vendredi, mai 01, 2015

1/3 : Pierre Karl Péladeau : si la tendance se maintient ...

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Pierre Karl Peladeau
PHOTO D’ARCHIVES

Mathieu Bock-Coté
Je publierai dans les prochains jours une série d’articles sur les trois principaux candidats à la chefferie du Parti Québécois. Aujourd’hui le 1ermai : Pierre Karl Péladeau. Dimanche le 3 mai : Alexandre Cloutier. Mardi le 5 mai : Martine Ouellet. 
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On avait annoncé le couronnement de Pierre-Karl Péladeau à la chefferie du Parti Québécois. Jean-François Lisée s’est même retiré de la course en croyant que la course était déjà jouée et que son résultat était connu d’avance. Il y a quelques jours, Bernard Drainville, qui n’a pourtant pas démérité, s’est rallié à Pierre-Karl Péladeau. La tendance est effectivement lourde mais l’entreprise n’a rien d’une partie de plaisir. De grandes forces se mobilisent contre celui qu’on a pris l’habitude d’appeler PKP. Ses adversaires se croient tout permis pour en finir avec lui. L’objectif : provoquer l’effondrement de sa candidature ou faire en sorte qu’il ressorte de la course à la chefferie si abimé qu’il ne soit plus capable, ensuite, de véritablement donner une nouvelle impulsion à son parti. C’est que ses adversaires le croient capable de bouleverser la vie politique. Trois fronts se sont ouverts contre lui : d’abord celui des médias, ensuite celui des fédéralistes, enfin, celui d’une frange singulière de la gauche souverainiste.
Évoquons d’abord les médias qui tissent un étrange récit de sa candidature d’autant qu’ils ne pardonnent pas à PKP de ne pas se plier aux règles conventionnelles et peut-être faisandées de la communication politique. C’est ainsi que, peu à peu, les grands médias ont cherché à définir la candidature de PKP à travers un récit fondamentalement négatif. L’homme serait gaffeur, erratique, et commettrait une bourde après l’autre – d’ailleurs, on présente sa campagne comme une succession d’erreurs et ses partisans sont toujours accusés d’aveuglement, comme si l’homme valait moins que le fantasme par lequel on le grandissait. Inversement, Alexandre Cloutier est paré de toutes les vertus par les mêmes médias, ce qui devrait l’inquiéter: il n’est jamais bon d’être le souverainiste préféré des fédéralistes. En politique, il vaut souvent mieux être craint qu’adoré.
PKP suscite aussi l’hostilité de la frange la plus ouvertement fédéraliste du milieu des affaires. On le sait, notre bourgeoisie, et plus encore, notre grande bourgeoisie, pratique le fédéralisme borné et se tient avec une solidarité de caste. Pour elle, l’indépendance est inconcevable et elle a historiquement trouvé son intérêt en représentant les intérêts du Canada au Québec. Elle ne pardonne pas à PKP son passage chez les souverainistes et on le considère probablement comme un renégat, comme en témoignait, récemment, à Tout le monde en parle, Mitch Garber qui a craché son venin contre PKP. Son objectif était clair : il fallait présenter PKP comme un héritier sans talent, comme un gestionnaire borné à la réputation surfaite. Autrement dit, écraser sa crédibilité économique. Il faut probablement y voir une expression de la peur qu’il suscite. On se souvient comment le Maclean’s avait accueilli sa candidature: serait-il l’homme qui ferait éclater le Canada? La violence des critiques qui lui sont formulées laissent croire qu’ils sont nombreux à répondre oui à la question posée par le magazine canadien-anglais.
