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dimanche, novembre 01, 2015

Affaires autochtones: Justin Trudeau pourrait prendre une décision historique

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Publié par La Presse Canadienne le dimanche 01 novembre 2015 à 09h20. Modifié par 98,5 fm à 11h08.
Affaires autochtones: Justin Trudeau pourrait prendre une décision historique
Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau/Photo: archives PC
OTTAWA - Même si certains de ses candidats autochtones les plus en vue et l'Assemblée des Premières Nations (APN) ne l'exhortent pas à le faire, Justin Trudeau a une occasion sans précédent de confier pour la première fois de l'histoire du Canada à un député autochtone les rênes du ministère fédéral des Affaires autochtones.
Le premier ministre désigné, qui annoncera ce mercredi la composition de son conseil des ministres, a l'embarras du choix: huit des dix députés autochtones, un nombre record, qui ont été élus le 19 octobre son libéraux.

S'il puise dans ce bassin pour combler le poste de ministre des Affaires autochtones, il trouvera quelques ministrables, dont Jody Wilson-Raybould, ex-chef régionale de l'APN en Colombie-Britannique, et Robert-Falcon Ouellette, qui s'est fait remarquer lors de la course à la mairie de Winnipeg en 2014.

Les deux se montrent prudents lorsque vient le temps de spéculer sur ce que représenterait la nomination d'un premier Autochtone aux commandes de ce ministère, disant vouloir éviter de se prononcer sur les prises de décision du nouveau premier ministre.

«Ça pourrait être un moment historique; on est rendu à une étape où on peut vraiment mettre quelque chose d'intéressant en place», fait valoir M. Ouellette en entrevue téléphonique, se disant prêt à relever le défi s'il lui était lancé.

«Ça ne veut pas dire que ça devrait être un Autochtone, mais il faut avoir vraiment quelqu'un qui comprend la situation et qui va être capable de prendre des actions concrètes assez rapidement», ajoute en français l'ancien membre des Forces armées canadiennes et détenteur d'un doctorat de l'Université Laval.

Sa collègue britanno-colombienne Jody Wilson-Raybould abonde dans le même sens, suggérant néanmoins au passage qu'un député autochtone bénéficierait possiblement «d'une familiarité en terme d'expérience qui pourrait profiter au portfolio».

Cependant, «pour résoudre les enjeux auxquels sont confrontés les Autochtones de ce pays, cela nécessitera non pas seulement les députés autochtones du Parlement, mais également tous les autres députés, et les Canadiens de façon plus large», insiste celle qui a été procureure de la Couronne dans sa province.

Lorsqu'on lui demande si l'aventure l'intéresserait, Jody Wilson-Raybould se contente de lancer en riant qu'elle laisse cette décision entre les mains de son chef, qui pourrait aussi considérer Hunter Tootoo, tombeur de la ministre Leona Aglukkaq au Nunavut, ou encore Dan Vandal, ex-conseiller municipal à Winnipeg.

Mais nommer un Autochtone à la tête de ce ministère ne devrait pas être pour le nouveau premier ministre un «automatisme», même s'il lancerait un «symbole très fort» en le faisant, selon le député néo-démocrate Roméo Saganash, qui avait refusé d'être nommé porte-parole de son parti en matière d'affaires autochtones.

«J'ai toujours refusé ce genre de nomination-là, tranche-t-il. Ma raison principale est que les problèmes sur les questions autochtones que nous connaissons aujourd'hui, ce ne sont pas les Autochtones qui les ont créés, mais plutôt les gouvernements non-autochtones», explique l'élu d'origine crie.

«Pourquoi est-ce que ce serait le fardeau de l'Autochtone dans son caucus d'essayer de régler un problème que les Autochtones n'ont pas créé. C'est dans ce sens-là que ma réflexion allait à cette époque-là avec (le défunt chef du Nouveau Parti démocratique) Jack Layton, et je maintiens ça», tranche M. Saganash.

Le député réélu offre d'ores et déjà sa collaboration au gouvernement libéral pour contribuer à développer la structure autour de laquelle s'articulera l'enquête publique nationale sur les quelque 1200 femmes et filles autochtones disparues ou assassinées promise par Justin Trudeau pendant la campagne électorale.

Le premier ministre désigné a fait une série d'autres promesses aux Premières Nations, s'engageant notamment à injecter 2,6 milliards de dollars sur quatre ans dans leur système d'éducation et à mettre en oeuvre les recommandations de la Commission de vérité et réconciliation.

Son gouvernement aura donc du pain sur la planche. Et le chef national de l'APN, Perry Bellegarde, espère que les libéraux livreront la marchandise, peu importe qui s'installera aux commandes du ministère des Affaires autochtones le 4 novembre.

«Ce qui est le plus important pour nous, c'est que M. Trudeau nomme une personne qui possède les compétences et l'expérience nécessaires pour travailler avec nous (...) sur un plan pour éliminer l'écart en matière de qualité de vie entre les Premières Nations et les Canadiens», affirme-t-il.

Il est aussi essentiel, ajoute M. Bellegarde, que le prochain ministre se voit confier «l'autorité et le mandat» nécessaires afin d'ouvrir la voie à l'établissement d'une nouvelle relation de nation à nation.

Les nouvelles allégations d'abus envers des femmes autochtones qui ont fait surface du côté de Val-d'Or montrent à quel point la charge de travail sera colossale pour les législateurs à Ottawa, souligne Jody Wilson-Raybould.

«Je crois que les enjeux autochtones dans ce pays sont parmi les plus imposants enjeux de politiques publiques que nous devrons gérer en tant que gouvernement et en tant que Parlement», plaide l'élue de la nouvelle circonscription fédérale de Vancouver Granville.

Car ultimement, «les sociétés seront jugées sur la façon dont ils traitent leurs plus vulnérables, et c'est aussi vrai pour notre société», conclut Mme Wilson-Raybould.

