Un Québécois sur six croit que le pétrole est une source d'énergie renouvelable

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Dossier : Le Québec, producteur de pétrole?
Dossier : Le Québec, producteur de pétrole?

Un sondage mené pour le compte de chercheurs de l'École polytechnique de Montréal et du CIRANO fournit des renseignements étonnants sur l'état des connaissances de la population québécoise au sujet des enjeux énergétiques et des changements climatiques. L'enquête a été effectuée en ligne auprès de 1010 Québécois.
Un texte de Philippe-Antoine SaulnierTwitterCourriel
Bien que les projets de pipelines, d'éoliennes, d'exploration pétrolière et gazière soient des sujets qui reviennent régulièrement dans l'actualité, les Québécois admettent que leurs connaissances sont limitées.
Trente pour cent disent avoir un niveau de connaissance faible ou négligeable sur la situation énergétique du Québec. Le manque de maîtrise de ces enjeux se reflète sur la perception que les Québécois ont des différentes sources d'énergie. Ainsi, 9 répondants sur 10 savent que l'énergie éolienne est une ressource renouvelable, mais 27 % croient qu'il en est de même pour le gaz naturel, 13 % pour le charbon, et 17 % affirment que le pétrole est une source d'énergie renouvelable.
Gaz de schiste
50%
Ne sait pas
100%
Gaz naturel
Nucléaire
Pétrole
Charbon
Gaz de schiste
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La lutte contre les changements climatiques ne fait pas consensus
Ceux que l'on appelle les climatosceptiques sont plus nombreux qu'on pourrait le croire. Contrairement aux conclusions du Groupe d'experts internationaux sur l'évolution du climat (GIEC), 6 % des répondants au sondage soutiennent que le réchauffement climatique n'est pas prouvé scientifiquement. 19 % admettent que le réchauffement climatique planétaire a été scientifiquement prouvé, mais sont d'avis que les activités humaines n'en sont pas la cause.
En tout, 25 % des Québécois seraient donc climatosceptiques. Cette proportion grimpe à 44 % dans la grande région de Québec, alors qu'elle n'est que de 21 % dans la grande région de Montréal.
L'étude dresse un portrait détaillé des climatosceptiques. Ils sont le plus souvent des hommes, et ils sont surreprésentés chez les personnes ayant une formation primaire, secondaire ou collégiale, comparativement aux diplômés universitaires. Les répondants dont le revenu annuel est inférieur à 40 000 $ sont les plus nombreux à faire partie de ce groupe.
Malgré la mauvaise presse dont fait parfois l'objet l'industrie pétrolière, les Québécois préféreraient l'extraction du pétrole d'ici, plutôt que l'importation. 42 % seraient pour l'exploitation du pétrole québécois; 19 % privilégieraient l'importation de pétrole de l'ouest du pays; 14 %, de l'est; et 7 %, l'importation étrangère.
Ne sait pas
42 %
Exploiter le sous-sol québécois
14 %
Importer de l'Est du Canada
19 %
Importer de l'Ouest du Canada
7 %
Importer de pays étrangers
18 %
Ne sait pas
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Les interprétations diffèrent
L'environnementaliste Steven Guilbault refuse toutefois d'y voir un appui à la filière pétrolière. « Cette question-là, c'est un peu : "Est-ce que vous aimez la tarte aux pommes?" », dit-il.
« De façon générale, les gens vont toujours préférer acheter local, encourager l'économie locale plutôt qu'encourager l'économie ailleurs. Si on avait mis en perspective par exemple les risques environnementaux, les risques économiques de se lancer dans l'aventure du pétrole au Québec, moi je soupçonne que les résultats auraient été différents », poursuit-il.
Les Québécois jugent somme toute qu'ils ont peu d'emprise sur les enjeux énergétiques. Six sur 10 croient que leurs propres comportements ont peu ou pas d'influence sur la consommation totale d'énergie au Québec.
Selon Nathalie de Marcellis-Warin, professeure à l'École polytechnique et coauteure de l'étude, les gens « ont l'impression que c'est dans les mains du gouvernement, qu'ils ne sont pas des acteurs de changement. C'est ça qu'il va falloir modifier, la perception des gens sur cet aspect-là. Ils peuvent être un aspect important, par leur consommation, par leurs choix énergétiques, par leur propension à payer. »
Pour Nathalie de Marcellis-Warin, ce coup de sonde jette un éclairage précieux sur l'état d'esprit des Québécois, au moment où des évaluations environnementales stratégiques sont en cours au sujet des hydrocarbures et où le gouvernement Couillard mène des consultations sur l'acceptabilité sociale des grands projets énergétiques et la future politique québécoise de l'énergie.

