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PUBLIÉ AUJOURD'HUI À 5 H 05 | Mis à jour à 7 h 47

Jacques Daoust à l'Assemblée nationale
Jacques Daoust à l'Assemblée nationale   PHOTO : JACQUES BOISSINOT/PC
Dès le début de la controverse, au printemps dernier, Jacques Daoust, alors ministre des Transports, est montré du doigt. Il était ministre de l'Économie en 2014 au moment des faits. Il a toujours maintenu qu'il n'était pas au courant de la vente des actions de Rona par Investissement Québec.

Le rapport de la vérificatrice générale
Quelques semaines plus tard, au début juin, un rapport de la vérificatrice générale du Québec, Guylaine Leclerc, vient contredire Jacques Daoust.

La vérificatrice conclut que le ministre de l'Économie a donné son accord en décembre 2014 pour que le conseil d'administration d'Investissement Québec liquide toutes les actions de Rona. Mme Leclerc s'appuie sur des procès-verbaux du conseil d'administration d'Investissement Québec.
Le rapport de la vérificatrice précise qu'entre décembre 2014 et février 2015, Investissement Québec a liquidé les 10,1 millions d'actions de Rona qu'il détenait encore.
Jacques Daoust nie les affirmations de la vérificatrice générale.
Je n'ai jamais été informé de cette transaction et on ne m'a jamais demandé la permission pour le faire. De toute façon, on n'avait pas à me demander la permission. [...] Je n'ai jamais donné l'aval à cette transaction.Jacques Daoust
Jacques Daoust ne remet pas en question le travail de la vérificatrice, mais il laisse entendre que le procès-verbal en question n'était peut-être pas exact.
La Coalition avenir Québec et le Parti québécois (PQ) accusent Jacques Daoust de mentir à la population, et ils réclament sa démission. Le premier ministre Couillard défend son ministre et propose de faire la lumière sur ce dossier en commission parlementaire.

Le procès-verbal du 17 novembre 2014
Selon des documents publiés par le PQ le 7 juin à l'Assemblée nationale, Jacques Daoust a rencontré le conseil d'administration d'Investissement Québec le jour même où la Société d'État a décidé de liquider les actions de Rona.

Le PQ a produit un procès-verbal d'Investissement Québec qui montre que M. Daoust s'est présenté à la fin de cette réunion, tenue le 17 novembre 2014.

À cela, Jacques Daoust répond qu'il a bel et bien participé à cette réunion, mais que la vente des actions de Rona n'a pas été discutée en sa présence. Il maintient qu'il n'était pas au courant.

Des courriels révélateurs
Le 18 août dernier, les médias publient un échange de courriels survenu le 26 novembre 2014 entre Jean-Jacques Carrier, vice-président principal d'Investissement Québec, et Pierre Ouellet, alors chef de cabinet du ministre Daoust.
M. Carrier demande au chef de cabinet de confirmer par courriel que le ministère de l'Économie est d'accord avec la vente des actions de Rona par Investissement Québec. Deux heures plus tard, Pierre Ouellet lui répond par la simple mention « O.K. », ce qui laisse place à l'interprétation.
Voici les courriels en question.
Premier courriel de Jean-Jacques Carrier à Pierre Ouellet, à 14 h 16 :

La réponse de Pierre Ouellet deux minutes plus tard :

Et le « O. K. » de Pierre Ouellet, à 16 h 42 :


La démission de Jacques Daoust
Le lendemain de ces révélations, Jacques Daoust démissionne à titre de ministre des Transports et député de Verdun.

