Manifestations mondiales contre Trump

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Publié le 21 janvier 2017 à 07h10 | Mis à jour à 17h39
Washington, États-Unis.
PHOTO ANDREW CABALLERO-REYNOLDS, AFP
SÉBASTIEN BLANCANNE RENAUTIVAN COURONNEPAOLA LORIGGIO (LA PRESSE CANADIENNE)
Agence France-Presse
WASHINGTON et LONDRES
Des centaines de milliers de personnes participaient samedi aux États-Unis aux Marches des femmes organisées pour la défense des droits civiques et contre le président Donald Trump investi la veille, selon plusieurs sources.
La manifestation, née d'un simple appel sur Facebook émanant d'une grand-mère, Teresa Shook, et organisée le lendemain de l'investiture du républicain, témoigne à elle seule de la fracture de la société américaine.
Dans la capitale, où avait lieu le plus grand rassemblement, 275 000 voyageurs avaient pris le métro en fin de matinée, soit 50% de plus que pour l'investiture de M. Trump la veille à la même heure, selon l'autorité de transport WMATA.
Les organisateurs ont en outre relevé leur estimation de participation de 200 000 à 500 000 personnes, selon le maire adjoint de Washington, Kevin Donahue.
La foule était compacte sur une dizaine de pâtés de maisons ou environ 1,5 kilomètre sur Independence Avenue à Washington où la marche était prévue, et il était impossible de traverser ce boulevard, selon des journalistes de l'AFP sur place.
Des milliers de personnes qui n'avaient pas pu accéder à cette avenue marchaient sur le National Mall voisin, l'esplanade du centre de la capitale, où vendredi une foule de partisans de Donald Trump ont assisté à son investiture.
D'autres manifestations avaient lieu à Boston, New York, Denver.
À Chicago, la marche s'est transformée en rassemblement compte tenu de l'affluence, selon la police. Elle réunissait quelque 150 000 personnes, selon le Chicago Tribune.
«Je veux protéger nos droits et attirer l'attention sur le fait que quand les gens manifestent ensemble, ils sont forts», témoigne Trisha Norman, 72 ans, venue de Caroline du Nord, en route vers la manifestation.
Le métro de la capitale était plein samedi matin de femmes portant des bonnets roses à oreilles de chat («pussy hats»), devenus le symbole de l'opposition à Donald Trump.
Une initiative baptisée «Pussyhat Project» fédère des adeptes du tricot qui ont confectionné ces couvre-chefs pour les manifestantes.
Le terme «pussy» désigne en anglais l'animal domestique, ou le sexe féminin. C'est ce mot que Donald Trump avait utilisé dans une vidéo qui avait fait scandale en octobre, où il se vantait de pouvoir se payer les femmes qu'il voulait et de les «attraper par la chatte».
Foule monstre à Los Angeles
Plus d'un demi-million de personnes selon la police et 750 000 selon les organisateurs ont manifesté samedi pour les droits civiques et contre le président américain Donald Trump investi la veille.
La «Marche des femmes» à Los Angeles dépasse en affluence celle de 2006 sur l'immigration, qui avait attiré 500 000 personnes, a indiqué à l'AFP le porte-parole de la police Andrew Neiman, pour qui c'est le plus grand rassemblement dont il a été témoin dans la ville depuis 30 ans. À New York, les organisateurs avançaient le chiffre de plus de 500 000 personnes et 250 000 personnes à Chicago.
Bowling à la Maison-Blanche
Le nouvel homme le plus puissant du monde n'a pas réagi à cet événement, mais a tweeté qu'il était «honoré de vous servir, le grand peuple d'Amérique, en tant que 45e président des États-Unis».
Donald Trump a assisté samedi matin à la cathédrale nationale de Washington à un office oecuménique.
Puis la famille présidentielle a joué au bowling à la Maison-Blanche, a indiqué sur Twitter le fils du nouveau président, Donald Jr.
Le président s'est rendu l'après-midi au siège de la CIA, en banlieue de Washington, «impatient de remercier les hommes et les femmes de la communauté du renseignement», selon son porte-parole Sean Spicer. Une visite lourde de symboles après ses critiques contre les agences américaines de renseignement.
Jamais depuis 40 ans un président des États-Unis n'a suscité une telle défiance à sa prise de fonctions.
Avant même d'avoir achevé ses premières 24 heures à la Maison-Blanche, le nouveau président républicain se retrouve interpellé par de multiples catégories d'Américains d'origines très diverses, mais fédérés par une même inquiétude.
«Je ne peux pas soutenir un programme de haine et d'intolérance», a déclaré à Washington Michele Phillips, 45 ans, venue de Troy, dans l'Etat de New York.

