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mardi, novembre 07, 2017

Une demande de recours collectif de 1,2 G$ sera déposée contre Hydro-Québec


PHOTO D'ARCHIVES

Pierre Couture

Une demande de recours collectif contre Hydro-Québec sera déposée mercredi au Palais de justice de Montréal. La coalition Peuple allumé réclame un remboursement de 1,2 milliard $ des trop-perçus aux clients de la société d’État.
«Cette surfacturation de la part d’Hydro-Québec a été effectuée durant plusieurs années. L’argent doit revenir aux clients de la société d’État, et non au gouvernement», a indiqué au Journal le porte-parole de la plateforme weroes.com, Pascal Zamprelli.
La demande de recours collectif pilotée par la firme Archer Avocats de Granby sera déposée en Cour supérieure du Québec.
La coalition Peuple allumé tiendra un point de presse mercredi à 11h à Montréal pour expliquer sa démarche.
Des calculs effectués par la Coalition Avenir Québec (CAQ) démontrent qu’entre 2008 et 2015, les Québécois ont payé 1,4 milliard $ de plus que ce qu’ils auraient dû, soit 350 $ par client.
Ce trop-perçu de 1,4 milliard $ est l’équivalent de 0,5 % à 1 % de la facture annuelle d’un abonné d’Hydro-Québec.
Selon M. Zamprelli, plus de 28 700 personnes ont signé jusqu’à présent une pétition sur le site weroes.com/recoursHQ.
Ce dernier avait envoyé une mise en demeure symbolique en avril dernier au premier ministre Philippe Couillard pour exiger un remboursement.
La Régie de l’énergie avait tenté, en 2014, de mettre en place un mécanisme pour mieux partager les trop-perçus avec les clients d’Hydro-Québec. Mais le gouvernement Couillard a imposé un décret retardant la mise en œuvre de ce partage après l’atteinte de l’équilibre budgétaire.
Le gouvernement a par la suite fermé la porte à tout remboursement éventuel aux clients d’Hydro-Québec.

Hydro va contester
Chez Hydro-Québec, on entend contester vigoureusement cette demande de recours collectif devant les tribunaux.
«L’initiative s’appuie sur de mauvaises informations. Il n’y a jamais eu de surfacturation et les sommes dégagées par la meilleure performance d’Hydro-Québec sont retournées aux Québécois», a fait valoir le porte-parole de la société d’État, Marc-Antoine Pouliot.

La CAQ sur le dossier
En mai dernier, la CAQ avait également réclamé le remboursement des trop-perçus par Hydro-Québec.
Une pétition de 48 000 noms avait été déposée au ministre responsable d’Hydro-Québec, Pierre Arcand, par la députée caquiste Chantal Soucy.
En 2016 seulement, les trop-perçus (appelés écart de rendement chez Hydro-Québec) auraient atteint les 36 millions $, d’après la CAQ.

jeudi, octobre 12, 2017

CHRONIQUE Le jupon électoral


12 octobre 2017 |Michel David | Québec | Chroniques

Quand Raymond Bachand avait proposé la nomination d’un ministre responsable des relations avec la communauté anglophone, durant la course à la succession de Jean Charest, Philippe Couillard s’y était vivement opposé, tout comme Pierre Moreau.

« Cela créerait des divisions au Québec sur le plan linguistique, avait déclaré le futur chef du PLQ. Je ne suis pas sûr que la communauté anglophone elle-même désire avoir un ministre. » Qu’elle le désire ou non, elle en aura un dans la personne de Kathleen Weil, qui avait été directrice des Affaires juridiques à Alliance Québec dans une vie antérieure.

Le premier ministre est un homme aux sincérités successives, qui a démontré sa remarquable capacité à modifier ses positions selon ses intérêts du moment. À un an de l’élection générale, ceux du PLQ exigent manifestement une exception au principe d’unité qu’il invoquait à l’époque. Maintenant que la menace d’un référendum s’est éloignée, M. Couillard craindrait-il que sa clientèle anglophone se permette une infidélité ? Son jupon électoral dépasse un peu trop.

Quand il avait décidé de confier les ministères de l’Éducation et de la Famille à un même titulaire, M. Couillard avait plaidé de façon très convaincante les avantages de placer sous la même autorité l’ensemble du système scolaire, de la garderie au secondaire.

Sébastien Proulx lui a donné raison depuis sa nomination. Sous sa houlette, les deux ministères ont manifesté une unité d’action qui faisait cruellement défaut auparavant. Malheureusement, cette double responsabilité lui aurait laissé peu de temps à consacrer à ses nouvelles fonctions de ministre responsable de la région de Québec, qui sera le théâtre principal de la grande bataille avec la CAQ.

Avec la nouvelle recrue Véronyque Tremblay, dont le poste de ministre déléguée aux Transports est taillé sur mesure pour préparer le terrain électoral dans la capitale, M. Proulx pourra former un redoutable tandem.

En principe, les mêmes impératifs électoraux auraient dû entraîner le déplacement de Gaétan Barrette, qui est certainement le ministre le plus controversé, pour ne pas dire le plus détesté de son cabinet. Si la situation du réseau de la santé s’est améliorée autant que M. Couillard a tenté de le faire croire dans son discours, on se demande bien pourquoi il a tenté de convaincre M. Barrette de déménager aux Transports.