Le troisième référendum

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MATHIEU BOCK-CÔTÉ
MISE à JOUR 
québec canada drapeau  Commémoration du référendum de 1995 oblige, on a beaucoup parlé de la souveraineté depuis une semaine. Il faut dire qu’on en a surtout parlé au passé. On s’est rappelé le deuxième référendum et on l’a examiné sous toutes ses coutures. Les circonstances historiques qui l’entouraient. La qualité des hommes qui dirigeaient le camp du Oui. La coalition qu’il était parvenu à former. On en a même appris davantage sur les coulisses du référendum.
Pour les plus jeunes, la chose avait peut-être quelque chose d’exotique. Ils n’ont pas connu les grandes heures de la question nationale. Ce n’est pas à travers elle qu’ils ont été socialisés politiquement. Les souvenirs qui font vibrer les générations précédentes leur sont souvent étrangers. Il faut dire qu’ils ont fréquenté, du primaire jusqu’à l’université, un système scolaire qui vise moins à en faire des Québécois enracinés que des petits citoyens du monde.
Division
Une question a néanmoins traversé la semaine: y aura-t-il un troisième référendum? La question peut-elle renaître, et le mouvement souverainiste, rebondir? On peut légitimement pleurer ses défaites, on ne saurait pour autant se fermer à l’avenir. Et la question qui devrait occuper l’esprit des souverainistes est finalement simple: à quelles conditions peuvent-ils espérer le tenir, ce troisième référendum que le Québec n’a pas les moyens de perdre? De quelle manière l’amener à renouer avec la question nationale.
Une idée devrait guider les souverainistes: il devrait y avoir de la place pour tout le monde dans la maison souverainiste.
Ce qui frappe aujourd’hui, c’est l’éclatement du camp du Oui. État des lieux: la gauche et la droite ne se parlent plus vraiment, les nationalistes civiques et les nationalistes identitaires se regardent en chiens de faïence, les partisans du bon gouvernement suspectent les «pressés» de témérité référendaire qui accusent les premiers d’instrumentaliser l’indépendance. Tous ces gens ne savent plus trop ce qui les rassemble. Ils offrent au grand public, qui s’en lasse avec raison, les sempiternelles querelles souverainistes.
On ne peut pas oublier non plus la division des partis. Le PQ demeure le navire amiral irremplaçable de la cause souverainiste. Mais il ne parvient plus à convaincre tous les souverainistes de l’appuyer automatiquement. Option nationale est un parti groupusculaire mais il rassemble des militants passionnés. Québec solidaire se place en marge du mouvement, mais on ne saurait oublier qu’il canalise une partie du vote souverainiste. On trouve même un bon contingent d’électeurs du Oui à la CAQ. Sans être fermés au pays, ils n’en font plus une priorité.
Une maison ouverte
Une idée devrait guider les souverainistes: il devrait y avoir de la place pour tout le monde dans la maison souverainiste. Chacun ne voudra pas le pays pour les mêmes raisons. Tous ne se comprendront pas. Mais l’heure est peut-être venue de dépasser ces clivages. Chacun devra faire des concessions. La première d’entre elles consiste à reconnaître qu’aucune tendance ne devrait être exclue du mouvement souverainiste. Pour reprendre les mots de Jacques Parizeau, que le dernier entré laisse la porte ouverte s’il vous plaît.
Une idée fondamentale est susceptible de les rassembler: le Québec devrait faire ses propres choix, sans demander quelque permission que ce soit à personne. S’ils y croient plus que tout, et s’ils parviennent à se donner un bel élan, peut-être parviendront-ils à faire renaître le pays dans le cœur et la tête des Québécois.

Les souverainistes et l’argent

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NATHALIE ELGRABLY-LÉVY
MISE à JOUR 
CANADA-POLITICS/PARIZEAU  Il y a vingt ans, 50,6 % des Québécois répondaient «Non» à la question référendaire. Cet anniversaire a remis l’Indépendance du Québec à l’avant-scène de l’actualité et les commentaires, qui fusent de toutes parts, oscillent entre la nostalgie et la rancœur, la résignation et la persévérance. Mais une question hante tous les souverainistes convaincus: «La prochaine fois sera-t-elle la bonne?»
Dans une déclaration fracassante dont le mouvement souverainiste porte encore les séquelles, Jacques Parizeau avait attribué la défaite référendaire à l’argent et au vote ethnique. Du point de vue strictement statistique, cette affirmation est évidemment fausse. De nombreux Québécois «de souche» et non fortunés avaient également décliné l’invitation du PQ.
Or, qu’ont fait le PQ et le mouvement souverainiste depuis vingt ans pour gagner la confiance et le soutien de ceux qui ont du succès ?  
Mais du point de vue idéologique, voire philosophique, elle est fondée. L’«argent» et les nouveaux immigrants étaient effectivement hermétiques au projet souverainiste. Jacques Parizeau a peut-être manqué d’élégance dans sa formulation, et il a certainement mal choisi son moment, mais son diagnostic était avéré.
Face au constat, il aurait été logique que le PQ s’adonne à un examen de conscience. Quand un pan de la société rejette une option, lui faire tout simplement porter le blâme est stérile, voire contre-productif. Pour espérer que la prochaine fois soit la bonne, le mouvement souverainiste aurait donc dû s’ingénier à comprendre pourquoi certains ont résisté à l’appel du PQ, et à identifier ce qu’il avait à accomplir pour rallier les récalcitrants. Cela a-t-il été fait?
Prenons le cas de l’«argent». Par ce terme, M. Parizeau visait les «riches». La richesse étant l’expression matérielle du succès professionnel, il admettait implicitement que le projet indépendantiste rebutait les Québécois les plus productifs, ceux qui performent et qui réussissent ce qu’ils entreprennent.
Fardeaux plus lourds
Or, qu’ont fait le PQ et le mouvement souverainiste depuis vingt ans pour gagner la confiance et le soutien de ceux qui ont du succès? L’effort et la prise de risque sont-ils mieux récompensés? Les fardeaux fiscal et bureaucratique ont-ils été allégés? Pas du tout! Ils se sont même alourdis.
Selon les statistiques les plus récentes du ministère des Finances du Québec (qui datent de 2012!), les contribuables appartenant au quintile supérieur, soit les 20 % des plus riches, ont touché 51,3 % des revenus et ont payé 70,2 % des impôts. Quelques mois avant le référendum de 1995, ce quintile payait 64,6 % des impôts.
En matière de fiscalité des entreprises, le portrait est similaire. Les entreprises québécoises assument les coûts fiscaux les plus élevés au pays avec 5,1 % de la valeur de la production brute, contre 4,1 % au Canada. Elles doivent également composer avec le poids de la paperasse, la multiplication des réglementations et un environnement économique hostile aux affaires.
Des vaches à traire
Au lieu de respecter ceux qui performent, de valoriser la réussite et d’encourager l’initiative, l’État québécois voit les riches et les entrepreneurs comme des vaches à traire. Faut-il être surpris qu’ils refusent de lui donner plus de pouvoir?
Le référendum de 1995 a été perdu à cause de l’argent. Mais les souverainistes en ont-ils tiré une leçon? Ont-ils compris que tant que l’État restera accroché aux mamelles de la classe productive, celle-ci craindra l’indépendance? On ne donne pas les coudées franches à celui qui veut s’approprier le fruit de notre travail!

