Information sur la politique 1

mercredi, novembre 25, 2015

PETITE HISTOIRE DE LA CORRUPTION DU PLQ

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De retour d'ou nous ne sommes jamais partis...

Le PLQ √©tait corrompu sous Simon-Napol√©on Parent qui a √©t√© premier ministre de 1900 √† 1905. Ce lib√©ral, ami des grosses compagnies √©trang√®res, donnait d√©j√† nos ressources naturelles aux plus grands graisseux de patte de politiciens qui existaient alors ; cette pratique n’a donc pas commenc√© avec le plan Nord de Jean Charest que Philippe Couillard se propose de relancer, oh que non ! √áa fait plus d’un si√®cle que les lib√©raux retournent l’ascenseur aux amis du r√©gime.

Parent, qui est entr√© en politique pauvre comme Job et en ressortit riche comme Cr√©sus, a √©t√© accus√© de s’√™tre enrichi, lui personnellement, en favorisant de riches marchands du bois. Cons√©quence : il d√©missionna en 1905.

Il fut remplac√© par Lomer Gouin, un autre bon lib√©ral, ami de Wilfrid Laurier, premier ministre canadien d’ob√©dience lib√©rale lui aussi. Gouin dirigea les destin√©es du Qu√©bec de 1905 √† 1920. Comme tout bon lib√©ral, la corruption faisait partie de son quotidien. Le gouvernement Gouin s√©lectionnait les amis du r√©gime lorsque venait le temps d’accorder de lucratifs contrats gouvernementaux. Ce qu’on apprend √† la commission Charbonneau ces mois-ci, ce n’est donc rien de neuf !

Le cas de fraude le plus patent de l’√©poque Gouin se d√©roula dans la r√©gion de Trois-Rivi√®res. Le gouvernement avait pr√©vu la construction d’un barrage hydro√©lectrique sur la rivi√®re Saint-Maurice. Un projet d’un million et demi de dollars. L’entrepreneur canadien-fran√ßais Joseph Gosselin avait soumissionn√© √† 80 000$ moins cher que la St-Maurice Construction company, une filiale de la tr√®s √©trang√®re Shawinigan Water and Power.

Selon les r√®gles, c’est Gosselin qui aurait d√Ľ obtenir le contrat. H√© bien non ! C’est plut√īt la compagnie √©trang√®re qui d√©crocha le contrat, et ce, parce qu’elle en menait tr√®s large dans ce Qu√©bec lib√©ral ! Elle savait √† quelle porte frapper pour obtenir ce qu’elle voulait des politiciens v√©reux qui n’attendaient que cela pour mieux pr√©voir leur retraite dor√©e.

Sous le r√®gne de Gouin, on assista aussi √† des manigances dans le cadre de la construction de la prison de Bordeaux. Au d√©part, le gouvernement Gouin avait annonc√© que le projet co√Ľterait 750 000$ aux contribuables. En cours de route, des journalistes s’aper√ßurent que la facture se chiffrait d√©j√† √† 3.5 millions$, et la prison n’√©tait pas m√™me compl√©t√©e, permettant √† tous et chacun de comprendre que la facture n’avait pas fini de grimper.

L’opposition d√©montra que les amis du r√©gime lib√©ral gonflaient les factures et construisaient n’importe comment la prison (√ßa rappelle les entrepreneurs v√©reux d’aujourd’hui qui mal construisent nos routes et nos infrastructures de fa√ßon √† pouvoir les r√©parer plus t√īt que tard) . Les entrepreneurs de cette √©poque et proches des lib√©raux profitaient des fonds publics pour remplir leurs portefeuilles, quoi !

Gouin se d√©fendit en refusant de donner les d√©tails du projet de Bordeaux, pr√©textant qu’en temps de guerre, ce n’√©tait pas une bonne chose √† faire ( !!!) Constatant pareilles inepties, le journaliste Jules Fournier rebaptisa Gouin-le-lib√©ral « le premier ministre des contracteurs ».

L’opposition mit √©galement au jour le fait que le gouvernement Gouin usait de la strat√©gie dite de la « barri√®re de p√©age » pour financer la caisse √©lectorale du parti. Le proc√©d√© √©tait bien simple. Si tu voulais une loi, il s’agissait de payer pour l’obtenir, en accordant des pots-de-vin aux membres du gouvernement. Dans ce dossier, le lib√©ral charg√© de recevoir les enveloppes brunes √©tait le d√©put√© Joseph-Octave Mousseau, responsable de l’adoption des bills priv√©s.

C’est le journal Montreal Daily News, gr√Ęce √† de l’√©coute √©lectronique (une premi√®re en la mati√®re au Qu√©bec) qui parvint √† faire √©clater l’affaire. Gouin tenta par tous les moyens de remettre le couvercle sur la marmite en mettant sur pied une commission d’enqu√™te dont il confia la pr√©sidence… au lib√©ral notoire Louis-Alexandre Taschereau.

Apr√®s bien des d√©lib√©rations qui indispos√®rent les lib√©raux, le d√©put√© Mousseau fut reconnu coupable ; mais il ne fut jamais traduit devant les tribunaux pour √©coper d’une sentence bien m√©rit√©e. C’est que le premier ministre Gouin, lui qui √©tait √©galement procureur g√©n√©ral du Qu√©bec, en avait d√©j√† assez entendu, il s’assura donc de clore l’affaire au plus vite sans recourir aux tribunaux, au grand dam des justiciers de l’√©poque. Dans les pages du Devoir, Henri Bourassa fit conna√ģtre sa col√®re et d√©non√ßa ce gouvernement corrompu jusqu’√† la moelle.

Lomer Gouin, entr√© en politique qu√©b√©coise pauvre comme bien d’autres, la quitta en 1920 plus riche que jamais. Pour les lib√©raux, la politique, c’est toujours payant.

Gouin fut remplacé par un autre libéral corrompu : Louis-Alexandre Taschereau (1920-1936).

Tr√®s rapidement, le gouvernement Taschereau a √©t√© accus√© de favoritisme et de d√©tournement de fonds publics. Avec les « culottes √† Vautrin », la d√©monstration de toute cette corruption fut r√©alis√©e par l’absurde. En 1936, on d√©couvrit que le ministre lib√©ral de la Colonisation, Ir√©n√©e Vautrin, avait un compte de d√©pense tr√®s √©lev√©.

Les enqu√™tes d√©montr√®rent qu’il utilisait les fonds publics √† des fins personnelles, qu’il s’√©tait m√™me achet√© des pantalons avec l’argent des contribuables. Il n’en fallut pas plus √† Maurice Duplessis pour faire campagne en usant de ce cas, en scandant que les « culottes √† Vautrin » d√©montraient bien jusqu’o√Ļ √©taient pr√™ts √† aller les lib√©raux lorsque venait le temps de piller le tr√©sor public.