PKP suscite enfin les craintes d’une certaine frange de la gauche péquiste pour qui l’indépendance sera progressiste ou ne sera pas. Étrange idée: quand la gauche souverainiste dit souhaiter un pays social-démocrate, doit-on comprendre qu’elle ne veut pas de pays s’il n’est pas abonné à vie à la social-démocratie? Quelques esprits obtus qui se piquent de progressisme accuseront ainsi certains artistes d’endosser sa candidature alors qu’on les dit de gauche. Comme si la question nationale ne transcendait pas la gauche et la droite. On veut faire passer PKP pour un intrus dans son nouveau parti et on ne cesse de mettre en contradiction ses positions actuelles avec ses positions d’hier. Mais la critique vire rapidement à la caricature malveillante. Surtout, on veut en finir avec celui qui pourrait redéfinir en profondeur l’identité politique du Parti Québécois en en refaisant une coalition ouverte au plus grand nombre, sauf aux fédéralistes non repentis. On notera toutefois que des figures historiquement liées à la gauche indépendantiste, comme Andrée Ferretti, se sont ralliées à sa candidature. PKP n’a pas pigé ses soutiens qu’à «droite».
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On le voit, la campagne n’est pas de tout repos. Il aura connu son baptême du feu. Et pourtant, à ce qu’on en sait, PKP maintient ses appuis et continue d’en engranger. Si la tendance se maintient, il remportera la chefferie du PQ. C’est que la candidature de PKP répond à certains problèmes majeurs du mouvement souverainiste. Des problèmes structurels, en quelque sorte. Et s’il est accueilli comme un sauveur, au point où plusieurs le transforment en homme providentiel, c’est que le PQ a effectivement besoin d’être sauvé. Depuis 1998, le PQ connait une régression constante, qui correspond, plus profondément, à la dislocation de la question nationale, d’autant que la démographie joue contre elle, quoi qu’en disent les  qui préfèrent censurer la réalité lorsqu’elle démonte l’illusion du vivre-ensemble multiculturel. Il se pourrait, paradoxalement, que ce sentiment d’urgence contribue à redonner au mouvement souverainiste l’énergie qui lui manque.
La candidature de PKP répond d’abord à la panne de volonté politique chez les leaders souverainistes. On l’a vu aux dernières élections, il a suffi que l’indépendance se pointe le museau dans la campagne péquiste pour que cette dernière s’effondre. Le PQ a été incapable de faire campagne trois jours sur sa raison d’être. Il y avait quelque chose de gênant dans cette liquéfaction en direct d’un grand parti. Et alors qu’il fuyait son option, le PLQ la lui rappelait en la diabolisant. Les libéraux sont parvenus à transformer l’élection de 2014 en référendum sans référendum sans pour quant qu’on y trouve un camp du Oui, et on peut se demander si PKP était conscient de s’embarquer dans un parti aussi peu sérieux dans la poursuite de son objectif fondamental. Avec les années, la souveraineté était devenue un idéal lointain, un rêve agréable. Elle n’avait plus rien d’un projet politique. Les Québécois n’en peuvent probablement plus de tels velléitaires qui confondent le fantasme du pays avec la vraie lutte politique pour l’obtenir.
