Information sur la politique 1

mardi, avril 14, 2015

Couillard suspecté de conflit d’intérêts par l’opposition

http://www.journaldequebec.com/

Le PM sur la sellette à la suite d’un prêt de 100 M$ à Canadian Royalties

Couillard suspecté de conflit d’intérêts par l’opposition
PHOTO JOURNAL DE QUEBEC, SIMON CLARK
Charles Lecavalier
Un prêt public de 100 millions $ consenti à la minière chinoise Canadian Royalties a mis le premier ministre sur la sellette mardi. Il est soupçonné par l’opposition péquiste de s’être placé en conflit d’intérêts.
«En tant qu'ancien membre du conseil d'administration de cette entreprise, n'aurait-il pas dû se retirer de toute discussion et de toute implication dans ce dossier», a lancé le député Stéphane Bergeron en chambre hier.
Le Journal avait révélé la semaine dernière que Ressources Québec, une filiale d’Investissement Québec, s’apprête à verser 100 M$ à la société minière Canadian Royalties et à sa société mère Jien Canada, qui possède la mine de nickel Nunavik Nickel, dans le Grand Nord québécois. Or M. Couillard a siégé sur le conseil d’administration de l’entreprise dans le passé. Il a pourtant rencontré ses dirigeants lors de sa mission économique en Chine.
«Les Québécois ont également droit de savoir si, dans un dossier comme celui-là, le premier ministre a pris part ou non aux discussions. Or, il appert qu'il ne s'est pas retiré des discussions au Conseil des ministres, et plus encore, on apprend qu'il s'est même rendu à Pékin pour traiter de la question de la mine de Canadian Royalties», a lancé M. Bergeron.
Ce dernier note d’ailleurs que Canadian Royalties «est probablement la seule minière au Québec qui n’a aucun lobbyiste inscrit au registre.» «Comment a-t-elle fait alors pour faire cheminer un dossier d’une telle importance auprès du gouvernement? Est-ce parce que la compagnie s'est dit: on n'en a pas besoin, de lobbyistes, on a le premier ministre pour faire le travail?» a laissé tombé le député de Verchères.
« Salissage »
Le gouvernement a vivement réagi au «salissage» du député Bergeron. Le leader parlementaire Jean-Marc Fournier a demandé au président, sans succès, de «rappeler à l’ordre le collègue qui lance des accusations non seulement sans fondement, gratuites, et, oui, je vais le dire, c’est du salissage.»
Par ailleurs, le ministre de l’Économie Jacques Daoust a répliqué que la négociation a eu lieu «uniquement entre Investissement Québec et Canadian Royalties, à même ses fonds propres.» «Le premier ministre n’a pas été impliqué, pas plus que moi, j’ai été impliqué à l’intérieur de ce dossier-là», a lancé M. Daoust.

Qui sera le prochain chef du Parti québécois? Parler indépendance, le pari de Pierre Karl Péladeau

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Mise à jour le mardi 14 avril 2015 à 12 h 34 HAE
Pierre Karl Péladeau entouré de sa famille : ses enfants Thomas et Romy, ainsi que sa compagne, Julie Snyder
Pierre Karl Péladeau entouré de sa famille : ses enfants Thomas et Romy, ainsi que sa compagne, Julie Snyder
Qui sont donc les candidats à la direction du Parti québécois? Nous vous présentons le portrait de chacun d'eux. Aujourd'hui : Pierre Karl Péladeau.
Un texte d'Hugo LavalléeTwitterCourriel
Un samedi neigeux au début d'avril, Pierre Karl Péladeau se rend dans une cabane à sucre de Saint-Alphonse, en Montérégie, pour rencontrer des militants. Mais lorsqu'on s'appelle PKP, un petit rassemblement se transforme rapidement en grand bain de foule. Militants comme simples clients s'agglutinent autour de lui pour lui serrer la main et se faire photographier en sa compagnie.
La seule qui parvienne à lui faire de l'ombre, c'est sa future épouse, la populaire Julie Snyder. C'est sans doute cette enviable notoriété qui distingue Pierre Karl Péladeau des autres candidats à la direction du Parti québécois.
Moins de week-ends en famille
Être une vedette de la politique n'a pas que des avantages. Les enfants du couple, Romy, 6 ans, et Thomas, 9 ans, ont toujours eu l'habitude depuis leur naissance de passer les week-ends avec leurs parents au chalet familial en Estrie, et ce, même lorsque leur père dirigeait Québecor.
Depuis quelques mois, toutefois, les fins de semaine en famille se font plus rares.
« La vie, elle est exigeante. À juste titre, les militants veulent vous voir, veulent vous rencontrer. »— Pierre Karl Péladeau

Mais Pierre Karl Péladeau ne regrette rien. Diriger Québécor était devenu trop confortable. « J'ai toujours pensé que le Québec devait être un pays », réitère PKP. Il avoue avoir longuement réfléchi avant de se lancer en politique, avoir préparé son coup. « Ça ne s'improvise pas. Surtout, évidemment, lorsque vous avez des responsabilités comme les miennes antérieurement », explique-t-il.
Julie Snyder a été aux premières loges de sa réflexion. « Moi, je me disais : "ça va lui passer". C'est comme quelque chose que tu souhaites faire un jour, mais ça va te passer. Je me disais ça. Je n'y croyais pas », confie-t-elle, dans la première entrevue qu'elle accorde au sujet de son conjoint depuis que ce dernier a choisi de se lancer en politique.
« Il m'a dit : "Je veux vivre selon mes convictions. Je ne veux pas vivre pour mon confort. Je veux vivre selon mes convictions." [...] Là, j'y ai cru, j'ai été obligée d'y croire. »— Julie Snyder

