samedi, avril 09, 2016

Les jours de Philippe Couillard sont-ils comptés ?

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Quand la base s’effrite, tout devient instable

Un gouvernement qui ne tient qu’à un fil


Tribune libre de Vigile
vendredi 8 avril

Le Parti libéral, au pouvoir depuis 2003, a cumulé au fil de sa gouvernance de multiples tumultes. Les dossiers « douteux » impliquant le gouvernement Charest ne sont pas une denrée rare. Pourtant, cette organisation a réussi à déloger le Parti québécois il y a deux ans.
Légitimité du gouvernement Couillard
En ressortant du placard poussiéreux l’épouvantail à moineaux habituel, les libéraux furent élus sur la base de la peur (référendum), de l’indifférence et de « l’écoeurantrite » aiguë des électeurs (ne vote pas).
Les opinions et les chiffres de 2014 le confirment :
Ce gouvernement ne fut élu que par 29,66% de l’électorat absolu (tous les électeurs inscrits), et que par 24% de l’électorat francophone. Donc, à peine 1 francophone sur 4 a voté pour le Parti libéral. Cela explique pourquoi plusieurs se sentent floués ou désavoués, et c’est légitime, car la grande majorité n’a pas voté pour ce parti.
Extrait de : Les aspects invisibles de la victoire du Parti libéral du Québec 
« N’avez-vous pas constaté que peu de gens ont voté pour le PLQ, dans votre entourage ? Ce n’est pas parce que les personnes que vous fréquentez vous mentent. En effet, quand on tient compte du taux de participation de 71,43%, l’appui relatif de 41,52% pour les libéraux se transforme en appui absolu de 29,66%.
Vous êtes francophone ? Il faut donc soustraire le vote anglophone et allophone, massivement acquis au PLQ. Mes calculs démontrent qu’environ 600,000 anglophones et allophones ont appuyé le parti de Philippe Couillard. Quand on soustrait ce chiffre au nombre total de voix obtenues par le PLQ, cela donne un peu plus de 1,15 million de votes francophones pour le PLQ. Rapporté au nombre d’électeurs francophones (environ 4,8 millions), cela signifie qu’à peine un électeur sur quatre (24%) de ce groupe linguistique a voté libéral.
C’est pour cela que vous rencontrez beaucoup plus souvent des personnes déprimées que satisfaites des résultats des élections. »
- Michel Roche, professeur en sciences politiques, UQAC [source de l’extrait]
Faire du neuf avec du vieux
Philippe Couillard se retrouve à la tête d’un gouvernement majoritaire, un gouvernement amoché par les scandales, et discrédité par la réputation douteuse de son ancien chef, Jean Charest. Pourtant, Couillard nomme à son Conseil des ministres plus ou moins 12 individus ayant joué sur la première ligne de puissance du gouvernement de Jean Charest. Un nouveau gouvernement, une nouvelle équipe, de nouveaux ministres, tout sonne faux. Du sang neuf, disait-il : 14 recrues, 12 vétérans.
En réalité, il y a peu de différences entre le gouvernement Charest et celui de Philippe Couillard, tant sur les nominations, sur les conseillers, que sur les buts ou la façon de faire : c’est du pareil au même. Certains voient un gouvernement encore pire que l’ancien avec ses fortes tendances conservatrices et sa gouvernance d’austérité.
Quand le Premier ministre vante son bilan des deux premières années au pouvoir, on se demande à quel point il prend le peuple pour des valises, car sur le terrain, tout ce que l’on entend et ce que l’on voit, c’est de l’amertume, de la déception et de la rage. L’austérité du gouvernement Couillard a fait beaucoup de ravage, l’appauvrissement des familles continue, et la dépossession collective, au profit du privé (des amis du régime) s’accroisse.
Les arrestations
Suite à la Commission Charbonneau, on s’attendait à des arrestations, à des accusations, et des condamnations… mais rien ne fut. Au contraire, on a eu l’impression, trop souvent, de regarder un show de télé bien rodé, où chaque acteur avait bien appris son rôle. Comme par hasard, les « gros bonnets » du parti, le chef,les bailleurs de fonds et les « tireux » de ficelles, ont été écarté ou à peine éclaboussé. On s’attendait par exemple à voir le grand argentier du PLQ : Marc Bibeau, Daniel Johnson ou Jean Charest à la barre, mais quand on bosse pour les Desmarais, tout nous est simplifié comme par enchantement
Faute d’arrêter les hauts dirigeants, et les vrais magouilleurs, on donne en pâture Nathalie Normandeau et Marc-Yvan Coté. Plusieurs spéculations ont circulé sur ces arrestations plus que tardives, et en fin de mandat de Robert Lafrenière, dirigeant de l’UPAC. Beaucoup ont vu ce geste comme celui de donner des miettes à un loup enragé, avant qu’il nous attaque. On sait que Normandeau, qui travaillait alors dans une station de radio de Québec, avait sévèrement critiqué en ondes le gouvernement de Philippe Couillard au sujet de son bilan économique. Devenait-elle gênante ? Quant à M.-Y. Coté, déjà banni à vie du Parti libéral du Canada suite à sa comparution en 2005 devant la commission Gomery qui enquêtait sur le scandale des commandites. Il a reconnu avoir reçu en 1997 des enveloppes contenant au total 120 000 $ en comptant, qu’il a remis aux candidats libéraux pour leurs dépenses électorales. Il avait aussi parlé de financement sectoriel à la commission Charbonneau. Coté, avançant en âge, et déjà brûlé en fédéral, avait-il fait son temps ?
