Information sur la politique 1

mardi, décembre 15, 2015

Deux ans plus tard, les atrocités se poursuivent au Soudan du Sud

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Mise à jour le mardi 15 décembre 2015 à 12 h 07 HNE  Radio-Canada avec Agence France-Presse
Une école aménagée dans un camp de réfugiés de Juba, au Soudan du Sud.
Une école aménagée dans un camp de réfugiés de Juba, au Soudan du Sud.  Photo :  Andreea Campeanu / Reuters

Bien qu'un accord de paix ait été signé au Soudan du Sud, qui a déclaré son indépendance en 2011, le plus jeune État du monde est toujours à feu et à sang deux ans après le début du conflit.
Les premiers affrontements ont éclaté le 15 décembre 2013 entre les camps des deux dirigeants du nouveau régime du Soudan du Sud, issus des ethnies Dinka et Nuer. Les deux groupes ont procédé à des massacres ethniques, faisant environ 50 000 victimes jusqu'à aujourd'hui.
Un conflit « atroce » 

D'innombrables atrocités ont été commises par les deux camps depuis le début du conflit. Des massacres ethniques au cours desquels des hommes, des femmes, et des enfants ont été assassinés, des hommes ont été castrés, des femmes et des fillettes ont été enlevées, réduites en esclavage et systématiquement violées, des enfants ont été égorgés et jetés vivants dans des maisons en feu.
Depuis, plus de 100 000 Sud-Soudanais vivent toujours dans les 26 camps de réfugiés de l'ONU situés majoritairement au nord et à l'est du pays. Aussi, plus de deux millions d'habitants ont été chassés de chez eux, trouvant la plupart du temps refuge dans la nature.
Le plus gros camp de réfugiés, celui de Yida, qui borde la frontière soudanaise, recensait plus de 70 000 réfugiés en novembre 2015, selon les chiffres de l'ONU. Les camps recueillent aussi des Soudanais, des Congolais, des Éthiopiens et des Centrafricains.
Les camps sont complètement coupés de l'extérieur, surpeuplés et insalubres. Bien que les réfugiés soient à l'abri de la violence, les tensions à l'intérieur des camps sont vives, rapportait en août dernier le journal français L'Humanité.
« Il n'y a aucune liberté », dit Bong Kubuong, 39 ans, un père de trois enfants qui habitent un de ces camps. « Nous restons ici avec l'espoir qu'un jour les choses changeront », ajoute-t-il.
L'homme passe ses journées à tourner en rond : « vous pouvez vous balader à l'intérieur du camp, mais sans sortir, parce que sinon vous pouvez être tué ».
Seul endroit sécuritaire du pays, les camps recueillent principalement les Sud-Soudanais de l'ethnie Nuer. 
« Ils cherchaient en faisant du porte-à-porte et quand ils découvraient que vous étiez un Nuer, ils vous tuaient », se souvient Deng Diang Chuol, assis dans un camp de Juba avec son fils.
Un accord de paix bafoué
Un accord de paix a finalement été signé le 26 août 2015, après la violation de plusieurs cessez-le-feu. Malgré tout, les violences ne se sont pas estompées et les deux camps n'ont pas respecté leurs engagements.
Human Rights Watch a déclaré mardi que les conflits s'étaient multipliés et a prévenu que « malgré l'accord de paix, il est probable que la violence et les combats vont continuer ».
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a déclaré en novembre dernier que le non-respect du calendrier de l'accord jetait un doute « sur la détermination à appliquer le processus de paix ».
L'accord de paix n'a pas redonné espoir aux réfugiés des camps de l'ONU. « Nous espérions sortir du camp [...], mais on ne va pas le faire parce qu'on a encore peur. On a peur de n'être toujours pas en sécurité », explique le réfugié Deng Diang Chuol.
« Nos espoirs sont minces. Cet accord de paix semble n'exister que sur le papier. Rien n'indique qu'il va être appliqué. »— Deng Diang Chuol, réfugié d'un camp de Juba
« Ce qui existe sur le papier ne peut prendre forme que si les dirigeants font preuve de la volonté politique de le mettre en oeuvre et arrêtent de faire souffrir des Sud-Soudanais innocents », dénonce Edmund Yakani, un militant de la société civile à Juba.
Selon Zlatko Gegic, responsable d'Oxfam au Soudan du Sud : « Quatre mois après la signature de l'accord de paix, pas grand-chose n'a changé [...] Des vies ont été détruites et beaucoup n'ont presque rien pour survivre ».
La famine à l'horizon
En plus des conflits sanglants qui ont toujours cours, la famine s'ajoute au fardeau des Sud-Soudanais.
Les personnes qui ont trouvé refuge dans la nature se rassemblent près des marais où les seules sources de nourriture sont des racines. De plus, la plupart des marchés du pays ont été détruits de même que les terres agricoles.
L'ONU a affirmé que sans aide d'urgence, plus de 30 000 personnes risquaient de mourir de faim dans les régions les plus ravagées par la guerre civile, en octobre dernier.
La crise alimentaire est qualifiée d'« alarmante » par la Croix-Rouge et la situation au pays, de « chaotique et dangereuse ».
Pour le moment, l'état de famine n'a pas encore été déclaré, même si le nord et l'est du pays s'en approchent dangereusement. En 2014, la famine a été évitée de peu grâce à des distributions de nourriture par la voie aérienne.
De plus, les mauvaises conditions sanitaires et les services de santé rudimentaires font resurgir des maladies graves, tels que le choléra. Freinée en 2014 grâce à une campagne de vaccination et des mesures de prévention, cette infection bactérienne connaît une recrudescence dans les camps de réfugiés.
Plus de 1500 cas ont été recensés à Juba et dans la ville de Bor, dont 40 décès.