La dure existence des autochtones

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Leur joie de vivre anéantie par l’abolition de leurs droits fondamentaux


Dès l’instauration de la Loi sur les Indiens, en 1876, les peuples autochtones se retrouvent sous la tutelle de l’État. Ils sont placés dans des réserves et perdent ainsi leurs droits fondamentaux. La colère découlant du « système » et des mesures mises en place sera tantôt retournée contre les Blancs, tantôt retournée contre eux, selon les experts interrogés par Le Journal, d’où la violence extrême, le suicide et l’alcoolisme, notamment. Sur la photo, le village d’Umiujaq, au Nunavik. En juin dernier, un homme y avait été blessé par un policier lors d’un échange de coups de feu.

VALÉRIE BIDÉGARÉ
MISE à JOUR 
Dès l’instauration de la Loi sur les Indiens, en 1876, les peuples autochtones se retrouvent sous la tutelle de l’État. Ils sont placés dans des réserves et perdent ainsi leurs droits fondamentaux. La colère découlant du « système » et des mesures mises en place sera tantôt retournée contre les Blancs, tantôt retournée contre eux, selon les experts interrogés par Le Journal, d’où la violence extrême, le suicide et l’alcoolisme, notamment. Sur la photo, le village d’Umiujaq, au Nunavik. En juin dernier, un homme y avait été blessé par un policier lors d’un échange de coups de feu.  Extrême pauvreté, taux de suicide et de violence élevés, alcoolisme, accès difficile à une éducation de qualité: les récentes allégations d’abus sur des femmes autochtones de Val-d’Or mettent en lumière le dramatique quotidien des autochtones, qui sont nombreux à chercher une raison de vivre. Malgré les efforts gouvernementaux et des gains considérables, il reste fort à faire pour atténuer le fossé creusé, affirment des experts consultés par Le Journal.
«On est encore à regarder les autochtones comme des primitifs, des êtres dangereux, des “sauvages”, et quand les gens comprendront que dans le fond, nous sommes tous des frères, des sœurs, ce sera un grand pas dans la bonne direction», a exprimé le professeur associé à l’Université du Québec à Chicoutimi, Camil Girard. «Les jeunes filles qu’on a entendues l’autre jour auraient pu être nos sœurs, nos filles...»
Selon l’historien, le fossé qui s’est creusé entre les peuples autochtones et les «Blancs» remontent à l’adoption de la Loi sur les Indiens, en 1876, alors qu’on les a placés sous la tutelle de l’État.
«On veut les civiliser, les convertir, les assimiler. On crée le Canada en tassant les Indiens dans des réserves, des pensionnats. On ne veut pas les avoir dans les pattes [...] et ça donne les résultats qu’on connaît depuis un siècle et demi», a-t-il exposé. «C’est un déshonneur du Canada d’avoir bâti un système comme ça, parce que c’est un système raciste, d’apartheid dans les réserves.»
Pour sa part, l’auteur de l’essai Le Grand Retour, John Ralston Saul, qui s’est penché sur la question autochtone, avance qu’il s’agissait là de mesures visant à éliminer les quelque 150 000 autochtones restants sur les 2 millions qu’ils étaient alors à l’époque. «On voulait s’assurer qu’ils allaient disparaître, mais ils ont commencé à s’organiser et à faire un grand retour. [...] Aujourd’hui, ils sont 1,5 M et ça augmente très vite.»
Colère
Or, cet isolement aura tôt fait d’accroître le sentiment de colère des Premières Nations envers les Blancs. La création des réserves et des pensionnats, à l’époque, mais l’absence de services essentiels de qualité, la difficulté d’accéder à une éducation adéquate, la pauvreté, les enjeux politiques et la discrimination ont notamment favorisé la violence extrême, l’augmentation du taux de suicide et l’alcoolisme, entre autres.
«Si une société a été maltraitée et trahie pendant plus d’un siècle par des méthodes comme les pensionnats pour essayer de casser leur culture, leur famille, il serait extrêmement naïf de penser qu’on sort de cette trahison et de ces mauvais traitements en 3 minutes», a soulevé M. Saul. «Il y a encore des séquelles et nous en sommes responsables presque entièrement. C’est nous qui avons voté pour les gouvernements qui ont mis en place ces politiques et qui continuent de les soutenir.»
Une note d’Espoir
S’il reste beaucoup à faire afin de réduire l’écart creusé, les experts s’entendent pour dire que de grands pas ont été franchis ces 40 dernières années alors que les autochtones ont remporté d’imposantes batailles, dont le rétablissement de leur droit de vote puis la signature d’ententes «nouveau genre» telles que la convention de la Baie-James, la Paix des Braves et l’entente avec les Nishgaas, notamment. Des actions comme le lancement du mouvement Idle No More, en 2012, démontrent leur volonté de combattre ces injustices, de prendre la place qui leur revient au sein de la société et de reprendre le contrôle de leur vie.
«Les libéraux sont là, majoritaires, et ils ont tout un programme sur la question autochtone. Beaucoup de choses sont là et s’ils agissent de cette manière-là en consultant les autochtones et en coopérant avec eux, ce sera vraiment un début de changement sérieux», a conclu M. Saul.

