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mercredi, avril 26, 2017

L’UPAC cherche la source de la fuite sur Charest

http://www.ledevoir.com/politique/quebec/

26 avril 2017 | Marie-Michèle Sioui - Correspondante parlementaire à Québec
L’ancien premier ministre Jean Charest affirme qu’on veut «porter atteinte à sa réputation».
L’ancien premier ministre Jean Charest affirme qu’on veut «porter atteinte à sa réputation».
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir

Le gouvernement Couillard a insisté mardi sur l’importance de découvrir la source qui a permis la mise au jour de détails d’une enquête de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) sur l’ex-premier ministre Jean Charest, disant s’inquiéter davantage de l’intégrité du processus judiciaire que des soupçons pesant sur l’ancien chef du Parti libéral du Québec (PLQ).

En fin de journée, l’UPAC a fait part d’inquiétudes semblables à celles formulées par les troupes de Philippe Couillard : elle a commandé une enquête interne « afin d’identifier l’origine de la transmission de documents confidentiels qui a permis la diffusion publique de certains éléments d’une enquête criminelle active ».

L’annonce de l’organisation de la lutte contre la corruption est venue clore une journée agitée à l’Assemblée nationale. Le gouvernement Couillard a essuyé des attaques de tous les partis au lendemain de révélations de TVA voulant que Jean Charest et l’ancien collecteur de fonds libéral Marc Bibeau eussent été ciblés par des enquêtes de l’UPAC jusqu’à l’an dernier.

« Maintenant, à moins que mon collègue ne me signale un seul cas, un seul cas qui touche le gouvernement que je dirige depuis 2014 et le parti que je dirige depuis mars 2013, je ne vois pas l’utilité de pousser cette discussion plus loin. Les autorités en prendront acte », a finalement déclaré Philippe Couillard, pressé de questions au Salon bleu. Il avait auparavant esquivé une demande du Parti québécois, qui exigeait d’entendre MM. Charest et Bibeau, sous serment, dans une commission parlementaire.

« Aujourd’hui, il y a des milliers de travailleurs forestiers et leur famille qui se demandent de quoi leur avenir va avoir l’air. Aujourd’hui, nous, on est aux côtés des travailleurs forestiers », avait ainsi répondu le premier ministre.

Jean Charest réaffirme son innocence

Selon les informations de TVA, l’enquête qui aurait entraîné la surveillance de Jean Charest et de Marc Bibeau concernerait notamment le financement politique et l’octroi de contrats publics. Elle est encore en cours et n’a toujours pas été transmise au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) : elle n’a donc mené à aucune accusation jusqu’ici.

« Je prends acte de la déclaration du Directeur des poursuites criminelles et pénales à l’effet qu’“aucun dossier ne lui a été transmis”. Je ne ferai aucun autre commentaire, si ce n’est pour réaffirmer mon innocence face aux allégations qui circulent », a d’ailleurs affirmé l’ex-premier ministre et chef du PLQ, Jean Charest, par l’entremise de son avocat.

« Notre client est outré par le fait que de l’information apparemment obtenue en cours d’enquête, pourtant confidentielle, y compris des renseignements personnels, soit délibérément coulée dans les médias dans le seul but de porter atteinte à sa réputation, sur la foi de conjectures », a aussi fait savoir l’avocat de Marc Bibeau, Léon Moubayed.

En coulisses, on s’est inquiété que les fuites dans les médias ne fassent dérailler l’enquête de l’UPAC en plaçant MM. Charest et Bibeau sur leurs gardes. Officiellement, les rares élus libéraux qui ont commenté la nouvelle, comme le ministre de la Sécurité publique Martin Coiteux, se sont inquiétés de la préservation de « l’intégrité du système d’enquête et du système de justice ». « Mon inquiétude, ce n’est pas pour un parti politique. Mon inquiétude, c’est pour l’ensemble de ce système. S’il y a des gens qui ont commis des gestes graves, on veut qu’ils en répondent à la justice. [Pour cela], il faut que les enquêtes soient menées dans toute l’intégrité possible », a-t-il déclaré.

Le président du Conseil du trésor, Pierre Moreau, s’est inquiété de l’origine de la fuite dans les médias, précisant qu’il ne critiquait pas le travail de ces derniers. « Je ne vois rien dans les faits rapportés ce matin [mardi] qui constitue un geste répréhensible au plan pénal ou criminel, sauf le geste qui aurait été posé par une personne qui a prêté le serment de sauvegarder la confidentialité des informations dans le cadre d’une enquête et qui viole ce serment-là. Ça, ce serait un acte criminel », a-t-il avancé.

L’élu libéral s’est défendu de tenter de faire dévier le débat ou de proposer une chasse aux sources. « Le problème, a-t-il dit, c’est : d’où vient le document ? Qui l’a rendu public et est-ce que, ce faisant, il n’a pas commis un geste criminel ? »

Chercher les « patrons »

L’opposition n’a pas pointé le même « problème ». Selon le chef du PQ, Jean-François Lisée, l’enquête dévoilée dans les médias démontre la nécessité de faire témoigner MM. Charest et Bibeau publiquement. « C’est clair que ce n’est pas Nathalie Normandeau qui a organisé ce système-là, a-t-il déclaré au sujet de l’ex-vice-première ministre du gouvernement Charest, actuellement accusée de complot, de corruption, de fraude et d’abus de confiance. Si la vice-première ministre est accusée d’avoir participé à un système de corruption criminelle pour dévoyer des fonds publics, elle n’a pas inventé ce système-là, elle ne l’a pas dirigé seule, et le fait que l’UPAC essaie d’avoir des preuves sur M. Bibeau et M. Charest montre bien qu’elle cherche [à savoir] qui étaient les patrons de Mme Normandeau. »

