Information sur la politique 1

samedi, juin 25, 2016

Shaq, envoyé spécial des États-Unis à Cuba

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PUBLIÉ LE VENDREDI 24 JUIN 2016 À 21 H 26
Shaquille O'Neal lors de l'annonce de son intronisation au temple de la renommée.
Shaquille O'Neal lors de l'annonce de son intronisation au temple de la renommée.
  
PHOTO : JENNIFER POTTHEISER/NBAE

Avec ses 2,16 m, l'ex-basketteur Shaquille O'Neal devient un autre « grand » symbole du rapprochement entre Washington et La Havane. Le département d'État américain a annoncé vendredi que l'ancien joueur de la NBA sera son envoyé pour les sports à Cuba du 25 au 28 juin.
Il dirigera des camps de perfectionnement en basketball pour les jeunes et démontrera « comment les sports peuvent aider à développer des habiletés en éducation, en leadership et en travail d'équipe ».
O'Neal sera le premier envoyé du genre et sera accompagné de l'entraîneur adjoint des Mavericks de Dallas, Kaleb Canales.
Connu pour son gabarit imposant et ses déclarations mémorables (baptisées des Shaqismes), « Shaq » a joué durant 19 saisons dans la NBA. Il a remporté le championnat quatre fois, a pris part à 15 matchs des étoiles et a été nommé une fois joueur le plus utile de la saison régulière et trois fois joueur le plus utile des éliminatoires. La NBA l'a intronisé au temple de la renommée en avril dernier.
Le Département d'État souhaite « capitaliser sur l'impulsion donnée » par la visite historique du président Barack Obama à Cuba en mars dernier. Il s'agissait alors de la première visite d'un président américain sur l'île communiste en 88 ans.
Les relations cubano-américaines se réchauffent grandement grâce à un accord annoncé fin 2014. Depuis cette date, les deux pays ont rétabli leurs relations diplomatiques et rouvert leurs ambassades respectives. 
Washington a aussi assoupli son embargo imposé en 1962, en allégeant les restrictions de voyage entre les deux pays, en autorisant des liaisons aériennes commerciales régulières, en ouvrant la voie à l'arrivée d'athlètes cubains dans des circuits sportifs professionnels et en autorisant l'implantation d'une chaîne hôtelière américaine sur l'île.

Un rejet de la campagne de peur, dit Aussant

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25 juin 2016 |Guillaume Bourgault-Côté | Québec
Jean-Martin Aussant
Photo: Jacques Nadeau Le DevoirJean-Martin Aussant
Le triomphe du Brexit est aussi celui du rejet d’une campagne de peur sur le plan économique, estime Jean-Martin Aussant. L’ancien député a salué vendredi la décision des Britanniques et s’est dit peu inquiet pour l’avenir du pays.

« Les Britanniques ont fait preuve de beaucoup de courage en refusant de se laisser influencer par les peurs économiques, soutient M. Aussant, qui a travaillé dans la capitale anglaise pour Morgan Stanley Capital International de 2003 à 2005 et de 2013 à 2015. Je trouve ça admirable, parce que les gens cèdent souvent à ce genre de menaces. »

Cela dit, l’ex-chef d’Option nationale n’a pas trouvé la campagne référendaire particulièrement réjouissante : à une campagne de peur liée à l’argent, les promoteurs du Brexit ont répliqué avec une campagne de peur de l’immigration, note-t-il. « Les deux camps ont joué sur la peur, et personne n’a proposé un réel projet de société. »

Malgré la forte réaction des marchés financiers au vote historique de jeudi, Jean-Martin Aussant n’entrevoit pas de lendemains trop difficiles pour le Royaume-Uni… du moins sur le plan économique.

« C’est sûr qu’il y a certains avantages à être dans l’Union européenne [UE]dit-il. Mais en sortir ne sonne pas du tout le glas de l’économie britannique. Le Canada et les États-Unis sont souverains, mais ont probablement les économies les plus intégrées dans le monde. Il n’y a pas besoin d’être dans un marché unique, avec une monnaie unique et un Parlement unique pour ça. »

Il rappelle que la « Grande-Bretagne est la deuxième puissance économique de la zone, après l’Allemagne, et qu’elle importe plus de biens qu’elle en exporte avec l’UE. Mais elle est surtout le géant incontesté sur le plan financier. L’UE n’aura pas le choix de composer avec ce joueur-là, même si on sent de la frustration après le vote ».