PKP entend faire campagne sur l’indépendance. Ce n’est plus en cachant la raison d’être du PQ mais en l’assumant qu’il cherchera à se faire élire. Autrement dit, pour lui, la souveraineté n’est pas un fardeau mais la meilleure arme du PQ. Pour PKP, la souveraineté ne doit pas être dissimulée sous la veste mais exhibée et portée fièrement comme un étendard. Sa promesse, c’est de refaire de l’idéal un projet. Il ne s’agit plus seulement de rêver au pays mais de documenter à nouveau l’indépendance, à la lumière de l’intérêt national. En quoi le cadre canadien nous enserre-t-il au point de nous étouffer? En quoi le fédéralisme entrave-t-il la pleine expression du potentiel québécois? De cela, les Québécois doivent avoir à nouveau la démonstration, tellement ils se sont habitués, depuis vingt ans, au Canada tel qu’il est. Reste à voir si les Québécois sont prêts à suivre un leadership clairement affirmé à propos de l’indépendance? Il n’est pas interdit de craindre qu’ils aient abandonné la souveraineté et qu’ils se contentent d’un nationalisme tiède comme celui de la CAQ, même s’ils continuent de se montrer très sensibles sur la question identitaire.
PKP redonne aussi une certaine crédibilité économique au projet souverainiste. D’autant que ces années-ci, la crédibilité économique et financière de l’indépendance est fragilisée comme jamais. La propagande fédéraliste est parvenue à ranimer le mythe d’une souveraineté catastrophique, comme si la prospérité du Québec était fondamentalement empruntée et dépendait exclusivement de son appartenance au Canada. Le martèlement du discours sur la péréquation est exemplaire de cette radicalisation du fédéralisme. Il ne s’agit plus seulement de dire que le fédéralisme est préférable à l’indépendance: il s’agit de faire de la souveraineté un projet déraisonnable, irrationnel et relevant du pire délire, seulement bon pour les fabulateurs et les excités. Les fédéralistes entendent désormais éradiquer le mouvement souverainiste, ils veulent en finir avec la possibilité même de l’indépendance.
Le PQ, traditionnellement, a toujours été capable d’attirer dans ses rangs quelques économistes de talent, Jacques Parizeau étant certainement le plus célèbre d’entre eux. Il était d’ailleurs l’héritier de la longue tradition du nationalisme économique qui remonte jusqu’à la fondation des HEC. C’est une sottise de dire que les souverainistes ne se sont jamais souciés de la crédibilité économique de leur projet. Mais le fait est que les hommes d’affaires se sont faits plus rares dans leurs rangs. Ils savent qu’on ne leur pardonnera pas leur passage chez le diable séparatiste. L’engagement de PKP au PQ vient ici donner un gage de crédibilité économique au mouvement souverainiste. Sa promesse: la souveraineté n’appauvrira pas les Québécois. Mieux encore: elle les enrichira. N’est-ce pas le sens de son fameux slogan Réussir? La figure de PKP vient ici renforcer la crédibilité économique du projet national.
Cette vertu que plusieurs lui prêtent n’est pas sans lien avec le troisième avantage stratégique associé à la candidature de PKP. La candidature de PKP répond aussi à l’éclatement actuel du camp souverainiste, qui a perdu, en dix ans, une bonne partie de son électorat sur sa droite, d’abord à l’ADQ et ensuite à la CAQ. Nous assistons ainsi à une catastrophe politique: la division suicidaire des francophones qui jouent à la gauche et à la droite sans comprendre qu’ils perdent ainsi le contrôle de leur destinée. Cet électorat plus conservateur se montre justement sensible au réalisme économique, à la création de richesse et au nationalisme identitaire. Les valeurs auxquels il adhère relèvent moins de la social-démocratie que du sens du travail, de l’effort individuel, de l’enracinement. Dans les 450, le leadership de PKP pourrait faire la différence. Peut-être pourrait-il même se donner comme objectif de faire renaître le mouvement souverainiste à Québec et sur la rive-sud de Québec.