Un remaniement ministériel est toujours un casse-tête. Ils étaient nombreux, particulièrement dans le milieu juridique, à souhaiter le départ de la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée. Encore fallait-il lui trouver un successeur adéquat.

Être avocat est un prérequis pour occuper ce poste, et les avocats ministrables n’étaient pas légion. Le passé démontre qu’il est risqué d’y nommer un néophyte. L’expérience de Kathleen Weil à la Justice a été trop douloureuse pour donner l’envie de la renouveler. Jean-Marc Fournier aurait toujours pu reprendre du service, mais le premier ministre ne pouvait pas se passer des services de son plus fidèle lieutenant.

Pierre Moreau aurait certainement fait l’affaire, mais l’approche de l’élection le rendait lui aussi plus utile ailleurs. Aux Ressources naturelles, il pourra mettre ses talents de politicien à contribution avec moins de retenue qu’à la Justice. Maintenant que l’essentiel du sale travail est fait au Conseil du trésor, l’aimable Pierre Arcand saura très bien gérer l’abondance.

Former un cabinet d’élection peut quand même avoir des effets heureux. L’insistance sur le mot « intégrité » dans l’appellation du nouveau ministère qu’on a bricolé pour Robert Poëti est un peu lourde, mais on peut espérer que ce revenant contribuera non seulement à redorer l’image du gouvernement, mais aussi à assainir les processus d’octroi des contrats publics.

Aux yeux de plusieurs, la nomination d’André Fortin aux Transports constitue la plus grande surprise du remaniement. Il est vrai que des titulaires plus aguerris s’y sont cassé les dents, mais le simple fait que M. Fortin s’en occupera à temps plein constitue déjà une bonne nouvelle et on imagine difficilement qu’il puisse faire pire que Laurent Lessard, nettement plus à l’aise à l’Agriculture.

Luc Fortin est un bon choix à la Famille. Il est simplement regrettable de voir quitter le ministère de la Culture un homme qui a manifesté dans le dossier de Netflix une détermination dans la défense de la création culturelle québécoise à laquelle ses prédécesseurs ne nous avaient pas habitués.

Isabelle Melançon et Marie Montpetit contribueront elles aussi à ce vent de fraîcheur dont les libéraux ont cruellement besoin après 15 ans de pouvoir, mais il est difficile de comprendre pourquoi on a tenu à inverser les rôles. Tout dans le passé de Mme Melançon la destinait à la Culture, comme celui de Mme Montpetit l’avait bien préparée à l’Environnement.

Si M. Couillard a pour principe qu’il est bon de sortir un ministre de sa zone de confort, le cas de Gaétan Barrette démontre à quel point sa géométrie est variable.

lundi, septembre 25, 2017

François Legault invite les jeunes à créer une «nouvelle Révolution tranquille»



Au congrès de la relève de son parti, le chef a encouragé la jeunesse à agir


25 septembre 2017 |Vicky Fragasso-Marquis - La Presse canadienne | Québec
À Granby, M. Legault a salué les propositions «visionnaires» et «pragmatiques» des jeunes caquistes rassemblés.


Photo: Jacques Nadeau Le DevoirÀ Granby, M. Legault a salué les propositions «visionnaires» et «pragmatiques» des jeunes caquistes rassemblés.

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a convié les jeunes membres de son parti à prendre part à une nouvelle Révolution tranquille au Québec.

Lors d’un discours au Congrès de la relève, à Granby, dimanche, M. Legault a rappelé que, pendant la Révolution tranquille, « tout bougeait au Québec » et que tout le monde était « fier d’être Québécois ».

M. Legault a déploré que le Québec « tourne en rond » depuis les 45 dernières années, marquées par les règnes de deux partis — le Parti libéral du Québec et le Parti québécois.

Le chef caquiste a déclaré qu’il était « plus optimiste que jamais » sur les chances de son parti aux prochaines élections générales.

Il a affirmé qu’au terme d’une tournée de la province, il avait ressenti « un vent de changement partout au Québec ».

M. Legault a par ailleurs salué les propositions « visionnaires » et « pragmatiques » des jeunes caquistes, soulignant notamment la proposition d’élaborer une politique nationale d’architecture. Il s’est par ailleurs engagé à faire « tout ce qui est possible » pour que la CAQ présente plus de candidats âgés de moins de 40 ans. Le chef caquiste a cité deux exemples qui ont donné de bons résultats selon lui : le jeune député de Borduas, Simon Jolin-Barrette, et la candidate de la CAQ dans Louis-Hébert, Geneviève Guilbault.

Plusieurs enjeux discutés

Les jeunes de la CAQ étaient réunis en fin de semaine pour adopter des propositions, à un an des élections générales au Québec.

La commission de la relève de la CAQ, formée des membres du parti de moins de 30 ans, a pris position sur plusieurs enjeux, dont l’entrepreneuriat et les politiques familiales. Les jeunes membres ont voté à l’unanimité pour donner plus de libertés aux entrepreneurs afin de favoriser l’économie collaborative, dont font partie les entreprises Uber et Airbnb.

