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jeudi, mars 23, 2017

Budget: Québec critique les députés québécois de Trudeau

http://www.lapresse.ca/actualites/politique/politique-quebecoise

Publié le 23 mars 2017 à 11h00 | Mis à jour à 12h00
Mardi, le premier ministre Philippe Couillard (photo) a... (Jacques Boissinot, archives PC)
JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES PC
Mardi, le premier ministre Philippe Couillard (photo) a identifié trois projets qui devraient être financés en priorité par Ottawa : le Réseau électrique métropolitain (REM), le prolongement de la ligne bleue du métro et le Système rapide par bus (SRB) dans la région de Québec.

Martin Croteau
MARTIN CROTEAU
La Presse
(Québec) Frustré par le budget d'Ottawa qui ne prévoit aucun montant précis pour des projets de transport collectif, le gouvernement Couillard a aussi lancé la pierre aux députés québécois de Justin Trudeau, jeudi.
Après s'être dit « extrêmement déçu » du budget présenté la veille, le président du Conseil du Trésor, Pierre Moreau, a appelé les députés québécois de M. Trudeau à mieux promouvoir les priorités du Québec au sein de leur gouvernement.
« À l'heure actuelle, je ne les ai pas entendus, a dit M. Moreau. J'aimerais bien qu'ils nous disent qu'ils sont en mesure de faire valoir les priorités du Québec sur ces dossiers d'infrastructure, ce que je n'ai pas entendu. »
Mardi, le premier ministre Philippe Couillard a identifié trois projets qui devraient être financés en priorité par Ottawa : le Réseau électrique métropolitain (REM), le prolongement de la ligne bleue du métro et le Système rapide par bus (SRB) dans la région de Québec. Il a aussi émis le souhait que le siège social de la future Banque de l'infrastructure du Canada (BIC) soit établi à Montréal.
Or, aucune de ces mesures ne se retrouve dans le budget déposé mercredi par le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau.
Le ministre responsable de la Métropole, Martin Coiteux, a lui aussi lancé un message aux élus québécois de M. Trudeau afin qu'ils militent pour l'établissement du BIC à Montréal.
« J'en appelle au caucus des députés québécois du Parti libéral du Canada de bien faire valoir le point de vue important de l'expertise de Montréal dans ce dossier pour que les choses soient clarifiées le plus rapidement possible », a dit M. Coiteux.
Pas respecté, selon Lisée
Selon le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, le budget Morneau témoigne de la faible influence du Québec dans la capitale fédérale.
« Ce gouvernement ne montre pas l'ombre du début d'un rapport de force pour le Québec », a dénoncé M. Lisée.
Il soutient qu'un gouvernement dirigé par le Parti québécois serait en mesure d'obtenir davantage, rappelant que des gouvernements péquistes ont obtenu de nouveaux pouvoirs en matière d'immigration et de main d'oeuvre.
« Nous sommes craints à Ottawa, a dit M. Lisée. On n'est peut-être pas respectés, mais on est craints. Ça donne des résultats. Maintenant, c'est clair que Philippe Couillard n'est pas craint à Ottawa et là, on voit qu'il n'est même pas respecté. »
L'Assemblée nationale a par ailleurs voté à la presque unanimité (95 pour, aucun contre, deux abstentions) en faveur d'une motion exprimant «la très grande déception» du Québec à la suite du budget fédéral déposé mercredi à la Chambre des communes. 
- Avec La Presse Canadienne

Un suspect de terrorisme montréalais arrêté en Turquie

http://www.lapresse.ca/actualites/justice-et-affaires-criminelles/

Publié le 23 mars 2017 à 13h18 | Mis à jour à 13h18
Wassim Boughadou... (Photo fournie par Wassim Boughadou)
Wassim Boughadou
PHOTO FOURNIE PAR WASSIM BOUGHADOU
Le Montréalais Wassim Boughadou, soupçonné par la GRC d'être mêlé à la prise d'otages de deux journalistes américains orchestrée par un groupe lié à Al-Qaïda en Syrie en 2013, a été arrêté par les autorités turques, qui le considèrent comme un membre influent du groupe armé État islamique, rapporte un média local.
Selon le site de nouvelles Haberler.com, Boughadou, 25 ans, a été intercepté le 10 mars à l'aéroport d'Anana, une ville située tout près de la frontière syrienne. La police turque croit notamment qu'il offrait des entrainements au maniement des armes à feu à des terroristes en Syrie. 
Toujours selon le Haberler, le Canadien allait embarquer sur un vol vers la Turquie. Il prévoyait ensuite se rendre en Europe.
Wassim Bougradou, qui est né à Montréal et a grandi dans le quartier Côte-des-Neiges fait partie d'un groupe de jeunes Québécois qui, selon des documents judiciaires dont La Presse a déjà fait état, est soupçonné d'être mêlé à la prise d'otages de deux journalistes américains orchestrés par un groupe lié à Al-Qaïda en Syrie en 2013. 
Le domicile de ses parents dans l'ouest de la ville a été perquisitionné en 2015 dans le cadre de l'enquête policière menée dans ce dossier.
Boughadou a accordé en janvier une entrevue exclusive à La Presse. La Presse a révélé en septembre tous les détails sur la première vague de djihadistes québécois, dont fait partie l'homme.

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samedi, mars 18, 2017

SONDAGE Québec solidaire gruge des appuis au Parti québécois

http://www.ledevoir.com/politique/

18 mars 2017 |Stéphane Baillargeon | Québec
Gabriel Nadeau-Dubois
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir
Gabriel Nadeau-Dubois

À gauche, il était attendu un peu comme le messie, et le miracle semble se produire.

L’entrée en scène politique pour Québec solidaire de l’ex-leader étudiant Gabriel Nadeau-Dubois se mesure concrètement par une hausse spectaculaire des intentions de vote pour cette formation.

QS passe à 14 % des voix possibles dans tout le Québec, selon un sondage réalisé pour Le Devoir par la firme Léger. Il s’agit d’un bond de cinq points depuis janvier. Aux élections de 2012, QS a fait le plein de 8 % des suffrages exprimés.

