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mardi, avril 04, 2017

Don de 25 000 $: Coderre critiqué à l'Assemblée nationale

http://www.lapresse.ca/actualites/politique/politique-quebecoise/

Publié le 04 avril 2017 à 13h00 | Mis à jour à 13h00
Le maire de Montréal, Denis Coderre, a reconnu avoir... (Photo Marco Campanozzi, La Presse)
Le maire de Montréal, Denis Coderre, a reconnu avoir accepté un chèque de 25 000 $ de l'homme d'affaires Jean Rizzuto en 2012 pour l'aider à défrayer ses honoraires juridiques.
PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE
MARTIN CROTEAU
La Presse
(Québec) Les partis de l'opposition à l'Assemblée nationale ont unanimement critiqué Denis Coderre, mardi, après qu'il eut admis avoir accepté un chèque de 25 000 $ d'un homme d'affaires alors qu'il était député fédéral. Mais le gouvernement Couillard a réagi avec prudence aux aveux du maire de Montréal.
Les trois partis de l'opposition ont remis en cause le comportement de M. Coderre, qui a reconnu avoir accepté un don de l'homme d'affaires lavallois Jean Rizzuto (aucun lien avec la famille mafieuse) en 2012 pour l'aider à défrayer ses honoraires juridiques. M. Coderre a admis avoir commis une «erreur» en ne déclarant pas le versement, qui a été révélé par le Journal de Montréal.
«Comme élu montréalais, je dis à notre ami Denis Coderre: "Écoutez, vous avez fait une erreur, vous auriez dû le refuser ou le déclarer", a affirmé le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée. Maintenant, une fois qu'on a dit ça, Denis Coderre sera jugé sur l'ensemble de son bilan.»
«Ce n'est pas acceptable, c'est inquiétant, c'est une erreur de jugement», a renchéri le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, qui s'en remet aux enquêtes policières pour déterminer la suite à donner au cas du maire
Le député de Québec solidaire, Amir Khadir, juge pour sa part «décevant» et «dangereux» le comportement de M. Coderre.
«C'est là le problème des libéraux, c'est là le problème des politiciens traditionnels, a dénoncé M. Khadir. Ils n'ont pas une compréhension des règles de déontologie et d'éthique politique.»
Coiteux prudent
Le ministre des Affaires municipales et responsable de la Métropole, Martin Coiteux, a réagi avec prudence aux agissements passés du maire. Il s'est gardé de commenter directement son comportement.
«Il vous a expliqué la situation, il vous a donné sa version des faits, a réagi M. Coiteux. Maintenant moi, je n'ai rien d'autre à ajouter.»

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Bombardier: les libéraux rejettent les résolutions de l'opposition