La Coalition avenir Québec a plutôt tenté de contraindre le gouvernement à identifier les trois ministres ou députés dont les noms ont été voilés sur un diagramme policier qui illustrerait le financement politique illégal qui aurait eu cours au PLQ. « Ce tableau de l’UPAC nous apprend qu’il y a un lien entre Marc Bibeau et la nomination d’au moins trois ministres, a souligné la députée Nathalie Roy. Vous nous avez promis de la transparence ? Qui sont ces trois ministres ? » a-t-elle demandé à Martin Coiteux.

« On est au Québec, on est dans une société démocratique, on est dans une société de droit, nous ne sommes pas dans une république de bananes. Alors, on n’est pas dans une société où le gouvernement se met les deux pieds dans les enquêtes », a répliqué le ministre libéral.

Le député de Québec solidaire Amir Khadir a d’abord reconnu qu’à son avis, les méthodes de financement du PLQ ont changé. Il a cependant dénoncé la lenteur du processus judiciaire. « Quand la justice n’est pas rendue en temps utile, quand ce genre d’enquêtes là fait en sorte que la justice est défaillante, ça fait en sorte qu’on a encore un gouvernement libéral qui n’a pas rendu des comptes sur la corruption des moeurs politiques dont le suspect no 1 est M. Charest », a-t-il déclaré.

Jean-François Lisée en a rajouté. « Depuis un certain temps se pose la question de l’immunité libérale dans notre système de justice. L’immunité libérale, est-ce que ça existe ? […] Est-ce qu’il y a un système qui fait en sorte que la plus grande enquête de corruption de l’histoire politique du Québec n’arrive jamais à aboutir à la tête du réseau ? » a-t-il demandé.

Philippe Couillard a qualifié l’exercice du chef péquiste de « triste ». « Je rappelle d’ailleurs qu’il n’y a pas de jugements de tribunaux qui ont été prononcés encore. […] les institutions judiciaires de notre État jouent leur rôle de façon indépendante et il n’appartient ni à l’opposition officielle, ni à la deuxième opposition, ni à nous de nous immiscer dans leur travail », a-t-il insisté. Il a ensuite ajouté que, ce que les Québécois « veulent », c’est un « Québec plus prospère, un Québec où l’emploi se crée ».

mardi, février 28, 2017

La Maison-Blanche condamne l'attaque «raciste» contre deux ressortissants indiens

http://www.lapresse.ca/international/etats-unis/

Publié le 28 février 2017 à 15h47 | Mis à jour à 16h33
La mort de Srinivas Kuchibhotla, au Kansas, serait due à... (Photo Mahesh Kumar A., AP)
La mort de Srinivas Kuchibhotla, au Kansas, serait due à un acte racisme.
PHOTO MAHESH KUMAR A., AP
Agence France-Presse
Washington
La Maison-Blanche a condamné mardi l'attaque «motivée par une haine raciste» contre deux ressortissants indiens la semaine passée dans le Kansas, à l'issue de laquelle une des victimes était décédée et l'autre avait été blessée, un fait divers qui avait créé l'émoi jusqu'en Inde.
Après des critiques soulignant que Donald Trump n'avait pas condamné cette attaque, perpétrée par un homme blanc qui aurait crié «Sortez de mon pays» au moment de tirer sur ses victimes, une porte-parole de l'exécutif américain a dit que M. Trump pourrait revenir sur ce fait divers lors de son discours devant le Congrès mardi soir, et qu'il condamnait la violence.
L'attaque a lieu mercredi dans un bar de la banlieue de Kansas City. Le tireur présumé, Adam W. Purinton, âgé de 51 ans a tiré sur deux ingénieurs indiens et tué Srinivas Kuchibhotla, 32 ans.
Il a ensuite trouvé refuge dans un autre restaurant a proximité où il s'était vanté d'avoir tué «deux Iraniens», selon des propos d'une serveuse rapportés par plusieurs médias locaux, avant d'être appréhendé par la police.
Cette attaque est survenue dans un contexte tendu aux Etats-Unis, qui ont connu une augmentation des délits racistes et antisémites ces derniers mois.
Le journal Times of India a écrit dans un éditorial que le meurtre avait choqué la communauté indienne aux Etats-Unis et pressé Donald Trump «de dire clairement qu'une telle haine n'est pas acceptable en Amérique».

samedi, février 25, 2017

Québec impose du renfort à la SQ pour enquêter sur le SPVM

http://www.ledevoir.com/politique/quebec/

Le mal est si profond que le ministre Coiteux associe le BEI et d’autres corps policiers aux enquêtes

25 février 2017 | Québec 
Isabelle Porter - Avec La Presse canadienne à Québec
Philippe Orfali
Le ministre Martin Coiteux
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir
Le ministre Martin Coiteux
Devant de « nouveaux éléments » liés à la crise qui ébranle depuis une semaine le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, a dû se résoudre vendredi à déclencher une vaste enquête administrative et à élargir la portée de l’investigation policière présentement en cours.
 