La progression se fait au détriment du PQ, qui recule de 4 parts, de 29 % à 25 %. Les libéraux trônent encore en tête à 34 % (+2) des intentions de vote. La CAQ est à 23 % (+1).

Le buzz solidaire s’arrime à plusieurs semaines de visibilité accrue et positive pour QS. Par exemple avec la couverture du retrait de la vie politique de Françoise David, députée de Gouin, que M. Nadeau-Dubois veut maintenant remplacer à l’Assemblée nationale. La cofondatrice de QS est une figure politique très respectée du Québec, y compris par ses adversaires.

La lutte menée par l’autre députée de QS Manon Massé pour éviter l’élimination de la carte électorale de sa circonscription montréalaise de Sainte-Marie–Saint-Jacques a aussi été très relayée médiatiquement. La question du sondage sur les intentions de vote parlait d’ailleurs de « Québec solidaire de Manon Massé », puisqu’elle en est la porte-parole par intérim.
  
Les réponses favorables au parti de gauche ont donc augmenté de 55 % en quelques semaines. La formation bondit aussi pour la première fois au-dessus du seuil des 10 % dans toutes les régions du Québec. Six points seulement séparent maintenant le PQ (22 %) et QS (16 %) dans la région de Montréal.

« Les libéraux attirent entre 31 et 35 % des intentions de vote dans les sondages depuis presque deux ans, fait observer Christian Bourque, vice-président directeur de Léger. Dans les faits, leur avance est plus significative, puisque le PQ, la deuxième formation, recule de quatre points. On peut aussi penser que les votes gagnés par QS viennent du PQ. Il semble y avoir un vase communicant entre les deux formations. »

Tous des traîtres

Gabriel Nadeau-Dubois, souvent surnommé GND, a annoncé le jeudi 9 mars qu’il briguera l’investiture pour QS dans la circonscription de Gouin, laissée libre par la retraite de Françoise David. En seulement cinq jours de politique active, la jeune recrue de 26 ans a aussi permis à QS de recruter plus de 4000 nouveaux membres, ce qui correspond à une augmentation de 40 % de ses effectifs.

Le sondage révèle par contre que la figure réputée la plus radicale du Printemps érable de 2012 divise toujours la population. Le quart (23 %) des Québécois a de lui une opinion « plutôt favorable », mais une personne sur trois (33 %) dit le contraire. Un peu plus (37 %) disent ne pas assez le connaître pour se prononcer.

À la conférence de presse annonçant sa candidature, M. Nadeau-Dubois avait accusé la classe politique qui gouverne depuis trente ans d’avoir « trahi le Québec ». La formule a scandalisé d’anciens politiciens, dont l’ex-premier ministre Bernard Landry. Elle a tout de même fait mouche auprès d’une majorité de Québécois, selon le sondage.

Au total, 50 % des répondants se disent d’accord avec l’énoncé suivant : « Il faut sortir la classe politique qui nous gouverne depuis 30 ans, car elle a trahi le Québec. » Les trois quarts (74 %) des partisans de QS l’appuient, trois caquistes sur cinq (60 %), mais aussi 56 % des péquistes. Par contre, seul le quart (26 %) des libéraux se disent tout à fait (6 %) ou plutôt d’accord (20 %) avec la formule lapidaire.

Voici d’autres révélations du coup de sonde national :

Insatisfaction. Le pourcentage des électeurs insatisfaits du gouvernement Couillard grimpe encore, passant de 62 à 65 % en trois mois. Au total, 71 % des francophones se déclarent « très » ou « plutôt insatisfaits », et seulement 3 % d’entre eux se disent « très satisfaits ».

Changement. En plus, deux électeurs sur trois (63 %) souhaitent un changement de gouvernement aux prochaines élections et une personne sur cinq (20 %) pense le contraire. Plus d’un jeune sur quatre (28 %) ne sait pas quoi répondre devant cette alternative. Le PLQ au pouvoir n’est perçu comme la formation incarnant le changement que par 2 % de la population. Les trois autres partis (PQ, CAQ et QS) sont à égalité de ce point de vue avec environ le quart des voix favorables. « Une volonté de changement se manifeste, mais aucune formation n’incarne clairement ce changement », résume le vice-président Christian Bourque. « Il y a une division des voix, encore plus grande maintenant avec la montée de QS. »

Leaders. Qui ferait le meilleur premier ministre du Québec ? Les chefs des trois partis restent à peu près à égalité (selon la marge d’erreur) dans la perception populaire avec des scores de 18 % (Couillard), 17 % (Lisée) et 14 % (Legault). Manon Massé reçoit 7 % des appuis.

Indépendance. Le Non l’emporterait à 64 % à un référendum sur la souveraineté. Les francophones sont contre la sécession à 56 %. Les 45-54 ans (69 %) et les 18-24 ans (66 %) constituent les groupes d’âge les plus opposés à l’option.

Alliance. Les trois quarts (73 %) des péquistes et moins de la moitié (43 %) des solidaires souhaitent que les deux partis forment une alliance électorale. C’est un peu déjà le cas dans la circonscription de Gouin, où le PQ n’opposera aucun candidat à Gabriel Nadeau-Dubois, ce qui pourrait lui faciliter le chemin vers l’Assemblée nationale à l’élection partielle, pour laquelle aucune date n’est encore fixée.

mercredi, février 15, 2017

La politique n’est pas qu’une affaire de partis

http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/

15 février 2017
Le livre est le résultat de 174 assemblées de cuisine et d’une dizaine d’assemblées publiques.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir
Le livre est le résultat de 174 assemblées de cuisine et d’une dizaine d’assemblées publiques.
Il y a une désarmante simplicité dans ces priorités qui se dégagent de la tournée « Faut qu’on se parle ». Que veut-on ? Rien de très extravagant : d’abord, qu’on nous considère tous autant que nous sommes comme des citoyens et des citoyennes à part entière et non comme de simples intrants dans un système de production. On nous a dit depuis longtemps comment gagner notre vie et comment contribuer à l’économie, mais on nous a très peu parlé de toutes ces manières de mieux vivre. De fait, on les a presque oubliées…
 
Ce que nous rappellent ces milliers de personnes rencontrées, c’est ce nécessaire retour à des valeurs fondamentales et collectives de vivre-ensemble. Bien sûr, on veut du travail décent et significatif, où l’on peut exercer le plus librement ses talents, on souhaite évoluer dans un contexte d’économie prospère, une économie qui rend le monde équitable et épanouissant pour tous. On veut avoir accès au savoir et à l’éducation, pour s’élever comme personne à ce que l’humanité a de meilleur. On revendique, à juste titre, le respect des individus et des communautés, dans leur diversité, dans une société en harmonie avec ses choix. On souhaite une paix sociale, des conditions de santé pour tous et, bien entendu, le temps qu’il faut pour vivre avec les siens.
 