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Publié le 04 avril 2017 à 13h57 | Mis à jour à 18h04
Le pdg de Bombardier Alain Bellemare et le... (La Presse Canadienne, Ryan Remiorz)
Le pdg de Bombardier Alain Bellemare et le président du conseil d'administration, Pierre Beaudoin
LA PRESSE CANADIENNE, RYAN REMIORZ
(Québec) Le gouvernement Couillard a rejeté mardi chacune des trois résolutions des partis d'opposition le pressant d'exiger l'annulation des hausses de salaire faramineuses qu'ont décidé de s'octroyer les hauts dirigeants de Bombardier.
Le Parti québécois reviendra à la charge mercredi. Cette fois, une procédure parlementaire obligera chacun des élus libéraux à se prononcer. Ce mardi, aucun n'a eu à voter. Les résolutions des partis d'opposition ont pu être rejetées sans qu'elles soient soumises au vote.
Il en sera différemment mercredi, se réjouit le chef péquiste, Jean-François Lisée. Il se dit convaincu que de nombreux députés libéraux partagent l'indignation des Québécois.
Même si c'était le cas, la «ligne de parti» devrait prévaloir, cela dit.
Les trois résolutions rejetées mardi étaient sur le même thème, mais avaient des visées différentes :
Celle du Parti québécois invitait l'Assemblée nationale à «demander à tous les dirigeants de Bombardier de renoncer à l'augmentation de leur rémunération pour 2016», et le premier ministre Philippe Couillard à leur en faire formellement la demande.
Rappelant «l'investissement historique de 1,3 milliard$ du Québec dans le projet C-Series», celle de la Coalition avenir Québec réclamait «la présence d'un membre désigné par le gouvernement au sein du conseil d'administration de Bombardier».
Attention, celle de Québec solidaire n'a pas seulement été rejetée par le gouvernement; elle n'a pas trouvé grâce aux yeux du Parti québécois, non plus qu'à ceux de la Coalition avenir Québec. Elle allait plus loin que les leurs.
Elle demandait que «le gouvernement rende toute aide financière accordée aux grandes entreprises privées conditionnelle au plafonnement de la rémunération des dirigeants». Même s'il n'y a pas eu de vote, la députée indépendante Martine Ouellet l'a soutenue.
Amir Khadir a estimé que M. Lisée ne tire pas les conséquences d'un exemple qu'il a lui-même présenté. Le chef du PQ a rappelé que lorsque Barack Obama a sauvé l'industrie automobile américaine, il a exigé que les salaires de ses hauts dirigeants soient plafonnés à 500 000$ par année.
En point de presse, plus tôt en journée, Jean-François Lisée s'était dit favorable à une discussion publique sur les salaires de certains hauts dirigeants. «Il faut avoir, au Québec comme ailleurs, une discussion publique pour dénormaliser ces salaires fous. En ce moment, ils les ont normalisés. Il faut les dénormaliser.»
«Si, et seulement si», dit Couillard
Philippe Couillard a tenu à dire qu'il a communiqué à la direction de Bombardier la «grande déception» et la «frustration» ressenties par les Québécois.
Il soutient que son gouvernement n'a pas à lui demander quoi que ce soit de plus depuis qu'elle a fait savoir, dimanche, qu'elle reportait les augmentations décriées de 2019 à 2020.
Elles «ne seront versées que si, et seulement si, l'entreprise accroît ses activités», a-t-il insisté. Davantage «d'argent qui rentre dans Bombardier, c'est plus d'impôts pour payer nos services publics; plus d'avions fabriqués, c'est plus d'emplois chez nous», a-t-il ajouté.
Cherchant à enfoncer le clou, le PQ a par ailleurs noté qu'à la fin février, le gouvernement a «harmonisé» l'imposition des options d'achat d'actions avec le reste du Canada.
Résultat : au-delà de leur rémunération déjà jugée scandaleuse, les six plus hauts dirigeants de Bombardier, parmi lesquels Pierre Beaudoin et Alain Bellemare, épargneront plus de 566 000$ en impôts sur leurs options d'achat. Si, et seulement si, l'entreprise réalise ses objectifs, a toutefois précisé le ministre des Finances, Carlos Leitão.
L'abaissement du taux d'imposition des options d'achat d'actions a été décidé pour «inciter les dirigeants d'entreprises à rester au Québec ou à venir s'y installer», ont indiqué MM. Leitão et Couillard.