Ils se sont aussi prononcés sur la procréation assistée ; une majorité d’entre eux veut rétablir l’aide financière qui était en place avant la réforme du ministre de la Santé, Gaétan Barrette. Ils ont cependant précisé qu’il faudra ajouter « certaines balises ».

Les jeunes caquistes se sont montrés plus divisés sur l’idée de bonifier l’aide financière à un des deux parents d’un enfant de 4 ans et moins qui choisirait de rester à la maison.

Certains d’entre eux ont fait part de leur réserve sur l’impact d’une telle mesure sur les femmes, laissant entendre qu’elle pourrait les éloigner du marché du travail.

D’autres ont plutôt fait valoir que la proposition laissait la liberté de choix, et qu’elle contribuerait à régler le problème du manque de places dans les centres de la petite enfance (CPE).

samedi, mai 06, 2017

POLITIQUE QUÉBÉCOISE Pierre Moreau s’en prend à Québecor

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Le PLQ est victime d'acharnement politico-médiatique, accuse le ministre

4 mai 2017 | Marco Bélair-Cirino - Correspondant parlementaire à Québec | Québec
Le président du Conseil du trésor, Pierre Moreau, a dit tout haut mercredi ce que répètent tout bas ses confrères depuis quelques semaines : Québecor média ne ménage aucun effort pour discréditer le Parti libéral du Québec. « Ça ressemble […] à un tir groupé qui est presque une position politique à l’encontre du parti qui représente le gouvernement », a-t-il déclaré lors d’une mêlée de presse à l’Assemblée nationale.
 
Photo: Capture d'écranViolette Trépanier
Le ministre s’était fait interpeller quelques minutes plus tôt sur la une du Journal de Montréal et du Journal de Québec sur laquelle apparaissait une photo de l’ancienne directrice du financement du PLQ, Violette Trépanier, assortie du titre « Les secrets de Violette » en gros caractères.
 
M. Moreau a reproché au bureau d’enquête de Québecor média d’avoir conclu de façon prématurée que Mme Trépanier « n’a pas dit toute la vérité » lors de sa comparution à la Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction en juin 2014.
 
À la question du procureur Paul Crépeau « Y a-t-il des gens qui vous ont remis des curriculum vitae lors d’activités de financement [du PLQ] ? », Mme Trépanier avait répondu sous serment : « Dans mes treize ans, c’est peut-être arrivé cinq, six fois, et c’était toujours des postes non rémunérés. » Elle a aussi nié avoir promu la candidature de donateurs ou de membres du PLQ à des postes d’administrateurs d’organismes publics.
 
Après avoir passé au crible des courriels signés par Mme Trépanier, Le Journal soutient qu’elle a obtenu au moins seize CV de personnes désireuses de siéger à des conseils d’administration, et ce, seulement en 2007-2008.
 
L’ex-ministre déléguée à la Condition féminine « aidait des donateurs libéraux à se rapprocher du pouvoir », suggère Le Journal dans sa dernière livraison.
 
M. Moreau s’est désolé de voir la presse « tirer des conclusions de renseignements qui sont essentiellement parcellaires ». « En médecine, je pense qu’on appelle ça de l’acharnement thérapeutique, c’est-à-dire qu’on beurre épais pas mal », a-t-il déclaré, jetant le doute sur les motivations profondes de membres de l’équipe de reporters de Québecor. « Il y a un dessein, dont on commence à cerner les contours », a-t-il spécifié.
 
Les « enquêtes » devraient être la chasse gardée de la police, a aussi soutenu Pierre Moreau mercredi. Contrairement aux journalistes, les policiers ont, « eux », « la fonction d’aller au fond des choses ». « Chacun son métier, les vaches seront bien gardées. »
 
Par ailleurs, le ministre a parlé de supposées dissensions au sein du bureau d’enquête de Québecor média. « Privément, je reçois des messages de gens qui sont désolés. Eh bien, les personnes désolées et moi, privément, on sait qu’elles sont désolées, mais publiquement elles ont fait un grand spectacle pendant des heures qui n’allait pas dans le sens du fait qu’elles étaient désolées », a-t-il lancé à la presse. Il faisait alors allusion à un reportage diffusé la semaine passée le dépeignant comme le complice de Schokbeton et de Violette Trépanier. TVA Nouvelles n’avait pas ses explications dans la première version de son reportage, selon lui.
 
Le chef du bureau d’enquête au Parlement, Antoine Robitaille, a préféré ne pas commenter. Autrement, « ça détourne[rait] l’attention des reportages » de Québecor média.
 
La Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) a également réservé ses commentaires.
La liberté d’expression ne permet pas de dire tout ce qui nous passe par la tête. La liberté de la presse, ce n’est pas de bâcler son travail.
Pierre Moreau, en marge de la Journée mondiale de la liberté de la presse
Climat de suspicion
 
Plusieurs libéraux ont été piqués au vif par des gazouillis du président et chef de la direction de Québecor, Pierre Karl Péladeau — l’ex-chef péquiste soulignait le travail « essentiel » du bureau d’enquête —, et sa tournée des locaux de Québecor à la Tribune de la presse il y a une semaine.
 
