Enfant martyr de Kanata: enchaîné, même en vacances



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Publié le 18 septembre 2015 à 10h17 | Mis à jour à 10h17
Même en «vacances» en Floride, un enfant d'Ottawa battu et martyrisé en 2013...

Même en «vacances» en Floride, un enfant d'Ottawa battu et martyrisé en 2013 n'a pas pu aller à la plage et profiter de la mer. Son père le gardait enchaîné dans la chambre d'hôtel.
Le procès du père, un ex-policier de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) affecté aux enquêtes sur le terrorisme, a débuté lundi. Les audiences font place à des récits à glacer le sang.
Jonathan (nom fictif) a aujourd'hui 13 ans. Il avait 11 ans lorsqu'il aurait été maltraité par son père. L'homme au gabarit imposant l'a gardé enchaîné, menotté et affamé dans le sous-sol de la résidence familiale de Kanata pendant six mois.
Un soir de février, l'enfant a réussi à s'échapper de la maison et a demandé à manger à des voisins, qui ont tout de suite appelé la police en voyant ce petit être affamé. C'est ainsi que ce scandale familial a éclaté.
Selon les autorités médicales, l'enfant était dans un état de famine qui aurait pu engendrer sa mort.
Jeudi, le père, qu'on ne peut identifier afin de protéger l'enfant, a demandé à son avocat, Robert Carrew, de suspendre l'audience pour cause médicale.
Me Carrew a expliqué au juge que son client se sentait mal et qu'il désirait aller voir son psychologue dans la région de Montréal.
Les travaux de la cour ont été suspendus jusqu'à vendredi matin.
Voyage en Floride
Dans la vidéo enregistrée il y a deux ans par la police d'Ottawa, le jeune raconte que sa famille avait pu aller à la plage, en Floride, alors que lui avait été confiné dans la chambre d'hôtel.
Sa nourriture était rationnée, en vacances comme ailleurs. L'enfant a dit se nourrir comme il pouvait en mangeant des biscuits, du beurre d'arachide ou du chocolat. Ses besoins étaient faits dans un seau. Lorsqu'il était attaché, il ne pouvait se nourrir ou boire de l'eau.
Encore une fois, le père a agi ainsi pour le punir. Il l'accusait tantôt de mentir à ses parents, ou encore d'avoir embrassé une fille.
Lorsqu'il faisait ses devoirs à la maison, toujours selon son récit, son père criait encore. «Pourquoi ne fais-tu pas tes devoirs correctement? Je sais que tu es meilleur que cela», disait le père.
«C'est alors, poursuit Jonathan, qu'il commençait à me battre. Un moment donné, il m'a frappé au visage. Ma dent s'est cassée, et ensuite il m'a fait toutes sortes de choses.»
La rage de l'homme s'est traduite par des coups de bâton, des brûlures avec le métal chaud d'un briquet à barbecue, l'enchaînement de l'enfant à un poteau, les menottes aux poignets et des nuits passées - attaché - dans un simple sac de couchage, au sous-sol.
Le père a une fois abandonné son enfant sur le bord de la route, à Kanata, en pleine nuit. Il s'agissait d'une autre punition parentale.
Forçant son fils à faire des pompes, il a, à une reprise, donné un coup de pied à la tête de Jonathan, trop épuisé et incapable d'en faire davantage.
Jeudi, la cour a entendu l'enfant raconter comment son père l'avait pris par la gorge pour le soulever, et comment il avait failli le noyer en lui plongeant la tête dans l'eau de la toilette.
Sa belle-mère, qui fait aussi face à des accusations criminelles, allait parfois le visiter au sous-sol pour le nourrir. «Elle essayait de le calmer, des fois», a expliqué l'enfant.