Ce qui, dans les faits, √©tait loin d’√™tre exag√©r√© ou de constituer un cas isol√©. Puisqu’on d√©couvrit √† la m√™me √©poque que bien des contrats gouvernementaux √©taient accord√©s √† des compagnies qui finan√ßaient la caisse √©lectorale du PLQ. C’√©tait le cas de la Beauharnois, Light, Heat and Power qui remit 700 000$ aux lib√©raux pour obtenir le mandat de d√©tourner les eaux du Saint-Laurent afin de construire un barrage √† Beauharnois. Il fut aussi d√©montr√© que le premier ministre Taschereau finan√ßait ill√©galement, et en cachette, le train de vie des membres de sa famille. 42 personnes ayant un lien de parent√© avec lui recevaient de l’argent provenant des fonds publics ! Ce qui scandalisa l’opinion publique.

Sous l’effet de la pression exerc√©e par tous ceux que toute cette corruption √©coeurait, Taschereau d√©missionna en 1936.

Le premier ministre lib√©ral suivant fut Ad√©lard Godbout (1939-1944). Sous son r√®gne, le Qu√©bec perdit des pouvoirs aux mains du f√©d√©ral (assurance-emploi, points d’imp√īts et allocations familiales par exemples). Cela alimenta la majeure partie des critiques qu’il se m√©ritait. Mais en ces temps troubl√©s par la Deuxi√®me Guerre mondiale, on ne parla pas beaucoup de corruption, sauf pour accuser la police provinciale d’agir malhonn√™tement et de d√©noncer les lib√©raux qui dissimulaient ses m√©faits.

Pour ses f√©lonies port√©es contre l’autonomie du Qu√©bec, Godbout fut battu par Maurice Duplessis en 1944, lui qui instaura le long r√®gne de l’Union nationale. Il fallut attendre Robert Bourassa (1970-1976 et 1985-1994) pour voir la corruption lib√©rale reprendre du poil de la b√™te.

En 1974, les journalistes mirent au jour le cas Paragon. Cette affaire prouvait, bien simplement, que Bourassa ne voyait aucun mal √† ce que son gouvernement finance les affaires de sa belle-famille en lui accordant des contrats gouvernementaux. Paragon √©tait la propri√©t√© de l’√©pouse du premier ministre Bourassa √† hauteur de 20%. Le beau-fr√®re du chef lib√©ral, Claude, ministre du Tourisme dans son gouvernement, √©tait √©galement actionnaire de ladite compagnie. Cette affaire outra profond√©ment les Qu√©b√©cois qui s’en rappel√®rent en 1976, au moment de voter pour Ren√© L√©vesque !

Les travaux de la commission Charbonneau ont d√©montr√© que la mafia n’est jamais bien loin lorsqu’il est question des affaires les plus louches du PLQ. C’est peut-√™tre choquant, mais tout cela ne date pas d’hier. D√®s les ann√©es 1970, gr√Ęce √† la Commission d’enqu√™te sur le crime organis√© (CECO), on d√©couvrit que la mafia soutenait le PLQ de diverses fa√ßons, allant m√™me jusqu’√† organiser des √©lections pour l’un des candidats √† la chefferie de ce parti, Pierre Laporte pour ne pas le nommer. C’est aussi gr√Ęce √† la CECO qu’on apprit que les lib√©raux utilisaient la R√©gie des alcools dans une vaste op√©ration de patronage. Les contrats importants √©taient accord√©s aux entreprises qui finan√ßaient le parti, les autres √©taient tout simplement √©limin√©es des listes.

Lorsque le gouvernement Bourassa et le maire de Montr√©al, Jean Drapeau, annonc√®rent la construction du stade Olympique dans les ann√©es 1970, on parlait alors d’une d√©pense de quelque 300 millions$. Mais cette somme ne prenait pas en compte l’avidit√© des petits copains du PLQ qui se charg√®rent de la construction de l’√©l√©phant blanc et qui firent grimper vertigineusement la facture.

On d√©couvrit rapidement que la facture atteignait d√©j√† les 1,5 milliard$, et ce n’√©tait pas fini. √Ä son arriv√©e au pouvoir en 1976, Ren√© L√©vesque tenta de faire la lumi√®re sur ce nouveau scandale lib√©ral. Il mit sur pied la commission Malouf. Celle-ci d√©montra que les finances du PLQ avaient grandement profit√© de la g√©n√©rosit√© des deux firmes impliqu√©es dans la construction du stade (LVLV-Lavalin et D√©sourdy-Duranceau). Plus √ßa change, plus c’est pareil !

Annon√ßant derni√®rement ses couleurs en pr√©vision de la prochaine campagne √©lectorale qui devrait avoir lieu au printemps 2014, Philippe Couillard a dit qu’il relancerait les projets de mini-centrales hydro√©lectriques priv√©es. Il n’y a rien l√† d’√©tonnant quand on pense au fait que ces projets servent √† flatter dans le sens du poil les amis du PLQ depuis bien longtemps. C’√©tait d√©j√† le cas dans les ann√©es 1980 et 1990. C’est ce qu’ont d√©montr√© des journalistes du Soleil en 1995.

De 1984 √† 1994 (sous les lib√©raux Robert Bourassa et Daniel Johnson, lui qui pr√©sidera la campagne √©lectorale de Couillard soit dit en passant), sur les 65 contrats de production priv√©e dont les actionnaires √©taient connus, 57 furent associ√©s √† des entreprises qui fournissaient √† la caisse du Parti lib√©ral. Ce ne sont pas moins de 480 000$ provenant d’entrepreneurs impliqu√©s dans de tels projets qui se sont ainsi retrouv√©s dans les coffres du PLQ.

En 1994, un document publi√© par le directeur g√©n√©ral des √©lections identifiait, en plus, une trentaine d'actionnaires de petites centrales en tant que contributeurs du Parti lib√©ral. Leurs dons s'√©levaient √† 35 000 $. Les pr√©sidents de l'Association des ing√©nieurs-conseils du Qu√©bec figuraient parmi les plus r√©guliers des donateurs. Le pr√©sident de l’√©poque, Kazimir Olechnowics, donna pour sa part quelque 20 000 $ au PLQ en 10 ans, et l'ancien pr√©sident, Bertrand Beaulieu, leur accorda quant √† lui 25 000 $. On peut de ce fait un peu mieux comprendre l’int√©r√™t de Couillard pour de tels projets…

Ce qui nous am√®ne au r√®gne de Jean Charest (2003-2012). Sous son √©gide, ce ne furent pas les cas de corruption qui manqu√®rent, ai-je besoin de le dire ! On peut penser au scandale des places en garderie pr√©sid√© par les √ī combien douteux ministres de la Famille que furent Tony Tomassi et Michelle Courchesne. Le v√©rificateur g√©n√©ral du Qu√©bec, Renaud Lachance, d√©montra que le processus d'attribution des places en 2008 avait manqu√© de rigueur et « laissa une grande place √† la subjectivit√©».