Pourtant, ils avaient souhaité la meilleure des chances à l’homme d’affaires lorsque celui-ci a repris les commandes de Québecor en février dernier. « Il n’est plus en politique, alors M. Péladeau a le droit de faire ce qu’il souhaite de sa vie. Puis, je pense que c’est un homme d’affaires qui est très intégré à Québecor », avait déclaré M. Moreau.

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samedi, mars 18, 2017

SONDAGE Québec solidaire gruge des appuis au Parti québécois

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18 mars 2017 |Stéphane Baillargeon | Québec
Gabriel Nadeau-Dubois
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir
Gabriel Nadeau-Dubois

À gauche, il était attendu un peu comme le messie, et le miracle semble se produire.

L’entrée en scène politique pour Québec solidaire de l’ex-leader étudiant Gabriel Nadeau-Dubois se mesure concrètement par une hausse spectaculaire des intentions de vote pour cette formation.

QS passe à 14 % des voix possibles dans tout le Québec, selon un sondage réalisé pour Le Devoir par la firme Léger. Il s’agit d’un bond de cinq points depuis janvier. Aux élections de 2012, QS a fait le plein de 8 % des suffrages exprimés.

La progression se fait au détriment du PQ, qui recule de 4 parts, de 29 % à 25 %. Les libéraux trônent encore en tête à 34 % (+2) des intentions de vote. La CAQ est à 23 % (+1).

Le buzz solidaire s’arrime à plusieurs semaines de visibilité accrue et positive pour QS. Par exemple avec la couverture du retrait de la vie politique de Françoise David, députée de Gouin, que M. Nadeau-Dubois veut maintenant remplacer à l’Assemblée nationale. La cofondatrice de QS est une figure politique très respectée du Québec, y compris par ses adversaires.

La lutte menée par l’autre députée de QS Manon Massé pour éviter l’élimination de la carte électorale de sa circonscription montréalaise de Sainte-Marie–Saint-Jacques a aussi été très relayée médiatiquement. La question du sondage sur les intentions de vote parlait d’ailleurs de « Québec solidaire de Manon Massé », puisqu’elle en est la porte-parole par intérim.
  
Les réponses favorables au parti de gauche ont donc augmenté de 55 % en quelques semaines. La formation bondit aussi pour la première fois au-dessus du seuil des 10 % dans toutes les régions du Québec. Six points seulement séparent maintenant le PQ (22 %) et QS (16 %) dans la région de Montréal.

« Les libéraux attirent entre 31 et 35 % des intentions de vote dans les sondages depuis presque deux ans, fait observer Christian Bourque, vice-président directeur de Léger. Dans les faits, leur avance est plus significative, puisque le PQ, la deuxième formation, recule de quatre points. On peut aussi penser que les votes gagnés par QS viennent du PQ. Il semble y avoir un vase communicant entre les deux formations. »

Tous des traîtres

Gabriel Nadeau-Dubois, souvent surnommé GND, a annoncé le jeudi 9 mars qu’il briguera l’investiture pour QS dans la circonscription de Gouin, laissée libre par la retraite de Françoise David. En seulement cinq jours de politique active, la jeune recrue de 26 ans a aussi permis à QS de recruter plus de 4000 nouveaux membres, ce qui correspond à une augmentation de 40 % de ses effectifs.

Le sondage révèle par contre que la figure réputée la plus radicale du Printemps érable de 2012 divise toujours la population. Le quart (23 %) des Québécois a de lui une opinion « plutôt favorable », mais une personne sur trois (33 %) dit le contraire. Un peu plus (37 %) disent ne pas assez le connaître pour se prononcer.

À la conférence de presse annonçant sa candidature, M. Nadeau-Dubois avait accusé la classe politique qui gouverne depuis trente ans d’avoir « trahi le Québec ». La formule a scandalisé d’anciens politiciens, dont l’ex-premier ministre Bernard Landry. Elle a tout de même fait mouche auprès d’une majorité de Québécois, selon le sondage.

Au total, 50 % des répondants se disent d’accord avec l’énoncé suivant : « Il faut sortir la classe politique qui nous gouverne depuis 30 ans, car elle a trahi le Québec. » Les trois quarts (74 %) des partisans de QS l’appuient, trois caquistes sur cinq (60 %), mais aussi 56 % des péquistes. Par contre, seul le quart (26 %) des libéraux se disent tout à fait (6 %) ou plutôt d’accord (20 %) avec la formule lapidaire.

Voici d’autres révélations du coup de sonde national :

Insatisfaction. Le pourcentage des électeurs insatisfaits du gouvernement Couillard grimpe encore, passant de 62 à 65 % en trois mois. Au total, 71 % des francophones se déclarent « très » ou « plutôt insatisfaits », et seulement 3 % d’entre eux se disent « très satisfaits ».

Changement. En plus, deux électeurs sur trois (63 %) souhaitent un changement de gouvernement aux prochaines élections et une personne sur cinq (20 %) pense le contraire. Plus d’un jeune sur quatre (28 %) ne sait pas quoi répondre devant cette alternative. Le PLQ au pouvoir n’est perçu comme la formation incarnant le changement que par 2 % de la population. Les trois autres partis (PQ, CAQ et QS) sont à égalité de ce point de vue avec environ le quart des voix favorables. « Une volonté de changement se manifeste, mais aucune formation n’incarne clairement ce changement », résume le vice-président Christian Bourque. « Il y a une division des voix, encore plus grande maintenant avec la montée de QS. »

Leaders. Qui ferait le meilleur premier ministre du Québec ? Les chefs des trois partis restent à peu près à égalité (selon la marge d’erreur) dans la perception populaire avec des scores de 18 % (Couillard), 17 % (Lisée) et 14 % (Legault). Manon Massé reçoit 7 % des appuis.