Si l’on met dans l’équation de ces arrestations le fait que le mandat de Robert Lafrenière, dirigeant de l’UPAC, s’achevait sous peu, qu’il voulait absolument que son contrat soit renouvelé avec plus de pouvoirs, et sachant que l’opposition contestait sa nomination, il devient alors légitime de se questionner. Surtout quand on sait queLafrenière, ancien sous-ministre, près de l’’ex-ministre libéral de la Sécurité publique du Québec, Jacques Dupuis, est qualifié comme « l’homme des libéraux ». Rappelons-nous que lorsque le gouvernement Marois fut élu minoritaire en 2012,Mario Laprise fut nommé à la tête de la SQ en remplacement de l’ex-directeur Richard Duchesne, et à ce moment les enquêtes ont débloqué et visaient le PLQ au plus haut niveau : Marc Bibeau, Jean Charest, Robert Parent, et l’état-major de la SQ. Lors du retour au pouvoir des libéraux en 2014, Mario Laprise est « tassé », et le gouvernement Couillard nomme le choix le plus « safe » à la tête de la SQ : soit le même Prud’homme dénoncé pour ingérence politique en 2011… Ce dernier coupe des postes de haute direction, mixte des départements, et des budgets sont coupés, ce qui complique davantage le travail des policiers (Lafrenière était toujours à L’UPAC). [Pour plus de détails sur cette saga voir ici]
Que ces arrestations aient été orchestré ou non, des informations ont coulé, et d’autres sièges furent ébranlés. Tout ce qui est près de l’entourage de Marc-Yvan semble respirer le printemps… et un ami proche ce dernier, l’ami Sam, n’y échappe pas. Il semble clairement démontré que Coté se servait de l’influence de Sam Hamad (les amis Roche) – et que ce dernier collaborait - pour faire avancer ses dossiers de demandes de subventions (pour Premier Tech). Certains diront que c’était une pratique courante pour M.-Y. Coté et au Parti libéral, mais cette fois-ci, des échanges courriels semblent confirmer et démontrer clairement le tout. Une enquête du commissaire à l’éthique a été demandépour vérifier si Hamad pouvait agir ainsi pour son bon ami Coté. Du moins, les révélations publiques de ce modus operandi (l’opposition parle de trafic d’influence) ont ébranlé le ministre Hamad au point qu’il quitte l’Assemblée nationale, puis disparaisseen Floride. Ma grand-mère disait : « quand tu n’as rien à te reprocher, tu restes là, si tu crains quelque chose, tu te sauves ! ».
Hamad, qui est un vieux routier du Parti libéral, et fut un organisateur de la campagne à la chefferie de son chef, Philippe Couillard, croyait pouvoir agir à sa guise. Mais voilà que l’opinion publique devient défavorable aux tribulations du ministre, que certains de ses collègues se distancient de lui, et que même son chef, est de moins en moins d’accord avec ses décisions, et prend aussi ses distances. Finalement, Hamad revient au Québec, puis renonce à ses privilèges de ministre, abandonnant son salaire ministériel, sa limousine et son garde du corps. Il devientsimple député.
Les mensonges de Sam Hamad
Mais imaginez que Philippe Couillard n’est pas au bout de ses peines avec son ami Sam. On connaissait déjà les objectifs de financement de 100,000$ imposés aux ministres libéraux par le parti, mais voilà que coule un document du PLQ dont la journaliste Marie-Maude Denis de l’émission Enquête a obtenu copie, confirmant que quatre ministres et un député avaient un objectif de financement, non pas de 100 000$, mais plutôt de 150 000 $.
Jusque-là cela peut aller, mais Sam Hamad, lors d’une entrevue radiophonique avait confirmé à Paul Arcand qu’il n’avait jamais atteint le 100 000$ de financementdemandé par le parti… ‘Mais pourtant, un document officiel du Parti libéral confirme que Hamad a ramassé en 2009 un total de 171 000$ soit 156 000$ net.
Nous sommes devant un fait accompli, les ministres libéraux mentent. Où est l’intégrité que clame haut et fort Philippe Couillard quant à son gouvernement ? Un ministre qui fait apparence de trafic d’influence, qui est soumis à une enquête du commissaire à l’éthique, qui fuit en Floride avec son salaire de ministre, et qui ment en plus au public sur son financement… Comme a dit un certain député : « Sam Hamad doit nous dire avec quoi il se promenait dans sa valise en 2009, sinon il nous prend carrément pour des valises ! ». Le Premier ministre Couillard s’est empressé de dire que lui, en 2009, ne faisait plus partie du gouvernement Charest et qu’il n’était pas au courant de ces objectifs de financement… Un chausson aux pommes avec ça ! Pourtant Philippe Couillard était aussi soupçonné de conflit d’intérêts en 2009. Réalisez-vous, ce sont ces hommes qui nous gouvernent.
La déconfiture de Charest
