dimanche, novembre 13, 2016

Trump ferme sur les dossiers-clés, mais cherche à rassurer

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Publié le 13 novembre 2016 à 19h25 | Mis à jour à 20h45
Élu sur un programme populiste de rejet des... (ARCHIVES REUTERS)
Élu sur un programme populiste de rejet des élites, Donald Trump a annoncé
 qu'il renonçait à sa rémunération de président, qui se monte à environ 400 000 dollars par an.
ARCHIVES REUTERS
THOMAS URBAINANNE RENAUT
Agence France-Presse
New York et Washington
Le président élu des États-Unis Donald Trump s'est montré très ferme sur plusieurs dossiers-clés de son agenda conservateur, comme l'immigration ou l'avortement, tout en essayant d'apaiser les craintes suscitées par son élection dans de larges pans de la société américaine, dimanche lors d'un long entretien télévisé.
L'homme d'affaires, élu sur un discours populiste, a également cherché à établir une forme d'équilibre dans les premières nominations à son cabinet, en propulsant à deux postes-clés de son administration le président du parti républicain et son ancien directeur général de campagne, une personnalité très controversée.
«N'ayez pas peur», a-t-il lancé aux milliers de manifestants qui le défient quotidiennement dans plusieurs villes des États-Unis, lors d'une entrevue à la chaîne CBS.
Des milliers de personnes ont encore défilé à New York dimanche, après des dizaines de milliers samedi, à New York comme à Los Angeles, et plusieurs milliers à Chicago.
Il a également condamné les actes de violence et de harcèlement contre des minorités (musulmans, noirs ou hispaniques) qui, selon l'opposition démocrate et des associations, se sont multipliés depuis son élection.

Une manifestation anti-Trump a été tenue dimanche soir... (AFP) - image 2.0
Une manifestation anti-Trump a été tenue dimanche soir à l'extérieur de la Trump Tower, à Manhattan.
AFP
«Je dirais (aux auteurs de ces agressions verbales ou menaces) "Ne faites pas ça, c'est terrible", parce que je vais réunifier ce pays», a-t-il expliqué, se tournant ensuite vers la caméra pour dire : «Arrêtez».
Au cours de cet entretien, le président élu, qui prendra ses fonctions le 20 janvier, a confirmé qu'il nommerait à la Cour suprême des juges anti-avortement et favorables au port d'armes à feu.
«Voici ce qui va se passer. Je suis pro-vie et les juges seront pro-vie», a-t-il dit. «Ils vont être très favorables au Deuxième amendement» de la Constitution, qui fait de la détention d'armes un droit pour chaque citoyen américain.
Donald Trump va devoir nommer un juge à la Cour suprême car un siège est actuellement vacant. Mais il pourrait procéder au cours de son mandat à d'autres nominations en cas de décès ou de départ en retraite d'autres juges.
La Cour suprême, dont le pouvoir sur les questions de société est déterminant, pourrait ainsi prendre une coloration très conservatrice.
En revanche, le président républicain n'a pas l'intention d'oeuvrer à une remise en cause du mariage homosexuel. Il a rappelé que la Cour suprême avait statué sur le sujet. «C'est la loi (...) Cela me convient», a-t-il dit. 
Deux nominations-clés 
Élu sur un programme populiste de rejet des élites, Donald Trump a annoncé qu'il renonçait à sa rémunération de président, qui se monte à environ 400 000 dollars par an, lui dont la fortune personnelle a été estimée par le magazine Forbes à 3,7 milliards de dollars.
Au cours de cet entretien, dont des extraits ont été distillés tout au long du week-end, Donald Trump est resté inflexible sur l'immigration, thème-clé de sa campagne mais aussi motif de profonde inquiétude pour des millions d'étrangers établis aux États-Unis. Il a fait part de son intention d'expulser jusqu'à 3 millions de clandestins.
L'annonce a généré une fausse note avec la majorité républicaine. Interrogé sur la chaîne CNN, le chef de file des républicains à la Chambre des représentants, Paul Ryan, avait en effet assuré plus tôt dimanche que Donald Trump ne prévoyait pas de créer des équipes dédiées aux expulsions de clandestins et que la priorité restait la «sécurisation» des frontières.
Donald Trump a réaffirmé qu'il bâtirait bien «un mur» à la frontière avec le Mexique pour limiter l'immigration clandestine, mais qu'il pourrait être constitué aussi bien de béton que de «clôtures».
Lors de cette première interview télévisée depuis son élection mardi, il a montré une certaine flexibilité sur «Obamacare», la loi emblématique du mandat de son prédécesseur qui permet à tous les Américains d'avoir une assurance santé mais dont le fonctionnement est très critiqué. Elle pourrait être amendée, et non simplement abrogée.
Après plusieurs jours de larges consultations, enfermé dans la Trump Tower à New York, Donald Trump a entamé le bal des nominations de sa future administration.
Stephen Bannon... (REUTERS) - image 3.0
Stephen Bannon
REUTERS
Il a désigné le président du parti républicain Reince Priebus comme secrétaire général de la Maison-Blanche. Il s'agit d'un homme politique expérimenté qui orchestrera toute l'administration du nouveau dirigeant populiste et servira de lien avec les élus et le parti, sorti divisé de la campagne.
Mais il s'est aussi adjoint un «haut conseiller et chef de la stratégie» en la personne de Stephen Bannon, son directeur général de campagne, patron du site d'informations ultra-conservateur Breitbart News, qui entretient des liens avec des mouvements d'extrême droite européens.
Dans le communiqué annonçant sa nomination dimanche, M. Priebus indique qu'il va «travailler à créer une économie qui marche pour tout le monde, à sécuriser nos frontières, à abroger et remplacer (la réforme de l'assurance santé) Obamacare et à détruire le terrorisme radical islamique».
Le futur chef d'orchestre de la Maison-Blanche adopte ainsi une ligne plus dure que Donald Trump sur «Obamacare», qui a permis à 22 millions d'Américains supplémentaires d'avoir une couverture médicale.