L'ex-conseiller municipal Saulie Zajdel plaide coupable de corruption

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Publié par La Presse Canadienne le mercredi 27 mai 2015 à 13h19. Modifié par Danielle Arsenault à 16h58.
L'ex-conseiller municipal Saulie Zajdel plaide coupable de corruption
Graham Hughes / La Presse Canadienne
MONTRÉAL - Saulie Zajdel, qui a été conseiller municipal de Montréal pendant 23 ans et candidat conservateur défait dans Mont-Royal, a plaidé coupable, mardi, à des accusations de corruption et d'abus de confiance.
D'abord accusé de cinq chefs, M. Zajdel évite la prison grâce à ses deux plaidoyers de culpabilité relativement à des transactions immobilières dans son arrondissement de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce (CDN-NDG). Il a aussitôt été condamné à une peine de 18 mois de prison avec sursis, période durant laquelle il devra effectuer 240 heures de travaux communautaires. Il devra aussi verser 10 000 $ à divers organismes.

Conseiller municipal pendant près d'un quart de siècle dans CDN-NDG, M. Zajdel a été tour à tour des administrations de Jean Doré, de Pierre Bourque et de Gérald Tremblay, de 1986 à 2009.

Il avait été arrêté par l'Unité permanente anticorruption il y a deux ans, en même temps que le maire intérimaire de Montréal, Michael Applebaum — ancien maire de CDN-NDG —, et l'ex-directeur de cet arrondissement, Jean-Yves Bisson. L'ex-conseiller municipal avait ensuite été formellement accusé de cinq chefs d'abus de confiance, de fraudes envers le gouvernement et de corruption.

Saulie Zajdel a aussi touché à la politique fédérale, en devenant en 2011 candidat conservateur dans le château-fort libéral montréalais de Mont-Royal, contre Irwin Cotler, qui représente cette ancienne circonscription de Pierre Trudeau depuis 1999. Défait aux élections de 2011, M. Zajdel a alors été recruté par le ministre du Patrimoine de l'époque, James Moore, pour devenir son «agent de liaison interculturelle». M. Cotler, alors dans l'opposition, estimait plutôt que M. Zajdel agissait comme un «député fantôme», travaillant dans l'ombre pour le gouvernement conservateur dans le comté. Il a finalement quitté ce poste en 2012.

L'ex-directeur de l'arrondissement de CDN-NDG Jean-Yves Bisson faisait face à quatre chefs d'accusation relativement à de présumés pots-de-vin, mais il a reconnu sa culpabilité pour un de ces chefs, et il a lui aussi échappé à la prison. Il a écopé d'une peine d'emprisonnement avec sursis de neuf mois et de 241 heures de travaux communautaires; il devra aussi verser un don de 13 000 $ à la Fondation de l'hôpital Sainte-Justine.

Quant à l'ex-maire Applebaum, son enquête préliminaire s'ouvrira lundi prochain.

PKP accuse les libéraux de harcèlement; Drainville parle de leur imbécilité

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Publié par La Presse Canadienne le mercredi 27 mai 2015 à 16h18. Modifié par Danielle Arsenault à 17h33.
PKP accuse les libéraux de harcèlement; Drainville parle de leur imbécilité
QUÉBEC - Le chef péquiste Pierre Karl Péladeau a accusé mercredi les libéraux de faire preuve de harcèlement envers lui en faisant un rapprochement entre les frais de recouvrement d'Hydro-Québec et ceux de Vidéotron.
M. Péladeau a fait cette observation à la suite d'une réponse du ministre des Ressources naturelles, Pierre Arcand, qui a esquivé une question du Parti québécois en faisant référence à Vidéotron, une filiale de Québecor, le conglomérat dont M. Péladeau est actionnaire de contrôle.

Après avoir mis ses adversaires en garde, lundi, contre la tentation d'instrumentaliser sa situation à des fins politiques, M. Péladeau a considéré la réponse de M. Arcand, en Chambre, comme un exemple de cette stratégie dirigée contre lui.