Pour voir cet extrait sur votre appareil mobile, cliquez ici
Le ton abrasif de PKP
Mais le passage d'homme d'affaires à homme politique n'a pas toujours été facile pour Pierre Karl Péladeau. Les attentes à son endroit étaient particulièrement élevées, certes, mais le nouveau député a aussi causé la surprise par sa manière non conventionnelle de faire de la politique. Ton parfois abrasif - surtout sur Facebook -, confrontations avec les journalistes; son style a parfois étonné, parfois choqué.
« Il n'est pas hypocrite. Il n'est pas capable de faire semblant. [...] Il n'a pas développé cette aptitude-là de l'hypocrisie. Et ça, peut-être que ça lui a nui, mais en même temps, c'est probablement sa plus grande force, parce que je pense que les gens sentent qu'il est vrai, Pierre Karl, et qu'il n'est pas capable de faire semblant. [...] Et moi, des fois, j'aurais aimé ça qu'il fasse semblant, mais il n'est pas capable de faire semblant », fait valoir Julie Snyder
Pierre Karl Péladeau lui-même admet parfois dévier de la norme.
« Certaines personnes vont dire que je ne m'exprime pas nécessairement de la façon la plus adéquate. Mes idées peuvent détonner à certains égards. [...] Est-ce que je dois absolument changer pour devenir un politicien de carrière ou rester ce que je suis? Honnêtement, je pense que je vais rester ce que je suis, parce que je pense que c'est une grande qualité que l'authenticité. »
— Pierre Karl Péladeau

Il faut dire que PKP ne pensait pas occuper si vite l'avant-scène. Recruté alors que le PQ avait le vent dans les voiles, le député de Saint-Jérôme s'est lancé en pensant obtenir un poste économique au sein du gouvernement Marois. « Je suis arrivé un peu démuni, sans expérience parlementaire. C'était un festival permanent de la découverte », admet M. Péladeau.
PKP en bref

  • Né à Montréal le 16 octobre 1961
  • Études en philosophie à l'UQAM, puis en droit à l'Université de Montréal
  • Président du C. A. d'Hydro-Québec de 2013 à 2014
  • PDG de Québécor de 1999 à 2013
  • Député de Saint-Jérôme depuis le 7 avril 2014
L'indépendance et l'économie
Plus à l'aise dans une usine qu'à l'Assemblée nationale, Pierre Karl Péladeau mise sur le contact direct avec les électeurs. Le favori de la course met l'accent sur deux priorités : la croissance économique et l'indépendance.
Dès l'annonce de sa candidature dans la course à la direction du Parti québécois, il a entrepris une tournée des régions du Québec, tournée à laquelle il a intégré de nombreuses visites d'entreprises.
Dans le milieu économique, il est bien accueilli : plusieurs le voient déjà premier ministre. « Qu'allez-vous faire pour nous? Que feriez-vous de différent pour l'entreprise indépendante? Que pensez-vous des crédits d'impôt? » lui demande-t-on, lorsqu'il rencontre des entrepreneurs de Lac-Mégantic.
L'économie donc, mais d'abord, l'indépendance. Pierre Karl Péladeau veut remettre le discours sur la souveraineté politique à l'avant-plan.
« Ce que je veux faire, c'est un pays. Ça, c'est clair. Ça, je ne changerai pas d'idée là-dessus! »— Pierre Karl Péladeau

Pour voir cet extrait sur votre appareil mobile, cliquez ici.
Malgré la défaite historique d'avril 2014, son objectif reste le même. « Nous avons eu des inquiétudes, des craintes, de parler de l'indépendance depuis les dernières années. Il y a peut-être comme eu un traumatisme après 1995. Alors, c'est certain que si nous voulons faire l'indépendance, nous devons en parler et la démystifier. Malheureusement, durant la campagne électorale, nous avons constaté que nous n'étions pas prêts à le faire », analyse Pierre Karl Péladeau.
Parler indépendance; le pari est risqué au moment où l'option souverainiste semble de moins en moins populaire. PKP se promet de réussir, lui qui a tout mis de côté pour suivre son rêve : faire du Québec, un pays.

Le droit de grève étudiant doit être reconnu et encadré, estime à son tour Péladeau

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   Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Pierre Karl Péladeau
Pierre Karl Péladeau  Photo :  PC/Paul Chiasson
Pierre Karl Péladeau se prononce à son tour pour la reconnaissance du droit de grève et sur la nécessité d'encadrer la démocratie étudiante, après avoir émis des propos qui s'inscrivaient en faux contre la position de son parti.
« J'estime que la démocratie étudiante doit être reconnue, y compris le droit de grève, ce qui implique un meilleur encadrement et une reconnaissance. »— Communiqué de Pierre Karl Péladeau

Par voie de communiqué, le favori dans la course à la direction du Parti québécois (PQ) estime que cette approche s'impose afin que les droits de tous les étudiants soient respectés.
Il avait cependant soutenu plus tôt, lors d'un impromptu de presse à l'entrée du caucus de son parti, qu'il revenait aux étudiants de déterminer la façon de mener leur démocratie et qu'il voyait mal comment on pourrait imposer des cadres aux étudiants.
D'ailleurs, malgré cette mise au point, M. Péladeau insiste dans son communiqué sur le fait qu'il n'est pas question d'imposer unilatéralement un cadre à la démocratie étudiante.
« Afin que la démocratie étudiante soit entièrement préservée, je réitère qu'on ne peut imposer un cadre aux étudiants sans qu'il n'y ait un consensus et des consultations entre toutes les parties impliquées dans le conflit », souligne-t-il, mettant en garde le gouvernement contre toute volonté « de dicter seuls les règles de la démocratie étudiante ».
« Il n'est pas question d'imposer quoi que ce soit aux étudiants. Il faut d'abord s'assurer que le gouvernement reconnaisse l'existence même du droit de grève. »— Pierre Karl Péladeau