Soudan. Plongée dans l’enfer d’un camp de réfugiés

http://www.humanite.fr/

STÉPHANE AUBOUARD
LUNDI, 3 AOÛT, 2015
HUMANITÉ DIMANCHE


Un bidon de plastique jaune pour survivre... Ils sont 142 000 parmi les deux millions de déplacés à s’entasser dans des camps aux conditions d’hygiène et de sécurité déplorables. L’afflux de population est incessant et les moyens inadéquats.
En juillet 2011, le Soudan du Sud, soutenu par la communauté internationale, obtenait son indépendance dans la liesse générale. Quatre ans plus tard, le pays, en proie à une guerre civile féroce, vit un cauchemar. Reportage dans un camp de l’ONU, au secours de milliers de civils en errance.
Une odeur excrémentielle remonte des rigoles remplies d’eau marronnée dans lesquelles des enfants barbotent à moitié nus. La saison des pluies bat son plein dans l’été moite qui enveloppe le Central Equatoria, région méridionale du Soudan du Sud. L’averse violente tombée ce matin a détruit une canalisation des latrines d’une partie d’un camp de déplacés situé à dix kilomètres à l’est de Djouba, à côté d’une base de la MinUSS (Mission des nations unies au Soudan du Sud). ici vivent quelque 28 000 hommes, femmes et enfants, pour la plupart des nuer, arrivés pour les premiers d’entre eux voilà un an et demi, le 15 décembre 2013, dans les heures qui ont suivi les premiers échanges de tirs entre soldats dinka et nuer de la garde présidentielle. Prémices d’une guerre civile qui, dix-huit mois et 60 000 morts plus tard (d’après l’ONU), a enfoncé la plus jeune nation du monde dans une guerre civile sans fin.
Le quatrième anniversaire de l’indépendance du Soudan du Sud, fêté le 9 juillet dernier, a été célébré dans les larmes et le sang. De même que les festivités qui se préparent pour le dixième anniversaire de la mort du héraut de la nation, le rebelle marxiste John Garang, fondateur en 1983 du SPLM/A (Armée/Mouvement populaire de libération du Soudan), disparu le 30 juillet 2005 en même temps que son rêve d’un Soudan uni et démocratique. Assis sous une tente aux piquets de bois fragiles et dont le toit se résume à une bâche flanquée du logo iOM (international Organization for Migration), Peter Nyiet Chol, « chairman » du camp « UN House » de Djouba, a du mal à digérer ce qui se passe : « J’étais moi-même parmi les premiers lieutenants de John Garang dans le bush, explique le vieil homme au corps noueux caché sous une djellaba blanche. J’ai même combattu longtemps aux côtés du président Kiir, nous étions frères d’armes », rappelle cet ancien brigadier général de la SPLA qui, juste avant le début de la crise en décembre 2013, tenait des fonctions importantes dans l’armée. « J’ai bien tenté au départ de renouer le dialogue… mais, très vite, j’ai abandonné… Moi-même, aujourd’hui, je n’arrive plus à parler à mes anciens camarades dinka… il y a une rupture, c’est comme ça. Je ne veux plus les voir ! »
« UN GIGANTESQUE CAMP DE MALHEUR »
 