Indépendance. Le Non l’emporterait à 64 % à un référendum sur la souveraineté. Les francophones sont contre la sécession à 56 %. Les 45-54 ans (69 %) et les 18-24 ans (66 %) constituent les groupes d’âge les plus opposés à l’option.

Alliance. Les trois quarts (73 %) des péquistes et moins de la moitié (43 %) des solidaires souhaitent que les deux partis forment une alliance électorale. C’est un peu déjà le cas dans la circonscription de Gouin, où le PQ n’opposera aucun candidat à Gabriel Nadeau-Dubois, ce qui pourrait lui faciliter le chemin vers l’Assemblée nationale à l’élection partielle, pour laquelle aucune date n’est encore fixée.

jeudi, février 23, 2017

Sonia LeBel passe à la CAQ

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22 février 2017 |La Presse canadienne | Québec
Photo: Graham Hughes La Presse canadienneSonia Lebel

L’ancienne procureure en chef de la commission Charbonneau, Sonia LeBel, a confirmé mardi qu’elle devenait directrice adjointe du cabinet de François Legault, de la Coalition avenir Québec (CAQ), affirmant qu’elle voulait ainsi empêcher que les travaux de la commission tombent dans l’oubli. Ni elle ni M. Legault n’ont exclu qu’elle devienne éventuellement candidate de la CAQ en vue des prochaines élections, en 2018. Mme LeBel, qui a aussi été pendant 25 ans procureure de la Couronne, entend s’intéresser entre autres à la question du financement de la CAQ et du financement des partis politiques de façon plus large. Elle a aussi précisé qu’à titre de procureure travaillant pour la commission, elle était liée par le secret professionnel, donc qu’elle ne pourrait se servir d’informations qu’elle aurait reçues pour aider politiquement la CAQ.

lundi, janvier 23, 2017

CAQ: Claude Surprenant a octroyé un contrat à sa femme

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Le chef François Legault excuse les «erreurs de bonne foi» du député

23 janvier 2017 17h46 | Marco Bélair-Cirino à Saint-Jean-sur-Richelieu
Le chef caquiste, François Legault
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne
Le chef caquiste, François Legault
Sous pression, l’élu caquiste Claude Surprenant a admis lundi après-midi avoir octroyé, avec l’aval de l’Assemblée nationale, un contrat de 700 dollars à sa conjointe, architecte, afin de « dessiner les plans » de son bureau de circonscription au lendemain de sa victoire électorale, en avril 2014.
 
« Il s’agissait d’une dépense autorisée en toute connaissance de cause par l’Assemblée nationale. J’ai été transparent », a-t-il déclaré en marge du caucus présessionnel de la Coalition avenir Québec, à Saint-Jean-sur-Richelieu, lundi. « Il est vrai que ce n’est pas l’idéal en matière de perception et que ça envoie un mauvais signal. Et je ne ferai donc pas les choses de cette manière dorénavant », a-t-il ajouté du tac au tac.

Le député de Groulx était déjà dans le collimateur des autres partis politiques à l’Assemblée nationale pour avoir réclamé le remboursement de frais de déplacement totalisant près de 500$ au moyen de faux documents.
 
«Allégations» de Julie Nadeau
 
M. Surpenant avait convoqué les médias lundi après-midi afin de « défendre [sa] réputation » minée, a-t-il dit, par une série d’« allégations » faites par une ex-employée de son bureau de circonscription, Julie Nadeau. « Je ne voudrais pas que ça atteigne mes collègues », a-t-il fait valoir.
 
L’état-major de la CAQ l’avait envoyé au front durant une quinzaine de minutes après avoir été avisé de la diffusion prochaine, par un chroniqueur de Cogeco, de nouvelles informations sur des accrocs à des principes éthiques commis par M. Surprenant.

Le député de Groulx accuse à demi-mot Mme Nadeau de miner sa réputation à coups d’« allégations » dans les médias, et ce, à des fins pécuniaires.

Mme Nadeau doit, selon la CAQ, la rondelette somme de 9500$ à M. Surprenant. Entre avril 2014 et novembre 2015, l’ex-attachée politique aurait détourné ce montant grâce à 21 chèques en blanc laissés par M. Surprenant pour payer des factures de produits et de services achetés par son bureau de circonscription.

« On a affaire ici à une dame qui cherche par tous les moyens de mal me faire paraître. […] J’ai entendu qu’elle voulait négocier une indemnité de départ », a mentionné M. Surprenant.