Comme si ce n’était pas assez, on a tous vu ces derniers jours que l’université McGill a invité l’ex-Premier ministre Jean Charest à faire une allocution sur les moyens de rétablir la confiance du public à l’endroit des institutions publiques (vous avez bien lu). Plusieurs ont pensé au poisson d’avril : imaginons un Premier ministre s’être fait dire par son propre ministre de la justice que
«  Des années de favoritisme et de copinage ont fait du gouvernement Charest le gouvernement le plus corrompu de l’histoire récente du Québec  » - Marc Bellemarre, ex-ministre libéral [source]
Et que ce même Premier ministre, Jean Charest, soit invité pour faire un discours dans une université sur les moyens à prendre pour rétablir la confiance du public à l’endroit des institutions publiques… Je me suis étouffé avec ma tasse de café et je suis tombé en bas de ma chaise. Incroyable, existe-il deux planètes au Québec ? Vous comprendrez que Charest a été chassé de McGill, et avec raison [vidéo].
Mais, ce dernier ayant tout un culot, a quand profité de l’occasion pour tenter de noyer le poisson et défendre ses ex-ministres Normandeau et Hamad, disant avec un sourire aux journalistes qu’il réitérait sa confiance en eux… Ne pas oublier que l’ancienne vice-Première ministre Normandeau est accusée de complot, corruption, et fraude envers le gouvernement, et a été arrêtée par l’Unité permanente anticorruption (l’UPAC) le mois dernier. Charest a-t-il peur que Normandeau se mette à table ?
Dans une entrevue radiophonique, Me Marc Bellemare, ex-ministre libéral de la justice, a dit :
« J’espère de tout cœur qu’on puisse faire la lumière sur ce que savait M. Charest, parce qu’il était Premier ministre à l’époque, j’ai beaucoup de difficulté à penser que si Mme Normandeau a fait des choses, elle a donné des approbations, elle a donné des commandes et que M. Charest était complètement ignorant de ça » - Me Marc Bellemare sur les ondes de de FM93 [source]
McCarthy Tétrault serait-il impliqué dans le Panama Papers ?
Pour terminer avec Jean Charest, nous savons tous qu’il est associé au célèbre cabinet d’avocats McCarthy Tétrault. Ces derniers jours des informations ont sorti des fameux « Panama Papers », et le nom d’une prête-nom québécoise, Annette Laroche, a fait surface. Je cite l’article de TVA :
«  Une ex-employée de deux grands cabinets d’avocats de Montréal agit comme prête-nom pour plusieurs entreprises du Québec reliées au cabinet panaméen controversé Mossack Fonseca dans des paradis fiscaux.
« Vous comprenez que ce n’est pas mon rôle de divulguer des informations là-dessus. C’est pas à moi, c’est pas à moi de répondre à vos questions », nous a dit au téléphone la Québécoise Annette Laroche, excédée lorsque jointe à son domicile par notre Bureau d’enquête.
« Mon rôle est très limité dans ces entreprises-là », a-t-elle ajouté. Elle a reconnu être une simple « prête-nom » pour des proprios qui veulent rester cachés. 
Le nom d’Annette Laroche figure comme administratrice prête-nom dans pas moins de 158 entreprises incorporées au Québec, révèlent des documents obtenus par notre Bureau d’enquête
 .
 » [voir article complet]
Et pour qui a travaillé cette dame Laroche ? Vous avez deviné (mais il ne faut pas faire d’amalgame, ni de culpabilité par association), oui elle a travaillé pour le fameux cabinet associé de Jean Charest : McCarthy Tétrault. Il y a des gens qui doivent sentir la soupe chaude ces temps-ci.
Impossible de se dissocier de Jean Charest
Alors, vous comprendrez que notre PM Couillard veut à tout prix se dissocier de Jean Charest et de son gouvernementMais Philippe Couillard faisait partie de ce gouvernement, et il était un ministre important dans ce même gouvernement, tout comme 10 à 12 de ses ministres actuels. Couillard a sûrement connu le financement dicté par le parti. Plusieurs se demandent comment coûtait son ministère de la santé : 100 000$ ou 150 000$ ? EtCouillard a aussi connu les paradis fiscaux, on se rappelle tous de son petit placement de 600 000$ aux îles de Jersey. Imaginez, en Islande des milliers de personnes vont à la rue et force la démission de leur Premier ministre car il a placé de l’argent dans un paradis fiscal. Ici, au Québec, on nomme Premier ministre un homme qui a déposé des centaines de milliers de dollars dans un paradis fiscal, qui a travaillé et enseigné la neurochirurgie en Arabie saoudite et qui fut ministre d’un gouvernement le plus corrompu de l’histoire récente du Québec !
On fait quoi ?
Je crois qu’il est clair que ce gouvernement Couillard, construit sur une base déjà fissurée et qui s’effrite, un gouvernement élu par moins de 30% de l’électorat absolu, un gouvernement élu par moins d’un francophone sur quatre, un gouvernement qui cumule les scandales de corruption et collusion depuis 2003, un gouvernement austère, qui ampute nos services sociaux, qui détruit notre système d’éducation et de santé, un gouvernement qui laisse aller à l’étranger nos ressources et nos fleurons, un gouvernement qui crée un marasme économique, qui a pour but la dépossession ultime du Québec, eh bien, ce gouvernement ne tient qu’à un fil. Ce sera à nous tous de décider combien de temps Philippe Couillard pourra faire lefunambule
Bonne réflexion camarade.