 M. Péladeau a enfin dénoncé la façon dont le gouvernement gérait la crise étudiante et, du même souffle, « toute forme de violence et de vandalisme sur les campus ».
Jeudi dernier, au lendemain des troubles à l'UQAM, le chef intérimaire du PQ avait demandé au ministre de l'Éducation, François Blais, d'intervenir pour encadrer le droit de grève des étudiants. 
« Nous demandons que la démocratie étudiante soit reconnue, y compris le droit de grève, ce qui implique un encadrement », avait-il alors affirmé.
Il avait par ailleurs dénoncé sans détour « les gestes répréhensibles des commandos de manifestants masqués et cagoulés ».
Martine Ouellet pour le vote secret
Plus tôt dans la journée, mardi, une autre candidate à la direction du Parti québécois, Martine Ouellet, a proposé de reconnaître le droit de grève des étudiants, mais de le baliser par la tenue d'un vote secret et de l'envoi d'un préavis suffisant avant la tenue de ce vote.
Au cours d'une rencontre avec la presse, à Québec, Mme Ouellet a dit estimer que la tenue d'un tel vote secret et la mise en place d'un préavis suffisant étaient « nécessaires » dans le contexte où l'on reconnaîtrait formellement ce droit de grève des étudiants. « Ça va permettre d'équilibrer ce qui se passe », a-t-elle jugé.
La députée de Vachon n'a pas voulu s'avancer davantage quant à savoir s'il devrait y avoir un vote électronique ou la tenue d'assemblées formelles des étudiants, estimant qu'il appartenait aux associations étudiantes de gérer leur démocratie interne au-delà de ces conditions.
Mme Ouellet a rappelé que la reconnaissance du droit de grève des étudiants, avec des balises, avait été recommandée par le rapport Ménard, qui portait sur la crise étudiante du printemps 2012. De toute façon, cette reconnaissance du droit de grève des étudiants était « implicite depuis 1957 », a-t-elle noté.
Les libéraux ont gâché la paix étudiante obtenue par le PQ, dit Ouellet
La députée péquiste a par ailleurs critiqué le ministre de l'Éducation, François Blais, lui reprochant de jeter de l'huile sur le feu en encourageant les directions d'université à recourir à des injonctions pour permettre la tenue des cours malgré le boycottage de groupes d'étudiants.
Mme Ouellet a par ailleurs repoussé les reproches voulant que le Parti québécois n'ait rien fait, lorsqu'il était au pouvoir, pour reconnaître ce droit de grève des étudiants et le baliser. Elle a rappelé que le Parti québécois formait un gouvernement minoritaire et qu'il n'a pas exercé le pouvoir bien longtemps.
« Sous le règne du Parti québécois, on avait rétabli le calme entre le gouvernement et les étudiants et entre les universités et les étudiants. Et vous avez vu? Les libéraux ont été réélus et ça a pris moins d'un an pour que le chaos se réinstalle et que les manifestations recommencent. Donc, c'est vraiment l'attitude de confrontation du gouvernement libéral qui est responsable de la situation qui dégénère », a opiné Mme Ouellet.
Elle s'est gardée de critiquer le recteur de l'Université du Québec à Montréal, Robert Proulx, qui a demandé l'intervention du Service de police de la Ville de Montréal pour faire respecter la première injonction obtenue. Le recteur de l'UQAM, dit-elle, « est pris entre l'arbre et l'écorce », soit entre le gouvernement qui lui adresse des directives de tenir la ligne dure et les étudiants qui veulent exercer leur droit de grève.
Du même souffle cependant, Mme Ouellet a dit juger inacceptable la présence de gens cagoulés à l'intérieur des universités et des cégeps. « Ça n'a pas sa place d'avoir des personnes masquées à l'intérieur d'une institution scolaire », a-t-elle dit.
Il y a quelques jours, le ministre Blais a rejeté l'option de reconnaître le droit de grève des étudiants et de le baliser.

Grève étudiante: Péladeau contredit son parti

http://www.lapresse.ca/actualites/politique/politique-quebecoise/

Publié le 14 avril 2015 à 13h14 | Mis à jour à 13h14
Pierre Karl Péladeau... (Photo Graham Hughes, La Presse Canadienne)
PHOTO GRAHAM HUGHES,
 LA PRESSE CANADIENNE
Pierre Karl Péladeau
Tommy Chouinard
TOMMY CHOUINARD
La Presse
(Québec) Pierre Karl Péladeau s'oppose à ce que le gouvernement encadre le droit de grève des étudiants, contrairement à ce que demande son propre parti.
Le gouvernement Couillard refuse lui aussi d'adopter une loi pour encadrer la démocratie étudiante parce qu'il ne croit tout simplement pas à l'existence d'un droit de grève.
M. Péladeau n'a pas précisé s'il reconnaît ou non le droit de grève. Il s'est contenté de parler du «droit de manifester des étudiants». Il n'a jamais utilisé le terme «droit de grève».
Chose certaine, le gouvernement ne doit pas se mêler de la démocratie étudiante, selon l'aspirant-chef. «C'est aux étudiants de déterminer la façon dont ils entendent mener leur démocratie », a affirmé le député de Saint-Jérôme avant une réunion du caucus péquiste mardi.
«Je vois mal comment on pourra imposer des cadres aux étudiants. La démocratie doit faire son chemin», a-t-il ajouté.
La semaine dernière, le chef intérimaire du Parti québécois a pourtant publié un communiqué de presse demandant au gouvernement de reconnaître la démocratie étudiante, «y compris le droit de grève, ce qui implique un encadrement».
«Nous sommes en train de nous interroger là-dessus», a répondu M. Péladeau lorsqu'on lui a rappelé la position officielle de son parti. «Mais mon avis, c'est que le droit de manifester et de déterminer les façons de faire appartient aux étudiants.» Il a ajouté que la violence et l'intimidation sont inacceptables.
Plus tôt dans la journée, son adversaire dans la course à la direction, Martine Ouellet, a proposé d'enchâsser le droit de grève dans la loi sur les associations étudiantes et d'imposer des balises comme le vote secret.
Le gouvernement Marois avait écarté l'idée de reconnaître et d'encadrer le droit de grève.