L’élu caquiste a toutefois reconnu avoir « erré » en signant d’avance des chèques. « J’ai voulu être efficace. J’en conviens qu’en tant que gestionnaire, c’est loin de la meilleure des choses à faire », a-t-il dit tout en rappelant avoir agi de la sorte notamment parce que Mme Nadeau était diplômée en droit. « J’ai erré, j’en conviens. […] Le montant d’environ 9500$ qui est disparu, je l’assume entièrement. »

M. Surprenant s’est fait durement égratigner par la Société juricomptable, qui a été mandatée par la CAQ en 2016 afin de faire la lumière sur des irrégularités alléguées dans la gestion de la « petite caisse » du bureau de comté de Groulx, pour avoir signé des chèques en blanc.

« Une telle pratique est directement contraire aux principes de base des processus de contrôle et, par conséquent, ne sert ni le bien-être du bureau de comté ni l’intérêt public », soutient-elle dans un document de 95 pages.

Legault: un «dossier clos»
 
Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, excuse les fautes de M. Surprenant. « Il n’est pas question de l’exclure [du caucus]. Il a fait quelques erreurs de bonne foi. Il les a reconnues. Il les a corrigées. Pour moi, le dossier est clos », a-t-il déclaré en début de journée.

M. Surprenant a notamment réclamé des frais de déplacement de 487$ pour se rendre à deux reprises sur la colline parlementaire à partir de sa circonscription, sise au nord de l’île de Montréal, même s’il avait effectué les deux fois le trajet à bord du véhicule d’un confrère de travail. Il a remboursé en entier ce montant en octobre dernier.

« J’ai voulu compenser des frais de déplacement pour lesquels je n’avais pas réclamé de remboursement à deux reprises entre Montréal et Québec. C’était une erreur, je le reconnais », a dit M. Surprenant en milieu de journée.

En matinée, le whip du gouvernement libéral, Stéphane Billette, invitait le commissaire à l’éthique et à la déontologie, Jacques Saint-Laurent, à faire enquête sur l’« affaire Surprenant ». Pendant ce temps, M. Surprenant devrait être exclu du caucus de la CAQ, avait-il fait valoir.

M. Legault s’est dit favorable à une enquête sur les « petits montants » réclamés par M. Surprenant, mais seulement si M. Saint-Laurent passe également au crible les rapports de dépenses remplis par tous les autres élus de l’Assemblée nationale depuis les dernières élections générales.

« Si j’étais libéral, aujourd’hui, je me garderais une petite gêne, parce que quand on compare ce qui a été fait par Claude Surprenant par rapport à ce qu’on a déjà vu chez les libéraux, je me garderais une petite gêne », a-t-il affirmé en point de presse.
 
« Petit scandale »
 
La députée de Repentigny, Lise Lavallée, a reproché au Parti libéral du Québec d’avoir pour sa part fait des accrocs majeurs aux règles. « M. Billette, il va falloir qu’il regarde de son côté. En matière de scandales, il y en a pas mal plus que notre petit scandale. […] Il n’a pas de leçon à nous donner », a-t-elle laissé tomber dans un impromptu de presse.

jeudi, septembre 08, 2016

L’éthique libérale mise à mal

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Anglade fait volte-face et renonce à engager le transfuge caquiste


8 septembre 2016 | Robert Dutrisac à Gatineau | Québec
La ministre Dominique Anglade
La ministre Dominique AngladePhoto: Jacques Boissinot La Presse canadienne
Après que le premier ministre Philippe Couillard et la ministre Dominique Anglade eurent défendu l’embauche d’un transfuge caquiste ayant emporté avec lui des documents confidentiels de son ancien parti, le gouvernement a fait volte-face, plaçant finalement la probité au-dessus de l’adhésion au Parti libéral du Québec.

En marge du caucus présessionnel des députés libéraux, la ministre de l’Économie, de la Science et l’Innovation avait dans un premier temps, en début d’après-midi, confirmé son intention d’embaucher dans son cabinet Frédéric Schautaud, un ancien recherchiste pour l’aile parlementaire de la Coalition avenir Québec, même s’il avait subtilisé des documents confidentiels de son ancien employeur.

« C’est un geste qui est inapproprié, c’est un geste qui témoigne d’un manque de jugement », avait reconnu alors Dominique Anglade. « Je ne pense pas que ça le disqualifie », avait avancé la ministre qui s’apprêtait à négocier les conditions d’embauche de ce jeune conseiller économique.

Mis en demeure pour une action « inappropriée »

Dans une lettre distribuée aux journalistes par le cabinet du premier ministre en réponse à une mise en demeure que lui avaient envoyée mardi les avocats de la CAQ, Frédéric Schautaud admet qu’il s’agit « d’une action inappropriée ». Il confirme que cette initiative était « strictement personnelle » et s’engage à ne faire aucune copie supplémentaire des documents. Il déclare qu’il n’a transmis aucun document et certifie la destruction de l’ensemble des documents et informations. Ce mea culpa satisfaisait la ministre.

Mais voilà qu’en fin d’après-midi, une heure après une conférence de presse où Philippe Couillard s’est évertué à minimiser la faute commise par la nouvelle recrue, Dominique Anglade est revenue devant la presse avec un point de vue qui n’était plus du tout le même. Précisant qu’elle s’était entretenue 45 minutes avec le candidat, elle a annoncé qu’elle renonçait à l’embaucher. « J’ai constaté, je dirais, peut-être une sous-estimation [de sa part]de la gravité des gestes qui sont posés », a-t-elle avancé.