La guerre à laquelle se livrent Salva Kiir et son ex-vice-président, Riek Machar, a plongé le pays dans un processus d’ethnicisation meurtrier. L’actuel président, membre de la tribu majoritaire dinka (40 % de la population) avait, en juillet 2013, dissous l’ensemble du bureau politique historique du SPLM dont faisait partie la veuve du fondateur de la rébellion marxiste, Rebecca Garang. Dans la foulée, Riek Machar, membre de la tribu nuer (20 % de la population) et vice-président, était lui aussi limogé. L’affaire avait abouti quelques mois plus tard au soulèvement au sein de l’armée d’éléments nuer, ce que d’aucuns considèrent comme une tentative de coup d’État de la part de Riek Machar. « Le problème, c’est que ces gens sont incapables de gérer un pays, ce sont d’anciens militaires sans expérience », reprend l’ex-offi- cier de la SPLA, « et ils ont transformé un pays riche en un gigantesque camp de malheur » !
En effet, les dollars générés par les 150 000 barils produits chaque jour – contre 245 000 avant le début du conflit – ont bien du mal à irriguer l’économie locale.
800 millions d’euros seulement, sur les 6,5 milliards générés par le pétrole depuis l’indépendance, auraient été redistribués.
En terme de déplacés, en revanche, le Soudan du Sud bat tous les records de croissance, avec environ 20 % de sa population concernée, soit 2 millions de personnes. Parmi elles, 142 000 ont « la chance » de vivre dans l’un de ces camps gérés par les Nations unies. Ce qui n’assure en rien leur sécurité. « Ici la violence est totale, reprend le vieil homme.
Hier encore deux véhicules de l’armée sont arrivés et ont tiré sur nous. Les casques bleus n’ont pas réagi. Il y a eu au moins cinq blessés. Et ce genre d’incident arrive tous les jours! » Devant l’hôpital de fortune où ont été amenées les victimes, Mary tient un petit café en attendant des jours meilleurs:
« Moi, je viens de Malakal. Je suis venu à Djouba pour la première fois de ma vie en décembre 2013.
Je venais visiter des parents dans la capitale. Et puis il y a eu des tirs partout autour de nous dans le quartier, nous avons dû fuir; les Dinka ont pris toutes les maisons de ma famille ... j’ai peur qu’ils viennent ici nous violer!»
« ICI, LA VIOLENCE EST TOTALE, HIER ENCORE DEUX VÉHICULES DE L’ARMÉE SONT ARRIVÉS ET ONT TIRÉ SUR NOUS. LES CASQUES BLEUS N’ONT PAS RÉAGI.» UN RÉFUGIÉ
L’INDIFFÉRENCE DE LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE
 
Un rapport récent publié par Human Rights Watch corrobore en effet les craintes de cette jeune femme, faisant état d’exactions de l’armée soudanaise, coupable de « meurtres de civils, hommes, femmes, mais aussi enfants et personnes âgées, fusillés et même brûlés vifs, ainsi que 63 cas de viol, incluant des viols collectifs brutaux, commis en public avec des menaces de mort». Des atrocités dont est également accusée la rébellion nuer dans d’autres zones du pays.
Reste que cette menace permanente qui peut jaillir à n’importe quel moment dans le camp n’est pas le seul ennemi mortel tapi derrière les tentes en plastique. Fin juin, en effet, les premiers cas de choléra ont été détectés dans le camp UN House de Djouba.
Depuis lors, plus de 700 personnes ont été diagnostiquées dans la capitale et à Bor, 39 parmi elles sont mortes, dont une dizaine d’enfants de moins de cinq ans.
 
L’insalubrité des lieux dans lesquels vivent la plupart des déplacés est l’autre effet de la guerre.
Sans l’aide toute relative des Nations unies et celle d’ONG comme Solidarités International  (financée en partie par ECHO, direction générale de l’aide humanitaire te de la protection civile de la Commission Européenne) qui s’occupe de la gestion de l’eau, le pays pourrait sombrer définitivement. « Tous les puits répartis sur les deux zones du camp ont été creusés par Solidarités International », rappelle Tugdual de Dieuleveult, un des membres de l’ONG française venu vérifier aussi l’état des latrines.
« Mais il n’y a pas grand monde pour gérer le minimum vital sanitaire dans le coin », reprend le jeune homme qui déambule à travers les tentes blanches et les mouches. Le manque d’intérêt que suscite le Soudan du Sud rejaillit en effet sur les fonds alloués à ces tuyaux de perfusion des ONG, devenues pour certaines de véritables entreprises de charité à but lucratif dont les noms préfèrent être visibles dans des pays plus médiatisés. Quant aux Nations unies, certes présentes sur les lieux, elles restent l’exemple le plus frappant de l’impuissance, voire même de l’indifférence de la communauté internationale visà-vis d’un pays qu’elle a pourtant voulu faire naître au forceps voilà quatre ans.