Jeune fugueuse recherchée à Québec

http://www.985fm.ca/regional/nouvelles/

Publié par Véronyque Tremblay pour (Québec) FM93 le mardi 14 avril 2015 à 12h22.
Jeune fugueuse recherchée à Québec
Ahmedisa Dzafic,
 fugueuse de 14 ans/
SPVQ
La police de Québec demande l'aide de la population pour tenter de localiser une jeune fugueuse de 14 ans disparue depuis près d'un mois.

Ahmedisa Dzafic a quitté son lieu de résidence le 20 mars dernier et n'a pas été revue depuis.
Selon les dernières informations, l'adolescente fréquenterait différents secteurs de la Ville de Québec.
Ahmedisa Dzafic mesure 5 pieds 6 et pèse 140 livres. Elle a les yeux bruns et les cheveux noirs ondulés aux épaules. Lors de sa disparition, elle portait un manteau d'hiver long vert avec un col en fourrure.

Possession d'armes à feu: la Cour suprême invalide les peines minimales

http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/justice-et-faits-divers/

Publié le 14 avril 2015 à 10h49 | Mis à jour à 10h49
La Cour suprême du Canada.... (PHOTO CHRIS WATTIE, ARCHIVES REUTERS)
PHOTO CHRIS WATTIE,
 ARCHIVES REUTERS
La Cour suprême du Canada.
LINA DIB
Le Soleil
(Ottawa) La Cour suprême du Canada invalide l'imposition de peines minimales pour la possession sans autorisation de certaines armes à feu.
Dans un jugement partagé de 6 à 3, le plus haut tribunal du pays confirme ainsi deux décisions de la Cour d'appel de l'Ontario qui statuaient que la loi adoptée par le gouvernement conservateur en 2008 imposait des peines cruelles et inusitées.
Cette loi imposait des peines minimales de un à trois ans pour une première offense et de cinq ans pour une récidive pour la possession sans autorisation d'une arme à feu prohibée ou à usage restreint lorsque l'arme est chargée ou que les munitions sont facilement accessibles.
La juge en chef Beverley McLachlin a rédigé le raisonnement de la majorité, utilisant un vocabulaire qui pourrait facilement servir aux autres causes qui attaquent les peines minimales imposées par le gouvernement conservateur.
«Implacable, la peine minimale obligatoire est susceptible d'empêcher le tribunal d'arrêter une peine proportionnelle (...) Dans certains cas extrêmes, elle peut même emporter l'infliction d'une peine injuste», peut-on lire dans le jugement.
Sans effet sur le crime
«L'État n'a pas établi que les peines minimales obligatoires d'emprisonnement décourageaient la perpétration de crimes liés aux armes à feu», écrit aussi la juge en chef.
Depuis son arrivée au pouvoir, Stephen Harper a multiplié l'imposition de peines minimales pour les crimes liés à la drogue et aux armes à feu ainsi que pour les crimes à caractère sexuel. Au dernier compte, il y avait au moins 57 infractions liées à une peine minimale obligatoire, alors que le chiffre était de 29 en 2005.
La Cour suprême revoyait deux causes ontariennes.
Dans les deux cas, la Cour d'appel de l'Ontario avait statué, en novembre dernier, que la législation fédérale était inconstitutionnelle, rendant les peines minimales pour cette loi invalides en Ontario. Le jugement de la Cour suprême les annule pour l'ensemble du pays.

Josée Bouchard s'indigne de la fin des élections scolaires

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Publié le 14 avril 2015 à 10h56 | Mis à jour à 12h15
Le manque d'intérêt des Québécois pour les élections... (Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé)
PHOTOTHÈQUE
 LE SOLEIL,
 PASCAL RATTHÉ
Le manque d'intérêt des Québécois pour les élections scolaires ne semble plus faire de doute. Le taux de participation au scrutin du 2 novembre, pour l'ensemble de la province, se situe sous la barre des 5 %. Sans surprise, l'indifférence des électeurs a été la plus grande dans les grands centres urbains.

