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mardi, novembre 01, 2016

Anticosti: Couillard est «la risée» du monde des affaires

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Anticosti: Couillard est «la risée» du monde des affaires
Philippe Couillard.Photo Archives / Agence QMI

Geneviève Lajoie




QUÉBEC - Le premier ministre Philippe Couillard est «la risée» du monde des affaires en raison de son attitude à l'égard du projet d'exploration des hydrocarbures sur Anticosti, selon l'opposition.
Pétrolia s'est adressée aux tribunaux pour forcer le gouvernement libéral à donner le feu vert aux travaux de préparation des forages sur l'île du golfe du Saint-Laurent.
L'entreprise québécoise accuse le premier ministre Philippe Couillard et son ministre de l'Environnement, David Heurtel, «d'ingérence» dans le processus d'émission des certificats d'autorisation, qui tardent à venir.
«Ça fait longtemps qu'on n'a pas vu un gouvernement ne pas respecter un contrat qui a été signé par le gouvernement. On a l'air d'une république de bananes, on envoie un très mauvais message non seulement à Pétrolia, mais à tous les investisseurs potentiels au Québec», a déploré mardi le chef caquiste François Legault.
Selon lui, la position adoptée par Philippe Couillard est «hypocrite» puisque le Québec importe 10 milliards $ de pétrole par an.
Le chef péquiste Jean-François Lisée estime lui aussi que le premier ministre a «causé un tort considérable à la réputation du Québec comme bon partenaire d'affaires».
S'il souhaite véritablement mettre fin au contrat conclut entre le gouvernement de Pauline Marois et Pétrolia, M. Couillard doit payer une compensation à l'entreprise au lieu de tergiverser de la sorte, croit le leader souverainiste.
AUSSI SUR CANOE.CA

Commandites: Jacques Corriveau reconnu coupable

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Résultats de recherche d'images pour « Jacques Corriveau »

Michael Nguyen


Dernière mise à jour: 01-11-2016 | 13h46



MONTRÉAL - Jacques Corriveau, un proche de l'ancien premier ministre Jean Chrétien et acteur clé du scandale des commandites, a été reconnu coupable de de toutes les accusations qui pesaient contre lui, mardi, au palais de justice de Montréal.
Il était accusé de trafic d'influence, de fabrication de faux et de recyclage de produits de la criminalité.
Corriveau, 83 ans, n'a pas réagi en entendant le verdict, qui pourrait lui valoir un maximum de 10 années d'incarcération. Il s'est contenté d'écouter, avant de quitter la salle pour se rendre dans un cubicule avec son avocat, Me Gérald Soulière.
«Mon client est très déçu, c'est certain, a commenté Me Soulière en rappelant l'âge du coupable. Je dirais même qu'il est atterré.»

INFLUENCE

Selon la théorie de la Couronne, que le jury a retenue, toute l'affaire a commencé à la suite du référendum de 1995. Le gouvernement fédéral avait lancé le programme des commandites en débloquant un budget afin de faire de la promotion lors d'événements culturels, sociaux et sportif.
C'est là que Corriveau aurait utilisé son influence pour permettre l'octroi de contrats en échange d'une commission de 17,5 %. De 1997 à 2003, Corriveau aurait ainsi empoché plus de 7 millions $.
Notons que Corriveau était un proche du premier ministre de l'époque Jean Chrétien. Il pouvait allait souper et dormir au 24 Sussex (la résidence officielle du premier ministre), il tutoyait la femme de M. Chrétien, et il avait même embauché un fils de M. Chrétien dans sa propre compagnie.

PAS SURPRIS

Le procureur de la Couronne, Jacques Dagenais, n'a pas été surpris par le verdict.
«C'était une preuve plutôt blindée», a-t-il dit après le verdict, tout en rappelant que l'enquête de la Gendarmerie Royale du Canada avait duré six ans.
Le procureur a également rappelé qu'il était très important que Corriveau soit jugé par ses pairs, étant donné que le scandale des commandites touchait les contribuables.
«C'était le dernier chapitre (du scandale)», a ajouté Me Dagenais.
Reste toutefois à déterminer la peine à infliger à Corriveau. Une date à ce sujet sera fixée vendredi, au palais de justice de Montréal.

La campagne qui fait plus peur que l'Halloween

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Publié par 98,5 FM pour 98,5 fm le mardi 01 novembre 2016 à 10h06. Modifié à 10h29.