Québec et Écosse

M. Aussant voit peu de liens à faire entre la décision des Britanniques et un possible impact pour la souveraineté au Québec. Mais il s’attend comme plusieurs à ce que le résultat relance le projet indépendantiste écossais.

« Un des arguments [du premier ministre britannique] David Cameron en 2014 était de dire aux Écossais qu’ils devaient voter non à l’indépendance s’ils souhaitaient demeurer dans l’UE. Jeudi, 62 % des Écossais ont voté pour le maintien du Royaume-Uni au sein de l’Union européenne. » Façon de dire qu’une raison de voter non il y a deux ans en serait désormais une de voter le contraire dans un autre référendum…

Les souverainistes revigorés

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Le PQ applaudit la décision d’Ottawa de reconnaître la victoire de 51,9 % des Britanniques

25 juin 2016 |Marco Bélair-Cirino | Québec
Les Britanniques ont choisi de quitter l’UE, un désaveu cinglant pour la construction européenne qui a plongé les marchés mondiaux dans la tourmente et coûté son poste au premier ministre conservateur David Cameron, alors qu’il avait fait campagne pour le maintien de son pays dans l’UE.
Photo: Leon Neal Agence France-Presse
Les Britanniques ont choisi de quitter l’UE, un désaveu cinglant pour la construction européenne qui a plongé les marchés mondiaux dans la tourmente et coûté son poste au premier ministre conservateur David Cameron, alors qu’il avait fait campagne pour le maintien de son pays dans l’UE.

La victoire du Brexit constitue une nouvelle démonstration de la forte volatilité de l’opinion publique, souligne Alexandre Cloutier, tout en s’accrochant à l’espoir de voir naître le « pays du Québec ».

« Qui aurait prédit les résultats de ce référendum du côté britannique il y a à peine un an ? Qui aurait prédit que la nation écossaise aurait connu une telle progression [du nombre d’] indépendantistes au cours de la campagne référendaire ? Ce que je sais, c’est que la politique, ça change très rapidement », a-t-il insisté en marge des festivités de la fête nationale, à Montréal. « Avant de prendre des engagements trop fermes, il faut rester à l’écoute de ce qui se passe à la fois sur la scène nationale et sur la scène internationale », a-t-il poursuivi dans un clin d’oeil à son refus de promettre, à ce moment-ci, la tenue ou l’absence d’un référendum sur l’indépendance du Québec dans un premier mandat du PQ au pouvoir.

Le candidat à la direction du PQ a applaudi la décision du premier ministre canadien Justin Trudeau de reconnaître sans tarder l’éclatement de l’Union européenne des 28 après l’annonce de l’appui de 51,9 % des électeurs britanniques au Leave. « Il a souhaité une transition dans l’harmonie. On est du même avis », a déclaré M. Cloutier, insistant sur la nécessité pour la classe politique canadienne de reconnaître « la seule règle applicable », soit celle du « 50 % plus un ».

Les propos de M. Trudeau seront « notés au procès verbal de l’histoire », a souligné un autre prétendant au poste de chef du PQ, Paul Saint-Pierre Plamondon. « J’espère que monsieur Dion va prendre acte du fait que pour le premier ministre britannique, 51,9 %, “c’est clair” », a ajouté le professeur de droit Daniel Turp.

Le député de Rosemont, Jean-François Lisée, a aussi salué la « beauté de la démocratie » en Grande-Bretagne, qui est le siège de la mère des Parlements. « Si ç’avait été, disons, Jean Chrétien ou Stéphane Dion, ils auraient dit : “C’est juste un sondage. On va regarder ça. La majorité n’est pas assez forte. La participation n’est pas assez forte.” Tous les arguments que les Trudeauistes ont utilisés ici sont renversés par la réalité britannique, les inventeurs du parlementarisme britannique », s’est-il réjoui.