(Québec) Indignée et surprise par l'intention du ministre François Blais d'abolir les élections scolaires, Josée Bouchard, la présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ) réclame une rencontre immédiate avec la Table Québec-Commissions scolaires et qualifie la décision de «très dangereuse» pour l'accessibilité et l'équité des services aux élèves.
Josée Bouchard, la présidente de la Fédération des... (Photothèque Le Soleil) - image 1.0
Josée Bouchard, la présidente de la Fédération des commissions scolaires
PHOTOTHÈQUE LE SOLEIL
Mme Bouchard dit avoir été avertie par le ministre lundi en fin d'après-midi qu'une annonce serait faite le lendemain, une annonce qui ne lui «ferait pas plaisir», aurait-il précisé.
La nouvelle est donc arrivée «comme une tonne de briques» pour la présidente, d'autant plus que François Blais et son prédécesseur, Yves Bolduc, lui auraient assuré que le gouvernement allait de l'avant avec les fusions de commissions scolaires, et qu'il travaillait sur ce projet plutôt que sur celui d'une éventuelle abolition des élections scolaires. «Les deux ministres ont été très clairs», assure-t-elle.
«J'interpelle le gouvernement : une école, c'est pas un hôpital. Nous avons besoin d'accepter tous les élèves», lance Josée Bouchard, préoccupée par les problèmes d'équité que pourrait occasionner l'apparition de nouvelles instances de gouvernance régionale pour remplacer les élections scolaires.  
«Recul démocratique»
Elle s'inquiète particulièrement du «recul démocratique que souhaite prendre le gouvernement». Elle fait notamment référence aux services de transport scolaire ou de l'accès aux équipements sportifs et culturels, dont les décisions pourraient être prises «par des personnes désignées dans un conseil d'administration qui n'auront que leurs intérêts particuliers à défendre».  
Le ministre de l'Éducation, François Blais, a confirmé mardi son intention d'abolir les élections scolaires pour mettre en place une nouvelle gouvernance régionale formée de «représentants du milieu».
L'apathie, voire l'indifférence des citoyens pour l'élection des commissaires, a rendu marginale «la valeur démocratique» de l'exercice, a fait comprendre le ministre en entrevue à l'émission radiophonique matinale animée par Paul Arcand au 98,5, à Montréal.
Au dernier scrutin scolaire, en novembre, le taux de participation au vote a été encore une fois anémique, ne passant pas la barre des 5%.
En lieu et place des élections scolaires, le gouvernement proposera une nouvelle instance de gouvernance régionale où siègeront des personnes désignées, comme des représentants d'établissement, des parents et éventuellement des représentants des municipalités.
Projet de loi
Les commissions scolaires continueront d'exister, mais elles seront nettement moins nombreuses avec les fusions que viendra officialiser un projet de loi.
M. Blais a dit souhaiter que la réforme soit adoptée à temps pour la rentrée de 2016.
Parallèlement, Québec planche sur une vaste réforme de la fiscalité scolaire. La formule actuelle de taxation est dans le collimateur, mais dans l'attente d'un nouveau mécanisme, elle devra continuer de s'appliquer encore quelques années, a suggéré le ministre.
Avec La Presse Canadienne

Un an après, le Nigeria sans nouvelles des lycéennes kidnapées par Boko Haram

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Publié le 14-04-2015 à 10h05
Abuja (AFP) - Le président élu du Nigeria Muhammadu Buhari a assuré mardi qu'il ferait tout son possible pour retrouver les plus de 200 lycéennes enlevées il y a tout juste un an à Chibok par les islamistes de Boko Haram, sans pouvoir pour autant promettre leur libération.
"Nous ne savons pas si les filles de Chibok peuvent être secourues. Leur localisation reste inconnue. J'aimerais beaucoup pouvoir le faire, mais je ne peux pas promettre de les retrouver", a déclaré dans un communiqué M. Buhari, qui doit prendre ses fonctions fin mai.
"Mais je dis à tous les parents, les familles et les amis de ces enfants que mon gouvernement fera tout ce qui est en son pouvoir pour les ramener à la maison", a-t-il poursuivi.
Le président sortant Goodluck Jonathan -battu dans les élections du 28 mars- n'avait pas semblé considérer comme une priorité la recherche des jeunes filles kidnappées dans la petite ville de Chibok, dans le nord-est du Nigeria, le 14 avril 2014, jusqu'à ce la pression internationale le force à réagir.
Veillées à la bougie, prières et rassemblements étaient organisés pour l'anniversaire du kidnapping, le 14 avril 2014, de 276 lycéennes au total, dont 219 sont toujours portées disparues.
Une marche a eu lieu à Abuja, la capitale, mardi, où 219 petites filles et adolescentes vêtues de rouge ont été placées en tête de cortège, tenant chacune un panneau portant le nom d'une des disparues.
"En tant qu'ambassadrices des filles de Chibok, nous demandons augouvernement du Nigeria de nous donner une idée précise de ce qui est mis en oeuvre pour ramener nos soeurs", a déclaré l'une d'entre elles, Rebecca Ishaku, à l'AFP.
"Cette bataille va finir par être gagnée, un jour. Aucune injustice ne peut perdurer indéfiniment. Mais dans l'intérêt de ces filles, il faut que cela arrive au plus vite", a déclaré l'émissaire des Nations unies pour l'éducation, l'ancien Premier ministre britannique Gordon Brown, dans une interview au quotidien de Londres The Guardian.
Si ce rapt très médiatisé a suscité une émotion sans précédent à travers le monde, c'est loin d'être le seul crime de ce type commis par Boko Haram, rappelle Amnesty International. Selon l'ONG, au moins 2.000 femmes et fillettes ont été enlevées au Nigeria depuis le début de l'année dernière.
Les Nations unies et des organisations de défense des droits de l'homme ont aussi dénoncé, à cette occasion, le ciblage délibéré d'enfants, garçons et filles par les islamistes, dont l'insurrection et la répression armée ont fait au moins 15.000 morts depuis six ans.
- 'nous n'oublierons pas' -
Selon les responsables du mouvement #Bringbackourgirls (Ramenez-nous nos filles), l'Empire State Building, à New York, devrait être éclairé mardi d'une robe rouge et violette en solidarité et pour symboliser la lutte contre les violences faites aux femmes.
Cinquante-sept adolescentes ont réussi à s'enfuir dans les heures qui ont suivi le kidnapping. Mais aucun signe de vie des autres depuis la vidéo diffusée en mai 2014 par Boko Haram, qui montrait une centaine de lycéennes voilées, récitant des sourates du Coran.
M. Jonathan a répété plusieurs fois que les jeunes filles seraient libérées, sans donner aucune information précise. L'armée avait affirmé l'an dernier savoir où les adolescentes se trouvaient mais avait jugé trop risquée une opération militaire.
Le chef de Boko Haram, Abubakar Shekau, a déclaré ensuite avoir converti les adolescentes qui n'étaient pas musulmanes et les avoir toutes "mariées de force".
Dans un nouveau rapport publié mardi, Amnesty International cite un haut gradé de l'armée, selon lequel les otages sont gardées dans plusieurs camps de Boko Haram, au Nigeria mais aussi au Tchad et au Cameroun voisins.
Plusieurs personnalités ont apporté leur soutien au mouvement #BringBackOurGirls, dont la Première dame des Etats-UnisMichelle Obama, et la jeune lauréate pakistanaise du prix Nobel de la paix, Malala Yousafzai.
"A mon avis, les dirigeants nigérians et la communauté internationale n'ont pas fait assez pour vous aider", a-t-elle déclaré dans une lettre ouverte auxadolescentes.
"Notre espoir de retrouver nos filles réside aujourd'hui en Buhari", a déclaré à l'AFP Enoch Mark, dont la fille et la nièce ont été enlevées. "Nous espérons revoir bientôt nos filles si elles sont vivantes ou au moins leurs corps si elles sont mortes".
Mais M. Buhari n'a pas voulu donner de faux espoir, reconnaissant qu'il fallait être "honnête" sur les chances de retrouver les jeunes captives.

