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lundi, décembre 19, 2016

Les transferts en santé bien en deçà des voeux des provinces

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PUBLIÉ LE DIMANCHE 18 DÉCEMBRE 2016 À 16 H 27 | Mis à jour le 18 décembre 2016 à 21 h 03
Le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau
Le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau.
Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld
Plusieurs ministres provinciaux ont dénoncé dimanche ce qu'ils perçoivent comme un ultimatum du gouvernement Trudeau au sujet des négociations sur les transferts fédéraux en santé.
LA PRESSE CANADIENNE
Ils ont soutenu que la dernière offre du gouvernement fédéral est encore plus néfaste aux différents budgets provinciaux en matière de santé que les promesses électorales élaborées par les libéraux en 2015.
Les ministres provinciaux et territoriaux des Finances devaient exercer des pressions sur leur homologue fédéral Bill Morneau à l'occasion d'un souper de travail dimanche soir. Les discussions se poursuivent lundi. Les ministres de la Santé se joindront aux négociations au cours d'une séance extraordinaire au cours de l'après-midi.
Dimanche soir, M. Morneau a dit espérer que les provinces aborderont les discussions avec un esprit ouvert, mais les différentes parties semblaient loin d'une entente.
« Je peux parler pour tout le monde au pays : nous ne sommes pas satisfaits de la façon dont ces discussions sont menées », a déclaré le ministre québécois de la Santé, Gaétan Barrette, au cours d'une entrevue réalisée dimanche.
Il n'y a eu aucune négociation au cours de la dernière année, et voilà que Bill Morneau nous sert un ultimatum. C'est insultant et inapproprié. S'il ne présente pas une meilleure proposition à la table, [les discussions] ne se dérouleront pas très bien.
 Gaétan Barrette, ministre de la Santé du Québec
M. Morneau a défendu l'offre fédérale en affirmant que le gouvernement souhaitait des résultats qui « feront une réelle différence pour les Canadiens ».
Le ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec, Gaétan Barrette
Le ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec, Gaétan Barrette.
Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot
Offre fédérale
Les libéraux fédéraux ont indiqué précisément aux provinces et aux territoires quelles sommes additionnelles en transferts en santé ils recevront l'an prochain, et celles-ci sont bien inférieures à ce que souhaitaient les premiers ministres.
Les chiffres dévoilés par le ministère des Finances, dimanche, ont montré que les libéraux tablaient sur une augmentation de 3 % du financement des soins de santé, à 37,15 milliards de dollars l'an prochain, par rapport à 36,1 milliards de dollars pour la période correspondante de l'année précédente.
M. Morneau avait été catégorique, vendredi, affirmant que les demandes des provinces quant aux hausses des transferts en santé « dépassaient tout ce que [le gouvernement fédéral] considérerait ». Le ministre fédéral a répété qu'il n'accepterait pas que les augmentations annuelles des transferts dépassent 3 %, ou que la part des dépenses assumée par le gouvernement fédéral soit relevée à 25 % des budgets provinciaux en santé.
Ainsi, le taux de croissance du transfert en santé passerait de 6 à 3 %, comme prévu, ce qui réduirait de près de 1,1 milliard de dollars par année les paiements combinés d'Ottawa aux provinces par rapport à ce qu'elles comptaient obtenir. Les gouvernements des provinces affirment que cela laisserait de grands trous dans leur budget de soins de santé.
