Information sur la politique 1

mardi, juin 27, 2017

COLOMBIE Les FARC disent adieu aux armes

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27 juin 2017 13h36 | Actualités internationales 
Valeria Pacheco - Agence France-Presse à Mesetas 
Raul Arboleda - Agence France-Presse à Bogota
<p>Lundi, la Mission des Nations unies en Colombie a annoncé que les quelque 7000 combattants des FARC avaient remis l’ensemble de leur arsenal, soit 7132 armes.</p>
Photo: Raul Arboleda Agence France-Presse

Lundi, la Mission des Nations unies en Colombie a annoncé que les quelque 7000 combattants des FARC avaient remis l’ensemble de leur arsenal, soit 7132 armes.
«Adieu aux armes ! Bienvenue à la paix ! » a lancé mardi le chef de la guérilla colombienne des FARC, en annonçant officiellement l’abandon des armes par ce mouvement en guerre contre l’État depuis plus d’un demi-siècle.

« Aujourd’hui nous ne trahissons pas la Colombie, aujourd’hui nous abandonnons les armes », a promis Rodrigo Londoño, alias « Timochenko », pendant la cérémonie à Mesetas (centre) célébrant la fin du désarmement des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, marxistes).

Le président Juan Manuel Santos a lui salué « la meilleure nouvelle pour la Colombie de ces 50 dernières années : la nouvelle de la paix ».

Il a assuré que ce processus serait « irréversible », se félicitant de « la fin de cette guerre absurde » avec la principale guérilla du pays, née d’une rébellion paysanne en 1964.

La Norvège, pays garant, avec Cuba, de l’accord de paix signé en novembre, a elle aussi applaudi cette étape cruciale.

« C’est une journée historique. Qu’une guérilla renonce à ses armes et se prépare à une transition vers une vie civile est un événement extrêmement rare », a souligné dans un communiqué le ministre des Affaires étrangères Børge Brende.

Lundi soir, la Mission des Nations unies en Colombie, chargée de superviser le désarmement et de détruire les armes, a annoncé que les quelque 7000 combattants des FARC avaient remis l’ensemble de leur arsenal, soit 7132 armes.

L’ensemble du processus, qui a valu à M. Santos le prix Nobel de la Paix, doit permettre de tourner la page du plus ancien conflit armé d’Amérique latine qui a fait au moins 260 000 morts, plus de 60 000 disparus et 7,1 millions de déplacés.

Le désarmement « signifie la fin de la principale guérilla armée du continent américain. Cela signifie le début du post-conflit […] et d’un processus difficile de réconciliation dans le pays », explique à l’AFP l’analyste Jorge Restrepo.

Mais la dernière phase, visant à remettre à l’ONU les 40 % restants de l’arsenal, a été assombrie par un attentat à la bombe, le 17 juin dans un centre de commercial de Bogota, qui a tué trois personnes dont une Française.

L’attaque, attribuée au groupuscule extrémiste Mouvement révolutionnaire du Peuple (MRP) dont neuf membres présumés ont été arrêtés, a révélé une Colombie encore troublée par la violence malgré ses désirs de paix.

L’accord avec les FARC, qui inclut aussi un dédommagement pour les victimes, une réforme agraire et la lutte contre le narcotrafic, avait d’ailleurs été initialement rejeté de peu (50,2 %) par les Colombiens lors d’un référendum en octobre, obligeant à une renégociation de l’accord. Cette dernière mouture avait finalement été approuvée par le Parlement.

Un parti politique
 
En rendant son arme, chaque guérillero s’est vu remettre un certificat et a signé un acte l’engageant à ne plus les reprendre.

Avec l’armement récupéré, puis fondu, trois monuments symbolisant la fin du conflit seront érigés : à New York, à Cuba – siège des négociations de paix – et en Colombie.

La prochaine étape sera le retour à la vie civile de ces désormais ex-guérilleros, jusque-là regroupés dans 26 zones du pays et qui bénéficieront d’une justice spéciale garantissant l’amnistie pour la majorité d’entre eux.