Des centaines de Canadiennes à Washington

Des centaines de femmes canadiennes ont déferlé dans les rues de Washington, brandissant des pancartes sur lesquelles figuraient des feuilles d'érable et l'expression «soeurs de nord».
Des résidants de la capitale américaine sortaient sur leur portique pour lancer des mots d'encouragement ou pour croquer des photos de la foule. D'autres distribuaient gratuitement du café.
Une femme a indiqué à un homme qui se trouvait sur un des portiques qu'elle et ses amies étaient venues du Canada. «Vraiment?», a-t-il répondu, incrédule.
Environ 600 Canadiens - pour la plupart des femmes - ont fait le voyage en autobus pendant la nuit à destination de Washington, partant de Toronto, Montréal, d'Ottawa et de Windsor.
Plusieurs Canadiens qui participaient à la marche de samedi ont confié à La Presse canadienne qu'ils avaient senti l'urgence d'intervenir dans la foulée des commentaires controversés lancés par Donald Trump durant la campagne électorale.
Bon nombre de femmes se sont senties marginalisées, a fait valoir Sadaf Jamal, une Canadienne de 38 ans qui a dit vouloir aider celles-ci à «se lever fièrement».
«Je suis une femme musulmane et c'est pourquoi je marche, parce que je veux donner le pouvoir aux femmes musulmanes», a-t-elle dit alors qu'elle était à bord de l'autobus parti de Toronto pour se rendre dans la capitale américaine.
«Pourquoi serions-nous marginalisées? Il n'y a rien de mal avec nous. Nous sommes des femmes talentueuses, courageuses. Nous pouvons être ce que nous voulons.»
D'autres Canadiens désireux de joindre le rassemblement de Washington ont toutefois été refoulés à la frontière, a indiqué une militante québécoise, Katina Binette, qui affirme avoir reçu un appel d'amies qui ont dû rebrousser chemin. Les trois, «jeunes dans la vingtaine» qui étaient dans un même véhicule, «n'ont aucun antécédent», a-t-elle précisé.
«On les a refoulées à la frontière (...) prenant leurs empreintes, leurs photos, leur demandant où ils allaient. Elles ont mentionné qu'elles allaient à la marche des femmes et (les agents) leur ont demandé s'elles étaient pour ou contre (le) président.»
Toutes trois sont restées coincées pendant une heure et demie à la douane, a rapporté Mme Binette, qui a aussi fait le trajet en voiture avec quatre autres personnes.
«C'est des personnes qui militent en plus: une coordonnatrice d'une organisation de défense des droits de la personne», a-t-elle dit au sujet de ses amies qui n'ont pas pu se rendre à la marche.
Une citoyenne canado-américaine, Elizabeth Wolfenden, a confié avoir pleuré pendant des heures quand Donald Trump a été élu, en novembre.
La jeune femme de 18 ans, dont plusieurs proches demeurent toujours aux États-Unis, a expliqué qu'elle entreprenait d'abord faire le trajet avec sa mère. Elle a toutefois décidé d'y aller seule alors que sa mère est blessée.
«Je veux seulement vraiment prendre part à l'histoire», a dit celle qui effectue son premier voyage en solo.
«Je pense que ce sera historique et je veux dire que j'y étais, que j'ai fait quelque chose, que j'ai tenté de faire une différence et que j'ai laissé ma voix être entendue ainsi que j'ai joint un mouvement qui, je pense, est vraiment important.»

De Sydney à Londres

«Virons Trump» : en écho à la «Marche des femmes» de Washington, des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées samedi dans plusieurs villes du monde, dont Sydney, Londres ou Paris.
Comme aux États-Unis, où des centaines de milliers de personnes se sont rassemblées à Washington et plusieurs villes du pays, une grande manifestation a eu lieu à Londres sur l'emblématique Trafalgar Square. Les rues environnantes étaient noires de monde, les organisateurs revendiquant 100 000 participants.
Parmi eux et comme de nombreux autres ailleurs dans le monde, Hannah Bryant, une employée de musée, portait un «pussy hat», bonnet rose à oreilles de chats spécialement tricoté pour l'occasion et devenu le symbole de l'opposition à Donald Trump.
Car «pussy», désignant en anglais un chat ou un sexe féminin, est le mot utilisé par Donald Trump dans une vidéo qui avait fait scandale en octobre. Le milliardaire s'y vantait de pouvoir se payer les femmes qu'il voulait et de les «attraper par la chatte».
Écoeuré, Oliver Powell, un acteur de 31 ans, veut «que la majorité des Américains qui n'ont pas voté pour lui sachent qu'on les soutient dans le monde entier».
D'autres veulent croire au sursaut. «Pour moi cette manifestation porte un message d'espoir», a estimé Sarah Macdonald, une chef d'entreprise de 51 ans. «Ça va galvaniser les partis progressistes, démocrates et les partis de gauche qui dans ce pays ont connu l'échec dans les urnes.
Les «pussy hats» étaient de mise aussi à Paris, où environ 7000 personnes ont manifesté sur l'esplanade du Trocadéro, avec la Tour Eiffel en toile de fond, au milieu de drapeaux américains.
Parmi eux, de nombreuses femmes, dont Andreia Rossi, Brésilienne de 39 ans, venue protester «contre tout ce que Trump représente, contre le fascisme, l'extrême droite. C'est très dangereux, il a menti à ceux qui l'ont élu et ça peut arriver en France».
«On pense aux personnes noires, gaies, lesbiennes, trans, et aux femmes qui vont devoir vivre au moins quatre ans avec un président qui est contre leurs droits et donc leur existence», s'est insurgée à Montpellier un militant de l'association homosexuelle «Les soeurs de la perpétuelle indulgence», travesti en religieuse comme il se doit.
«Menteur en chef»
«Trump, Liar in chief» («Trump, menteur en chef»), proclamait aussi une pancarte d'une autre manifestation en France, à Marseille (sud-est).
Émanant au départ d'un simple appel sur Facebook d'une retraitée américaine, la marche a trouvé d'autres échos en Europe.
À Amsterdam, où quelque 4000 personnes ont brandi des banderoles devant le consulat américain clamant en anglais ««Pussies» contre la haine, le racisme, le sexisme et la peur», «Make America Sane Again» («Rendre à l'Amérique sa raison», en référence au slogan de Trump durant la campagne électorale «Make America Great Again», rendre à l'Amérique sa grandeur), selon la page Facebook de l'événement.
À Genève, quelque 2500 hommes et femmes de tous âges ont aussi bravé le froid pour clamer en anglais «Des ponts pas des murs», «La résistance est un devoir quand l'injustice devient la loi» ou encore «Le changement climatique est réel» sur des pancartes.
Ils étaient environ 700 personnes à Berlin devant la porte de Brandebourg, en face de l'ambassade des États-Unis, entre 400 et 500 femmes à Rome devant le Panthéon et quelque 700 à Barcelone, où certaines portaient des pancartes avec des slogans en anglais comme «He is not my president» (Il n'est pas mon président).
«Trump est une honte pour l'Amérique», «Non à la violence contre les femmes», proclamaient à Lisbonne des pancartes agitées par plusieurs centaines d'Américains et Portugais devant l'ambassade des États-Unis.
«Il ne représente que les riches et les blancs, il détruit tout ce que Obama a fait en huit ans», s'est emportée Terri Blakley, une retraitée américaine de 66 ans.
À Prague, le jeune chanteur Adam Misik, idole des adolescents tchèques, a entonné la chanson «Let It Be» des Beatles, reprise en choeur par les quelque 300 manifestants qui brandissaient des caricatures de Trump et du président russe Vladimir Poutine, qui passe pour satisfait du nouveau locataire de la Maison-Blanche.
L'appel a aussi été entendu en Afrique du Sud où une centaine de personnes s'est mobilisée à Durban, scandant notamment «dans notre Amérique, nous sommes tous égaux».
Auparavant, l'Australie et la Nouvelle-Zélande avaient ouvert le bal avec des milliers de personnes à Sydney et Melbourne, ainsi qu'à Wellington et Auckland, pour dénoncer le mépris régulièrement montré, selon elles, par Trump envers les femmes.

