Kim Jong-Nam souhaitait des réformes en Corée du Nord

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Publié le 17 février 2017 à 07h02 | Mis à jour à 09h54
Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un et son demi-frère Kim Jong-Nam, tué... (Photos Wong Maye-E, Shizuo Kambayashi, archives AP)
Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un et son demi-frère Kim Jong-Nam, tué lundi à l'aéroport de Kuala Lumpur.
Agence France-Presse
Le demi-frère en disgrâce du dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un, assassiné en Malaisie, était partisan de réformes dans son pays et avait le courage d'exprimer ses opinions, a affirmé vendredi un journaliste japonais auteur d'un livre à son sujet.
Kim Jong-Nam, tué lundi à l'aéroport de Kuala Lumpur a eu des échanges fréquents avec le journaliste du Tokyo Shimbun, Yoji Gomi.
« Même si cela le mettait en danger, il voulait faire connaître ses opinions à Pyongyang à travers moi et d'autres médias », a déclaré M. Gomi au cours d'une conférence de presse à Tokyo.
Kim Jong-Nam avait dit n'avoir jamais rencontré Kim Jong-Un, son demi-frère cadet, qui avait succédé à leur père Kim Jong-Il et qui aurait, selon la Corée du Sud, ordonné son élimination.
La première rencontre de Kim Jong-Nam avec le journaliste japonais avait eu lieu en 2004 à l'aéroport de Pékin, où M. Gomi l'avait abordé et lui avait tendu sa carte de visite.
Mais ils n'avaient commencé à échanger des courriels de façon régulière qu'en 2010. Avaient suivi des interviews de visu à Macao et Pékin en 2011 pour un total de sept heures. Leur dernier contact est un courriel reçu en janvier 2012 par M. Gomi quelques semaines après la mort du père de Kim Jong-Nam.
« Il disait que la Corée du Nord n'aurait une chance de survivre qu'en menant une série de réformes et mesures de libéralisation comme l'avait fait la Chine », a déclaré M. Gomi. « Il était critique à l'égard du système en place. Il disait que le pouvoir ne devait pas être héréditaire, que cela ne convenait pas à une société socialiste et que le dirigeant devait être choisi par un processus démocratique ».
Le journaliste japonais se souvient cependant de la nervosité de Kim lors de leur première rencontre à Macao en janvier 2011 : il transpirait et gigotait.
En dépit de sa réputation de playboy épris de jeux d'argent, Kim était pour M. Gomi un « intellectuel » doté d'humour qui admettait néanmoins aimer boire surtout dans les grands restaurants de Tokyo. « Il disait qu'il aimait boire de l'alcool et chanter avec des Coréens du Sud et des Japonais ordinaires et qu'il espérait qu'un jour les murs tomberaient à travers le monde ».
Kim Jong-Nam, un temps pressenti pour être l'héritier du régime, était tombé en disgrâce après avoir été arrêté en 2001 à l'aéroport de Tokyo avec un passeport falsifié de la République dominicaine. Il aurait alors affirmé qu'il voulait visiter Disneyland.
Mais pour Kim Jong-Nam, la raison de la décision de l'évincer était ailleurs, selon M. Gomi qui dans son livre le cite expliquant que son père s'était fâché et était devenu distant après l'avoir entendu prôner des réformes.

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Couple accusé de terrorisme: du matériel pour fabriquer une bombe

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Publié le 17 février 2017 à 05h00 | Mis à jour à 09h53
El Mahdi Jamali et Sabrine Djermane sont détenus depuis... (Photo tirée de Twitter)
El Mahdi Jamali et Sabrine Djermane sont détenus depuis près de deux ans en attente de leur procès qui devrait avoir lieu cet automne
PHOTO TIRÉE DE TWITTER