Échec du multiculturalisme

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, s’est dit heureux de voir M. Trudeau« confirmer » que 50 % de la population plus une personne peut « décider de l’avenir de la société ». « Ça m’a fait un peu sourire, mais en même temps, je suis content de voir que Justin Trudeau reconnaît un résultat serré : 51-52 % », a-t-il affirmé.

Par ailleurs, M. Legault a invité le chef du gouvernement québécois Philippe Couillard à tirer une « leçon » de la victoire du Brexit, qui est en partie attribuable à l’échec du multiculturalisme au Royaume-Uni. « On a besoin au Québec de se demander comment on peut mieux intégrer les immigrants, parce que, qu’on le veuille ou non, sans être racistes,[…] il y a des Québécois qui sont inquiets de l’immigration de 50 000 immigrants par année », a-t-il souligné dans un échange avec Le Devoir.

En mars, M. Couillard s’était dit favorable à l’accueil de 60 000 immigrants par année, soit 10 000 de plus. Devant la controverse, il a par la suite abaissé le seuil d’immigration à 51 000 pour les années 2017 et 2018. « On ne doit pas, au minimum, augmenter le seuil. Est-ce qu’on doit le diminuer ? Ça doit être analysé, a-t-il dit. On doit s’assurer que les immigrants qui arrivent au Québec acceptent d’apprendre le français. C’est ça qu’on célèbre aujourd’hui. »

Au Royaume-Uni, le camp du Brexit a notamment été alimenté par la « xénophobie » jusqu’à la victoire, a fait remarquer la coporte-parole de Québec solidaire, Françoise David. « Dans le camp du Brexit, il y a aussi des gens fâchés contre les élites financières. Beaucoup de gens se sentent floués par un pouvoir qui leur apparaît très loin d’eux. Ils ont l’impression qu’ils sont dépossédés, eux, de ce pouvoir. Ça, je le comprends », a-t-elle déclaré.

Appui à géométrie variable au Leave

La députée de Joliette, Véronique Hivon, a dit trouver « très intéressant » l’appui de la nation anglaise au Leave et celui des nations écossaise et irlandaise au Remain du Royaume-Uni dans l’UE. « [Les nations] votent de manière complètement différente quant à un même enjeu parce qu’elles votent conformément à leurs aspirations, à leurs valeurs et leurs intérêts », a-t-elle soutenu.

D’ailleurs, la consultation de jeudi « remet en avant les questions d’indépendance nationale », y compris celle de « la légitimité pour un peuple comme le peuple québécois d’aspirer à sa pleine indépendance », selon elle.

Après avoir rappelé que 100 % des circonscriptions écossaises ont voté pour le maintien dans l’UE, la première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, a rapidement déclaré que « la possibilité d’un second référendum [sur l’indépendance de l’Écosse] doit être sur la table, et elle est sur la table ». Aux yeux du chef intérimaire du PQ, Sylvain Gaudreault, « c’est une démonstration du fait qu’on peut être souverainiste tout en étant pour la libéralisation des marchés ». Cela dit, M. Gaudreault a souhaité un « divorce de velours » au Royaume-Uni et à l’UE.

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Le Brexit pourrait mener à la désintégration du Royaume-Uni

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Publié le 24 juin 2016 à 18h04 | Mis à jour le 24 juin 2016 à 22h36
La décision surprenante des Britanniques de se retirer de l'Union européenne... (Photo AFP)
PHOTO AFP