Il maintient sa version des faits : « J'ai toujours dit la vérité, et mes déclarations dans le dossier de la vente des actions de Rona ont été rigoureusement exactes. Je n'avais pas été informé de l'intention des administrateurs de vendre la participation d'Investissement Québec dans Rona, je n'ai pas donné d'autorisation à celle-ci et je n'avais pas à le faire en raison des règles en vigueur à Investissement Québec. »

Le véritable rôle de Pierre Ouellet
L'opposition reste sur sa faim et elle continue de se poser des questions : Pierre Ouellet, l'ancien chef de cabinet de Jacques Daoust, a-t-il pris l'initiative d'autoriser la transaction d'Investissement Québec sans en parler à ses supérieurs? Ou alors, à qui a-t-il demandé une autorisation? Que savait exactement le premier ministre Couillard?
L'ancien chef de cabinet de Jacques Daoust, Pierre Ouellet
L'ancien chef de cabinet de Jacques Daoust, Pierre Ouellet (à droite)
  
PHOTO : RADIO-CANADA
La CAQ réclame la comparution des trois « témoins clés » aux audiences d'aujourd'hui : l'ex-ministre de l'Économie Jacques Daoust, son ancien chef de cabinet, Pierre Ouellet, et l'ex-président et chef de la direction de Rona, Robert Dutton.

Qui comparaît à la commission parlementaire?
La Commission de l'économie et du travail entend aujourd'hui Mario Albert et Yves Lafrance, ex-PDGs d'Investissement Québec, Jean-Claude Scraire et Louis Roquet, ex-présidents du conseil d'administration de la société d'État, et Guylaine Leclerc, vérificatrice générale du Québec.
La Commission doit aussi décider ce matin si elle entendra également Jacques Daoust, Pierre Ouellet et Robert Dutton.
Avec la collaboration du journaliste François Cormier

Plus d'argent pour les soins à domicile

http://fr.canoe.ca/infos/quebeccanada/politiqueprovinciale/archives/

Régys Caron

Après avoir annoncé 52 millions $ en juillet, Québec injecte 22,2 millions $ supplémentaires dans l'amélioration des soins à domicile.
Cinq ministres du gouvernement Couillard se sont déplacés à Lévis mercredi pour procéder à cette annonce. Le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) dépensera 8,1 millions $ pour améliorer l'accès au Programme d'exonération financière pour les services d'aide domestique (PEFSAD).
L'argent permettra d'ajouter 5400 personnes aux 91 000 qui reçoivent des services domestiques à domicile. De même, le MSSS estime que 600 000 heures seront ajoutées pour des services tels que l'entretien ménager, la préparation des repas, les courses et la lessive.
Une personne qui reçoit deux heures de services par semaine pourra recevoir une heure de service supplémentaire, a mentionné le ministre de la Santé, Gaétan Barrette.
Une somme additionnelle de 14,1 millions $ provient des ministères de l'Économie et du Travail. L'argent sera versé à la Fédération des coopératives d'aide à domicile et permettra de former quelque 4500 préposés d'aide à domicile.

HAUSSE DES BESOINS

La population québécoise vieillit et les besoins en soins à domicile n'ont pas fini d'augmenter, a signifié Gaétan Barrette.
«Aujourd'hui, 18 % de la population est âgée de plus de 65 ans; en 2031, 25 % de la population aura plus de 65 ans (...) C'est clair que le nombre de personnes qui auront besoin de ces services ira en augmentant», a analysé le ministre.
La facture aussi promet de progresser et Québec aura besoin d'aide. «Il manque un joueur dans le financement des soins à domicile et c'est le gouvernement fédéral qui a promis d'investir 3 milliards $ sur une période de quatre ans en maintien à domicile».
Le gouvernement Trudeau est en poste depuis près d'un an «et pas un sou n'a été investi. Le maintien à domicile ne peut pas être financé complètement par les provinces. J'invite le gouvernement fédéral à décaisser des sommes d'argent dans son budget 2017-2018 en maintien à domicile», a déclaré le ministre de la Santé.
Les libéraux avaient promis de dépenser 150 millions $ par année en soins à domicile, pendant la campagne électorale de 2014. Le budget Leitao, déposé en mars, prévoit une dépense de 60 millions $ à ce chapitre cette année.
AUSSI SUR CANOE.CA