L'enfant martyr de Kanata

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Publié le 16 septembre 2015 à 14h58 | Mis à jour le 17 septembre 2015 à 09h47
Une histoire rappelant celle d'Aurore l'enfant martyre attire l'attention,... (Illustration: La Presse)
ILLUSTRATION: LA PRESSE

Une histoire rappelant celle d'Aurore l'enfant martyre attire l'attention, cette semaine, au palais de justice d'Ottawa. C'est celle d'un enfant de 11 ans enchaîné au sous-sol, menotté, brûlé et battu en guise de punition pour avoir «menti» à son père, à l'hiver 2013.
Le calvaire de Jonathan (nom fictif) a duré six mois. Selon ce qui ressort de la preuve du ministère public, le principal agresseur est son père, un agent de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) spécialisé dans les enquêtes sur le terrorisme.
Une ordonnance de non-publication empêche la divulgation de son identité afin de protéger celle de l'enfant.
Mercredi, le juge Robert Maranger a écouté la vidéo de l'entrevue faite par la détective Johanne Marelic de la police d'Ottawa, à côté du lit d'hôpital de Jonathan.
«J'obéis à mes parents, a commencé à expliquer l'enfant maigre et affaibli. J'ai pris de la nourriture à la maison, sans demander. Il m'a puni.»
La suite est troublante.
Brûlé et battu
Jonathan a parlé des menottes, «celles que les policiers utilisent, celles de mon père», de ce bâton de bois qui a laissé tant de marques sur le dos de l'enfant, et d'un briquet à barbecue. «Il le faisait chauffer puis me le collait à la peau.»
«Tu dormais dans le sous-sol?», demande la détective.
«Comme punition», répond l'enfant. Lorsque la policière lui demande le temps passé au sous-sol, le jeune garçon, qui a l'air d'avoir six ans au moment de l'entrevue, répond «six mois».
La policière lui demande de montrer ses blessures à la caméra. On y voit des jambes, des bras et un dos tuméfiés et brûlés. Une de ses oreilles est rouge. Encore une brûlure. «Il m'a brûlé plusieurs fois en deux jours.»
La policière pointe les chevilles. «Ces marques-là?», demande-t-elle.
«Ce sont les chaînes», dit-il, la voix tremblante et à peine audible.
L'accusé, selon la preuve, attachait ainsi son fils à un poteau. Jonathan montre comment il dormait, poings liés, dans son petit sac de couchage. Il avait accès à sa vraie chambre, en haut de la résidence, lorsque son père voulait lui «donner une chance» de faire ses devoirs.
Pour ses besoins naturels, il n'y avait qu'une chaudière.
Comme le suspect d'un crime important, le jeune était à l'occasion menotté dans le dos.
«Que mangeais-tu», demande la policière. «Des cochonneries... Des biscuits, du chocolat, du beurre d'arachides... De l'eau.»
Un soir de février, il a réussi à enlever ses menottes, et sortir de la maison de Kanata. L'enfant maigre est allé demander de la nourriture à des voisins. La police, pas le père, a été alertée sur-le-champ.
L'enfant, dans son lit d'hôpital, semble s'en vouloir d'avoir menti. La policière le regarde dans les yeux et lui dit: «Tous les enfants font des erreurs.»
La conjointe de l'accusé devait savoir ce qui se passait. «Ils étaient toujours ensemble», a dit l'enfant. La preuve sur la femme, soit la belle-mère de la victime alléguée, reste à faire.
Lors de la présentation de la vidéo, l'enfant, présent à la cour, a levé la main pour démentir avoir été agressé sexuellement par un membre de la famille de sa mère biologique, aujourd'hui décédée. «Ce n'est pas eux, a-t-il lancé au juge. C'est papa. Il m'a touché le zizi dans la douche. Il y a touché dans la douche, avant que maman meure. Il touchait de façon pas correcte.»

Enfant martyr de Kanata: «papa me faisait boire mon urine»

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Publié le 18 septembre 2015 à 11h40 | Mis à jour à 11h40
Toujours plus de sévices, de violence et de torture. Le procès d'un ex-policier... (Archives, La Presse)
ARCHIVES, LA PRESSE

Toujours plus de sévices, de violence et de torture. Le procès d'un ex-policier de la Gendarmerie royale du Canada accusé de maltraitance envers son fils se poursuit à Ottawa.
L'adolescent de 13 ans raconte de vive voix, vendredi, comment son père l'a déjà forcé à boire son urine, à faire 2000 pompes sans avoir mangé ou à s'excuser d'aimer une fille.
L'enfant avait 11 ans lorsqu'il a vécu le martyr dans le sous-sol familial, enchaîné et menotté, seul et torturé. Le pire épisode a duré six mois, pendant lesquels il ne mangeait presque pas. Il a même du voler de la nourriture pour survivre.
L'accusé, présentement en liberté, assiste au procès alors que son fils témoigne dans une autre pièce.
«Un jour, papa était en colère contre moi. Il a voulu me servir une leçon et m'a fait boire mon urine.»
L'enfant devait faire ses besoins dans un seau placé dans le sous-sol, l'endroit même où il dormait dans un simple sac de couchage.
L'homme lui infligeait des coups de toutes sortes avec ses poings, un bâton et une cuillère en bois.
L'enfant était aussi forcé de prendre des douches très froides.
Le père voulait entre autres punir son fils, qui avait démontré une attirance envers une fille de son âge.

