peur de gaspiller leur argent et de ne pas être capables de déloger celui qui a su devenir le roi incontesté de la publicité électorale gratuite. On craindrait aussi de déplaire à ceux qui aiment bien Trump. Une base, qu'on dit solide, d'électeurs dégoûtés par le système politique actuel.
Donald Trump est comme un voyou à moto, expliquait Lauren Fox, de Talking Points Memo. Plus les parents tentent d'en éloigner leur adolescente, plus elle veut sortir avec lui. Une image forte, qui expliquerait le dilemme. Trump divise, mais il attire beaucoup de gens. Des partisans qui lui demeurent fidèles.
Une note d'un stratège républicain circule ces jours-ci dans les boîtes de courriels des gens branchés de Washington. Il s'agit de conseils aux candidats de son parti. La prémisse du document? Trump est devenu le porte-étendard du parti. « Les critiques semblent le rendre plus fort. Trump a gagné des adhérents démocrates, il solidifie [ses appuis chez les républicains] qui se sentent totalement ignorés par la classe dirigeante de Washington », peut-on lire.
Les républicains n'ont peut-être pas d'autre choix. L'autre option semble pire. S'il est maltraité, Trump menace de partir et de se présenter comme indépendant. La course à trois favoriserait les démocrates. Donald Trump tient les républicains en otage. Souffrent-ils du syndrome de Stockholm?

Chauffeur de taxi blessé par un agresseur pendant qu'il roulait

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Publié par La Presse Canadienne le jeudi 10 décembre 2015 à 05h54. Modifié par Charles Payette à 07h39.
Chauffeur de taxi blessé par un agresseur pendant qu'il roulait
Freedigitalphotos.net
MONTRÉAL - Un chauffeur de taxi a été blessé par un agresseur qui l'a frappé à l'aide d'un objet coupant pendant que le véhicule était en mouvement.
L'agression s'est produite vers 1h00, jeudi, sur la rue Wurtele, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, dans l'est de Montréal. La victime, un homme âgé dans la cinquantaine, a été transportée à l'hôpital pour des blessures à une main; on ne craint pas pour sa vie.

Quant à l'agresseur, un homme d'origine asiatique âgé d'entre 35 et 40 ans, il aurait lui aussi été blessé à une main. On ne l'a pas encore localisé.

Lorsque des coups lui ont été assénés, le chauffeur de la compagnie Hochelaga a perdu le contrôle de sa voiture-taxi qui a percuté un véhicule stationné. Il a néanmoins réussi à faire fuir le suspect et on ne déplore aucun autre blessé.

Le Service de police de la Ville de Montréal ignore encore le motif de l'agression. Des agents procèdent à une analyse de la voiture-taxi afin d'y faire des prélèvements qui, espère-t-on, permettront d'arrêter l'agresseur.

Net recul des grossesses chez les ados au Québec

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Publié le 10 décembre 2015 à 05h00 | Mis à jour à 07h22
Bien qu'il y ait amélioration appréciable chez les... (PHOTO ARCHIVES THE NEW YORK TIMES)
PHOTO ARCHIVES THE NEW YORK TIMES

Bien qu'il y ait amélioration appréciable chez les adolescentes, la Dre Édith Guilbert souligne qu'il y a encore moyen de faire mieux.