«On vient encore une fois d'en faire la démonstration, a-t-il dit. Quelle est la nature du rapprochement entre Hydro-Québec et Vidéotron? Si j'appelle ça du harcèlement ou de l'intimidation, on utilise toutes sortes de termes, parce qu'on est en contradiction, ou en contrariété, on est rendu à faire de l'intimidation.»

Selon M. Péladeau, qui a rencontré la presse alors qu'il fait campagne dans la circonscription de Chauveau en prévision d'une élection partielle, ce sera ultimement à la population de formuler un jugement sur la stratégie des libéraux, en Chambre ainsi qu'en commission parlementaire.

«Je pense qu'il y a des conséquences politiques, a-t-il dit. Il va y avoir ce qu'on pourrait considérer du harcèlement et puis ce sera à la population, le cas échéant, de déterminer s'il y en a trop ou s'il n'y en a pas assez. C'est eux qui détermineront, à la fin de cet exercice, et j'écoute et j'entends plusieurs commentateurs, c'est le suffrage universel qui va être celui qui va déterminer de façon définitive.»

M. Péladeau s'est montré du même avis que le commissaire à l'éthique Jacques Saint-Laurent, qui a constaté mardi que le chef péquiste était dans une situation exceptionnelle en raison de ses actifs.

«C'est une situation exceptionnelle, mais ce n'est pas une situation surprenante ou une surprise, a-t-il dit. Lorsque je me suis présenté à Saint-Jérôme, les électeurs savaient fort bien qui j'étais et lorsque les militants du PQ ont décidé de m'offrir le privilège d'être chef, ils le savaient également.»

Alors que M. Saint-Laurent a évoqué des limites à recourir à une fiducie sans droit de regard pour se prémunir des apparences de conflits d'intérêts, M. Péladeau a répété qu'il juge le dispositif adéquat pour sa situation.

Le chef péquiste a rappelé qu'il effectue en ce moment les démarches pour constituer sa fiducie, une décision volontaire compte tenu que seuls les membres du conseil des ministres sont tenus de respecter cette exigence.

«J'ai mentionné que je mettrais mes actions en fiducie, c'est le régime actuel et c'était le régime au moment où je me suis présenté en politique et il en reviendra aux parlementaires, le cas échéant, à déterminer si oui ou non, il y a autre chose», a-t-il dit.

M. Péladeau a répété, mercredi, que le siège social de Québecor déménagerait probablement du Québec si jamais il est forcé de vendre ses actions, une option qu'il rejette.

Le député péquiste Bernard Drainville, qui a posé la question des frais de recouvrement à M. Arcand, a déclaré que les libéraux illustraient ainsi leur manque de jugement car les abonnés d'Hydro-Québec n'ont d'autre choix que de recourir aux services du monopole public.

«Ça dit quelque chose sur l'imbécilité des libéraux, a-t-il dit avant un caucus péquiste. Comparer une entreprise privée qui doit vivre avec d'autres entreprises privées concurrentes et un monopole comme Hydro-Québec qui donne un service essentiel, ça n'a pas rapport.»

M. Drainville a invité M. Arcand à s'intéresser davantage aux conditions imposées aux abonnés de la société d'État qui doivent payer un taux d'intérêt de 14,4 pour cent sur leur solde impayé.

«Le ministre, plutôt que de faire de la petite politique, un peu obsessive d'ailleurs sur le dos de PKP, j'aimerais ça qu'il défende les consommateurs, le monde qui doit payer des taux d'intérêt presque usuraire, ça n'a pas de bon sens, a-t-il dit. Le taux des banques pour les entreprises privées est de moins de 3 pour cent.»

En Chambre, M. Arcand a affirmé que les taux pratiqués par la société d'État, approuvés par la Régie de l'énergie, étaient comparables à ce qui est «admis dans les affaires de façon générale».

«Je dois vous dire que le député de Marie-Victorin me parle de, quoi, 14 pour cent? On vient de me donner l'information: dans le cas de Vidéotron, quand les clients sont en retard, c'est 19,56 pour cent», a-t-il dit.

Lors d'un point de presse après la période des questions, le chef caquiste François Legault a estimé que les libéraux n'ont pas à prendre position contre une entreprise privée.

«C'était un peu déplacé de la part du gouvernement Couillard d'indirectement faire la promotion de Bell finalement, a-t-il dit. Parce que, ce qu'on laisse entendre, c'est que si vous faites affaire avec Bell au lieu de Vidéotron, ça va vous coûter moins cher d'intérêt.»