Compressions budgétaires à Québec : les plus vulnérables écopent

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Publié le 18 septembre 2015 à 05h00 | Mis à jour à 07h46
La Protectrice du citoyen relève dans son rapport... (PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE)
PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

La Protectrice du citoyen relève dans son rapport que les frais de stationnement, grâce auxquels les hôpitaux tirent des revenus, sont «abusifs».

Tommy Chouinard
TOMMY CHOUINARD
La Presse
(Québec) Contrairement à ce que prétend le gouvernement Couillard, les compressions budgétaires «ont de plus en plus d'impact» sur toute une série de services à la population, soutient la Protectrice du citoyen, Raymonde Saint-Germain.
Elle va jusqu'à dire que «certains choix se sont faits au détriment des citoyens». Ce sont en particulier les personnes les plus vulnérables qui écopent, selon elle. «Le cumul des compressions au fil des ans et les choix qui en découlent ont, entre autres, entraîné des délais d'attente croissants, la diminution de l'intensité de certains services ainsi que des indemnités moindres dans des programmes publics», dénonce Mme Saint-Germain dans son rapport annuel déposé à l'Assemblée nationale hier. Voici quelques faits saillants.
Des personnes âgées touchées
Des aînés sont victimes de réductions d'heures de services en soutien à domicile. Les temps d'attente sont longs pour en obtenir. On assiste à un «épuisement des proches aidants», ajoute la Protectrice du citoyen. Des résidences privées conçues pour des aînés autonomes ou semi-autonomes hébergent de plus en plus de personnes dont les besoins sont supérieurs à ceux qu'elles peuvent satisfaire. La santé et la sécurité des aînés peuvent être compromises, selon Raymonde Saint-Germain. Les autorités du réseau de la santé tardent à les reloger en raison d'un manque de places disponibles en CHSLD. Et d'ailleurs, ces établissements publics «diminuent les mesures d'hygiène alors qu'ils devraient les accroître». Des aînés en lourde perte d'autonomie sont privés de bain ou de douche, faute d'équipements nécessaires pour offrir ce service.
Des frais illégaux dans les hôpitaux
Les hôpitaux imposent des frais illégaux «pour renflouer leurs coffres», accuse Raymonde Saint-Germain. Selon elle, ce problème «s'accentue» en raison du contexte budgétaire actuel, «alors que les établissements de santé sont à la recherche de sources de financement additionnelles». Un exemple: lorsqu'une personne se présente sans sa carte d'assurance maladie pour une consultation externe, un hôpital lui facture 40$ avec la promesse d'un remboursement lorsqu'elle reviendra avec sa pièce d'identité. Or, au moment de remettre la somme, l'hôpital l'informe qu'il ne peut le faire que par chèque et lui réclame 20$ à titre de frais administratifs. «C'est illégal», a affirmé Mme Saint-Germain. Elle relève également que les frais de stationnement, grâce auxquels les hôpitaux tirent des revenus, sont «abusifs». Les frais accessoires pour des services médicalement requis posent également problème. Elle exige des balises.
Des indemnités moindres que celles prévues à la loi
Afin de faire des économies, la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) a adopté une directive interne imposant une réduction des indemnités dont le niveau est pourtant fixé par la loi. «Par directive interne, on vient restreindre la portée d'une loi [...]. C'est ça qu'il ne faut pas faire. Il faut chercher ailleurs les solutions», a affirmé Raymonde Saint-Germain. Des accidentés du travail, handicapés à vie, ont droit à des indemnités moindres pour couvrir des frais d'entretien ménager, par exemple. Des victimes d'actes criminels, dont l'une a subi des agressions sexuelles répétées dans sa jeunesse, «ont été privées de certains bénéfices prévus à la loi en raison du traitement inadéquat de leur dossier». D'autres organismes sont blâmés. «On voit que les plaintes à incidence financière, donc pour lesquelles une indemnité, une allocation a été refusée en tout ou en partie, ont augmenté de façon importante au Protecteur du citoyen», a-t-elle noté.
Revenu Québec encore rabroué
Dans ses opérations de récupération fiscale, Revenu Québec «a émis des avis de cotisation erronés, basés sur de simples présomptions, sans permettre aux contribuables visés de faire valoir leurs arguments», relève le rapport. L'attitude de cet organisme «s'est durcie face aux contribuables». Des décisions ont été revues après les interventions de la Protectrice. Mais elle déplore que des entreprises aient fait faillite en raison de l'approche «rigide» de Revenu Québec. Elle souligne que les objectifs de récupération fiscale sont «très élèves» et que, pour les atteindre, Revenu Québec agit parfois «au mépris des droits des citoyens». Elle constate par ailleurs que les ministères et organismes ont tendance à se tourner vers les tribunaux pour régler les litiges, ce qui coûte cher à l'État comme aux citoyens et cause des délais.
Santé mentale: un sous-investissement inquiétant
La protectrice du citoyen s'inquiète des «répercussions d'un sous-investissement là où les besoins sont les plus criants», comme dans les services en santé mentale. Dix ans après la parution d'un plan d'action 2005-2010 en cette matière, les objectifs fixés ne sont toujours pas atteints. Le plan n'a pas été renouvelé depuis 2010. Des établissements de santé ont contrevenu à la loi en utilisant l'isolement et la contention, ou encore en décrétant un transfert sans le consentement de l'usager. En matière d'éducation, ajoute Raymonde Saint-Germain, «les services devraient être mieux adaptés aux besoins des élèves en difficulté, notamment ceux qui présentent un trouble du spectre de l'autisme».
Problèmes dans les prisons
La surpopulation carcérale entraîne de plus en plus de transferts de détenus, qui sont «pénalisés lourdement» dans leur démarche en vue d'une réinsertion sociale. Les coûts associés à ces transferts - environ 31 500 en 2014-2015 - sont également élevés, dit la Protectrice. Quatre ans après avoir dénoncé des lacunes dans les soins aux détenus souffrant de problèmes de santé mentale, elle ne constate «aucune amélioration». La mise en isolement d'une personne suicidaire et le recours aux menottes aux poignets et aux chevilles sont faits de façon abusive. Des lieux de détention sont dans un «état de délabrement déplorable».