Plus concr√®tement, Lachance d√©couvrit que Courchesne √©tait all√©e √† l'encontre de l'avis de ses fonctionnaires pour 21% des projets qu'elle avait retenus, plusieurs de ceux-l√† √©tant d√©fendus par des donateurs lib√©raux. Elle accorda √©galement 130 places √† Joe Magri, un ami d'enfance de Tony Tomassi. Dans les Laurentides, quatre projets retenus par la ministre lui avaient √©t√© pr√©sent√©s par des promoteurs ayant contribu√© √† la caisse du PLQ. Et n’oublions pas de mentionner que les fr√®res Cola, fiers contributeurs du PLQ et impliqu√©s dans le scandale de la fermeture de l'abattoir Levinoff-Colbex, sont √† la m√™me √©poque devenus propri√©taires ou actionnaires de 13 garderies (1000 places) en plus d'acheter un projet de 60 places √† Nourith Salonichios.

On d√©couvrit √©galement que des ministres de ce gouvernement d√©jeunaient avec des membres de la mafia. Line Beauchamp fut l’une d’entre eux. Ou que Nathalie Normandeau participa √† une activit√© de financement frauduleux du PLQ. Ou que des pr√™te-noms √©taient utilis√©s afin de financer le parti, pr√™te-noms associ√©s √† des compagnies obtenant des contrats avec le gouvernement lib√©ral bien s√Ľr. Ou que 22 ministres – dont Charest lui-m√™me – vers√®rent 60 000$ en contribution √† une Ňďuvre de l’entrepreneur en construction Giuseppe Borsellino.

Et c’est aussi √† la m√™me √©poque que j’accusai le premier ministre Charest de n’avoir pas les revenus n√©cessaires au financement de son train de vie princier. Malgr√© les mises en demeure du premier ministre lib√©ral, je tins mon bout et maintins mes accusations. Par cons√©quent, Charest admit qu’il recevait un salaire secret de 75 000$ de son parti depuis 10 ans, somme puis√©e √† m√™me un fonds secret du PLQ.

Jean Charest quitta la politique beaucoup plus riche qu’il ne l’√©tait au moment de se marier avec elle, dans les ann√©es 1980. Ce qui n’est en soi que bien peu surprenant. Apr√®s tout, la famille lib√©rale sait prendre soin des siens.

C’est tout √ßa que Philippe Couillard veut nous faire oublier en nous invitant √† voter pour lui et son parti en 2013 ou en 2014. Il veut que nous oublions le fait que son parti a toujours √©t√© corrompu et que rien ne changera sous son r√®gne, lui qui entretint jusqu’√† tout r√©cemment des liens d’amiti√© importants avec Arthur Porter, l’un des artisans de la m√©ga fraude concernant le Centre universitaire de sant√© de McGill.

Ce nouveau chef lib√©ral qui, alors qu’il √©tait encore ministre de la Sant√© dans le gouvernement Charest, n√©gociait des avantages pour le priv√© en sant√© tout juste avant de quitter ses fonctions minist√©rielles pour se mettre √† l’emploi de Persistence Capital Partners, firme d√©fendant l’id√©e que le priv√© doit avoir une plus grande place dans le r√©seau de la sant√© du Qu√©bec. Partant de l√†, comment reprocher √† certains d’avoir parl√© d’affreuses apparences de conflit d’int√©r√™ts ? Et comment croire que les choses changeront enfin?

Or, Couillard va comprendre que la corruption n’est en rien un projet de soci√©t√© et que les Qu√©b√©cois ont le droit de s’offrir autre chose qu’une gestion corrompue jusqu’√† la moelle comme perspectives d’avenir. C’est aussi √ßa que j’expliquerai aux gens de Viau ou d’Outremont lors des √©lections partielles qui d√©buteront prochainement; je leur dirai que la libert√©, la justice et la dignit√© seront toujours plus stimulantes et saines comme id√©es d’avenir que la soumission et la corruption lib√©rales aux relents pass√©istes. Qui pourrait me contredire √† ce sujet ?

Rapport Charbonneau : avant de dire « tout √ßa pour √ßa! »

http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/politique/

Mise √† jour le mardi 24 novembre 2015 √† 19 h 55 HNE

Si le travail d'une commission d'enqu√™te est de trouver des coupables, alors la commission Charbonneau aura lamentablement √©chou√©. Si son travail est de d√©couvrir les rouages d'un syst√®me mal√©fique et de les d√©manteler, alors, elle a √©t√© un grand succ√®s.
Une analyse de Michel C. Auger, animateur de Midi infoTwitterCourriel
Michel C. Auger
√Čvidemment, ceux qui r√™vaient de voir des politiciens connus √™tre embarqu√©s dans des voitures de police avec les menottes au poing seront d√©√ßus. Mais cela est justement le travail de la police. Les commissions d'enqu√™te existent pour autre chose.
On a recours √† une commission quand les moyens habituels, soit de combattre le crime et de bien conna√ģtre une situation, s'av√®rent inefficaces. La commission est un moyen d'exception et ne vise pas √† remplacer les autres institutions de la soci√©t√©.
Que devait faire la commission Charbonneau? Enqu√™ter sur la fa√ßon dont √©taient octroy√©s et remplis les contrats publics dans l'industrie de la construction. Au passage, elle devait aussi regarder le comportement des principaux acteurs de cette industrie, dont les syndicats.
Faire le ménage
Puisque, comme disent les scientifiques, l'observation change le ph√©nom√®ne, le projecteur cru et puissant qu'a jet√© la commission sur l'ensemble des dossiers dans l'industrie de la construction aura fait en sorte que les principaux mis en cause n'ont pas attendu le rapport pour faire le m√©nage.
La F√©d√©ration des travailleurs du Qu√©bec a fait un certain, bien qu'imparfait, nettoyage dans ses syndicats des m√©tiers de la construction. Elle aura aussi mis de l'ordre dans la gouvernance de son Fonds de solidarit√©.
Les liens entre les contrats publics et les contributions aux partis politiques ont √©t√© si bien √©tablis - quoi qu'en ait dit le commissaire Renaud Lachance - que les lois sur le financement des partis politiques ont √©t√© chang√©es sans m√™me attendre le rapport. La pratique des « pr√™te-noms », qui √©tait devenue la norme, est pratiquement tomb√©e en d√©su√©tude avec le rabaissement des contributions maximales √† un parti politique de 3000 $ par an √† 100 $.
M√™me l'Unit√© permanente anticorruption (UPAC) - qui, ironie, avait √©t√© cr√©√©e avec l'Op√©ration Marteau pour pr√©venir la cr√©ation d'une commission d'enqu√™te - peut √™tre consid√©r√©e comme une des r√©alisations de la commission Charbonneau.
Tout comme le Bureau de l'inspecteur g√©n√©ral √† la Ville de Montr√©al, qui, m√™me si l'institution ne peut tout pr√©venir, r√©ussit quand m√™me √† mettre des b√Ętons dans les roues de ceux qui voudraient truquer le syst√®me.
Un peu partout, le m√©nage s'est fait pendant les travaux de la commission Charbonneau et √† cause des audiences de celle-ci. On a tellement bien montr√© ce qui ne marchait pas, qu'il aurait √©t√© impensable de ne pas tenter d'y rem√©dier tout de suite.
La commission a péché par... omission
Est-ce que la commission a un dossier parfait? √Čvidemment pas. On comprend mal qu'elle ait mis autant d'efforts et d'√©nergie sur les dossiers au niveau municipal pour √©tudier avec beaucoup moins de profondeur ceux qui rel√®vent du gouvernement provincial. Triste... Un choix discutable qui pourra leur √™tre reproch√©. On pourrait dire que la commission a p√©ch√© par omission!
De m√™me, on notera que les bl√Ęmes sont d√©cern√©s √† des politiciens qui sont d√©j√† √† terre, comme G√©rald Tremblay, pendant qu'on √©pargne les plus puissants, qui pourraient √™tre tent√©s de contester les conclusions de la commission devant les tribunaux.
Et on peut d√©plorer longtemps que le commissaire Lachance n'ait jamais √† s'expliquer plus avant sur sa dissidence qui a pour effet de discr√©diter, au moins aux yeux de certains, une partie centrale du rapport.
Avant de dire « tout √ßa pour √ßa », il faut quand m√™me reconna√ģtre que la politique et le syndicalisme au Qu√©bec sont plus propres qu'avant la commission Charbonneau. Est-ce que la corruption, la collusion et les trafics d'influence sont √©radiqu√©s et disparus pour toujours? Bien s√Ľr que non. Comme la commission Cliche des ann√©es 1970 n'a pas fait dispara√ģtre pour toujours les √©l√©ments criminels dans les syndicats de la construction.
Mais si on suit bien les recommandations du rapport, on peut penser ou, au moins esp√©rer, que la prochaine commission d'enqu√™te ne sera pas n√©cessaire avant quelques d√©cennies.