800 000 enfants déplacés au Nigeria

http://www.ledevoir.com/international/

Boko Haram multiplie les exactions sur les enfants

Ces jeunes enfants et leurs parents d’origine nigériane ont trouvé refuge dans un camp de l’Agence des Nations unies pour les réfugiés à N’Gouboua, sur les rives du lac Tchad.
Photo: Sia Kambou Agence France-Presse
Ces jeunes enfants et leurs parents d’origine nigériane ont trouvé refuge dans un camp de l’Agence des Nations unies pour les réfugiés à N’Gouboua, sur les rives du lac Tchad.
Il y a un an, le monde entier criait son indignation à la suite de l’enlèvement sauvage de 276 écolières nigérianes par le groupe terroriste Boko Haram. Douze mois, plus tard, les exactions au nord du Nigeria se multiplient auprès des jeunes, garçons comme filles, alors que le nombre de mineurs déplacés par ce conflit meurtrier a doublé en un an.
 
Au cours de 2014, plus de 800 000 enfants ont été forcés de fuir leurs maisons et leurs villages dans la foulée des combats opposant Boko Haram à diverses forces gouvernementales et milices civiles pour repousser l’avance de la tristement célèbre secte, affirme le rapport de l’UNICEF Missing Childhood, dévoilé lundi. C’est donc deux fois plus que le nombre d’enfants déplacés par ce conflit l’année précédente.
 
Si le mouvement #BringBackOurGirls, propulsé par les réseaux sociaux, avait braqué les projecteurs sur le sort d’esclaves sexuelles et les mariages forcés imposés aux jeunes filles enlevées par ces fous de Dieu, les atrocités, comme le confirme ce rapport, frappent chaque jour indistinctement avec autant de cruauté tous les enfants. En fait, Boko Haram a fait des enfants sa cible première, en multipliant les attaques sur les écoles, tuant 314 écoliers et 196 de leurs enseignants entre janvier 2012 et décembre 2014.
 
Principales victimes de cette boucherie, les enfants sont désormais utilisés comme armes de guerre, kidnappés pour servir d’enfants soldats, de boucliers ou de bombes humaines.
 
« Encore plus inquiétant, des enfants et des jeunes sont placés de manière stratégique dans la ligne de mire, lors d’attaques ciblant des écoles et des enlèvements massifs. Des rapports font même état d’enfants forcés de porter des bombes fixées à leurs corps pour les faire exploser en public. Ces graves violations des droits de l’enfant doivent cesser immédiatement », a déclaré M. Morley, chef de la direction pour UNICEF Canada. « Ces enfants sont témoins d’actes de violence et d’horreurs inimaginables », ajoute-t-il.
 
De nombreux rapports ont signalé ces derniers mois le recours par le groupe rebelle à des enfants et à des femmes, bourrés d’explosifs, pour mener des attentats suicides. Le plus récent a été perpétré en janvier dernier au marché de Maiduguri, faisant 20 morts, alors qu’une fillette de dix ans a été munie d’une charge explosive.
 
Marqués pour la vie
 
Les dessins d’enfants nigérians réfugiés dans les camps au Tchad, au Niger ou au Cameroun témoignent d’ailleurs de cette violence inouïe, montrant des pères et des mères égorgés au couteau, fusillés ou enlevés sans laisser de traces.
 
Aisha, âgée de 13 ans, a vu son père assassiné et sa mère enlevée par les rebelles de Boko Haram dans son village de Gwoso. Elle a fui avec une de ses soeurs vers le camp de réfugiés de Yola. Evelyn, elle, assistait à la messe quand les djihadistes ont mis son village à sac. Séparée de son fils de 5 ans, elle s’est réfugiée avec sa fille d’un an dans les montagnes, survivant de baies et d’eau de pluie pendant des semaines. Sur le dessin de Fanta, 10 ans, réfugiée au Niger, on discerne des corps décapités, des tirs de mitraillettes, alors que Zanna, elle, a parsemé le sien de flaques de sang.
 