Procès Duffy : l'implication du bureau de Harper abordée pour la première fois

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Mise à jour le lundi 14 décembre 2015 à 20 h 02 HNE
Le sénateur Mike Duffy
Le sénateur Mike Duffy  Photo :  PC/Greg Banning
Mike Duffy nie avoir été mis au courant d'un scénario dans lequel il aurait remboursé ses dépenses injustifiées. C'est ce qu'il a affirmé lundi, au cinquième jour de son témoignage dans le cadre de son procès pour fraude, corruption et abus de confiance.
Un texte de Raphaël Bouvier-AuclairTwitterCourriel
Le sénateur a expliqué qu'en décembre 2012, il avait reçu par courriel l'appui de proches de l'ancien premier ministre Stephen Harper et de têtes dirigeantes conservatrices au Sénat. Ces personnes lui auraient affirmé que ses réclamations de frais de résidence, alors qu'il habitait la maison qu'il possède depuis des années à Ottawa, étaient justifiées.
Le tout est survenu après la publication d'un article sur le sujet. On aurait aussi suggéré à Mike Duffy de ne plus répondre aux questions des journalistes. « Vous ne pouvez pas jouer au tennis avec quelqu'un qui ne relance pas la balle », se serait-il fait dire.
Mais l'histoire a continué de faire la manchette. Quelques mois plus tard, en février 2013, un scénario dans lequel Mike Duffy s'excuserait et remettrait les sommes réclamées a été mis sur pied par des membres du bureau de l'ex-premier ministre Harper. Le sénateur dit ne jamais avoir été mis au courant de ce scénario développé dans un échange de courriels présenté en Cour. « Je n'ai jamais cru que j'avais fait une erreur », a déclaré M. Duffy pour justifier son opposition à un tel scénario.
C'est finalement l'ex-chef de cabinet de Stephen Harper Nigel Wright qui a remis un chèque de 90 000 $ à Mike Duffy pour rembourser ses dépenses. Ce chèque qui devrait être au coeur du témoignage du sénateur mardi.
Mike Duffy a plaidé non coupable à 31 chefs d'accusation de fraude, de corruption et d'abus de confiance.
Le scandale des dépenses au Sénat
Chèques et photos sous la loupe
Plus tôt dans la journée, Mike Duffy a justifié des dépenses effectuées avec les fonds de son bureau de sénateur.
Sur les 31 chefs d'accusation déposés contre le sénateur Duffy, huit sont en lien avec des dépenses effectuées avec les fonds du Sénat, par l'entremise de l'entreprise de son ami Gerald Donohue.
Les montants des factures sont variés, allant de quelques dollars à plusieurs milliers de dollars. Les services pour lesquels cet argent a été déboursé le sont tout autant. Mike Duffy a entre autres payé pour la rédaction de discours, pour des conseils politiques, mais aussi pour des photographies.
L'avocat de Mike Duffy, Me Donald Bayne, a par exemple présenté une longue liste de photographies commandées par Mike Duffy à l'entreprise Jiffy Photo située dans la région d'Ottawa.
Le sénateur s'est plaint des services de photographies offerts par le Sénat pour justifier son désir de faire affaire avec une entreprise du secteur privé. Les services de la Chambre haute, par exemple, ne peuvent pas recevoir de commandes par courriel et ne laissent pas un espace suffisant pour ajouter des signatures, selon Mike Duffy.
Un chèque à un cousin
Parmi ses dépenses, Mike Duffy a aussi remis un chèque de 500 $ à l'un de ses cousins, David McCabe, pour l'envoi de revues de presse numérisées. M. Duffy a affirmé que son cousin lui faisait souvent parvenir des copies électroniques d'articles publiés à l'Île-du-Prince-Édouard, entre autres certains articles concernant le sénateur.
Au printemps dernier, David McCabe avait été appelé à témoigner dans le cadre du procès de Mike Duffy. « Lui aviez-vous demandé de vous payer? », lui avait alors demandé le procureur de la Couronne, Mark Holmes. « Non », avait répondu David McCabe, qui affirmait alors consacrer moins d'une demi-heure par semaine à cette tâche.
En cour, Mike Duffy a affirmé que, bien qu'avec les développements technologiques il n'avait plus besoin de ce genre de revue de presse, son cousin lui en faisait parvenir « à un moment d'une importance critique ».
Sur quatre ans, le sénateur Duffy a remis près de 65 000 $ en contrats à l'entreprise familiale de son ami Gerald Donohue. Lors de son témoignage le mois dernier, M. Donohue, qui faisait également office de conseiller de Mike Duffy, a confirmé avoir signé plusieurs chèques pour différents services, dont des photographies. Gerald Donohue a affirmé n'avoir jamais bénéficié de ces services.
La police se demande en fait si ces contrats n'auraient pas permis à Mike Duffy de payer des dépenses qui auraient été jugées injustifiées ou inadmissibles par l'administration du Sénat.