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Le pape François met en garde contre le populisme et les «barbelés»

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Publié le 21 janvier 2017 à 16h59 | Mis à jour à 16h59
«Hitler n'a pas volé le pouvoir», souligne le... (Photo AP)
«Hitler n'a pas volé le pouvoir», souligne le Pape, «il a été élu par son peuple et après il a détruit son peuple».
PHOTO AP
Agence France-Presse
Le pape François a mis en garde contre les «populismes» qu'engendrent les crises et poussent à élire des «sauveurs» et à s'entourer de «barbelés», dans un entretien publié samedi par le quotidien espagnol El Pais.
«Bien sûr les crises provoquent des peurs, des inquiétudes», déclare Jorge Bergoglio, qui a reçu le premier quotidien espagnol pendant une heure quinze vendredi à Rome, au moment où le président américain Donald Trump prêtait serment.
«Pour moi l'exemple type du populisme au sens européen du mot c'est l'année 1933 en Allemagne», ajoute-t-il.
Après la crise, «l'Allemagne (...) cherche un leader, quelqu'un qui lui rende son identité et il y a un petit gars, qui se nomme Adolf Hitler et qui dit «moi je peux, moi je peux»».
«Hitler n'a pas volé le pouvoir», souligne le Pape, «il a été élu par son peuple et après il a détruit son peuple».
Les gens se disent «cherchons un sauveur qui nous rende notre identité et protégeons-nous avec des murs, avec des barbelés, avec n'importe quoi pour que les autres ne puissent nous enlever notre identité», ajoute encore François. «Et ça, c'est très grave», ajoute-t-il en appelant au dialogue.
«Le cas de l'Allemagne est classique» ajoute le pape argentin: «Il y avait un peuple en crise qui cherchait son identité et ce leader charismatique est apparu». «Il a donné (aux Allemands) une identité déformée et on sait ce qui s'est produit».
Le pape recommande néanmoins d'éviter les jugements hâtifs concernant le nouveau président américain.
«On verra. On verra ce qu'il fait et après on évaluera. Il faut rester dans le concret».
François a offert vendredi ses bons voeux à Donald Trump, en priant pour que ses décisions soient «guidées par les riches valeurs spirituelles et éthiques» du peuple américain, avec une «préoccupation pour les pauvres».
Il n'aura dans tous les cas pas vu les images de l'investiture à la télévision car, confie-t-il dans l'entretien, il a fait depuis le 19 juillet 1990 le voeu de ne pas la regarder.
Sur le populisme allié au protectionnisme, il a encore considéré dans cet entretien que «chaque pays a le droit de contrôler ses frontières, qui les traverse et qui en sort... mais aucun n'a le droit de priver ses citoyens de dialoguer avec ses voisins».