La campagne qui fait plus peur que l'Halloween

WASHINGTON - Tandis que les Américains se remettent des frayeurs fictives qu'ils se sont faits lundi soir pour fêter Halloween, ils suivent avec inquiétude une campagne présidentielle qui, déjà de bas niveau, va de pire en pire.
Après les insultes de Donald Trump envers des pans entiers de la population du pays et les allégations d’agressions sexuelles portées contre lui, Hillary Clinton est en effet entrée vendredi dans l’Histoire des Etats-Unis comme le seul candidat officiel à la présidence de l’un des deux grands partis à faire l’objet d’une enquête du FBI pendant sa campagne, pas une fois, mais deux.
« Nous sommes 320 millions d’habitants dans ce pays et on n’a pas trouvé mieux que ces deux-là ! », déplore au 98,5 FM Tim, un électeur indépendant de l’Idaho qui votera pour Gary Johnson, le candidat du parti libertarien.
Réagissant à la relance de l’enquête du FBI sur la messagerie personnelle qu’Hillary Clinton utilisait à des fins professionnelles quand elle dirigeait la politique étrangère des Etats-Unis, Gary Johnson estime pour sa part que ces « nouvelles révélations soulignent pourquoi l’Amérique doit avoir peur, et de Clinton, et de Trump ».
« Le choix offert par les partis démocrate et républicain se situe entre une candidate sous enquête du FBI et Donald Trump; les électeurs et le pays méritent mieux que ça », explique M. Johnson.
La peur est d’ailleurs le sentiment le plus souvent éprouvé par les Américains devant les deux principaux candidats à la Maison Blanche.
Le sondage le plus récent sur la question a été effectué mi-octobre par l’institut Edison Research. Dans cette étude d’opinion, 71% des sondés indiquent être « effrayés » par Hillary Clinton ou Donald Trump, ou par ces deux candidats. Les autres sentiments le plus souvent exprimés sont l’embarras (67%) et la colère (63%).
Dans ce même sondage, 52% des personnes interrogées expriment leur « mécontentement », à la fois, envers le candidat républicain et envers sa rivale démocrate. C’est 17 points de plus qu’en février. Par ailleurs, 37% seulement des Américains sont « fiers » du choix de candidats qui leur est proposé par les deux partis dominant la vie politique de leur pays.
Certains Américains se moquent des sources de leurs peurs!
Tout au long de la campagne, la peur a été le sentiment prépondérant des électeurs, comme l’ont montré plusieurs sondages effectués avant celui d’Edison Research.
Parmi ces sondages, une étude GfK publiée par l’Associated Press le 14 juillet, donc quelques jours avant les congrès d’investiture des partis républicain et démocrate, montrait que pas moins de 81% des personnes interrogées étaient « effrayées » par l’un des deux principaux candidats ou par les deux.
Selon un sondage de l’université Suffolk pour USA Today publié le 1er septembre, 60% des électeurs les plus susceptibles d’aller voter « se méfient » d’Hillary Clinton ou de Donald Trump.
Par des majorités encore plus larges, ces électeurs indiquent qu’ils auront « peur », que le scrutin soit gagné par la Démocrate ou par le Républicain. 80% des supporteurs de Donald Trump se disent « terrifiés » à l’idée d’une présidence d’Hillary Clinton et 62% de ceux d’Hillary Clinton font part du même sentiment devant la perspective d’une présidence Trump.
Clinton attaque le patron du FBI
Après la réouverture de l’enquête sur ses courriels, Hillary Clinton attaque l’intégrité du patron du FBI
La rhétorique enflammée de Clinton et Trump
Donald Trump et Hillary Clinton, les candidats à la Maison Blanche les plus impopulaires de l’histoire des Etats-Unis, sont condamnés chacun à faire du scrutin un referendum sur leur rival afin de mobiliser les électeurs. Dans cette optique, ils jouent sur la peur et alimentent celle du peuple américain par leur rhétorique enflammée.
Pour Donald Trump, Hillary Clinton est non seulement une « méchante femme », « véreuse », « corrompue » et « criminelle », mais aussi « le diable » qui « menace les fondations de la démocratie » et dont la présidence serait « un désastre total». « J’ai peur que le scrutin soit truqué », affirme le candidat du parti républicain.
Selon Hillary Clinton, Donald Trump est une « marionnette de Vladimir Poutine » en même temps qu’un « prédateur sexuel » qui « incite les gouvernements étrangers à espionner les Etats-Unis » et « monte une attaque sans précédent contre notre démocratie ». « Je suis le seul obstacle entre vous et l’apocalypse », lance même Madame Clinton à ses compatriotes.

Trump compare le « E-mailgate » au scandale du Watergate
Pour Donald Trump, l’affaire des courriels d’Hillary Clinton est « le plus grand scandale depuis Watergate », un scandale qui provoqua la démission du président Richard Nixon
Le cauchemar d’Obamacare
À partir de ce mardi, tout juste une semaine avant les élections présidentielles et législatives, les millions d’Américains dont les employeurs ne proposent pas de couverture médicale ou qui sont des travailleurs indépendants peuvent souscrire une police d’assurance-maladie pour l’année 2017 sur le marché privé réglementé en partie par le gouvernement fédéral dans le cadre de l’Affordable Care Act, la loi de réforme du système de santé plus connue sous le surnom d’Obamacare.
Après le désistement de gros assureurs qui ne jugent pas ce marché assez rentable, l’Administration Obama annonce que les primes vont encore augmenter par rapport à cette année, et de 25% en moyenne !
Dans de nombreux Etats, les cotisations enregistreront des hausses encore plus sidérantes. Jusqu’à 145% d’augmentation en Arizona, un Etat traditionnellement républicain qu’Hillary Clinton espère disputer à Donald Trump.
En outre, l’Administration Obama reconnaît que dans certains Etats, les familles et individus n’auront pas de choix puisqu’une seule compagnie d’assurance participera au programme.
« C’est le système le plus fou du monde», avait lâché récemment Bill Clinton. Si elle est élue, Hillary Clinton promet de « réparer » Obamacare. Donald Trump veut « abolir cette loi et la remplacer par un bien meilleur système».
« Obamacare est en train d’échouer, comme de nombreux progressistes l’avaient prédit ; il faut instaurer un système universel et abordable de santé », déclare de son côté Jill Stein, la candidate des Verts à la Maison Blanche.
Le mécontentement des individus qui doivent, sous peine d’amende, acheter leur assurance sur le marché formé par Obamacare constitue l’un des facteurs importants du scrutin du 8 novembre (voir notre analyse dans le « Carnet de campagne » du 6 octobre).