Rapport Charbonneau: passer la tondeuse

http://www.journaldemontreal.com/

CLAUDE VILLENEUVE
MISE √† JOUR 
Je ne m’y attendais pas, mais je ressentais une certaine √©motion en voyant France Charbonneau pr√©senter son rapport derri√®re le pupitre d’o√Ļ elle nous a √©t√© rendue famili√®re.
J’√©tais √† l’opposition officielle, en 2009, quand les all√©gations troublantes se sont multipli√©es. Avec des coll√®gues, devenus amis, nous avons travaill√© tr√®s fort avec nos √©lus √† r√©clamer la tenue de cette commission d’enqu√™te.
Les r√©v√©lations se succ√©daient, de plus en plus grosses. On ne savait pas o√Ļ √ßa allait s’arr√™ter. √Ä un moment donn√©, c’√©tait m√™me rendu qu’on se rassemblait le jeudi soir: on commen√ßait par un 5 √† 7, puis on prenait les deux premi√®res p√©riodes de la partie de hockey et on passait de RDS √† Radio-Canada √† 21 h pour Enqu√™te...
Changer la culture
Six ans, des millions de caract√®res imprim√©s puis des milliers d’heures de t√©moignages et de d√©lib√©rations plus tard, qu’est-ce que tout ce travail aura donn√©?
D√©formation professionnelle oblige, je me suis int√©ress√© surtout aux recommandations du rapport portant sur les partis politiques. Il y a des choses tr√®s int√©ressantes l√†-dedans pour rendre plus imputables les personnes en autorit√© et pour que le financement soit plus transparent. M√™me √† l’int√©rieur des diff√©rentes formations, on avait parfois de la difficult√© √† s’y retrouver.
Mais, au-del√† de l’adoption de nouvelles r√®gles, rien ne changera dans cet univers si le monde politique lui-m√™me n’accepte pas de modifier sa culture.
Depuis trop longtemps, on refuse de d√©battre ouvertement de certains aspects de notre vie partisane. Un exemple, parmi d’autres: la juge Charbonneau recommande de nommer des repr√©sentants du public au comit√© consultatif du DGEQ. Il √©tait temps! Les discussions qui s’y d√©roulaient demeuraient n√©buleuses m√™me pour les militants des partis.
Ce genre de recommandations forcera les acteurs politiques √† ouvrir les fen√™tres et, ce faisant, les lib√©rera de cette esp√®ce d’omert√† qui, sans conduire √† des activit√©s ill√©gales, retirait de l’emprise du d√©bat public des pans importants de notre d√©mocratie.
Constamment à refaire
Comme citoyen, il faut aussi op√©rer ce changement de culture. Depuis trop longtemps, on a consid√©r√© que la corruption √©tait intrins√®que √† l’activit√© politique, au point o√Ļ on devait quasiment l’accepter.
On l’a beaucoup entendu, alors que la tenue de cette commission √©tait r√©clam√©e. «De toute fa√ßon, qu’est-ce que √ßa donne? La corruption, on n’en viendra jamais √† bout!» «M√™me la loi de Ren√© L√©vesque, la belle loi dont on √©tait si fier, elle ne fonctionne pas...»
√Ä ce sujet, un coll√®gue avait trouv√© √† l’√©poque une tr√®s belle m√©taphore: lutter contre la collusion et la corruption, c’est comme couper son gazon. Il faut passer la tondeuse r√©guli√®rement, sinon les mauvaises herbes se multiplient sur notre terrain, comme le crime organis√© dans l’√©conomie l√©gitime.
C’est immature de r√©clamer une solution d√©finitive √† un tel probl√®me, comme √ßa l’est pour la lutte au trafic de drogues. Ce serait comme d√©cider de faire son lit un matin pour la derni√®re fois. Vous risquez de dormir sur l’√©dredon, pendant que les acariens prolif√©reront en dessous.
Prenons donc connaissance du rapport et, rapidement, exigeons du gouvernement qu’il bouge. Puis pr√©parons-nous √† devoir nous livrer √† un nouvel entretien des quinze, vingt ou trente ans.