Après une semaine de révélations explosives portant sur la fabrication d’éléments de preuve et des irrégularités en tous genres au sein de la division des enquêtes internes du SPVM, après avoir maintenu que la participation du BEI n’était pas requise, Martin Coiteux se ravise en partie. Des « informations sérieuses » reçues tard jeudi soir et concernant « plusieurs cas additionnels » lui ont fait comprendre l’existence de « problèmes systémiques », « concernant notamment les pratiques en matière d’enquête interne au SPVM ». C’est pourquoi la directrice du BEI, Madeleine Giauque, codirigera les efforts, avec un haut gradé de la Sûreté du Québec. Des policiers de la Gendarmerie royale et d’autres corps de police québécois seront aussi appelés en renfort.
 
Le gouvernement Couillard commande également une enquête administrative « sur les pratiques en matière d’enquête interne et de gestion » au SPVM, ainsi que sur toute autre pratique « susceptible de mettre en péril la confiance des citoyens envers leur corps de police ». Celui ou celle qui présidera cette enquête devra être nommé au cours des prochains jours.
 
Enfin, le chef de police de Montréal, Philippe Pichet, devra également expliquer ce qu’il entend faire « pour éviter que la situation s’amplifie ». M. Coiteux a refusé de dire si Philippe Pichet avait toujours sa confiance.
 
« Prenez note de l’ampleur des mesures que j’annonce aujourd’hui, ça vous donne une idée des préoccupations que je peux avoir », a-t-il dit en point de presse. Les témoignages transmis au bureau du ministre Coiteux par des policiers du SPVM feraient état de cas « plus complexes » que ceux décrits dans divers reportages depuis mardi, lorsque l’émission JE a révélé que le second plus important service de police municipal au pays aurait fabriqué des preuves afin de faire taire des employés qui auraient voulu dénoncer des cas de corruption au sein des forces de l’ordre.
 
Réactions
 
Le maire Coderre a affirmé être totalement d’accord avec le train de mesures annoncé par Québec en vue de faire le ménage au sein du SPVM. « Les différentes solutions qu’il a proposées [vont] attaquer en profondeur les problèmes qui minent le Service. » Contrairement à M. Coiteux, il a réaffirmé son soutien pour le chef de police Pichet. « Quand il a été nommé, on a dit qu’il ne faisait partie d’aucun clan […]. Il est donc tout à fait normal, à moins qu’il y ait des faits contraires, de lui accorder notre confiance. »
 
Quoi qu’il en soit, des « gestes » seront posés à la conclusion des deux enquêtes déclenchées par Québec, a-t-il ajouté.
 
Le directeur Pichet s’est quant à lui engagé à collaborer aux enquêtes gouvernementales. « Nous commençons immédiatement à produire le rapport que demande le ministre sur les mesures que nous mettrons en place pour assurer l’intégrité de notre travail. »
 
Les mesures annoncées par le ministre Coiteux sont insuffisantes, rétorque l’opposition à l’Hôtel de Ville et à l’Assemblée nationale. « Tant que l’administration Coderre persiste à bloquer toute tentative pour rendre plus transparentes les procédures de reddition de comptes de la haute direction du SPVM, la culture malsaine qui afflige cette organisation persistera et les scandales vont continuer de fuser de toutes parts », a insisté la chef de Projet Montréal, Valérie Plante.
 
Porte-parole du Parti québécois en matière de sécurité publique, Pascal Bérubé s’est dit soulagé de voir la directrice du BEI « enfin » mise à contribution… mais déplore que celle-ci n’ait pas été chargée du dossier dès le début, comme plusieurs le réclamaient.
 
La Coalition avenir Québec aurait par ailleurs voulu qu’on suspende Philippe Pichet de ses fonctions le temps de la réalisation de ces deux enquêtes. Le fait que la SQ soit toujours mêlée à l’enquête préoccupe son porte-parole, André Spénard. « Il y a trop de complicités entre les corps de police. C’est encore la police qui enquête sur la police. Ils vont se protéger entre eux. »
 
Même son de cloche chez Amir Khadir, de Québec solidaire. « C’est une espèce de tentative encore une fois de ne pas se rendre à l’évidence que c’est une crise de confiance grave. »
Crise au SPVM : une enquête sur plusieurs frontsUne enquête interne : Le ministre envoie un commissaire « à l’intérieur du SPVM » pour faire une enquête administrative. Son attention sera concentrée sur la division des enquêtes internes. Selon ce que les témoins allèguent, c’est de là qu’auraient émané les règlements de comptes entre policiers et la fabrication de preuves. Reste à nommer un commissaire « très bientôt », a dit le ministre. Déjà, le Parti québécois demande que les oppositions aient voix au chapitre dans la décision.

La directrice du BEI, sans le BEI : Le fait que l’enquête sur le SPVM ait été confiée à la SQ dérange depuis le début et les partis d’opposition ont réclamé toute la semaine qu’on la confie au Bureau des enquêtes indépendantes (BEI). Vendredi, le ministre a de nouveau indiqué que le BEI, une « une jeune organisation »,n’était pas en mesure de s’en charger, mais propose un compromis en donnant la « cogestion » de l’enquête à la patronne du BEI, Madeleine Giauque, qui travaillera avec le directeur général adjoint de la SQ, Yves Morency.

Des renforts de partout : En plus de Me Giauque, le ministre a requis l’aide des services de police de Québec, Longueuil et Gatineau. La GRC sera aussi plus présente.