À lire aussi

PATRICK LAGACÉ ESPIONNÉ La presse en liberté surveillée

http://www.ledevoir.com/societe/medias/

Le directeur du SPVM justifie les méthodes d’enquête employées, alors que la communauté journalistique s’indigne

Le chef du Service de police de la Ville de Montréal, Philippe Pichet
Le chef du Service de police de la Ville de Montréal, Philippe Pichet
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir

Sur fond de crise politique, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) s’est défendu lundi d’avoir traqué les communications du chroniqueur Patrick Lagacé en évoquant un cas« exceptionnel », sans pour autant éliminer la possibilité que d’autres journalistes soient placés sous surveillance policière.

« C’est un cas d’exception »« on a suivi toutes les règles », a martelé le chef du SPVM, Philippe Pichet, flanqué des assistants directeurs Bernard Lamothe et Claude Bussières pour rencontrer les journalistes. « L’enquête visait un de nos policiers et ne visait nullement M. Lagacé », a d’abord précisé le commandant Pichet. « C’est une situation très exceptionnelle et très sérieuse, qui a été traitée avec des moyens exceptionnels. »

Lundi matin, La Presse a révélé que son chroniqueur Patrick Lagacé avait été visé par 24 mandats de surveillance policière qui ont permis au SPVM d’obtenir les numéros entrants et sortants de son cellulaire entre les mois de janvier et juillet 2016. Le service de police a aussi obtenu l’autorisation de localiser le journaliste avec le GPS intégré dans son téléphone. Ces mesures ont été prises dans le cadre d’une enquête criminelle visant cinq policiers du SPVM soupçonnés, notamment, de fabrication de preuve. La majorité des mandats de surveillance ont été autorisés par la juge de paix Josée de Carufel.

D’autres journalistes épiés

Alertés, plusieurs journalistes ont questionné le chef Pichet sur la possibilité que d’autres reporters soient placés sous surveillance policière. « À ma connaissance, en ce moment, non[il n’y en a pas d’autres] », a répondu Philippe Pichet. Mais « s’il y a d’autres cas exceptionnels, présentement, avec les règles qui sont en place et la loi qui est en place, je ne peux pas écarter le fait qu’on va utiliser ces moyens-là », a-t-il ajouté.

Quelques heures plus tard, TVA a révélé que trois autres journalistes auraient fait l’objet de vérifications par le SPVM. « Il va falloir rappeler demain [mardi] », a déclaré un porte-parole du SPVM quand Le Devoir a tenté de le faire réagir sur ces allégations.

Selon Patrick Lagacé, le chef Philippe Pichet a « prouvé » dans sa conférence de presse « qu’il ne comprend pas grand-chose au rôle d’une presse libre dans une démocratie ».

« D’autres enquêtes criminelles dans ce pays, autrement plus importantes que celles qui nous occupent ici, ont fait l’objet de fuites à des journalistes. Et les policiers ont réussi à composer avec les articles sur ces enquêtes sans espionner de journalistes », a-t-il déclaré.

Le chroniqueur avait auparavant déclaré que « le fond du problème » reposait dans la décision de la juge de Carufel, qui a autorisé la majorité des mandats exigés par la section des enquêtes spéciales du SPVM. « Il y a de sérieuses questions à se poser parce que cette juge a pensé que c’était parfaitement acceptable d’espionner un journaliste pour identifier ses sources », a-t-il indiqué.

En réaction, la Cour du Québec a tenu à dissiper l’impression selon laquelle la juge de Carufel avait aveuglément estampillé les demandes de mandats de surveillance. « La formation continue dont les juges de paix et les magistrats bénéficient leur permet d’être à la fine pointe de la loi et de la jurisprudence, notamment en matière de perquisition visant les médias vu l’importance de la liberté de presse », a affirmé la porte-parole des Tribunaux du Québec, Caroline St-Pierre.

Martin Coiteux

À Québec, le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, s’est dit très préoccupé par la surveillance du chroniqueur de La Presse par le SPVM. « L’indépendance de la presse, la capacité de la presse à faire son travail, de révéler toutes les choses qui ont à être révélées pour notre démocratie, c’est très important », a-t-il déclaré dans un impromptu de presse.

Le ministre Coiteux s’est engagé à vérifier si « les politiques qu’utilisent les corps policiers lorsqu’ils demandent de tels mandats [ont été et sont] dûment respectées ». Il a dit avoir posé une « série de questions » à ce sujet à ses subalternes, mais s’est abstenu de casser du sucre sur le dos du SPVM ou de la juge de Carufel. « Si La Presse considère qu’elle doit utiliser des recours, elle doit le faire. Nous, comme gouvernement, on ne va pas s’immiscer dans les décisions judiciaires et les enquêtes policières », a-t-il affirmé.