« Dans les circonstances, la chose la plus importante, c’est quoi : c’est de garantir que le public a confiance dans ses institutions, et il faut qu’on ait une probité haute pour le bien-être de nos institutions », a-t-elle poursuivi.

Manque de jugement

Pourtant, une heure auparavant, Philippe Couillard avait défendu la nouvelle prise libérale, refusant d’employer les mots « voler » ou « subtiliser » pour parler des fautes que la CAQ reproche à son ancien recherchiste. « Les mots que vous employez sont très forts, a-t-il répondu à un journaliste. Moi, je préfère me concentrer sur le fait qu’il a reconnu que ses actions n’étaient pas appropriées, qu’il a indiqué ne pas avoir partagé l’information. »

Son manque de jugement est compensé par son adhésion au PLQ, a soutenu Philippe Couillard. « Le jugement peut s’appliquer également dans le choix qu’une personne fait d’adhérer à une organisation qui correspond mieux à ses valeurs, a-t-il fait valoir. On est un parti de ralliement. Les gens se rallient à nous de plus en plus. »

« Compte tenu de son désir de participer au programme du gouvernement qui est dans l’intérêt du Québec, on va poursuivre le processus [d’embauche] », a dit le premier ministre.

Dans la mise en demeure, le cabinet d’avocats LCM, qui représente la CAQ, a exigé de l’ex-recherchiste caquiste de lui fournir une déclaration assermentée contenant, notamment, la liste de tous les documents qu’il s’est appropriés et le nom des personnes auxquelles il a transmis ces documents. Les avocats l’ont sommé de détruire l’ensemble des documents.

« Parmi ces documents et informations confidentiels se trouvent des renseignements de nature hautement stratégique et sensible », écrivent les avocats dans la mise en demeure. Il s’agit, selon eux, d’« une violation des plus graves de votre obligation de confidentialité et de loyauté envers la CAQ ».

Défendre l’indéfendable

Tant Philippe Couillard que Dominique Anglade ont donné l’assurance qu’ils n’avaient pas pris connaissance d’aucun de ces documents. « Qu’on ait ou non ces documents, ça ne changera pas notre action gouvernementale », a dit le premier ministre.

À la CAQ, on a indiqué qu’on attendait toujours une déclaration assermentée de Frédéric Schautaud et que LCM avait reçu sa lettre non assermentée après que le cabinet du premier ministre l’eut distribuée aux journalistes. « M. Couillard a démontré lui-même son manque de jugement », a affirmé le porte-parole caquiste en matière de justice, Simon Jolin-Barrette. « Et Mme Anglade et M. Couillard, dans la journée, ont défendu l’indéfendable. Ç’a démontré encore une fois que l’éthique de M. Couillard et de son gouvernement est élastique. »

samedi, avril 02, 2016

Sam Hamad: l'opposition accentue la pression sur Couillard

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Publié par La Presse Canadienne le vendredi 01 avril 2016 à 16h33. Modifié par 98,5 fm le samedi 02 avril 2016
Sam Hamad: l'opposition accentue la pression sur Couillard
Photo: PC
QUÉBEC - La pression s'accentue sur le premier ministre Philippe Couillard pour qu'il chasse le ministre Sam Hamad de son cabinet, à la suite des révélations de l'émission «Enquête».
Selon l'opposition officielle et caquiste, les allégations de trafic d'influence contenues dans le reportage diffusé jeudi sont extrêmement graves, au point de rendre M. Hamad désormais indigne de siéger au conseil des ministres et de participer au caucus libéral.

Les deux partis se sont adressés vendredi au Commissaire à l'éthique pour réclamer une enquête sur le rôle joué par M. Hamad et l'ex-ministre et ancien collecteur de fonds libéral Marc-Yvan Côté dans l'octroi d'une subvention à une entreprise de Rivière-du-Loup, Premier Tech.

Le Commissaire à l'éthique et à la déontologie a annoncé, vendredi, qu'il ferait enquête à la suite des demandes de l'opposition, en vertu du Code d'éthique et de déontologie des membres de l'Assemblée nationale.

Le commissaire procédera à une enquête à huis clos, et s'il en vient à la conclusion qu'un ?manquement? a été commis, il remettra sans délai un rapport d'enquête, énonçant les motifs à l'appui de ses conclusions et de ses recommandations, au président de l'Assemblée nationale, au député visé par l'enquête et au chef parlementaire du parti reconnu auquel appartient le député.

Le président de l'Assemblée nationale doit alors déposer le rapport d'enquête du commissaire devant l'Assemblée nationale.

Selon le communiqué du commissaire, l'opposition officielle et caquiste a demandé la tenue d'une enquête «concernant un manquement que pourrait avoir commis le président du Conseil du trésor et député de Louis-Hébert dans l'octroi de subventions et de prêts».

L'opposition péquiste demande de plus à l'Unité permanente anticorruption (UPAC) de mener sa propre enquête pour faire la lumière sur la série de courriels à l'origine du reportage, courriels échangés entre la direction de Premier Tech, M. Côté et un adjoint de M. Hamad, relativement à la demande de subvention.

En mai 2012, alors que M. Hamad était ministre du Développement économique, Premier Tech a reçu un prêt de 11 millions $ d'Investissement Québec et une subvention de 8 millions $ de son ministère.