Les marchés en hausse pour l'arrivée de Trump à la Maison-Blanche

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Publié le 20 janvier 2017 à 10h04 | Mis à jour le 20 janvier 2017 à 18h14
«C'était une séance très calme... Je pense que... (Photo Stan HONDA, Archives Agence France-Presse)
«C'était une séance très calme... Je pense que beaucoup d'investisseurs regardaient la cérémonie d'investiture !», a résumé Alan Skrainka, de Cornerstone Wealth Management.
PHOTO STAN HONDA, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE
Agence France-Presse
New York, Toronto
Les marchés boursiers nord-américains ont clôturé en hausse vendredi, après la cérémonie d'investiture du 45e président des États-Unis, Donald Trump.
L'indice composé S&P/TSX de la Bourse de Toronto a gagné 138,07 points, terminant la séance avec 15 547,88 points, à la faveur d'une hausse des titres miniers et du secteur énergétique notamment.
Le dollar canadien s'est pour sa part déprécié de 0,07 cent US à 75,04 cents US.
À la Bourse des matières premières de New York, le cours du pétrole brut a pris 1,10 $ US à 53,22 $ US le baril, tandis que le prix du lingot d'or a gagné 3,40 $ US à 1204,90 $ US l'once. Le cours du cuivre a grimpé d'un peu plus de 1 cent US à 2,63 $ US la livre.
Wall Street a légèrement monté : le Dow Jones a gagné 0,48% et le Nasdaq 0,28%.
Selon des résultats provisoires à la clôture, l'indice vedette Dow Jones  a pris 94,85 points à 19 827,25 points et le Nasdaq, à dominante technologique, 15,25 points à 5555,33 points. L'indice élargi S&P 500 a avancé de 7,62 points, soit 0,34%, à 2271,31 points.
«C'était une séance très calme... Je pense que beaucoup d'investisseurs regardaient la cérémonie d'investiture !», a résumé Alan Skrainka, de Cornerstone Wealth Management.
Le républicain Donald Trump est devenu vendredi le 45e président des États-Unis et a, à cette occasion, tenu un discours offensif sur la nécessité de faire passer «l'Amérique d'abord», sans pour autant annoncer beaucoup de concret.
Malgré quelques petits soubresauts lors de ce discours, le calme a finalement prédominé à Wall Street, qui avait flambé fin 2016 après l'élection inattendue de M. Trump, avant de connaître un début d'année peu animé.
«Cette semaine, il y a eu quelques inquiétudes sur d'éventuelles mesures protectionnistes, mais tout reste assez tranquille», a commenté M. Skrainka.
Si le protectionnisme de M. Trump et son discours anti-immigration inquiètent les investisseurs, ils semblent avoir salué ses promesses de baisses d'impôts et de relance budgétaire, mais, dans tous les cas, la prudence domine maintenant, en attendant de voir comment sera concrétisé ce programme.
«On dirait que les investisseurs abordent le jour de l'investiture comme ils l'avaient fait pour l'élection, avec Trump comme moteur», a avancé Sam Stovall, de CFRA.
Pour le reste, l'actualité économique était maigre, faute d'indicateur américain au calendrier, même si les marchés ont pu assimiler une salve de résultats d'entreprises au sein du Dow Jones.
Du côté des bonnes performances du Dow Jones, le groupe informatique IBM a pris 2,24%  après avoir terminé 2016 sur des résultats globalement meilleurs que prévu, même s'il n'a pas endigué le recul continu de son chiffre d'affaires.
Procter & Gamble (P&G) a gagné 3,25%  après avoir relevé sa prévision de ventes annuelle, signe que le fabricant de produits ménagers et d'hygiène est en train de renouer avec la croissance après des années de réductions de coûts.
En revanche, l'émetteur de cartes bancaires American Express (AmeX) a reculé de 0,64%, après des résultats 2016 contrastés et marqués par une nette réduction de ses coûts pour combler le manque à gagner lié à la fin d'un important contrat commercial aux États-Unis.
Le conglomérat industriel General Electric (GE), qui a annoncé des résultats 2016 mitigés et s'est abstenu de se prononcer sur l'état de l'économie, a baissé de 2,18%, contrastant avec l'optimisme affiché un mois plus tôt par son PDG, Jeff Immelt.
- Avec La Presse canadienne

Washington quittera l'ALENA s'il n'est pas renégocié

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Publié le 20 janvier 2017 à 14h50 | Mis à jour le 20 janvier 2017 à 14h50
L'ALENA fait partie des cibles privilégiées de Donald... (photo evan vucci, associated press)
L'ALENA fait partie des cibles privilégiées de Donald Trump qui l'accuse d'avoir encouragé l'exode d'emplois manufacturiers américains vers le Mexique.
PHOTO EVAN VUCCI, ASSOCIATED PRESS
Agence France-Presse
Washington
Les États-Unis quitteront l'accord nord-américain de libre-échange (ALENA) s'ils n'arrivent pas à le renégocier, a affirmé vendredi la Maison Blanche en publiant les premières orientations du programme du nouveau président Donald Trump.
Sur les accords commerciaux internationaux, le programme affirme que «le président Trump veut renégocier l'ALENA. Si nos partenaires refusent une négociation qui apporte aux travailleurs américains un accord équitable, alors le président avertira que les États-Unis ont l'intention de quitter l'ALENA», indique le texte posté sur le site de la Maison Blanche.
L'ALENA, entré en vigueur en janvier 1994, associe les États-Unis, le Canada et le Mexique dans une vaste zone de libre-échange. Il fait partie des cibles privilégiées de Donald Trump qui l'accuse d'avoir encouragé l'exode d'emplois manufacturiers américains vers le Mexique.
Selon les statuts de l'accord, l'une des parties peut notifier aux autres son intention de le quitter, ouvrant alors une période de 180 jours pour entamer de nouvelles négociations. Si aucun nouvel accord n'est conclu, l'ancien est alors dissous.
Le Globe and Mail avait indiqué mercredi que le secrétaire américain au Commerce désigné, Wilbur Ross, allait adresser une lettre de notification aux gouvernements du Canada et du Mexique pour la renégociation de cet accord dans les jours suivant l'investiture de M. Trump, qui a eu lieu vendredi.
La Maison Blanche a également fait part vendredi de l'intention des États-Unis de se retirer du Traité de libre-échange transpacifique (TPP), tout juste négocié entre l'administration du précédent président américain Barack Obama avec 11 pays de la région Asie-Pacifique (mais pas la Chine) et pas encore ratifié par le Congrès américain.