La ministre des Relations internationales, Christine St-Pierre, a invité les journalistes à se concerter, puis à faire connaître au gouvernement, s’ils le jugent pertinent, des propositions pour renforcer la protection des sources journalistiques.

Protection des sources

De son côté, le Parti québécois a réclamé une loi sur la protection des sources journalistiques. Québec solidaire a plutôt appelé le gouvernement libéral à amender le projet de Loi facilitant la divulgation d’actes répréhensibles dans les organismes publics, car il « obligerait les lanceurs d’alerte à communiquer avec un corps de police avant de sortir publiquement ». L’affaire Lagacé doit donner lieu à une « réflexion sérieuse » sur les moyens de « réellement protéger » les lanceurs d’alerte, a aussi affirmé la Coalition avenir Québec.

La Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) s’est quant à elle dite « révoltée » par ce « nouveau cas d’entrave policière au travail des médias ». Elle a exhorté le gouvernement libéral à donner le coup d’envoi d’une « enquête publique sur l’octroi des mandats de surveillance concernant les journalistes » et, par l’intermédiaire de la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, de « manifester publiquement son inquiétude à l’égard du non-respect des droits fondamentaux des Québécois et de rappeler l’importance de protéger le travail journalistique afin que les citoyens puissent être informés »« Face à de telles attaques à notre démocratie, le gouvernement ne peut plus fermer les yeux », a indiqué la FPJQ.

Denis Coderre

À Montréal, le maire Denis Coderre s’est dit préoccupé par la surveillance dont a fait l’objet Patrick Lagacé, allant même jusqu’à qualifier cette pratique d’« inacceptable ». Il a néanmoins réitéré sa confiance à l’endroit de Philippe Pichet, qu’il n’entend pas démettre de ses fonctions, comme l’a réclamé l’opposition à l’Hôtel de Ville.

« Ce n’est pas à moi de m’immiscer dans les affaires judiciaires, d’autant plus que je ne me mêle jamais d’opérations policières. J’ai parlé à M. Pichet. Je lui ai dit que j’étais préoccupé par cette situation-là. Je ne lui demande pas ce qui s’est passé. Il n’a pas à me dire ça, de toute façon, a expliqué le maire. Ce n’est pas banal ce qui s’est passé. […] Il ne faut pas prendre ça à la légère. »

Plus tôt, Patrick Lagacé a évoqué l’influence qu’a pu avoir le pouvoir politique montréalais dans la décision de le traquer. « Il règne un climat de paranoïa à l’Hôtel de Ville depuis que le maire Coderre le dirige. Je ne dis pas qu’il a demandé à la police de m’espionner. Mais la mairie entretient un climat de suspicion qui encourage à poser des gestes inquiétants et sans précédent », a-t-il avancé.

Selon Projet Montréal, l’enquête du SPVM sur ses policiers — parmi lesquels se trouve Fayçal Djelidi, qui fait face à des accusations de parjure, de tentative d’entrave à la justice et d’obtention de services sexuels moyennant rétribution — n’explique peut-être pas la décision de traquer le journaliste Lagacé. « Est-ce vraiment l’affaire Djelidi qui est en cause ou est-ce l’image de la police et celle de l’administration municipale qui sont en cause ? On veut une enquête », a demandé le chef de l’opposition, Luc Ferrandez.

Les critères établis par la Cour suprême
La Cour suprême du Canada a établi neuf critères dont les juges de paix doivent tenir compte avant d’attribuer un mandat de perquisition. Les voici.
 
1. Satisfaire aux exigences du Code criminel quant à la délivrance d’un mandat de perquisition.
 
2. Une fois ces conditions remplies, examiner toutes les circonstances pour déterminer si le juge peut décerner un mandat ;
 
3. S’assurer d’avoir bien pondéré l’intérêt de l’État à découvrir et à poursuivre les criminels et le droit des médias à la confidentialité des renseignements dans le processus de collecte et de diffusion des informations ;
 
4. Déterminer si l’affidavit présenté à l’appui de la demande contient suffisamment de détails pour permettre un bon exercice du pouvoir discrétionnaire en ce qui concerne l’attribution d’un mandat de perquisition ;
 
5. S’assurer que l’affidavit indique s’il y a d’autres sources de renseignements raisonnables et, le cas échéant, s’assurer qu’elles ont été consultées et que tous les efforts raisonnables pour obtenir les renseignements ont été épuisés ;
 
6. Déterminer si le média a rendu publics, en tout ou en partie, les renseignements recherchés. Si oui, cela favorisera l’attribution du mandat de perquisition.
 
7. Une fois le mandat décerné, examiner l’imposition de certaines conditions à son application, afin que le média ne soit pas indûment empêché de publier ou de diffuser les informations ;
 
8. Tenir compte de la possibilité d’invalider un mandat après son attribution s’il ressort que les autorités ont omis de communiquer des renseignements pertinents qui auraient pu influer sur la décision de décerner le mandat ;
 
9. Tenir compte de la possibilité d’invalider une perquisition effectuée de manière abusive.
 
Marie-Michèle SiouiLe Devoir

Faut-il abandonner le gluten ? Le décryptage

http://www.passeportsante.net/fr/Actualites/Dossiers/DossierComplexe.aspx?doc

Le sans gluten, impossible de passer à côté. Dans les grandes surfaces, il s'affiche un peu partout et a même son propre rayon. Chaque jour, les industriels inondent toujours un peu plus les magasins de ces nouveaux produits supposés bénéfiques pour l'organisme. Qu'en est-il vraiment ? Faut-il abandonner le gluten ?