La commission libère les libéraux

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RICHARD MARTINEAU
MISE √† JOUR 
Donc, il n’y aura pas de bl√Ęme.
La commission Charbonneau consacre des pages et des pages aux agissements probl√©matiques de Marc Bibeau, Nathalie Normandeau et Jean Charest, mais aucun bl√Ęme ne sera port√©.
Ben coudonc.
HEIN, DES PRÊTE-NOMS?
Prenons juste le cas de Nathalie Normandeau.
(Je sais que c’est ma comp√©titrice directe √† la radio, mais je parle de sa carri√®re politique, ici, pas de son travail de coanimatrice...)
Lors de son passage devant la commission Charbonneau, l’ex-ministre des Affaires municipales a d√©clar√©, sur le fameux syst√®me des pr√™te-noms:
«Je savais qu’il se faisait du financement sectoriel au Parti lib√©ral du Qu√©bec, mais ce que je ne savais pas comme ministre, c’est tous les stratag√®mes qui ont √©t√© d√©velopp√©s pour apporter une contribution √† des partis politiques. √áa a √©t√© d√©voil√© par votre commission...
— Mais, de rappeler France Charbonneau, ce syst√®me de pr√™te-noms avait d√©j√† √©t√© mis au jour en 2006 par le rapport Moisan, non?
— Oui, oui, dans ce sens-l√†, on s’entend, de r√©pondre Nathalie Normandeau. Mais quand je suis ministre, j’arrive en 2003, je ne sais pas qu’il y a des pr√™te-noms...»
Attendez une minute, là.
Madame Normandeau a occup√© diff√©rents postes de ministre de 2003 √† 2011 et elle ne connaissait pas l’existence d’un syst√®me de pr√™te-noms... alors que ce syst√®me avait √©t√© d√©voil√© d√®s 2006?
Ben coudonc.
NI VU NI CONNU
Extrait du rapport de la commission Charbonneau (page 582):
«Plusieurs t√©moins interrog√©s [...] ont d√©clar√© qu’ils √©taient conscients de commettre des gestes ill√©gaux lorsqu’ils participaient √† des activit√©s de financement sectoriel reposant sur le recours √† des pr√™te-noms et le remboursement des contributions par les entreprises.
«Quatre t√©moins de la firme Roche ont livr√© des t√©moignages non √©quivoques √† cet √©gard. L’ing√©nieur Andr√© C√īt√© a affirm√© que les partis politiques ne pouvaient ignorer que les contributions √©taient rembours√©es, compte tenu de l’importance des montants en jeu: “C’est utopique de penser que les partis pensaient que c’√©taient des individus qui payaient √ßa √† m√™me leur salaire...”»
M√™me Marc-Yvan C√īt√©, qui √©tait ministre lib√©ral dans les ann√©es 80-90, a reconnu devant la commission qu’il savait que le recours √† des pr√™te-noms enfreignait la loi!
«Je savais que des pr√™te-noms n’√©taient pas permis.»
Mais l’ex-vice-premi√®re ministre, elle, ne le savait pas? Elle ne soup√ßonnait pas que son parti utilisait cette strat√©gie?
Alors que tout le milieu de la construction le savait?
Ben coudonc.
On est censé avaler cette couleuvre?
DES CAVES
Dans son t√©moignage devant la commission Charbonneau, Nathalie Normandeau a dit que les entrepreneurs qui participaient aux activit√©s de financement du PLQ n’obtenaient aucune faveur de la part du parti.
«Il n’y a jamais eu de retour d’ascenseur», a-t-elle d√©clar√© sous serment.
Or, voici ce qu’on peut lire dans le volumineux rapport de la commission Charbonneau (page 611):
«Il appara√ģt peu probable que ces professionnels de l’ing√©nierie et de la construction auraient vers√© des centaines de milliers de dollars en nourrissant l’illusion d’obtenir “certaines choses” qu’ils n’auraient jamais obtenues m√™me apr√®s de nombreuses ann√©es de contributions...»
En d’autres mots: nous prenez-vous pour des caves, Madame Normandeau?

Après 2 milliards $ de fraude...

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MICHEL GIRARD
MISE √† JOUR 
En raison des stratag√®mes de collusion et de corruption qui s√©vissaient dans l’octroi de contrats publics de construction, combien avons-nous vers√© en trop aux firmes de g√©nie, aux entrepreneurs et aux fournisseurs? Deux milliards de dollars? Minimum!
Dans son volumineux rapport de 1700 pages, la commission Charbonneau rapporte que des t√©moins ont √©voqu√© des «surco√Ľts» pouvant aller de 22 √† 35 % dans les contrats publics. On parle ici de surco√Ľts attribuables √† la collusion et √† la corruption.
Partant de ce constat, comment j’en arrive √† √©valuer la fraude √† un minimum de deux milliards de dollars? Pour la seule p√©riode allant de 2007 √† 2011, une √©tude de la firme SECOR-KPMG sur la gestion des investissements du gouvernement du Qu√©bec dans 20 gros projets d’infrastructure r√©v√©lait des augmentations de co√Ľts de 9,2 milliards $.
Comme il s’agissait de l’une des p√©riodes les plus florissantes pour les stratag√®mes de collusion, une simple r√®gle de trois nous permet d’√©valuer √† 2 milliards (22 % X 9,2 G$) la fraude minimale dont les contribuables qu√©b√©cois ont √©t√© victimes. Je ne parle m√™me pas de la fraude dans les contrats municipaux.
Un bon «placement»
Devant une telle fraude, il valait vraiment la peine de se payer la commission Charbonneau, dont la facture s’√©l√®ve √† quelque 45 millions. Ce qui repr√©sente un bon «placement», √† mes yeux. Convenons qu’avec les audiences de la commission Charbonneau, la fraude dans les contrats publics de construction a fortement diminu√©.
Sur les 60 recommandations formulées par la commission Charbonneau, je tiens à souligner plus particulièrement celles-ci:
La cr√©ation d’une autorit√© des march√©s publics (AMP) permettrait au Qu√©bec de se doter d’une instance nationale d’encadrement des contrats publics, avec bien entendu des pouvoirs √† la hauteur des attentes. L’AMP ne n√©cessiterait aucune d√©pense additionnelle puisqu’elle regrouperait les «ressources d’analyse, de contr√īle et de v√©rification» existant d√©j√† dans divers minist√®res, dont le Secr√©tariat du Conseil du tr√©sor, le minist√®re des Transports, le minist√®re des Affaires municipales.
Infraction pénale
Pour contrer la fausse facturation dans les contrats publics, la Commission recommande de modifier la Loi sur l’administration fiscale afin de pr√©voir une infraction p√©nale pour la production et la possession d’un faux document.
Les villes de 100 000 habitants et plus ont l’obligation de nommer un v√©rificateur g√©n√©ral dont le mandat consiste √† v√©rifier les comptes et livres de la Ville. La commission Charbonneau recommande au gouvernement d’ajouter les municipalit√©s de moins de 100 000 habitants au champ de comp√©tence du V√©rificateur g√©n√©ral du Qu√©bec. Tr√®s bonne id√©e!
Deux autres recommandations, √† saveur politique cette fois. Interdire aux ministres et √† leur personnel de solliciter des contributions politiques aux fournisseurs et b√©n√©ficiaires de leur minist√®re. Interdire √† tous les √©lus provinciaux et municipaux, √† leur personnel politique, aux fonctionnaires, aux employ√©s municipaux et aux administrateurs publics d’accepter tout cadeau, peu importe la nature.