Pas question d'autoriser les policières à porter le voile islamique, dit la CAQ

http://www.lapresse.ca/actualites/politique/politique-quebecoise/

Publié le 23 août 2016 à 14h26 | Mis à jour le 23 août 2016 à 20h45
La députée caquiste Nathalie Roy... (Photo Archives La Presse Canadienne)
La députée caquiste Nathalie RoyPHOTO ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE
JOCELYNE RICHER
La Presse Canadienne
Québec
Il devrait être interdit aux policières québécoises de porter le hijab, selon la Coalition avenir Québec (CAQ).
Le voile islamique porté par les femmes musulmanes devrait de ce fait être banni de l'uniforme policier, a soutenu mardi la députée caquiste Nathalie Roy.
Elle réagissait au fait que désormais la Gendarmerie royale du Canada (GRC) accepte que des policières de confession musulmane puissent porter le hijab sous leur képi.
«Je ne suis pas d'accord» avec le port du hijab par les policières, a dit la députée de Montarville, lors d'une mêlée de presse servant à nuancer sa position sur le burkini, un outil d'asservissement des femmes selon elle.
Un gouvernement caquiste prônerait que ceux qui représentent l'autorité de l'État, au premier chef les policiers, devraient s'abstenir de porter tout signe religieux, a-t-elle fait valoir, rappelant la position traditionnelle du parti sur la neutralité religieuse de l'État, calquée sur les recommandations de la commission Bouchard-Taylor.

Le rejet du hijab pour les policières «va de soi», selon elle. Le hijad recouvre la tête sans cacher l'ovale du visage.
«Les signes religieux, lorsqu'on représente l'État, et en plus on a un uniforme, il ne devrait pas y en avoir. C'est ce qu'on préconise», a-t-elle rappelé.
Sur la question du burkini, la députée a cependant quelque peu adouci sa position, constatant que l'interdiction légale qu'elle réclamait pour ce maillot de bain islamique serait difficilement applicable, et contraire à nos chartes des droits.
La semaine dernière, Mme Roy avait fait une sortie virulente pour dénoncer le burkini, un maillot associé aux femmes musulmanes, qui couvre tout le corps et la tête, sauf le visage, les mains et les pieds. Elle parlait du «courage politique» nécessaire pour interdire ce maillot controversé, se disant prête à invoquer la clause dérogatoire de la constitution afin de bannir le burkini des plages du Québec.
Elle a réaffirmé mardi qu'il s'agissait là, selon elle, d'un des «accessoires» de l'islam radical, comme le tchador, le niqab et la burqa, «qui sont là pour asservir la femme et pour soumettre la femme, et nous on dit: il faut faire quelque chose».
«On ne veut pas en voir! On ne veut pas en voir! Comment le faire? Je ne vais pas déposer une loi demain matin. Chose certaine, il faut se poser la question», a-t-elle commenté, appelant «les plus grands juristes» à tenter d'y répondre.
«Je comprends très, très bien que c'est extrêmement difficile compte tenu de nos chartes», a-t-elle convenu.
Dans sa croisade, elle dit avoir l'appui de la population, à travers «des dizaines et des dizaines de lettres et des téléphones» reçus à son bureau.

Verdict de Richard Bain: Gaétan Barrette sème la controverse

http://www.lapresse.ca/actualites/justice-et-affaires-criminelles/proces/

Publié le 24 août 2016 à 13h39 | Mis à jour le 24 août 2016 à 15h06
Le ministre de la Santé et des Services... (Archives La Presse)
ARCHIVES LA PRESSE
Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, a soulevé un tollé en commentant le verdict de culpabilité pour meurtre non prémédité contre Richard Henry Bain.

(Québec) Un attentat comme celui survenu à la soirée électorale du Parti québécois en 2012, c'est ce qui peut arriver quand des politiciens font «trop bouger les choses», a soutenu Gaétan Barrette mercredi. Il a dû présenter ses excuses quelques heures plus tard.
Le ministre de la Santé et des Services sociaux a soulevé un tollé en commentant, en anglais, le verdict de culpabilité pour meurtre non prémédité contre Richard Henry Bain. Ce dernier était passé à l'acte au moment où Pauline Marois, qui venait d'être élue première ministre, prononçait son discours au Métropolis. Il a tué un technicien de scène, Denis Blanchette, et en a blessé un autre, Dave Courage.
«Comme politicien, on ne veut pas voir ce genre de choses se produire. J'aurais souhaité que ça ne se produise pas. Mais c'est la société: quand vous faites trop bouger les choses (when you stir things up too much), parfois, ce genre de choses peuvent se produire», a-t-il soutenu à l'entrée de la réunion hebdomadaire du conseil des ministres, mercredi.
Selon lui, les politiciens doivent mesurer leurs propos pour éviter ce genre de drame.
«C'est malheureux, nous ne voulons pas que ça arrive encore. Mais nous devons prévenir ça, de plusieurs façons. Nous devons nous assurer que les arguments que nous tenons et les discours que nous donnons sont mesurés», a-t-il dit. Mais malgré toutes les précautions, «tout peut arriver».