Le programme de Québec pour récupérer «l'argent volé» se fait attendre

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Publié le 18 septembre 2015 à 07h54 | Mis à jour à 07h54
Stéphanie Vallée, ministre de la Justice, a affirmé... (Photo Jacques Boissinot, archives La Presse Canadienne)
PHOTO JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Stéphanie Vallée, ministre de la Justice, a affirmé hier que le programme par lequel les entreprises de construction et les firmes d'ingénierie collusionnaires, par exemple, pourront se montrer repentantes est en rédaction.

Le programme de remboursement volontaire pour récupérer des sommes liées à la fraude ou à la collusion dans les contrats publics se fait attendre.
Six mois après l'adoption de la loi 26, le gouvernement du Québec n'a toujours pas fait connaître les dispositions réglementaires. Le programme par lequel les entreprises de construction et les firmes d'ingénierie collusionnaires, par exemple, pourront se montrer repentantes est en rédaction, a affirmé hier à l'Assemblée nationale la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée.
« Soyez assurés que nous avons l'intention de donner plein effet à la loi qui a été adoptée », a-t-elle déclaré. C'est une question de quelques semaines, a précisé son cabinet quelques minutes plus tard.
La ministre a aussi indiqué que l'ancien juge en chef de la Cour supérieure François Rolland agira à titre d'administrateur du programme de remboursement. M. Rolland est en fonction depuis le 2 septembre.
La loi, qui est en vigueur depuis le 1er avril dernier, renverse le fardeau de la preuve et prolonge jusqu'à 20 ans le délai de prescription. Le programme de remboursement qui en découle permettra au gouvernement et aux municipalités de récupérer jusqu'à 20 % de la valeur des contrats obtenus par la fraude ou toutes autres manoeuvres dolosives.
Récupérer l'argent volé
La députée de la Coalition avenir Québec (CAQ) Nathalie Roy a soulevé la question sur ce qu'elle estime être le manque d'empressement du gouvernement à récupérer « l'argent volé », compte tenu des révélations de La Presse. La veille, un nouvel élément d'un document judiciaire a été rendu public. Il relate que l'ancien vice-président de la firme de génie Dessau Rosaire Sauriol a affirmé à l'Unité permanente anticorruption (UPAC) que le Parti libéral du Québec réclamait 100 000 $ par année à titre de financement à Dessau.
« Le Parti libéral est beaucoup plus efficace pour collecter des contributions illégales qu'il ne l'est aujourd'hui pour récupérer l'argent volé. [...] Je suis indignée comme la population parce que j'aimerais voir ceux qui ont magouillé, ceux qui se sont graissé la patte, ceux qui ont utilisé le système de prête-noms, ceux qui ont joué dans ce jeu sale, faire face à des accusations et rembourser », a lancé Mme Roy. Cette dernière a également invité le PLQ à donner l'exemple en remboursant l'argent qui aurait été obtenu de façon illégale.
De son côté, le député de Québec solidaire Amir Khadir a demandé au Directeur général des élections (DGE) de se pencher sur des cas où des partis politiques se livrent à des pratiques douteuses et remportent des élections. M. Khadir souhaite que le DGE examine « la possibilité de remettre en question la légitimité de ces gouvernements parce qu'il faut qu'il y ait des conséquences aux gestes posés ».
- Avec la collaboration de Martin Croteau