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vendredi, février 17, 2017

Report d'un crédit d'impôt aux aînés: Québec fait marche arrière

http://www.lapresse.ca/actualites/politique/politique-quebecoise/

Publié le 16 février 2017 à 11h20 | Mis à jour le 16 février 2017 à 17h28
Le gouvernement Couillard fait marche arrière devant le tollé suscité par des... (PHOTO ROBERT SKINNER, archives LA PRESSE)
PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE
PATRICE BERGERON
La Presse Canadienne
Québec
Le gouvernement Couillard fait marche arrière devant le tollé suscité par des changements fiscaux qui allaient pénaliser des personnes âgées. Ce faisant il devra faire une croix sur 38 millions de revenus potentiels au Trésor.
Après avoir tenu le cap depuis quelques jours malgré des accusations d'insensibilité provenant de l'opposition, le gouvernement mettra en place des mesures afin d'atténuer l'impact du report d'un crédit d'impôt de 500 $ qui était offert aux aînés de 65 ans et plus. Cependant, il ne peut garantir que les sommes seront pleinement rendues à tous les aînés.
Québec avait décidé de rehausser graduellement de 65 à 70 ans le seuil d'admissibilité de ce crédit d'impôt pour l'âge, dans le but d'inciter les aînés à travailler plus longtemps.
Jeudi, à l'Assemblée nationale, le premier ministre Philippe Couillard a montré les premiers signes de fléchissement, après plusieurs jours d'attaques des partis d'opposition avec des mots très durs. Autant le Parti québécois que la Coalition avenir Québec l'accusaient d'être «déconnecté de la réalité» et «insensible» au sort des plus vulnérables.
«Il y a lieu de faire l'évaluation non pas de la mesure de rétention au travail, qui est une mesure d'incitation qu'il faut absolument garder, mais de l'autre mesure (l'abolition du crédit d'impôt) qui venait de la commission (sur la fiscalité de Luc) Godbout, a déclaré le chef libéral. Il y a certainement lieu de l'étudier avec attention.»
À la sortie du Salon bleu après la période de questions, le ministre des Finances, Carlos Leitão, a été plus clair. Il a reconnu qu'il y avait «certaines brèches» à colmater.
«C'est possible que certaines personnes plus vulnérables, à plus bas revenus, qui ont 65, 66, 67 ans, soient affectées négativement, a-t-il déclaré. Au prochain budget, nous allons mettre en place des mesures additionnelles, pour compenser ces personnes, de telle façon qu'il n'y aurait pas de pertes.»
Les personnes de 66 ans sont privées du crédit d'impôt cette année - elles seraient 18 000 - et l'an prochain ce serait au tour des gens de 67 ans, et ainsi de suite, mais une formule qui reste à déterminer, d'une valeur équivalente à 500 $, sera donc élaborée dans le budget de mars, avec possiblement aussi une rétroactivité.
Le ministre n'a pu garantir toutefois qu'il n'y aurait aucune perte pour certains contribuables âgés, car seuls les plus vulnérables seront bénéficiaires des ajustements.
À terme, le gouvernement espérait ponctionner 267 millions supplémentaires chez les personnes âgées une fois le crédit d'impôt repoussé à 70 ans. Cette année, la somme récupérée par le Trésor devait avoisiner les 38 millions.
Les libéraux plaidaient en revanche qu'ils bonifiaient le programme pour travailleurs d'expérience, à 373 millions, en abaissant le seuil d'admissibilité de 65 à 62 ans.
De son côté, l'opposition officielle estime qu'il ne s'agit pas vraiment d'un recul du gouvernement. Le porte-parole péquiste en matière d'emploi, de solidarité sociale et de lutte à la pauvreté, Harold LeBel, demande le plein rétablissement du crédit d'impôt pour l'âge.
«Le ministre essaie de faire passer ça pour un recul, dit qu'il va essayer d'amener des mesures de compensation, sans nommer ces mesures de compensation, a dit M. LeBel en conférence de presse. Personne n'est dupe. Il n'y a pas de recul là-dedans. On continue notre bataille. On veut qu'il recule pour de vrai et qu'il comprenne le bon sens.»