Des tests pour les immigrants plus chers en français qu'en anglais

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Exclusif - Radio-Canada a appris que le Commissaire aux langues officielles enquêtait sur le prix des tests de langues qui s'adressent aux immigrants.
Pour devenir résident permanent, il faut prouver qu'on maîtrise le français ou l'anglais, en réussissant, par exemple, un test reconnu par le gouvernement fédéral.
Or, cet examen est presque deux fois plus cher en français qu'en anglais, un écart de prix qui pousse des centaines d'immigrants francophones à passer le test en anglais.
Un dossier de Laurence MartinTwitterCourriel et de Valérie OuelletTwitterCourriel
Quand elle a commencé ses démarches afin d'obtenir sa résidence permanente, Amandine Girard s'est sentie pénalisée parce qu'elle était une immigrante francophone. 
Elle a appris qu'elle devait payer 440 $ pour passer le Test d'évaluation de français (TEF) à Toronto, alors qu'en anglais, les tests d'évaluation coûtaient 265 $ ou 309 $.
De plus, elle aurait dû attendre de six à huit semaines avant d'obtenir ses résultats d'examens en français, alors que les résultats des tests d'anglais sont transmis après deux semaines. 
Comme la majorité de ses amis immigrants, elle a choisi à contrecoeur de passer son test en anglais, même si ce n'est pas sa langue maternelle.
« Ce n'est pas normal que ce soit plus cher, c'est un peu discriminatoire. Est-ce que c'est pour inciter les gens à parler anglais ? »— Amandine Girard, Française établie à Toronto
Vérification faite, cet écart de prix s'observe presque partout au pays : le Test d'évaluation de français (TEF) coûte beaucoup plus cher que ses équivalents en anglais, par exemple, le Programme canadien d'évaluation des compétences linguistiques en anglais (CELPIP).
Selon notre analyse, il serait même moins cher pour les immigrants francophones de passer le même test à Buenos Aires ou Dakar qu'à Montréal ou Toronto.
Le Commissaire aux langues officielles nous a confirmé qu'il enquêtait sur ces tests, mais Graham Fraser n'a pas voulu nous accorder d'entrevue car son enquête est en cours. 
Les tests de langues au Québec : un cas particulier

Le Québec, qui a son propre processus de sélection des immigrants, accepte deux autres examens, en plus du TEF. 

Selon nos calculs, ces examens coûtent moins cher : le Test de connaissance du français (TCF) coûte en moyenne 313 $ et le Diplôme d'études en langue française (DELF-DALF), qui n'est offert que deux fois par an à l'Université McGill, coûte environ 170 $.  

De plus, contrairement au reste du Canada, le Québec accorde peu de points aux immigrants pour l'expression écrite en français. C'est plutôt l'expression orale qui compte. Bien des candidats au Québec ne passent donc que les épreuves orales des tests, ce qui leur revient moins cher.
Des examens conçus et corrigés en France
Tous ces examens de français, même ceux acceptés uniquement au Québec, sont conçus et corrigés en France, contrairement au test d'anglais CELPIP, qui est géré et corrigé par l'Université de la Colombie-Britannique.
Les centres d'examens au Canada, comme l'Alliance française de Toronto ou l'Université McGill à Montréal, ne font que superviser les tests et corriger certaines parties orales, selon le barème français.
Les tests doivent ensuite être envoyés en France pour compléter la correction, ce qui engendre des coûts postaux et qui explique, en partie, pourquoi les immigrants attendent leurs résultats trois fois plus longtemps.
Selon le directeur de l'Alliance Française de Toronto, le test d'anglais coûte moins cher parce que plus de candidats y sont inscrits.
« Il y a probablement une économie d'échelle. Quand il y a beaucoup de candidats qui passent un test, on peut faire des tarifs moins chers. »— Thierry Lasserre, directeur général de l'Alliance Française de Toronto
Selon lui, la seule façon de réduire les coûts serait de mettre en place une subvention gouvernementale.
Pourquoi pas de test canadien ou québécois ?
C'est la question que nous avons voulu poser au ministre de l'Immigration, John McCallum. Malgré plusieurs demandes répétées ces derniers jours, le ministre a refusé nos demandes d'entrevues.
« Le ministre n'est pas prêt à répondre à une question si pointue en début de mandat. »— Diane Laursen, porte-parole du ministre de l'Immigration.
Le ministère québécois de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion affirme pour sa part « qu'aucun fournisseur au Québec n'est en mesure, pour l'instant, de respecter ses critères afin de concevoir un test d'évaluation de français québécois ».
Difficile de savoir combien d'immigrants francophones au pays se sont tournés vers les tests d'anglais comme l'a fait Amandine Girard. Selon l'entreprise Paragon, qui corrige le Programme canadien d'évaluation des compétences linguistiques en anglais (CELPIP), 443 candidats ayant le français comme langue maternelle ont passé leur test en anglais en 2015.
Avec la collaboration d'Alain-Julien Godbout.

Québec paie une suite à 9000 $ par mois à Jean Charest

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Publié par Charles Payette pour (Québec) FM93 le mardi 15 décembre 2015 à 07h57. Modifié à 08h32.
Québec paie une suite à 9000 $ par mois à Jean Charest
Jean Charest/Cogeco Nouvelles
Exclusif (Cogeco Nouvelles) - Québec paie des dizaines de milliers de dollars pour louer une grande suite corporative à Jean Charest dans l'édifice prestigieux où, pourtant, son employeur actuel met un bureau à sa disposition.