Philippe Couillard défend son bilan à Davos

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Publié le 20 janvier 2017 à 16h13 | Mis à jour le 20 janvier 2017 à 20h27
Dans le contexte de la «nouvelle économie», il... (PHOTO Francois Laplante Delagrave, Archives Agence France-Presse)
Dans le contexte de la «nouvelle économie», il faut apprendre à «valoriser la consolidation d'emplois», a expliqué le premier ministre Philippe Couillard.
PHOTO FRANCOIS LAPLANTE DELAGRAVE, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE
JULIEN ARSENAULT
La Presse Canadienne
DAVOS, Suisse
Le premier ministre Philippe Couillard a défendu son bilan au Forum économique mondial de Davos, vendredi, au terme d'une semaine au cours de laquelle la consolidation d'emplois, et non les embauches, s'est retrouvée au coeur des annonces faites dans les alpes suisses.
Au cours de la semaine, Microsoft, ArcelorMittal et Siemens ont notamment renforcé leur présence au Québec dans le cadre d'investissements totalisant 640 millions $, mais toutes ces multinationales ont indiqué que ces sommes serviraient essentiellement à maintenir des emplois actuellement en place.
«L'impact de la technologie est considérable, a dit M. Couillard. Avant, à chaque fois que l'on annonçait un investissement important, il fallait embaucher un grand nombre d'employés. Avec la technologie et l'automatisation, ce n'est plus le cas.»
La multinationale spécialisée dans l'énergie et l'automation ABB a également ajouté 20 millions $ de plus dans ses bureaux de Montréal pour un investissement qui atteint maintenant 90 millions $. Le projet initial avait toutefois déjà été annoncé en 2015.
Dans le contexte de la «nouvelle économie», il faut plutôt apprendre à «valoriser la consolidation d'emplois», a expliqué M. Couillard, faisant valoir que cette récolte, au chapitre des investissements, était la meilleure des 15 dernières années.
Il a affirmé que l'environnement était encore plus concurrentiel et que le risque de voir des entreprises choisir d'autres sites était toujours bien présent. Par exemple, a illustré M. Couillard, si ArcelorMittal n'avait pas annoncé son investissement de 500 millions $ sur la Côte-Nord pour consolider près de 2500 emplois, ils auraient pu disparaître.
«Dans l'économie du 21e siècle, il faut apprendre à lire cette réalité», a fait valoir le premier ministre.
Celui-ci a également rappelé qu'en matière d'emploi, près de 86 000 nouveaux postes avaient été créés au Québec l'an dernier.
En plus d'avoir participé à une série d'ateliers, M. Couillard dit avoir tenu une quinzaine de rencontres économiques à Davos, notamment dans les secteurs de l'intelligence artificielle, de la pharmaceutique, de l'agroalimentaire, des transports et des mines.
Sous l'ombre de Trump
Le nom de Donald Trump s'est retrouvé sur bien des lèvres au 47 Forum économique de Davos, où de nombreux participants ont dit craindre de nouvelles guerres commerciales en raison des politiques protectionnistes du 45e président des États-Unis.
«J'ai senti deux choses ici, a analysé M. Couillard. D'un côté, il y a des inquiétudes liées aux incertitudes. D'autres veulent prendre leur temps avant de réagir négativement.»
Le premier ministre s'est rangé dans le deuxième camp, préférant laisser du temps à la nouvelle administration américaine avant de s'inquiéter.
Les choses pourraient toutefois changer rapidement, puisque Wilbur Ross, désigné par M. Trump pour devenir secrétaire américain au Commerce, a prévenu que le nouveau gouvernement se pencherait rapidement sur l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).
De plus, tout comme en 2006, le renouvellement de l'entente sur le bois d'oeuvre entre le Canada et les États-Unis s'annonce épineux et pourrait une fois de plus affecter l'industrie forestière québécoise, qui représente 60 000 emplois directs.
«Vous savez, c'est long renégocier un accord de libre-échange et nous allons avoir des demandes, tout comme le Mexique», a dit M. Couillard, ajoutant qu'advenant la levée de l'ALÉNA, le traité de libre-échange avec les États-Unis serait l'option de repli.
Néanmoins, le premier ministre risque de passer plus de temps qu'à l'habitude au pays de M. Trump. Il dit avoir préparé un programme de «visites régulières» dans les États à proximité de la frontière ayant des liens commerciaux avec le Québec.
Si des turbulences économiques devaient découler des politiques mises de l'avant par le nouveau président américain, la province a une «marge budgétaire» suffisante à sa disposition pour réagir par exemple à une récession, a affirmé M. Couillard.

Donald Trump au siège de la CIA: «Je suis avec vous à 1000%»

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Publié le 21 janvier 2017 à 15h54 | Mis à jour à 15h54
Le président américain Donald Trump... (PHOTO MANDEL NGAN, AFP)
Le président américain Donald Trump
PHOTO MANDEL NGAN, AFP
Agence France-Presse
WASHINGTON
Le président des États-Unis Donald Trump a assuré samedi aux employés de la CIA qu'il était «à 1000%» derrière eux, tentant d'apaiser la polémique née de ses propos très critiques à l'encontre de l'agence de renseignement.
«Je suis complètement avec vous (...) Je vous aime, je vous respecte», a-t-il déclaré lors d'une visite au siège de la célèbre agence près de Washington au lendemain de sa prestation de serment, lançant par ailleurs de virulentes attaques contre les journalistes «malhonnêtes».

Trudeau et Trump ont discuté d'économie par téléphone

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Publié le 21 janvier 2017 à 15h59 | Mis à jour à 17h14
Justin Trudeau a parlé samedi par téléphone à... (PHOTO Adrian Wyld, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE)
Justin Trudeau a parlé samedi par téléphone à Donald Trump, mais on ne sait pas la durée de la conversation.
PHOTO ADRIAN WYLD, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE
La Presse Canadienne
OTTAWA
Le premier ministre Justin Trudeau a félicité le nouveau président américain Donald Trump.
Le cabinet du premier ministre a indiqué par courriel que les deux hommes se sont parlé par téléphone, samedi, mais on ne sait pas la durée de la conversation.
Selon le cabinet, les deux hommes auraient réitéré l'importance de la relation entre les deux pays.
M. Trudeau et M. Trump avaient discuté ensemble après la victoire du candidat républicain en novembre. Le premier ministre en avait profité pour inviter le nouveau président à venir visiter le Canada à la première occasion.
Les deux chefs de gouvernement «espèrent pouvoir se rencontrer bientôt», a ajouté le cabinet.