LOUISE LEDUC
La Presse
Bonne nouvelle: le taux de grossesse à l'adolescence est en nette décroissance depuis une dizaine d'années, tout comme le taux d'avortement chez les jeunes filles.
Entre 2000 et 2013, le taux de grossesse chez les adolescentes a diminué de 46,1% et le taux d'avortement, de 45,5%. «Nous constatons avec satisfaction qu'en 2013, le Québec commence à faire partie des endroits qui ont le plus bas taux de grossesse à l'adolescence», note Édith Guilbert, médecin-conseil au département de santé communautaire du Centre hospitalier de l'Université Laval. 
De nombreux facteurs
Comment est-on arrivé à faire une telle différence chez les 15 à 19 ans? Pour le docteur Guilbert, de nombreux facteurs expliquent cette réussite. Parmi ceux-là: l'instauration de l'assurance médicament, qui a rendu gratuits les contraceptifs hormonaux chez les moins de 18 ans et les femmes de 18 à 25 ans; la possibilité pour les infirmières et les pharmaciens du Québec de prescrire la contraception hormonale et le stérilet sans consultation médicale; l'accès à la contraception orale d'urgence directement à la pharmacie.
Infirmières à l'école
Jocelyn Bérubé, directeur de la Clinique de planification des naissances de Rimouski, dresse les mêmes constats. Dans le Bas-Saint-Laurent, où les taux de grossesse sont particulièrement bas (5,5 pour 1000 adolescentes), il souligne à grands traits à quel point le maintien des infirmières dans les écoles a été précieux. «Dans notre région, nous avons réussi à les garder et ça, ça a compté pour beaucoup, croit-il. Les infirmières sont autorisées à prescrire la pilule, elles peuvent donner des conseils sur le stérilet, diriger les filles à des médecins de famille. Bref, les adolescentes ont beaucoup plus accès aux méthodes contraceptives que les femmes des autres groupes d'âge.» 
Plus compliqué avec les jeunes adultes
«Quand vient le temps de faire des interventions publiques, les femmes qui sont sur le marché du travail sont beaucoup plus difficiles à joindre», affirme M. Bérubé. Qu'on en juge: vérification faite auprès de Chantale Girard, démographe à l'Institut de la statistique du Québec, c'est chez les 20 à 24 ans qu'on enregistre, en proportion, le plus grand nombre d'avortements, soit 63 pour 100 naissances.
Faire mieux
Bien qu'il y ait amélioration appréciable chez les adolescentes, la Dre Édith Guilbert souligne qu'il y a encore moyen de faire mieux. Aux Pays-Bas, le taux de grossesse à l'adolescence se situe à 14 pour 1000 et d'avortement, à 7 pour 1000. Que font-ils de mieux que le Québec? Elle souligne qu'on y offre un cours d'éducation sexuelle dans les écoles de la maternelle au collège depuis plus de 30 ans. Mais ce n'est pas le seul facteur puisque la Suède, par exemple, a maintenu ses cours d'éducation sexuelle et n'enregistre par les mêmes succès que les Pays-Bas. Sur ces questions, dit-elle, c'est souvent un ensemble de mesures, «un environnement favorable», qui finissent par faire une différence.
Ado, enceinte et heureuse
Il restera toujours un certain nombre d'adolescentes pour qui la grossesse précoce sera perçue de façon très positive, voire comme une bouée de sauvetage. Dans ses directives cliniques sur la grossesse chez les adolescentes, le Journal d'obstétrique et de gynécologie du Canadaévoque certaines études nord-américaines selon lesquelles jusqu'à 50% des adolescentes devenues enceintes «idéalisaient la grossesse en la décrivant comme étant «l'événement le plus positif de leur vie» ». «Dans le cadre d'une étude rétrospective canadienne, le tiers des adolescentes connaissaient une grossesse souhaitée. Les efforts visant à promouvoir la compréhension et la disponibilité de la contraception n'auraient pas permis de prévenir ces grossesses.»

La loi sur l'aide médicale à mourir est en vigueur aujourd'hui

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Publié par La Presse Canadienne le mercredi 09 décembre 2015 à 21h29. Modifié par Charles Payette le jeudi 10 décembre 2015
La loi sur l'aide médicale à mourir est en vigueur aujourd'hui
MONTRÉAL - La Loi sur les soins de fin de vie entre finalement en vigueur, aujourd'hui, comme prévu. Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, l'a annoncé mercredi après que la Cour d'appel eut accepté, plus tôt en journée, d'entendre l'appel du gouvernement du Québec.
Cet appel conteste la décision de la Cour supérieure qui a suspendu, la semaine dernière, les articles portant sur l'aide médicale à mourir.
«Nous nous retrouvons dans une situation qui est celle qui a été voulue par la population à la suite d'un long débat, a déclaré le ministre Barrette. Le Québec a débattu pendant plusieurs années et un consensus s'en est tiré.»