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J’ai cherché ici à comprendre les raisons qui expliquent l’enthousiasme ou l’adhésion d’un grand nombre de souverainistes à la candidature de PKP. Cela ne veut pas dire, pour autant, que cette dernière soit sans failles. On l’a vu, PKP demeure un orateur hésitant, même si on peut croire avec raison que cela s’explique surtout par la nature de la présente élection. Dans une course à la chefferie, il faut ménager ses adversaires qui redeviendront ensuite des collègues. Pour utiliser une métaphore militaire, on ne tire pas pour tuer, à moins de pratiquer la politique de la terre brulée.
On peut croire, toutefois, qu’une fois devenu chef, PKP ne s’imposera plus cette réserve exagérée et pourra accorder ses discours à sa nature beaucoup plus combattante, bien plus énergique. On devine qu’il sera autrement plus éloquent devant Philippe Couillard que devant Martine Ouellet. Il y a des hommes doués pour le consensus, d’autres pour l’adversité. Manifestement, PKP appartient à la deuxième catégorie. Cette nature correspond d’ailleurs à un nationalisme enraciné sans compromis, à mille lieux du souverainisme aseptisé de ceux qui n’en finissent pas de quêter à leurs adversaires un certificat de respectabilité. Le nationalisme de PKP répond au vieil appel de la Révolution tranquille : maître chez nous. Il semble tout autant économique qu’identitaire et politique.
PKP devra aussi se montrer plus constant. À plus d’une reprise, dans la course, il a adopté une position, pour en changer le lendemain, et revenir sur sa décision le surlendemain. Ses hésitations autour de la question de la laïcité, ou ses excuses après avoir énoncé une évidence concernant la mutation démographique du Québec et ses effets sur la cause souverainiste en ont inquiété plus d’un. Était-ce dû à un flou intellectuel, comme le suggèrent ses adversaires? Ou plutôt, comme on peut le croire, parce qu’il hésite entre une parole libre et le respect du corset que doivent apparemment endosser ceux qui entrent dans l’arène politique? Le métier de politicien, dans la mesure où c’est un métier, ne s’apprend pas d’un coup et il faut, très rapidement, intérioriser les interdits du politiquement correct, sans quoi les médias accuseront le contrevenant idéologique de multiplier les dérapages. On devine qu’on lui explique souvent qu’il va toujours trop loin et qu’il doit lisser sa parole publique, ne peut heurter tel groupe, et tel autre, et quêter à ceux qui les donnent des certificats de respectabilité idéologique. Comment ne pas constater, encore une fois, que la rectitude politique mine à terme la démocratie en multipliant les interdits idéologiques?
Mais on peut souhaiter aussi, finalement, que PKP ne se plie pas trop à de tels codes. Ce qui fait sa force, c’est aussi qu’il n’entre pas dans le moule des politiciens préfabriqués. Ceux-là parviennent à ne pas avoir trop d’ennuis en conjuguant grâce à l’alternance les douceurs du pouvoir et l’exaltation militante de l’opposition. Ils font carrière et plusieurs servent très honorablement le  bien public. En échange, ils ne parviennent jamais à accomplir un immense projet. Alors que c’est justement ce qui est demandé à Pierre-Karl Péladeau. Nul  n’est appelé à accomplir de très grandes choses s’il n’a pas, pour le meilleur et pour le pire, le sens d'une vocation exceptionnelle. Toute la candidature de PKP repose sur une espérance : les souverainistes ont peut-être trouvé l’homme qui fera du Québec un pays.