Les esprits malins diront peut-être que toutes ces priorités sont banales, et qu’on aurait pu les concevoir sans tenir d’assemblées de cuisine. Peut-être. Mais qu’on ait parlé avec tant d’insistance et d’émotion de ces nécessités, et ce, partout au Québec, ce n’est pas banal. Cela témoigne avec force que ces idées simples, indispensables pour mener une bonne vie, doivent plus que jamais être défendues dans l’espace public et sur la scène politique. Cela indique aussi que les gens considèrent manifestement que ces besoins fondamentaux doivent impérativement revenir au coeur des grandes orientations politiques de la société québécoise.
 
Voilà des priorités auxquelles on doit désormais donner corps. Et cela se fera, pour peu que chacun d’entre nous agisse selon sa façon de faire et en fonction du mode d’implication qui lui conviendra. Beaucoup d’entre vous ont décidé de continuer à tenir des assemblées de cuisine pour trouver plus d’idées et poursuivre le dialogue. C’est là une très bonne piste : il faut continuer à penser et à parler politique de façon non partisane. C’est aussi un bon moyen de contrer le manque d’information saisissant sur les idées qui nous sont chères. Il est essentiel que ces informations pertinentes circulent, qu’elles soient accessibles et disponibles facilement. Une autre façon d’agir, cruciale, repose sur la nécessité de promouvoir les propositions dont il a été question tout au long de cette tournée, partout, sur toutes les plateformes.
 
Un Québec qui veut se transformer pour être meilleur
 
Il est également possible de réaliser des changements à partir de nos implications dans les mouvements et les organisations sociales qui sont le véritable tissu de notre société, ce qui la fait vivre et la fait changer, évoluer. S’impliquer dans ces mouvements est souvent la meilleure façon de provoquer des transformations sociales importantes.
 
Il y a aussi la voie de l’implication au sein des partis politiques, en interpellant des élus de tous niveaux, en militant dans une organisation, en participant à la vie municipale et aux réunions du conseil, ou même en se portant candidat ou candidate. Mais la politique n’est pas qu’une affaire de partis. On oublie trop facilement que le rôle majeur de tous nos élus, à tous les niveaux, c’est de nous représenter, et de traduire nos besoins et nos aspirations dans leurs décisions. Alors, parlons-leur à ces élus de toute nature, invitons-les dans nos organismes, impliquons-les dans les démarches que nous menons, faisons en sorte de changer le regard qu’ils peuvent porter sur ce qui nous touche.
 
Sortons aussi voir les gens qui nous entourent, qui ne sont pas impliqués, qui n’ont pas organisé d’assemblées de cuisine, qui n’ont pas acheté ce livre, qui discutent rarement de politique, mais qui sont profondément concernés par celle-ci. Allons leur parler de toutes nos idées — celles dont nous venons de parler et bien d’autres encore — pour ranimer la flamme d’un Québec qui veut se transformer pour être meilleur, pour être à la hauteur de son plein potentiel.
 
Bref, ce n’est pas le travail qui manque, il y a des choses à faire pour tout le monde. C’est l’implication de tous, dans tous les contextes, qui fera une vraie différence.

mercredi, février 08, 2017

Québec va porter plainte au Washington Post

http://www.lapresse.ca/actualites/politique/politique-quebecoise/

Publié le 08 février 2017 à 15h29 | Mis à jour à 15h29

Martin Croteau
MARTIN CROTEAU
La Presse
(QUÉBEC) Le gouvernement Couillard va porter plainte au Washington Post, qui a publié la semaine dernière un texte d'opinion qui présente le Québec comme une société violente et raciste.
La ministre des Relations internationales, Christine St-Pierre, a confirmé mercredi qu'elle va écrire à la direction du quotidien. Quelques heures plus tôt, l'Assemblée nationale avait adopté à l'unanimité une motion du Parti québécois qui appelait le gouvernement à défendre la réputation du Québec.
« On est tout simplement choqués de voir qu'il comprenait vraiment mal le Québec », a convenu Mme St-Pierre.
Son gouvernement a hésité avant d'écrire au Washington Post pour éviter de faire davantage de publicité au chroniqueur de Vancouver qui a signé le texte, J.J. McCullough. Mais il a néanmoins appuyé l'initiative péquiste et compte y donner suite.
Mme St-Pierre a souligné que ce texte tranche avec l'éditorial élogieux du New York Times sur la manière dont Philippe Couillard a réagi à la tuerie au Centre culturel islamique de Québec.
Dans son texte paru le 1er février, M. McCullough recense les tueries qui se sont produites dans la province au cours des dernières années. Il relate les critiques de « Canadiens anglais » qui considèrent que le nationalisme fait du Québec un lieu « inhospitalier, arrogant et, oui, sensiblement plus raciste que la norme canadienne ». 
Le gouvernement québécois a hésité avant d'écrire au Washington... (PHOTO MANDEL NGAN, AFP)
Le gouvernement québécois a hésité avant d'écrire au Washington Post pour éviter de faire davantage de publicité au chroniqueur de Vancouver qui a signé le texte, J.J. McCullough.PHOTO MANDEL NGAN, AFP
Ulcéré, le député du Parti québécois, Stéphane Bergeron, a présenté la motion qui a été adoptée au Salon bleu mercredi. Il a dit espérer que le gouvernement agira rapidement pour faire connaitre son mécontentement au prestigieux quotidien.
« Le gouvernement libéral a accepté de s'associer à cette motion et j'espère qu'ils se sentent liés par la motion de l'Assemblée nationale et que, conséquemment, il y aura des suites », a affirmé M. Bergeron.
Dans l'intervalle, un autre Québécois a pris la plume pour dénoncer les commentaires de J.J. McCullough. L'ancien attaché de presse de Stephen Harper, Carl Vallée, a fait paraitre un texte dans le Washington Post pour lui donner la réplique.  
« Le fait de blâmer les actions d'un terroriste sur les efforts légitimes du Québec pour protéger sa langue, sa culture et son patrimoine est méprisable », résume M. Vallée dans son texte paru mercredi.
Le Bloc québécois avait présenté la semaine dernière une motion à la Chambre des communes pour dénoncer le texte, mais il n'avait pas obtenu le consentement unanime des députés pour en débattre.