Certains des principaux conseillers du premier ministre ont raconté l'organisation de M. Trump au cours des semaines précédant l'assermentation du président, vendredi. Plusieurs officiels canadiens ont exprimé leurs craintes sur les conséquences du programme économique du républicain sur le Canada.
M. Trump s'est engagé à renégocier l'Accord de libre-échange nord-américain. Le principal porte-parole de M. Trump a aussi laissé récemment entendre que le secteur canadien de l'automobile pourrait devoir payer des tarifs douaniers.
Entretien avec le président mexicain
Les présidents mexicain et américain ont décidé de «se rencontrer dans un avenir proche», au cours de leur premier entretien téléphonique, samedi, depuis que Donald Trump a pris ses fonctions, a annoncé la présidence à Mexico.
Le chef de l'État mexicain Enrique Peña Nieto et M. Trump, qui avait tenu un discours très antimexicain pendant la campagne présidentielle aux États-Unis, ont à cette occasion convenu de promouvoir un «nouveau dialogue» bilatéral.
M. Peña Nieto «a exprimé la volonté du Mexique de travailler (...) avec une approche faite de respect et de souveraineté», toujours selon le communiqué de la présidence mexicaine.
Le nouveau président américain s'est engagé à construire un mur à la frontière entre les États-Unis et le Mexique, financé par Mexico, à renvoyer les immigrés illégaux -dont beaucoup sont mexicains- et à renégocier les accords commerciaux liant les deux pays pour défendre les emplois américains.
Pendant sa campagne, le magnat de l'immobilier avait à cet égard déclaré que de nombreux migrants illégaux mexicains étaient des criminels et des violeurs.
Par ailleurs, la Maison-Blanche a fait savoir, en rendant publiques vendredi les premières orientations du programme du nouveau président Donald Trump, que les États-Unis quitteraient l'Accord nord-américain de libre-échange (ALENA) qui les lie au Mexique et au Canada s'ils n'arrivaient pas à le renégocier.
Les États-Unis absorbent à eux seuls environ 85% des exportations mexicaines.
Le Mexique a annoncé que son ministre des Affaires étrangères et son ministre de l'Économie rencontreraient leurs homologues américains mercredi et jeudi prochains.

Pour Trump, les médias mentent sur la taille de la foule à son investiture

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Publié le 21 janvier 2017 à 16h47 | Mis à jour à 16h47
La police américaine ne fournit jamais de chiffre... (Photo Reuters)
PHOTO REUTERS

La police américaine ne fournit jamais de chiffre lors des manifestations mais les images aériennes diffusées vendredi par les télévisions américaines montraient une foule qui n'allait pas jusqu'au Washington Monument et était clairement inférieure à un million et demi.

Agence France-Presse
WASHINGTON
Le nouveau président des États-Unis Donald Trump a accusé samedi les médias d'avoir menti sur l'estimation du nombre de personnes ayant assisté vendredi à sa prestation de serment, affirmant, contre toute évidence, qu'«un million et demi de personnes» étaient présentes.
«J'ai fait un discours, j'ai regardé, et cela avait l'air d'un million, un million et demi de personnes», a-t-il affirmé à l'occasion d'une visite au siège de le CIA.
«Honnêtement, cela avait l'air d'un million et demi de personnes, cela allait jusqu'au Washington monument  (...) et je regarde cette chaîne de télévision, et ils montraient des pelouses vides et parlaient de 250 000 personnes», a-t-il encore dit. «C'est un mensonge», a-t-il poursuivi.
La police américaine ne fournit jamais de chiffre lors des manifestations mais les images aériennes diffusées vendredi par les télévisions américaines montraient une foule qui n'allait pas jusqu'au Washington Monument et était clairement inférieure à un million et demi.
Cette foule était aussi notoirement plus faible que celle qui s'était rassemblée au même endroit lors des deux prestations de serment de Barack Obama, en 2009 et en 2013.

Êtes-vous Meryl ou Nicole?