M. Barrette a cependant rappelé que l'objectif premier de la loi était d'offrir des soins palliatifs et que l'aide médicale à mourir ne serait pas offerte sans qu'un processus d'encadrement très mûrement réfléchi ait été suivi.

Il a aussi souligné que même si la loi entrait en vigueur jeudi, la Cour d'appel avait toujours à trancher sur le fond de la question et que son gouvernement se plierait à toute décision éventuelle du tribunal.

Dans un communiqué transmis en fin de journée, la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, a tenu à rassurer les médecins qui craignent de faire l'objet de poursuites criminelles s'ils appliquent les dispositions de la loi.

«Nous tenons à les informer que nous allons transmettre une orientation à la directrice des poursuites criminelles et pénales. Cette orientation vise à permettre aux personnes en fin de vie de recevoir des soins respectueux de leur dignité et de leur autonomie par l'accès à l'aide médicale à mourir dès l'entrée en vigueur de la loi », a déclaré Mme Vallée.

La députée péquiste Véronique Hivon, qui a porté le projet depuis le tout début, s'est fortement réjouie de la décision du tribunal.

Le juge Robert Mainville a mis moins de trois heures, mercredi, à rendre une décision, reconnaissant que «l'appel doit être entendu de façon urgente», tout en rappelant que la permission d'en appeler ne devait pas être interprétée comme un désaveu du jugement de première instance. L'appel sera donc entendu sur le fond dès le 18 décembre par un banc de trois juges.

Sa décision permettrait l'entrée en vigueur de la loi dès jeudi, comme prévu, puisque le juge a «ordonné la suspension des procédures en première instance jusqu'au jugement de la Cour d'appel». Ces procédures étaient justement celles qui empêchaient la mise en oeuvre des articles de la loi qui permettent l'aide médicale à mourir.

Toutefois, contrairement au gouvernement du Québec, un avocat au coeur de la demande d'injonction en Cour supérieure n'y voit pas de permission de mettre en oeuvre la loi. Dans un communiqué transmis par courriel, mercredi, Me Gérard Samet ne semble cependant pas manifester l'intention de contester cette interprétation devant les tribunaux.

Le juge Mainville fait valoir dans sa décision qu'un jugement est sujet à appel s'il a pour effet de créer une situation à laquelle le jugement final ne pourra remédier. Or, le magistrat note que les personnes en fin de vie ne pouvaient se prévaloir de l'aide médicale à mourir lors de l'entrée en vigueur prévue de la loi, jeudi, et qu'il s'agissait dès lors, «à ne pas en douter, d'une chose à laquelle le jugement final ne pourra remédier».

Le gouvernement du Québec avait fait valoir que la Cour supérieure avait erré en suspendant certains articles de la loi sans entendre les arguments de fond du dossier.

Le juge Michel Pinsonnault avait estimé que certains articles de la loi québécoise étaient en contradiction avec ceux du Code criminel qui interdit l'aide au suicide.

Le procureur du gouvernement, Me Jean-Yves Bernard, avait fait valoir que toutes les précautions ont été prises dans la rédaction de la loi québécoise pour éviter cette contradiction.

Il soutenait que les tribunaux devaient «présumer que la loi est à l'avantage du public» et que «les deux lois sont compatibles». Selon lui, «c'est à celui qui le conteste de démontrer que ce n'est pas le cas», une démonstration qui n'avait pas été faite dans ce cas-ci puisque le juge Pinsonnault n'avait pas entendu les arguments de fond.