ÉTHIQUE ET POLITIQUE Le jour de la marmotte

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9 avril 2016 | Robert Dutrisac - Correspondant parlementaire à Québec
Après une semaine, les députés devraient passer à autre chose que les liaisons de Sam Hamad.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir
Après une semaine, les députés devraient passer à autre chose que les liaisons de Sam Hamad.
Le gouvernement Couillard devait célébrer son mi-mandat cette semaine, mais l’affaire Sam Hamad–Marc-Yvan Côté, qui suivait l’arrestation de l’ancienne ministre libérale Nathalie Normandeau, a plutôt rappelé les pires années du gouvernement Charest. Et dire que Philippe Couillard voulait enterrer une fois pour toutes ce lourd passé.

C’était le jour de la marmotte à l’Assemblée nationale jeudi. Le leader parlementaire du gouvernement, Jean-Marc Fournier, répliquant aux attaques de l’opposition qui se demandait d’où provenaient les 171 000 $ que le ministre Sam Hamad avait récoltés pour son financement politique en 2009, a ressorti la même défense qu’il opposait à ses adversaires à la fin du troisième mandat du gouvernement Charest.
 
Jean-Marc Fournier, qui occupait la même fonction sous Jean Charest, a ressassé le rapport Moisan de 2006 qui avait documenté le financement politique illégal du Parti québécois entre 1995 et 2000, ce financement dit sectoriel, alimenté par des prête-noms, dans lequel tant le PQ que le PLQ ont trempé, les libéraux étant toutefois beaucoup plus efficaces en la matière. Il a rabâché le nom de l’ancienne responsable péquiste du financement, Ginette Boivin, et il a reparlé d’Oxygène 9, cette firme de lobbyistes, formées de proches du PQ, qui a fait scandale en… 2002.
 