David Thibault de retour au Québec

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 David Thibault de retour au Québec
PHOTO LE JOURNAL DE MONTREAL, BEN PELOSSE
Cédric Bélanger
David Thibault est de retour au Québec. Le chanteur vedette de Saint-Raymond a atterri à l’aéroport Montréal-Trudeau, jeudi après-midi, quelques jours après avoir pris part à la finale de l’émission The Voice, à Paris.
Il s’est rendu immédiatement dans les studios de Radio-Canada pour prendre part à l’enregistrement de Tout le monde en parle.
Le jeune homme de 17 ans passera quelques jours dans la métropole avant de retourner dans sa ville natale, où il sera fêté, le 7 mai, lors d’un dîner organisé en son honneur, au Centre multifonctionnel Rolland-Dion.

Des écoles privées anglophones prêtes à payer le prix pour tourner le dos à la loi 101



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Mise à jour le jeudi 30 avril 2015 à 20 h 04 HAE  La Presse Canadienne
Frustrées par la loi 101, qui réglemente l'admission des élèves, certaines écoles anglophones privées du Québec envisagent de refuser une subvention annuelle du gouvernement provincial pour se privatiser entièrement.
Classe d'écoleCela permettrait à ces écoles d'ignorer complètement la Charte de la langue française et de choisir leurs élèves au sein d'un plus grand bassin, qui comprendrait des familles francophones fortunées.
D'un autre côté, cela changerait possiblement la composition des écoles anglophones privées, car plusieurs de leurs élèves reçoivent des prêts et bourses. Les écoles renonçant à la subvention devront vraisemblablement augmenter leurs droits de scolarité et seuls les plus riches y auraient accès.
Une source proche du réseau des écoles anglophones privées a confirmé à La Presse Canadienne que certains établissements allaient probablement renoncer à la subvention gouvernementale.
Une seconde source a confirmé que plusieurs autres établissements envisageaient de suivre leur exemple.
L'un de ces établissements est l'école pour filles The Study à Westmount. C'est ce qu'a confirmé sa directrice des communications, Susan Orr-Mongeau.
4500 $ par élève sous condition de respecter la loi 101
La plupart des écoles anglophones privées du Québec reçoivent environ 4500 $ par élève du secondaire chaque année. Elles n'ont pas droit à cette subvention pour les élèves du primaire.
En acceptant ce chèque, elles doivent toutefois se plier à la loi 101. Les élèves immigrants et les francophones dont les parents sont allés à l'école en français n'ont pas le droit d'aller à l'école anglaise.
Toutefois, depuis de nombreuses années, des immigrants et des francophones profitent d'une faille dans la loi, qui consiste à envoyer leurs enfants durant un an dans une école primaire anglophone privée. Ils peuvent ensuite continuer d'aller à l'école anglaise.
Le Québec a posé des gestes concernant ces « écoles passerelles », mais la Cour suprême a jugé en 2009 que la loi linguistique du Québec était inconstitutionnelle.
En 2010, un système de points a été mis en place pour juger de l'admissibilité des élèves aux écoles anglophones subventionnées. Les élèves doivent amasser un minimum de 15 points, qui s'obtiennent seulement s'ils fréquentent des écoles classées A.
Le problème, toutefois, est que plusieurs écoles A ont vu leur classement dégringoler à B ou C.
« Le gouvernement a tellement haussé les critères qu'il a rendu carrément impossible pour la plupart des élèves qui fréquentent la plupart des écoles [privées] de se qualifier », a expliqué l'une des deux sources.
« Je peux vous dire qu'il y a des écoles dont le classement a diminué et qui ont demandé [au gouvernement] quelles seraient les conséquences si elles disaient non au financement », a affirmé Christopher Shannon, directeur du collège Lower Canada, à Montréal, une école privée classée A.
Son école ne pense pas, cependant, refuser la subvention.
Une situation encore nébuleuse
La présidente de l'association qui représente les 23 principales écoles anglophones privées du Québec, Holly Hampson, n'a ni confirmé ni infirmé que plusieurs établissements y songeaient.
Elle a indiqué que son organisation représentait moins de 10 000 élèves, sans pouvoir préciser le nombre exact.
Au ministère de l'Éducation, on est « au courant de la situation ». Une porte-parole a affirmé que les responsables l'analysaient.
La rumeur ne surprend pas Brent Tyler, un avocat constitutionnaliste qui a défendu la cause des écoles passerelles devant la Cour suprême. « Un enfant peut compléter toute sa scolarité primaire dans une école et ce ne sera pas suffisant pour aller dans une école secondaire anglaise », a-t-il affirmé.
Selon Me Tyler, la subvention qu'obtiennent les écoles du gouvernement est moindre que ce qu'elles perdent des élèves qui décident d'aller étudier ailleurs.