Victimes d'homicides en 2014 au Canada: 23 % étaient des Autochtones

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AGENCE QMI
MISE √† JOUR 
Bloc sc√®ne de crime meurtre coroner  OTTAWA - En 2014 au Canada, 23 % des victimes d'homicide d√©clar√©es par la police √©taient des Autochtones, alors que ce groupe ne repr√©sente que 5 % de la population canadienne, selon Statistique Canada.
Ainsi, 117 des 516 victimes d'homicide déclarées par la police en 2014 au pays étaient autochtones.
«Le taux d'homicide chez les Autochtones en 2014 √©tait environ six fois plus √©lev√© que chez les non-Autochtones», mentionne Statistique Canada.
Les Autochtones de sexe masculin étaient sept fois plus susceptibles d'être victimes d'un homicide que les hommes non autochtones et trois fois plus à risques que les Autochtones de sexe féminin.
Le taux d'homicide chez les Autochtones de sexe féminin était six fois plus élevé que celui observé chez les femmes non autochtones.
C’est au Manitoba et en Alberta que le taux d'homicide impliquant des victimes autochtones √©tait le plus √©lev√© au Manitoba.
Les taux les plus faibles ont √©t√© observ√©s au Qu√©bec et en Nouvelle-√Čcosse.
Statistique Canada souligne que les femmes autochtones repr√©sentent une proportion croissante du total des victimes d'homicide de sexe f√©minin au Canada. «En 1991, les Autochtones de sexe f√©minin constituaient 14 % des victimes de sexe f√©minin, comparativement √† 21 % en 2014.»

Trudeau rencontre la reine à Londres

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Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, a rencontré la reine Elizabeth à Londres.
Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, a rencontr√© la reine Elizabeth √† Londres.  Photo :  PC/Yui Mok

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, s'est rendu √† Londres pour rencontrer la chef de l'√Čtat canadien, la reine Elizabeth II, √Ęg√©e de 89 ans. Justin Trudeau l'avait d√©j√† rencontr√©e √† la fin des ann√©es 1970 alors qu'il n'√©tait encore qu'un enfant.
Il avait alors visit√© Buckingham Palace avec son p√®re, Pierre Elliott Trudeau, lorsque ce dernier occupait la fonction de premier ministre du Canada. « Elle √©tait tr√®s grande, s'est-il souvenu dans un communiqu√© publi√© par son bureau. C'est dire √† quel point j'√©tais petit √† l'√©poque. »
« C'√©tait de moments merveilleux parce que je savais √† quel point mon p√®re l'aimait, a-t-il ajout√©. Mon p√®re √©tait vraiment fier de pr√©senter son fils √† la reine. » M. Trudeau a lui-m√™me fait le voyage avec sa femme et ses deux plus jeunes enfants.
Le fils de Justin Trudeau, Hadrien, donne un ¬ę¬†high five¬†¬Ľ √† l'ambassadeur canadien √† Londres, Gordon Campbell. M. Trudeau est √©galement acoompagn√© de sa femme, Sophie Gr√©goire, et de sa fille Ella-Grace.
Le fils de Justin Trudeau, Hadrien, donne un « high five » √† l'ambassadeur canadien √† Londres,
Gordon Campbell. M. Trudeau est également acoompagné de sa femme,
 Sophie Gr√©goire, et de sa fille Ella-Grace.
  Photo :  PC/Adrian Wyld

Le premier ministre doit livrer un discours √† la Maison du Canada, √† Trafalgar Square, avant de prendre part √† une rencontre avec son homologue britannique, David Cameron. Les deux hommes devraient aborder des sujets comme les changements climatiques, les mesures antiterroristes et l'accord de libre-√©change entre l'Europe et le Canada.
M. Trudeau quittera le Royaume-Uni, jeudi, pour se rendre √† Valetta, sur l'√ģle de Malte, o√Ļ les 54 pays du Commonwealth tiennent leur sommet biannuel. Le premier ministre canadien entend encourager ses homologues √† rehausser leurs ambitions dans la lutte aux changements climatiques.

Les appels robotisés font des ravages au pays, les fournisseurs tardent à réagir

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  Radio-Canada avec CBC
Fraude téléphonique
Photo :  IS/iStock

En 2014, les Canadiens ont perdu plus de 75 millions de dollars √† la suite de fraudes t√©l√©phoniques ou d'appels robotis√©s. Il existe pourtant des technologies pour bloquer ces appels importuns, mais que les grandes compagnies de t√©l√©communications n'offrent pas au grand public.
Malgr√© l'instauration, par les conservateurs, de la Liste nationale de num√©ros de t√©l√©communication exclus (LNNTE) qui permet aux consommateurs de d√©cider s'ils veulent ou non recevoir des appels de t√©l√©vendeurs, des millions d'appels robotis√©s sont faits chaque semaine dans les foyers canadiens par des compagnies qui ignorent cette liste.
Plusieurs fois par semaine, des millions de Canadiens re√ßoivent des appels leur annon√ßant qu'ils gagnent une croisi√®re, qu'un transporteur a√©rien leur offre un rabais ou encore qu'ils n'ont pas pay√© leurs imp√īts et qu'ils iront en prison √† moins qu'ils les paient d√®s maintenant en envoyant un ch√®que.
Selon Statistique Canada, des consommateurs na√Įfs se sont fait soutirer pas moins de 75 millions de dollars l'an dernier √† la suite de fraudes t√©l√©phoniques. Un montant qui serait en r√©alit√© 10 ou m√™me 20 fois plus √©lev√©, selon des experts antifraude consult√©s par CBC.
Selon eux, beaucoup de gens victimes d'une fraude ne signalent pas le vol, g√™n√©s de dire qu'ils ont √©t√© √©t√© manipul√©s.
Mais d'o√Ļ proviennent ces appels?
Les compagnies de t√©l√©marketing canadiennes sont soumises √† des r√®gles strictes du CRTC, dont la LNNTE. M√™me si certaines persistent parfois √† appeler des gens qui ont inscrit leur num√©ro sur la LNNTE, elles demeurent retra√ßables. Mais pour la majorit√©, les appels robotis√©s proviennent de l'√©tranger, notamment de l'Inde. M√™me si la majorit√© des gens raccrochent l'appareil t√©l√©phonique avant d'entendre le message, avec le volume d'appels r√©alis√©s dans le monde, les fraudeurs d'outre-mer arrivent √† r√©colter de v√©ritables fortunes.
Mais que faire contre ce fléau?
Il est certes possible pour le consommateur exc√©d√© par ces appels de faire bloquer chacun de ces num√©ros entrants aupr√®s de son fournisseur de service, mais les fraudeurs n'ont qu'√† changer leur num√©ro pour poursuivre leurs appels.
Mais aujourd'hui, la technologie permet aux grandes compagnies de t√©l√©communication de mettre en place des « filtres de spams pour les t√©l√©phones » un peu comme on le fait avec les bo√ģtes de courriels.
« Il existe plusieurs technologies disponibles », selon Maureen Mahoney, responsable des politiques publiques pour l'Union des consommateurs, bas√©e √† San Francisco.
« Ces outils d√©tectent automatiquement les appels automatis√©s et les filtrent avant qu'ils n'atteignent le consommateur, de sorte qu'il ne revient pas qu'aux gens de bloquer ces appels un par un », explique Maureen Mahoney.
Des solutions existent
La compagnie canadienne de t√©l√©communication Primus, qui utilise un syst√®me appel√© « Telemarketing Guard » depuis 2006, a intercept√© et trait√© plus de 80 millions d'appels robotis√©s, selon Brad Fisher, vice-pr√©sident senior du marketing et produits chez Primus.
Ce syst√®me de Primus est inclus dans le prix de base de ses forfaits et fonctionne autant avec les t√©l√©phones IP qu'avec les lignes terrestres r√©guli√®res.
Plusieurs autres syst√®mes du genre sont offerts sur le march√©, selon CBC, tels « Honeypot traps spam calls » ou « Nomorobo ».
Selon Maureen Mahoney, il serait tr√®s envisageable que les grandes compagnies de t√©l√©phone se dotent de tels outils pour bloquer les appels ind√©sirables et, surtout, √©changer de l'information entre elles afin de rendre les filtres encore plus efficaces. Or, il semble qu'en Am√©rique du Nord, les grandes compagnies de t√©l√©communication ne soient pas tr√®s enclines √† prendre la responsabilit√© de filtrer les appels robotis√©s.
CBC a contact√© les g√©ants canadiens Bell, Telus et Rogers pour conna√ģtre les raisons pour lesquelles ils n'utilisent pas les technologies existantes pour filtrer et bloquer les appels robotis√©s.
Les compagnies canadiennes travaillent sur le problème
Selon Jennifer Kett, directrice des relations avec les m√©dias chez Rogers, il n'est pas si facile de traquer ces appels √† tr√®s grande √©chelle. « Les appels robotis√©s sont souvent bas√©s sur l'usurpation d'identit√©. C'est-√†-dire que le fraudeur manipule l'identifiant de l'appelant pour le faire ressembler √† un appel local. Qui plus est, les appels proviennent souvent de l'ext√©rieur du Canada, ce qui nous rend la t√Ęche particuli√®rement difficile », explique Mme Kett.
« Soyez assur√©s que nous prenons le probl√®me tr√®s au s√©rieux et que nous travaillons avec les autres fournisseurs et le CRTC pour d√©terminer de quelle fa√ßon l'industrie peut combattre les appels et textos ind√©sirables. »— Jennifer Kett, directrice des relations avec les m√©dias chez Rogers