lundi, janvier 23, 2017

CAQ: Claude Surprenant a octroyé un contrat à sa femme

http://www.ledevoir.com/politique/quebec/

Le chef François Legault excuse les «erreurs de bonne foi» du député

23 janvier 2017 17h46 | Marco Bélair-Cirino à Saint-Jean-sur-Richelieu
Le chef caquiste, François Legault
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne
Le chef caquiste, François Legault
Sous pression, l’élu caquiste Claude Surprenant a admis lundi après-midi avoir octroyé, avec l’aval de l’Assemblée nationale, un contrat de 700 dollars à sa conjointe, architecte, afin de « dessiner les plans » de son bureau de circonscription au lendemain de sa victoire électorale, en avril 2014.
 
« Il s’agissait d’une dépense autorisée en toute connaissance de cause par l’Assemblée nationale. J’ai été transparent », a-t-il déclaré en marge du caucus présessionnel de la Coalition avenir Québec, à Saint-Jean-sur-Richelieu, lundi. « Il est vrai que ce n’est pas l’idéal en matière de perception et que ça envoie un mauvais signal. Et je ne ferai donc pas les choses de cette manière dorénavant », a-t-il ajouté du tac au tac.

Le député de Groulx était déjà dans le collimateur des autres partis politiques à l’Assemblée nationale pour avoir réclamé le remboursement de frais de déplacement totalisant près de 500$ au moyen de faux documents.
 
«Allégations» de Julie Nadeau
 
M. Surpenant avait convoqué les médias lundi après-midi afin de « défendre [sa] réputation » minée, a-t-il dit, par une série d’« allégations » faites par une ex-employée de son bureau de circonscription, Julie Nadeau. « Je ne voudrais pas que ça atteigne mes collègues », a-t-il fait valoir.
 
L’état-major de la CAQ l’avait envoyé au front durant une quinzaine de minutes après avoir été avisé de la diffusion prochaine, par un chroniqueur de Cogeco, de nouvelles informations sur des accrocs à des principes éthiques commis par M. Surprenant.

Le député de Groulx accuse à demi-mot Mme Nadeau de miner sa réputation à coups d’« allégations » dans les médias, et ce, à des fins pécuniaires.

Mme Nadeau doit, selon la CAQ, la rondelette somme de 9500$ à M. Surprenant. Entre avril 2014 et novembre 2015, l’ex-attachée politique aurait détourné ce montant grâce à 21 chèques en blanc laissés par M. Surprenant pour payer des factures de produits et de services achetés par son bureau de circonscription.

« On a affaire ici à une dame qui cherche par tous les moyens de mal me faire paraître. […] J’ai entendu qu’elle voulait négocier une indemnité de départ », a mentionné M. Surprenant.

L’élu caquiste a toutefois reconnu avoir « erré » en signant d’avance des chèques. « J’ai voulu être efficace. J’en conviens qu’en tant que gestionnaire, c’est loin de la meilleure des choses à faire », a-t-il dit tout en rappelant avoir agi de la sorte notamment parce que Mme Nadeau était diplômée en droit. « J’ai erré, j’en conviens. […] Le montant d’environ 9500$ qui est disparu, je l’assume entièrement. »

M. Surprenant s’est fait durement égratigner par la Société juricomptable, qui a été mandatée par la CAQ en 2016 afin de faire la lumière sur des irrégularités alléguées dans la gestion de la « petite caisse » du bureau de comté de Groulx, pour avoir signé des chèques en blanc.

« Une telle pratique est directement contraire aux principes de base des processus de contrôle et, par conséquent, ne sert ni le bien-être du bureau de comté ni l’intérêt public », soutient-elle dans un document de 95 pages.

Legault: un «dossier clos»
 
Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, excuse les fautes de M. Surprenant. « Il n’est pas question de l’exclure [du caucus]. Il a fait quelques erreurs de bonne foi. Il les a reconnues. Il les a corrigées. Pour moi, le dossier est clos », a-t-il déclaré en début de journée.

M. Surprenant a notamment réclamé des frais de déplacement de 487$ pour se rendre à deux reprises sur la colline parlementaire à partir de sa circonscription, sise au nord de l’île de Montréal, même s’il avait effectué les deux fois le trajet à bord du véhicule d’un confrère de travail. Il a remboursé en entier ce montant en octobre dernier.

« J’ai voulu compenser des frais de déplacement pour lesquels je n’avais pas réclamé de remboursement à deux reprises entre Montréal et Québec. C’était une erreur, je le reconnais », a dit M. Surprenant en milieu de journée.

En matinée, le whip du gouvernement libéral, Stéphane Billette, invitait le commissaire à l’éthique et à la déontologie, Jacques Saint-Laurent, à faire enquête sur l’« affaire Surprenant ». Pendant ce temps, M. Surprenant devrait être exclu du caucus de la CAQ, avait-il fait valoir.

M. Legault s’est dit favorable à une enquête sur les « petits montants » réclamés par M. Surprenant, mais seulement si M. Saint-Laurent passe également au crible les rapports de dépenses remplis par tous les autres élus de l’Assemblée nationale depuis les dernières élections générales.