Manifestations et perturbations dans plusieurs régions du Québec

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Des manifestants au Square Victoria à Montréal contre l'austérité budgétaire
Des manifestants au Square Victoria à Montréal contre l'austérité budgétaire  Photo :  CBC/Ainslie MacLellan
 Les manifestations du 1er mai ont commencé très tôt ce matin à Montréal. Un groupe de manifestants dénonçant les politiques d'austérité du gouvernement du Québec ont bloqué durant quelques minutes, dès 6 h, l'accès au chantier de construction du CHUM au centre-ville.
Certains travailleurs, d'accord avec leurs revendications, ont tout de même déploré leurs actions les empêchant d'entrer au travail. Les policiers sont finalement intervenus, à l'angle des rues Saint-Denis et Viger, et ils ont rouvert pacifiquement le chantier de construction.
Les manifestants s'étaient réunis à la place Émilie-Gamelin, vers 4 h 30, avant de prendre la rue dans le cadre de la journée des travailleurs. L'un de ses groupes s'est arrêté au chantier du CHUM pour y bloquer l'accès. La manifestation, qui a perturbé la circulation dans le secteur, a duré une vingtaine de minutes.
Les manifestants ont repris la rue en se dirigeant vers l'ouest sans fournir d'itinéraire. En l'absence d'itinéraire, les policiers ont déclaré la manifestation illégale.
Une fois délogés du CHUM, les manifestants se sont regroupés au Square Philipps où ils ont fait le plein de participants avant de reprendre la rue. Ils ont pris la direction du Centre international du commerce.
Aucune arrestation n'a encore été effectuée. Les policiers ont précisé qu'ils n'arrêteraient personne tant que les manifestants respecteront le code de la sécurité routière.
Plusieurs autres manifestations sont prévues tout au long de la journée à Montréal et dans différentes villes de la province pour protester contre les mesures d'austérité. Les lieux des manifestations sont souvent tenus secrets. Les grandes centrales syndicales, les étudiants et différents groupes sociaux participent à ces manifestations.
Les profs tenus à l'écart
Les professeurs de cégeps, qui souhaitaient se joindre au mouvement de manifestations du 1er mai, ont vu la Commission des relations de travail (CRT) leur compliquer la tâche. La commission a statué que la journée de grève du 1er mai, votée par les profs de cégeps, constitue un débrayage illégal.
La CSN, qui représente 85 % des professeurs de cégeps, a invité ses membres à respecter l'ordonnance de la commission.
Les professeurs de plusieurs cégeps - Abitibi-Témiscamingue, Marie-Victorin, Rosemont et Saint-Jérôme, notamment - défient toutefois l'ordonnance de la CRT en dépit de la recommandation de la CSN. Réunis en assemblée générale hier, les membres du Syndicat des professeurs du Cégep Marie-Victorin, contre la recommandation de son comité exécutif, a notamment décidé de braver l'ordonnance de la CRT à moins qu'une injonction soit ordonnée.
En Estrie, des manifestants ont bloqué le Cégep de Sherbrooke pendant qu'un blocage, dont l'objectif est tenu secret, est prévu à Québec. La police de Québec n'a reçu aucun itinéraire en prévision de probables manifestations du premier mai.
Des manifestants de l'Est-du-Québec ont également promis de perturber les activités économiques de la région.
Québec défend sa rigueur budgétaire
Pendant que les manifestants dénoncent les mesures d'austérité dans les rues, le gouvernement défend sa rigueur budgétaire. Le gouvernement est convaincu que la majorité de la population appuie ses réformes qui assureront, selon lui, un avenir économique meilleur au Québec.
« On demande des efforts à tout le monde, il est vrai », explique le président du Conseil du Trésor, Martin Coiteux. « Alors, il est normal que certaines personnes, que certains groupes ne soient pas nécessairement totalement en accord avec ce qu'on fait. Il y a une partie de ces gens-là qui vont s'exprimer aujourd'hui. C'est tout à fait légitime de le faire. »
Le ministre Coiteux estime toutefois qu'une majorité de Québécois sont en accord avec les politiques de son gouvernement. « Dans cette société québécoise, je pense sincèrement qu'une nette majorité de la population qui veut que le gouvernement équilibre les finances publiques [et] fasse preuve de rigueur dans la gestion des deniers publics. »

