jeudi, novembre 17, 2016

P’tite vie

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Le succès serait-il un péché mortel?


MISE à JOUR 
Ainsi, Sylvain Cossette s’est laissé photographier dans sa Jaguar décapotable.
Non, mais quel scandale! Quelle honte!
Le chanteur ne sait-il pas que le succès est un péché mortel, au Québec?
LA CULPABILITÉ CATHOLIQUE
Une suggestion au chum d’Andrée Waters: achète-toi deux autos.
Une auto de luxe, que tu garderas dans ton garage et que tu contempleras de temps en temps, en secret, loin des caméras.
Et une minoune cabossée, que tu utiliseras tous les jours, afin de montrer au peuple (et aux résidents de la République indépendante du Plateau) que tu es un gars «ben ordinaire».
Car au Québec, on aime les gens qui voient «petit».
Un p’tit café. Un p’tit beigne. Une p’tite bière. Du p’tit change.
Une p’tite vie.
C’est probablement notre passé catholique­­.
«Il est plus difficile pour un riche d’entrer au paradis que pour un chameau de passer par le chas d’une aiguille», dit le Nouveau Testament.
Plus tu réussis ta vie ici-bas, plus tu souffriras et plus tu en paieras le prix l’autre bord.
Les protestants, eux, voient la chose d’un autre angle.
Pour eux, Dieu VEUT que tu réussisses. La réussite matérielle, pour les protestants, est une récompense divine. La preuve que tu mènes une bonne vie.
Voilà pourquoi les Anglos, lorsqu’ils ont les moyens de s’acheter une BMW, la stationnent fièrement devant­­ leur maison pour que tout le monde la contemple, alors que les Francos, eux, la cachent honteusement dans leur garage.
LA DICTATURE DE L’AUTHENTICITÉ
Au Québec, si tu fais de l’argent, c’est parce que tu as crossé quelqu’un.
Le fric est une preuve de malhon­nêteté.
Les ministres devraient se promener en métro et les artistes devraient tous crever de faim.
Plus tu es pauvre, plus tu es génial.
Plus tu t’habilles mal, plus tu es «authentique».
Jean Chrétien l’avait bien compris.
Dans la vie de tous les jours, monsieur Chrétien parle un français impeccable. Mais quand il faisait campagne et qu’il s’adressait à ses électeurs, il parlait comme un bûcheron (ou comme Safia Nolin), afin de paraître «sympathique» et «vrai».
Le Québec est probablement l’un des seuls endroits au monde où tu dois cacher ta richesse et ta culture si tu veux t’attirer la sympathie des gens.
Regardez Gregory Charles.
Il a une grosse maison! Il aime la musique classique! Il parle avec des mots à quatre syllabes! Il est toujours tiré à quatre épingles!
Il s’est fait construire une immense scène mobile pour se promener aux quatre coins du monde! Il s’auto­produit! Il est ambitieux!
Non, mais pour qui se prend-il?
TOUT LE MONDE ÉGAL
Je disais hier que le Québec régresse. Que nous sommes devenus frileux, fragiles.
L’affaire Cossette en est la preuve flagrante.
Au lieu d’applaudir les gens qui réussissent, on les insulte.
Une tête dépasse du groupe? Vite, coupons-la!
Regardez ce qu’on fait dans nos écoles: au lieu d’encourager l’excellence, on nivelle par le bas.
Tout le monde égal, dans le fond du baril.
«Je suis heureux de ton bonheur», chante Sylvain Cossette dans Je pense encore à toi.
C’est ce qu’on devrait tous se dire...

La Centrafrique appelle le monde à la «générosité» pour aider à son relèvement

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Publié le 17 novembre 2016 à 07h16 | Mis à jour à 07h16
Le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra... (Photo Issouf Sanogo, archives Agence France-Presse)
Le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra
PHOTO ISSOUF SANOGO, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE
Agence France-Presse
Bruxelles
Le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra a appelé jeudi la communauté internationale à la «solidarité» et à la «générosité» pour aider au relèvement de son pays ruiné par la guerre, à l'ouverture d'une conférence de donateurs à Bruxelles.
Il a présenté un plan de redressement chiffré à 3,1 milliards de dollars sur cinq ans (2017-2021), dont 1,6 milliard les trois premières années, espérant que les donateurs s'engagent à ce niveau à ses côtés.
Mais le montant des promesses de dons, attendu dans la journée, semblait incertain, ce pays africain de moins de cinq millions d'habitants ne figurant plus parmi les priorités diplomatiques.
«Rien n'est acquis, on ne sait pas encore si on va atteindre ces chiffres», a déclaré à l'AFP le secrétaire d'État français au Développement André Vallini, voulant croire à une «mobilisation» des donateurs, «européens notamment».
«Je m'engage à ne pas décevoir les attentes (...), à veiller à l'utilisation judicieuse rigoureuse du fruit de l'expression de votre solidarité et de votre générosité», a plaidé pour sa part M. Touadéra dans son propos liminaire.