MARQUÉS PAR 10 « DRAMES »

Brimés à moult reprises dans leurs droits, les autochtones conservent encore aujourd’hui des séquelles et des blessures causées par les gouvernements qui se sont succédé au fil du temps. Voici un classement de certaines mesures instaurées ayant contribué à creuser le fossé qui les sépare des non-autochtones.
1• Les pensionnats
« On prend des enfants et on les amène hors de leur famille, de leur communauté pour qu’on leur enseigne l’anglais ou le français, c’est selon, dans des écoles soi-disant civilisatrices », Camil Girard, professeur associé à l’Université du Québec à Chicoutimi.
2• Les réserves
« Les autochtones, on les met dans des réserves en attendant qu’ils deviennent des “ citoyens ”, qu’ils s’affranchissent dans le fond. En dehors des réserves, on leur enlève tous leurs droits », Camil Girard.
3• Trahison dans la signature des traités de nation à nation
« Les autochtones, pour les peuples avant nous qui se voulaient supérieurs, étaient très gênants.
On commence à prendre leur territoire. On a signé les traités, mais à partir de certaines dates, on les trahit pour prendre plus de terre, avoir plus de pouvoir et ainsi de suite », John Ralston Saul, auteur de l’essai Le Grand Retour.
4• Système d’éducation défaillant
« Certaines écoles ressemblent à des taudis, n’ont pas de chauffage, ont des odeurs de pétrole, n’ont pas d’infrastructures sportives. Ils n’ont pas assez d’argent pour offrir les services normaux offerts dans nos écoles », John Ralston Saul.
5• Accès restreint aux services de base de qualité
« Si vous prenez certaines communautés qui vivent dans le Nord, elles n’ont pas accès à des routes, à une proximité interculturelle; elles n’ont pas beaucoup de sous; la télévision et l’internet sont limités; le financement du fédéral en éducation est inférieur au reste du Québec; le développement économique est hyper complexe, notamment », Camil Girard, professeur associé de l’UQAC.
6• Loi sur les indiens
« Ils deviennent des citoyens de second ordre. Des mineurs au sens de la loi avec la Loi sur les Indiens.
On les exclut. [...] Ils perdent leurs droits fondamentaux », Camil Girard.
7• Le droit faire des testaments
« Quand un membre de la communauté autochtone décède, c’est le ministre des Affaires indiennes qui décide du testament final et non la famille », Camil Girard.
8• Impossibilité d’emprunter à la banque
« Les autochtones qui demeurent sur les réserves ne sont pas propriétaires de leur fonds de terre, qui appartient au Conseil de bande, si bien qu’il leur est impossible d’emprunter à la banque », Camil Girard.
9• Métissage
« Si par exemple, dans une famille, deux frères épousaient des Québécoises, ces dernières devenaient autochtones, mais si deux sœurs de la même famille mariaient des Québécois, elles perdaient leur statut d’autochtone », Camil Girard.
10• Système juridique
« Chaque année, le gouvernement fédéral dépense près de 110 M$ en frais d’avocat pour appeler des autochtones en cour et tenter d’empêcher la reconnaissance de leurs droits », John Ralston Saul, auteur.

LES PREMIÈRES NATIONS

Au Québec
  • 10 nations en plus du peuple inuit
  • Une soixantaine de communautés
Au Canada
  • Environ 54 nations différentes et près de 600 communautés
Taux de suicide *
♦ Le taux de suicide est de cinq à six fois plus élevé chez les jeunes autochtones que chez les non-autochtones
♦ Le taux de suicide est de 126/100 000 pour les hommes autochtones comparativement à 24/100 000 pour les non-autochtones.
♦ Chez les femmes autochtones, le taux de suicide s’élève à 35/100 000 comparativement à 5/100 000 pour les non-autochtones.
♦ Le taux de suicide chez les jeunes Inuits figure parmi les plus élevés du monde, alors qu’il est 11 fois plus élevé que la moyenne nationale.
Données pour le Canada.
Sources: Camil Girard et Statistique Canada

Le trafic humain existe au Québec, j’en suis la preuve vivante

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Aujourd’hui, Arielle Desabysses est adjointe­­ à la rédaction de documents pour une entreprise située à Montréal, et elle se passionne pour l’écriture.