M√™mes arguments chez Bell, o√Ļ on souligne l'efficacit√© des fraudeurs outre-mer pour imiter les appels locaux. « C'est un probl√®me international et nous sommes engag√©s dans plusieurs projets et initiatives avec nos partenaires de l'industrie pour d√©velopper des solutions », explique pour sa part Jason Laszlo.
Ce que les grandes compagnies de t√©l√©communication ne disent pas cependant, c'est qu'une lutte efficace contre les appels et les textos robotis√©s engage des sommes et des investissements importants. Reste √† savoir jusqu'o√Ļ les g√©ants des t√©l√©communications canadiennes engageront leurs ressources financi√®res et techniques pour r√©gler le probl√®me.

Rapport de la commission Charbonneau: 1741 pages et 60 recommandations

http://www.lapresse.ca/le-nouvelliste/actualites/

Publi√© le 24 novembre 2015 √† 19h16 | Mis √† jour le 25 novembre 2015 √† 07h07
La juge France Charbonneau et le commissaire Renaud... (La Presse Canadienne)
LA PRESSE CANADIENNE

La juge France Charbonneau et le commissaire Renaud Lachance ont rendu public le rapport sur la corruption dans l'industrie de la construction mardi matin.

LIA L√ČVESQUE
La Presse Canadienne
Montréal
Dans son rapport tant attendu, la commission Charbonneau y va de plus d'une soixantaine de recommandations pour assainir les moeurs dans l'industrie de la construction et le financement des partis politiques, parmi lesquelles une loi pour mieux protéger les lanceurs d'alerte et, surtout, la création d'une Autorité des marchés publics.
Le rapport est toutefois assombri par un d√©saccord entre la pr√©sidente de la commission, la juge France Charbonneau, et le commissaire Renaud Lachance. Celui-ci a pris la peine d'√©crire le «mot du commissaire» pour expliquer l√† o√Ļ il trouve que la preuve n'a pas √©t√© si concluante.
«Je ne peux pas souscrire √† la th√®se d√©velopp√©e dans la section 4,6 concluant √† un lien indirect entre le versement de contributions politiques et l'octroi des contrats au niveau provincial», √©crit ce dernier.
«Il y a un lien entre le d√©veloppement des affaires et le financement des partis politiques au niveau provincial. Ce lien ne doit pas cependant √™tre confondu avec celui faisant l'objet du mandat de la commission d'un lien entre l'octroi d'un contrat et le financement des partis politiques», √©crit le commissaire Lachance.
Il rappelle que «tous les dirigeants d'entreprise t√©moins √† la commission» ont r√©pondu «non» √† la question de savoir si le versement d'une contribution √† un parti leur avait permis d'obtenir un contrat.
M√™me s'il se dit en d√©saccord «sur le contenu de ce chapitre, des faits saillants et de la description des stratag√®mes associ√©s √† celui-ci, je suis en accord avec les recommandations li√©es √† ce volet de notre mandat», prend-il la peine de souligner.

Financement des partis

Il reste que la commission est parvenue à formuler maintes recommandations ayant trait au financement des partis politiques.
Par exemple, elle recommande l'identification de l'employeur de celui qui fait un don à un parti politique.
Elle propose aussi que le chef d'un parti politique soit tenu de signer le rapport financier annuel du parti et qu'il y d√©clare qu'il a √©t√© «inform√© des pratiques de sollicitation de son parti et juge qu'elles sont conformes √† la loi».
La CEIC propose aussi de modifier les codes d'éthique des élus municipaux et provinciaux ainsi que des membres de leur personnel afin d'interdire que des subventions ou projets soient annoncés lors d'événements de financement d'un parti politique.
Elle recommande aussi d'interdire au personnel des ministères de solliciter des contributions politiques aux fournisseurs et bénéficiaires de leur ministère.
Plus largement, en mati√®re politique, la commission recommande de pr√©voir la suspension temporaire d'un √©lu qui est poursuivi pour corruption ou collusion et de «r√©fl√©chir» √† la dur√©e du mandat des maires.
La commission recommande aussi d'abolir le poste du Commissaire √† l'√©thique et √† la d√©ontologie de l'Assembl√©e nationale et du Commissaire au lobbyisme du Qu√©bec pour plut√īt nommer un Commissaire √† l'√©thique et au lobbyisme. Celui-ci s'occuperait des r√®gles d'√©thique et de lobbyisme tant pour l'√Čtat qu√©b√©cois que les municipalit√©s. Il serait nomm√© par un vote de l'Assembl√©e nationale avec le deux tiers des votes pour un mandat de sept ans.
De façon plus générale, elle conseille de limiter les exceptions au caractère public des délibérations des élus municipaux, afin que leurs échanges se fassent dans la transparence.
Elle recommande également de resserrer les règles concernant l'acceptation de cadeaux par des titulaires de charges publiques de la part de fournisseurs. Les audiences de la commission avaient permis de relever de nombreux cas d'invitations à des parties de hockey, sans compter les offres de bouteilles de vin et autres par des entreprises à des fonctionnaires.