Les FARC devraient, elles, connaître une seconde vie sous forme de parti politique, avec en ligne de mire les élections générales de 2018, pour lesquelles elles pourraient présenter un candidat présidentiel. Un congrès du parti est prévu en août.

« Quels seront ses mots d’ordre politiques, quelle idéologie va-t-elle adopter ? C’est une question qui définira son succès politique », souligne M. Restrepo, directeur du centre d’analyse du conflit Ceralc.

« L’un des points critiques est que de nombreux membres des FARC feront de la politique sans avoir été en prison », observe aussi l’analyste du cabinet Crisis Group en Colombie, Kyle Johnson.

Restera alors une ultime marche à gravir pour parvenir à la « paix complète » tant souhaitée par le président Santos : négocier un accord similaire avec la dernière guérilla active du pays, l’Armée de libération nationale (ELN, guévariste), qui compte encore 1500 combattants.

Des pourparlers ont débuté en février à Quito, mais sont entachés par les enlèvements que continue de mener l’ELN, le dernier en date étant celui, la semaine dernière, de deux journalistes néerlandais, finalement relâchés cinq jours plus tard en bonne santé.

mardi, juin 20, 2017

L'UPAC enquête sur un présumé «pont d'or» pour Jean Charest

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Publié le 15 juin 2017 à 05h00 | Mis à jour le 15 juin 2017 à 09h30
L'UPAC a interrogé, entre 2014 et 2016, plusieurs... (ARCHIVES PC)
L'UPAC a interrogé, entre 2014 et 2016, plusieurs témoins de la vie politique de Jean Charest sur un présumé «pont d'or», une importante somme d'argent qui lui aurait été concédée par des entreprises désireuses de le voir prendre la tête du Parti libéral du Québec, en 1998.
ARCHIVES PC
Dans le cadre de l'enquête Mâchurer sur le financement du Parti libéral, l'Unité permanente anticorruption (UPAC) a interrogé, de 2014 à 2016, plusieurs témoins de la vie politique de Jean Charest sur un présumé «pont d'or», importante somme d'argent qui lui aurait été accordée par des entreprises désireuses de le voir prendre la tête du Parti libéral du Québec, en 1998.
L'ancien député d'Orford Robert Benoît est l'un de ceux qui ont été interrogés par les enquêteurs. L'UPAC l'avait rencontré une première fois avant le début de la commission Charbonneau. À sa grande surprise, à l'été 2015, les enquêteurs l'ont rappelé pour le voir de nouveau. «Je leur ai dit : ‟Mais je n'ai plus rien à vous dire, je vous ai tout raconté ce que je savais." Ils m'ont dit : ‟C'est sur quelque chose d'autre"», relate-t-il.
Cette seconde rencontre avec les deux policiers, qui s'est déroulée sur les rives du lac qui borde sa résidence, a duré plus de trois heures. «Ça a duré un avant-midi de temps, le questionnement sur le pont d'or, raconte M. Benoît. Lors de leur deuxième visite chez nous, je voyais que c'était juste là-dessus qu'ils gossaient, qu'ils essayaient de savoir... Moi, je leur ai dit : ‟Tout ce que j'ai lu sur le pont d'or, je l'ai lu dans les journaux."»
Les policiers ont eux-mêmes employé l'expression «pont d'or», précise M. Benoît. «C'est drôle, parce que je ne savais même pas si je devais appeler ça un pont d'or ou un parachute doré, et là, on a ri, eux et moi, on s'est entendus qu'on pouvait appeler ça un pont ou un parachute.»
De toute évidence, raconte l'ex-député, les policiers s'interrogeaient sur le train de vie de Jean Charest, et ce, dès la première rencontre. «Un des policiers m'a dit : ‟Vous, M. Benoît, on sait d'où vient votre argent. On sait que votre grand-père en 1907 a formé une compagnie. On le sait pourquoi vous avez une grosse maison. Mais dans le cas de M. Charest, comment il a fait pour acquérir cette grosse maison là ?"»
Joint hier, Jean Charest déplore que les enquêteurs de l'UPAC ne l'aient jamais rencontré sur ces questions. Il dit «avoir eu vent» de l'enquête de l'UPAC sur le pont d'or. «Elle semble avoir rencontré la "Terre entière", mais n'a pas cru bon de me rencontrer.» (voir la capsule à la fin du texte).
Dans les faits, l'existence d'un tel pont d'or n'a jamais été démontrée. Soulignons également qu'aucune accusation n'a été déposée contre Jean Charest. Devant une commission parlementaire, le grand patron de l'UPAC, Robert Lafrenière, indiquait en mai dernier que l'enquête Mâchurer n'était pas terminée. Il s'est engagé à mener cette enquête à terme, malgré les fuites médiatiques dont elle a fait l'objet. Questionnée sur nos informations, la porte-parole de l'UPAC, Anne-Frédérick Laurence, a simplement rappelé que l'UPAC ne commentait jamais une enquête en cours. 