Toutefois, si on se fie aux déclarations de M. Barrette et du ministre des Finances de la Colombie-Britannique, Michael de Jong, Bill Morneau aurait proposé des augmentations fermes annuelles de 3,5 %. Un montant de 8 milliards de dollars sur 10 ans serait réservé à des secteurs bien précis, comme les soins de santé à domicile et la santé mentale. Le gouvernement fédéral aurait aussi l'intention de dépenser 1 milliard de dollars sur quatre ans dans les infrastructures reliées aux soins de santé à domicile.
Cette offre pourrait cependant être moins avantageuse pour les provinces, a dit M. de Jong.
M. Barrette a qualifié sur son compte Twitter d'« indécente » et d'« irresponsable » l'idée de M. Morneau de réduire la part du fédéral « de 23 % aujourd'hui à moins de 20 % sur 10 ans ».
Certaines provinces soutiennent l'idée d'un financement fédéral sur 10 ans qui verrait les transferts en santé augmenter de 5,2 % par année, tandis que d'autres voudraient voir le gouvernement fédéral faire croître graduellement sa part des budgets provinciaux de soins de santé à 25 %.
En tout, le gouvernement fédéral prévoit fournir aux provinces et aux territoires environ 72,8 milliards de dollars en paiements de transfert l'an prochain, y compris les paiements de péréquation aux provinces qui y auront droit.
Quatre provinces n'auront pas droit aux paiements de péréquation l'an prochain en vertu de la formule de calcul : Terre-Neuve-et-Labrador, la Saskatchewan, l’Alberta et la Colombie-Britannique. Les six provinces restantes recevront au total 18,25 milliards de dollars, le Québec obtenant la plus large part, à 11 milliards de dollars.
Le programme de péréquation inscrit dans la Constitution redistribue l'argent aux provinces les plus pauvres pour aider à financer les services publics.
Les transferts en santé
Terre-Neuve-et-Labrador : 539 millions de dollars
Île-du-Prince-Édouard : 152 millions de dollars
Nouvelle-Écosse : 967 millions de dollars
Nouveau-Brunswick : 768 millions de dollars
Québec : 8,49 milliards de dollars
Ontario : 14,3 milliards de dollars
Manitoba : 1,35 milliard de dollars
Saskatchewan : 1,18 milliard de dollars
Alberta : 4,38 milliards de dollars
Colombie-Britannique : 4,86 milliards de dollars
Yukon : 38 millions de dollars
Territoires du Nord-Ouest : 45 millions de dollars
Nunavut : 38 millions de dollars
Total : 37,15 milliards de dollars
Transferts en matière de programmes sociaux
Terre-Neuve-et-Labrador : 199 millions de dollars
Île-du-Prince-Édouard : 56 millions de dollars
Nouvelle-Écosse : 358 millions de dollars
Nouveau-Brunswick : 284 millions de dollars
Québec : 3,14 milliards de dollars
Ontario : 5,3 milliards de dollars
Manitoba : 502 millions de dollars
Saskatchewan : 438 millions de dollars
Alberta : 1,62 milliard de dollars
Colombie-Britannique : 1,8 milliard de dollars
Yukon : 14 millions de dollars
Territoires du Nord-Ouest : 17 millions de dollars
Nunavut : 14 millions de dollars
Total : 13,75 milliards de dollars
Financement total, y compris la péréquation et la formule de financement des territoires
Terre-Neuve-et-Labrador : 738 millions de dollars
Île-du-Prince-Édouard : 599 millions de dollars
Nouvelle-Écosse : 3,1 milliards de dollars
Nouveau-Brunswick : 2,8 milliards de dollars
Québec : 22,7 milliards de dollars
Ontario : 21,1 milliards de dollars
Manitoba : 3,68 milliards de dollars
Saskatchewan : 1,62 milliard de dollars
Alberta : 6 milliards de dollars
Colombie-Britannique : 6,67 milliards de dollars
Yukon : 972 millions de dollars
Territoires du Nord-Ouest : 1,3 milliard de dollars
Nunavut : 1,58 milliard de dollars
Total : 72,83 milliards de dollars