Pichet toujours en poste, mais… : Malgré l’ampleur de la crise, le ministre n’a pas limogé le patron du SPVM. Prié de dire s’il lui faisait toujours confiance, le ministre n’a pas répondu, se contentant de dire que « c’est important de faire la lumière ».

dimanche, juin 12, 2016

Fusillade à Orlando: plus de 20 morts, enquête pour «acte terroriste»

http://www.lapresse.ca/international/etats-unis/

Publié le 12 juin 2016 à 06h59 | Mis à jour à 07h28
Plusieurs policiers sont présents autour du bar Le... (Photo Agence France-Presse/Police d'Orlando)
PHOTO AGENCE FRANCE-PRESSE/POLICE D'ORLANDO
Plusieurs policiers sont présents autour du bar Le Pulse à Orlando, en Floride.

Agence France-Presse
Miami
Une fusillade a fait une vingtaine de morts et 42 blessés dans la nuit de samedi à dimanche dans une discothèque gaie d'Orlando, dans le sud des États-Unis, selon un premier bilan de la police, qui a aussi annoncé le décès de l'auteur des coups de feu.
La police d'Orlando a indiqué dans un point de presse vers 7h15 que l'événement a fait «une vingtaine de morts». Quarante-deux personnes ont été transportées à l'hôpital.
De plus, le FBI a ouvert une enquête pour «acte de terrorisme».
«Le tireur à l'intérieur du club est mort», a mentionné la police, dans un tweet posté environ quatre heures après la fusillade qui a éclaté vers 2h00 selon les témoins.
Ce nouveau drame des armes à feu survient moins de 48 heures après le meurtre par balles, dans cette même ville de Floride, d'une jeune chanteuse américaine.
Peu avant d'annoncer la mort du tireur à l'intérieur du Pulse, situé dans le centre d'Orlando, la police avait indiqué avoir procédé à une «explosion contrôlée» devant le club, sans plus de détails.
La fusillade a éclaté «vers 2h00», a témoigné l'un des clients de la discothèque, Ricardo Negron, interrogé par Sky News.
«Quelqu'un a commencé à tirer. Les gens se sont jetés sur le sol», a-t-il raconté. «Il y a eu une courte pause dans les tirs et certains d'entre nous ont pu se lever et sortir en courant par derrière».
Ce témoin dit avoir entendu «des tirs ininterrompus» pendant probablement moins d'une minute, mais que cela lui a paru beaucoup plus long. «Il y a certainement eu des gens blessés, ou pire», a-t-il ajouté.
Aucune indication n'a été fournie sur le nombre de clients présents à l'intérieur de la discothèque au moment de la fusillade.
«Du sang partout»
Sur CNN, Christopher Hanson a expliqué avoir d'abord cru qu'il s'agissait de la musique avant de comprendre que c'était des tirs.
«Je n'ai vu aucun des tireurs. J'ai juste vu des corps tomber. J'étais au bar pour commander un verre, je suis tombé, j'ai rampé pour sortir. Les gens essayaient de sortir par derrière. Quand je suis arrivé dans la rue, il y avait du monde, du sang partout».
Le Pulse d'Orlando, qui se présente sur son site web comme «le bar gai le plus chaud d'Orlando», postait peu après sur sa page Facebook un dernier message lapidaire : «Sortez tous et courez!»
C'est la deuxième fois en trois jours que la ville d'Orlando est le théâtre d'une fusillade. C'est là que vendredi soir, une jeune chanteuse américaine, Christina Grimmie, ancienne candidate de l'émission The Voice, a été abattue alors qu'elle signait des autographes à l'issue d'un concert au Plaza Live, situé à moins de cinq kilomètres du Pulse.
Son agresseur, un jeune homme de 27 ans en possession de deux armes de poing, s'est donné la mort en se tirant une balle dans la tête sans que ses mobiles aient été éclaircis.
Le suspect s'appelle Kevin James Loibl et il était originaire de la ville de St. Petersburg dans l'État de Floride, dans le sud des États-Unis, avait précisé samedi la police d'Orlando. «Le suspect dans cette affaire n'est pas d'Orlando. Il est venu à Orlando, apparemment pour commettre ce crime, et prévoyait ensuite de rentrer chez lui», avait expliqué John Mina, chef de la police locale.
Les violences par armes à feu sont quasi quotidiennes aux États-Unis. Depuis le début de l'année, il y a déjà eu plus de 5800 morts par armes à feu dans le pays et plus de 23 000 incidents impliquant des armes à feu d'après le site Gunviolencearchive.org.
Située dans le comté d'Orange, la ville d'Orlando, qui compte environ 250 000 habitants, se trouve à l'intérieur des terres et est connue pour ses parcs d'attractions thématiques, notamment son complexe Disneyworld.

mardi, mai 10, 2016

La violence sexuelle, un fléau à l’université

http://www.ledevoir.com/societe/

Une étude québécoise révèle qu’une personne sur trois en est victime

10 mai 2016 |Jessica Nadeau | Éducation
Les chercheuses peuvent dire que 40 % des victimes ont subi des conséquences qui affectent leur vie professionnelle, scolaire ou personnelle, leur vie sociale ou leur santé physique.
Photo: Asli Cetin Getty Images
Les chercheuses peuvent dire que 40 % des victimes ont subi des conséquences qui affectent leur vie professionnelle, scolaire ou personnelle, leur vie sociale ou leur santé physique.


Consulter tous nos textes sur le congrès de l'Acfas
Une personne sur trois a été victime de violence sexuelle depuis son arrivée à l’université, révèle une enquête inédite menée par un groupe de chercheuses sur six campus du Québec. Et « la très forte majorité » de ces actes n’ont jamais été dénoncés.
 