La Centrafrique, classée parmi les pays les plus pauvres du monde, peine à se relever du chaos de la guerre civile provoquée en 2013 par le renversement de l'ex-président François Bozizé par des rebelles séléka, majoritairement musulmans. Cela avait entraîné une contre-offensive des milices anti-balaka majoritairement chrétiennes.
L'intervention de la force française Sangaris -- dont la mission a pris fin en octobre -- et de la force de l'ONU Minusca (12 000 hommes toujours déployés) a mis fin aux massacres, mais n'a pas réussi à stabiliser la situation sécuritaire.
L'aide internationale, a expliqué M. Touadéra, doit permettre d'«investir dans l'armée», et de réinstaller les déplacés internes et réfugiés centrafricains dans les pays voisins (Tchad, Cameroun), dont le total est estimé à 850 000 personnes.
Il s'agit aussi de contribuer à «la réconciliation».
Dans ce but, «la Cour pénale spéciale sera bientôt opérationnelle, matérialisant au-delà de tout autre discours notre profonde foi dans la lutte contre l'impunité», a affirmé le président.
La mise en place de cette juridiction, prévue par une loi de 2015 (avant l'élection du nouveau président), est vivement souhaitée par les ONG. Elle doit permettre de juger les crimes relevant du droit international.
La conférence des donateurs réunit «plus de 80 délégations» avec des représentants de l'ONU et de la Banque mondiale, selon la chef de la diplomatie de l'Union européenne Federica Mogherini.
La France qui a déjà consacré 75 millions d'euros la Centrafrique depuis 2014 (aide d'urgence et aide au développement) va s'engager jeudi pour «85 millions supplémentaires sur 2017-2019», a promis M. Vallini.

La relance par les grands travaux: le pari iconoclaste du président Trump

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Publié le 17 novembre 2016 à 06h50 | Mis à jour à 06h50
C'est une des rares propositions de Donald Trump saluée par le FMI, la Fed ou... (Photo Damon Winter, The New York Times)
PHOTO DAMON WINTER, THE NEW YORK TIMES
JEREMY TORDJMAN
Agence France-Presse
Washington
C'est une des rares propositions de Donald Trump saluée par le FMI, la Fed ou des démocrates: le plan d'investissement dans les infrastructures promis par le président élu engrange les soutiens malgré des modalités encore floues.
Le candidat y a consacré ses premiers mots au soir de sa victoire du 8 novembre: «Nous allons (...) reconstruire nos autoroutes, nos tunnels, nos aéroports, nos écoles, nos hôpitaux», a-t-il déclaré, décrivant une politique de grands travaux aux accents keynésiens et très inhabituelle pour un républicain.
Son administration naissante a, depuis, précisé que 550 milliards de dollars seraient investis pour relancer une croissance américaine morose et rénover des infrastructures «négligées pendant trop longtemps».
Ce dernier point fait peu débat aux États-Unis où les autoroutes sont congestionnées, le réseau de chemin de fer vieillissant et le système d'acheminement d'eau dépassé.
Plusieurs catastrophes ferroviaires (Philadelphie, Hoboken...), le scandale de l'eau contaminée à Flint ou les pannes à répétition du métro de Washington ont donné corps à une implacable réalité statistique: depuis 1959, les dépenses d'infrastructure ont proportionnellement baissé aux États-Unis, passant de 3 % à 2,4 % du produit intérieur brut, selon le bureau d'études du Congrès.