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L’élection de Donald Trump porte ombrage à la visite de Justin Trudeau à Cuba

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OTTAWA – Des relents de la guerre froide hanteront le passage du premier ministre canadien Justin Trudeau à Cuba, la semaine prochaine
Le réchauffement des relations entre Cuba et les États-Unis pourrait prendre fin abruptement l’année prochaine, lorsque Donald Trump deviendra officiellement président avec un Congrès entièrement contrôlé par le Parti républicain, qui s’est engagé à renouveler les sanctions contre l’île communiste et à annuler le rétablissement des liens diplomatiques entre les deux pays.
Le premier ministre envisageait de se rendre à Cuba pour aider les entreprises canadiennes à faire leur place en présence du géant américain. Mais M. Trudeau fera maintenant face à un pays hésitant à l’idée de resserrer ses liens avec les États-Unis, selon des experts.
L’armée cubaine amorce cinq jours d’entraînement militaire seulement quelques heures avant l’arrivée du premier ministre à La Havane. L’armée a averti les citoyens qu’ils verraient et entendraient des soldats, des avions et même des explosions «où ce sera requis» partout au pays.
C’est la première fois en trois ans que ces exercices, instaurés lors de la présidence de Ronald Reagan en 1980, se dérouleront.

L’annonce publiée dans le quotidien communiste Granma explique que l’armée a besoin de «répondre à différentes actions des ennemis» — faisant référence aux États-Unis.
«L’élection pourrait potentiellement donner du poids à ceux qui n’étaient pas nécessairement ouverts, dans le gouvernement cubain, à ce rapprochement», a analysé Karen Dubinsky, une spécialiste des relations canado-cubaines à l’Université Queen’s, à Kingston, en Ontario.
«Tout le monde retombe dans les ornières de la guerre froide qui existaient là-bas depuis 50 ans. C’est vraiment une possibilité des deux côtés», a-t-elle ajouté.
Le court séjour de M.Trudeau à Cuba est le premier arrêt d’une semaine occupée, alors que le premier ministre se rendra en Argentine, avant de se diriger vers le Pérou pour le sommet de la Coopération économique de la zone Asie-Pacifique (APEC).
La visite du dirigeant canadien donnera probablement une impression de stabilité à Cuba, sachant que son plus grand partenaire de l’Amérique veut maintenir des relations normales, selon John Kirk professeur au département d’études espagnoles et latino-américaines à l’Université Dalhousie de Halifax.
Le nom «Trudeau» devrait susciter en soi une réaction chaleureuse à Cuba. Les Cubains se souviennent encore de la visite du père de Justin Trudeau, Pierre Eliott, il y a 40 ans. L’ancien dirigeant cubain, Fidel Castro, était porteur honoraire aux funérailles de Pierre Eliott Trudeau, en 2000.
Le Canada et le Mexique ont été les seuls pays de l’Occident à maintenir leurs liens diplomatiques avec Cuba lorsque les États-Unis ont rompu toutes leurs relations en 1961.
La décision de l’ex-premier ministre John Diefenbacker de se tenir à l’écart de la crise des missiles cubains en 1962, et celle de son successeur, Pierre Eliott Trudeau, de visiter l’île en 1976, a consolidé l’indépendance politique du Canada face aux États-Unis sur la scène mondiale. Pierre Eliott Trudeau était à l’époque le seul dirigeant membre de l’OTAN à visiter Cuba.