Un surplus budgétaire sur le dos des chômeurs, soutient Duceppe

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Mise à jour le jeudi 17 septembre 2015 à 16 h 48 HAE
Aux côtés du porte-parole de la coalition des Sans-Chemise, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a soutenu jeudi que la caisse d'assurance-emploi ne doit plus servir à payer autre chose que les prestations des chômeurs.
Aux côtés du porte-parole de la coalition des Sans-Chemise, le chef du Bloc québécois,
Gilles Duceppe, a soutenu jeudi que la caisse d'assurance-emploi
 ne doit plus servir à payer autre chose que les prestations des chômeurs.
  Photo :  PC/Paul Chiasson

Sans l'argent venant de l'assurance-emploi, le gouvernement aurait enregistré un déficit de 1,4 milliard, soutient le chef du Bloc québécois. Alors que le ministère fédéral des Finances a annoncé lundi un surplus budgétaire de 1,9 milliard de dollars pour l'exercice budgétaire 2014-2015, « on ne nous dit pas qu'ils ont pigé 3,3 milliards dans la caisse d'assurance-emploi », a affirmé Gilles Duceppe, jeudi.
« C'est indécent parce qu'ils ne mettent pas un sou dans ça. Ils prennent l'argent des travailleurs et des employeurs », a-t-il ajouté.
Aux côtés des représentants de la coalition des Sans-Chemise, Gilles Duceppe a réaffirmé qu'il faut empêcher le gouvernement fédéral de prendre des fonds dans la caisse d'assurance-emploi. « C'est devenu moins une assurance qu'une taxe sur l'emploi », a lancé M. Duceppe.
Le Bloc québécois propose notamment d'augmenter le taux des prestations de 55 % à 60 %, d'éliminer graduellement le délai de carence de deux semaines et de bonifier la durée des prestations.
Le chef bloquiste a affirmé que « les conservateurs, les libéraux avant eux, et même le NPD en 2011 ont construit leur cadre financier en pigeant dans la caisse d'assurance-emploi ». Il a toutefois salué la proposition de réforme des libéraux de Justin Trudeau, ajoutant qu'il faudra voir comment le tout s'articule dans le plan financier.
À propos de la position des néo-démocrates, Gilles Duceppe soutient que « Thomas Mulcair n'a toujours pas annoncé ses intentions en matière d'assurance-emploi, et son cadre financier est tellement obscur; c'est un véritable trou noir ». M. Duceppe ajoute qu'il attend une réponse dans le cadre du débat sur l'économie organisé jeudi soir par le quotidien The Globe and Mail.
En conférence de presse jeudi matin, le candidat néo-démocrate Guy Caron a affirmé que le cadre financier présenté la veille tient compte des surplus de la caisse d'assurance-emploi, mais qu'en prévoyant un surplus budgétaire encore plus grand, un gouvernement néo-démocrate ne pigerait pas dans la caisse des travailleurs. M. Caron a ajouté que le NPD s'est engagé à rendre la caisse indépendante et autonome au cours d'un premier premier mandat.
Gilles Duceppe était le premier chef de parti à rencontrer la coalition des Sans-Chemise, qui demande aux partis politiques de se porter à la défense des travailleurs en améliorant le régime d'assurance-emploi. Dans le cadre de la campagne électorale, ce collectif a installé 4000 pancartes au Québec pour faire valoir leurs revendications.
Plus de la moitié des chômeurs sans prestations
Pierre Céré, qui représente la coalition, a souligné que 435 000 Québécois ont fait une nouvelle demande d'assurance-emploi au cours de l'année fiscale 2013-2014 et qu'en moyenne 1,3 million de Canadiens bénéficient de ce programme, chaque mois.
« Le résultat de toutes ces compressions au régime d'assurance-emploi, c'est que cette année, on atteint un plancher historique en terme de couverture d'assurance-chômage. Il y a à peine 38 % des chômeurs qui ont accès à des prestations d'assurance-emploi », a affirmé M. Céré, ajoutant que la caisse d'assurance-emploi a généré des surplus de 2,9 milliards de dollars en 2013, de 4 milliards en 2014 et qu'il atteindra 4,6 milliards de dollars en 2015.
À lire aussi : Réforme de l'assurance-emploi - Dossier d'ICI Radio-Canada.ca