La police a trouvé chez un couple de cégépiens montréalais arrêtés en 2015 pour des infractions terroristes une recette de bombe dans une cocotte-minute d'Al-Qaïda comme celles qui ont été utilisées lors de l'attentat de Boston et plusieurs des éléments nécessaires pour la fabriquer, révèlent des documents judiciaires obtenus par La Presse. La meilleure amie de la suspecte craignait qu'elle ne passe à l'action.
El Mahdi Jamali et de Sabrine Djermane sont... (PHOTO Martin Chamberland, archives LA PRESSE) - image 1.0
El Mahdi Jamali et de Sabrine Djermane sont accusés de quatre chefs lies au terrorisme.
PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE
L'affaire, qui a commencé quand une famille s'est inquiétée de constater la radicalisation de l'une des leurs, a rapidement déclenché une course contre la montre pour déjouer une potentielle menace d'attentat terroriste sur le sol canadien. En sept jours, l'Équipe intégrée de la sécurité nationale a mené, parfois en pleine nuit, une vingtaine de perquisitions et d'analyses d'appareils électroniques, interrogé de nombreux témoins et mis la main au collet des deux jeunes suspects alors qu'ils se trouvaient dans un parc de Villeray.
Sabrine Djermane et El Mahdi Jamali, la première inscrite en soins infirmiers, le second en sciences pures et ancien capitaine de son équipe de soccer, sont détenus depuis près de deux ans en attente de leur procès.
Jusqu'ici, une ordonnance de non-publication nous empêchait de révéler le détail des gestes qui leur sont reprochés. La Presse et d'autres médias ont réussi à faire lever une partie des scellés sur quelque 25 documents judiciaires concernant les ex-cégépiens. Il est important de préciser que les allégations contenues dans les documents n'ont pas été prouvées en cour.
Le couple fait partie d'une vague de jeunes Montréalais qui sont partis ou ont tenté de partir vers la Syrie en 2015.  Comme plusieurs autres jeunes, El Mahdi fréquentait la mosquée Assahaba, le centre culturel islamique dont Adil Charkaoui est le président. Les policiers en ont d'ailleurs fait mention plusieurs fois dans les documents.
La famille sonne l'alarme
C'est la soeur de la jeune suspecte qui a appelé la police, le 10 avril 2015, après avoir assisté à une conférence sur la radicalisation à Ottawa. Sabrine, disait la jeune femme, s'était radicalisée.
Sabrine s'isolait. Elle avait abandonné ses cours au collège de Maisonneuve. Elle avait quitté la maison familiale et loué un appartement après une dispute : le couple, ensemble depuis le début du secondaire, souhaitait se marier. Un voeu qui ne faisait pas l'unanimité chez leurs proches.
Son amoureux lui « remplissait la tête » de propos concernant les femmes de l'État islamique. Son profil Facebook affichait une photo de l'EI, des vidéos de propagande et des commentaires sur les islamophobes et les traîtres.
La GRC a ouvert une enquête. Les premiers indices permettaient de croire que le couple souhaitait partir en Syrie faire le djihad. Comme d'autres aspirants djihadistes, les deux membres du couple avaient déclaré le vol de leurs passeports. Sabrine avait maximisé son crédit, suivant un conseil donné par l'EI à ceux qui souhaitent grossir ses rangs.
Mais l'affaire a pris une tout autre dimension après des perquisitions menées à l'appartement montréalais loué par la jeune femme et chez la famille Jamali.
Une bombe d'Al-Qaïda
Chez Sabrine, rue Aird à Montréal, un cartable bleu contenait une copie manuscrite d'une recette pour la fabrication d'une bombe à l'aide d'un autocuiseur, tirée du magazine Inspire d'Al-Qaïda. C'est de la même recette, sous le titre Make a bomb in the kitchen of your mom (Fabriquez une bombe dans la cuisine de votre mère), que se sont inspirés les frères Tsarnaev pour commettre l'attentat du marathon de Boston, qui a fait trois morts et 264 blessés en 2013. Plusieurs tentatives ratées d'attaques terroristes ailleurs dans le monde utilisaient aussi une bombe cocotte-minute.
Dans le même appartement, la police a trouvé un document rédigé en arabe intitulé Put your trust in Allah, qui dresse la liste des cadeaux que recevra le martyr qui meurt en faisant le djihad.