« Les canaux institutionnels qu’on nous invite à investir pour porter plainte ne fonctionnent pas, les gens n’y vont pas », constate la chercheuse Sandrine Ricci, qui présentera les premiers résultats de l’enquête Sexualité, sécurité et interactions en milieu universitaire (ESSIMU) au congrès de l’Acfas mardi.
 
Entre le 19 janvier et le 31 mars, 8733 personnes qui travaillent ou étudient sur l’un des six campus visés par le projet ont répondu à un questionnaire en ligne élaboré par une équipe de chercheuses sous la direction de Manon Bergeron, professeure au Département de sexologie à l’UQAM.
 
De ce nombre, 37,3 % disent avoir vécu « au moins un événement de violence sexuelle en milieu universitaire ». Une personne sur 4 rapporte avoir été victime d’un tel acte au cours des douze derniers mois.
 
Près de la moitié des cas de violence sexuelle sont survenus « dans un contexte d’activités sociales ou festives », précise la chercheuse de l’UQAM, Sandrine Ricci. « Viennent ensuite les activités d’enseignement ou d’études, l’exécution de tâches professionnelles et puis l’initiation, qu’on avait exclue des activités sociales et prise séparément. L’initiation facultaire ou départementale, c’est 12 %. C’est quand même pas mal. »
 
Plusieurs formes de violence sexuelle
 
La victime « typique » est une étudiante de premier cycle (60 %). Et son agresseur est, dans 70 % des cas rapportés, un ou des étudiants de sexe masculin.
 
La majorité des actes rapportés entrent dans la catégorie du harcèlement sexuel. Viennent ensuite les attentions sexuelles non désirées — qui incluent l’agression sexuelle au sens traditionnel du terme — puis la coercition sexuelle, qui se définit par une sorte de chantage en retour de considérations futures liées à l’emploi ou en milieu scolaire.
 
« La coercition sexuelle, ça représente 3 %, c’est très faible. Mais sur un échantillon de 8733 personnes, ça fait du monde à la messe ! Dans un contexte où on veut vraiment éradiquer cette violence-là, il ne faut pas minimiser. »
 
Conséquences
 
Les chercheuses s’intéressent également aux impacts chez les victimes. D’emblée, elles peuvent dire que 40 % des victimes ont subi des conséquences qui influent sur leur vie professionnelle, scolaire ou personnelle, leur vie sociale ou leur santé physique. On pense à un changement de parcours scolaire par exemple ou à une augmentation de la consommation de drogue ou d’alcool.
 
Mais sur cet aspect, il y a beaucoup de facteurs à prendre en considération, note Sandrine Ricci, qui rappelle qu’il faut considérer un acte de violence sexuelle dans son ensemble et non comme un acte isolé. « Avec la notion de continuum, on évite de coller une étiquette de gravité parce que, si la personne en est à son huitième épisode de harcèlement, d’invitation à prendre une bière après le cours par exemple, et que cela s’accompagne d’autres victimisations antérieures, la gravité ou les conséquences peuvent être beaucoup plus importantes. »
 
Pas de dénonciations
 
Autre fait intéressant : 36 % des victimes n’ont jamais parlé de cet événement à autrui. Pas étonnant donc de voir que « la très forte majorité » n’a jamais porté plainte. Là aussi, il faudra investiguer davantage au cours de l’étude qualitative qui suivra, note Sandrine Ricci. Mais cette dernière est convaincue que la difficulté de porter plainte, dans la société en général, et le peu de résultats qui en découle sont au coeur du problème.
 
« Quand on a un cas de viol et que la victime a tout fait correctement : elle a été agressée, elle est allée voir la police tout de suite après, elle ne portait pas de minijupe, elle n’était pas saoule, ce n’est pas une femme dans la prostitution — éléments qui sont tous généralement ramenés pour discréditer la victime —, même dans ces cas-là, c’est toujours la parole de l’agresseur contre celle de la victime. Et il y a un taux de judiciarisation très faible. Les victimes savent ça. Alors quand ce sont des violences qui sont moins importantes, c’est tellement astreignant de porter plainte [qu’elles ne le font pas]. »
 
Banalisation
 
Une personne sur trois qui est victime de violence sexuelle, c’est beaucoup. Mais c’est quand même moins que ce à quoi s’attendait la chercheuse. « Mon impression, c’est qu’il y a très peu de femmes qui n’ont pas vécu un épisode [de violence sexuelle]. Je me serais donc attendue à plus de résultats sur cette base-là », confie la chercheuse.
 
« Il y a une tendance à la banalisation qui fait qu’il y a des gestes qui sont sous-rapportés. Il y a beaucoup de gens qui considèrent que ce n’est pas grave et oublient. Mais quand on pose des questions ouvertes, il y a des choses qui ressortent, d’où l’intérêt de mener des entretiens avec certaines personnes qui se sont portées volontaires. »
 
L’enquête Sexualité, sécurité et interactions en milieu universitaire a été réalisée auprès de personnes issues de l’Université du Québec à Montréal, de l’Université de Montréal, de l’Université Laval, de l’Université de Sherbrooke, de l’Université du Québec à Chicoutimi et de l’Université du Québec en Outaouais.

lundi, avril 25, 2016

L'UPAC enquête sur les liens entre Joël Gauthier et Tony Accurso

http://www.lapresse.ca/actualites/justice-et-affaires-criminelles/actualites-judiciaires/

Publié le 25 avril 2016 à 05h00 | Mis à jour à 05h00
Joël Gauthier a été jusqu'en juin 2014 l'un... (PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, ARCHIVES LA PRESSE)
PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, ARCHIVES LA PRESSE
Joël Gauthier a été jusqu'en juin 2014 l'un des dirigeants du Groupe Hexagone, créé au printemps 2013 à partir du rachat de certaines entreprises de l'entrepreneur controversé Tony Accurso.