« Ces dessins témoignent de ce qu’ont vécu ces enfants de 8, 9 ou 10 ans. Certains ont vu leurs parents torturés ou brûlés. Il n’y a pas que les filles qui sont victimes. Des garçons sont souvent tués plutôt qu’enlevés », précise Thierry Delvigne-Jean, canadien, chef régional de l’UNICEF pour l’Afrique de l’Ouest. Le rapport de l’UNICEF fait état de garçons aussi jeunes que quatre ans, utilisés par les rebelles de Boko Haram comme porteurs, guetteurs ou cuisiniers. « L’utilisation des enfants à des fins militaires se fait aussi par d’autres milices civiles », affirme M. Delvigne-Jean.
 
L’enfance prise en otage
 
Si l’UNICEF ignore le nombre exact d’orphelins créés par ces attaques sauvages, nombre d’enfants affluent seuls dans des camps de réfugiés, après avoir vécu la perte d’un parent ou de proches. Dans ces camps, près de 60 000 enfants ont reçu une aide psychosociale de l’UNICEF au cours des six derniers mois pour gérer leur détresse émotionnelle.
 
Outre cette aide psychologique, les besoins sont immenses pour ces enfants de la guerre, dont la majorité n’a plus accès à l’école, aux soins de santé de base et, pour certains, à une alimentation suffisante. Le nombre d’enfants privés d’accès à l’école au Nigeria est passé de 8 à 10,5 millions depuis 2007. La malnutrition frappe 18 % des enfants réfugiés de certains camps, et l’accès limité aux installations sanitaires fait craindre des épidémies de choléra et de poliomyélite.
 
L’UNICEF a lancé lundi une nouvelle campagne pour sensibiliser la population à cette crise humanitaire sous le mot-clic #BringBackOurChilhood. Selon l’organisme, il manque toujours 85 % des 26 millions nécessaires pour faire face aux besoins au Nigeria, 83 % au Cameroun et 99 % au Tchad.

L’appel de Malala
Malala, jeune lauréate du prix Nobel de la paix, a appelé lundi les dirigeants nigérians et du monde entier à faire plus pour libérer les lycéennes enlevées le 14 avril 2014 à Chibok, dans le nord-est du Nigeria.

Un an après le rapt de 276 écolières nigérianes, on est toujours sans nouvelles de 219 d’entre elles. « Les dirigeants nigérians et la communauté internationale n’ont pas fait assez pour vous aider », déclare Malala Yousafzai dans une lettre ouverte aux adolescentes otages.

Ce « message de solidarité et d’espoir »survient la veille d’une série d’initiatives prévues dans le monde pour marquer les 12 mois de captivité des lycéennes, telles que des marches, prières et veillées. L’ex-président nigérian, battu à l’élection présidentielle du 28 mars dernier, avait été fort critiqué pour son insensibilité et son inaction apparentes devant le sort tragique des jeunes filles. Pour Malala, il y a maintenant « des raisons d’espérer »« Les forces nigérianes regagnent des territoires et protègent davantage d’écoles », écrit-elle.
Agence France-Presse

Desjardins ne partage pas la confiance de Leitão

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Le ministre des Finances prévoit des taux de croissance de 2% en 2014 et en 2015; le mouvement coopératif pronostique plutôt des taux de 1,7% et de 1,5%

Carlos Leitão se montre plus optimiste que les économistes du Mouvement Desjardins.
Photo: Jacques Nadeau
 Le Devoir
Carlos Leitão se montre plus optimiste que les économistes du Mouvement Desjardins.
Le gouvernement Couillard ferait mieux de réviser à la baisse ses attentes en matière de croissance économique au Québec, estime le Mouvement Desjardins.
 
Aux prises avec une économie dont la croissance réelle n’a été respectivement que de 1,5 % en 2012, 1 % en 2013 et 1,3 % l’année dernière, le ministre québécois des Finances, Carlos Leitão, a dit dans son dernier budget maintenant compter sur un rebond de 2 % cette année et encore 2 % l’année prochaine pour l’aider à équilibrer les finances publiques et créer les emplois promis par son parti.
 
L’économie québécoise arrivera malheureusement à court de ces attentes, prévient Desjardins qui lui prédit plutôt un taux de croissance de seulement 1,7 % cette année et de 1,5 % l’année prochaine. « La lenteur persistante de la demande intérieure continuera de limiter la croissance économique du Québec », a dit lundi l’économiste du Mouvement Desjardins Hélène Bégin, dans une brève analyse qui revenait sur des prévisions dévoilées il y a un mois.
 
Notons que les prévisions de Desjardins comptent parmi les plus pessimistes offertes par les analystes des institutions financières. Si les prévisionnistes de la Banque Nationale (avec 2 % en 2015 et 1,7 % en 2016) sont aussi légèrement en retrait par rapport aux attentes du gouvernement, la plupart des autres sont très proches, voire beaucoup plus optimistes, comme au Conference Board du Canada (2,4 % et 2,5 %) et à la Banque CIBC (2,4 % et 2,6 %). Rappelons aussi que, pour rédiger ses budgets, le gouvernement consulte notamment les experts du secteur privé et se base sur le scénario économique qui semble faire le plus consensus.
 
Des attentes trop élevées
 
Desjardins est habitué, depuis quelques années, à être un peu plus pessimiste que les autres, admet Hélène Bégin. Cela l’a toutefois plutôt bien servi, affirme-t-elle, la réalité ayant généralement eu tendance à lui donner raison.
 