Mercredi après-midi, Vidéotron a diffusé un communiqué de presse pour préciser que ses taux d'intérêt sont moins élevés que ceux de ses principaux concurrents.

«À la suite d'un échange survenu ce matin lors de la période de questions à l'Assemblée nationale, Vidéotron tient à rétablir les faits au sujet des taux d'intérêt exigés sur les comptes des clients en défaut de paiement ou les comptes en souffrance, s'affichant comme le plus bas de l'industrie des télécommunications au Québec», a indiqué l'entreprise.

Selon Vidéotron, qui a confirmé son taux à 19,56 pour cent, le taux demandé par Bell est de 3 pour cent par mois, soit 42,58 pour cent par année, tandis que Telus, Rogers, Cogeco et Shaw exigent 2 pour cent par mois, soit 26,82 pour cent par année.

Payée 79M$, Hydro-Québec vend une turbine 75 000$

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Publié par La Presse Canadienne le mercredi 27 mai 2015 à 14h56. Modifié par Danielle Arsenault à 17h29.
Payée 79M$, Hydro-Québec vend une turbine 75 000$
QUÉBEC - Acquis au coût de 79 millions $, des équipements neufs destinés à la centrale nucléaire Gentilly-2 ont été écoulés pour moins de 75 000 $ sur le marché de la ferraille, révèle un rapport de la vérificatrice générale Guylaine Leclerc.
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Le rapport 2015-2016 de la vérificatrice observe qu'Hydro-Québec n'a pas jugé bon lancer un appel de propositions en bonne et due forme pour vendre la turbine à vapeur de la centrale. La société d'État s'est limitée à un appel de propositions restreint pour écouler rotors, supports et autres outillages sur la base d'une évaluation «peu rigoureuse» de la valeur marchande des biens.

«Ils ne sont pas allés en appel d'offres public, a soulevé Mme Leclerc, qui présentait mercredi son tout premier rapport depuis son entrée en fonction. Le temps pressait pour différents éléments (...) et ils se sont tournés vers des fournisseurs ou des intervenants avec qui ils faisaient affaire habituellement, soit des recycleurs de métaux. Ils ont proposé sur invitation à des recycleurs de métaux, à des organismes de démolition, de faire des propositions.»

Les équipements dernier cri avaient été livrés à l'été 2011, un peu plus d'un an avant l'annonce par le gouvernement du Parti québécois de la fermeture de la centrale et de l'abandon du projet de réfection.

Hydro-Québec a négocié de gré-à-gré avec le fabricant de la turbine pour tenter de lui revendre les pièces, mais ce dernier s'est désisté en septembre 2014. Après trois mois de recherche, la société d'État s'est tournée vers le marché des ferrailleurs qui ont mis la main sur la marchandise pour une bouchée de pain.

Compte tenu du fait que les pièces étaient conçues sur mesure pour Gentilly-2, il est possible de présumer que le marché était fort restreint, a convenu Mme Leclerc.

Néanmoins, «nous n'avons pas évidence qu'ils ont fait tous les efforts pour valoriser l'équipement et le vendre sur un marché qui aurait été plus approprié», a affirmé la vérificatrice en point de presse.

Devant les représentants de la presse nationale, Mme Leclerc a fait état des difficultés d'obtenir des justifications auprès d'Hydro-Québec.

«C'est un des défis de ce dossier-là. On ne peut pas conclure parce qu'on n'a pas l'information des décisions qui ont été prises. Pourquoi les décisions ont été prises de telle et telle façon? On n'a pas l'information, ça n'a pas été documenté», a-t-elle dit.

De son côté, Hydro-Québec prétend avoir investi tous les efforts requis pour trouver un acquéreur, mais la fabrication sur mesure des équipements rendait la transaction peu attrayante pour les éventuels acheteurs.

«On a alloué les ressources et mis beaucoup d'efforts», a assuré une porte-parole de la société d'État, Marie-Élaine Deveault.

De même, dans un communiqué, Hydro-Québec minimise l'impact de la décision d'écouler les biens sur le marché du recyclage des métaux.

«Hydro-Québec a radié l'ensemble des actifs de la centrale de Gentilly-2 dès l'exercice financier de 2012. Conséquemment, les actifs à valoriser, comme ceux faisant l'objet de ce rapport, ont une valeur nulle au plan comptable», souligne le communiqué.