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Je ne suis pas un fan de Rambo Gauthier.
  Mais si le goon de la Côte-Nord devenait (on ne sait jamais, tout est possible) premier ministre du Québec, je ne manifesterais pas dans les rues et ne casserais pas de vitrines.
Je dirais: «Le peuple a parlé. Maintenant, croisons les doigts, et espérons que notre PM prendra de bonnes décisions. Ce n’est pas mon homme, mais c’est lui qui dirigera la province pour les quatre prochaines années, qu’on le veuille ou non.
«Alors, rallions-nous derrière lui, ouvrons l’œil, et s’il erre, ramenons-le dans le droit chemin.»
C’est ce qui s’appelle «la démocratie».
RESPECTER LA DÉMOCRATIE
Face à l’élection de Trump, il y a deux façons de réagir quand on est Américain.
La façon Meryl Streep: «C’est un con, je ne veux rien savoir de lui, ce n’est pas mon président et il est hors de question que je l’écoute quand il parle.» (Je paraphrase, mais c’est essentiellement ce que la comédienne a dit aux Golden Globes.)
Ou la façon Nicole Kidman: «Maintenant que Trump est élu président, nous devrions tous le soutenir, car c'est sur lui que repose désormais notre pays. Quoi qu'il arrive, il est là désormais, alors, faisons avec...»
Ou on est mauvais perdant et on dit: «La démocratie n’est respectable que lorsqu’elle va dans mon sens et me donne raison.»
Ou on dit: «Je respecte la démocratie quoi qu’il advienne...»
Hier, Bill et Hillary Clinton étaient présents à l’investiture de Donald Trump.
Parce qu’ils respectent l’homme? Parce qu’ils appuient ses prises de position? Parce qu’ils admirent son style?
Non.
Parce que ce sont des patriotes et qu’ils respectent le processus démocratique et les institutions de leur pays.
Ça ne veut pas dire qu’on ferme les yeux et qu’on accepte aveuglément tout ce que le nouveau chef dit et fait.
Mais on lui donne une chance.
Et s’il déconne, on le combat de façon démocratique.
Pas en cassant des vitres ou en foutant le bordel.
NOTE DE PASSAGE
Hier, Trump a prouvé qu’il n’était ni un ange ni une bête.
Juste un gars «ben ordinaire».
Il a pris la défense des petits travailleurs. Il a promis de rassembler les Américains.
Il a dénoncé le racisme («Il n’y a pas de place pour les préjugés dans le cœur d’un patriote»).
Et il a déclaré que sa priorité n’était pas de policer le monde entier, mais de sortir son pays du trou et de le remettre sur la voie du progrès économique (une attaque directe à George W. Bush et à son intervention en Irak).
Bref, des idées tout à fait honorables.
Mais son discours (qui ressemblait plus à un discours de victoire électorale qu’à un discours d’investiture) manquait d’envergure, d’ampleur et – surtout – de profondeur historique.
Comparé à Obama (qui citait Jefferson à tout bout de champ, même quand il commandait une pizza), Trump avait l’air d’un vendeur de chars usagés qui vantait la fiabilité de la suspension d’une Chevy 76.
Ce n’était pas catastrophique.
Mais ce n’était pas génial non plus.
Juste correct.
Attendons voir avant de crier. Ou d’applaudir.

Cinq questions pour comprendre l’Obamacare

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PUBLIÉ LE VENDREDI 20 JANVIER 2017 À 15 H 52 | Mis à jour à 6 h 44
Des jeunes tiennent des pancartes où il est écrit : « Ne prenez pas mes soins de santé ».
Des partisans de l’Obamacare célèbrent face à la Cour suprême des États-Unis après un jugement en faveur de la loi, le 25 juin 2015 à Washington. Photo : Getty Images/Mark Wilson

Donald Trump veut abroger la loi sur la réforme de la santé mise en place par l'administration Obama. En quoi consiste-t-elle exactement? Et qui perdrait au change?
Un texte de Ximena Sampson
1. L’Obamacare, qu'est-ce que c’est?
Les États-Unis sont le seul pays développé à ne pas avoir de système d’assurance maladie universelle. Certaines personnes bénéficient d’une assurance grâce à leur employeur, d’autres souscrivent à des assurances privées, et une minorité (environ 15 % en 2010) n’en a pas du tout.
Depuis des décennies, les démocrates tentent de mettre en place un système qui couvre tout le monde. En 1965, Lyndon Johnson a fait adopter les programmes Medicaid (qui couvre les plus pauvres) et Medicare (qui protège les plus de 65 ans), mais depuis, aucun président n’a réussi à faire changer la situation.
Le nom officiel de l’Obamacare est Patient Protection and Affordable Care Act (Loi sur la protection des patients et les soins abordables, ACA). Elle a été signée par le président Barack Obama le 23 mars 2010 et elle est entrée pleinement en vigueur le 1er janvier 2014. Elle a été contestée devant la Cour suprême, mais celle-ci a jugé qu’elle était constitutionnelle en 2012.
L’ACA visait donc à :
  • faire passer de 15 % à 5 % la proportion d’Américains n’ayant pas d’assurance;
  • réduire la croissance des dépenses en santé, qui augmentent à un rythme effarant. Les États-Unis sont le pays de l’OCDE qui paie le plus en matière de santé (soit 17 % du PIB, contre 10 % au Canada).
2. Comment ça marche?
« Ce n’est pas un programme d’assurance maladie comme on le conçoit chez nous, où le gouvernement paie tout », précise Yanik Dumont Baron, correspondant de Radio-Canada à Washington. « L’Obamacare, c’est plutôt un marché d’assurances créé et épaulé par l’État. »
La loi oblige tous les contribuables à souscrire à une assurance maladie couvrant un panier minimum de services. Les personnes qui n’ont pas d’assurance fournie par leur employeur doivent donc s’inscrire à un marché (exchange) où ils magasinent une assurance. Le gouvernement subventionne une partie des coûts pour les moins fortunés. Ceux qui ne le font pas doivent payer une pénalité, qui était en 2016 de 695 $ ou 2,5 % du revenu brut (le plus élevé des deux montants).
Les moins de 26 ans peuvent profiter de l’assurance de leurs parents et les assureurs ne peuvent plus refuser de couvrir certaines personnes en raison de leurs antécédents médicaux (cancer, maladies chroniques, diabète, etc.).
Les entreprises de plus de 50 salariés (PME et commerçants) qui ne fourniront pas de couverture à leurs employés devront également payer des amendes.
Une partie essentielle de l’Obamacare est l’élargissement du programme Medicaid, destiné aux plus démunis, à toutes les personnes dont les revenus atteignent jusqu’à 133 % du seuil de pauvreté (ou 138 %, selon d’autres calculs).
« C’est un mélange de subventions, d’une part, de réglementations, d’autre part, et troisièmement, de gestion du risque, dans le contexte d’un marché qu’il faut bien gérer », explique Victor G. Rodwin, professeur de politiques et gestion de la santé à l’École de service public Wagner à l’Université de New York.
3. Qui est couvert?
Selon les données du gouvernement, 12,7 millions de personnes auraient souscrit à une assurance depuis l’entrée en vigueur de la loi, pour un total de 20 millions de personnes couvertes (en incluant l’expansion de Medicaid et les jeunes qui profitent du plan de leurs parents).
Cet aspect de la loi a bien fonctionné, croit Daniel Béland, professeur à l’Université de Saskatchewan et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en politique publique. « Des millions de gens ont une couverture maladie grâce à l’ACA. La relation de cause à effet est évidente. Sur cet aspect, c’est un succès. »
Cependant, les différences sont très importantes selon les États. Alors que 32 États ont choisi d’élargir Medicaid, 19 autres, dont la plupart sont gouvernés par des républicains, ont opté pour ne pas le faire. « Ce sont les États les plus pauvres, souvent avec de larges populations noires, qui ont dit non [à l’élargissement de Medicaid] et la Cour suprême, en 2012, s’est prononcée contre l’idée de Washington d’obliger les États à étendre le programme », soutient Victor G. Rodwin.
Alors que le taux de couverture est de 17,4 % dans les États du sud des États-Unis, il est de 8,2 % dans ceux du nord-est.
 