PAUL KELBIESHAWN POGATCHNIK
Associated Press
ÉDIMBOURG
La décision surprenante des Britanniques de se retirer de l'Union européenne (UE) pourrait éventuellement mener à la désintégration du Royaume-Uni lui-même.
Bien qu'une majorité d'électeurs en Angleterre et au Pays de Galles aient appuyé la campagne pour quitter le groupe de 28 pays, deux autres régions du pays - l'Écosse et l'Irlande du Nord - ont plutôt voté pour rester au sein de l'UE.
Échaudés par les résultats, les dirigeants nationalistes des deux territoires ont déjà affirmé vendredi qu'ils souhaitaient quitter le Royaume-Uni si tel est le prix pour demeurer dans l'UE.
En Écosse, où les dirigeants ont perdu de justesse un référendum sur l'indépendance en 2014, la première ministre semblait la plus résolue à claquer la porte du Royaume-Uni si ses voisins n'arrivent pas à négocier afin de renverser le résultat du vote. La plupart des analystes écartent déjà cette possibilité.
Nicola Sturgeon a déclaré qu'il était «démocratiquement inacceptable» que l'Écosse se sépare de l'UE contre sa volonté.
Plus de 60% des Écossais ont choisi de rester dans l'UE, comparativement à 48% dans le reste du pays. Plusieurs Écossais croient que l'adhésion du Royaume-Uni à l'UE permet d'infuser des idées plus modérées dans le monde politique britannique, traditionnellement dominé par les Anglais, plus nombreux.
Mme Sturgeon a souligné que son gouvernement tenterait premièrement d'aider à conclure une entente entre le gouvernement britannique à Londres et les dirigeants européens à Bruxelles «pour s'assurer de garder notre place dans l'UE et dans le marché commun».
Elle a toutefois reconnu que les chances de succès étaient faibles, ajoutant qu'un deuxième référendum en Écosse était «maintenant hautement probable». Elle a soutenu qu'une telle consultation devrait avoir lieu avant le retrait formel du Royaume-Uni, ce qui pourrait arriver en 2018.
En septembre 2014, 55% des Écossais avaient voté contre l'indépendance de leur région, alors que 45% avaient voté pour. Mais les dirigeants du parti de Mme Sturgeon, le Parti national écossais, prévoient que plusieurs électeurs changeront de camp maintenant que leurs voisins ont tourné le dos à l'UE.
«Les gens en Écosse sont tout simplement abasourdis», a expliqué un député du parti, John Nicolson. Il a rappelé que les trois partis traditionnels à Westminster - les conservateurs, les travaillistes et les libéraux-démocrates - avaient dit il y a deux ans que l'adhésion à l'UE était la seule façon de garder l'Écosse au sein du Royaume-Uni.
«Ils ont clairement induit en erreur les Écossais», a-t-il pesté.
L'Irlande du Nord rappelle ses revendications
Tout juste à côté de l'Écosse, les nationalistes de l'Irlande du Nord ont affirmé que cette décision des Britanniques relançait leur volonté de tenir un référendum pour réunir les deux territoires de l'Irlande 95 ans après leur séparation.
Ils soutiennent qu'un retrait de l'UE forcerait les autorités des deux régions à établir des douanes et des postes de contrôle sur ce qui serait la seule frontière terrestre entre le Royaume-Uni et un autre pays membre de l'UE - la République irlandaise.
Le parti Sinn Féin, qui est au pouvoir depuis neuf ans en Irlande du Nord dans le gouvernement d'unité, estime que les centaines de milliers de citoyens vivant en Irlande du Nord devraient avoir la chance de voter sur leur propre sortie du Royaume-Uni.
À Dublin, le premier ministre irlandais Enda Kenny a convoqué une réunion d'urgence de son cabinet alors que le marché boursier irlandais a subi la pire chute en Europe - le premier partenaire commercial de l'Irlande est le Royaume-Uni.
M. Kenny a affirmé que la priorité de son gouvernement était d'atténuer les dommages causés par les récents événements - et non pas d'ouvrir les blessures du passé.
Le premier ministre et la secrétaire d'État pour l'Irlande du Nord, Theresa Villiers, ont rappelé que le traité de paix de 1998 comprenait une clause pour permettre un vote sur la réunification des deux territoires à la demande populaire. Ils ont toutefois admis que des dizaines d'années de sondages d'opinion et de résultats d'élection démontraient qu'il n'y avait pas d'appétit pour un tel scrutin dans la population.
«Il y a des enjeux beaucoup plus importants à régler à moyen terme. C'est sur cela que nous nous concentrons», a déclaré M. Kenny, citant en exemple la protection des relations commerciales avec le Royaume-Uni.
En Irlande du Nord, les rivalités religieuses ont refait surface lors de la campagne référendaire sur l'adhésion à l'UE. Le Sinn Féin de la minorité catholique dirigeait la campagne pour «rester», alors que le parti appuyé par les protestants a fait la promotion du vote pour «partir».