Pour faire bonne mesure, Jean-Marc Fournier, pour contrer l’offensive de l’opposition au sujet des ministres libéraux à 100 000 $, et même à 150 000 $ pour certains, a sorti des exemples un peu plus contemporains. Ainsi, Pierre Karl Péladeau, lors de la course à la chefferie, a récolté 100 000 $ en une seule soirée, a souligné le leader libéral, avec sa manière bien à lui de faire image, tout en mélangeant allègrement les pommes et les oranges.
 
Descendant de ses hauteurs olympiennes, Philippe Couillard a même participé à la foire d’empoigne, évoquant lui aussi les souvenirs du rapport Moisan et d’Oxygène 9. Pourtant, il y a deux semaines, quand François Legault a qualifié le PLQ de « parti de pourris » à la suite de l’arrestation de Nathalie Normandeau, il avait fait la leçon au chef caquiste. « Je vais le laisser seul baigner dans le caniveau. La population n’aime pas ce discours-là. La population n’aime pas la boue. Elle veut qu’on débatte d’idées, de principes, d’ambitions pour le Québec. »
 
Fort bien. Mais la semaine dernière à l’Assemblée nationale, on en fut quitte pour la boue.
 
La crise
 
Il faut dire que l’affaire Sam Hamad s’est transformée en une crise qui a surpris le cabinet du premier ministre. Quand le reportage de l’émission Enquête, de Radio-Canada, a révélé, jeudi de la semaine dernière, l’existence de courriels faisant état des liens entre Sam Hamad, son ami Marc-Yvan Côté et une aide financière à Premier Tech, le ministre était en Floride. C’était la relâche de Pâques. Philippe Couillard lui a demandé de revenir immédiatement.
 
L’entourage du premier ministre avait son plan : le ministre devait s’expliquer, ce qu’il a fait le jour de la diffusion du reportage et le lendemain, et il devait demander au commissaire à l’éthique et à la déontologie des députés de faire enquête. Philippe Couillard, laissant s’écouler une journée, annoncerait le samedi que le ministre abandonnait temporairement ses fonctions à des collègues ; pour ne pas trop accabler le brave Sam Hamad, le premier ministre lui permettrait de garder ses privilèges. Un « ministre de rien », a dénoncé l’opposition, avec salaire, garde du corps et limousine. On pensait que la proposition serait difficile à vendre à la population, mais que celle-ci elle accepterait la situation.
 
Le voyage
 
Mais voilà que Sam Hamad — il a affirmé que c’était sous le coup de la colère — décide de retourner en Floride. Un ministre payé à ne rien faire, sur qui le commissaire à l’éthique enquête et qui se prélasse en Floride, le mélange devient soudainement explosif. Qui plus est, au moment où on apprend que le ministre est en Floride, Jean Charest fait une rare apparition publique pour parler de gouvernance et de démocratie et des manifestants interrompent son discours en criant : « Charest corrompu ! » L’ancien premier ministre en profite pour défendre Nathalie Normandeau et, plus mollement, Sam Hamad. « Ça ne s’invente pas. C’était Back to the future », s’étonne encore un stratège libéral.
 
Pour une deuxième fois, Philippe Couillard est forcé de demander à son ministre de revenir en vitesse de Floride, d’autant plus que la plupart des députés libéraux sont estomaqués de voir, gracieuseté d’une télé américaine, leur collègue Sam, casquette sur la tête, sous le soleil floridien. Jeudi, Sam Hamad annonce qu’il redevient simple député, abandonnant son salaire de ministre.
 
Le risque
 
Dans cette histoire, il y a un homme qui se sait cérébral, froid et distant parfois, et qui veut à tout prix éviter de renforcer cette perception. Philippe Couillard a pris le risque politique de laisser Sam Hamad garder son salaire de ministre afin de se montrer humain devant son caucus, explique-t-on en substance. « Je ne veux pas, moi, me déshumaniser dans le travail que je fais. […] Les hommes et les femmes qui travaillent avec moi, ce ne sont pas des meubles, des objets », a fait valoir le premier ministre, jeudi, dans un point de presse. « J’ai voulu, moi, agir avec équité et également avec humanité. Je n’ai pas honte de le dire. C’est important pour moi, comme personne, de m’assurer que je traite les gens de façon respectueuse. »
 
Après une semaine passée à se disputer comme des chiffonniers, les députés devraient passer à d’autres sujets que les liaisons dangereuses et passées de Sam Hamad. C’est du moins l’intention des péquistes, a-t-on confié dans l’entourage de Pierre Karl Péladeau. Après tout, le gouvernement Couillard présente plusieurs failles, avance-t-on : un bilan économique médiocre, la maigre marge de manoeuvre en santé qui va aux médecins plutôt qu’aux patients et un réseau de l’éducation qui reste fragilisé par les coupes.
 