Marie Poupart
MISE à JOUR 
Aujourd’hui, Arielle Desabysses est adjointe­­ à la rédaction de documents pour une entreprise située à Montréal, et elle se passionne pour l’écriture.  Arielle Desabysses est une survivante. À 14 ans, en rébellion contre l’autorité paternelle, elle fugue de la résidence familiale de Terrebonne sans savoir ce qui l’attend au détour. Hélas, elle a payé cher le prix de sa liberté.
Violée à répétition, battue, droguée, elle­­ est vite devenue une proie facile pour les prédateurs. Un cauchemar qui l’entraînera jusque dans un réseau de trafic humain: «Si je n’avais pas pu me sauver, je me serais retrouvée dans la cave sombre d’un homme immoral et violent, enchaînée, obligée d’assouvir ses pulsions sexuelles les plus déviantes. Peut-être même dans un bordel, enfermée dans une chambre puante, droguée, et à la merci de clients pervers», déclare la jeune femme aujourd’hui âgée de 26 ans.
Elle relate en détail sa descente aux enfers dans le livre 14 ans et portée disparue, publié aux Éditions de Montagne. Un récit qui donne froid dans le dos et qui prouve hors de tout doute que les réseaux­­ de trafic humain et l’esclavage sexuel des jeunes existent bel et bien au Québec.
Qu’est-ce qui vous a poussée à faire une fugue à l’âge de 14 ans?
La relation conflictuelle que nous avions, mon père et moi. À mon adolescence, je n’avais plus de liberté ou presque, ce qui provoquait des chicanes souvent intenses. Plus le temps avançait, plus on se chicanait pour des riens. En plus, il m’insultait... J’avais l’impression de ne plus avoir ma place au sein de la famille.
Une situation devenue intolérable pour vous?
Au point où j’ai même eu le réflexe de contacter la DPJ pour avoir de l’aide, mais on m’a fait comprendre qu’il y avait des dossiers beaucoup plus urgents que le mien à régler. Je voulais changer de vie, et je ne voyais aucune autre issue que de fuir la maison. Un matin de mars, j’ai feint d’aller à l’école et j’ai plutôt pris l’autobus pour me rendre au terminus Henri-Bourassa­­, à Montréal.
Dès cette première journée, vous avez payé très cher votre liberté?
À mon arrivée, j’ai vagabondé dans la ville. Épuisée d’avoir marché des heures, je me suis endormie sur le banc d’un parc, coin Pie-IX et Monselet, en pleine nuit, mais je me suis fait réveiller par un homme qui faisait du bruit en fouillant dans mon sac. Avec mon insouciance de l’époque, je l’ai remis à sa place. Résultat, il s’est jeté sur moi, puis avec l’homme qui l’accompagnait, ils m’ont tabassée et violée. Ce fut la première expérience sexuelle de ma vie.
À ce moment précis, vous n’avez pas eu le réflexe de demander de l’aide?
Non, car je vivais trop de honte. Je me disais que tout était de ma faute. J’ai continué à errer malgré mon œil au beurre noir et ma lèvre enflée. Il était très tôt le matin et, ne sachant toujours pas trop où aller, je me suis arrêtée pour fumer des cigarettes en fixant le néant.
Que s’est-il passé ensuite?
Un homme qui travaillait dans un salon de coiffure m’a aperçue et il s’est avancé vers moi pour me questionner. Je lui ai raconté la vérité, à savoir que je venais de fuguer de la maison en raison des conflits que je vivais avec mon père, et je me suis mise à pleurer. Il m’a offert de me faire une coloration capillaire, en me promettant qu’après son travail, on irait manger et que je pourrais me reposer chez lui. Alors j’ai accepté.
Mais tout n’a pas tourné comme vous l’auriez souhaité?
Chez lui, il m’a offert de l’alcool, et très rapidement, je me suis sentie affaiblie­­. La suite des événements est plutôt vague, mais je me suis retrouvée dans un lit, nue, écrasée sous son corps. En 48 heures, je m’étais fait violer par un troisième homme.
Après ce deuxième choc, vous n’avez toujours pas eu le réflexe d’appeler au secours ou même de rentrer à la maison?
Encore une fois, j’avais l’impression de mériter tout ce qui m’arrivait. J’ai compris beaucoup plus tard que j’avais une très faible estime de moi-même. J’étais une jeune fille brisée et je n’avais pas, à l’époque, la force de penser autrement.
Rapidement, vous avez goûté au monde de la consommation?
J’ai effectivement passé plus d’un mois dans un demi-sous-sol de la rue Langelier, à Montréal-Nord, à me geler en compagnie de plusieurs hommes qui n’avaient certes pas les meilleures des fréquentations. Mon quotidien se résumait à consommer de la coke, du crack, et parfois des drogues chimiques, à manger très peu, et à ne pas dormir ou presque. J’ai eu des relations sexuelles consentantes avec l’un d’entre eux, mais un autre m’a abusée alors que je dormais sur le sofa. Il m’a fait comprendre que j’avais des dettes de drogue envers eux.
Comment vous sentiez-vous à cette époque?
Amaigrie, nonchalante et insouciante. La terre aurait pu arrêter de tourner, ça ne m’aurait guère dérangée. On dirait que je n’avais plus les mêmes valeurs ou principes. Pour survivre, je m’efforçais de ne pas penser à ma famille, et je crois qu’au fond de moi, j’espérais mourir d’une overdose.
De fil en aiguille, vos fréquentations, qui avaient des liens avec des membres des gangs de rue, vous ont incitée à danser nue alors que vous n’aviez que 14 ans?
Je n’avais plus rien, plus de toit, de nourriture, de drogue, alors je me suis laissé tenter. Je travaillais dans des bars plutôt miteux en banlieue de Montréal. Je consommais toujours de la coke et du crack, et je buvais beaucoup d’alcool. Mes clients étaient de bons pères de famille, des hommes d’affaires, bref des personnes de tous les milieux qui se foutaient éperdument d’être avec une mineure ou avec une fille mal en point. Plus tard, mon souteneur m’a forcée à faire de la prostitution. Heureusement, ça n’a pas duré longtemps.
Et les abus sexuels ont continué?