La nouvelle tendance du sans gluten

La nouvelle tendance du sans gluten
Le blé a longtemps eu cette image d’aliment respirant la santé. D’ailleurs, sa consommation a considérablement augmenté au cours de la seconde partie du XXème siècle, tout comme l’espérance de vie1. Il est même devenu plus apprécié que le riz en Chine et en Inde2. Mais depuis peu, tout a changé. Une nouvelle tendance s’est installée en Europe, en Australie, en Nouvelle-Zélande et aux Etats-Unis : éviter la consommation de blé, et plus particulièrement de gluten, cette grosse molécule formée naturellement lors du pétrissage de la farine de blé. La tendance est si prononcée que la consommation de blé a commencé à décliner1.
Certes, il existe bien une pathologie liée au gluten, qu’on appelle la maladie cœliaque, mais celle-ci ne toucherait qu’à peine 1 % de la population. Or, l’Association française des intolérants au gluten (l’AFdiag) a répertorié en 2014 plus de 80 marques de produits dédiés, soit huit fois plus que cinq ans auparavant. Une étude de 2015 a d’ailleurs montré que le marché du "sans gluten" était fort lucratif, celui-ci ayant grimpé à 40 millions d’euros  en grandes et moyennes surfaces3. Que se passe-t-il donc ? Se peut-il que la maladie cœliaque se propage à vitesse grand V ? Ou bien est-ce une tendance liée à la pression du public ? Tous ces consommateurs peuvent-ils vraiment se tromper ? Ce dossier propose justement de trier le bon grain de l’ivraie.
Le saviez-vous ?

Lors d'un récent sondage effectué sur PasseportSanté, vous êtiez prêt de 70 % à affirmer que le gluten nuisait au système digestif tandis que 10 % niait sa nocivité en dehors de la maladie coeliaque.

Le gluten et ses maladies associées

Le gluten et ses maladies associées
Il a désormais souvent un rayon à son nom, mais au fond, qu’est-ce que le gluten ? Il s’agit d’une fraction de protéines insolubles dans l’eau (principalement constituée de gliadine et de gluténine) qui apparaît après le lavage à l’eau d’une farine de blé, mais aussi de seigle et d’orge. Ses propriétés visqueuses et élastiques le rendent très utile pour la confection du pain, des pâtes, et des produits à base de céréales cuits au four.

La maladie coeliaque, une pathologie génétique

Malheureusement, la multiplication des produits contenant du gluten a permis de mettre en lumière une pathologie grave, il y a plusieurs décennies : la maladie cœliaque (parfois également appelée l’intolérance au gluten). II s’agit d’une maladie intestinale chronique, d’origine immunitaire et observée chez des personnes génétiquement prédisposées lorsqu’elles consomment des produits contenant du gluten. Son fonctionnement est désormais bien connu : quand les personnes touchées consomment ce type de produit, leur organisme induit une réponse immunitaire qui va endommager les villosités intestinales (petits replis de la muqueuse) et empêcher les nutriments d’être absorbés correctement. Il en résulte alors des problèmes intestinaux, ainsi qu’une possible malnutrition. Caractérisée par la présence d’auto-anticorps spécifiques (et donc facilement diagnostiquable), elle ne toucherait qu’à peine 1 % de la population occidentale1.
On connaît également l’allergie au blé, et plus particulièrement à ses protéines. Mais, il existerait une autre forme d’intolérance au gluten : la sensibilité au gluten non-cœliaque. Trois études majeures2-4se sont attelées à définir de manière précise ce nouveau trouble lié au gluten. De façon intéressante, l’une d’entre elles figure en tête des études téléchargées sur le journal BMC Medicine. Une preuve de plus que le sujet fascine, au sein de la communauté scientifique comme dans l’opinion publique.
Cette sensibilité au gluten n’aurait pas grand-chose à voir avec la maladie cœliaque : on ne retrouverait ni les anticorps spécifiques à la pathologie, ni les dommages au niveau de la muqueuse intestinale. Et pourtant, la consommation provoquerait le même type de symptômes ! La labellisation de ce trouble a longtemps fait débat parmi les experts. Elle reste aujourd’hui une terminologie vague, qui reflète le peu de connaissances existant à son sujet. Quels sont ses symptômes ? Qui est vraiment touché ?

Sensibilité au gluten : les symptômes d'une pathologie encore floue

Sensibilité au gluten : les symptômes d'une pathologie encore floue
Vous l’aurez compris, la sensibilité au gluten ne fait pas encore l’unanimité. Beaucoup ont d’ailleurs affiché leur scepticisme lorsqu’elle a commencé à être décrite dans les années 801. Après les travaux de Sapone en 20102 portant sur les figures cliniques de la maladie, un nombre croissant d’études ont été publiées très rapidement, confirmant que la sensibilité au gluten non-cœliaque devait bien être incluse dans les troubles liés au gluten. Plusieurs aspects comme l’épidémiologie, le mécanisme pathologique et le traitement restent à clarifier mais les symptômes commencent à être bien connus.