Négociations en santé : Barrette menace de claquer la porte

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PUBLIÉ AUJOURD'HUI À 10 H 00 | Mis à jour à 10 h 01
Le ministre québécois de la Santé, Gaétan Barrette, à son arrivée au Château Laurier.
Le ministre québécois de la Santé, Gaétan Barrette, à son arrivée au Château Laurier.
Photo : Radio-Canada

nsatisfait de l'offre fédérale qu'il qualifie de « tout simplement irresponsable », le ministre québécois de la Santé menace de quitter la table des négociations alors que s'ouvre au Château Laurier, à Ottawa, la rencontre des ministres fédéraux et provinciaux des Finances et de la Santé sur les transferts fédéraux en santé.
La proposition de Bill Morneau est une réduction du financement en santé qui entraînera une diminution de l’accès aux soins sur une période de dix ans, à un moment où les besoins d’accès en maintien à domicile et en santé mentale sont croissants. Gaétan Barrette
Le Québec n'est d'ailleurs pas la seule des provinces à avoir fait part à haute voix de son malaise. Elles sont plusieurs, en fait, à ne pas cacher leur mécontentement face à l’offre faite vendredi par le ministre fédéral des Finances Bill Morneau, qu’elles considèrent comme un ultimatum.
En vertu de la dernière entente fédérale-provinciale, les transferts fédéraux en santé ont augmenté de 6 % au cours des dernières années. Ils doivent cependant être limités à 3 % dès l’an prochain, au grand dam des provinces.
Dimanche soir, les ministres provinciaux sont arrivés avec une heure de retard au souper de travail organisé avec M. Morneau en vue de la rencontre, afin de discuter de l’offre fédérale.
Selon des déclarations faites dimanche soir par le ministre Barrette et le ministre britanno-colombien des Finances, Michael de Jong, M. Morneau aurait proposé des augmentations fermes annuelles de 3,5 %.
Ottawa investirait en outre 8 milliards de dollars sur 10 ans pour des secteurs bien précis comme les soins de santé à domicile et la santé mentale, et 1 milliard sur quatre ans dans les infrastructures reliées aux soins de santé à domicile.
En arrivant au Chateau Laurier, lundi matin, le ministre Barrette a clairement signifié qu'il est prêt à claquer la porte des négociations si Ottawa ne modifie pas sa proposition.
Il n'y a aucun doute que le Québec, si la proposition reste telle quelle, va quitter la table. Gaétan Barrette
En entrevue au Réseau de l’information, un peu plus tôt, le ministre Barrette avait continué de pourfendre cette proposition, qu’il a déjà qualifiée d'« indécente » et d'« irresponsable » dans des messages envoyés dimanche sur son compte Twitter.
« Vendredi dernier, il nous envoie une proposition à la dernière minute, sans avoir négocié pendant un an de temps, et il nous dit : c’est un ultimatum, c’est à prendre ou à laisser » a dénoncé le ministre. « Ce qu’il met sur la table, c’est un désinvestissement du fédéral en santé et il nous fait une proposition qui va diminuer la part du financement du fédéral de 23 % au Canada à moins de 20 % sur 10 ans. »
M. Barrette propose de maintenir la hausse des transferts en santé à 6 % pour l’année 2017, et d’entreprendre des négociations pour parvenir, dès l’an prochain, à une entente pour les années subséquentes.
On a pris une année pour négocier les changements climatiques et on prend une journée pour la santé, c’est ridicule! En plus, on a un ultimatum. Gaétan Barrette
« Si on perd ce financement, je vous le dis, nous on a à développer – parce que ce n’est pas suffisamment là - le maintien domicile et la santé mentale, on ne peut pas le faire. On ne peut juste pas le faire. »
Le ministre québécois des Finances, Carlos Leitao, a livré exactement le même message en arrivant à la rencontre. Selon lui, l’objectif ultime est de convaincre le fédéral de hausser sa contribution à 25 % aux soins de santé.
Même avec les montants additionnels proposés pour les soins à domicile et les soins en santé mentale, « on va s’éloigner du 25 %, dit-il. « L’offre fédérale n’est pas particulièrement généreuse, même avec les fonds additionnels. »
Selon lui, les transferts en santé offrent une base « beaucoup plus solide » de financement pour les provinces. « Les fonds spéciaux, on ne sait jamais quand ils vont prendre fin », explique-t-il.
M. Leitao soutient que les négociations s’annoncent « très difficiles », et se montre peu optimiste qu’une entente puisse être conclue aujourd’hui. « Je ne suis pas plus optimiste que je l’étais hier », a-t-il laissé tomber.