Cette fois-ci, Desjardins craint notamment que l’on sous-estime l’anémie des principaux moteurs de croissance intérieure. Oui, la baisse des prix du pétrole laissera un peu plus d’argent dans les poches ces consommateurs québécois, mais la « quasi-stagnation » de leurs revenus après impôt et « le creux » dans laquelle se trouve leur taux d’épargne leur laissera « une marge de manoeuvre réduite ». Comptant pour le moment plus de vendeurs que d’acheteurs, le secteur immobilier résidentiel n’est pas près non plus de rebondir. Est-il nécessaire de rappeler qu’il n’y a pas plus de stimulation économique à attendre de la part de gouvernements en train de se serrer la ceinture. Ne reste plus dans ces conditions que l’investissement des entreprises, qui a commencé à se redresser, il est vrai, mais tout doucement.
 
Le Québec est aussi de plus en plus rattrapé par le vieillissement de sa population, note Hélène Bégin. « Avec les effets du choc démographique qui commencent à se faire sentir, il est peu probable que l’économie interne retrouve un rythme très soutenu. »
 
Plusieurs observateurs fondent de grands espoirs sur un retour en force du commerce extérieur. La reprise américaine et la baisse du dollar canadien devraient aider. Mais ce ne sera pas suffisant. Pour que la croissance économique passe le seuil des 2 %, il faudrait que les exportations croissent deux fois plus vite qu’en 2014. Or, on ne s’attend pas à ce que la croissance américaine accélère tellement cette année et que le huard dégringole assez« pour permettre un tel exploit ».
 
Un impact à relativiser
 
Hélène Bégin relativise toutefois l’impact que pourrait avoir une croissance économique plus faible que prévu sur les finances du gouvernement du Québec.
 
Le plus important pour un ministre des Finances est moins la croissance réelle de son économie, que sa croissance nominale qui comprend aussi l’inflation, rappelle-t-on. De ce côté, le budget de Carlos Leitão compte sur une croissance de 3,8 % cette année et de 3,4 % l’an prochain. Le Mouvement Desjardins prédit plutôt des taux de 3 % et 3,5 %. On estime généralement qu’une variation d’un point de pourcentage de produit intérieur brut nominal correspond à environ 600 millions de revenu pour le gouvernement.

Une transaction sans Véro

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14 avril 2015 |Laura Pelletier | Médias
Le magazine «Véro» pourrait devenir indépendant, a laissé entendre la principale intéressée, Véronique Cloutier.
Photo: Michaël Monnier
 Le Devoir
Le magazine «Véro» pourrait devenir indépendant, a laissé entendre la principale intéressée, Véronique Cloutier.
Groupe TVA n’imprimera pas le magazine Véro, puisque Véronique Cloutier l’a écarté de la transaction conclue entre le géant médiatique et Transcontinental lundi. Cela pourrait donc être la fin pour cette publication, mais l’animatrice-vedette réfléchit à la possibilité de la publier par elle-même ou par l’entremise de partenaires.
 
Le magazine devait être vendu à Groupe TVA, filiale de Québecor Média, comme une quinzaine de magazines aux consommateurs, les sites Web et les produits liés aux marques de Transcontinental inc. Néanmoins, l’ex-animatrice radio-canadienne a désapprouvé la cession de son contrat.
 
« Par conséquent TC Média [filiale de Transcontinental] et Véronique Cloutier ont convenu de mettre fin à leur entente [lundi]. Donc les actifs du magazine ne seront pas transférés au Groupe TVA », peut-on lire dans un communiqué publié par Transcontinental lundi.
 
« Le numéro d’été du magazine Véro en kiosque depuis vendredi est le dernier… Du moins, pour le moment », a écrit sur Facebook Mme Cloutier, qui « souhaite de tout coeur poursuivre cette belle aventure ».
 
Elle a tenu à remercier son équipe « de rêve qui a bâti ce magazine », TC Media, « qui y a cru et a fait le nécessaire pour que ce projet devienne un succès » et ses lecteurs. « Un énorme merci plein de gratitude et d’affection à nos lectrices (et lecteurs). » L’animatrice et femme d’affaires en était à son huitième numéro.
 
Sur les médias sociaux, des centaines de lecteurs ont à leur tour témoigné de leur amour du magazine et de leur déception s’il venait à disparaître.
 
L’animatrice a refusé d’accorder toute entrevue. La raison de son refus de céder son contrat reste donc inconnue.
 
En novembre 2014, lorsque la vente avait été annoncée, Mme Cloutier avait décrit la situation comme « très particulière » et « délicate »« Je me fais maintenant accuser d’avoir vendu mon âme à l’ennemi. C’est faux », avait-elle affirmé en entrevue.
 
Grand succès
 
« Vous avez fait du magazine Véro la publication la plus vendue en kiosque depuis son lancement en septembre 2013 », a tenu à indiquer Mme Cloutier au public sur Facebook.
 
Le premier numéro du magazine avait d’abord été distribué à 120 000 exemplaires, puis une réimpression de 35 000 nouveaux exemplaires de Véro a été faite afin de combler la grande demande. Parmi ces exemplaires, 136 335 avaient été vendus en kiosque à travers la province, ce qui représente un record de ventes parmi tous les magazines féminins.
 
Groupe TVA a notamment mis la main sur les magazines Coup de pouce, Elle Québec, Décormag, Le Bel Âge Magazine, Elle Canada, Good Times et The Hockey pour 55,5 millions de dollars. Le Vancouver Magazine et Western Living demeurent cependant la propriété de Transcontinental. Certains observateurs voient en cette transaction une « concentration inquiétante » des médias.