Chez El Mahdi Jamali, la GRC a saisi plusieurs éléments figurant dans la recette d'Al-Qaïda, dont du ruban adhésif de type duct tape, des piles, des clous, de la colle « Super Glue ». D'autres éléments clés pour fabriquer l'engin explosif, des allumettes et une horloge, figuraient sur une facture du Dollorama, mais ils n'ont pas été retrouvés au domicile des Jamali.
Un spécialiste en explosifs de la GRC a estimé que la recette trouvée à l'appartement de Sabrine et ses composantes constituaient « un plan qui pourrait effectivement mener à la confection d'un engin explosif opérationnel ».

Les éléments saisis chez Sabrine et El Mahdi sont d'ailleurs cités dans près de 25 mandats de perquisition rédigés les jours suivants, certains de manière urgente. 
C'est en pleine nuit que les policiers sont débarqués au collège de Maisonneuve pour fouiller le casier que le couple partageait, à la recherche de substances ou d'engins explosifs. Le mandat avait été signé par un juge de paix à minuit trente. La GRC voulait l'exécuter le plus rapidement possible, au moment où l'endroit était le moins fréquenté, pour des raisons de sécurité.
Sur place, un expert en explosifs a relevé des traces de ce qui s'apparentait à trois types d'explosifs dans le casier, entre les cartables et les cahiers de notes. Mais une analyse poussée en laboratoire s'est finalement avérée négative.
Le procès de Sabrine Djermane et El Mahdi Jamali est prévu pour l'automne.

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Report d'un crédit d'impôt aux aînés: Québec fait marche arrière

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Publié le 16 février 2017 à 11h20 | Mis à jour le 16 février 2017 à 17h28
Le gouvernement Couillard fait marche arrière devant le tollé suscité par des... (PHOTO ROBERT SKINNER, archives LA PRESSE)
PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE
PATRICE BERGERON
La Presse Canadienne
Québec
Le gouvernement Couillard fait marche arrière devant le tollé suscité par des changements fiscaux qui allaient pénaliser des personnes âgées. Ce faisant il devra faire une croix sur 38 millions de revenus potentiels au Trésor.
Après avoir tenu le cap depuis quelques jours malgré des accusations d'insensibilité provenant de l'opposition, le gouvernement mettra en place des mesures afin d'atténuer l'impact du report d'un crédit d'impôt de 500 $ qui était offert aux aînés de 65 ans et plus. Cependant, il ne peut garantir que les sommes seront pleinement rendues à tous les aînés.
Québec avait décidé de rehausser graduellement de 65 à 70 ans le seuil d'admissibilité de ce crédit d'impôt pour l'âge, dans le but d'inciter les aînés à travailler plus longtemps.
Jeudi, à l'Assemblée nationale, le premier ministre Philippe Couillard a montré les premiers signes de fléchissement, après plusieurs jours d'attaques des partis d'opposition avec des mots très durs. Autant le Parti québécois que la Coalition avenir Québec l'accusaient d'être «déconnecté de la réalité» et «insensible» au sort des plus vulnérables.
«Il y a lieu de faire l'évaluation non pas de la mesure de rétention au travail, qui est une mesure d'incitation qu'il faut absolument garder, mais de l'autre mesure (l'abolition du crédit d'impôt) qui venait de la commission (sur la fiscalité de Luc) Godbout, a déclaré le chef libéral. Il y a certainement lieu de l'étudier avec attention.»
À la sortie du Salon bleu après la période de questions, le ministre des Finances, Carlos Leitão, a été plus clair. Il a reconnu qu'il y avait «certaines brèches» à colmater.
«C'est possible que certaines personnes plus vulnérables, à plus bas revenus, qui ont 65, 66, 67 ans, soient affectées négativement, a-t-il déclaré. Au prochain budget, nous allons mettre en place des mesures additionnelles, pour compenser ces personnes, de telle façon qu'il n'y aurait pas de pertes.»
Les personnes de 66 ans sont privées du crédit d'impôt cette année - elles seraient 18 000 - et l'an prochain ce serait au tour des gens de 67 ans, et ainsi de suite, mais une formule qui reste à déterminer, d'une valeur équivalente à 500 $, sera donc élaborée dans le budget de mars, avec possiblement aussi une rétroactivité.
Le ministre n'a pu garantir toutefois qu'il n'y aurait aucune perte pour certains contribuables âgés, car seuls les plus vulnérables seront bénéficiaires des ajustements.
À terme, le gouvernement espérait ponctionner 267 millions supplémentaires chez les personnes âgées une fois le crédit d'impôt repoussé à 70 ans. Cette année, la somme récupérée par le Trésor devait avoisiner les 38 millions.
Les libéraux plaidaient en revanche qu'ils bonifiaient le programme pour travailleurs d'expérience, à 373 millions, en abaissant le seuil d'admissibilité de 65 à 62 ans.
De son côté, l'opposition officielle estime qu'il ne s'agit pas vraiment d'un recul du gouvernement. Le porte-parole péquiste en matière d'emploi, de solidarité sociale et de lutte à la pauvreté, Harold LeBel, demande le plein rétablissement du crédit d'impôt pour l'âge.
«Le ministre essaie de faire passer ça pour un recul, dit qu'il va essayer d'amener des mesures de compensation, sans nommer ces mesures de compensation, a dit M. LeBel en conférence de presse. Personne n'est dupe. Il n'y a pas de recul là-dedans. On continue notre bataille. On veut qu'il recule pour de vrai et qu'il comprenne le bon sens.»