C’est exact, y compris de la part de mon souteneur. J’ai même pensé que j’allais mourir à la suite d’un viol collectif. Cette fois-là, alors que je marchais dans la rue, un homme m’a interpellée pour m’inviter à une fête chez lui. Son visage m’était familier, il faut comprendre que la plupart de ces personnes étaient liées entre elles et affiliées à des gangs de rue, et j’ai accepté­­ l’invitation. Grave erreur­­, j’ai été battue et violée par cinq hommes durant la nuit, et ils m’ont jetée­­ à la rue par la suite.
Puis un jour, faisant confiance aux mauvaises personnes, une fois de plus, vous êtes victime d’un réseau de trafic d’êtres humains. Que s’est-il passé exactement?
J’étais désemparée, et je me disais qu’il n’y avait plus de place pour moi à Montréal, d’autant plus que j’étais recherchée­­ par la police. Une fille qui travaillait dans un McDonald m’a donné les coordonnées d’un homme qui pourrait soi-disant m’aider. Je l’ai contacté et il m’a proposé de me rendre en Ontario, précisément à Niagara Falls, là où je pourrais travailler. Il m’a dit qu’un chauffeur me conduirait là-bas, mais sans entrer dans tous les détails du livre­­, j’ai plutôt été kidnappée et je me suis retrouvée prisonnière avec six autres filles âgées de 11 à 15 ans, dans le sous-sol d’une maison à Rivière-des-Prairies. Un endroit sans fenêtre ni lumière à part le piètre éclairage d’une ampoule. Un lieu où il n’y avait rien d’autre que des seaux pour faire nos besoins­­. Nous étions toutes attachées­­ à des cordes, affaiblies, sous-alimentées, surveillées par des gardes qui nous violaient ou nous battaient si on avait le malheur de communiquer entre nous. Tous les jours, ils nous piquaient pour nous faire dormir. J’étais terrifiée...
Votre captivité a duré longtemps?
Environ dix jours. Si j’ai survécu et que j’ai réussi à m’enfuir, c’est que j’étais très motivée par l’idée de me sauver et de sauver la plus jeune des prisonnières qui n’avait que 11 ans. Un jour, alors qu’elle pleurait très fort, un garde est descendu la frapper, car elle ne voulait pas se taire. Je n’ai pas pu m’empêcher de le confronter, mais ça n’a pas pris de temps qu’il m’a mis la face contre terre et il m’a violée. Je savais que je devais profiter de l’occasion pour me sauver. Quand il a atteint l’orgasme, j’ai réussi à m’emparer de ses clefs, et je lui en ai planté une dans l’œil. Il s’est évanoui, et je me suis ensuite échappée avec la petite­­ fille.
C’est à partir de ce moment que votre vie a changé?
J’ai réussi à me défaire de leur emprise pour finalement retrouver un semblant de vie normale auprès de ma famille, mais non sans séquelles psychologiques qui font partie de ma vie aujourd’hui. Malheureusement, ça n’est pas le cas pour la petite fille. Lorsqu’ils se sont aperçus de notre fuite, ils ont tiré des coups de feu en notre direction. L’un des projectiles a touché sa jambe et elle s’est évanouie. Les hommes s’approchaient de plus en plus de nous, et je n’ai eu d’autre choix que de m’enfuir. Je suis convaincue qu’ils l’ont battue à mort et je ressens beaucoup de culpabilité de ne pas avoir réussi à la sauver.
Si vous n’aviez pas réussi à vous enfuir, où pensez-vous que vous vous seriez retrouvée?
Un des gardes m’avait dit qu’il allait tout faire pour me vendre au client le plus dégueulasse qui soit. Je suppose que cela voulait dire que je me serais retrouvée dans la cave sombre d’un homme immoral et violent, enchaînée, forcée de satisfaire toutes ses envies sexuelles les plus sadiques. Ou peut-être que je me serais retrouvée dans un bordel, enfermée dans une chambre puante, droguée et à la merci de clients pervers. Dans tous les cas, aujourd’hui, je serais probablement décédée, car l’espérance de vie moyenne des victimes de ce trafic est de cinq ans.
Votre histoire illustre que les réseaux de trafic humain existent bel et bien au Québec, et que les jeunes sont très recherchées en tant qu’esclaves sexuelles.
Ils existent et j’en suis la preuve vivante! Je sais pertinemment qu’on en parle peu, mais cela ne prouve, en aucun cas, que ce trafic ne fait pas partie des maux de notre société québécoise. Pour ne donner qu’un seul exemple, très récemment, la Gendarmerie royale du Canada, la police provinciale de l’Ontario, le FBI ainsi que des corps policiers locaux de tout le Canada ont démantelé un réseau de trafic humain : 200 arrestations et personnes accusées et 169 victimes libérées­­, dont des jeunes de 14 ans et moins. Je pense sérieusement­­ que cela est la preuve flagrante que la barbarie, dite d’outre-mer, touche également le Québec.
Que dites-vous à tous ces jeunes qui veulent fuguer?
La fugue est loin d’être une solution aux problèmes des jeunes. Il existe des organismes et des ressources qui peuvent leur venir en aide. Quant aux parents, ils doivent comprendre que la crise de l’adolescence est à prendre au sérieux. La douleur des jeunes nous semble parfois exagérée, mais elle est bien réelle. Il est essentiel de les écouter et d’être attentif­­ aux signaux de détresse. Plus les gens seront sensibilisés à ce problème, tant les parents que les adolescents ou n’importe quel autre citoyen, moins il y aura de fugues et, par le fait même, moins de victimes de l’esclavage­­ sexuel.
  • En 2014, les corps policiers canadiens ont reçu plus de 41 000 signalements d’enfants portés disparus.
  • 87 % ont été retrouvés dans les 7 premiers jours. Les jeunes âgés de 14 et 15 ans représentaient 43 % de ces signalements.
  • 80 % des disparitions sont attribuables à des fugues.
  • Novembre est le Mois de la prévention des fugues. Avec près de 4 300 signalements en 2014 au Québec, la fugue représente le motif de disparition le plus fréquent chez les adolescents.
Source : Enfant-Retour Québec www.enfant-retourquebec.ca