«Il y a des besoins criants et nous avons repoussé les travaux d'entretien pendant trop longtemps», affirme à l'AFP Ed Mortimer, du lobby patronal de l'US Chamber of Commerce, expliquant notamment que la saturation du réseau routier freine les échanges et complique la vie des salariés.
Les infrastructures «déficientes» feront ainsi perdre à chaque ménage 3400 dollars par an d'ici à 2025, selon l'association des ingénieurs civils américains qui chiffre les besoins totaux à 3600 milliards de dollars d'ici à 2020.
Le transport aérien est également concerné. Commentant l'état des aéroports américains pendant la campagne, M. Trump avait assuré que les États-Unis étaient devenus «un pays du tiers-monde».
Un plan «nécessaire»
Pendant des années, l'administration Obama a tenté de faire approuver des plans de rénovation des transports publics, mais s'est heurtée aux élus républicains du Congrès, notamment à l'approche des élections.
L'alternance à la Maison-Blanche pourrait changer la donne et délier les cordons budgétaires, à la grande satisfaction d'institutions qui appellent à une relance économique pour prendre le relais d'une politique monétaire exsangue.
Le Fonds monétaire international comme certains à la Réserve fédérale ont ainsi déjà jugé le plan du président Trump «nécessaire» ou «utile». L'influente élue démocrate Nancy Pelosi a, elle, assuré qu'elle pourrait «travailler de concert» avec l'administration Trump sur ce dossier.
Même des groupes patronaux, traditionnellement allergiques à la dépense publique, voient la proposition d'un bon oeil.
«C'est le genre de domaines où il est judicieux que l'État fédéral investisse. C'est le genre de dépenses qui rejaillit sur l'économie et qui couvre ses propres coûts sur le long terme», dit à l'AFP Matt Sonnesyn, vice-président de la fédération patronale du Business Roundtable.
La question demeure pourtant: comment Donald Trump financera-t-il ces grands travaux? Plusieurs pistes circulent, allant de partenariats publics-privés à la taxation de bénéfices des multinationales stockés à l'étranger.
D'autres solutions politiquement périlleuses consisteraient à mettre les usagers à contribution avec des péages ou en augmentant la taxe fédérale sur le carburant, qui n'a pas été réévaluée depuis 1993.
Une chose est sûre: la participation de l'État fédéral sera plus que symbolique, au risque de braquer certains républicains et de grever des finances publiques déjà menacées par les baisses d'impôts massives promises par le candidat Trump.
«Si vous avez d'importantes baisses d'impôts et de fortes hausses de dépenses militaires et d'infrastructures, les bienfaits de ce plan pourraient s'évaporer rapidement et les effets devenir négatifs sur le long terme», dit à l'AFP Mark Zandi, chef économiste à Moody's Analytics.
Le choix des projets sera également crucial et devra rompre avec la pratique consistant à financer des infrastructures pour satisfaire des alliés politiques, désireux d'avoir une nouvelle route ou un pont dans leur circonscription.
«Actuellement, il est difficile de faire voter une loi qui n'alloue pas des fonds de manière générale, afin que tout le monde en profite que ce soit justifié ou non», assure à l'AFP Clifford Winston, du Brookings Institute. «Nous devons être beaucoup plus attentifs aux coûts et bénéfices des projets au lieu de dire que nous devons dépenser plus».