Et puis, les péquistes ont de quoi se réjouir : ils devraient remporter, lundi, l’élection partielle dans la circonscription de Chicoutimi, alors qu’il y a quelques semaines la candidate péquiste, Mireille Jean, était talonnée par la libérale Francyne T. Gobeil. Même les libéraux en conviennent. « Je pense qu’on aurait pu gagner Chicoutimi, n’eussent été les derniers événements », avance-t-on.
 
Depuis le début de l’année, rien ne va selon le plan pour les libéraux. Les déclarations de Philippe Couillard sur Anticosti et le gaz naturel ont forcé le report du dévoilement de la politique énergétique qui devait avoir lieu plus tôt, la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, a trébuché sur la valeur légale des mariages religieux, la ministre responsable de la Condition féminine, Lise Thériault, a défendu une conception étriquée et toute personnelle du féminisme. Et il y a ces relents du passé avec les Normandeau et Hamad. C’est une session à oublier, selon un député libéral. Mais à mi-mandat, les libéraux ont du temps devant eux et ils sont encore au premier rang dans les sondages. « Pour nous battre, il a fallu que Le Journal de Montréal réunisse la CAQ, le PQ et QS », se réjouit-on dans les rangs libéraux.

Attentats de Paris: l'arrestation de Mohamed Abrini en Belgique confirmée

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Publié par Associated Press le vendredi 08 avril 2016 à 19h47.
Attentats de Paris: l'arrestation de Mohamed Abrini en Belgique confirmée
BRUXELLES — Un fugitif soupçonné d'avoir pris part aux attentats de Paris a été appréhendé en Belgique, vendredi, ont annoncé les autorités belges, après une intervention policière liée aux attaques du 22 mars à Bruxelles qui a mené à cinq arrestations au total.
Le suspect, Mohamed Abrini, pourrait être le mystérieux ≪homme au chapeau≫ qui a été vu en train de quitter l'aéroport Zaventem après les deux explosions, selon l'un des représentants. Si c'est le cas, cela voudrait dire que Mohamed Abrini a joué un rôle important dans les deux attentats menés par une cellule du groupe armé État islamique (ÉI) qui ont fait un total de 162 morts, soit 130 à Paris et 32 à Bruxelles.

Les autorités belges disent devoir effectuer d'autres vérifications avant d'en venir à cette conclusion. Le procureur Eric Van der Sypt a précisé que le parquet enquêtait pour savoir si l'homme était bel et bien la troisième personne impliquée dans l'attentat à l'aéroport.

Un autre homme arrêté vendredi, Oussama K. — aussi appelé Naim Al Ahmed —, avait été vu avec le kamikaze du métro de Bruxelles, Khalid El Bakraoui, juste avant les attentats du 22 mars.

Oussama K. apparaissait également sur des caméras de sécurité du centre commercial City 2 lorsque les sacs qui ont servi aux assaillants de l'aéroport de Bruxelles ont été achetés.

Les empreintes digitales et l'ADN de Mohamed Abrini avaient été découverts sur une voiture Renault Clio utilisée lors des attentats de Paris, ainsi que dans un appartement du quartier Forest, à Bruxelles, qui avait été fréquenté par Salah Abdeslam, un autre suspect des attaques dans la capitale française.

Les arrestations de vendredi se sont produites un jour après que les autorités belges eurent diffusé des photos et des vidéos du suspect de l'aéroport bruxellois. Cinq heures après les arrestations initiales, les autorités belges menaient toujours une rafle dans le même quartier d'Anderlecht, à Bruxelles.

Le gouvernement belge et les représentants de la sécurité du pays se sont rencontrés vendredi pour évaluer les retombées de l'opération policière.

Mohamed Abrini était le dernier suspect connu encore en cavale relativement aux attentats du 13 novembre à Paris, bien que son rôle exact dans le massacre n'ait jamais été expliqué publiquement.

Âgé de 31 ans, le petit délinquant belge d'origine marocaine se serait rendu en Syrie au début de l'été dernier, pays où son frère cadet est mort en 2014 alors qu'il faisait partie de la ≪brigade francophone≫ de l'ÉI.

