jeudi, septembre 08, 2016

Lisée récolte des appuis du camp Hivon

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Quatre députés se joignent à la campagne du candidat à la chefferie du PQ, tandis que le meneur, Alexandre Cloutier, compte 12 appuis chez les élus


8 septembre 2016 |Marco Fortier | Québec

Jean-François Lisée a rencontré les médias mercredi après-midi avec les quatre députés qui l'appuient.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir
Jean-François Lisée a rencontré les médias mercredi après-midi avec les quatre députés qui l'appuient.

La campagne à la chefferie de Jean-François Lisée a obtenu l’appui de quatre députés péquistes, dont trois issus du camp de Véronique Hivon, qui estiment que leur collègue est le mieux placé pour « transformer le Parti québécois ».

L’aspirant-chef du PQ s’est présenté mercredi dans son fief de Rosemont avec les élus Carole Poirier, Mathieu Traversy, André Villeneuve et Alain Therrien. Ils ont vanté son expérience, ses qualités de rassembleur et sa campagne à la chefferie menée avec aplomb.

Il s’agit des quatre premiers appuis de députés pour Jean-François Lisée, qui obtient 23 % des intentions de vote des sympathisants péquistes, selon un sondage Léger publié samedi dans Le Devoir. Douze députés péquistes appuient Alexandre Cloutier, qui est en tête avec 39 % des voix. Martine Ouellet (18 % des intentions de vote) et Paul Saint-Pierre Plamondon (1 %) n’ont à ce jour aucun appui au sein des élus du PQ.

« Je veux que le Parti québécois change, je veux qu’il se transforme. Véronique Hivon parlait de faire de la politique autrement », a dit mercredi Mathieu Traversy, député de Terrebonne âgé de 32 ans.

« Clairement [Jean-François Lisée] est le candidat en qui j’ai le moins de doute qu’il sera capable d’y parvenir. Il y a d’autres candidats à qui j’ai posé des questions, avec qui j’ai eu de bonnes discussions, mais j’ai encore des doutes sur certains, sur leur capacité à aller jusqu’au bout de leurs ambitions. Je sens que M. Lisée a toute cette liberté, qu’il est capable d’aller jusqu’au bout de ses ambitions », a-t-il ajouté.

Opération de séduction

Les quatre députés pro-Lisée avaient appuyé la candidature de Bernard Drainville lors de la course à la direction du PQ qui avait couronné Pierre Karl Péladeau l’an dernier. Cette fois, trois d’entre eux appuyaient Véronique Hivon — Alain Therrien était resté neutre jusqu’à maintenant. Ils se rallient désormais à Jean-François Lisée. Ils ont nié appartenir à un mouvement « n’importe qui sauf Alexandre Cloutier ».

Les députés Sylvain Pagé et Claude Cousineau, qui appuyaient Véronique Hivon, ont besoin de temps pour réfléchir avant de se joindre à un autre candidat. Ils sont courtisés par tous les aspirants-chefs, pour qui l’appui d’un élu a une valeur considérable : un député arrive avec sa machine de circonscription pour faire du porte-à-porte et amasser des fonds, notamment.

La chasse aux nouveaux membres est toutefois mise en veilleuse, parce que les membres recrutés à partir de maintenant n’auront pas le droit de vote au scrutin du 7 octobre, selon les règles du parti.

Jean-François Lisée estime mener une « campagne ascendante ». Il compte annoncer au cours des prochains jours une série d’appuis au sein des militants des régions. « La porte est ouverte jusqu’au dernier jour » pour les sympathisants péquistes, y compris les élus Sylvain Pagé et Claude Cousineau, a dit M. Lisée.

Stratégie référendaire

Les quatre élus qui se sont ralliés mercredi ont dit du bien de la stratégie indépendantiste de Jean-François Lisée, qui s’engage à ne pas tenir de référendum avant l’année 2022, dans un deuxième mandat péquiste. Alain Therrien fait partie d’un groupe de députés qui a proposé en mai la tenue d’un référendum à deux choix : l’indépendance ou le renouvellement du fédéralisme. « À l’époque, j’avais salué l’effort intellectuel de mes collègues, mais j’avais jugé que leur proposition n’était pas praticable. Je suis content qu’Alain se rallie », dit M. Lisée.