Référendum de 1995: une semaine plus tôt, le OUI l'aurait emporté, croit Parisella

http://www.lapresse.ca/actualites/politique/politique-canadienne/

Publié le 31 octobre 2015 à 12h24 | Mis à jour le 31 octobre 2015 à 12h24
John Parisella... (PHOTO ULYSSE LEMERISE, COLLABORATION SPECIALE)
John ParisellaPHOTO ULYSSE LEMERISE, COLLABORATION SPECIALE

Denis Lessard
DENIS LESSARD
La Presse
(QUÉBEC) Si le référendum de 1995 avait eu lieu une semaine plus tôt, la souveraineté l'aurait emporté, estime John Parisella, à l'époque conseiller influent du camp du NON.
«À l'intérieur de l'organisation, nos sondages quotidiens montraient qu'il y avait un engouement croissant pour Lucien Bouchard», a confié l'ancien bras droit de Robert Bourassa qui vient de publier son autobiographie, La politique dans la peau.
En plus, à 10 jours du scrutin, «une crise éclata au sein du camp du NON, lorsque [Daniel] Johnson évoqua l'éventuelle reconnaissance du Québec comme société distincte dans une réforme constitutionnelle si le NON l'emportait. Il fut ensuite contredit, le même jour, par le premier ministre Jean Chrétien. Selon ce dernier, cette campagne portait sur la séparation et rien d'autre. J'étais inquiet quant au dénouement du référendum. Nous étions loin de l'enthousiasme - et de la confiance quant aux résultats - vécu en 1980», écrit Parisella. «La présence de Bouchard sur le terrain et son charisme ont transformé la campagne en un concours de personnalité», poursuit l'auteur.
L'apparatchik se souvient de l'interprétation du résultat que faisait son ancien patron, Robert Bourassa. Pour l'ancien premier ministre, le camp souverainiste n'était pas parvenu à l'emporter en dépit d'un alignement des planètes extraordinaire: la défaite de Meech, une gifle pour les Québécois, l'entrée en scène du charismatique Lucien Bouchard, l'attitude du gouvernement fédéral. Tout cela n'avait pas suffi. Après le référendum, «il ne l'a jamais dit aussi clairement, mais selon moi sa conclusion était claire: la souveraineté ne se réaliserait jamais. Pour lui, des conditions aussi favorables ne se reverraient jamais», observe M. Parisella, dans une entrevue accordée à La Presse.
Parcours
Parcours hors du commun pour ce fils d'un cordonnier italien de Rosemont. Sa mère était irlandaise. Cet ancien professeur au secondaire - il enseignait l'histoire dans le quartier Parc-Extension, déjà l'un des quartiers les plus pauvres au Canada - a été aspiré par la politique lors de l'entrée en scène du regretté Claude Ryan, devenu chef du PLQ en 1978. Après toutes ces années à côtoyer les carnassiers du monde politique, John Parisella a réussi un tour de force; on ne connaît pas d'ennemi à «Mister Nice Guy», qui a entretenu des relations cordiales avec bien des adversaires politiques.
Aussi, on chercherait en vain les sorties percutantes de celui qui sera le chef de cabinet du premier ministre Bourassa quand la maladie s'abattra sur lui - on lui découvrit un mélanome malin à l'été 1990, mais à cause de la crise d'Oka, il tarda à se faire traiter.
Parisella rappelle avoir «décrit en des termes assez cassants» une certaine léthargie au PLQ. «Nous n'étions plus le carrefour des idées, mais plutôt une formation d'organisateurs et de bailleurs de fonds. Bref, une sorte de «club social». Quand j'ai utilisé cette expression lors d'une entrevue dans les médias, je sais que cela a froissé certains militants, mais c'était mon constat.» Comme «coup de gueule» en politique, on aura vu plus décapant.
Clause dérogatoire
Un rare moment de désarroi: en 1988, après le jugement de la Cour suprême, Robert Bourassa décide de recourir à la clause dérogatoire de la Constitution pour interdire l'affichage en anglais à l'extérieur des commerces. «Si j'avais été membre du gouvernement, j'aurais démissionné», raconte aujourd'hui M. Parisella qui, comme chef de cabinet adjoint du premier ministre, s'était contenté à l'époque de serrer les dents. Mais au terme de cinq ans, Québec ne renouvellera pas le «nonobstant», ce sera le projet de loi 86 qui autorisera l'utilisation de l'anglais à la condition que le français reste «nettement prédominant». «Par la suite, ni M. Bouchard, ni M. Landry, ni Mme Marois n'ont voulu toucher à ça... l'équilibre était trouvé», explique aujourd'hui John Parisella.
L'ouvrage est tout en nuances quand il évoque son travail comme chef de cabinet de Robert Bourassa. L'ancien premier ministre passait des heures au téléphone pour sonder l'humeur des militants, mais aussi de citoyens dont il appréciait le jugement. «Il avait horreur des agendas surchargés. Très souvent, il n'avait que trois ou quatre rendez-vous à l'horaire pour toute une semaine! Il voulait se garder une marge de manoeuvre, avoir du temps pour ses longues conversations téléphoniques qu'il affectionnait tant et pour réfléchir», écrit Parisella.
Relations
L'amitié indéfectible entre Robert Bourassa et Brian Mulroney, les hauts et les bas du feuilleton de l'entente du lac Meech, les coulisses de la crise d'Oka et le passage du relais entre Daniel Johnson et Jean Charest sont décortiqués, expliqués, racontés par ce témoin privilégié, peu porté sur l'anecdote croustillante toutefois.
Il dépeint avec une admiration évidente la relation solide entre Robert Bourassa et Claude Ryan, manifestement l'éminence grise au PLQ durant toute cette période. Ryan avait vu comme une menace la proximité de l'ancien chef quand il avait pris les commandes du parti en 1978. Après le retour de Bourassa en 1983, les deux ont fonctionné de concert, le premier ministre s'appuiera constamment sur le jugement et le travail de Ryan, ce lieutenant hors norme.
Les derniers mois du règne de Robert Bourassa seront assombris par la grave maladie du patron. De 1990 à la fin de 1993, on doit composer avec cet adversaire sans merci, le cancer. Des souvenirs touchants, finement évoqués: M. Bourassa restait bien pudique sur ses inquiétudes, les traitements qu'il devait subir aux États-Unis. À quelques reprises, il se contentera de dire «c'est revenu...» pour que toute sa garde rapprochée comprenne.
Brian Mulroney demande à John Parisella s'il peut faire quelque chose pour M. Bourassa, gravement malade. On est loin des nominations ou des hommages. Spontanément le chef de cabinet abat une carte... Ce qui lui ferait plaisir par-dessus tout? Une entente entre Québec et Ottawa sur l'immigration!
Les dernières rencontres entre l'ancien premier ministre et son bras droit sont empreintes d'une pudeur touchante. Rien n'amusait plus Bourassa que les imprécations du roi des ondes de l'époque Gilles Proulx, cet ami d'enfance qui le traitait allègrement de «grand flanc-mou» ! Il riait de bon coeur. À sa dernière visite à l'hôpital, Parisella n'est pas sûr d'établir le contact avec son ancien patron. Ce dernier ne portait pas ses lunettes; or sa vision était bien mauvaise. Au moment de quitter la chambre, Bourassa, bien conscient aussi que c'est leur dernière rencontre, prend congé avec une boutade bien de sa génération: «Tu prendras un cognac!»