jeudi, février 09, 2017

Québec veut se rapprocher de Bouchard-Taylor

http://www.lapresse.ca/actualites/politique/politique-quebecoise/

EXCLUSIF
Publié le 09 février 2017 à 05h00 | Mis à jour à 05h00

Denis Lessard
DENIS LESSARD
La Presse
(Québec) Le gouvernement Couillard cherche une avenue pour se rapprocher des recommandations du rapport Bouchard-Taylor et donner plus de muscle au projet de loi 62, qui vise à proscrire le port du voile intégral pour donner ou recevoir des services publics.
Selon les informations obtenues par La Presse, on a planché sur une voie de passage qui ferait en sorte que le port de signes religieux serait interdit aux employés qui ont un «pouvoir de coercition» et qui doivent porter un uniforme - les policiers et les gardiens de prison tombent dans cette catégorie.
En revanche, en raison de l'indépendance du système judiciaire, les juges ne pourraient être soumis à cette directive. L'absolue indépendance des magistrats est même garantie dans la Charte des droits de l'homme, a rappelé hier un membre du gouvernement.
Mais du point de vue légal, des obstacles paraissent encore insolubles, la liberté de culte étant inaliénable du point de vue de la Charte canadienne des droits et libertés. Certains proposent de faire un renvoi à la Cour d'appel pour tester la solution envisagée.
Le gouvernement Couillard voudrait donner plus de muscle... (PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE)
Le gouvernement Couillard voudrait donner plus de muscle au projet de loi 62 en interdisant les signes religieux aux employés qui ont un «pouvoir de coercition» et qui doivent porter un uniforme, comme les policiers et les gardiens de prison.
PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE
Proposition de compromis
La réflexion du gouvernement survient après une proposition de compromis soumise mardi par François Legault, chef de la Coalition avenir Québec (CAQ). La CAQ est prête à laisser tomber l'interdiction de signes religieux pour les enseignants et à revenir à la proposition de la commission Bouchard-Taylor, dans l'espoir de dégager un consensus. La CAQ maintiendrait cette disposition pour les enseignants dans son programme électoral. Le chef péquiste Jean-François Lisée avait aussi indiqué qu'une entente serait possible si Québec se rangeait derrière la proposition faite par la commission lancée il y a 10 ans maintenant.
Mais en dépit de ces propositions de compromis, Philippe Couillard avait soutenu qu'il restait sur ses positions. «Encore une fois, on est en train de mettre sur la table un débat sur un enjeu inexistant», avait-il affirmé. La position du gouvernement, jusqu'ici, était une totale liberté pour les juges, les policiers ou les gardiens de prison qui souhaiteraient porter des signes religieux visibles. Le refus de Philippe Couillard de saisir au bond l'offre de compromis a été critiqué par bien des observateurs.
Cette déclaration avait fait bondir le sociologue Gérard Bouchard. En entrevue à Radio-Canada, M. Bouchard a soutenu qu'au contraire, il est «urgent» d'intervenir «de manière énergique», même si c'est «préventif». «On se retrouverait en pleine soupe, encore une fois», si des juges ou des policiers décidaient de porter un signe religieux quand ils sont en fonction, a-t-il observé.
Possibilité de renvoi à la cour d'appel
La position du gouvernement est en mouvance. «On est en train de regarder ça», observe-t-on. La capacité du gouvernement employeur de prescrire l'uniforme pour les policiers et les gardiens de prison pourrait lui permettre de proscrire le port de signes religieux, croit-on. «Quand une autorité hiérarchique peut prescrire un code vestimentaire, cela pourrait faire l'objet de réglementation», explique-t-on au gouvernement.
Mais les experts constitutionnels croient qu'une telle disposition serait inévitablement testée par les tribunaux. «Mais cela pourrait prendre plusieurs années avant que la cour se penche là-dessus.» La Cour suprême a déjà indiqué que le port du turban pour un agent sikh de la Gendarmerie royale du Canada était légal, et la jurisprudence est tout aussi claire pour le port de la kippa juive.
Québec pourrait décider de soumettre de lui-même l'orientation choisie à sa Cour d'appel - seul le fédéral peut faire un renvoi directement à la Cour suprême. Cependant, les tribunaux n'aiment pas être ainsi consultés sur un principe en l'absence de faits pour donner du contexte à la requête.
Le port d'un uniforme est considéré comme une limite raisonnable à la liberté d'expression, mais le port du voile touche à la liberté de culte. Québec avait déjà soumis à la Cour d'appel le rapatriement de la Constitution du gouvernement Trudeau en 1981, ainsi que les dossiers plus récents du registre des armes à feu et de la commission nationale des valeurs mobilières.
Bientôt une nouvelle version
Le projet de loi 62 aura besoin d'une révision en profondeur pour apporter des précisions sur ce que peut interdire le gouvernement tout en restant conforme à la Charte canadienne. L'interdiction du voile intégral n'est pas vulnérable en cour - conformément à l'article 1 de la Charte canadienne ou à l'article 10 de la Charte québécoise, on pourrait plaider qu'il s'agit d'une limite « raisonnable » au nom de la sécurité.
Le dépôt de la nouvelle version du projet de loi devrait survenir d'ici deux ou trois semaines, indique-t-on.
Ironiquement nouveau chef du PLQ à l'automne 2013, Philippe Couillard avait jonglé avec le scénario des employés qui «portent des uniformes». Le but était encore là de se rapprocher des propositions de la commission Bouchard-Taylor, à l'exception des dispositions sur les magistrats. Avant de toucher aux juges, Philippe Couillard voulait avoir l'avis du Conseil de la magistrature. Ce virage avait été envisagé après qu'on eut constaté un clivage important chez les députés libéraux.
À l'époque dans l'opposition, le «caucus rural» exerçait des pressions pour que Philippe Couillard abandonne une position théorique, plus légaliste; des députés qui avaient été battus par l'ADQ en 2007 prônaient une position plus politique, plus proche de ce que suggérait Bouchard-Taylor. Chef de l'opposition à l'époque, Philippe Couillard avait fini par repousser cette avenue, influencé par les avocats du caucus - Jean-Marc Fournier, Marc Tanguay et Pierre Moreau -, des tenants de la liberté totale pour ces figures d'autorité.

mercredi, février 08, 2017

Québec va porter plainte au Washington Post

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Publié le 08 février 2017 à 15h29 | Mis à jour à 15h29