Un tableau clinique classique pour la sensibilité au gluten

La sensibilité au gluten est caractérisée par des symptômes qui surviennent généralement après l’ingestion d’aliments contenant du gluten. Ils disparaissent avec l’arrêt de la consommation de ces produits, mais reviennent dès lors qu’on les consomme à nouveau, dans les 6 heures à compter de l’ingestion pour la moitié d’entre eux2. Le tableau clinique est une combinaison des symptômes typiques du syndrome de l’intestin irritable, incluant les douleurs abdominales, les ballonnements, les désordres intestinaux (diarrhée ou constipation) et des manifestations systémiques comme le mal de tête, la fatigue, les douleurs articulaires et musculaires, l’engourdissement des bras et des jambes, des problèmes de peau, la dépression et l’anémie2,3.

Pas de complications à long terme ?

Le diagnostic est difficile à établir : la plupart du temps, la maladie est souvent suspectée par les personnes elles-mêmes à partir de la privation et de la réintroduction des aliments contenant du gluten. Si pour un certain nombre d’entre eux, l’amélioration des symptômes après l’arrêt du gluten relève de l’effet placebo, ce n’est pas le cas pour tout le monde, et la recherche l’a prouvé5. En revanche, aucune complication de la sensibilité au gluten n’a été décrite6.

Sensibilité au gluten : qui est vraiment touché ?

Sensibilité au gluten : qui est vraiment touché ?
La prévalence exacte de la sensibilité au gluten est toujours inconnue, principalement parce que la plupart des personnes s’auto-diagnostiquent et commencent une diète sans gluten sans le moindre avis médical. Une étude du Royaume Uni avait montré que la maladie auto-diagnostiquée concernerait environ 13 % de la population1 (dont 80 % sont des femmes), ce qui semble largement au dessus du nombre effectif de personnes touchées par une véritable sensibilité au gluten.

Les vrai "sensibles au gluten" sont moins nombreux que prévus

Les études montrent que pour une personne atteinte de la maladie cœliaque, il y aurait six ou sept personnes possiblement affectées par la sensibilité au gluten. En clair, selon les études, la part de la population susceptible d’être touchée varie de 1 à 6 %2,3 de la population. Les femmes semblent davantage touchées que les hommes. On est donc bien en dessous du nombre de personnes qui estiment être victimes de ce trouble. D’ailleurs, plusieurs études ont montré que certaines d’entre elles sont en fait victimes de l’effet nocebo, l’alter égo de l’effet placebo, utilisée lorsqu’une substance semble nuisible à leurs utilisateurs même si elle est objectivement inoffensive. En effet, au cours d’une diète sans gluten, la réintroduction de produits censés en contenir (mais qui n’étaient en fait que de simples placebo sans gluten), a fait réapparaître les symptômes chez certains se disant sensibles au gluten4,5.
Au cours d’une autre étude récente sur des personnes qui avaient décidé par eux-mêmes d’éviter le gluten, les chercheurs ont constaté que 30 % d’entre eux se voyaient en fait diagnostiquer une autre pathologie : bactéries intestinales, intolérance au fructose ou au lactose, colite microscopique, dysfonctionnement du plancher pelvien, etc6.
Comme il n’existe aucun biomarqueur de cette affection, le diagnostic peut être envisagé par un professionnel de santé sur la base des symptômes et après avoir écarté la maladie cœliaque et l’allergie au blé. L’élimination du gluten pendant deux ou trois mois, couplée à l’amélioration des symptômes après l’élimination et à leur retour après la reconsommation du gluten sont des indications possibles de la sensibilité au gluten.

Les relations du gluten avec l'autisme et le syndrome de l'intestin irritable

Les relations du gluten avec l'autisme et le syndrome de l'intestin irritable
Les relations complexes entre le syndrome de l’intestin irritable et les protéines du blé ont été récemment étudiées. Les personnes touchées par la maladie cœliaque rapportent souvent des symptômes très proches de ceux de l’intestin irritable, et qui persistent après le début de la diète sans gluten. Néanmoins, la recherche n’est pas parvenue à montrer qu’une diète avec ou sans gluten avait des effets significatifs sur le transit intestinal.
Au cours d’une autre étude, les plaintes gastro-intestinales des participants se sont améliorées pendant une diète, dite FODMAP. FODMAP est un acronyme pour désigner un groupe de glucides qui sont faiblement absorbés et qui procurent de ce fait des substances servant à nourrir les bactéries de l’intestin. Le blé contient certains de ces glucides (notamment des fructanes) et c’est la raison pour laquelle certains chercheurs ont justifié les bienfaits d’un régime sans gluten car le blé est une source possible de ces FODMAPs. Néanmoins, la thèse n’est guère très crédible car les légumes constituent une source bien plus riche de FODMAPs que le blé.

L’autisme lié à la sensibilité au gluten ?