Une demande d'accès à l'information de Cogeco Nouvelles a permis d'apprendre que le ministère du Conseil exécutif paie 9 030 $ par mois pour un espace de 2000 pieds carrés au 1000 de la Gauchetière, à Montréal.
On en parle en ondes :
Écouter
Mis en ligne le mardi 15 décembre 2015 dans Puisqu'il faut se lever avec Paul Arcand
Défrayée par l’enveloppe de 200 000 $ par an dont disposent les anciens premiers ministres du Québec, cette suite corporative compte quatre bureaux fermés, une aire ouverte, une cuisinette et un vestibule sécurisé.
Le loyer facturé depuis 2013 avoisine les 230 000 $ et l’actuelle année financière n’est pas close.
Rappelons que M. Charest est passé en janvier 2013 à l’emploi du cabinet d’avocats McCarthy Tétraut. Cogeco Nouvelles a vérifié et confirmé que M. Charest disposait bel et bien d’un bureau sur l’un des six étages qu’occupe la firme au 1000 de la Gauchetière.
L’évaluateur agréé et consultant en immobilier Martin De Rico confirme que cet édifice est l’un des plus dispendieux sur le marché de Montréal.
« Le 1000, depuis sa construction il y a quelques années, est un des trois édifices qui commandent les loyers bruts les plus chers, là, entre 50 et 55 $ du pied carré, probablement… Avec le 1200 René-Lévesque et la nouvelle tour Deloitte, qui est sise juste à côté du Centre Bell. »
En déplacement hors du pays jusqu’après les Fêtes, M.Charest n’était pas disponible pour préciser la fréquence de son usage de la suite corporative.
Avec le FM93

Vaillancourt peut éviter la saisie

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Publié par Charles Payette pour CogecoNouvelles le mardi 15 décembre 2015 à 06h18.
Vaillancourt peut éviter la saisie
Cogeco Nouvelles
(Cogeco Nouvelles) - L'ex-maire de Laval, Gilles Vaillancourt, accusé de gangstérisme, utilise des prête-noms pour éviter que sa résidence ne soit saisie. Selon la ville de Laval, il aurait mis sur pied un système complexe pour protéger son condo de plus d'un million de dollars, sur l'île Paton.
C'est ce rapporte le Journal de Montréal, ce matin.

L'administration du maire Marc Demers, qui réclame près de 13 millions $ à Vaillancourt, s'est récemment adressée à la Cour supérieure pour dénoncer l'ancien maire, écrit le quotidien.
Laval allègue notamment que Gilles Vaillancourt a créé de toute pièce une personne morale, la Fiducie des Érables, au nom de laquelle est inscrit le condo.

Lachance se qualifie de «victime»

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Publié par Léandre Drolet pour 98,5 fm le lundi 14 décembre 2015 à 19h24. Modifié par Charles Payette le mardi 15 décembre 2015
Lachance se qualifie de «victime»
Renaud Lachance/Cogeco Nouvelles
MONTRÉAL - Renaud Lachance est sorti de son mutisme et se défend d'avoir voulu protéger le gouvernement libéral lors de la rédaction du rapport de la Commission Charbonneau dont il est l'un des deux signataires.

Dans une lettre ouverte intitulée «Victime de ma rigueur» transmise à de nombreux médias, M. Lachance écrit que le moment «de remettre les pendules à l'heure» est venu.
On en parle en ondes :
Écouter
Mis en ligne le mardi 15 décembre 2015 dans Puisqu'il faut se lever avec Pierre-Yves McSween
Écouter
Mis en ligne le mardi 15 décembre 2015 dans Puisqu'il faut se lever avec Jean Lapierre
L’ex-vérificateur général du Québec maintient sa dissidence du rapport final en mentionnant que la commission n'avait pas établi de lien entre le financement politique et les octrois de contrats publics.
«J'entends et je lis des commentaires me concernant d'une grande agressivité, souvent plus grande que celle exprimée envers des acteurs de la corruption ou de la collusion, écrit-il. Je crois que le temps est venu de mettre les pendules à l'heure.»
M. Lachance note que le poste de vérificateur général du Québec qu'il a occupé de juin 2004 à novembre 2011 «exige une totale neutralité politique». Il rappelle qu'à l'époque, personne ne lui a reproché d'être «tendre ou peu critique envers la gestion gouvernementale, bien au contraire».
«Je suis une personne apolitique, rigoureuse, intègre et surtout qui n'espère rien en retour, mentionne-t-il. Certains m'accusent d'être à la solde du gouvernement dirigé par le même parti que celui en place pendant toutes les années où j'étais vérificateur général. Quelle hérésie!»
M. Lachance s’en prend au reportage d’Enquête de Radio-Canada qui a dévoilé entre autres, jeudi, qu’une vive tension existait avec la présidente France Charbonneau.
Il accuse ses détracteurs d'avoir déclenché une chasse aux sorcières dont il semble être la principale cible. Il se demande s'il n'y a pas lieu à la place «de parler de choses plus sérieuses comme les stratagèmes frauduleux identifiés par la commission et les recommandations faites pour y remédier.»
Finalement, le commissaire mentionne qu’il n’émettra plus aucun commentaire concernant la Commission Charbonneau, car «mon devoir de confidentialité l'exige».
(Avec La Presse Canadienne)

Des extras de 55 millions au MTQ

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EXCLUSIF
Publié le 15 décembre 2015 à 05h00 | Mis à jour à 06h08
Depuis 2010, la moyenne annuelle des extras compilés... (PHOTO LA TRIBUNE)
PHOTO LA TRIBUNE
Depuis 2010, la moyenne annuelle des extras compilés par la CAQ se situe à plus de 67 millions. En 2014, la facture s'Est élevée à près de 100 millions.