Martin Croteau
MARTIN CROTEAU
La Presse
(QUÉBEC) Le gouvernement Couillard va porter plainte au Washington Post, qui a publié la semaine dernière un texte d'opinion qui présente le Québec comme une société violente et raciste.
La ministre des Relations internationales, Christine St-Pierre, a confirmé mercredi qu'elle va écrire à la direction du quotidien. Quelques heures plus tôt, l'Assemblée nationale avait adopté à l'unanimité une motion du Parti québécois qui appelait le gouvernement à défendre la réputation du Québec.
« On est tout simplement choqués de voir qu'il comprenait vraiment mal le Québec », a convenu Mme St-Pierre.
Son gouvernement a hésité avant d'écrire au Washington Post pour éviter de faire davantage de publicité au chroniqueur de Vancouver qui a signé le texte, J.J. McCullough. Mais il a néanmoins appuyé l'initiative péquiste et compte y donner suite.
Mme St-Pierre a souligné que ce texte tranche avec l'éditorial élogieux du New York Times sur la manière dont Philippe Couillard a réagi à la tuerie au Centre culturel islamique de Québec.
Dans son texte paru le 1er février, M. McCullough recense les tueries qui se sont produites dans la province au cours des dernières années. Il relate les critiques de « Canadiens anglais » qui considèrent que le nationalisme fait du Québec un lieu « inhospitalier, arrogant et, oui, sensiblement plus raciste que la norme canadienne ». 
Le gouvernement québécois a hésité avant d'écrire au Washington... (PHOTO MANDEL NGAN, AFP)
Le gouvernement québécois a hésité avant d'écrire au Washington Post pour éviter de faire davantage de publicité au chroniqueur de Vancouver qui a signé le texte, J.J. McCullough.PHOTO MANDEL NGAN, AFP
Ulcéré, le député du Parti québécois, Stéphane Bergeron, a présenté la motion qui a été adoptée au Salon bleu mercredi. Il a dit espérer que le gouvernement agira rapidement pour faire connaitre son mécontentement au prestigieux quotidien.
« Le gouvernement libéral a accepté de s'associer à cette motion et j'espère qu'ils se sentent liés par la motion de l'Assemblée nationale et que, conséquemment, il y aura des suites », a affirmé M. Bergeron.
Dans l'intervalle, un autre Québécois a pris la plume pour dénoncer les commentaires de J.J. McCullough. L'ancien attaché de presse de Stephen Harper, Carl Vallée, a fait paraitre un texte dans le Washington Post pour lui donner la réplique.  
« Le fait de blâmer les actions d'un terroriste sur les efforts légitimes du Québec pour protéger sa langue, sa culture et son patrimoine est méprisable », résume M. Vallée dans son texte paru mercredi.
Le Bloc québécois avait présenté la semaine dernière une motion à la Chambre des communes pour dénoncer le texte, mais il n'avait pas obtenu le consentement unanime des députés pour en débattre.