Ce n'est pas une, mais bien deux enquêtes pour fraude que l'Unité permanente anticorruption (UPAC) a ouvertes depuis deux ans concernant Joël Gauthier, visé d'abord comme ancien PDG de l'Agence métropolitaine de transport (AMT) puis comme l'un des dirigeants d'Hexagone qui avait racheté une partie de l'empire Accurso.
Ce dernier élément est au coeur de documents judiciaires qui n'avaient pas été rendus publics jusqu'à maintenant. Ils sont datés de septembre dernier et ont servi à l'UPAC pour obtenir un mandat de perquisition à la succursale de la Banque Royale située à la Place Ville Marie. Tous les relevés des 15 comptes bancaires de Joël Gauthier étaient dans la ligne de mire des enquêteurs.
L'UPAC écrit avoir commencé l'enquête le 27 janvier 2015 à la suite d'une alerte lancée par l'Autorité des marchés financiers (AMF). Il s'agissait alors de vérifier si M. Gauthier avait bel et bien caché la provenance des fonds investis dans la transaction créant le groupe Hexagone à partir des entreprises de Tony Accurso.
Joël Gauthier avait affirmé publiquement que l'entrepreneur Accurso n'avait plus aucun lien avec la nouvelle entité. C'était d'autant plus important que M. Accurso est notamment accusé de fraude dans les dossiers Honorer (Laval) et Gravier (Mascouche), qu'il fait face à 928 chefs d'accusation pour fraude fiscale de la part de Revenu Québec et que certaines de ses anciennes entreprises ont été reconnues coupables d'avoir éludé plus de 4 millions en impôt fédéral.
Pour qu'Hexagone obtienne l'autorisation de soumissionner à des contrats publics, l'AMF avait exigé une «lettre d'avocat» confirmant que Tony «Accurso n'était pas impliqué ni de près ni de loin dans Hexagone». Le cabinet Legault-Joly-Thiffault a rempli cette condition et Hexagone a reçu l'autorisation de l'AMF en janvier 2014.
Convention de prêt
Six mois plus tard, La Presse a révélé que Tony Accurso avait soutenu financièrement Joël Gauthier. Une des entreprises de M. Accurso avait versé 166 666 $ à M. Gauthier, somme correspondant à l'investissement individuel des six actionnaires d'origine.
Les documents judiciaires viennent confirmer ces faits. L'UPAC indique que le service des finances d'Hexagone possède deux chèques: un de Louisbourg versé à Joël Gauthier daté du 23 avril 2013 ainsi qu'un chèque payé à l'ordre du cabinet Legault-Joly-Thiffault in Trust d'une somme équivalente et qui a été déposé dans un compte appartenant à M. Gauthier.
Selon un témoin rencontré par la police, la dette de Joël Gauthier a été comptabilisée dans la catégorie «avance aux employés».
L'UPAC considère que M. Gauthier «a mis en péril la survie» de l'entreprise en dépit du fait qu'il savait l'importance d'éloigner Tony Accurso de la transaction. 
Poursuite de l'AMF
Parallèlement au travail d'enquête de l'UPAC, l'Autorité des marchés financiers (AMF) a intenté l'été dernier une poursuite contre M. Gauthier pour avoir sciemment donné de fausses informations afin qu'Hexagone obtienne l'autorisation nécessaire pour brasser des affaires avec le gouvernement et les municipalités.
La poursuite a été déposée en vertu de la Loi sur les contrats des organismes publics et pourrait entraîner une peine minimale de 5000 $. La Cour du Québec doit entendre la cause à compter de septembre prochain.
Joël Gauthier est également sous la loupe de l'UPAC pour son passage à la tête de l'Agence métropolitaine de transport (AMT), de 2003 à 2012. Il est soupçonné de fraude, d'abus de confiance et de financement politique illégal. Il aurait eu des fréquentations irrégulières avec les firmes de génie et les entrepreneurs qui avaient obtenu des contrats avec l'AMT, estime l'UPAC.
Tous les soupçons de la police constituent toutefois des allégations qui n'ont pas subi l'épreuve des tribunaux. M. Gauthier n'a d'ailleurs pas été arrêté ni accusé.
Avant de diriger l'AMT, Joël Gauthier était directeur général du Parti libéral du Québec, et ce, jusqu'à l'accession au pouvoir de Jean Charest. C'est sous le gouvernement Charest que M. Gauthier a été nommé PDG de l'AMT.

lundi, avril 04, 2016

Paradis fiscaux: une enquête qui vise «à déstabiliser» la Russie

http://www.lapresse.ca/international/

Publié le 04 avril 2016 à 08h14 | Mis à jour à 08h14
L'un des proches de Vladimir Poutine incriminé par... (PHOTO DMITRY ASTAKHOV, ARCHIVES AFP)
PHOTO DMITRY ASTAKHOV, ARCHIVES AFP
L'un des proches de Vladimir Poutine incriminé par l'enquête est son ami d'enfance Sergueï Roldouguine (à gauche), dont les sociétés auraient racheté d'immenses pans de l'économie russe à travers d'autres compagnies offshore, par un savant jeu de poupées russes.