« Si j’étais libéral, aujourd’hui, je me garderais une petite gêne, parce que quand on compare ce qui a été fait par Claude Surprenant par rapport à ce qu’on a déjà vu chez les libéraux, je me garderais une petite gêne », a-t-il affirmé en point de presse.
 
« Petit scandale »
 
La députée de Repentigny, Lise Lavallée, a reproché au Parti libéral du Québec d’avoir pour sa part fait des accrocs majeurs aux règles. « M. Billette, il va falloir qu’il regarde de son côté. En matière de scandales, il y en a pas mal plus que notre petit scandale. […] Il n’a pas de leçon à nous donner », a-t-elle laissé tomber dans un impromptu de presse.

vendredi, juin 10, 2016

SONDAGE LÉGER Le PLQ en baisse... et Poëti en hausse

http://www.ledevoir.com/politique/quebec/

10 juin 2016 |Marco Fortier
Le premier ministre Philippe Couillard est le politicien récoltant le plus haut score de «mauvaise opinion».
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne
Le premier ministre Philippe Couillard est le politicien récoltant le plus haut score de «mauvaise opinion».

Pour le gouvernement Couillard, c’est une session parlementaire à oublier. Le Parti libéral du Québec (PLQ) atteint un sommet d’insatisfaction et perd des points dans les intentions de vote, même auprès de sa base électorale de Montréal, révèle un sondage de la firme Léger mené pour Le Devoir et Le Journal de Montréal.

Comble de l’ironie, l’ex-ministre Robert Poëti, qui a sonné l’alarme au sujet des irrégularités au ministère des Transports du Québec (MTQ), est le membre le plus populaire du gouvernement Couillard, révèle le baromètre des personnalités politiques. Son successeur au MTQ, le ministre Jacques Daoust, figure au 60e et dernier rang des personnalités les plus estimées.

Le sondage, mené en ligne du 6 au 8 juin auprès de 990 électeurs québécois, confirme que la session parlementaire difficile du gouvernement Couillard a miné la confiance des électeurs. Le PLQ perd trois points dans les intentions de vote, à 32 %, à peu près le même résultat qu’au scrutin de septembre 2012 (31,2 %) remporté par le Parti québécois de Pauline Marois.

La baisse des appuis aux libéraux profite à la Coalition avenir Québec (CAQ) de François Legault, qui remonte de trois points à 24 %. Le Parti québécois (PQ), dirigé par un chef intérimaire depuis la démission-choc de Pierre Karl Péladeau, se maintient à 30 %. Et Québec solidaire reste figé à 10 %.

Le PQ domine tout de même chez les francophones, avec 37 % des intentions de vote, devant la CAQ (28 %) et le PLQ (21 %), ce qui lui donne un avantage sur ses adversaires en raison du nombre élevé de circonscriptions à prédominance francophone.

Fait à souligner, les libéraux ont perdu huit points en un mois dans la région de Montréal — leur fief électoral — où ils obtiennent 37 % des intentions de vote, contre 45 % en mai. Près de sept électeurs québécois sur 10 (68 %) sont insatisfaits du gouvernement, une grogne en hausse de quatre points depuis un mois.

« C’est une fin de session extrêmement difficile, c’est le moins qu’on puisse dire, pour le Parti libéral », dit Christian Bourque, vice-président et associé chez Léger.

Poëti populaire

Le baromètre des personnalités politiques, publié chaque mois de juin par Léger, montre que les temps sont durs pour le PLQ. L’élu libéral le plus populaire, Robert Poëti, figure au 18e rang des personnalités, toutes catégories confondues (fédérales, provinciales, municipales).

L’ancien ministre, démis de ses fonctions en janvier dernier par Philippe Couillard, a gagné huit points dans ce baromètre depuis juin 2015 ; 31 % des répondants ont une bonne opinion du député libéral, qui a dénoncé le mois dernier la lenteur du MTQ à réagir aux soupçons de malversation dans l’attribution de contrats.

À peine 7 % des électeurs ont une bonne opinion de Jacques Daoust, le successeur de M. Poëti aux Transports. Les trois personnalités politiques qui suscitent les opinions les plus défavorables des électeurs sont des membres importants du gouvernement Couillard : le premier ministre lui-même (dont 59 % des répondants ont une mauvaise opinion), le ministre de la Santé Gaétan Barrette (54 % ont une mauvaise opinion) et Sam Hamad (50 % ont une mauvaise opinion).

Ce jugement sévère des électeurs à l’endroit de membres influents du gouvernement montre l’ampleur du défi qui attend le chef libéral pour reconquérir l’électorat, estime le sondeur Christian Bourque. « Vivement l’été politique pour M. Couillard », dit-il.

Une session pénible

La session parlementaire doit prendre fin ce vendredi à Québec, après des jours mouvementés pour le gouvernement libéral. L’ancien ministre Robert Poëti a d’abord jeté un pavé dans la mare en affirmant le mois dernier que la direction du MTQ — un des plus importants donneurs de contrats publics au Québec — mettait bien peu d’empressement à donner le coup de barre qui s’impose dans ses relations avec ses fournisseurs, notamment les firmes de génie-conseil.

La sous-ministre des Transports, Dominique Savoie, a été démise de ses fonctions. Le chef de cabinet de Jacques Daoust a aussi été muté. Deux anciennes responsables des enquêtes internes au MTQ, Annie Trudel et Louise Boily, ont témoigné à leur tour, mercredi, du climat d’intimidation qui règne au sein du Ministère.

Comme si ce n’était pas assez, le ministre Daoust se démène pour expliquer des contradictions dans la façon dont Investissement Québec s’est départi de ses actions dans Rona, ce fleuron québécois passé aux mains du géant américain Lowe’s.

Cloutier et Hivon bien vus

À peine quatre élus de l’Assemblée nationale se classent parmi les 10 politiciens les plus populaires au Québec, indique le sondage. Les aspirants-chefs péquistes Véronique Hivon (6e rang) et Alexandre Cloutier (8e rang), ainsi que Françoise David, de Québec solidaire, (5e) et François Legault, de la CAQ, (7e) font ainsi le top 10 des personnalités. La députée Hivon a gagné 14 points en un an, signe que sa notoriété a augmenté depuis sa candidature à la chefferie du PQ, estime Christian Bourque, de Léger.