Source : National Health Interview Survey
4. Que lui reproche-t-on?
La principale critique concerne le côté obligatoire de l’ACA, tout le monde étant forcé de s’assurer.
« Il y a eu de la résistance depuis le début », explique Victor G. Rodwin, « pas tellement sur les objectifs, mais sur les moyens pour les atteindre. Ces moyens sont la fiscalité et les impôts, deux choses que les Américains n’ont jamais aimées [et qui vont contre] l’idéologie du chacun pour soi. »
Le Tea Party, en particulier, a fait de l’opposition à l’Obamacare, qu’il associe au socialisme, son cheval de bataille lors des élections de mi-mandat de 2010 qui ont conduit à la défaite des démocrates.
C’est un rejet de ce qu’ils voient comme l’ingérence du gouvernement, d’un État paternaliste qui prend les décisions pour les gens, affirme Daniel Béland. « Il y a une critique idéologique, c’est que l’ACA augmente le rôle de l’État et réduit la liberté des patients, des médecins et des compagnies d’assurance », soutient-il. « Mais il y a aussi des critiques sur des aspects particuliers de la loi, notamment sur le système des échanges. »
Un employé sert deux clients
Deux résidents de la Floride discutent de plans d’assurance avec des agents de la compagnie Sunshine Life and Health, le 2 novembre 2015 à Miami, en Floride. Photo : Getty Images/Joe Raedle
Les opposants se plaignent aussi de l’escalade des coûts des primes d’assurance.
« Mais les assurances ont toujours augmenté », rappelle Yanik Dumont Baron. « Sous Bill Clinton ou George Bush, c’était pareil. Les gens disent : "Ma prime a augmenté de 10 % cette année.", mais c’est impossible de calculer de combien ça aurait augmenté sans l’Obamacare. »
De plus, précise Victor G. Rodwin, ces hausses ont surtout eu lieu depuis 2010, lorsque les républicains ont réduit les subventions versées aux assureurs. Résultat : les primes ont augmenté. « Ce sont donc les personnes plus âgées et plus malades qui sont restées dans le système, pas ceux en bonne santé », ajoute-t-il. « Ça coûte donc plus cher. »
5. Que va faire Donald Trump?
« Trump a dit qu’il va abroger l'Obamacare et la remplacer tout de suite », soutient Victor G. Rodwin, « mais il n’y a pas de substitut clair. »
L’Obamacare est un assemblage complexe. En retirer une brique peut faire s’écrouler tout l’édifice.
« Ce n’est pas une loi qui est parfaite, mais elle a été pensée comme un tout », affirme Daniel Béland. « Si on enlève certains éléments et on en laisse d’autres en place, ça peut causer de gros problèmes. »
La protection pour les moins de 26 ans et la question des conditions préexistantes sont deux mesures très populaires. L’expansion de Medicaid est plus controversée. Et c'est sans parler de l’obligation de s’assurer, qui hérisse le poil de certains, mais est la pierre d’assise du système.
Les éléments positifs de la loi dépendent de ceux qui sont moins populaires. Alors, comment faire? C’est un casse-tête. Daniel Béland, professeur à l’Université de Saskatchewan et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en politique publique
Déjà, les sénateurs et les représentants se sont prononcés en faveur d’une résolutionqui permet d’enlever certaines dispositions de la loi.
« La technique législative du Budget reconciliation tool est assez compliquée. Ils peuvent abroger immédiatement tout ce qui touche au financement, mais pas ce qui touche à la réglementation. Ils peuvent donc en éliminer les subventions, mais c’est plus difficile d’éliminer l’obligation d’assurer tout le monde », explique Victor G. Rodwin.
Cela va créer de gros problèmes croit-il, « parce que les assureurs qui ont déjà dû augmenter les primes à cause des coupes budgétaires du Congrès, se trouveront dans une situation de marché encore plus chaotique ».
Par ailleurs, si Medicaid est réduit, quelque 10 millions de personnes perdront leur couverture. Le bureau du Directeur du budget du Congrès calcule que ce sont en tout environ 20 millions de personnes qui pourraient se retrouver sans assurance.
« Le problème est qu’il n’y a pas de consensus au sein du camp républicain sur le remplacement possible », soutient Daniel Béland. De plus, précise-t-il, comme ils ne disposent pas de la super majorité au Sénat, les républicains ne peuvent procéder de façon unilatérale. Pour abroger certaines mesures et en adopter d’autres, ils auront besoin de l’appui des démocrates.
C’est facile, quand on est dans l’opposition, de critiquer et de dire qu’on va changer les choses. Mais "le diable est dans les détails".
 Daniel Béland, professeur à l’Université de Saskatchewan et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en politique publique