Les Troubles du spectre autistique (TSA) forment un groupe de troubles du développement humain caractérisés par des anormalités dans les interactions sociales et la communication, ainsi que par des intérêts limités. Les TSA font partie des troubles qui se sont développées à une vitesse alarmante ces dernières années. Les chercheurs s’intéressent de plus en plus aux effets de l’alimentation sur des maladies telles que l’autisme, l’hyperactivité ou le déficit d’attention.
Certains d’entre eux ont émis l’hypothèse que les symptômes pouvaient être causés par des molécules (des peptides opioïdes) formées par la digestion incomplète des aliments contenant du gluten et de la caséine. L’augmentation de la perméabilité intestinale liée à ces produits permettrait ensuite aux peptides de traverser la membrane intestinale, d’entrer dans la circulation sanguine, puis de traverser la barrière hémato-encéphalique, au niveau du cerveau. Là-bas, ces opiacés affecteraient le système nerveux et entraîneraient l’apparition des TSA1. Cette théorie est encore très controversée au sein de la communauté scientifique. Une étude récente a permis de montrer une perméabilité intestinale anormale plus fréquente chez les personnes touchées par l’autisme (37 % contre 5 % chez les sujets normaux). D’autre part, les personnes autistes qui ont choisi une diète sans gluten et sans caséine ont significativement baissé leur perméabilité intestinale contrairement à ceux qui ont opté pour un régime classique2. La théorie n’en est pas pour autant validée : des travaux supplémentaires devront être réalisés pour l’accréditer davantage.

Le régime sans gluten, un vrai intérêt ?

Le régime sans gluten, un vrai intérêt ?
Une majorité d’experts de la maladie cœliaque ont initialement réagi avec scepticisme devant l’existence supposée de la sensibilité au gluten. Pour d’autres professionnels de santé, il y a comme un air de déjà-vu. Vingt ans auparavant, la maladie cœliaque avait suscité le même effet : nous n’avions alors aucune information pour expliquer les mécanismes de la maladie. Depuis, le nombre de publications à son sujet a explosé, nous permettant de comprendre de mieux en mieux les phénomènes impliqués dans le processus.
Outre les mécanismes intervenant dans la sensibilité au gluten, il faudra également répondre à un certain nombre de questions : est-elle permanente ou transitoire ? Le seuil de déclenchement de la maladie est-il le même pour tous, ou change-t-il en fonction de la personne, voire en fonction de l’âge ? Quelle est la vraie prévalence de la sensibilité au gluten ? Existe-t-il des marqueurs spécifiques permettant d’être certain du diagnostic ?
En attendant les réponses manquantes, le phénomène du « sans gluten » continue de croître. Y a-t-il des raisons de s’inquiéter à propos des gens qui adoptent un tel régime ? Pour l’instant, non. L’une des inquiétudes majeures de ces produits sans gluten était la valeur de leur indice glycémique. En effet, les produits sans gluten offrent des challenges majeurs à l’industrie alimentaire en termes de caractéristiques organoleptiques, technologiques et nutritionnelles. Des études avaient montré à quel point l’absence de gluten affectait la digestion de l’amidon, ce qui modifiait la réponse glycémique postprandial. Mais depuis quelques années, les technologiques sans gluten ont évolué. Une étude récente a montré que plusieurs produits sans gluten avaient des IG bas et moyens1. Compte tenu de la grande variété des processus de préparation, il convient néanmoins de poursuivre les recherches.
Une chose est sûre : les personnes atteintes de la maladie cœliaque n’ont pas seulement besoin d’un traitement sans gluten à vie, elles ont aussi besoin qu’il soit très pointu : la moindre trace de gluten est capable d’endommager leur muqueuse intestinale. Et si l’on se fie aux conclusions d’une étude, les produits « sans gluten » sont loin d’être irréprochables2...

Les canneberges freineraient les infections bactériennes

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Publié le 26 octobre 2016 à 11h48 | Mis à jour le 26 octobre 2016 à 11h48
Un extrait de canneberges semble en mesure d'empêcher les bactéries de... (PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE)
PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE

La Presse Canadienne
Montréal
Un extrait de canneberges semble en mesure d'empêcher les bactéries de communiquer entre elles et pourrait donc freiner les infections bactériennes, selon une étude publiée par des chercheurs de l'Université McGill et de l'Institut Armand-Frappier.
Des études précédentes avaient déjà démontré les propriétés antioxydantes, antiadhésives et antimicrobiennes de certains composés de la canneberge, comme les proanthocyanidines.
Les chercheurs canadiens ont maintenant constaté que des drosophiles (des mouches des fruits) nourries d'un extrait de canneberges semblaient protégées d'une infection bactérienne et qu'elles vivaient plus longtemps que les autres.
La professeure Nathalie Tufenkji, de l'Université McGill, a expliqué que les canneberges pourraient maintenant être utilisées dans la gestion des infections, réduisant potentiellement la dépendance envers les antibiotiques.
Son collègue de l'Institut Armand-Frappier, le docteur Éric Déziel, a précisé que les canneberges semblent interférer avec la réaction en chaîne associée à la propagation et à la sévérité des infections bactériennes chroniques.
Les conclusions de cette étude sont publiées dans le journal Scientific Reports.