Agence France-Presse
MOSCOU
Le président russe Vladimir Poutine est la «principale cible» des «Panama papers», qui s'attaquent notamment à ses proches, a dénoncé lundi le Kremlin, évoquant une enquête journalistique pleine d'«inventions» et de «falsifications» visant à «déstabiliser» le pays.
«Poutine, la Russie, notre pays, notre stabilité, les prochaines élections sont la cible principale. Il s'agit de déstabiliser» le pays, a affirmé le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, à des journalistes.
«Je sais qu'il y a d'autres noms (incriminés dans l'enquête), mais il est clair que la cible principale de ces attaques est notre pays et son président», a-t-il poursuivi.
«Il n'y a rien de concret ou de nouveau sur Poutine, il n'y a pas de détails, et tout le reste se fonde sur des spéculations», a encore estimé M. Peskov, en ajoutant que Moscou n'avait pas l'intention de poursuivre en justice les auteurs de l'enquête.
«Nous connaissons bien cette soi-disant communauté journalistique. Il y en a de nombreux parmi eux dont le journalisme n'est pas l'activité principale. Beaucoup sont d'anciens employés du Département d'État, de la CIA, d'autres services secrets», a-t-il affirmé.
Selon les révélations des «Panama papers», enquête réalisée par une centaine de journaux, dont le russe Novaïa Gazeta, des associés du président russe auraient détourné jusqu'à deux milliards de dollars avec l'aide de banques et de sociétés-écrans, obtenant ainsi de l'influence auprès des médias et de l'industrie automobile.
L'un des proches de Vladimir Poutine incriminé par l'enquête est son ami d'enfance Sergueï Roldouguine, dont les sociétés auraient racheté d'immenses pans de l'économie russe à travers d'autres compagnies offshore, par un savant jeu de poupées russes.
«Roldouguine et de nombreuses autres personnes font toujours partie des amis de Poutine. Poutine a énormément d'amis en Russie et à l'étranger», s'est contenté de répondre M. Peskov, interrogé sur les liens entre le violoncelliste et le président russe.
«Il est évident que le niveau de poutinophobie a atteint un tel niveau qu'il est impossible de dire quoi que ce soit de positif à propos de la Russie», a-t-il affirmé.

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mercredi, janvier 06, 2016

CDN-NDG: enquête sur une fraude contre un OSBL

http://www.lapresse.ca/actualites/justice-et-affaires-criminelles/actualites-judiciaires/

EXCLUSIF
Publié le 06 janvier 2016 à 05h00 | Mis à jour à 08h27
La Corporation de développement économique communautaire (CDEC) Côte-des-Neiges/Notre-Dame-de-Grâce... (PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE)
PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE
La Corporation de développement économique communautaire (CDEC) Côte-des-Neiges/Notre-Dame-de-Grâce fait l'objet d'une enquête d'une dénonciation déposée le printemps dernier auprès du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

KATHLEEN LÉVESQUE ET VINCENT LAROUCHE
La Presse
La Corporation de développement économique communautaire (CDEC) Côte-des-Neiges/Notre-Dame-de-Grâce fait l'objet d'une enquête de la police de Montréal pour une possible fraude de deniers publics de quelque 100 000 $, a appris La Presse.
L'enquête découle d'une dénonciation déposée le printemps dernier auprès du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).
Les allégations concernent une employée de la CDEC dont les manoeuvres lui auraient permis de toucher une double paie pendant près de deux ans ainsi que de réclamer des remboursements exorbitants de comptes de dépenses.
Les CDEC sont des organismes à but non lucratif financés par les fonds publics pour accompagner les entrepreneurs et aider au développement de PME dans les arrondissements.
« Nous avons reçu des informations selon lesquelles il y aurait de la fraude au sein d'un organisme à but non lucratif. Une enquête est en cours, mais le dossier n'est pas complété », a confirmé à La Presse le sergent Laurent Gingras, porte-parole du SPVM.
Le conseil d'administration de l'organisme communautaire a été mis au parfum et a décidé de faire appel aux services d'un juri-comptable pour analyser en détail le problème. Le rapport est attendu dans les prochaines semaines.
Si les faits devaient incriminer l'employée, les administrateurs auront alors à décider s'ils portent plainte officiellement à la police. « Ce n'est pas un absolu, mais dans le cas d'un organisme sans but lucratif, s'il y a une résolution du conseil d'administration ou du bailleur de fonds pour porter plaine, cela peut permettre de faire cheminer le dossier plus rapidement », a souligné le sergent Gingras hier.
Joint au téléphone, Claude Lauzon a donné l'assurance que les conclusions du juri-comptable seront transférées au SPVM.
Deniers publics
« C'est un dossier " touchy ". On parle de sommes de moins de 100 000 $, mais ce sont des deniers publics », a expliqué le juri-comptable Pierre Fortier qui précise en être aux dernières vérifications.
Selon ce dernier, « plusieurs intérêts divergents sont en jeu ».
Jusqu'à récemment, la CDEC Côte-des-Neiges/Notre-Dame-de-Grâce, comme toutes les CDEC montréalaises, était financée principalement par la Ville de Montréal et dans une moindre mesure, par le gouvernement provincial.
À l'automne 2014, les compressions budgétaires du gouvernement ont forcé la réorganisation du réseau de soutien aux entreprises ; la grande majorité des CDEC ont ainsi été éliminées du paysage montréalais avec, à la clé, des centaines de pertes d'emplois. La Ville de Montréal a créé PME MTL pour prendre le relais, mais avec un budget amputé de 40 %.
Dans la foulée de ces changements, la CDEC Côte-des-Neiges/Notre-Dame-de-Grâce enclenchera le processus de sa dissolution à compter d'avril prochain. D'ici là, l'organisme termine son mandat.