vendredi, février 03, 2017

Un sous-ministre congédié sur fond de tensions

http://www.lapresse.ca/actualites/education/

Publié le 02 février 2017 à 10h00 | Mis à jour le 02 février 2017 à 10h00

TOMMY CHOUINARD
La Presse
Des remous secouent une fois de plus le ministère de l'Éducation. Un sous-ministre vient d'être congédié au moment où des tensions se manifestent dans la réforme des pouvoirs au sein du réseau scolaire.
Yves Sylvain a perdu son poste de sous-ministre adjoint mardi. Le cabinet du ministre Sébastien Proulx confirme qu'il y a eu « résiliation de son contrat de travail ». Il est peu loquace sur les motifs de la décision. « On est en réaménagement au sein de l'organisation du ministère », s'est contentée de dire l'attachée de presse Marie B. Deschamps. Ce ministère en a connu beaucoup dans les deux dernières années.
Nommé en juillet 2015, sous le règne du ministre François Blais, M. Sylvain, 59 ans, était responsable des secteurs primaire et secondaire. Cet ancien directeur général de la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys relevait de la sous-ministre en titre, Sylvie Barcelo - en poste depuis juin 2015 -, et, bien entendu, de Sébastien Proulx. Il était chargé de mettre en place les changements à l'organisation du réseau scolaire prévus au projet de loi 105, adopté en novembre dernier.
La réforme prévoit une décentralisation de pouvoirs des commissions scolaires vers les écoles, mais celle-ci est moins importante que ce qu'avait proposé le gouvernement Couillard au départ.
Il y a toutefois de la résistance dans la mise en oeuvre des changements, selon des sources qui ont requis l'anonymat. Yves Sylvain avait convoqué les acteurs du réseau de l'éducation la semaine dernière pour discuter, entre autres, de la mise en place d'un comité de répartition des ressources dans chaque commission scolaire, comme le prévoit la réforme. Les directeurs d'école y seront majoritaires, ce qui signifie une perte d'influence pour les commissaires. Ce comité sera chargé « d'établir les objectifs et les principes de la répartition annuelle des revenus » de la commission scolaire entre les écoles, prévoit la loi.
Or, selon des sources, des représentants des commissions scolaires ont pris la décision de ne pas participer à cette rencontre. Celle-ci a été annulée. La Fédération des commissions scolaires du Québec n'a pas voulu faire de commentaires.
Yves Sylvain a perdu son poste de sous-ministre... (Photo fournie par la Commission Scolaire Marguerite-Bourgeoys)
Yves Sylvain a perdu son poste de sous-ministre adjoint mardi. Il était chargé de mettre en place les changements à l'organisation du réseau scolaire prévus au projet de loi 105, adopté en novembre dernier.
PHOTO FOURNIE PAR LA COMMISSION SCOLAIRE MARGUERITE-BOURGEOYS
INQUIÉTUDE PALPABLE
Au cabinet du ministre Proulx, on affirme que la rencontre a été reportée « compte tenu du contexte lié au réaménagement », « pas pour une question de frictions entre les organisations ».
La Fédération des comités de parents n'a pas voulu commenter les circonstances du départ d'Yves Sylvain, mais elle a souligné que « son attention et son respect pour les parents ont toujours été appréciés ». « Ceci dit, le ministre a adopté une nouvelle loi et on s'attend à ce qu'il mette tout en oeuvre pour poursuivre les changements nécessaires à son application », a affirmé par courriel la présidente, Corrine Payne. L'inquiétude est palpable quant à l'avenir de la réforme.
Anne-Marie Lepage succède à Yves Sylvain, a précisé le gouvernement. Elle faisait déjà partie de la direction du ministère de l'Éducation, à titre de sous-ministre adjointe aux Relations extérieures et Services aux anglophones et aux autochtones.

samedi, juin 11, 2016

Une session à oublier pour les libéraux

http://www.lapresse.ca/actualites/politique/politique-quebecoise/

Publié le 11 juin 2016 à 05h00 | Mis à jour à 07h11
Les périodes de questions jusqu'à la fin de... (Photo Jacques Boissinot, archives La Presse Canadienne)
PHOTO JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE
Les périodes de questions jusqu'à la fin de la session parlementaire auront porté sur les fausses balles du gouvernement Couillard.