Des manifestations du 1er mai qui révèlent des tensions sociales

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En Turquie, un manifestant qui s'est retrouvé au sol après avoir été renversé par le jet d'un canon à eau tente de se relever sous le regard des policiers anti-émeutes.
  Photo :  GI/BULENT KILIC
En Turquie, un manifestant qui s'est retrouvé au sol après avoir été renversé par le jet d'un canon à eau tente de se relever sous le regard des policiers anti-émeutes.
Que ce soit à Téhéran ou à Istanbul, des manifestations organisées à l'occasion de la Journée internationale des travailleurs viennent braquer les projecteurs sur des tensions sociales qui trouvent leurs sources dans des enjeux nationaux.
Dans la capitale de l'Iran, par exemple, des milliers d'ouvriers venus de partout en province se sont rassemblés pour une première fois au cours des dernières années. Ils se sont donné rendez-vous près de la Maison de l'ouvrier, syndicat officiel des travailleurs.
Ils réclament de meilleures conditions de vie et la préférence nationale pour l'embauche. « Employer des travailleurs étrangers équivaut au chômage des ouvriers iraniens », pouvait-on lire sur une banderole ». Une autre se lisait « Employeur, aie honte, laisse tomber les ressortissants étrangers ».
Le message des Iraniens vise notamment les travailleurs afghans, qui seraient au nombre d'un million, et qui travaillent dans la construction ou dans l'agriculture.
À Istanbul, des affrontements entre la police et des manifestants qui voulaient se rendre à la place Taksim mettent en évidence les tensions entre le régime islamo-conservateur du président Recep Tayyip Erdogan d'une part, et les partis d'opposition et les syndicats de l'autre.
C'est à l'appel de ces derniers groupes que des centaines de personnes ont tenté de se rendre à la place Taksim pour commémorer les manifestations du 1er mai 1977, lors desquelles des inconnus avaient ouvert le feu sur la place, tuant 34 personnes.
La place Taksim, qui fut aussi au cœur d'une vague de manifestations antigouvernementales en 2013, avait été bouclée sur ordre du gouvernement. Les manifestants ont lancé des pierres et des bouteilles sur les forces de l'ordre, qui ont utilisé des canons à eau et des gaz lacrymogènes pour les disperser.
Les manifestants scandaient différents slogans hostiles au gouvernement, dont « La place Taksim est la place du 1er mai », et « Coude-à-coude contre le fascisme ».
À Athènes, la traditionnelle manifestation du 1er mai a été marquée par une brève apparition du ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, qui est venu saluer une foule d'environ 2500 personnes rassemblées à l'appel de grandes centrales syndicales.
Il était accompagné par trois autres ministres du gouvernement grec d'Alexis Tsipras, issu de la gauche radicale, qui a été porté au pouvoir l'hiver dernier.
Le ministre Varoufakis est au cœur de l'actualité européenne en raison des négociations ardues entre Athènes et les autres pays membres de la zone euro au sujet des réformes que son pays est incité à mettre en œuvre pour obtenir du financement européen.

La présumée pirate plaide la «connerie qui a mal viré»

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La jeune femme de Lanaudière demande pardon d’avoir terrorisé des inconnus

Marie-Christine Noël 35
La présumée pirate informatique accusée mercredi s’excuse d’en avoir effrayé plus d’un en prenant le contrôle à distance de leur ordinateur, ce qu’elle considérait comme une simple blague.

«Ce n’était pas dans mon intention de terroriser ou faire du mal à quelqu’un, a assuré, hier, au Journal Valérie Gignac lors d’une entrevue réalisée sur la terrasse de sa maison de Saint-Alphonse-Rodriguez. Je suis désolée, je ne savais même pas que c’était illégal [...] C’était juste une connerie qui a mal viré.»

La jeune femme de 27 ans a été arrêtée et accusée mercredi puisqu’elle aurait pris possession d’ordinateurs appartenant à des familles.

Certains auraient été derrière leur écran lorsqu’elle les espionnait.

Sous le choc
Valérie Gignac assure n’avoir rien à se reprocher, même si elle a été accusée après s’être introduite à distance dans des ordinateurs d’inconnus.
TIRÉE DE SOCIAL.XFIRE.COM
Valérie Gignac assure n’avoir rien à se reprocher, même si elle a été accusée après s’être introduite à distance dans des ordinateurs d’inconnus.

Bien que la jeune femme était très calme lorsque Le Journal l’a rencontrée, elle a avoué avoir été ébranlée la veille lorsque la Gendarmerie royale du Canada (GRC) «est débarquée» chez elle vers 6 h du matin.

«Ils ont fouillé la maison au complet», lance Valérie Gignac vêtue tout en noir, les yeux fortement maquillés et les bras croisés.

«Pourtant, je n’ai rien à me reprocher», a-t-elle clamé.