Or, l'échange de courriels laisse croire que les montants de la subvention de 8 millions $ et du prêt de 11 millions $ dépassent ceux qui avaient été prévus initialement par les fonctionnaires.

«C'est ça qui ressemble à du trafic d'influence», a commenté en point de presse vendredi le député péquiste Bernard Drainville, qui conclut que l'aide financière gouvernementale a été bonifiée grâce aux pressions exercées par M. Côté, qui a été arrêté le 17 mars et accusé de corruption et de fraude dans le financement du Parti libéral du Québec.

Le reportage laisse notamment entendre que M. Côté, qui était administrateur chez Premier Tech, avait un accès privilégié auprès de M. Hamad pour promouvoir son dossier, sans être inscrit au registre des lobbyistes.

Lors de plusieurs entrevues, M. Hamad a cherché à minimiser les faits vendredi, qualifiant le reportage de «pétard mouillé» constitué «d'insinuations, d'amalgames et de raccourcis». Il n'est donc pas question qu'il démissionne.

M. Hamad a cependant joint sa voix aux partis d'opposition et a expédié lui aussi une lettre au Commissaire à l'éthique pour lui demander de vérifier les allégations véhiculées dans le reportage de Radio-Canada.

Quant à lui, le premier ministre Couillard n'a pas encore réagi au reportage.

Selon Bernard Drainville, M. Hamad n'a plus aucune crédibilité, d'autant plus qu'il est responsable de l'administration des fonds publics en tant que président du Conseil du trésor et qu'il est aussi responsable de la mise en oeuvre des recommandations de la Commission Charbonneau sur les liens entre le financement politique et les contrats octroyés par le gouvernement.

Les courriels rendus publics dans le reportage d'Enquête révèlent aussi que M. Côté, tout en faisant pression sur M. Hamad pour obtenir la subvention à Premier Tech, s'assurait que la direction de l'entreprise participe aux cocktails de financement de M. Hamad, grâce à une «contribution significative».

Dans ce contexte, M. Hamad «devrait se retirer du conseil des ministres et du caucus, et s'il ne le fait pas c'est le premier ministre Couillard qui devrait lui demander de se retirer», selon M. Drainville.

«Il ne peut pas rester ministre», selon lui.

M. Drainville rappelle également que Marc-Yvan Côté avait été expulsé du Parti libéral du Canada en 2005, pour ses pratiques de collecte de fonds répréhensibles. «Mais pour le Parti libéral du Québec et pour Sam Hamad, Marc-Yvan Côté demeure un personnage fréquentable et fréquenté», ajoute M. Drainville, qui se questionne «sur le sens de l'éthique et de l'intégrité du Parti libéral du Québec et de Sam Hamad».

De son côté, le député caquiste Éric Caire reproche trois choses à M. Hamad: bris de confidentialité du conseil des ministres, infraction à la loi sur le lobbyisme et infraction au code d'éthique des parlementaires.

«Il y aura pour les prochaines 24 heures un test de leadership extrêmement important» pour le premier ministre Couillard, qui doit exclure M. Hamad du conseil des ministres, a soutenu M. Caire en point de presse.

C'est la crédibilité de tout le gouvernement qui est en jeu, selon lui.

mercredi, mars 30, 2016

La CAQ constate une «explosion de coûts» dans les infrastructures routières

http://www.ledevoir.com/politique/

30 mars 2016 |Marco Bélair-Cirino | Québec
Le ministère des Transports s’est résigné à l’idée de 265 millions de dollars de plus pour 15 projets.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir
Le ministère des Transports s’est résigné à l’idée de 265 millions de dollars de plus pour 15 projets.
La Coalition avenir Québec dénonce une « explosion » des coûts de projets routiers. Le ministère des Transports s’est résigné à l’idée de 265 millions de dollars de plus pour 15 projets, ont déploré les élus Éric Caire et Claude Surprenant après avoir comparé les deux dernières versions du Plan québécois des infrastructures (PQI).
 
« Comment peut-on avoir des dépassements de coûts aussi faramineux dans un laps de temps aussi court ? On pose cette question-là au gouvernement : comment peut-on s’être trompés autant en si peu de temps ? » ont-ils demandé lors d’une conférence de presse mardi.
 
À la lecture des PQI 2015-2025 et 2016-2026, ils ont notamment constaté que le coût anticipé du maintien de l’échangeur Saint-Pierre est passé de 96,3 à 131,8 millions (+36,86 % ou 35,5 millions) et celui des tunnels Ville-Marie et Viger a bondi de 93,5 à 117,8 millions (+26 % ou 24,3 millions). « C’est la pointe de l’iceberg », a fait valoir M. Caire, déplorant du même souffle l’absence dans le PQI de la liste des projets de 50 millions de dollars et moins. Ces derniers, qui ne sont pas détaillés, totalisent 9 milliards de dollars. « C’est 9 milliards de projets qui sont perdus dans le Triangle des Bermudes libéral, et donc sur lesquels on est incapables d’avoir quelque contrôle que ce soit. »
 
La CAQ ne remet toutefois pas en question l’attribution des contrats eux-mêmes puisqu’elle ne dispose pas de preuve qu’il y aurait eu des irrégularités.