On les appelle avenants, dépassements de coûts ou extras, mais la réalité est toujours la même. Ainsi, au cours des neuf premiers mois de l'année 2015, le ministère des Transports a dû débourser près de 55 millions supplémentaires pour la réalisation de certains de ses projets.
C'est ce qui ressort des renseignements transmis par le ministère des Transports du Québec (MTQ) à la suite d'une demande de La Presse, en vertu de la Loi sur l'accès à l'information. La liste de 84 contrats couvre la période entre le 1er janvier et le 1er octobre 2015. Les dépassements de coûts, qui ont tous été autorisés par la sous-ministre, totalisent 54 504 588$.
«Il y a de toute évidence une déficience dans la planification contractuelle au MTQ. Ça commence à ressembler à une volonté à ne rien régler», estime le député Claude Surprenant, porte-parole en matière de transport pour la Coalition avenir Québec (CAQ).
La CAQ a également les chiffres du MTQ en main. Elle y voit la poursuite d'une culture de gestion des extras qui n'est pas à l'avantage des citoyens. Depuis 2010, la moyenne annuelle des extras compilés par la CAQ se situe à plus de 67 millions. L'année 2014 a été exceptionnelle alors que la facture s'est élevée à 99 411 451$.
Selon les documents du MTQ, un dépassement de coûts sur quatre est justifié par une modification dans le concept initial du projet. On compte également 31 extras liés à une surveillance additionnelle du chantier attribuable à des imprévus ou à une prolongation de l'échéancier. Ce fut le cas pour les travaux au tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine, qui ont coûté 111 000$ de plus que prévu.
Rapport d'audit
Des dépassements de coûts ont également été relevés par les vérificateurs internes du MTQ dans 7 des 14 directions territoriales. Comme l'a révélé La Presse hier, un rapport de vérification a été achevé en décembre 2014 et transmis officiellement au MTQ en mai dernier, soit plusieurs mois avant que le ministre Robert Poëti n'en soit informé.
Quarante dossiers devant mener à la signature d'un contrat à une firme de génie avaient été soumis à une validation administrative. Résultat: 39 des 40 dossiers étaient jugés conformes. Mais après le passage de l'équipe de vérification interne, dans les mois suivants, il n'en restait plus qu'un seul qui respectait les normes de conformité.
Au MTQ, on reconnaît que certains fonctionnaires responsables de la validation (professionnels en conformité de processus) auraient été invités par leurs supérieurs à présenter les non-conformités comme de simples commentaires. Selon les sources de La Presse, des fonctionnaires auraient subi des pressions et même de l'intimidation, ce qu'ont dit ignorer le MTQ et le ministre Poëti.
«Cette pression est monnaie courante dans des ministères», estime le président du Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ), Richard Perron. «Ces professionnels-là devraient relever d'une institution externe pour assurer l'intégrité du processus. Quand on affaiblit les pare-feu, on ouvre la porte à toutes sortes de situations intenables», ajoute-t-il.
La porte-parole en matière de transport au Parti québécois, la députée Martine Ouellet, qualifie la situation d'«inquiétante». «Il y a là tous les ingrédients de la collusion et de la corruption. C'est le danger de la pression exercée sur les fonctionnaires. Il faut changer la culture, mais pour l'instant, le MTQ et le ministre minimisent tout ça», constate-t-elle.
Il y a trois semaines, la commission Charbonneau notait dans son rapport définitif que «le MTQ a aussi négligé de donner suite à de nombreux rapports de vérification internes, du Vérificateur général du Québec (VGQ) et de consultants privés, qui faisaient état de problèmes récurrents quant à l'expertise du Ministère, à sa capacité de produire des estimations justes, à ses processus de suivi des contrats et à sa gestion des avenants».
- Avec la collaboration de William Leclerc

Sombre rapport sur les conditions de vie des femmes autochtones

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Publié le 15 décembre 2015 à 07h16 | Mis à jour à 07h16
Une semaine après l'annonce d'une enquête publique nationale... (PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE)
PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Une semaine après l'annonce d'une enquête publique nationale sur les femmes autochtones disparues ou assassinées, un rapport publié hier par l'organisme Femmes autochtones du Québec fait état des conditions de vie difficiles des femmes issues des Premières Nations.