L’éthique libérale mise à mal

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Anglade fait volte-face et renonce à engager le transfuge caquiste


8 septembre 2016 | Robert Dutrisac à Gatineau | Québec
La ministre Dominique Anglade
La ministre Dominique AngladePhoto: Jacques Boissinot La Presse canadienne
Après que le premier ministre Philippe Couillard et la ministre Dominique Anglade eurent défendu l’embauche d’un transfuge caquiste ayant emporté avec lui des documents confidentiels de son ancien parti, le gouvernement a fait volte-face, plaçant finalement la probité au-dessus de l’adhésion au Parti libéral du Québec.

En marge du caucus présessionnel des députés libéraux, la ministre de l’Économie, de la Science et l’Innovation avait dans un premier temps, en début d’après-midi, confirmé son intention d’embaucher dans son cabinet Frédéric Schautaud, un ancien recherchiste pour l’aile parlementaire de la Coalition avenir Québec, même s’il avait subtilisé des documents confidentiels de son ancien employeur.

« C’est un geste qui est inapproprié, c’est un geste qui témoigne d’un manque de jugement », avait reconnu alors Dominique Anglade. « Je ne pense pas que ça le disqualifie », avait avancé la ministre qui s’apprêtait à négocier les conditions d’embauche de ce jeune conseiller économique.

Mis en demeure pour une action « inappropriée »

Dans une lettre distribuée aux journalistes par le cabinet du premier ministre en réponse à une mise en demeure que lui avaient envoyée mardi les avocats de la CAQ, Frédéric Schautaud admet qu’il s’agit « d’une action inappropriée ». Il confirme que cette initiative était « strictement personnelle » et s’engage à ne faire aucune copie supplémentaire des documents. Il déclare qu’il n’a transmis aucun document et certifie la destruction de l’ensemble des documents et informations. Ce mea culpa satisfaisait la ministre.

Mais voilà qu’en fin d’après-midi, une heure après une conférence de presse où Philippe Couillard s’est évertué à minimiser la faute commise par la nouvelle recrue, Dominique Anglade est revenue devant la presse avec un point de vue qui n’était plus du tout le même. Précisant qu’elle s’était entretenue 45 minutes avec le candidat, elle a annoncé qu’elle renonçait à l’embaucher. « J’ai constaté, je dirais, peut-être une sous-estimation [de sa part]de la gravité des gestes qui sont posés », a-t-elle avancé.

« Dans les circonstances, la chose la plus importante, c’est quoi : c’est de garantir que le public a confiance dans ses institutions, et il faut qu’on ait une probité haute pour le bien-être de nos institutions », a-t-elle poursuivi.

Manque de jugement

Pourtant, une heure auparavant, Philippe Couillard avait défendu la nouvelle prise libérale, refusant d’employer les mots « voler » ou « subtiliser » pour parler des fautes que la CAQ reproche à son ancien recherchiste. « Les mots que vous employez sont très forts, a-t-il répondu à un journaliste. Moi, je préfère me concentrer sur le fait qu’il a reconnu que ses actions n’étaient pas appropriées, qu’il a indiqué ne pas avoir partagé l’information. »

Son manque de jugement est compensé par son adhésion au PLQ, a soutenu Philippe Couillard. « Le jugement peut s’appliquer également dans le choix qu’une personne fait d’adhérer à une organisation qui correspond mieux à ses valeurs, a-t-il fait valoir. On est un parti de ralliement. Les gens se rallient à nous de plus en plus. »

« Compte tenu de son désir de participer au programme du gouvernement qui est dans l’intérêt du Québec, on va poursuivre le processus [d’embauche] », a dit le premier ministre.

Dans la mise en demeure, le cabinet d’avocats LCM, qui représente la CAQ, a exigé de l’ex-recherchiste caquiste de lui fournir une déclaration assermentée contenant, notamment, la liste de tous les documents qu’il s’est appropriés et le nom des personnes auxquelles il a transmis ces documents. Les avocats l’ont sommé de détruire l’ensemble des documents.

« Parmi ces documents et informations confidentiels se trouvent des renseignements de nature hautement stratégique et sensible », écrivent les avocats dans la mise en demeure. Il s’agit, selon eux, d’« une violation des plus graves de votre obligation de confidentialité et de loyauté envers la CAQ ».

Défendre l’indéfendable

Tant Philippe Couillard que Dominique Anglade ont donné l’assurance qu’ils n’avaient pas pris connaissance d’aucun de ces documents. « Qu’on ait ou non ces documents, ça ne changera pas notre action gouvernementale », a dit le premier ministre.