Il n'avait pas été vu depuis la publication d'une vidéo captée par une caméra de surveillance le montrant dans le convoi transportant les auteurs des attaques de la capitale française. Mohamed Abrini avait des liens avec Abdelhamid Abaaoud, le cerveau des attentats parisiens tué dans un affrontement avec la police le 18 novembre à Saint-Denis, et est un ami d'enfance de Salah et Brahim Abdeslam.

L'homme a séjourné à plusieurs reprises à Birmingham, en Angleterre, l'an dernier, rencontrant de nombreux individus soupçonnés de se livrer à des activités terroristes, a indiqué un représentant des autorités européennes en matière de sécurité.

La source a ajouté que ces rencontres s'étaient déroulées à de multiples endroits, dont des cafés et des appartements.

Mohamed Abrini avait fait le trajet vers Paris en compagnie de Salah Abdeslam, qui est présentement détenu en Belgique en raison de son implication dans les attentats de Paris, 36 heures avant les attaques dans la capitale française.

Objectif de 150 000 $ imposé aux ministres: «des peanuts», dit Rita de Santis

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Publié par La Presse Canadienne le vendredi 08 avril 2016 à 20h41.
Objectif de 150 000 $ imposé aux ministres: «des peanuts», dit Rita de Santis
QUÉBEC — La ministre Rita de Santis juge qu'il n'y a pas de quoi sursauter en apprenant que certains ministres libéraux, dans le passé, devaient collecter 150 000 $ pour garnir les coffres du Parti libéral du Québec (PLQ).
Un objectif de financement de 150 000 $, c'est ≪des peanuts≫, selon elle, surtout si on compare avec ce qui se fait ailleurs au pays.

La ministre responsable de la Réforme des institutions démocratiques, donc notamment du financement des partis politiques, a jugé bon, vendredi, en point de presse, de relativiser l'importance des sommes que devaient recueillir certains ministres libéraux en 2009.

On savait déjà que dans le gouvernement Charest, les ministres devaient s'occuper de financement et récolter chacun 100 000 $ par année pour la caisse électorale du parti. Radio-Canada révélait cette semaine que pour certains l'objectif était encore plus élevé, à 150 000 $, en 2009, une information qui a soulevé la controverse.

En Ontario et en Colombie-Britannique, les ministres ont des objectifs de financement autrement plus importants, pouvant atteindre jusqu'à 500 000 $, a-t-elle fait valoir en anglais.

Le député péquiste Bernard Drainville juge que la ministre a tort de banaliser ainsi certaines pratiques répréhensibles de financement des partis politiques.

≪Son rôle, en tant que ministre responsable de la Réforme des institutions démocratiques, est d'assainir les moeurs politiques. Par ses propos, Rita de Santis banalise les problèmes qu'elle devrait s'affairer à régler≫, a commenté le député.

Il lui a aussi demandé de condamner explicitement la pratique des ministres libéraux selon laquelle ils étaient tenus de récolter 100 000 $ ou 150 000 $, pour ≪marquer sa volonté de rompre avec le vieux Parti libéral≫.

En fin de journée, la ministre de Santis a tenu à préciser sa pensée par voie de communiqué.

≪Je ne banalise pas la situation : on m'a demandé de comparer les objectifs de financement d'autres provinces et ceux qui se pratiquaient auparavant au Québec, mais je n'approuve aucunement des pratiques douteuses≫, a-t-elle déclaré.

≪Ce que je voulais exprimer, c'est que le Québec a su tirer des leçons du passé et que d'autres provinces peuvent s'inspirer de nos avancées, si elles le souhaitent≫, a-t-elle ajouté.

La ministre de Santis avait commenté les objectifs de financement en marge d'une interpellation de la députée caquiste Nathalie Roy portant essentiellement sur le délai de prescription légal pour réclamer des sommes versées en trop aux partis politiques. Mme Roy veut que ce délai passe de cinq à 20 ans.

Mais la ministre juge cette demande irréaliste et impossible à appliquer, compte tenu de la difficulté croissante, au fil des ans, de bâtir une preuve solide pour intenter une poursuite.

Elle a noté que les documents (les contributions versées aux partis sous forme de chèques, par exemple) reliés au financement devaient légalement être conservés par les banques pendant sept ans, pas davantage. Tout le secteur bancaire relève du gouvernement fédéral.