Le PLQ reste en tête, Hamad et Daoust passent au tordeur

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EXCLUSIF
Publié le 25 juin 2016 à 08h40 | Mis à jour à 08h40
Seulement 11 % des Québécois souhaitent voir Sam Hamad... (Photo Jacques Boissinot, archives La Presse)
PHOTO JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES LA PRESSE
Seulement 11 % des Québécois souhaitent voir Sam Hamad redevenir ministre, selon le plus récent coup de sonde de CROP.

MARTIN CROTEAU
La Presse
(QUÉBEC) Les Québécois sont sans pitié envers l'ex-ministre Sam Hamad et le ministre des Transports, Jacques Daoust. Mais leurs déboires n'ont pas d'impact sur les appuis du Parti libéral du Québec (PLQ), qui sort indemne d'une session parlementaire difficile, révèle un sondage CROP mené pour La Presse.
PAS DE SYMPATHIE POUR HAMAD
Le Commissaire à l'éthique n'a pas blâmé formellement Sam Hamad pour ses échanges avec Marc-Yvan Côté dans le dossier Premier Tech. Mais les Québécois sont beaucoup moins indulgents. Seulement 11 % d'entre eux souhaitent le voir redevenir ministre. Les deux tiers des répondants (67 %) et la moitié des sympathisants libéraux (50 %) s'y opposent. Même dans sa région de Québec, moins du quart des répondants (23 %) souhaitent son retour au cabinet. Selon Youri Rivest, vice-président de CROP, ces chiffres démontrent que les scandales éthiques du gouvernement Charest planent toujours sur celui de Philippe Couillard : « Avec l'histoire de M. Hamad, c'est tout cela qui remonte à la surface. »
DAOUST DANS LA TOURMENTE
Les Québécois sont aussi sévères à l'égard du ministre des Transports, Jacques Daoust. Sa décision de soumettre Uber au système des permis de taxi a provoqué une fronde dans les rangs libéraux. Et sa gestion des possibles malversations dans son ministère a été critiquée par l'opposition. Seulement 15 % des répondants croient qu'il devrait conserver sa limousine contre 57 % qui s'y opposent. Les sympathisants libéraux ne sont guère plus tendres : 50 % d'entre eux veulent son départ. Encore là, observe M. Rivest, l'impopularité du ministre montre à quel point les Québécois sont devenus sensibles aux questions éthiques.