Trump reçoit le premier ministre japonais, consulte pour former son cabinet

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Publié le 17 novembre 2016 à 06h25 | Mis à jour à 06h41
Donald Trump... (Photo Evan Vucci, archives Associated Press)
Donald Trump
PHOTO EVAN VUCCI, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS
CATHERINE TRIOMPHEIVAN COURONNE
Agence France-Presse
New York et Washington
Donald Trump devait recevoir le premier ministre japonais Shinzo Abe, premier dirigeant étranger à le rencontrer depuis son élection, jeudi à New York où il poursuit ses consultations en vue de former la prochaine administration.
Shinzo Abe (à droite) avant son départ de... (PHOTO KAZUHIRO NOGI, AGENCE FRANCE-PRESSE) - image 1.0
Shinzo Abe (à droite) avant son départ de Tokyo vers New York.
PHOTO KAZUHIRO NOGI, AGENCE FRANCE-PRESSE
M. Abe sera reçu par le président américain élu dans ses somptueux appartements de la tour Trump, où il reste cloîtré neuf jours après son élection alors que les spéculations abondent sur les postes-clés de sa future équipe.
«C'est un honneur pour moi de rencontrer le président élu Trump avant les autres dirigeants du monde», a-t-il déclaré avant de s'envoler pour New York. «L'alliance entre le Japon et les États-Unis est la pierre angulaire de la diplomatie et de la sécurité du Japon», une alliance qui «ne peut fonctionner que dans la confiance».
Pendant sa campagne, le candidat républicain avait dit envisager le retrait des soldats américains du sud de la péninsule coréenne et de l'archipel nippon à défaut d'une hausse significative de la contribution financière des deux pays.
La journée chargée de Donald Trump comprend un entretien avec l'ancien secrétaire d'Etat Henry Kissinger, âgé de 93 ans.
Dans une interview à la revue The Atlantic, l'influent stratège républicain a estimé que Donald Trump pourrait «favoriser une cohérence entre notre politique étrangère et notre situation intérieure», en comblant «le fossé entre la perception du public et des élites sur le rôle de la politique étrangère des États-Unis».
Le nom de l'ancien maire de New York Rudy Giuliani a été notamment avancé pour le poste de secrétaire d'État.
Toutefois, les chaînes CNN et MSNBC ont rapporté que la gouverneure de la Caroline du Sud Nikki Haley, une fille d'immigrants indiens, était également sur les rangs ou se verrait offrir une autre responsabilité.
Selon les médias, Donald Trump estimerait que M. Giuliani, 72 ans, sans mandat politique depuis 15 ans, pourrait être handicapé par ses relations professionnelles controversées, notamment avec une firme pétrolière vénézuélienne pour laquelle il a fait du lobbying.
L'ancien rival des primaires, le sénateur conservateur Ted Cruz, a rendu visite à Donald Trump et pourrait être promu ministre de la Justice, selon l'agence Bloomberg.
Le général à la retraite Michael Flynn, 57 ans, qui avait dirigé la Defense Intelligence Agency (DIA) entre 2012 et 2014, mais était parti en raison de conflits avec le personnel et l'administration américaine, pourrait être nommé conseiller pour la sécurité nationale, selon les médias.
Et selon le Wall Street Journal, M. Trump pourrait désigner l'ancien gouverneur du Texas Rick Perry, ex-candidat aux primaires présidentielles républicaines, au poste de secrétaire à l'Énergie.
«Divisions profondes»
Le milliardaire républicain s'est par ailleurs senti obligé de répondre par trois tweets au New York Times, qui a rapporté mercredi que des dirigeants étrangers avaient des difficultés à joindre le prochain président des États-Unis, et que les coups de fil étaient improvisés, Donald Trump ne consultant aucune note diplomatique pour se préparer.
«L'article du défaillant New York Times sur la transition est entièrement faux. Elle se passe vraiment sans problème. Aussi, j'ai parlé à de nombreux dirigeants étrangers», a-t-il écrit.
Son équipe a publié une liste de 29 dirigeants étrangers avec qui M. Trump et son colistier Mike Pence se sont entretenus.
Mercredi, le maire démocrate de New York Bill de Blasio a également rencontré le président élu et l'a prévenu que sa ville ferait «tout pour protéger» les immigrés. M. Trump a promis d'expulser des millions d'immigrés clandestins.
«New York est la ville des immigrés», a souligné M. de Blasio à sa sortie de la Trump Tower. «Je lui ai dit que nous étions inquiets, que nous voulions montrer à tous les New-Yorkais, y compris les musulmans, qu'ils sont les bienvenus».
Donald Trump a déjà nommé ses deux plus proches collaborateurs, le futur secrétaire général de la Maison-Blanche, le très lisse Reince Priebus, et un haut conseiller en charge de la stratégie, Steve Bannon, le patron du site d'extrême droite Breitbart, si controversé que les démocrates ont déjà demandé sa démission.
Au moins 169 élus démocrates de la Chambre des représentants ont signé une lettre demandant à Donald Trump de renvoyer M. Bannon, dont la nomination «sape directement notre capacité à unir le pays».
«La nomination par le président élu Trump d'une personne raciste comme M. Bannon à un poste de direction est totalement inacceptable», a acquiescé le sénateur Bernie Sanders, candidat malheureux aux primaires démocrates face à Hillary Clinton.
Cette dernière s'est d'ailleurs exprimée pour la première fois depuis son discours de défaite au lendemain des élections.
«Je sais que depuis une semaine beaucoup se demandent si l'Amérique est bien le pays que nous pensions connaître. Les divisions dues à cette élection sont profondes, mais s'il vous plaît écoutez-moi quand je dis ceci: l'Amérique en vaut la peine», a-t-elle dit.