Les déclarations du ministre ont provoqué un tollé. Le chef intérimaire du Parti québécois, Sylvain Gaudreault, a demandé au premier ministre Philippe Couillard de «rappeler à l'ordre sans délai» Gaétan Barrette pour ses «propos inacceptables».
Gaétan Barrette a tenté de corriger le tir sur Twitter. «En aucun temps n'ai-je fait un lien entre ce regrettable incident et quelque parti politique que ce soit. Vous m'en voyez sincèrement désolé», a-t-il gazouillé.
Lors d'une annonce à Lévis en début d'après-midi, il a présenté ses excuses.  Ses propos «visaient tout le monde», lui-même et «toute la classe politique dans son ensemble». « Si mes propos ont pu avoir offensé quelqu'un, je tiens à leur présenter sincèrement mes excuses», a-t-il affirmé. «Et je tiens sincèrement à présenter mes excuses à tous les gens qui de près ou de loin ont pu être touchés par ces événements. Je pense à la famille des deux techniciens qui ont été touchés par ça, et à Mme Marois évidemment.»
Sylvain Gaudreault trouve inconcevable que M. Barrette ait fait «un lien entre une position politique, tout à fait légitime et démocratique, et l'attentat du Métropolis». «Et, comme si ce n'était pas assez, le ministre demande aux députés de "mesurer" leur discours. De quel discours parle-t-il? Du discours souverainiste? Doit-on comprendre du ministre qu'il veut ainsi limiter la liberté d'expression des députés souverainistes? Le ministre de la Santé, qui, déjà, revient sur la portée de ses propos, comme il le fait trop souvent, devrait appliquer ses conseils à lui-même et tout simplement réfléchir avant de parler», a déclaré le chef intérimaire par voie de communiqué.
Pour la candidate à la direction du PQ, Martine Ouellet, des excuses ne suffisent pas. Gaétan Barrette doit démissionner, ou le premier ministre doit le démettre de ses fonctions, parce qu'il a «dépassé les bornes», «cautionné la haine politique» et «instrumentalisé» l'attentat au Métropolis.

Pauline Marois soulagée

De son côté, l'ex-chef Pauline Marois «a senti un soulagement, une certaine sérénité» à l'annonce du verdict de culpabilité pour meurtre au second degré prononcé hier contre Richard Bain, a relayé son successeur Sylvain Gaudreault.
Le chef intérimaire du Parti québécois (PQ) a dit avoir eu «une bonne conversation avec elle». «Elle est très très attentive pour la suite, pour la sentence», a-t-il dit lors d'un point de presse à Saint-Jérôme, auquel La Presse n'a pas assisté.
«La première chose qu'elle m'a dit, c'est qu'elle pensait à la famille de M. Blanchette et à M. Courage lui-même», a dit M. Gaudreault. «On a une relation d'amitié et de complicité et je voulais échanger avec elle sur cet enjeu.»
Mme Marois a refusé toutes les demandes d'entrevue depuis l'annonce du verdict. «Faut respecter ça», a dit son successeur.
Le chef péquiste a indiqué qu'il était satisfait de la décision du jury. «Je prends acte de ce verdict qui représente un bon soulagement pour tout le monde, pour la famille, a-t-il dit. Pour la suite des choses, il reste encore des étapes. On va écouter avec attention les plaidoiries sur la sentence.»
Sylvain Gaudreault était à Saint-Jérôme pour appuyer le candidat péquiste local, le conseiller municipal Marc Bourcier.
- Avec Philippe Teisceira-Lessard