Attaque meurtrière dans un hôtel de Mogadiscio

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Mise à jour le dimanche 1 novembre 2015 à 4 h 50 HNE  Radio-Canada avec Reuters et Agence France-Presse
L'hôtel Sahafi de Mogadiscio (archives).
L'hôtel Sahafi de Mogadiscio (archives).  Photo :  Ho New / Reuters
Un commando de la milice islamiste Shabab a attaqué dimanche matin un hôtel de Mogadiscio, la capitale somalienne, où deux explosions et une fusillade contre les forces de l'ordre ont fait au moins 12 morts, selon un nouveau bilan communiqué par la police.
Dans un premier temps, une voiture piégée a explosé à l'entrée de l'hôtel, le Sahafi, fréquenté par des parlementaires et des membres du gouvernement. Des coups de feu ont suivi et une seconde explosion s'est produite un peu moins d'une heure plus tard au même endroit.
Un agent de sécurité opérant dans le secteur a indiqué que la seconde explosion, comme la première, avait été provoquée par une voiture piégée.
L'attaque a été revendiquée par les Shabab, qui veulent renverser le gouvernement soutenu par les Occidentaux.
« Des moudjahidine sont entrés et ont pris le contrôle de l'hôtel Sahafi où vivaient des ennemis », a dit à l'agence Reuters cheikh Abdiasis Abou Moussab, porte-parole des opérations militaires de la milice islamiste.
L'affaire illustre le mode opératoire des Shabab : le groupe fait exploser des bombes pour neutraliser la sécurité, puis les combattants arrivent.
Parmi les victimes figurent le propriétaire de l'hôtel, un élu parlementaire, un ancien commandant militaire et un journaliste de la radio.
La police et le commando ont échangé des tirs à l'intérieur de l'hôtel durant trois heures environ. Certains des assaillants étaient postés sur le toit de l'hôtel et tiraient sur les policiers, a déclaré un membre des forces de l'ordre.
L'hôtel Sahafi est situé dans le quartier K-4, un secteur particulièrement fréquenté de Mogadiscio.
« Nous avons reçu des appels téléphoniques d'employés cachés dans des chambres de l'hôtel qui disent qu'il y a plusieurs blessés dans l'établissement »— Ahmed Nur, commandant de police

Mogadiscio est la cible régulière d'attentats menés par les Shabab.
Un journaliste de Reuters présent sur les lieux a vu les corps de deux civils. Trois autres personnes au moins ont été blessées.
En fin de matinée, la Mission de l'Union africaine en Somalie (Amisom), qui mène, avec l'armée somalienne, une campagne contre les Shabab, a déclaré que l'attaque était terminée et que l'établissement était sécurisé.
L'envoyé spécial de l'ONU en Somalie, Nick Kay, a condamné une « attaque sanglante », qui met selon lui en évidence la nécessité d'aider les forces de sécurité somaliennes à prévenir de telles attaques.

Jour de deuil en Russie au lendemain de l'écrasement en Égypte

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 Mise à jour le dimanche 1 novembre 2015 à 7 h 26 HNE  Reuters
Des Russes viennent déposer des fleurs et se recueillir à l'aéroport Pulkovo de Saint-Pétersbourg, le 1er novembre, au lendemain de l'écrasement de l'avion de ligne russe en Égypte.
Des Russes viennent déposer des fleurs et se recueillir à l'aéroport Pulkovo de Saint-Pétersbourg,
 le 1er novembre, au lendemain de l'écrasement de l'avion de ligne russe en Égypte.
  Photo :  PC/AP/Dmitry Lovetsky

Le ministre russe des Transports et une équipe d'enquêteurs de haut niveau sont arrivés au Caire pour aider les autorités égyptiennes à déterminer la cause de l'écrasement d'un avion de ligne russe samedi dans le Sinaï.
Les recherches ont repris sur le lieu de l'écrasement dimanche matin. Les experts russes étaient sur place pour aider à la récupération des corps et entamer la recherche d'indices.
Au moins 163 corps ont déjà été retrouvés et transportés dans divers hôpitaux égyptiens ainsi qu'à la morgue de Zeinhom au Caire, selon un communiqué du premier ministre.
Les enquêteurs russes se sont également rendus à la morgue.
Au Caire, le drapeau de l'ambassade de Russie était en berne. En Russie, une journée de deuil national a été déclarée.
L'examen du contenu des deux boîtes noires de l'appareil doit commencer dans la journée, a-t-on appris auprès des autorités judiciaires et dans l'entourage du gouvernement.
L'examen, par les enquêteurs russes et égyptiens, se fera au Caire, au siège du ministère de l'Aviation.
Quant à l'équipage, il avait subi des examens médicaux et aucun problème n'avait été détecté, selon le ministère public cité par l'agence de presse russe Interfax à Moscou.
« L'équipage a subi un examen médical avant de s'envoler pour Charm el-Cheikh et ils ont été déclarés aptes à voler. »— Maiya Ivanova, bureau du procureur de la région de la Volga

Lieu approximatif de l'écrasement de l'avion russe dans le Sinaï égyptienLieu approximatif de l'écrasement de l'avion russe dans le Sinaï égyptien
L'Airbus A321-200, exploité par la compagnie aérienne russe Kogalymavia/Metrojet, a décollé de Charm el-Cheikh, station balnéaire sur la mer Rouge située à la pointe sud du Sinaï et se rendrait à Saint-Pétersbourg en Russie. Sa trace a disparu des écrans radars une vingtaine de minutes après le décollage.
La Province du Sinaï, un groupe djihadiste affilié à l'État islamique, a déclaré dans un communiqué avoir abattu l'avion « en réponse aux frappes aériennes russes qui ont tué des centaines de musulmans en terre syrienne ».
Depuis un mois, la Russie procède à des frappes aériennes en Syrie contre divers groupes d'opposition qui combattent les forces du président Bachar Al-Assad, parmi lesquels figure l'ÉI.
Cette revendication a laissé sceptique le ministre russe des Transports Maxim Sokolov qui a déclaré à l'agence Interfax qu'elle ne pouvait être considérée comme « exacte ».
Lors d'une conférence de presse samedi, le premier ministre égyptien Cherif Ismaïl a déclaré qu'aucune activité « irrégulière » ne semblait a priori à l'origine de la catastrophe, mais que les causes de l'écrasement ne pourraient être déterminées avec certitude qu'une fois les boîtes noires examinées.
La France a également proposé ses services. Deux enquêteurs du Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) sont attendus dans la journée sur les lieux de l'écrasement. Ils seront accompagnés de six conseillers techniques d'Airbus.