Denis Lessard
DENIS LESSARD
La Presse
(Québec) ANALYSE - « Cela fait un peu désordre. » La formule lumineuse de Jean-François Lisée s'applique parfaitement en cette fin de session parlementaire où le gouvernement Couillard, constamment malmené, n'est pas parvenu à imposer son ordre du jour.
À quelques pouces du fil d'arrivée, de l'ajournement pour l'été, le leader parlementaire Jean-Marc Fournier en était réduit hier à redémarrer une nouvelle journée à l'Assemblée, pour faire adopter, finalement avec un bâillon, le projet de loi 100 sur l'industrie du taxi. Un amendement apporté à la onzième heure a fait éclater toutes les ententes convenues avec l'industrie du taxi et les partis de l'opposition.
Québec a eu beau multiplier les projets de loi, les annonces au cours des derniers jours, les périodes de questions jusqu'à la fin auront porté sur les fausses balles du gouvernement Couillard : la vente de Rona, les déboires de l'ex-ministre Sam Hamad et les rapports falsifiés du ministère des Transports. Retour sur quelques acteurs clés de cette session mouvementée.
L'image du général
Le premier ministre tient à maintenir le ton serein du chef de gouvernement. Quand les caméras sont parties, il est clair qu'il commence à en avoir assez. Il sort particulièrement éclopé de la saga des documents falsifiés au ministère des Transports.
Les voyants rouges avaient été allumés bien avant que l'affaire n'éclate au grand jour. Le défilé en commission parlementaire de Mmes Louise Boily et Annie Trudel a fait grand bruit, mais au bout du compte, de quoi parle-t-on ? De contrats scindés pour passer sous la barre des 25 000 $, de retraités qu'on réembauche comme consultants.
Quand ils sont évoqués dans les rapports du vérificateur, ces problèmes font bâiller les journalistes. Mais quand on y ajoute une sous-ministre contrôlante qui s'inquiète de son image, des employés politiques négligents et une bonne couche de mystère et d'opacité, avec des documents modifiés... tous les ingrédients sont là pour conférer à Philippe Couillard l'image d'un général qui a perdu le contrôle de son armée.
Les manœuvres de Robert Poëti dans le dossier... (Photo Jacques Boissinot, archives La Presse Canadienne) - image 2.0
Les manœuvres de Robert Poëti dans le dossier du MTQ lui auront valu la faveur du public.
PHOTO JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE
L'affaire Poëti
Vaniteux... un peu, colérique... beaucoup. Robert Poëti n'a jamais accepté d'être évincé du Conseil des ministres, fin janvier, officiellement pour y faire entrer une femme de plus, Rita de Santis. Il doit fulminer quand il la voit, sans gouvernail, incapable de donner une réponse intelligible à l'Assemblée nationale.
Ses manoeuvres dans le dossier du MTQ lui auront valu la faveur du public, mais ce ne sera pas suffisant pour le ramener au Conseil des ministres. Les déboires de son analyste Annie Trudel au Ministère étaient prévisibles, la machine l'a rejetée comme un corps étranger. Louise Boily, l'auditrice du Ministère, a souligné publiquement que ses doléances ne parvenaient pas au ministre Poëti, bloquées par son chef de cabinet Martin Massé.
Dans les officines, les mandarins avancent que Mme Boily n'a jamais digéré que les vérificateurs qu'elle avait déployés en région deviennent des « professionnels en contrôle de processus », échappant du même coup à sa férule.
Hamad devra attendre
Personne ne peut douter de l'intégrité de Sam Hamad. Mais par manque de jugement et excès de candeur, il peut se mettre dans le pétrin.
C'est ce qui est arrivé dans le dossier Premier Tech, l'entreprise qui attendait des subventions de Québec. Enivré par son amitié avec le radioactif Marc-Yvan Côté, Hamad a tout fait pour aider la société - dont le projet tenait la route par ailleurs. Pour Hamad, « tout faire » a vite voulu dire trop faire. Le rapport du Commissaire à l'éthique est impitoyable. 
Philippe Couillard veut ramener ce lieutenant de la première heure au Conseil des ministres, mais ce n'est pas pour demain. Il devra attendre le moment opportun.
Daoust dans la tourmente
Néophyte en politique, Jacques Daoust avait durement encaissé sa rétrogradation du Développement économique aux Transports. Puis il semblait avoir repris pied, jusqu'à ce que tout s'écroule autour de lui.
Il a dû avaler l'amendement de dernière minute sur l'industrie du taxi qu'a imposé le cabinet de Philippe Couillard  : le « projet pilote » pourra fonctionner avec deux types de chauffeurs, ce qui est contraire aux engagements pris par le ministre auprès de l'industrie et des partis de l'opposition.
Le dossier de l'aide à Bombardier n'est toujours pas réglé, on s'interroge sur le niveau de risque auquel s'exposerait Québec en cas d'échec sans bénéficier des gains si l'entreprise prospère.
Mais c'est le rôle de Jacques Daoust dans la vente des actions de Rona qui l'aura le plus touché. Deux ans plus tard, les procès-verbaux d'Investissement Québec, signés par son ami Louis Roquet, le président du conseil, le plongent dans l'embarras. On y a consigné que non seulement le ministre Daoust avait été informé de la vente, mais qu'Investissement Québec avait demandé sa bénédiction, lui qui soutenait n'en avoir jamais entendu parler.
Gaudreault s'impose
Depuis l'arrivée du député de Jonquière comme chef intérimaire du PQ, personne n'a versé de larmes sur le départ de Pierre Karl Péladeau. Gaudreault est autrement plus efficace que son prédécesseur à la période des questions à l'Assemblée nationale. Même s'il n'a pas la même prestance, qu'il porte obstinément des chemises à carreaux avec ses complets, il connaît au moins la joute parlementaire et il écoute la réponse avant de lancer une nouvelle question.
Ancien ministre des Transports, il a dû se garder une petite gêne dans la controverse des documents « falsifiés » - avec une pointe de démagogie, Bernard Drainville s'en est bien occupé. Mais quand Gaudreault a brandi en Chambre les procès-verbaux d'Investissement Québec qui incriminaient Jacques Daoust, les libéraux ont compris que la journée serait longue.
Legault sur une montée
Le chef de la CAQ entraîne son parti sur une montée lente mais sûre dans l'opinion publique. Ses interventions sur les sièges sociaux, l'emploi, l'éducation lui permettent de marquer des points. Les députés péquistes font parler d'eux surtout pour l'éventail des nuances de leur démarche référendaire. L'arrivée d'un chef au PQ, surtout s'il est un souverainiste mou, aura un impact négatif sur la popularité de la CAQ. Le vrai test de François Legault sera la partielle de Saint-Jérôme, la circonscription laissée vacante par Pierre Karl Péladeau, détenue auparavant par le caquiste Jacques Duchesneau. Philippe Couillard ne se pressera pas pour déclencher une partielle dans cette circonscription perdue d'avance. Legault doit faire oublier le résultat humiliant de son parti dans la partielle de Chicoutimi, où sa candidate n'a même pas eu assez de votes pour se faire rembourser ses dépenses électorales.
Un honneur pour David
La co-porte-parole de Québec solidaire en est à son dernier mandat. Elle aura l'honneur d'avoir fait adopter un projet de loi émanant d'un député, chose rare à l'Assemblée nationale. Sa loi empêchera les propriétaires d'évincer leurs locataires âgés. Sa collègue Manon Massé a également joué un rôle déterminant pour l'adoption d'un projet de loi permettant aux jeunes de changer d'identité sexuelle, une demande de longue date de la communauté LGBT.