Tout a changé lorsque le président américain Barack Obama a annoncé en décembre 2014 le réchauffement des relations entre les deux pays, après des mois de rencontres secrètes avec des représentants cubains — des réunions qui se sont tenues discrètement au Canada.
Carlo Dade, un expert de l’Amérique latine à la Canada West Foundation, estime que la décision de M. Obama constituait une légitimation de la politique étrangère du Canada.
Mais alors que Donald Trump prendra officiellement le relais de Barack Obama en janvier, son héritage est en danger.
M. Trump s’était distingué de ses adversaires dans la course aux primaires lorsqu’il s’était dit en faveur du réchauffement des relations avec Cuba, mais il avait ajouté qu’il aurait négocié une meilleure entente. Or, alors que le jour de l’élection approchait, M. Trump a raffermi sa position.
Quelques jours avant le 8 novembre, il a déclaré lors d’un rassemblement en Floride — qui abrite des centaines de réfugiés cubains — qu’il déchirerait l’accord avec Cuba, sauf s’il obtenait une meilleure entente avec La Havane. Il a dit essentiellement la même chose sur l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).
Les républicains qui appuyaient la position de leur candidat devraient approuver ce recul sur les relations avec Cuba, mais on ne sait pas encore si c’est une priorité pour le président désigné. Cuba n’était pas mentionné dans les engagements des 100 premiers jours de Donald Trump.
«Sans une démarche définitive de la part de M. Trump sur Cuba, c’est mieux de continuer comme c’est là, mais d’être préparé à tout», a soutenu Carlo Dade.
Justin Trudeau rencontrera le président cubain Raul Castro, qui a pris les rênes du pays après son frère, Fidel, le dirigeant du pays depuis la révolution communiste de 1959.
Selon l’ambassadeur de Cuba au Canada, il est possible que M. Trudeau s’entretienne également avec Fidel Castro.

Le PQ lance sa consultation publique

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Publié le 13 novembre 2016 à 07h48 | Mis à jour à 07h48
L'événement sera présidé par Paul St-Pierre Plamondon, conseiller... (PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE)
L'événement sera présidé par Paul St-Pierre Plamondon,
 conseiller spécial du chef Jean-François Lisée pour le renouvellement.
PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE

La Presse Canadienne
Le Parti québécois procédera dimanche au lancement officiel de sa consultation « Osez repenser le PQ ».
L'événement sera présidé par Paul St-Pierre Plamondon, conseiller spécial du chef Jean-François Lisée pour le renouvellement.
M. Plamondon, candidat défait lors de la dernière course à la direction, sera accompagné d'une quinzaine « d'ambassadeurs » issus de divers milieux et tous âgés de moins de 40 ans.
Ceux-ci auront pour responsabilité d'épauler M. Plamondon dans cette consultation publique.
La plateforme de consultation en ligne sera dévoilée, de même que l'échéancier des rencontres.

La France commémore les attentats du 13 novembre

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Publié le 13 novembre 2016 à 07h10 | Mis à jour à 07h10
Une femme se recueille devant la plaque en... (PHOTO JOEL SAGET, AFP)
PHOTO JOEL SAGET, AFP
Une femme se recueille devant la plaque en mémoire des victimes du Bataclan décédées lors du concert du groupe de rock américain Eagles of Death Metal, le 13 novembre à Paris.