La ministre de la Culture demande au CRTC de maintenir les quotas de musique francophone

http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/societe/

Mise à jour le jeudi 17 septembre 2015 à 14 h 30 HAE
La ministre de la Culture et des Communications du Québec, Hélène David
La ministre de la Culture et des Communications du Québec, Hélène David  Photo :  PC/Jacques Boissinot

La ministre québécoise de la Culture, Hélène David, demande au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications (CRTC) de maintenir les quotas de musique francophone qui doivent être diffusés sur les ondes des radios commerciales de la province.
L'organisme fédéral, qui réglemente le contenu diffusé par les radios, entreprendra la révision des politiques de radiodiffusion en novembre prochain.
Bell Média et Cogéco font pression sur le CRTC pour assouplir les règles de diffusion et abaisser le quota de musique francophone qui est présentement de 65 %. Les deux stations voudraient voir ce quota diminuer à 35 %.
En entrevue à l'émission Gravel le matin, sur les ondes d'ICI Première, la ministre David a soutenu que c'est une bien mauvaise idée.
De leur côté, les propriétaires de stations de radio privées affirment que leurs auditeurs réclament davantage de musique anglophone aux heures de grande écoute.
Pierre Karl Péladeau réagit
De l'avis du chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, il devrait revenir aux Québécois de décider « dans des champs d'activité aussi importants que la radio et la télédiffusion ».
Sur sa page Facebook, le chef péquiste a écrit que « lorsque le Québec sera un pays, ce sera aux Québécoises et aux Québécois de déterminer les politiques qu'ils entendent mettre en place en ce qui concerne la programmation des radios ». Péladeau estime qu'on ne devrait pas avoir à s'en remettre au CRTC, un organisme fédéral.

La FTQ en guerre contre les conservateurs

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Publié par Charles Payette pour FM93 le vendredi 18 septembre 2015 à 08h49. Modifié à 08h57.
La FTQ en guerre contre les conservateurs
FM 93
Exclusif QUÉBEC - La FTQ demande à ses membres de délaisser leur travail syndical régulier pour faire de la campagne électorale la priorité absolue. La centrale syndicale détaille même les étapes à mettre en oeuvre pour empêcher l'élection de candidats conservateurs.
C'est ce que l'on constate dans un document obtenu par le FM 93 de Québec intitulé «Arrêtons Harper! Guide de campagne».
La première étape détaillée par la FTQ demande aux sections locales de déterminer «comment chacune des personnes présentes peut diminuer le temps alloué au travail syndical courant (écoute, comités, griefs, etc.) de façon à faire de cette campagne la priorité numéro 1».
La centrale souhaite également s’assurer que les membres et leurs proches votent en masse contre le Parti conservateur et effectuera du pointage dans les différentes circonscriptions pour suivre l’évolution du scrutin.