La Coalition des médecins pour la justice sociale et Lisa D'Amico, qui étaient derrière la demande d'injonction, estimaient au contraire que le juge Pinsonnault avait eu raison de souligner une contradiction puisque la loi permet à un médecin de provoquer intentionnellement la mort, une infraction claire au Code criminel.

L'avocat de Mme D'Amico, Me Gérard Samet, avait reproché au gouvernement du Québec d'être trop pressé d'aller de l'avant, alors que la Cour suprême a donné au gouvernement fédéral jusqu'en février prochain pour éclaircir ce dossier.

Le plus haut tribunal du pays a invalidé, en février dernier, les articles du Code criminel interdisant l'aide médicale à mourir et a accordé au fédéral 12 mois pour rédiger une nouvelle loi reconnaissant le droit aux adultes consentants subissant des souffrances mentales ou physiques intolérables de réclamer une aide médicale pour mettre fin à leurs jours.

L'avocat de la Coalition, Me Dominique Talarico, avait de son côté rappelé que la santé est un domaine de compétence partagée entre le fédéral et les provinces et que le Québec doit donc attendre de voir si Ottawa produira une législation pancanadienne, comme c'est le cas de l'universalité, par exemple.

La loi, qui précise les exigences à respecter avant qu'un médecin puisse administrer une aide médicale à mourir, a été adoptée à l'Assemblée nationale en juin 2014.

Enquête sur SNC-Lavalin: le grand jeu pour piéger un suspect

http://www.lapresse.ca/actualites/justice-et-affaires-criminelles/

Publié le 10 décembre 2015 à 05h00 | Mis à jour à 06h11
C'est une véritable pièce de théâtre en trois actes, avec acteurs, décors,... (PHOTO ARCHIVES REUTERS)
PHOTO ARCHIVES REUTERS