Justin Trudeau remporte la palme du politicien le plus populaire, avec 63 % d’opinions favorables. Le premier ministre du Canada a gagné 21 points depuis l’an dernier, quand il dirigeait le deuxième parti de l’opposition. Il détrône le maire de Montréal, Denis Coderre, au deuxième rang au palmarès des élus, avec 60 % d’opinions favorables (contre 69 % à pareille date l’an dernier). Le maire de Québec, Régis Labeaume, suit à 54 %, puis le chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair (qui a échoué son vote de confiance en avril), est 5e, à 50 %.

Fait inusité, plusieurs élus importants, à Québec et à Ottawa, sont d’illustres inconnus : 68 % des répondants ne connaissent pas le ministre David Heurtel, n’ont pas d’opinion à son sujet ou refusent de se prononcer. Ses collègues François Blais, Stéphanie Vallée, Geoffrey Kelley, Dominique Vien, Luc Fortin, Julie Boulet, Laurent Lessard et Dominique Anglade, notamment, sont aussi inconnus d’une bonne partie de la population, selon le sondage.

Un échantillon probabiliste de la taille de ce sondage (990 personnes) aurait une marge d’erreur de 3,1 % dans 19 cas sur 20.
Intentions de vote au provincial
 Mai 2016Aujourd'hui
PLQ35 %32 %
PQ30 %30 %
CAQ21 %24 %
QS10 %10 %
Autres4 %4 %

Source des encadrés : Sondage Léger-Le Devoir-Le Journal de Montréal-Le Journal de Québec mené en ligne les 6 et 8 juin 2016 auprès de 990 Québécois ayant le droit de vote. Un échantillon probabiliste de cette taille aurait une marge d’erreur de plus ou moins 3,1 % dans 19 cas sur 20.

samedi, mai 07, 2016

Cloutier et Hivon seront de la course à la chefferie

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7 mai 2016 | Marco Bélair-Cirino - Correspondant parlementaire à Québec
Les députés ont préféré Sylvain Gaudreault à sa collègue Agnès Maltais (à gauche), qui s’est ralliée à lui lors d’une conférence de presse réunissant tout le caucus dans un hôtel de l’arrondissement Sainte-Foy.
Photo: Jacques Boissinot La Presse Canadienne
Les députés ont préféré Sylvain Gaudreault à sa collègue Agnès Maltais (à gauche), qui s’est ralliée à lui lors d’une conférence de presse réunissant tout le caucus dans un hôtel de l’arrondissement Sainte-Foy.

L’incertitude est levée. Les députés Alexandre Cloutier et Véronique Hivon se disputeront le titre de chef du Parti québécois. Reste à savoir « où » et « quand » ils annonceront officiellement leur volonté de succéder au magnat de la presse Pierre Karl Péladeau.

Réunis à huis clos, les élus péquistes ont donné leur bénédiction à la tenue d’une course à la direction du PQ vendredi. Il n’en fallait pas plus pour que la députée de Joliette, Véronique Hivon, « finalise sa réflexion » : elle sera sur les blocs de départ, a appris Le Devoir de sources sûres.

L’ex-ministre déléguée aux Services sociaux s’est distanciée vendredi du député de Lac-Saint-Jean, Alexandre Cloutier, qu’elle avait appuyé durant la dernière campagne à la chefferie du PQ. « Je suis pas mal capable de voler de mes propres ailes. […] Je suis dans ma propre trajectoire », a-t-elle insisté lors d’un impromptu de presse.

L’élue de 46 ans avait renoncé il y a près de deux ans à l’idée de briguer la direction du PQ. Elle avait plutôt choisi de consacrer ses énergies à parachever un long processus d’adoption internationale, a expliqué vendredi son attachée de presse. Un enfant avait été jumelé, et ce, après quatre ans d’attente. Le projet n’a cependant pas abouti.

Mme Hivon s’était entre-temps ralliée à la candidature de son confrère Alexandre Cloutier. Celui-ci devra cette fois-ci se résigner à voir sa consoeur « voler de [ses] propres ailes ».« On a une véritable relation d’amitié, ce qui fait que c’est un peu shakespearien comme scénario », a souligné l’ancien ministre délégué aux Affaires intergouvernementales canadiennes.

À moins d’un coup de théâtre, M. Cloutier annoncera lui aussi sa candidature à la succession de Pierre Karl Péladeau, qui a démissionné avec fracas au début de la semaine. « Ma décision, elle est déjà prise, c’est clair. Je sais où je m’en vais », a fait valoir l’homme politique de 38 ans. « Dans tous les scénarios, je vais terminer avec madame Hivon. Dans tous les scénarios envisageables, on va travailler ensemble. On est condamnés à le faire », a-t-il ajouté.

La perspective d’un affrontement Cloutier-Hivon inquiète le député de Gaspé, Gaétan Lelièvre. Il a dit ne ménager aucun effort pour répéter la « formule gagnante » de la précédente campagne à la chefferie. Avec l’aide de Mme Hivon, M. Cloutier avait terminé au second rang la course à la direction du PQ. « J’aimerais beaucoup que Véronique et Alexandre fassent partie de la même équipe comme on l’a fait la dernière fois », a affirmé M. Lelièvre avant d’ajouter : « Ce sont deux candidatures qui se ressemblent beaucoup, ils ont les mêmes valeurs, la même vision. »

Deux candidats économiques

Les élus Martine Ouellet et Nicolas Marceau envisageaient, eux aussi, la possibilité de prendre part à la deuxième course à la chefferie péquiste depuis la débâcle électorale de 2014. Tous deux ont misé sur l’importance d’avoir des candidats économiques sur les rangs. Ex-ministre des Finances, Nicolas Marceau a même invité les membres du PQ à faire de l’économie leur « priorité ». « Les gens sont très enthousiastes. Moi, ce que j’entends, c’est que les gens veulent une candidature avec un profil économique », a soutenu l’ex-ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, rappelant avoir négocié des contrats de plusieurs milliards de dollars lorsqu’elle travaillait chez Hydro-Québec.