RÉSILIENCE
L'affaire Hamad, l'arrestation de Nathalie Normandeau, les allégations d'irrégularités au ministère des Transports, la controverse sur le pétrole d'Anticosti, rien de cela n'a touché les appuis du gouvernement Couillard. Le PLQ reste en tête des intentions de vote (34 %) tandis que le Parti québécois (PQ), en pleine course à la direction, stagne (25 %). La Coalition avenir Québec (CAQ) n'arrive pas à tirer profit des difficultés de ses adversaires et retourne en troisième place (24 %). Selon Youri Rivest, la résilience du vote libéral est attribuable en grande partie à l'appui indéfectible des non-francophones. Le parti est en effet troisième chez les francophone (24 %), derrière le PQ (30 %) et la CAQ (28 %). Selon lui, la résilience du vote libéral est de bon augure pour les libéraux : « Que leur vote ne se soit pas effondré, ça les place dans une très bonne position. »
LEGAULT, MEILLEUR PREMIER MINISTRE
Consolation pour François Legault, le chef caquiste est toujours perçu comme le meilleur premier ministre. On est loin d'une Legaultmanie : il recueille 22 % des votes, contre 20 % pour Philippe Couillard et 10 % pour le chef par intérim du PQ, Sylvain Gaudreault. N'empêche, c'est une bonne nouvelle pour la CAQ, estime Youri Rivest. « Il n'y a pas un grand champion, mais il reste que M. Legault tire son parti vers le haut », constate-t-il. À l'inverse, il fait remarquer que le chef libéral Philippe Couillard est moins populaire que son parti.
PAS D'ENGOUEMENT POUR L'INDÉPENDANCE
La course à la direction du Parti québécois est loin de provoquer un engouement pour l'indépendance du Québec. Les appuis au Oui s'établissent à 33 % dans le sondage de juin 2016, après répartition des indécis. C'est sept points de moins qu'il y a un an, alors que Pierre Karl Péladeau venait de prendre la barre de la formation politique. « La vraie stabilité, c'est les partisans du Non, constate M. Rivest. Lorsqu'on regarde les derniers mois, on voit qu'il y a, à quelques rares exceptions, autour de 60 % des Québécois qui disent Non. C'est un bloc assez robuste. »
OTTAWA : LA LUNE DE MIEL SE POURSUIT
Au fédéral, la lune de miel se poursuit pour Justin Trudeau, malgré l'adoption pénible du projet de loi C-14 sur l'aide médicale à mourir. Le Parti libéral du Canada recueille 54 % des intentions de vote au Québec, loin devant le Nouveau Parti démocratique (17 %), le Bloc québécois (14 %) et le Parti conservateur (8 %). Youri Rivest souligne que le premier ministre profite à la fois d'un fort taux de satisfaction (67 %) et de la désorganisation des partis de l'opposition, qui se cherchent tous un chef. « C'est comme si M. Trudeau était tout seul sur la patinoire et il compte des buts », illustre-t-il.

Trois militants péquistes reçus par le Front national

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Publié le 25 juin 2016 à 05h00 | Mis à jour à 05h00
Trois militants du Parti québécois (PQ) se sont rendus en France pour présenter... (Photo Reuters)
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Trois militants du Parti québécois (PQ) se sont rendus en France pour présenter un atelier anti-multiculturalisme et « élaborer des stratégies d'action » lors d'un congrès du Front national, un parti français d'extrême droite.
Étienne T. Pelletier, Alexandre Cormier-Denis et Philippe Plamondon sont les trois jeunes qui avaient rencontré Marine Le Pen en mars dernier lors de son passage au Québec, au grand dam de la formation politique québécoise. Rejet renouvelé dans ce cas aussi, a indiqué son porte-parole.
« Nous avons été invités au forum du Front national de la jeunesse pour y présenter une conférence sur le désastre que représente le multiculturalisme canadien imposé de force au Québec », a indiqué M. Cormier-Denis par courriel. Le jeune homme est « président d'Horizon Québec Actuel », club politique créé dans les toutes dernières semaines.
« Nous ne sommes aucunement une antenne du FN, mais nous croyons que le discours patriote de Marine Le Pen devrait être porté au Québec par le mouvement souverainiste qui s'éloigne de plus en plus des considérations populaires », dit Alexandre Cormier-Denis, militant péquiste et président d'Horizon Québec Actuel. 
Il a ajouté que lui et les membres de son groupe étaient - « bien sûr que oui » - toujours membres du PQ, « malgré le délitement et la surenchère progressiste » de la formation.
Sur le site web d'Horizon Québec Actuel, les jeunes hommes apparaissent sur de nombreuses photos très récentes, souriant en compagnie de Marine Le Pen, de son bras droit Florian Philippot ou des députés frontistes Marion Maréchal-Le Pen et Gilbert Collard.
Le quotidien français L'Opinion a même relaté leur visite sous le titre : « Le FN a reçu ses cousins souverainistes du Québec ». On y décrit Marine Le Pen comme « trop heureuse d'engranger ce soutien ». Elle se réjouira peut-être de savoir qu'elle est décrite comme « très inspirante » par Horizon Québec Actuel.
Le Collectif Mer et Francophonie, très proche du FN, assure pour sa part que la visite des Québécois renouvelle « la diplomatie patriote francophone ».
Au Parti québécois, même prise de distance qu'en mars dernier : « Ils ne parlent pas au nom du PQ », a indiqué Yannick Grégoire, responsable des communications.
« Ce qu'ils font dans leurs temps libres, ça les regarde », a-t-il affirmé en entrevue téléphonique. « On n'a aucune délégation au Front national », avec lequel « on n'a aucune valeur commune », a ajouté le porte-parole.