À la CAQ, on a indiqué qu’on attendait toujours une déclaration assermentée de Frédéric Schautaud et que LCM avait reçu sa lettre non assermentée après que le cabinet du premier ministre l’eut distribuée aux journalistes. « M. Couillard a démontré lui-même son manque de jugement », a affirmé le porte-parole caquiste en matière de justice, Simon Jolin-Barrette. « Et Mme Anglade et M. Couillard, dans la journée, ont défendu l’indéfendable. Ç’a démontré encore une fois que l’éthique de M. Couillard et de son gouvernement est élastique. »

Un modérateur dans le collimateur

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Jeudi 8 septembre 2016 | Mise en ligne à 8h17

Richard Hétu, collaboration spéciale


La sécurité nationale étant le thème du forum, il fallait s’attendre à ce que l’affaire des courriels d’Hillary Clinton soit soulevée pendant les 30 minutes allouées à la candidate démocrate à la présidence. Mais fallait-il y consacrer près de la moitié du temps?
La réponse est devenue évidente lorsque Clinton a commencé à répondre à une question sur son plan pour vaincre le groupe État islamique, sa priorité en matière de contreterrorisme. «Aussi rapidement que vous le pouvez», a interjeté Matt Lauer, le modérateur du forum diffusé hier soir sur NBC et MSNBC. Après avoir poussé l’ancienne secrétaire d’État dans ses retranchements sur ses courriels (avec l’aide des membres de l’auditoire), l’animateur de l’émission Today a dû escamoter plusieurs autres sujets, coupant souvent la parole à la démocrate.
Cr0yyJrWAAEMueU.jpg-largeDurant sa période de questions, Donald Trump a reçu un traitement plus favorable de Lauer, qui ne l’a pas interrompu une seule fois ou contredit sur ses mensonges les plus évidents, notamment sur son opposition supposée aux interventions militaires en Irak et en Libye. Le New York Times a résumé sa performance en titrant de la façon suivante uneanalyse du forum sur son site internet : «Lauer, en tant que modérateur, talonne Clinton mais capitule devant Trump».
Sur Twitter, certains commentateurs ont soulevé la question du sexisme. «Lauer a interrompu les réponses de Clinton à plusieurs reprises afin de passer à autre chose. Pas une fois pour Trump. Difficile de briguer la présidence en tant que femme.»
La question du sexisme m’est cependant apparue sous un autre angle en écoutant les réponses creuses ou invraisemblables de Trump («Si nous avions pris le pétrole (en Irak), vous n’auriez pas eu l’État islamique», a-t-il notamment dit). Une femme aurait-elle pu remporter l’investiture d’un des grands partis américains en démontrant une méconnaissance aussi flagrante des enjeux internationaux ou intérieurs?
Sur la question de ses courriels, Clinton a répété qu’elle n’avait jamais utilisé un système non sécurisé lorsqu’elle devait communiquer des données classifiées, qui étaient traitées dans un «système complètement différent». «Les données classifiées ont un en-tête qui dit ”top-secret”, ‘’secret”, ”confidentiel”. Aucun des courriels envoyés ou reçus par moi avait un tel en-tête», a-t-elle déclaré.
Un ancien combattant républicain avait donné le ton à la discussion en affirmant qu’il aurait été «poursuivi et emprisonné» s’il avait fait la même chose qu’elle.
Clinton a par ailleurs exclu l’envoi de troupes de combat en Irak ou en Syrie si elle est élue à la présidence, tout en défendant son appui à l’intervention qui a mené au renversement du régime de Kadhafi en Libye.
Même s’il n’a pas été talonné par Lauer, Trump a tenu des propos susceptibles de lui nuire. Il a notamment refusé de rétracter le tweet suivant concernant les agressions sexuelles dans l’armée américaine. «Qu’est-ce que ces génies pensaient lorsqu’ils ont mis hommes et femmes ensemble?» Autrement dit, le viol est une pulsion naturelle chez les hommes, selon celui qui veut devenir président des États-Unis.
Trump a également repris ses louanges habituelles concernant Vladimir Poutine, le comparant avantageusement au président de son propre pays. «Vous voulez que je commence à énumérer les choses que fait le président Obama dans le même temps?» a-t-il déclaré après que Lauer lui a rappelé que Poutine avait envahi la Crimée et soutenu Bachar al-Assad, entre autres.
Trump a également dénigré les généraux américains, «réduits en ruines» sous Obama selon lui, histoire d’expliquer pourquoi il en savait plus qu’eux sur l’EI.
Et Lauer est passé à la question suivante.