Plusieurs députés ont dit appuyer l’idée d’une « course rapide » dont l’issue devrait être quelque part au cours de l’automne. « Il faut laisser parler les militants, on n’est pas pour faire ça au-dessus de leur tête », a insisté le whip, Harold Lebel. Message entendu, a fait valoir le chef intérimaire du PQ, Sylvain Gaudreault, avant de mettre le cap vers Montréal, où l’exécutif national du PQ s’est réuni en soirée afin d’explorer des « scénarios possibles de course au leadership ».

Les « détails » seront dévoilés samedi matin. Ceux-ci seront soumis à la conférence nationale des présidents et des présidentes (CNPP) en juin.

« Je n’ai pas du tout l’intention de toucher, même avec le bout d’une aiguille, les débats internes de la course », a déclaré M. Gaudreault. Il s’assurera toutefois que la campagne à la chefferie « se fait dans le calme et le respect ». « Ma préoccupation, c’est que ça se fasse dans l’ordre. »

M. Gaudreault a été préféré à Mme Maltais afin de tenir les commandes du PQ d’ici à la désignation d’un successeur à M. Péladeau. Le député de Jonquière a d’ailleurs dit vouloir« [s’]inscrire dans la continuité » de Pierre Karl Péladeau. L’aile parlementaire péquiste continuera de dénoncer les « failles extrêmement importantes » du gouvernement libéral,« qui détruit comme jamais […] le Québec que nous aimons », a conclu le nouveau chef de l’opposition officielle.
Nathaly Dufour appuie Hivon
L’ex-chef intérimaire d’Option nationale Nathaly Dufour reprendra sa carte de membre du PQ quand Véronique Hivon officialisera sa candidature à la succession de Pierre Karl Péladeau. « Je pense que je ne serai pas la seule », a-t-elle lancé lors d’une entrevue téléphonique avec Le Devoir vendredi. Mme Hivon est « la seule » personne parmi les candidats pressentis qui lui donne « espoir »de voir le PQ « se réinventer ». « Le PQ a besoin de se renouveler, de parler [et d’être doté] d’une vision plus claire. C’est la femme de la situation. » À ses yeux, la députée de Joliette est une « vraie de vraie »indépendantiste : Véronique Hivon érige l’indépendance en « priorité » et la présente sous les traits d’un projet « incarné ». Par ailleurs, Mme Dufour s’est dite « pas étonnée » de voir Jean-Marc Aussant passer son tour. Elle aurait été « déçue » si Mme Hivon avait fait de même.

jeudi, septembre 10, 2015

L’austérité d’abord

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10 septembre 2015 |Michel David | Québec
Que le poste de leader parlementaire soit le prix du ralliement de Bernard Drainville ou que Pierre Karl Péladeau ait voulu illustrer le renouveau qu’il souhaite, il demeure que le député de Marie-Victorin était le meilleur candidat. Ayant lui-même eu l’occasion de goûter à la médecine de M. Drainville durant la course à la chefferie, le nouveau chef du PQ aurait été bien mal avisé de ne pas mettre ses talents à profit.
 
M. Drainville est un souverainiste convaincu et un remarquable tribun, qui peut parler d’indépendance avec une grande passion, mais il sait aussi que ce n’est pas ce qui pourrait permettre au PQ de gagner la prochaine élection. M. Péladeau aura beau transformer le PQ en « machine de guerre », c’est d’abord sur son bilan que le gouvernement Couillard sera le plus vulnérable.
 
Courtiser les militants péquistes en proposant d’entrée de jeu le report d’un éventuel référendum à un deuxième mandat était une erreur stratégique que M. Drainville a tenté de corriger tant bien que mal, mais il a maintenu du début à la fin que le nouveau chef du PQ devait d’abord et avant tout prendre la direction de la lutte contre l’austérité. À entendre M. Péladeau mercredi à l’issue du caucus de ses députés, lui-même semble maintenant en être convaincu.
 
Être en mesure de faire élire un gouvernement majoritaire sur la promesse de tenir un référendum dans un premier mandat, comme le vise sans doute M. Péladeau, ne sera pas une mince affaire. Rafraîchir l’argumentaire souverainiste ne peut qu’être utile, mais il faudra surtout donner à un nombre suffisant d’électeurs qui demeurent imperméables à la souveraineté de bonnes raisons de tourner le dos aux libéraux.
 
Bernard Drainville excelle dans le pathos, quitte à faire un peu de démagogie. On peut lui faire confiance pour s’indigner tant qu’il le faudra de ce qu’il a appelé le « coût humain » de l’austérité libérale. Il lui reste à convaincre son chef que le report du déficit zéro est le corollaire de la lutte contre l’austérité. Dénoncer les compressions tout en acceptant l’échéancier budgétaire du gouvernement ne rime à rien, comme l’a bien compris Justin Trudeau. Durant la course à la chefferie, jamais M. Péladeau n’a voulu le reconnaître.
 

L’opposition officielle ne peut pas combattre l’austérité en faisant abstraction des syndicats du secteur public, qui sont sur la ligne de front et qui ont fait de la lutte contre les compressions budgétaires leur cheval de bataille dans les négociations pour le renouvellement des conventions collectives.
 
L’arrivée de M. Péladeau, dont la conversion à la social-démocratie et aux vertus du syndicalisme en laisse plusieurs sceptiques, a jeté un froid sur la relation privilégiée que le PQ a entretenue avec le monde syndical depuis près d’un demi-siècle, malgré d’inévitables périodes de friction. Son refus d’appuyer les centrales syndicales dans leur bras de fer avec le gouvernement n’était pas de nature à favoriser un rapprochement.
 
Le PQ enverrait cependant un « très mauvais signal à sa base militante » s’il maintenait cette position, a souligné le président de la CSN, Jacques Létourneau. L’affaire est délicate : s’il est vrai que les syndiqués demeurent nombreux dans les rangs péquistes, il est tout aussi manifeste que les demandes salariales du front commun paraissent excessives aux yeux d’une grande partie de la population.
 