Le MTQ berné par le fils d'un homme arrêté par l'UPAC

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EXCLUSIF
Publié le 25 juin 2016 à 05h00 | Mis à jour à 07h04
En juin 2012, l'UPAC démantèle un cartel qui... (PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE)
PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE
En juin 2012, l'UPAC démantèle un cartel qui truquait des appels d'offres municipaux en Montérégie. Le Bureau de la concurrence présente alors Civ-bec comme le leader du cartel.

MARTIN CROTEAU
La Presse
Le ministère des Transports du Québec (MTQ) est poursuivi pour « négligence » après s'être fait berner par le fils d'un entrepreneur arrêté par l'Unité permanente anticorruption (UPAC). Un stratagème par lequel cet homme d'affaires a empoché près de 1 million de dollars avant de disparaître en laissant des milliers de dollars en créances impayées.
Deux entreprises réclament réparation au MTQ en lien avec un contrat de 862 000 $ accordé en 2013 à Travaux routiers majeurs (TRM). Une troisième société avait intenté un recours semblable, mais ce litige s'est réglé à l'amiable.
En 2013, TRM a décroché le contrat pour l'aménagement d'un mur antibruit le long de l'autoroute 20, à Boucherville. Elle a fait exécuter la plus grande partie des travaux par des sous-traitants.
Lorsque, au terme des travaux, TRM a empoché la plus grande partie des sommes qui lui étaient dues, son propriétaire, William Lavoie, n'a jamais payé des dizaines de milliers de dollars qu'il devait toujours aux firmes qu'il avait embauchées.
M. Lavoie est le fils de Jacques Lavoie, administrateur de la firme de construction Civ-bec. Il a été arrêté en 2012 pour son implication dans un cartel qui truquait les marchés publics à Saint-Jean-sur-Richelieu.
Dans leur recours, les sous-traitants révèlent que William Lavoie a réussi à décrocher le contrat de Boucherville en imitant le nom de la société d'assurance britannique Lloyds. Il a présenté « Lloyd's Entreprises de souscripteurs » comme la société d'assurance qui devait cautionner ses travaux. Cette société appartenait en fait à Patrick Alain, un homme d'affaires de la Rive-Sud.