Les anti-Trump espèrent une révolte du collège électoral

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Publié le 18 décembre 2016 à 22h03 | Mis à jour le 19 décembre 2016 à 08h06
Pour parvenir à leurs fins, les anti-Trump doivent... (photo archives Associated Press)
Pour parvenir à leurs fins, les anti-Trump doivent convaincre 37 grands électeurs du Grand Old Party d'abandonner leur candidat.
PHOTO ARCHIVES ASSOCIATED PRESS
JÉRÔME CARTILLIER
Agence France-Presse
Washington
Leurs chances de succès sont ténues mais ils veulent y croire: les démocrates redoutant que Donald Trump s'installe à la Maison-Blanche ont les yeux braqués sur le collège électoral, qui vote lundi, avec l'espoir qu'il fasse barrage à l'homme d'affaires.
Les quelque 136 millions d'Américains qui se sont rendus aux urnes le 8 novembre n'ont pas directement élu le prochain locataire de la Maison-Blanche... mais 538 grands électeurs chargés de le faire.
Le républicain Donald Trump est sorti vainqueur (306 grands électeurs contre 232) face à sa rivale démocrate Hillary Clinton, grande favorite des sondages.
Le vote de ces grands électeurs, élus ou militants locaux pour la plupart inconnus du grand public, est d'habitude une pure formalité et passe quasiment inaperçu.
Mais la personnalité de M. Trump, la tonalité extrêmement agressive de la campagne et le fait que Mme Clinton ait remporté le vote populaire (avec plus de 2,5 millions de voix d'avance, selon un décompte provisoire) lui donnent cette année un relief particulier.
Pour parvenir à leurs fins, les anti-Trump doivent convaincre 37 grands électeurs du Grand Old Party d'abandonner leur candidat. Difficile de prédire le résultat mais, à ce jour, seul Christopher Suprun (Texas) a publiquement annoncé qu'il suivrait cet appel à la révolte.
Dans une tribune début décembre au New York Times, il expliquait pourquoi il ne voterait pas pour «quelqu'un qui montre chaque jour qu'il n'a pas les qualités requises pour la fonction présidentielle».
Dans l'hypothèse, improbable, où il serait suivi en nombre, il reviendrait alors à la Chambre des représentants de désigner le successeur de Barack Obama. La secousse serait évidemment de taille, mais cette dernière étant aux mains des républicains, Donald Trump l'emporterait in fine.
Un sondage Politico/Morning Consult publié lundi montre que les Américains ont peu d'enthousiasme pour cette «révolte»: 46% d'entre eux jugent que les grands électeurs devraient être tenus de suivre le vote de leur État (34% pensent le contraire).
Sur l'opportunité de modifier la Constitution pour remplacer ce système par le suffrage universel direct, ils sont davantage partagés: 46% pour, 40% contre.
Les résultats, qui devraient remonter État par État dans les jours à venir, seront officiellement annoncés par le Congrès le 6 janvier.
Démocrates divisés
Les piratages menés par la Russie, selon le renseignement américain, durant la campagne électorale, ont ajouté encore au caractère passionnel du débat.
Dix grands électeurs (neuf démocrates, un républicain) ont adressé une lettre ouverte à James Clapper, directeur sortant du renseignement américain, lui demandant d'être informés sur l'enquête en cours avant de passer au vote.
John Podesta, ancien directeur de campagne d'Hillary Clinton, dont des milliers de messages ont été piratés et mis en ligne dans les semaines ayant précédé le scrutin présidentiel, a appuyé leur demande. En vain.
«La vraie question est de savoir pourquoi les démocrates (...) tentent à tout prix de délégitimer le résultat de l'élection», s'est insurgé dimanche Reince Priebus, proche de M. Trump, qui occupera à partir du 20 janvier le poste très envié de secrétaire général de la Maison-Blanche.
Dénonçant sur Fox News une tentative «d'intimidation» des grands électeurs --"certains ont reçu plus de 200 000 courriels"--, il a jugé qu'elle était vouée à l'échec.
«Si mes nombreux soutiens se comportaient et menaçaient les gens comme le font ceux qui ont perdu l'élection, ils seraient méprisés et traités de tous les noms!», a tweeté le président élu.
Très actif, le groupe «Hamilton Electors», soutenu notamment par le bouillonnant réalisateur Michael Moore, a de son côté appelé à des rassemblements lundi à travers le pays.
Pour défendre l'importance d'un vote «en conscience» des membres du collège électoral, il s'appuie sur les mots d'Alexander Hamilton, l'un des pères fondateurs, selon lequel ce système a été mis en place pour que la présidence ne soit jamais confiée à un homme n'ayant pas «les qualités requises».
Mais tous les démocrates ne sont pas, loin s'en faut, favorables à la démarche.
«Même si je partage de réelles inquiétudes sur l'élection et sur Donald Trump, la plupart des grands électeurs suivront, et devraient suivre, les résultats des urnes», estimait dimanche soir sur Twitter David Axelrod, ancien proche conseiller de Barack Obama.
«Un vote contraire déchirerait le pays», ajoutait-il.