En mars 2008, le Parti libéral du Québec (PLQ) a admis verser un «salaire d'appoint» à Jean Charest, qui s'élevait à 75 000 $ par an. Mais deux ans plus tôt, le média indépendantiste Le Québécois avait soulevé des questions sur la capacité de M. Charest, avec son salaire de premier ministre, de s'offrir deux résidences, à Westmount et dans les Cantons de l'Est - dans les faits, ce chalet était loué par la famille Charest. Le militant indépendantiste Patrick Bourgeois évoquait un possible «pont d'or» de la part de fédéralistes lors de son passage en politique provinciale, en 1998.
Le lendemain, ces allégations ont été reprises par deux journalistes du Journal de Sherbrooke. L'article a été qualifié de «tissu de mensonges» par le bureau du premier ministre. Jean Charest a menacé M. Bourgeois de poursuite, mais il n'est jamais passé à l'acte. Les deux journalistes qui ont rédigé l'article ont été congédiés par Québecor.
Des enquêteurs bien préparés
Dix ans plus tard, c'est la police qui s'est intéressée à ce fameux pont d'or dans le cadre de l'enquête Mâchurer, ont confirmé quatre autres sources à La Presse. Ces rencontres, qui duraient toujours environ deux ou trois heures, ont eu lieu de 2014 à 2016.
L'ancien chef de cabinet de Jean Charest Ronald Poupart a participé en 2014 à l'une de ces rencontres avec les enquêteurs de l'UPAC. «J'ai répondu que je n'étais pas au courant de ça, que j'en avais entendu parler à travers les médias», indique M. Poupart. Plus tard, il a ajouté : «Très franchement, je pense qu'ils allaient à la pêche, parce qu'ils n'insistaient pas.»
Mais pour un ancien membre de la garde rapprochée de Jean Charest, qui a rencontré les enquêteurs de l'UPAC au début de 2016, le présumé pont d'or est vite apparu comme la principale cible des enquêteurs. Et si l'expression «pont d'or» n'a pas été utilisée lors de l'interrogatoire, elle a suscité un interrogatoire bien préparé.
«L'UPAC arrive avec des feuilles dactylographiées. Ils ont des chaînes de questions. Il y a un analyste qui a fait ça : si tu réponds oui, il va à la question 8, si tu réponds non, il va à la question 9. C'est professionnel», explique cette personne, soulignant que l'UPAC testait ses hypothèses, selon elle.
Cette source était à même d'apporter des précisions à la police sur le train de vie de Jean Charest. Elle a pointé en direction des états financiers du PLQ, à la rubrique «bureau du chef», pour l'expliquer. Quelques années plus tôt, ce même témoin avait rencontré des enquêteurs de la commission Charbonneau et avait été questionné sur le même thème. Mais, ajoute-t-elle, les enquêteurs de la Commission étaient mal préparés, «des juniors», contrairement aux policiers de l'UPAC.
Le pont d'or, «c'est clair que c'est ça, le sujet [de l'enquête]», renchérit une quatrième source, qui est toujours en politique active et qui a elle aussi requis l'anonymat. «On parle du train de vie de Jean Charest qui ne colle pas avec les revenus qu'il avait.» Les policiers ont notamment questionné les témoins sur les voyages effectués par la famille Charest, les hôtels et les restaurants fréquentés, les travaux à leur résidence.
«Il y a deux niveaux d'enquête. Il y a le grand pont d'or, pour assumer le paiement de ce train de vie, et aussi comment le financement politique, ça se lie avec l'ensemble. Ils visent les deux, mais ils ont plus de misère avec le pont d'or. C'est plus dur à démontrer, mais c'est ce qu'ils cherchent», ajoute-t-elle.
Lors de ces rencontres, les enquêteurs n'ont pas évoqué les noms des personnes qui auraient accordé ce présumé «pont d'or» à Jean Charest. Des sommes précises n'ont pas été énoncées, affirme cet informateur.
Une cinquième source, qui a été impliquée au PLQ, a elle aussi été interrogée au cours de l'année dernière. «Ils travaillent sur le train de vie de Jean Charest», confirme-t-elle. Les policiers lui ont notamment demandé si l'ex-premier ministre détenait des comptes à l'étranger. «Je ne le savais pas», dit-elle. On l'a aussi questionnée sur les rénovations à la résidence principale de Montréal - une erreur, puisqu'elle est à Westmount - et au chalet de l'ancien premier ministre - une autre erreur, puisque c'était une location. «Je leur ai dit : ‟Écoutez, je n'ai jamais mis les pieds là."»
- Avec la collaboration de Denis Lessard
***
CHAREST SE DÉFEND
Joint hier, M. Charest s'insurge contre «le climat malsain qui règne au Québec, où les règles les plus élémentaires de justice sont bafouées, portant ainsi atteinte à la crédibilité et à la légitimité de nos institutions». Il ajoute «qu'il prend acte des témoignages récents devant la commission Chamberland sur le comportement de la SQ».
M. Charest indique avoir répondu à toutes les questions de la commission Charbonneau. Il avait d'ailleurs dégagé une large plage de temps à son agenda pour ce faire. Il nie formellement avoir reçu de l'argent du secteur privé lors de son passage en politique québécoise. «Jamais», répond-il. Les affirmations publiées en 2006 par Patrick Bourgeois sont pour lui farfelues et non crédibles, et c'est pourquoi il n'avait pas poursuivi à l'époque.