Clinton sort l'argument nucléaire pour répondre aux attaques de Trump

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Publié le 31 octobre 2016 à 16h25 | Mis à jour le 01 novembre 2016 à 06h33
«Imaginez-le dans le Bureau ovale, confronté à une... (PHOTO AP)
«Imaginez-le dans le Bureau ovale, confronté à une vraie crise»,
a déclaré Hillary Clinton à Cincinnati,
dans l'Ohio, l'un des États qui pourraient basculer du côté républicain.
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JENNIE MATTHEWAVEC IVAN COURONNE
Agence France-Presse
Cincinnati et Washington
Bousculée par le nouvel épisode de l'affaire de ses courriels, la candidate démocrate à la Maison Blanche Hillary Clinton est revenue lundi à une recette éprouvée: dénoncer le danger représenté selon elle par un Donald Trump à la tête de l'arsenal nucléaire américain.
À huit jours de la fin du vote pour élire le successeur de Barack Obama, le 8 novembre, le candidat républicain a quant à lui chassé sur les terres démocrates, dans l'espoir de profiter de la relance il y a trois jours par le directeur du FBI des investigations sur la messagerie privée utilisée par Hillary Clinton lorsqu'elle dirigeait la diplomatie de 2009 à 2013. Une affaire qui avait été classée en juillet, et qui revient empoisonner la fin de campagne.
«Si Hillary est élue, elle fera l'objet d'une enquête pénale prolongée, et probablement d'un procès pénal», a déclaré Donald Trump lors d'une réunion à Grand Rapids, dans le Michigan, un Etat gagné par Barack Obama. «C'est elle la seule responsable».
«Son élection enfoncerait l'État et notre pays dans une crise constitutionnelle», a-t-il affirmé.
Quelques heures plus tard, le milliardaire new-yorkais clamait avoir le vent en poupe, martelant son message anti-système.
«Dans huit jours, vous obtiendrez le changement que vous avez attendu toute votre vie», a-t-il dit à Warren.
La démocrate, elle, a appelé les électeurs au sang-froid dans cette ultime tempête.
L'ancienne secrétaire d'État a dénoncé l'impulsivité supposée du milliardaire.
«Imaginez-le dans le Bureau ovale, confronté à une vraie crise», a déclaré Hillary Clinton à Cincinnati, dans l'Ohio (nord), l'un des États qui pourraient basculer du côté républicain.
«Imaginez-le-nous empêtrer dans une guerre parce que quelqu'un l'aurait froissé. J'espère que vous aurez cela en tête en glissant votre bulletin dans l'urne», a-t-elle lancé.
Elle s'est prévalue du soutien de dix ex-officiers chargés du lancement des missiles balistiques nucléaires, qui ont écrit une lettre ouverte contre Donald Trump. L'un d'eux, Bruce Blair, l'a présentée sur scène lors d'une réunion.
Gageure pour Trump
Les sondages se sont nettement resserrés depuis deux semaines, mais la déclaration surprise du directeur du FBI vendredi ne semble pas avoir rebattu les cartes, selon les premières enquêtes d'opinion.
Une enquête NBC publiée lundi crédite la démocrate de 47% des intentions de vote contre 41% pour le républicain. Une autre, réalisée elle entièrement ce week-end, lui donne trois points d'avance.
Pour le milliardaire, le scénario d'une victoire reste le plus difficile.
Sa «base» d'États conservateurs est moins riche en grands électeurs que celle de la démocrate. Les Américains éliront le 8 novembre des grands électeurs État par État, qui désigneront ensuite le président.
Ce qui explique les déplacements du républicain au Nouveau-Mexique, dans le Michigan et le Wisconsin, trois États gagnés par Barack Obama et ainsi peints en bleu, la couleur démocrate, sur les cartes électorales.
«Donald Trump doit remporter un État bleu ou deux, en plus de gagner tous les États où l'issue est incertaine», dit à l'AFP Larry Sabato, politologue de l'université de Virginie.
«Il doit gagner presque tout», résume cet expert.
Feu sur le FBI
Le camp Clinton a redoublé ses attaques lundi contre ce qu'il estime être une interférence politique de James Comey qui, selon eux, n'avait pas à informer le Congrès du fait que ses enquêteurs avaient découvert de nouveaux courriels susceptibles d'être pertinents dans l'affaire de la messagerie, close en juillet.
Comme secrétaire d'État, Hillary Clinton a communiqué via un serveur privé au lieu d'un compte gouvernemental sécurisé. Les enquêteurs ont estimé en juillet que des poursuites n'étaient pas justifiées, malgré une «négligence extrême».
«Le dossier est vide», a assuré Mme Clinton. «Je suis certaine qu'ils parviendront à la même conclusion que lorsqu'ils avaient analysé mes courriels l'an dernier».
Son directeur de campagne est allé plus loin en dénonçant un «deux poids, deux mesures» flagrant de la part de M. Comey.
Il a cité un article de la chaîne CNBC rapportant que le directeur du FBI s'était opposé au communiqué publié début octobre par le gouvernement américain et qui a désigné la Russie pour des tentatives d'interférences dans le processus électoral américain, via le piratage du parti démocrate.
«Que le directeur Comey soit plus discret concernant un État étranger que pour la candidate démocrate à la présidence est absolument choquant», a dénoncé Robby Mook.

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