Québec révisera les plaintes rejetées d'agressions sexuelles

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Publié le 17 février 2017 à 00h02 | Mis à jour à 08h22
« Nous prenons ceci très au sérieux, nous voulons... (photo Patrick Sanfaçon, archives La PResse)
« Nous prenons ceci très au sérieux, nous voulons faire un examen en profondeur pour comprendre ce qui a mené à ces décisions », a indiqué le chef des communications de la SQ, le capitaine Guy Lapointe.
PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE
Les plaintes pour agressions sexuelles rejetées par les corps policiers québécois au cours des dernières années seront réexaminées afin de vérifier pourquoi elles ont été jugées infondées, a annoncé hier le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, rapporte le Globe and Mail.
Cette décision aurait été prise à la suite d'une vaste enquête journalistique, publiée au cours des deux dernières semaines dans le quotidien torontois, sur le nombre élevé de plaintes pour agressions sexuelles qui sont écartées par les services de police partout au Canada.
Selon les données de cette enquête, la Sûreté du Québec (SQ) a rejeté 21 % des plaintes touchant les crimes sexuels, au cours d'une période de cinq ans se terminant en 2014, soit 2 points de plus que la moyenne nationale, et beaucoup plus que dans les régions ayant adopté les meilleures pratiques en la matière.
C'est la SQ elle-même qui se chargera de réviser les dossiers rejetés, pour vérifier les raisons invoquées par les enquêteurs pour conclure qu'aucun crime n'avait été commis et ne pas déposer d'accusations, a indiqué le ministre Coiteux au Globe and Mail.
Pour l'ensemble des corps policiers de la province, le taux de rejet des plaintes est de 17 %, un taux plus bas que la moyenne canadienne, mais deux fois plus élevé que pour les autres crimes violents.
Les procédures de traitement des plaintes pour agressions sexuelles seront aussi révisées pour la SQ et l'ensemble des services de police municipaux. « La Direction de la vérification interne, des enquêtes et de l'inspection du ministère préparera, au cours des prochains mois, son prochain mandat d'inspection thématique, lequel portera sur les pratiques d'enquête en matière d'agression sexuelle », a précisé par courriel, ce matin, l'attachée de presse du ministre Coiteux, Marie-Ève Pelletier.
« Nous prenons ceci très au sérieux, nous voulons faire un examen en profondeur pour comprendre ce qui a mené à ces décisions », a indiqué le chef des communications de la SQ, le capitaine Guy Lapointe, cité par le Globe. Le nombre de cas à réviser n'a pas encore été déterminé, et il n'est pas certain que les résultats de l'enquête seront rendus publics.
Une quarantaine de corps policiers au pays, dont la GRC et la police provinciale de l'Ontario, ont décidé de rouvrir plus de 10 000 dossiers depuis la publication de l'enquête du quotidien, indiquant que les plaintes pour agressions sexuelles étaient rejetées dans un cas sur cinq.

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