L'ombre de Trump plane sur la course présidentielle française

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Publié le 17 novembre 2016 à 07h02 | Mis à jour à 09h29
Nicolas Sarkozy et Alain Juppé.... (PHOTO CHRISTOPHE ENA, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS)
Nicolas Sarkozy et Alain Juppé.
PHOTO CHRISTOPHE ENA, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS
DAPHNÉ BENOIT
Agence France-Presse
Paris
L'élection de Donald Trump à la Maison-Blanche sur un programme populiste pèse sur la course présidentielle en France et nourrit les tensions entre les prétendants à l'investiture de la droite, face à une extrême droite remontée à bloc.
Jeudi, le premier ministre français Manuel Valls a jugé «possible» que Marine Le Pen, la candidate du Front national, gagne l'élection présidentielle en mai 2017, en alertant sur «le danger que représente l'extrême droite».
Le sujet «Trump» sera immanquablement abordé jeudi soir lors du dernier débat télévisé entre les sept candidats à la primaire de droite, avant le premier tour de scrutin prévu dimanche.
L'enjeu de cette primaire est de taille: de l'avis des sondeurs, le champion désigné de la droite devrait remporter l'élection présidentielle au second tour face à la présidente du Front national Marine Le Pen.
Les deux favoris, l'ex-premier ministre Alain Juppé et l'ex-président Nicolas Sarkozy, se présentent chacun comme le meilleur recours face à l'extrême droite, mais avec des stratégies radicalement opposées.
Prompt à capitaliser sur le rejet des élites et de la mondialisation, Nicolas Sarkozy, 61 ans, s'est autoproclamé «défenseur des déclassés», à rebours de son image de «président des riches» héritée de son passage à l'Élysée, entre 2007 et 2012.
Il a adopté une ligne très droitière censée répondre aux préoccupations des Français sur l'immigration, l'islam ou la sécurité, dans un pays traumatisé par une série d'attentats et inquiet face à la crise migratoire qu'affronte l'Europe.
«Combien de Brexit, combien d'élections américaines, combien de référendums européens perdus vous faudra-t-il pour qu'enfin vous entendiez la colère du peuple?», a lancé mardi l'ex-chef de l'État. Son objectif: séduire le noyau dur des militants de son parti Les Républicains, mais aussi grappiller des voix à l'extrême droite.
«Anti-système»
À l'inverse, Alain Juppé, 71 ans, mise sur les voix des sympathisants de la droite modérée et du centre pour remporter la primaire puis sur sa capacité à rassembler tous ceux qui rejettent l'extrême droite pour s'imposer à la présidentielle.
Celui qui se refuse à «courir derrière le FN» ne veut pas «cliver pour cliver» ni «dresser le peuple contre les élites», comme il l'a dit dans son dernier rassemblement lundi.
«Nous ne voulons pas d'un président qui flirte chaque matin avec les thèses de l'extrême droite... La France n'a pas besoin d'un mini-Trump à l'Élysée», a renchéri un de ses soutiens, le centriste Jean-Christophe Lagarde.
Marine Le Pen, elle, pense exactement le contraire et ne cesse de saluer l'avènement d'un candidat «anti-système» à la tête de la première puissance mondiale et table sur un effet domino.
Donald Trump a «mon numéro», s'est targuée jeudi la chef du Front national dans un journal catholique d'extrême droite, en évoquant aussi des «connaissances communes depuis longtemps» avec le président élu.
Aux États-Unis ou en Grande-Bretagne «les grandes idées que je défends ont gagné», s'est-elle félicitée mercredi. «Nous enregistrons tous les jours des victoires idéologiques. À nous maintenant de les transformer en victoire politique».
«Je suis très prudent concernant la possible influence de l'élection de Trump sur le comportement électoral» des Français, tempère Frédéric Dabi, de l'institut de sondages IFOP. En revanche, analyse-t-il, «cela accentue sans doute des stratégies déjà à l'oeuvre» chez les candidats.
Parti du gouvernement socialiste cet été en dénonçant un «système politique bloqué», l'ex-ministre de gauche Emmanuel Macron, 38 ans, a officialisé sa candidature mercredi en se posant en homme nouveau. Il a appelé à «sortir du statu quo» politique et des «recettes du siècle dernier» pour répondre aux défis d'un «monde en plein bouleversement».
Son entrée en lice morcelle un peu plus encore la gauche, toujours dans l'attente de savoir si François Hollande, le président socialiste à l'impopularité abyssale, briguera ou non un second mandat. Son positionnement transpartisan «ni gauche ni droite» pourrait aussi troubler le jeu à droite, en captant des voix du centre courtisées par Alain Juppé.
Dans son propre camp, Alain Juppé doit aussi composer avec un troisième homme: l'ex-premier ministre François Fillon a opéré une forte remontée dans les derniers sondages au point de pouvoir menacer le duel annoncé Juppé-Sarkozy à la primaire.