Entente in extremis entre Québec et Uber

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Publié le 08 septembre 2016 à 01h32 | Mis à jour à 07h38
L'entente de principe prévoit que le projet-pilote permettant... (PHOTOthèque La Presse, PATRICK SANFAÇON)
L'entente de principe prévoit que le projet-pilote permettant à Uber
d'opérer en toute légalité sera d'une durée d'un an.
PHOTOTHÈQUE LA PRESSE, PATRICK SANFAÇON

(GATINEAU) Québec et Uber ont conclu une entente de principe in extremis, juste avant le coup de minuit et l'expiration du délai imposé par la loi. Un projet-pilote d'un an sera mis en place pour encadrer les activités de l'entreprise.
Le ministre des Transports, Laurent Lessard, en a fait l'annonce devant une poignée de journalistes vers 00 h 30, dans l'hôtel de Gatineau où se tient la réunion du caucus libéral pour préparer la rentrée parlementaire. Uber a confirmé un peu plus tard le maintien de ses opérations au Québec.  
L'entente de principe prévoit que le projet-pilote permettant à Uber d'opérer en toute légalité sera d'une durée d'un an. L'entreprise doit respecter une série d'obligations qui « correspondent aux principes que le gouvernement avait mis de l'avant », a soutenu Laurent Lessard.  Ainsi, « on maintient le régime québécois d'avoir un seul type de permis » de taxi. Uber fonctionnera à titre d'intermédiaire.
L'entreprise a également accepté de procéder à la vérification des antécédents judiciaires et de se soumettre à l'inspection des véhicules.
La multinationale s'est entendue avec Québec pour reverser au fisc la TPS et la TVQ qu'elle prélèvera à l'avenir sur chaque course faite par ses chauffeurs UberX. Le gouvernement n'efface pas l'ardoise des arriérés de taxes. « Pour le passé, il y a toujours une poursuite qui est encours. Cette poursuite est maintenue », a indiqué Laurent Lessard.
Selon l'entente, Uber doit respecter un plafond de 50 000 heures par semaine pour l'ensemble de ses chauffeurs, une exigence à laquelle tenait le gouvernement et qui faisait l'objet des derniers éléments à régler dans la négociation. Chaque course sera frappée d'une contribution au gouvernement - dans les coulisses, on parlait de 45 sous durant la soirée d'hier, mais ce chiffre n'a pas été confirmé par le ministre Lessard. « Il y a une gradation au-delà d'un certain nombre d'heures », a-t-il précisé. Si Uber dépasse le plafond, « il y aura des pénalités additionnelles ».  « Ce qui est important pour nous, c'est la redevance de base, qui devait être significative », a insisté le ministre.
Les redevances perçues seront versées dans un fonds « qui s'ajoutera aux cinq millions de dollars qui visent à aider l'industrie du taxi à se moderniser ». Ce sera ainsi une forme d'indemnisation pour les chauffeurs de taxi.
Avec un tel système de redevances, « on est en train de compétitionner plus à armes égales », selon Laurent Lessard.
Les parties se sont également entendues sur le niveau d'assurance nécessaire.
Les modalités du projet-pilote seront présentées aujourd'hui, probablement à la suite d'une réunion du conseil des ministres.
Le directeur général d'Uber Québec, Jean-Nicolas Guillemette, a réagi à la conclusion d'une entente de principe par voie de communiqué. « Alors que nous aurons besoin d'évaluer notre capacité à offrir un service de qualité pour les partenaires-chauffeurs et les utilisateurs sous ce nouveau projet pilote, nous avons décidé de continuer nos opérations pour le moment », affirme-t-il. Uber veut selon lui démontrer au gouvernement qu'il est « prêt à travailler dans une industrie réglementée et à être un partenaire de l'innovation ». « Dans les jours à venir, nous serons plus aptes à comprendre les impacts de ce projet-pilote sur les utilisateurs, les partenaires-chauffeurs et le transport dans nos villes », ajoute-t-il.
S'il n'y avait pas eu entente, et comme le prévoit la loi 100 adoptée en juin, les chauffeurs d'UberX qui offraient leurs services risquaient la suspension de leur permis, la saisie de leur véhicule et des amendes salées.