Dans un rapport publié hier, l'organisme Femmes autochtones du Québec fait état des conditions de vie difficiles des femmes issues des Premières Nations, mais aussi de leur méfiance envers plusieurs organismes québécois, méfiance qui les empêche souvent d'aller chercher l'aide nécessaire.
Selon la Gendarmerie royale du Canada (GRC), au moins 46 homicides de femmes autochtones ont été répertoriés entre 1980 et 2012 au Québec. Le rapport soulève plusieurs facteurs contributifs, qui vont de la loi du silence dans les communautés à la honte qui empêche nombre de femmes de demander de l'aide, en passant par les problèmes de profilage racial et le manque de services. 
Voici quatre des principaux problèmes, dans les mots de quatre femmes.
La DPJ
«Je sais qu'il y a eu des enlèvements d'enfants, par exemple, je ne sais pas si ça compte... Avec le système de services sociaux. [...] Vraiment le système [...], je ne sais pas où est la faille. Même si tu n'as plus les droits parentaux, est-ce que ça donne le droit de mettre le parent à l'écart ? C'est quand même son enfant, c'est lui qui l'a mis au monde. Eux, ils sont venus chercher l'enfant, la mère l'a mis au monde.  [...] C'est pas facile [...], t'es à la mauvaise place au mauvais moment, tu perds tout.»
Jeannine
intervenante dans une communauté autochtone
Selon le groupe Femmes autochtones du Québec, certains membres des communautés comprennent mal le fonctionnement de la DPJ. Pour certaines, la crainte de perdre leurs enfants est telle qu'elles évitent d'aller chercher de l'aide lorsqu'elles en ont besoin. « Les femmes autochtones vivant dans une situation où elles auraient besoin d'aide, comme une relation avec un conjoint violent, peuvent choisir de ne pas demander d'aide de peur de faire l'objet d'un signalement à la DPJ. Cette menace accentue leur vulnérabilité et celle de leurs enfants », dit le rapport.
La crise du logement
«Il y a des jeunes filles qui n'ont pas de maison et qui ont deux ou trois enfants. Il nous manque des maisons, je veux dire. [...] Comme des fois, il y a des familles qui se retrouvent beaucoup dans leur maison. [...] Des fois, c'est là qu'il y a des problèmes de violence familiale, je veux dire.»
Anouk
intervenante, communauté autochtone
Le manque de logements est criant dans plusieurs communautés autochtones. Selon un document du Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) datant de 2014, 34 % des logements y ont besoin de rénovations et 23 % des logements sont trop petits, contre moins de 8 % pour le reste du Québec. Une situation qui contribue au cycle de la violence. « Dans certains villages, plusieurs familles doivent s'entasser dans de petites maisons. Évidemment, dans un tel contexte, les situations de violence se trouvent souvent exacerbées, les personnes ne pouvant quitter leur demeure pour s'établir ailleurs ni protéger leur famille d'actes de violence perpétrés sous leur toit », indique le rapport.
Les services sociaux
«Les ressources [non autochtones], dans leur bon vouloir, veulent implanter des programmes ou des ressources de réhabilitation [pour autochtones, mais] tant et aussi longtemps que ça ne vient pas de la base, et qu'il n'y a pas de femmes autochtones d'impliquées, ça ne fonctionnera pas.»
Catherine
responsable de dossiers, milieu urbain
Selon les témoignages récoltés par Femmes autochtones du Québec, la violence fait rarement l'objet de dénonciations auprès des autorités ou des services sociaux. Pourquoi ?
Il y a d'abord le manque de confiance des populations autochtones envers ceux qui offrent les services. « Cette méfiance participe du phénomène des femmes autochtones disparues ou assassinées puisqu'elle constitue une entrave importante aux demandes que pourraient faire les femmes qui en ont cruellement besoin. Sans service, la sécurité de ces femmes est à son tour compromise, ce qui contribue ultimement à les vulnérabiliser davantage », dit le rapport.
La police
«Il y a une femme qui a été assassinée, qui a été tuée... Mais les policiers, ils disaient que c'était un suicide. [...] C'était affreux. Elle était mère. Elle était mère... Et le policier disait qu'elle s'était suicidée, et on savait tout le monde qui était l'homme qui l'a battue, qui était l'homme qui l'a tuée.»
Anita
intervenante en milieu urbain
Les relations ne sont pas toujours faciles avec les services de police; l'émission Enquête de Radio-Canada l'a démontré. Les résultats du rapport de Femmes autochtones du Québec vont dans le même sens. «Le travail des forces de l'ordre a été fortement critiqué au cours des dernières années lorsqu'il s'agit d'intervenir tant auprès des victimes autochtones que de leurs familles», souligne le document, qui fait notamment référence à une quarantaine de rapports existants sur la question des femmes autochtones disparues ou assassinées et qui font état du racisme des policiers, «de leur incrédulité face aux plaintes qui leur sont rapportées, du temps d'attente trop long avant de mettre en branle les enquêtes concernant les femmes autochtones, du peu de communication, d'une part entre les corps policiers chargés d'un seul et même cas, et d'autre part avec les familles des victimes à chacune des étapes de leur enquête».