Lisée à La Presse: les enjeux identitaires relégués au second plan

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Publié le 17 novembre 2016 à 05h00 | Mis à jour à 08h33
Le chef péquiste Jean-François Lisée affirme sans détour... (PHOTO MATHIEU BÉLANGER, LA PRESSE)
PHOTO MATHIEU BÉLANGER, LA PRESSE
Le chef péquiste Jean-François Lisée affirme sans détour que son principal adversaire n'est pas Philippe Couillard, mais bien François Legault, de la CAQ.

(QUÉBEC) L'identité et l'immigration sont désormais des enjeux secondaires pour Jean-François Lisée. Dans une entrevue accordée au bureau parlementaire de La Presse, le nouveau chef du Parti québécois se dit plus préoccupé par l'économie, le développement des régions et la langue. Et il braque ses canons sur celui qu'il considère comme son véritable adversaire, le chef caquiste François Legault.
En entrevue, le chef du PQ étale des priorités bien différentes de celles qui ont marqué sa campagne à la direction. Bien qu'il ne renie pas ses propositions identitaires, il indique sans détour que ce ne sera pas un élément « central » de son leadership.
« Si on avait cinq thèmes essentiels, la laïcité serait un des thèmes, mais ne serait pas dans les trois premiers », résume M. Lisée.
M. Lisée a été élu à la tête du PQ avec une plateforme beaucoup plus musclée que celle de ses adversaires sur l'identité. Il a promis de lancer une campagne incitative pour décourager le port de signes religieux chez les employés de l'État. Il s'est dit ouvert à un débat sur l'interdiction du voile intégral dans l'espace public. Et il a suggéré de réduire le nombre de migrants accueillis au Québec en se basant sur un seuil recommandé par le vérificateur général.
Ces propositions lui ont valu des critiques de ses adversaires. Son rival Alexandre Cloutier l'a accusé de vouloir créer une « charte 3.0 ».
Mais au fil de l'entrevue de 45 minutes dans son bureau de l'Assemblée nationale, le chef de l'opposition assure que ces idées ne sont guère en haut de sa liste de priorités. 
Jean-François Lisée se montre surtout préoccupé par l'économie, par les petites et moyennes entreprises (PME), par la vitalité des régions, par la santé et l'éducation.
Ce sont ces thèmes qu'il compte épouser pour convaincre les Québécois que le PQ est la meilleure solution de rechange au gouvernement Couillard aux élections de 2018.
« La campagne va se faire sur qui est le plus compétent, le plus intéressant et le plus raisonnable pour remplacer le gouvernement Couillard, a dit M. Lisée. Ça va être ça, la grande question de l'élection. »
LA CIBLE : LEGAULT
À cet égard, Jean-François Lisée affirme sans détour que son principal adversaire n'est pas Philippe Couillard, mais bien François Legault. À plusieurs reprises au fil de la conversation, il critique le chef de la Coalition avenir Québec, qu'il dépeint comme un leader qui verse dans l'« excès » et qui « sort le bazooka » plutôt que de chercher des solutions « raisonnables ».
«On voit bien que François Legault a des qualités. Mais il est impulsif, il est excessif et il n'a pas d'équipe.»Jean-François Lisée

Si M. Lisée a le chef caquiste dans sa ligne de mire, c'est parce qu'il est clair à ses yeux que le Parti libéral est en chute libre. Il n'a obtenu que 31 % des intentions de vote dans un récent sondage et il s'attend à ce que ses appuis chutent encore davantage.
« La démonstration de l'inaptitude du gouvernement est pas mal faite, a-t-il résumé. Je ne pense pas [que les libéraux] s'en remettent vraiment d'ici deux ans, compte tenu de l'équipe qu'ils ont, compte tenu du désert d'idées qu'ils ont et de la perte de militants qu'ils ont. »