dimanche, novembre 08, 2015

GÉNIE-CONSEIL L’industrie montre patte blanche en attendant Charbonneau

http://www.ledevoir.com/politique/

7 novembre 2015 |Guillaume Bourgault-Côté | Québec
Le rapport de la commission Charbonneau distribuera certainement des blâmes à des firmes membres de l’Association des firmes de génie-conseil du Québec.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne

Le rapport de la commission Charbonneau distribuera certainement des blâmes à des firmes membres de l’Association des firmes de génie-conseil du Québec.
Nouvelles normes d’éthique et d’intégrité, nouvelle gouvernance, nouveau nom… et tournée médiatique pour mettre ces changements de l’avant : à quelques semaines du dépôt du rapport de la commission Charbonneau, l’Association des firmes de génie-conseil du Québec (AFG) veut montrer patte blanche et assure que l’industrie a changé.
 
C’est une « tempête presque apocalyptique » qui s’est abattue sur le génie-conseil depuis quatre ans, reconnaissait jeudi le p.-d.g. de l’association, André Rainville, lors d’une entrevue éditoriale avec Le Devoir. « Nous avions le vent dans les voiles, puis le vent s’est transformé en tourbillon… Ça a été difficile. La réputation de l’industrie a été sérieusement entachée par des gestes indéfendables. »
 
Les nombreuses révélations des enquêtes journalistiques et de la commission Charbonneau ont provoqué une crise de confiance qui est aussi survenue dans un contexte économique« défavorable », dit M. Rainville. Résultat combiné : « On a subi une baisse des activités qui a mené à une diminution sévère des emplois. »
 
Ils étaient environ 23 000 à travailler pour les firmes québécoises de génie-conseil en 2012 : ils sont aujourd’hui 18 000, calcule l’AFG. Une diminution de 20 % qui témoigne des secousses subies par le génie-conseil au Québec.
 
Blâmes
 
Le rapport de la commission Charbonneau distribuera certainement des blâmes à des firmes membres de l’AFG (36 au total, dont toutes les grandes firmes sauf Groupe SMi et Aecom) : la nouvelle direction de l’association le « présume ». Mais André Rainville soutient que l’AFG et ses membres ont déjà fait le ménage nécessaire pour tourner la page et relancer l’industrie.
 
« Les leçons ont été apprises, des mesures ont été prises, dit-il. La remise en question a été complète. » Il y a eu des décisions symboliques — comme changer le nom de l’Association des ingénieurs-conseils du Québec en AFG —, d’autres plus structurelles. Ainsi le conseil d’administration de l’association n’est-il plus noyauté par des représentants des grandes firmes, fait notamment valoir M. Rainville.
 
Sur douze membres, neuf proviennent toujours des firmes de génie-conseil, mais cinq de ces postes sont réservés aux petites firmes (500employés et moins). Deux autres postes sont pourvus par des gens indépendants « qui ont un regard neutre qui n’est pas biaisé par l’industrie », selon M. Rainville. Un dernier siège est réservé à un délégué du Forum des jeunes professionnels de l’AFG.
 
Les firmes québécoises aimeraient aussi faire de l’intégrité de leurs pratiques une carte de visite internationale, soutient André Rainville. « Les normes sont de plus en plus sévères à travers le monde. Avoir un code d’éthique solide, avoir la certification de l’Autorité des marchés financiers, répondre aux mesures mises en place par Québec, tout cela peut devenir un avantage concurrentiel. »
 
Passeport entreprise
 
En ce sens, l’AFG accueille favorablement la mise en place prochaine par Québec d’un « passeport entreprise » (une série de mesures pour donner aux entreprises, notamment les PME, un meilleur accès aux contrats de l’État) et la création d’un poste de commissaire aux contrats publics. Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, a fait l’annonce de ces initiatives la semaine dernière.
 
« Ces deux mesures répondent à des recommandations qu’on a faites à la commission Charbonneau », relève M. Rainville. Cette semaine, la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante et la Corporation des entrepreneurs généraux du Québec ont aussi salué l’initiative de Québec. Les entrepreneurs y voient l’occasion de « corriger plusieurs omissions de la Loi sur les contrats des organismes publics ».

Financement: Dessau règle avec Ottawa
L’ancien vice-président de Dessau l’avait brièvement évoqué à la commission Charbonneau en 2013 : le financement illégal des partis politiques par des firmes de génie-conseil ne se limitait pas à l’ordre provincial. Le mandat de la commission ne s’étendait toutefois pas au fédéral, ce qui n’a pas permis d’approfondir ce volet.

Mais le dossier est revenu dans l’actualité vendredi, le commissaire aux élections fédérales annonçant que la firme Dessau inc. avait conclu une entente pour des gestes illégaux posés entre 2005 et 2008 par un« individu maintenant décédé ». Un stratagème de prête-noms avait été mis en place et avait permis de récolter quelque 40 000 $ au profit des libéraux et des conservateurs.

Les sommes ont été remboursées par les partis, et Dessau s’en tire sans amende, ayant reconnu les faits et accepté différentes conditions imposées par le commissaire.