À ce jour, la vente d'actifs a rapporté près de 9 millions $, se félicite le producteur d'électricité.

Le ministre de l'Énergie, Pierre Arcand, est en accord avec les explications d'Hydro-Québec et ne voit rien de «majeur» dans la liquidation d'équipements achetés pour 79 millions $.

«Ces équipements, faits sur mesure, n'avaient pas ou à peu près pas de valeur sur le marché, a dit le ministre. Il y a eu sept groupes qui ont soumissionné et le meilleur prix a été obtenu dans les circonstances.»

Mais pour le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, cette vente de feu dépasse l'entendement et mérite un examen. Hydro-Québec «brûle» l'argent des Québécois, a-t-il allégué.

«Il faut aller au fond du dossier, a-t-il lancé. Est-ce qu'il y a des problèmes de corruption? Est-ce qu'il y a des problèmes de mauvaise gestion? C'est impensable qu'une turbine de plus de 70 millions $ soit vendue 75 000 piastres, voyons donc. Je ne crois pas ça», a lancé M. Legault.

Les libéraux s'en prennent à Vidéotron, une des entreprises de PKP

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Publié par La Presse Canadienne le mercredi 27 mai 2015 à 12h20. Modifié par Danielle Arsenault à 12h55.
Les libéraux s'en prennent à Vidéotron, une des entreprises de PKP
Pierre Arcand
QUÉBEC - Le gouvernement Couillard balaie du revers de la main les critiques contre Hydro-Québec en attaquant de front Vidéotron, une des entreprises du chef péquiste Pierre Karl Péladeau.
Dans un débat en Chambre, mercredi, le ministre des Ressources naturelles et de l'Énergie, Pierre Arcand, s'en est ainsi pris directement au géant québécois des télécommunications, ainsi qu'au conglomérat Québecor. C'est la première fois que les libéraux éclaboussent le fleuron de l'empire de PKP, une de ses entreprises les plus rentables.

Le ministre répondait au porte-parole péquiste en matière d'Énergie, Bernard Drainville, qui, à la période de questions, accusait Hydro-Québec d'agir en «Shylock» en imposant des taux d'intérêt de 14,4 pour cent pour des comptes payés en retard.

M. Arcand a saisi la balle au bond en demandant combien Vidéotron et Québecor Média facturaient en taux d'intérêt à leurs clients mauvais payeurs, visant ainsi le conglomérat du nouveau chef péquiste. «Je serais curieux de savoir ce que Vidéotron, Québecor Média, l'ensemble de ces entreprises-là, chargent (sic) lorsque les clients sont en retard», a-t-il dit.

Du temps où il était président du conseil d'administration d'Hydro, M. Péladeau ne semblait pourtant pas se formaliser des taux d'intérêt de la société d'État, a ajouté le ministre.

M. Drainville est revenu à la charge en dénonçant les pratiques d'Hydro envers sa clientèle, au même moment où la société d'État a liquidé des équipements de 79 millions $ pour moins de 75 000 $, selon le dernier rapport de la vérificatrice générale.

«Ils (les libéraux) égorgent du monde et ils sont heureux de ça, vous chargez (sic) des taux usuraires de shylock», a lancé le député de Marie-Victorin.

Non démonté, le ministre en a même rajouté en affirmant que le géant des télécommunications faisait bien pire. «Dans le cas de Vidéotron, quand les clients sont en retard, c'est 19,56 pour cent», a-t-il lancé.

En point de presse peu après, avant de se rendre à la séance du conseil des ministres, M. Arcand s'est défendu de vouloir discréditer une grande entreprise québécoise. Il a assuré que son attaque visait l'opposition péquiste.

Vidéotron est devenu au fil des années l'entreprise la plus florissante du groupe Québecor. Au premier trimestre, les revenus de télécommunications de Québecor, en grande majorité générés par Vidéotron, ont été de 762,5 millions $, sur des revenus totaux de 948,6 millions $ pour l'ensemble de Québecor.

Vidéotron se targue d'avoir près de 1,8 million d'abonnés à son service de télédistribution, soit un taux de pénétration de plus 63 pour cent dans les résidences et les entreprises québécoises. L'entreprise a 1,5 million d'abonnés à son service de téléphonie mobile.