La Croatie ferme à son tour la porte aux migrants

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 Mise à jour le vendredi 18 septembre 2015 à 4 h 59 HAE  Radio-Canada avec Reuters et Associated Press
À la gare de Beli Manastir, en Croatie, des migrants tentent par tous les moyens d'embarquer à bord d'un train qui leur permettra de poursuivre leur périple.
À la gare de Beli Manastir, en Croatie, des migrants tentent par tous les moyens
d'embarquer à bord d'un train qui leur permettra de poursuivre leur périple.
  Photo :  Laszlo Balogh / Reuters

Après avoir accepté plus de 11 000 migrants en deux jours, la Croatie a fermé tous ses postes-frontières avec la Serbie, sauf un, et annoncé que les migrants qu'elle accueillera désormais seront redirigés vers la Hongrie ou la Slovénie. Une décision dénoncée aussitôt à Budapest et à Belgrade.
Les migrants se ruent vers la Croatie depuis que la Hongrie a décidé de sceller sa propre frontière avec la Serbie. Leur objectif n'est pas d'y demeurer, mais d'entrer sur le territoire de l'Union européenne à partir de la Slovénie, le plus souvent pour se rendre vers des pays prospères, comme l'Allemagne.
Le premier ministre croate Zoran Milanovic a cependant déclaré vendredi que son pays ne peut plus contrôler l'arrivée de migrants et qu'il refuse d'en assumer la responsabilité. Il va donc cesser d'enregistrer et d'héberger les nouveaux arrivants.
« Ils auront de la nourriture, de l'eau, de l'aide médicale, et ensuite ils pourront poursuivre leur chemin. L'Union européenne doit savoir que la Croatie ne peut pas devenir une zone sensible pour les migrants. Nous avons du cœur, mais nous avons aussi une tête. »— Zoran Milanovic, premier ministre de la Croatie

La nouvelle a été mal accueillie à Budapest. Un porte-parole du gouvernement, Zoltan Kovacs, a déclaré que la décision de rediriger les migrants vers son pays est « totalement inacceptable ». Bien que la Croatie savait ce qui l'attendait, elle était mal préparée et « son système d'approvisionnement s'est effondré en une seule journée », a-t-il dit, en prédisant que l'affaire allait nuire aux chances de la Croatie de se joindre à l'espace de Schengen.
La Hongrie avait commencé à installer dans la nuit de jeudi à vendredi une clôture à sa frontière de 41 kilomètres avec la Croatie pour bloquer le passage de migrants. Des centaines de soldats et de policiers seront aussi déployés à la frontière, a annoncé le premier ministre Viktor Orban dans une entrevue accordée sur les ondes de la radio publique. La Hongrie et la Croatie sont essentiellement par la Drave, un affluent du Danube.
« Nous devons appliquer les mêmes mesures qu'à la frontière serbo-hongroise », a dit Viktor Orban, précisant que 600 soldats travaillaient à l'installation de la clôture, que 500 autres seraient déployés vendredi, et 700 de plus ce week-end.
Belgrade s'insurge aussi contre la nouvelle approche croate, qui pourrait contraindre les migrants à rester sur son sol. Le ministère des Affaires sociales Aleksandar Vulin menace de traîner la Croatie devant les tribunaux internationaux si les postes frontaliers demeurent fermés. La Serbie fait aussi valoir que Zagreb aurait dû prévoir un tel afflux de réfugiés.


Pendant ce temps, en Turquie, les migrants continuent de se préparer pour une traversée qui doit les mener à l'île grecque de Lesbos, en mer Égée. Notre corespondant Jean-François Bélanger raconte ce qu'ils vivent. 

Débat à saveur économique et ... cacophonique

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Publié par Danielle Arsenault pour CogecoNouvelles le jeudi 17 septembre 2015 à 23h58.
Débat à saveur économique et ... cacophonique
La Presse Canadienne
OTTAWA - C'est dans un concert parfois cacophonique que trois des chefs en campagne fédérale se sont affrontés, jeudi soir, dans un débat à Calgary.
Coincés dans une course serrée à trois, le conservateur Stephen Harper, le néo-démocrate Thomas Mulcair et le libéral Justin Trudeau ont cherché à se différencier dans ce débat entièrement consacré à l'économie.

Les échanges ont donné lieu à quelques étincelles; M. Mulcair accusant M. Harper de nier la réalité ou M. Harper reprochant à ses deux rivaux de toujours vouloir dépenser davantage.