Pour compliquer encore les choses, voilà maintenant que la CAQ fait de l’oeil aux enseignants, une clientèle naturelle du PQ, en voulant les exempter du gel salarial que le gouvernement entend imposer à tous les employés de l’État pendant deux ans. À entendre François Legault parler des limites du « ménage » dans les finances publiques dont il s’était fait le grand promoteur, c’est comme s’il voulait jouer au PQ le même tour que Justin Trudeau au NPD, en le débordant sur sa gauche. Curieusement, la CAQ ne parle plus de soumettre les enseignants à une procédure d’évaluation, comme elle le proposait jadis.
 
Il serait impensable que le PQ assiste en spectateur à l’affrontement qui s’annonce. Dans la perspective de l’élection d’octobre 2018 et plus encore dans celle d’un référendum, l’appui à tout le moins tacite du monde syndical est indispensable.
 
M. Péladeau a préféré confier à son nouveau leader parlementaire le soin de préciser la position de son parti. La « clause de non-appauvrissement » proposée par M. Drainville, autrement dit une indexation à l’inflation, demeure loin de l’augmentation de 13,5 % en trois ans que réclament les centrales syndicales, mais cela constituerait une nette amélioration par rapport aux 3 % en cinq ans qu’offre le gouvernement. Sauf que cela supposerait aussi le report du déficit zéro.

dimanche, juillet 12, 2015

Couillard et PKP devraient s’inspirer de l’Allemagne, dit Legault

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11 juillet 2015 | Patrice Bergeron - La Presse canadienne - à Québec | Québec
Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault

Philippe Couillard et Pierre Karl Péladeau auraient tout intérêt à étoffer leur programme économique plutôt superficiel en faisant un pèlerinage en Allemagne.

C’est ce que croit le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, qui terminait, vendredi, une mission d’une dizaine de jours dans ce pays, en vue de bonifier la plateforme de son parti.

M. Legault a séjourné en Bavière ainsi qu’à Hambourg, deux puissances économiques régionales allemandes, pour s’inspirer de leur expérience et rencontrer plusieurs représentants du secteur des affaires.

Dans une entrevue téléphonique à La Presse canadienne, vendredi, le chef de la CAQ a vanté le modèle de ces deux États fédérés, notamment parce qu’ils misent sur des zones d’innovation dans des secteurs de pointe, parce qu’ils accordent une aide directe aux entreprises, et parce qu’ils valorisent une grande concertation entre les entreprises et les universités.

Selon François Legault, le premier ministre Philippe Couillard et le chef péquiste Pierre Karl Péladeau devraient faire le même voyage pour s’ouvrir les yeux et présenter aux Québécois des propositions économiques plus élaborées.

« D’ici à 25 ans, qui va être capable de suivre les États-Unis ? Les États-Unis mettent tellement d’argent dans leurs universités, ils y font tellement d’innovations, qui sera capable de les suivre ? Les Allemands. Effectivement, cela vaudrait la peine qu’ils [MM. Couillard et Péladeau] viennent voir ici ce qui se fait. »

Le chef de la CAQ s’est même permis de lancer une flèche vers son adversaire du PQ en faisant référence à ses séjours à l’étranger, liés davantage à ses intérêts politiques. « Si quand on va en Europe, c’est pour voir le référendum en Écosse, ce n’est pas comme la mission économique que je suis en train de faire. »

Recherche et développement

La Bavière et Hambourg investissent aussi davantage, en proportion, que le Québec, en matière de recherche et développement, et ce sont des champions de l’exportation, a fait remarquer M. Legault. Résultat : le revenu moyen par habitant d’un Bavarois est 35 % plus élevé que celui d’un Québécois, tandis que l’écart est encore plus grand avec un citoyen de Hambourg, soit de 65 %.

Mais pour que le Québec les rattrape, il faut d’abord un « changement de mentalités », a insisté le chef caquiste, et particulièrement dans les relations entre les entreprises et les universités, qui doivent collaborer davantage.

« L’université, c’est une grande clé, c’est là que devrait se faire le premier déclic », a dit M. Legault.

La mise sur pied partout au Québec de zones d’innovation, qui concentrent des entreprises spécialisées dans un domaine précis et des chercheurs universitaires, doit suivre, a-t-il poursuivi. Et c’est en passant par ces zones d’innovation que l’État pourra accorder des aides directes aux entreprises, ce qu’il ne pourrait pas faire avec des subventions directes, en vertu des traités internationaux.

À titre d’exemple, les autorités allemandes ont mis le paquet dans la zone d’innovation aéronautique de Hambourg en investissant 1 milliard, a évoqué M. Legault. Pas moins de 26 000employés bien payés y travaillent.

Financement des entreprises

Mais encore, pour financer plus adéquatement les entreprises de cette façon, l’État québécois doit d’abord faire le ménage dans son système de crédits d’impôt, qui lui coûte 800 millions, et changer la mission d’Investissement Québec, a plaidé le chef de la CAQ.

Selon lui, ce n’est pas à Revenu Québec de déterminer ce qui est de l’investissement en recherche et développement. Dans les zones d’innovation allemandes, ce sont des experts universitaires qui décident de l’aide qui doit être attribuée, projet par projet.

Quant à Investissement Québec, ce bras financier du gouvernement devrait s’inspirer de la Banque de développement bavaroise, qui joue un rôle bien plus actif dans l’attraction d’investissements étrangers, tout comme les chambres de commerce allemandes, qui sont« obsédées » par l’exportation et les foires commerciales internationales, a soutenu M. Legault.

Le chef caquiste estime enfin que le Québec pourrait aussi apprendre du modèle de concertation entre le patronat et les syndicats en Allemagne, un modèle qui est incidemment aussi louangé par le chef péquiste Pierre Karl Péladeau. Cependant, M. Legault, qui se targue d’apporter des solutions

« Pour avoir été au PQ, ce n’est pas toujours bien vu [le rapprochement entre les syndicats et le patronat] », a-t-il conclu, de par son expérience d’ancien ministre péquiste.