Questionnée sur les accusations portées contre elle, dont celle de méfait à l’égard de données, Valérie Gignac a évité de répondre. Elle a préféré parler de la vidéo YouTube qu’elle a diffusée en 2012.

«Parce que c’est à cause de ça que je me suis fait arrêter» a-t-elle souligné.

Jouer du piano

La jeune femme indique que sur la vidéo, on peut la voir espionner «six à sept personnes» par leur caméra web grâce à un programme informatique qu’elle a déniché sur internet.

«Je faisais jouer du piano sur leur ordinateur et on pouvait voir leur réaction. Ils étaient curieux et se demandaient d’où ça venait. C’est tout», a-t-elle dit.

Pourtant, la GRC affirme que Valérie Gignac a fait plus que ce qu’elle a prétendu en entrevue.

Elle aurait ouvert des «sites pornographiques» sur les ordinateurs qui pourraient appartenir à des victimes mineures. Un élément que la jeune femme n’a pas souligné au Journal.

Quant à son arrestation, Valérie Gignac montre du doigt un internaute d’Angleterre qui, selon elle, voulait «ruiner sa vie» après avoir été banni de son forum.

«C’est lui qui a monté un dossier contre moi et qui a envoyé ma vidéo à la GRC. Personne ne s’était plaint ici, affirme-t-elle. Même que pour moi, cette vidéo était du passé».

Passionnée d’ordi

Elle jure qu’elle n’a pas infiltré les ordinateurs pour frauder ou voler de l’information à certaines personnes.

La jeune femme, qui est sans emploi, a raconté qu’elle gardait des enfants à l’occasion. De plus, il lui arrivait d’aider des amis à sécuriser leur ordinateur ou enlever les virus de leur machine.

«J’ai toujours été passionnée par les ordinateurs et j’ai de la facilité avec ça.»

Elle assure n’avoir jamais eu de formation en la matière, malgré son statut de présumée pirate informatique.

«J’avais l’impression que ce n’était pas grand-chose [le piratage]. J’ai de bonnes valeurs. C’était une blague comme un enfant qui lance un œuf sur une maison», conclut la jeune femme qui devra revenir en cour en juin.

Une enveloppe de poudre pour Nadeau-Dubois

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CLASSE, Gabriel Nadeau Dubois, projet loi
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MISE à JOUR 
Gabriel Nadeau-Dubois a eu une mauvaise surprise hier quand il a ouvert son courrier: une enveloppe de remplie de poudre blanche.
«Ça s'est passé très vite. J'ai vu que ce n'était pas du sucre ou du sel. J'ai refermé l'enveloppe immédiatement», a-t-il raconté au Journal. «J'en ai eu un peu sur les doigts. Ça brûlait un peu. Mais je n'ai pas été incommodé plus que ça.»
L'ancien porte-parole de la CLASSE ignore toujours si la substance en question était réellement dangereuse. Il a porté plainte à la police, qui aurait envoyé le contenu de l'enveloppe pour analyse dans un laboratoire. Au moment de mettre sous presse, la porte-parole du Service de police de Montréal n'était pas en mesure de confirmer cette information.
Pas peur
Ce qui est étonnant pour celui qui s'est fait connaître comme l'une des voix des carrés rouges pendant le conflit étudiant de 2012, c'est de recevoir ce genre de menace maintenant, alors qu'il n'est plus aussi visible qu'il y a trois ans.
«Ça m'aurait moins surpris en 2012», affirme-t-il. Car des menaces, Gabriel Nadeau-Dubois en a reçu beaucoup par le passé. «Mais jamais quelque chose d'aussi concret», note-t-il.
Ce n'est toutefois pas ce geste anonyme, dont il ignore complètement la provenance et le motif, qui parviendra à l'ébranler. Ce genre de tactique, «ça n'a pas l'effet recherché. C'est loin de nous décourager», a-t-il confié auJournal.
M. Nadeau-Dubois est actuellement en tournée à travers le Québec pour sensibiliser les cégépiens aux risques associés à l'exploitation des sables bitumineux.
CLASSE, Gabriel Nadeau Dubois, projet loi