Les trois chefs se sont même écartés du thème imposé pour parler de la crise des réfugiés.

Stephen Harper a accusé ses deux adversaires de vouloir ouvrir largement les frontières du pays pour permettre l'entrée de centaines de milliers de personnes sans document et sans vérification sécuritaire.Cette déclaration lui a attiré des protestations de Justin Trudeau qui l'a accusé de miser sur les peurs des gens.

Pendant que les trois hommes échangeaient, la chef du Parti vert du Canada, Elizabeth May, s'en remettait à «Twitter» pour participer au débat. Le numéro un du Bloc québécois, Gilles Duceppe, n'avait pas lui non plus été invité à cette joute oratoire organisée par le journal «The Globe and Mail».

Élections Canada 2015 Le Bloc, instrument d’une rébellion tranquille

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Mise à jour le jeudi 17 septembre 2015 à 21 h 21 HAE

À six reprises, le Bloc québécois a remporté une majorité de sièges au Québec. Puis, en 2011, le parti souverainiste s'est retrouvé avec seulement quatre députés à Ottawa, balayé par la vague orange. Dans la présente campagne, le Bloc joue-t-il son avenir?
Martine Tremblay vient de publier un ouvrage fouillé sur le parcours de ce parti : La rébellion tranquille. Selon l'auteure, le Bloc québécois a été l'instrument « d'une rébellion qu'on peut qualifier de tranquille, parce que, c'était un geste de rébellion de créer ce parti (au début des années 1990) et d'envoyer une majorité de députés à Ottawa, mais de le faire de manière responsable, dans le respect des institutions », explique-t-elle en entrevue à 24/60.
Mme Tremblay semble toutefois chroniquer la mort graduelle de parti rebelle. Elle souligne d'ailleurs que ces dernières années, « on avait l'impression, à la fin, que le Bloc faisait de moins en moins peur au Canada anglais ».
Ce qui a véritablement amorcé le déclin du Bloc, selon l'auteure, c'est l'arrivée de Stephen Harper à Ottawa. Dans son livre, elle écrit que le mouvement souverainiste s'est installé dans une espèce de torpeur avec l'arrivée de Stephen Harper, parce que l'axe de réflexion n'était plus souverainiste/fédéraliste, mais gauche/droite.
« On a senti que le Bloc avait beaucoup plus de misère à trouver ses marques. »— Matrine Tremblay

« Tellement habitué d'être face à l'ennemi héréditaire qui était le parti libéral de Jean Chrétien, quand Stephen Harper est arrivé et a décrispé les relations entre le Québec et Ottawa, bien sûr, le Bloc a été déstabilisé », dit Martine Tremblay.
Qui est Martine Tremblay?

Martine Tremblay a été attachée politique et directrice de cabinet des premiers ministres péquistes René Lévesque et Pierre Marc Johnson, sous-ministre adjointe au ministère des Affaires culturelles et sous-ministre de la Culture et des Communications de 1995 à 1999 ainsi que des Relations internationales du Québec, de 1999 à 2002.
PQ et Bloc, deux frères indépendants
Le Bloc et le parti souverainiste à Québec, le Parti québécois, ont toujours été « deux frères avec des tensions incroyables », souligne Mme Tremblay en entrevue.
Tout au long de son histoire, le Bloc a éprouvé de la difficulté à se faire accepter du PQ, notamment parce qu'au Parti québécois, « certains ont rêvé de contrôler ce parti frère. »
Il leur est néanmoins arrivé de travailler ensemble. « D'ailleurs, à certains moments, le Parti québécois, qui cherchait à remonter la pente après ses défaites successives de 2003 à 2011, avait besoin du Bloc! Le Bloc était devenu un parti riche, un parti super organisé, incroyablement outillé », dit-elle.
« Le Bloc est devenu une incroyable machine politique pendant ces années-là, sous la gouverne de Gilles Duceppe. »— Martine Tremblay

Martine Tremblay croit-elle qu'en publiant son livre pendant la campagne électorale, cela pourrait donner des munitions aux adversaires du Bloc? « Oui, mais en même temps, je pense que ça fait la part des choses, aussi, et ça fait valoir ce qu'a été le Bloc. Pour moi le Bloc, il a réussi un exploit historique, insiste-t-elle. Le Bloc, pendant 20 ans, a dominé la politique fédérale au Québec. C'est ce que je voulais documenter. »