Élections partielles: sévère avertissement pour le gouvernement

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Publié le 05 décembre 2016 à 20h09 | Mis à jour le 06 décembre 2016 à 06h24
Dans Verdun, où sa candidate Isabelle Melançon l'a... (PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE)
PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE
Dans Verdun, où sa candidate Isabelle Melançon l'a emporté, Philippe Couillard a clairement accusé le coup. « La composition de l'Assemblée nationale ne change pas » a-t-il soutenu d'entrée de jeu. Mais la déception était visible. « Bien sûr, on aurait souhaité un autre résultat, mais il y aura d'autres combats, d'autres rendez-vous », a-t-il soutenu en fin de soirée.

DENIS LESSARD
La Presse
(Québec) Pas de changements dans la distribution des sièges à l'Assemblée nationale. Les quatre circonscriptions en jeu dans les élections complémentaires, lundi, n'ont pas changé de couleur. Mais le gouvernement libéral a reçu un très sévère avertissement des électeurs, clairement en recul dans chacune des circonscriptions disputées.
Dans Verdun, Philippe Couillard a clairement accusé le coup. «La composition de l'Assemblée nationale ne change pas» a-t-il soutenu d'entrée de jeu. Mais la déception était visible. «Bien sûr, on aurait souhaité un autre résultat, mais il y aura d'autres combats, d'autres rendez-vous», a-t-il soutenu en fin de soirée, promettant de «garder le cap» mais «d'écouter encore plus nos citoyens» à l'avenir.
Car dans cette circonscription de Verdun, où le Parti libéral du Québec (PLQ) pensait écraser ses adversaires, la candidate Isabelle Mélançon a récolté 35% des suffrages au moment de mettre sous presse, une majorité de 766 voix sur le candidat du Parti québécois (PQ), Richard Langlais, qui obtient 27% des votes. Aux élections générales de 2014, dans cette circonscription, l'ex-ministre Jacques Daoust avait récolté plus de 50% des voix, avec une majorité de près de 9000 votes. Lorraine Pintal, une vedette pour le PQ en 2014, avait moins bien fait que le candidat Langlai, lundi.
Au surplus dans ce bastion libéral, une coalition entre le PQ et Québec solidaire (QS) l'aurait facilement emporté; Véronique Martineau, la candidate solidaire, a raflé près de 20% des suffrages, un record pour le tiers parti.
La CAQ évite un blanchissage
Dans Arthabaska, où les libéraux avaient des espoirs de victoire, les millions investis à la onzième heure à l'Hôpital de Victoriaville et l'appui de la soeur de la regrettée Sylvie Roy n'auront pas permis au candidat libéral Luc Dastous de l'emporter.

François Legault, qui a travaillé jusqu'à la dernière minute dans la circonscription a gagné son pari et évité un blanchissage qui aurait été dévastateur pour sa formation. Le candidat de la Coalition avenir Québec (CAQ), Éric Lefebvre, l'a emporté très clairement avec 46% des suffrages, juste au-dessus du score de Sylvie Roy à la générale d'avril 2014. Avec 27% d'appui, le libéral Dastous est en déficit de trois points sur son score de 2014.
Clairement soulagé, François Legault a souligné le travail acharné d'Éric Lefebvre. «On doit avoir la même recette d'ici les élections de 2018», rappelant le score impressionnant de 46% des voix de son candidat et «l'écrasement» du vote libéral. La perte d'Arthabaska aurait été un constat très cruel pour le chef caquiste qui ne pouvait se permettre un blanchissage lundi soir.
Le PQ dans marie-victorin
Dans Marie-Victorin, sans surprise, Catherine Fournier, candidate péquiste, a gagné très facilement, avec plus de 52% des voix. Fait singulier, les trois autres partis se trouvent bien loin, au coude-à-coude. Le candidat de QS, Carl Lévesque, est deuxième avec 15% des voix, suivi de Julie Chapdelaine, de la CAQ, avec 14%. Le PLQ termine quatrième dans cette circonscription de la Rive-Sud de Montréal, avec un famélique 12% des suffrages. Aux générales de 2014, Bernard Drainville l'avait emporté avec 38% des suffrages, mais les libéraux avaient alors terminé deuxièmes avec 26% des voix.
Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, remporte presque son pari : améliorer le résultat de son parti dans chacune des quatre circonscriptions. Lundi, le PQ a fait mieux dans trois circonscriptions et fait le même score qu'il y a deux ans dans Arthabaska. «On a vécu dangereusement au Parti québécois, on a changé de chef, mais on est plus forts que jamais, on est soudés» a-t-il lancé.
«Aujourd'hui, les Québécois ont décidé d'envoyer un signal de changement» et fait la démonstration qu'ils «en ont assez d'un gouvernement qui va de scandale en scandale». Pour ce renouveau, «il n'y a pas de meilleur symbole que Catherine Fournier, la plus jeune femme élue à l'Assemblée nationale», de rappeler le chef péquiste.
Dans Saint-Jérôme, sans grande surprise, le péquiste Marc Bourcier l'a emporté sur le caquiste Bruno Laroche. Pierre Karl Péladeau avait récolté 37% des sièges en 2014 dans cette circonscription naturelle pour le PQ; M. Bourcier frôle, lui, les 50%. L'élu municipal Bruno Laroche, de la CAQ, finit deuxième avec un solide 35 % des suffrages, dans une circonscription remportée en 2012 par la vedette caquiste Jacques Duchesneau.
Encore une fois, dans l'ancienne circonscription de Pierre Karl Péladeau, le vote libéral a fondu sans appel. Naomie Goyette a récolté près de 10% des voix, soit deux fois moins, en proportion, qu'Armand Dubois qui portait les couleurs du PLQ en 2014.