LAURE FILLONSABINE WIBAUX
Agence France-Presse
PARIS
La France a marqué dimanche le premier anniversaire des attentats djihadistes du 13 novembre 2015 dans une très grande sobriété, au lendemain d'un émouvant concert de réouverture de la salle parisienne du Bataclan donné par Sting.
Le président François Hollande a présidé les commémorations, dévoilant des plaques en mémoire des victimes sur l'ensemble des sites frappés il y a un an par les commandos du groupe État islamique (EI).
Du Stade de France au Bataclan, en passant par six bars et restaurants du nord-est de Paris, les djihadistes avaient tué 130 personnes, blessé 400 autres. Ces attentats, les pires que la France n'ait jamais connus, ont profondément meurtri le pays.
Un an plus tard, à la demande des associations de victimes, les commémorations se sont déroulées selon un cérémonial extrêmement dépouillé. À chaque étape, le même scénario s'est répété : plaques révélées, minute de silence, dépôt de gerbe, noms des victimes égrenées.
Ni le président socialiste, ni la maire de Paris Anne Hidalgo, n'ont dit un mot. À moins de six mois de l'élection présidentielle, les autorités ne voulaient pas être accusées de « récupération politique ».
Le seul discours a été prononcé par Michael Dias, dont le père Manuel, 63 ans, a été le premier à périr, dans l'explosion de la ceinture piégée d'un kamikaze aux abords du Stade de France, au nord de la capitale. « Nous devons nous efforcer de combattre la stigmatisation et la division; l'intégration est la solution », a-t-il lancé dans un hymne à la « tolérance » et à l'« intelligence ».
Pourtant, la France, frappée par d'autres attaques djihadistes, s'est indéniablement durcie au cours de l'année écoulée. L'état d'urgence, un dispositif d'exception mis en place juste après le carnage, sera « sans doute prolongé de quelques mois » jusqu'au scrutin présidentiel, a déclaré le premier ministre Manuel Valls.
Écoles sous haute surveillance, patrouilles militaires dans les rues, crispations à l'égard de la communauté musulmane : « Nous ne sommes plus tout à fait ce que nous étions », écrit le quotidien Le Parisien en une.
Un an après l'horreur, 59 % des Français estiment que ces événements changeront pour toujours leur manière de percevoir la vie, 56 % restent « en colère », selon un sondage publié par le journal.
« Cassure entre deux jeunesses »
Dans le nord-est branché et cosmopolite de Paris, où se trouvent les sites frappés, des centaines de personnes ont suivi avec recueillement les cérémonies.
Olivier, 28 ans, qui fut blessé dans le bar le Carillon, a apprécié le ton économe des hommages, mais souhaite que la France aille plus loin. « Il est important de comprendre comment on en est arrivé là, pourquoi il y a une cassure entre deux jeunesses », a-t-il dit à l'AFP. Plusieurs des auteurs des attentats étaient de jeunes Français.
Des étrangers s'étaient également glissés dans les rangs recueillis devant le Bataclan, où des djihadistes avaient semé la mort pendant un concert du groupe de rock américain Eagles of Death Metal. « Beaucoup de Japonais ne viennent plus à Paris à cause des attentats, mais je veux me tenir au côté de la France », expliquait Yoshihide Miwa, 49 ans, venu d'Osaka. En un an, Paris et sa région ont perdu près de deux millions de visiteurs.
La salle, entièrement rénovée, a repris vie samedi soir avec un concert de Sting. Après une minute de silence, la vedette britannique a chanté pour « se souvenir de ceux qui ont perdu la vie dans l'attaque » mais aussi pour « célébrer la vie, la musique dans ce lieu historique ».
En marge du concert, la direction du lieu avait annoncé avoir refoulé Jesse Hughes, le chanteur d'Eagles of Death Metal, en raison de ses déclarations soupçonneuses à l'encontre des vigiles. Mais le gérant du groupe a démenti cet incident. Dimanche, le chanteur a tout de même assisté au dévoilement de la plaque aux « 90 vies fauchées en ces lieux ».
Le programme officiel s'est conclu par un lâcher de ballons, sur fond de gospel, devant la mairie du quartier.
L'après-midi, les blessés, rescapés et personnes endeuillées sont invités à une « table ronde » en présence notamment d'un psychiatre et d'un historien. Le soir, l'archevêque de Paris, le cardinal André Vingt-Trois, présidera une messe en hommage des victimes à la cathédrale Notre-Dame, tandis que les Parisiens sont appelés à allumer une bougie à leurs fenêtres.