jeudi, juin 02, 2016

Couillard donne de nouvelles responsabilités à Poëti


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PUBLIÉ LE MERCREDI 1 JUIN 2016 À 20 H 45
L'ancien ministre des Transports Robert Poëti et le premier ministre du Québec Philippe Couillard
L'ancien ministre des Transports Robert Poëti et
le premier ministre du Québec Philippe Couillard 
 
PHOTO : JACQUES BOISSINOT
Le gouvernement Couillard s'apprête à donner de nouvelles responsabilités à l'ancien ministre des Transports du Québec Robert Poëti. Le député libéral de Marguerite-Bougeoys pilotera un groupe de travail pour aider les jeunes entrepreneurs à mieux accéder aux marchés publics.
Le groupe que M. Poëti présidera sera formé de plusieurs députés et aura pour mission d'aider les jeunes entrepreneurs à accéder aux marchés publics, selon le PDG du Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec, Monsef Derraji.
« C'est un groupe de travail, si j'ai bien compris, loin de la bureaucratie actuelle, chapeauté par des députés, pour trouver des solutions. Comment permettre à de jeunes entrepreneurs de bénéficier du marché du gouvernement, donc du marché des contrats. M. Couillard nous a promis qu'il y aura un groupe de travail où il y a de jeunes députés, sensibles à cette question. Et ce groupe de travail sera présidé par M. Poëti », a exposé M. Derraji.
De ministre à député
Robert Poëti a été ministre des Transports du Québec de 2014 à 2016 avant d’être écarté de ce ministère et exclu du nouveau Conseil des ministres formé en janvier dernier. Il a été remplacé par Jacques Daoust.
Or, depuis quelques jours, le député fait les manchettes en lien avec son ancien poste, alors que des allégations d’« irrégularités » au ministère des Transports placent le gouvernement sur la sellette.
Dans une lettre rendue publique, écrite par M. Poëti à l’attention de son successeur, trois mois après avoir perdu son poste, le ministre déchu témoignait de son impatience face au fait qu'« aucune requête provenant du cabinet, ou du nouveau ministre, pour faire une transition ou, minimalement, pour s'informer des dossiers qui étaient en cours ou sur le point d'être traités n'a été signifiée ».
À l’époque où il était ministre, M. Poëti avait embauché une ex-enquêteuse de l’UPAC, Annie Trudel, pour s’assurer de l’intégrité du ministère, de ses employés et de ses processus, et pour s'assurer de la conformité des attributions de contrats. Or, Mme Trudel a démissionné du ministère dirigé désormais par Jacques Daoust en critiquant le manque de collaboration du nouveau cabinet. La lettre de démission d’Annie Trudel a été publiée dans les médias.
À l’Assemblée nationale, l'opposition a laissé entendre ces derniers jours que le ministre Poëti avait été démis de ses fonctions en janvier pour étouffer ces affaires, ce que le premier ministre Philippe Couillard et Robert Poëti ont tous deux démenti.