France: Valls démissionne mardi, nouveau gouvernement en vue

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Publié le 06 décembre 2016 à 07h10 | Mis à jour à 07h10
Le premier ministre français Manuel Valls a annoncé lundi... (REUTERS)
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Le premier ministre français Manuel Valls a annoncé lundi soir qu'il était candidat à la présidence de la République et comptait participer «en pleine liberté» à la primaire socialiste, quatre jours après la décision surprise du président François Hollande, très impopulaire, de ne pas se représenter.

LUCILE MALANDAINLAURE FILLON
Agence France-Presse
Paris
Le premier ministre français Manuel Valls, lancé dans la course à l'investiture présidentielle, doit démissionner mardi de son poste, entraînant la formation d'un nouveau gouvernement à cinq mois du scrutin.
Le chef du gouvernement a annoncé lundi soir qu'il était candidat à la présidence de la République et comptait participer «en pleine liberté» à la primaire socialiste, quatre jours après la décision surprise du président François Hollande, très impopulaire, de ne pas se représenter.
Né Espagnol il y a 54 ans et naturalisé Français à l'âge de 20 ans, cet homme au caractère volontaire compte désormais se consacrer pleinement à la campagne de la primaire socialiste des 22 et 29 janvier, qui le verra se confronter avec plusieurs prétendants plus à gauche que lui.
Le premier ministre s'est rendu mardi matin à l'Élysée et la formation du nouveau gouvernement -le troisième du quinquennat socialiste- devrait être assez rapide.
Depuis plusieurs jours, une liste de noms de personnalités toutes membres du gouvernement circule pour le remplacer : Bernard Cazeneuve (Intérieur), Jean-Yves Le Drian (Défense), Stéphane Le Foll (Agriculture), Marisol Touraine (Santé), Michel Sapin (Finances) ou Najat Vallaud-Belkacem (Éducation).
Au fil des heures, deux favoris semblaient se dégager. D'un côté, le «couteau suisse» du gouvernement, Bernard Cazeneuve. Ministre délégué aux Affaires européennes de mai 2012 à mars 2013, il avait remplacé au pied levé au Budget Jérôme Cahuzac, mis hors jeu après la découverte d'un compte caché en Suisse. M. Cazeneuve avait ensuite succédé à Manuel Valls à l'Intérieur en avril 2014.
Cette option cependant pose la question de la succession à l'Intérieur, ministère clé, en cette période de risque terroriste très élevé en France, toujours en état d'urgence après les attentats meurtriers de novembre 2015.
Le deuxième favori est un autre grand fidèle du président: l'actuel porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll. Celui qui a bouclé tous ses grands dossiers à l'Agriculture a déjà fait savoir qu'il ne dirait «pas non» au poste de premier ministre.
Le futur Premier ministre battra, avec un bail de cinq mois, le record du plus bref passage à Matignon, détenu par la socialiste Édith Cresson avec dix mois entre 1991 et 1992. Il devra gérer les affaires courantes jusqu'au scrutin présidentiel d'avril-mai 2017.
«Rassembler»
Le chef du gouvernement, en poste depuis mars 2014, compte de son côté fédérer la gauche en miette, actuellement donnée perdante à la présidentielle par tous les sondages.
Celui qui se présente comme un moderniste et avait il y a quelques mois évoqué des «gauches irréconciliables», a mis l'accent lundi soir sur sa volonté de «réconciliation». Quitte à «manger son chapeau», ironisait mardi le quotidien Le Monde.
Ce pari de l'union est loin d'être gagné, alors que son style autoritaire, son positonnement social libéral, son discours pro-entreprise et sa vision très stricte de la laïcité lui ont valu des aménités dans son propre camp. Les fidèles de François Hollande ont déjà fait savoir qu'il n'aurait pas leur soutien «automatique». Même tonalité de la part de Martine Aubry, un des poids lourds socialiste.
«J'ai pu avoir des mots durs, susciter des débats, des incompréhensions», a reconnu Manuel Valls. «Mais j'ai toujours assumé les décisions collectives», a-t-il assuré.
Une fois passée la primaire, le candidat du PS devra encore affronter le chef de file de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon et l'ancien ministre de l'Économie Emmanuel Macron, plus au centre. Tous deux ont exclu de participer à la primaire, tout comme le candidat écologiste Yannick Jadot.
Manuel Valls veut combattre l'extrême droite dont le programme «ruinerait les petites gens, les retraités, les ouvriers» et la droite menée par le très libéral François Fillon, qui représente à ses yeux «un recul social généralisé».
Tous les sondages actuels donnent le candidat de la gauche défait lors de l'élection présidentielle et la droite victorieuse, après un second tour entre la candidate de l'extrême droite, Marine Le Pen, et François Fillon.