Vincent Larouche
C'est une véritable pièce de théâtre en trois actes, avec acteurs, décors, accessoires et répliques soigneusement préparées. Pour coincer un avocat montréalais soupçonné d'avoir tenté de corrompre un témoin dans l'enquête policière sur SNC-Lavalin, la GRC l'a fait jouer malgré lui dans un scénario où il tenait le rôle principal sans le savoir.
À la suite des démarches d'un consortium de médias dont fait partie La Presse, la Cour a autorisé hier la publication du scénario d'infiltration utilisé par le corps policier dans son enquête sur MeConstantine Kyres.
Les faits remontent à 2013. À l'époque, Riadh Ben Aissa, ex-vice-président directeur de la division construction de SNC-Lavalin, était détenu en Suisse pour des accusations de corruption et blanchiment d'argent. Il avait accepté de collaborer avec la GRC et de dévoiler ce qu'il savait sur les magouilles au sein de la multinationale québécoise. Il détenait notamment des informations sur son prédécesseur au sein de l'entreprise, Sami Bebawi, qui est aujourd'hui accusé d'avoir partagé avec Ben Aissa des dizaines de millions de dollars en pots-de-vin.
Le GRC affirme qu'à l'époque, l'avocat de Bebawi, Constantine Kyres, aurait tenté de convaincre Ben Aissa de changer son témoignage pour disculper Bebawi. Il lui aurait promis une dizaine de millions, mais aurait aussi essayé de le faire chanter à partir d'informations détenues par son client. Pour l'instant, le procès n'a toujours pas eu lieu et ces allégations issues de l'enquête n'ont pas été testées devant les tribunaux. Mais voici comment la GRC s'y est prise pour piéger l'avocat:
ACTE 1: L'entrée en scène
Le 1er octobre 2013, un mystérieux «consultant» téléphone à Me Kyres et lui explique avoir été embauché pour «faciliter une offre» qu'il avait faite à une personne en Europe. L'homme expliquera plus tard être une sorte «d'arbitre» qui aide des gens fortunés à résoudre certains problèmes. Il dit ne pas vouloir discuter de ce sujet sensible au téléphone. MKyres ne s'en doute pas, mais l'arbitre est en fait un agent de la GRC qui joue un rôle.
L'arbitre vient rencontrer l'avocat à son bureau montréalais quelques jours plus tard. Selon la GRC, Me Kyres aurait proposé que les deux hommes éteignent leur portable avant de discuter. L'arbitre commence à parler du dossier de Riadh Ben Aissa et Sami Bebawi. Me Kyres évoque une somme de 8 à 10 millions qui pourrait être remise «légalement» à Ben Aissa. 
À la fin de la rencontre, Me Kyres demande la permission de faire une photocopie du passeport de l'arbitre. Ce dernier lui fournit un faux document préparé pour l'occasion. L'avocat n'y voit que du feu.
ACTE 2: Plans échafaudés
L'arbitre étaye son personnage lors d'appels subséquents. Il parle avec Me Kyres de la possibilité de signer une entente de confidentialité pour pouvoir poursuivre les discussions.
Éventuellement, l'avocat commence à s'inquiéter: il dit à l'arbitre qu'il connaît en fait peu de choses sur lui et qu'il pourrait bien être en fait un journaliste ou un employé du gouvernement.
L'arbitre lui assure qu'il n'en est rien. Il l'invite à venir le rejoindre à son bureau de Toronto pour poursuivre leurs tractations. MKyres n'a qu'à prendre un avion et des arrangements seront pris pour qu'un chauffeur vienne le prendre à l'aéroport.
ACTE 3: Voyage à Toronto
Le 21 novembre, Me Kyres atterrit à Toronto. Un agent de la GRC joue le rôle du chauffeur et l'amène dans un bureau de la police maquillé en centre d'affaires. Une autre policière joue le rôle d'une adjointe administrative.
MKyres est amené dans une salle de conférence. Il déclare que l'endroit a l'air d'un bureau d'agents immobiliers. L'arbitre arrive et lui parle vaguement de ses activités professionnelles.
L'avocat s'inquiète d'être enregistré, mais l'arbitre le rassure. Il lui présente des documents liés aux activités de Riadh Ben Aissa. La GRC précisera plus tard que les documents, authentiques, ont été utilisés pour «donner de la crédibilité» au personnage.
Me Kyres part rencontrer d'autres personnes à Toronto, alors que des agents de la GRC le suivent discrètement. Il revient le lendemain au bureau de l'arbitre et constate que tout est encore en place. Le décor fonctionne à merveille. Il ne se doute pas qu'il est dans les locaux de la police. Il poursuit ses négociations. Une large part de ce qui se dit alors est toujours frappée d'une ordonnance de non-publication. Mais en septembre 2014, la GRC estime qu'elle a assez de preuves en main et passe à l'action. Me Kyres est alors arrêté et apprend qu'il traitait tout ce temps avec un policier agissant sous une fausse identité.

Les enseignants «campeurs» évincés

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Publié par Charles Payette pour CogecoNouvelles le jeudi 10 décembre 2015 à 05h50. Modifié à 09h17.
Les enseignants «campeurs» évincés
(Cogeco Nouvelles) - La soixantaine d'enseignants qui campaient devant l'édifice du ministère de l'Éducation à Montréal ont été évincés, peu avant une heure, cette nuit.
Le président de la Fédération autonome Sylvain Mallette
 
 
 
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La police de Montréal est intervenue à la demande du ministère des Transports du Québec, à qui appartient le terrain. Les enseignants «campeurs» sur place ont obéi à l'ordre d'éviction.
Par voie de communiqué, le président de la FAE, Sylvain Mallette, a promis que l'éviction ne restera pas sans réponse. Il assure que les militants présents au camp «Sauvons l'école publique» respectaient l'ordre public et dormaient lorsqu'ils ont été intimés d'évacuer les lieux.
Par ailleurs, la Fédération autonome de l'enseignement tient aujourd'hui la deuxième journée d'une grève de trois jours de ses 34 000 enseignants. Les employés du Front commun reprennent quant à eux le travail, aujourd'hui.