≪Un délai de prescription doit correspondre à la durée de conservation documentaire≫, a-t-elle commenté pour justifier sa position.

La ministre a rappelé l'objectif de son gouvernement d'augmenter plus modestement le délai de prescription à un maximum de sept ans, conformément à la recommandation du Directeur général des élections et de la Commission Charbonneau.

Mme de Santis a dit ≪porter des lunettes roses≫ en permanence et s'affairer à diminuer le cynisme de la population envers la classe politique sur la question du financement des partis politiques.

Le mode de financement des partis politiques a beaucoup évolué depuis 2010 au Québec, et elle ne voit pas la pertinence d'exhumer le passé financier des partis.

≪Aujourd'hui, le monde dans lequel on vit n'est pas le monde qui existait en 2010≫, sur le plan des règles de financement des partis.

Donc, il y a des pratiques qui pouvaient être jugées acceptables en 2010, mais qui ne le seraient plus aujourd'hui, selon elle.

Ces dernières années, la contribution maximale annuelle permise à un parti politique est passée de 3000 $, à 1000 $, puis à 100 $.

Elle a rejeté les allégations de l'opposition voulant que le PLQ ait dans ses coffres de ≪l'argent sale≫, acquis illégalement.

≪Je ne sais pas où est l'argent qui aurait été supposément acquis illégalement≫, a-t-elle dit.

Elle a reconnu par ailleurs que la controverse récente autour de Sam Hamad, qui fait l'objet d'allégations de trafic d'influence, a pu faire mal au gouvernement en termes de perception quant à son intégrité.

Le fait que Sam Hamad ait choisi de partir en Floride la semaine dernière, alors qu'il était sous le coup de plusieurs enquêtes, n'a pas aidé non plus, a-t-elle convenu. ≪Ça n'a pas été très sage de sa part≫ d'aller en Floride, selon elle. Jeudi, cédant aux pressions, M. Hamad a renoncé à son poste de ministre pour redevenir simple député.

Écrasement aux Iles: funérailles samedi à La Prairie d'un des deux pilotes

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Publié par La Presse Canadienne le samedi 09 avril 2016 à 06h08. Modifié par Jacques Thériault à 07h54.
Écrasement aux Iles: funérailles samedi à La Prairie d'un des deux pilotes
Pascal Gosselin/Gracieuseté
MONTRÉAL - Les funérailles d'un des co-pilotes de l'avion qui s'est écrasé le 29 mars aux Iles-de-la-Madeleine et qui a coûté la vie à sept personnes, dont l'ancien ministre et chroniqueur politique Jean Lapierre, seront célébrées samedi.
Pascal Gosselin sera porté à son dernier repos samedi après-midi, à La Prairie, sur la Rive-Sud de Montréal.

L'autre pilote, Fabrice Labourel, a également péri dans la tragédie.

Vendredi, plus de 700 personnes ont assisté dans le village de Bassin, aux Iles, aux obsèques communes des membres de la famille Lapierre.

Une autre cérémonie commémorative aura lieu samedi prochain, 16 avril, en l'honneur de Jean Lapierre et de son épouse Nicole Beaulieu, à l'église Saint-Viateur d'Outremont, à Montréal.

Un cousin de Devante Smith-Pelly disparu à Laval: on craint pour sa santé

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Publié par La Presse Canadienne le samedi 09 avril 2016 à 04h28. Modifié par Jacques Thériault à 08h10.
Un cousin de Devante Smith-Pelly disparu à Laval: on craint pour sa santé
LAVAL, Qc - Un homme de 19 ans, Antoine Jarvis, cousin de l'ancien joueur du Canadien de Montréal, Devante Smith-Pelly, est porté disparu depuis jeudi à Laval.

On craint pour la santé du jeune homme qui doit prendre des médicaments antipsychotiques.
Par le biais de son compte Twitter, Devante Smith-Pelly a lui-même demandé à la population d'aider la police dans ses recherches.

Antoine Jarvis a été vu pour la dernière fois jeudi matin, vers 8h15, à sa résidence familiale dans le secteur de Chomedey.

De race noire, il mesure 1 mètre 93 et pèse 93 kilos. Il portait un manteau d'hiver blanc lors de sa disparition. Il parle anglais et français. Il a un tatouage sur la poitrine droite où est inscrit le mot ARSON.

La police croit qu'il pourrait circuler à bord des autobus de la Société de transport de Laval.