Alain est un ancien administrateur de Civ-bec, la firme au coeur du cartel de Saint-Jean-sur-Richelieu. Il a été arrêté en même temps que le père de William Lavoie.
QU'EST-CE QU'UNE CAUTION ?
La caution est un élément clé dans une soumission : aucune entreprise ne peut décrocher un contrat au MTQ si elle n'en a pas. Il s'agit pour une tierce partie de se porter garante de l'exécution du contrat du soumissionnaire. Si un entrepreneur fait faillite pendant le chantier, par exemple, le Ministère pourra exiger que la caution termine les travaux. Les entreprises qui offrent ces services sont des sociétés d'assurance qui doivent être accréditées par l'Autorité des marchés financiers.
À l'évidence, les fonctionnaires du MTQ n'y ont vu que du feu. La soumission de TRM a été jugée conforme, même si « Lloyd's Entreprises de souscripteurs » n'était pas une véritable compagnie d'assurance enregistrée auprès de l'Autorité des marchés financiers.
« Lloyd's Entreprises de souscripteurs » s'est avérée « insolvable » elle aussi, selon la poursuite, et n'a jamais versé un sou aux sous-traitants impayés.
LES SOUS-TRAITANTS ACCUSENT LE MTQ DE « NÉGLIGENCE »
Les entrepreneurs floués se tournent maintenant vers le MTQ, qu'ils tiennent responsable de la situation.
« [Le Ministère] est également responsable des sommes dues à la partie demanderesse en raison de sa négligence dans le traitement du dossier, lequel constitue une faute extracontractuelle », peut-on lire dans la poursuite intentée par un sous-traitant de TRM, l'entreprise Les Écrans Verts.
Cette société de la Rive-Sud a été embauchée par TRM pour construire le mur. L'entreprise de William Lavoie lui devait plus de 30 000 $ à la fin des travaux, et elle n'a jamais été payée.
« Je considère qu'on a fait un travail de qualité et on s'est fait avoir dans cette histoire. En bout de ligne, c'est uniquement les sous-traitants qui sont perdants. »
- Francis Allard, propriétaire de l'entreprise Les Écrans Verts
Jean-Paul Jansen, propriétaire d'une entreprise qui fabrique des produits de béton, calcule qu'il a perdu près de 150 000 $ dans le chantier de Boucherville. Il réclame également réparation au MTQ.
« On ne comprend pas pourquoi le MTQ a payé l'entreprise sans s'assurer qu'elle avait payé ses fournisseurs, a-t-il indiqué. C'est une pratique qui ne se fait pas habituellement. »
Le ministère des Transports a préféré ne pas commenter la cause, puisqu'elle est toujours devant les tribunaux. Sa porte-parole, Stéphanie Langelier, a précisé que la construction du mur antibruit à Boucherville est le seul contrat que le Ministère a consenti à TRM.
Il n'a pas été possible de joindre William Lavoie, propriétaire de TRM. Ses numéros de téléphone sont inactifs, tout comme ses adresses courriel.

LES LAVOIE ET LA CONSTRUCTION

JUIN 2012
L'UPAC démantèle un cartel qui truquait des appels d'offres municipaux en Montérégie. Les dirigeants de neuf entreprises et deux fonctionnaires de Saint-Jean-sur-Richelieu sont arrêtés. Le Bureau de la concurrence présente alors la firme Civ-bec, dirigée par Pasquale Fedele et Jacques Lavoie, comme le leader du cartel.
JUILLET 2012
Quelques semaines après la frappe de l'UPAC, le fils de Jacques Lavoie, William Lavoie, fonde Travaux routiers majeurs (TRM), une firme de construction.
JUIN 2013
TRM remporte un appel d'offres du ministère des Transports pour la construction d'un mur antibruit près de l'autoroute 20, à Boucherville. Sa soumission de 862 000 $ est plus de 30 000 $ inférieure à celle de son plus proche concurrent.
AOÛT 2013
Civ-bec, l'entreprise dont le père de William Lavoie est vice-président, cesse brusquement ses travaux sur l'autoroute 10 à Carignan, en Montérégie. C'est finalement une autre entreprise qui terminera les travaux, aux frais de la caution de Civ-bec.
AOÛT 2013
William Lavoie assure à TVA que sa firme TRM n'a rien à voir avec les pratiques de son père. « Je suis complètement indépendant, je fais les choses de mon côté, déclare-t-il. C'est sûr que mon père est capable de me donner des conseils. Il a beaucoup plus d'expérience que moi. »
SEPTEMBRE 2013
Les sous-traitants de TRM alertent le MTQ que l'entreprise ne les a pas payés pour des travaux effectués sur le chantier de Boucherville.
AOÛT 2015
Le journal La Seigneurie révèle que TRM a abandonné le chantier de restauration du Café centre d'art, à Boucherville, laissant en plan des milliers de dollars en créances impayées. Comme c'était le cas avec le contrat du MTQ, sa caution s'est avérée être une coquille vide.
MARS, AVRIL 2016
Les sous-traitants engagent des poursuites contre le MTQ, l'accusant de « négligence » dans l'attribution du contrat à TRM. Leur poursuite révèle que l'entreprise a pu remporter l'appel d'offres parce qu'elle a imité le nom d'une grande société d'assurance britannique.
MARS 2017
Début prévu du procès de Pasquale Fedele, Jacques Lavoie et Patrick Alain, trois administrateurs de Civ-bec, accusés d'avoir été impliqués dans un système de collusion à Saint-Jean-sur-Richelieu.