La chronologie des événements

DÉCEMBRE 1998
Jean Charest indique en conférence de presse qu'il a reçu un salaire du Parti libéral du Québec avant d'être élu. Il parle de ce salaire au passé. M. Charest précise à la même occasion avoir renoncé à recevoir sa pension fédérale.
OCTOBRE 2006
Le média partisan Le Québécois, sous la plume de Patrick Bourgeois, publie un article qui s'interroge sur la capacité de M. Charest à s'offrir deux résidences, à Westmount et dans les Cantons de l'Est, avec son salaire de premier ministre. Le militant indépendantiste évoque un possible « pont d'or » de la part des fédéralistes lors de son passage en politique provinciale, en 1998. L'article est qualifié de « tissu de mensonges » par le bureau du premier ministre. Jean Charest menace Bourgeois de poursuite, mais il ne passera jamais à l'acte.
OCTOBRE 2006
Deux journalistes du Journal de Sherbrooke, Alain Bérubé et Pascal Morin, sont congédiés par Québecor pour avoir repris les informations de M. Bourgeois dans les pages de leur journal. Jean Charest les met en demeure de se rétracter et Québecor publie des excuses.
MARS 2008
À la suite d'un reportage de TVA, le Parti libéral du Québec admet verser 75 000 $ par année à son chef depuis 1998, en plus de son salaire de premier ministre. Cet arrangement est « conforme aux lois », plaide Jean Charest. On apprend au même moment que l'Action démocratique du Québec verse 50 000 $ par an à son chef.
DÉCEMBRE 2008
Patrick Bourgeois publie La Nébuleuse, un livre dans lequel il reprend ses questions au sujet d'un pont d'or fait à M. Charest.
JANVIER 2012
L'Assemblée nationale adopte de nouvelles règles qui interdisent désormais à un parti politique d'accorder une somme d'argent à un député, que ce soit directement ou indirectement.

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