Autorité des marchés

Mais la recommandation pivot de la CEIC consiste en la cr√©ation d'une Autorit√© des march√©s publics, charg√©e d'encadrer les march√©s publics et de d√©celer les probl√®mes de malversation. Cette instance pourrait √©pauler les «donneurs d'ouvrage publics» dans leur gestion des contrats.
D'ailleurs, √† cet effet, la CEIC propose de permettre √† tous les donneurs d'ouvrage publics de pond√©rer les crit√®res de prix et de qualit√© dans le processus d'adjudication des contrats dans la construction. Des ing√©nieurs s'√©taient d'ailleurs plaints devant la commission de cette course au plus bas prix qui avait entra√ģn√© une baisse de la qualit√© des ouvrages.
De même, la commission d'enquête recommande le maintien d'une expertise au sein du ministère des Transports, qui avait transféré certaines fonctions aux firmes privées de génie. Ce ministère a déjà amorcé un certain processus pour regarnir ses rangs et la commission l'invite à poursuivre.
La commission recommande également d'étendre le champ de compétence du Vérificateur général du Québec à la gestion des municipalités de moins de 100 000 habitants.

Lanceurs d'alerte

Par ailleurs, comme on s'y attendait et comme plusieurs organismes le lui avaient sugg√©r√©, la commission recommande de mieux prot√©ger les lanceurs d'alerte. La juge Charbonneau, dans son allocution, a d'ailleurs lou√© le «courage» de certains d'entre eux, comme le syndicaliste Ken Pereira, qui a d√©nonc√© l'ancien directeur g√©n√©ral de la FTQ-Construction Jocelyn Dupuis et ses d√©penses, en plus de d√©noncer les pratiques de discrimination dans le placement entre organisations syndicales.
La commission va jusqu'√† recommander qu'on apporte aux lanceurs d'alerte un certain soutien financier «lorsque requis».
Elle propose aussi de confier au Directeur des poursuites criminelles et p√©nales le pouvoir d'attribuer certains avantages aux «t√©moins collaborateurs», comme celui d'arr√™ter toute proc√©dure disciplinaire et toute proc√©dure civile et celui d'interrompre toute r√©clamation fiscale contre eux au Qu√©bec

19% des enfants en situation de pauvreté au Canada

http://www.lavoixdusud.com/Actualites/National/

Publié le 25 novembre 2015

La Presse Canadienne



Les enfants «de familles racialis√©es et d’immigration r√©cente», les enfants autochtones et ceux qui ont une incapacit√© sont plus susceptibles de vivre en situation de pauvret√©, rapporte le rapport 2015 sur la pauvret√© du regroupement Campagne 2000.
Aujourd’hui, 19% des enfants vivraient dans la pauvret√©, en comparaison avec 15,8 pour cent en 1989. Chez les Autochtones, c’est plus du double, soit 40% des enfants, qui sont en situation de pauvret√©. Cette situation, qui touche diff√©remment les divers groupes de personnes, m√®ne √† «des in√©galit√©s persistantes sur le plan social et √©conomique». Le d√©p√īt du rapport «Faisons-le! Mettons fin une fois pour toutes √† la pauvret√© des enfants» est l’occasion pour l’organisme de lancer un appel au nouveau gouvernement lib√©ral √† adopter une strat√©gie nationale de r√©duction de la pauvret√©, qui passerait notamment par des emplois stables pour les parents et un programme national de garderie.
Un homme ivre fait appel à la police pour faire démarrer son auto
Un individu de 27 ans a appris √† ses d√©pens que faire appel √† des policiers pour l'aider √† d√©marrer son automobile tout en √©tant ivre n'est pas une bonne id√©e. La Police r√©gionale de York, en Ontario, a re√ßu un appel, t√īt mardi matin, d'un homme qui ne parvenait pas √† d√©placer son v√©hicule. Elle a dit que l'individu avait pu lui donner les coordonn√©es exactes d'o√Ļ il appelait et qu'on pouvait entendre le bruit d'un moteur pendant son appel. Des agents ont pu le retrouver. Les policiers ont fait passer un test d'alcool√©mie au jeune homme. Andrew Scuglia, qui demeure √† Richmond Hill, fait face √† une accusation d'avoir la garde ou le contr√īle d'un v√©hicule avec les capacit√©s affaiblies par l'alcool.
Taxe sur le carbone : l’argent ira √† des programmes environnementaux
Le gouvernement n√©o-d√©mocrate de l'Alberta surveillera √©troitement la taxe sur le carbone, qui devrait rapporter des milliards de dollars √† l'√Čtat, afin que l'argent n'aille qu'√† des programmes environnementaux, a assur√© mardi la premi√®re ministre, Rachel Notley. De tout l'argent r√©colt√©, rien ne sera consacr√© √† d'autres d√©penses, comme la r√©duction du d√©ficit ou de la dette. «Chaque cent amass√© par la taxe sur le carbone sera imm√©diatement recycl√© dans l'√©conomie», a expliqu√© Mme Notley √† des journalistes, mardi.

Les premiers réfugiés syriens arrivent à Montréal: l'échéancier repoussé à février

http://www.985fm.ca/national/nouvelles/

Publié par Léandre Drolet pour CogecoNouvelles le mardi 24 novembre 2015 à 23h03. Modifié par Charles Payette le mercredi 25 novembre 2015
Les premiers réfugiés syriens arrivent à Montréal: l'échéancier repoussé à février
(Cogeco Nouvelles) - Les premiers réfugiés syriens parrainés au privé sont arrivés à l'aéroport Montréal-Trudeau, mardi soir. Les réfugiés étaient moins nombreux que prévu, car certains auraient eu des problèmes d'ordre administratif.
La ministre québécoise Kathleen Weil
 
 
 
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Une vingtaine de nouveaux arrivants ont atterri en début de soirée et leurs proches étaient nombreux pour les voir franchir les portes et faire leur entrée au Canada.
Le gouvernement canadien entend toujours accueillir 25 000 réfugiés syriens, mais il a revu son échéancier.
Québec, aujourd'hui...
Ottawa souhaitait d'abord qu'ils arrivent tous au pays avant la fin de l'ann√©e. Finalement, ce sont plut√īt 10 000 d'entre eux qui s'am√®neront au Canada d'ici l√†. Les 15 000 autres devraient se pr√©senter au pays d'ici la fin du mois de f√©vrier.
La ministre québécoise de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion, Kathleen Weil, estime qu'il s'agit tout de même d'un défi de taille dans les prochaines semaines.
Le gouvernement du Québec dévoilera sa stratégie d'accueil, aujourd'hui.