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samedi, mars 18, 2017

SONDAGE Québec solidaire gruge des appuis au Parti québécois

http://www.ledevoir.com/politique/

18 mars 2017 |Stéphane Baillargeon | Québec
Gabriel Nadeau-Dubois
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir
Gabriel Nadeau-Dubois

À gauche, il était attendu un peu comme le messie, et le miracle semble se produire.

L’entrée en scène politique pour Québec solidaire de l’ex-leader étudiant Gabriel Nadeau-Dubois se mesure concrètement par une hausse spectaculaire des intentions de vote pour cette formation.

QS passe à 14 % des voix possibles dans tout le Québec, selon un sondage réalisé pour Le Devoir par la firme Léger. Il s’agit d’un bond de cinq points depuis janvier. Aux élections de 2012, QS a fait le plein de 8 % des suffrages exprimés.

La progression se fait au détriment du PQ, qui recule de 4 parts, de 29 % à 25 %. Les libéraux trônent encore en tête à 34 % (+2) des intentions de vote. La CAQ est à 23 % (+1).

Le buzz solidaire s’arrime à plusieurs semaines de visibilité accrue et positive pour QS. Par exemple avec la couverture du retrait de la vie politique de Françoise David, députée de Gouin, que M. Nadeau-Dubois veut maintenant remplacer à l’Assemblée nationale. La cofondatrice de QS est une figure politique très respectée du Québec, y compris par ses adversaires.

La lutte menée par l’autre députée de QS Manon Massé pour éviter l’élimination de la carte électorale de sa circonscription montréalaise de Sainte-Marie–Saint-Jacques a aussi été très relayée médiatiquement. La question du sondage sur les intentions de vote parlait d’ailleurs de « Québec solidaire de Manon Massé », puisqu’elle en est la porte-parole par intérim.
  
Les réponses favorables au parti de gauche ont donc augmenté de 55 % en quelques semaines. La formation bondit aussi pour la première fois au-dessus du seuil des 10 % dans toutes les régions du Québec. Six points seulement séparent maintenant le PQ (22 %) et QS (16 %) dans la région de Montréal.

« Les libéraux attirent entre 31 et 35 % des intentions de vote dans les sondages depuis presque deux ans, fait observer Christian Bourque, vice-président directeur de Léger. Dans les faits, leur avance est plus significative, puisque le PQ, la deuxième formation, recule de quatre points. On peut aussi penser que les votes gagnés par QS viennent du PQ. Il semble y avoir un vase communicant entre les deux formations. »

Tous des traîtres

Gabriel Nadeau-Dubois, souvent surnommé GND, a annoncé le jeudi 9 mars qu’il briguera l’investiture pour QS dans la circonscription de Gouin, laissée libre par la retraite de Françoise David. En seulement cinq jours de politique active, la jeune recrue de 26 ans a aussi permis à QS de recruter plus de 4000 nouveaux membres, ce qui correspond à une augmentation de 40 % de ses effectifs.

Le sondage révèle par contre que la figure réputée la plus radicale du Printemps érable de 2012 divise toujours la population. Le quart (23 %) des Québécois a de lui une opinion « plutôt favorable », mais une personne sur trois (33 %) dit le contraire. Un peu plus (37 %) disent ne pas assez le connaître pour se prononcer.

À la conférence de presse annonçant sa candidature, M. Nadeau-Dubois avait accusé la classe politique qui gouverne depuis trente ans d’avoir « trahi le Québec ». La formule a scandalisé d’anciens politiciens, dont l’ex-premier ministre Bernard Landry. Elle a tout de même fait mouche auprès d’une majorité de Québécois, selon le sondage.

Au total, 50 % des répondants se disent d’accord avec l’énoncé suivant : « Il faut sortir la classe politique qui nous gouverne depuis 30 ans, car elle a trahi le Québec. » Les trois quarts (74 %) des partisans de QS l’appuient, trois caquistes sur cinq (60 %), mais aussi 56 % des péquistes. Par contre, seul le quart (26 %) des libéraux se disent tout à fait (6 %) ou plutôt d’accord (20 %) avec la formule lapidaire.

Voici d’autres révélations du coup de sonde national :

Insatisfaction. Le pourcentage des électeurs insatisfaits du gouvernement Couillard grimpe encore, passant de 62 à 65 % en trois mois. Au total, 71 % des francophones se déclarent « très » ou « plutôt insatisfaits », et seulement 3 % d’entre eux se disent « très satisfaits ».

Changement. En plus, deux électeurs sur trois (63 %) souhaitent un changement de gouvernement aux prochaines élections et une personne sur cinq (20 %) pense le contraire. Plus d’un jeune sur quatre (28 %) ne sait pas quoi répondre devant cette alternative. Le PLQ au pouvoir n’est perçu comme la formation incarnant le changement que par 2 % de la population. Les trois autres partis (PQ, CAQ et QS) sont à égalité de ce point de vue avec environ le quart des voix favorables. « Une volonté de changement se manifeste, mais aucune formation n’incarne clairement ce changement », résume le vice-président Christian Bourque. « Il y a une division des voix, encore plus grande maintenant avec la montée de QS. »

Leaders. Qui ferait le meilleur premier ministre du Québec ? Les chefs des trois partis restent à peu près à égalité (selon la marge d’erreur) dans la perception populaire avec des scores de 18 % (Couillard), 17 % (Lisée) et 14 % (Legault). Manon Massé reçoit 7 % des appuis.

Indépendance. Le Non l’emporterait à 64 % à un référendum sur la souveraineté. Les francophones sont contre la sécession à 56 %. Les 45-54 ans (69 %) et les 18-24 ans (66 %) constituent les groupes d’âge les plus opposés à l’option.

Alliance. Les trois quarts (73 %) des péquistes et moins de la moitié (43 %) des solidaires souhaitent que les deux partis forment une alliance électorale. C’est un peu déjà le cas dans la circonscription de Gouin, où le PQ n’opposera aucun candidat à Gabriel Nadeau-Dubois, ce qui pourrait lui faciliter le chemin vers l’Assemblée nationale à l’élection partielle, pour laquelle aucune date n’est encore fixée.

vendredi, juin 10, 2016

SONDAGE LÉGER Le PLQ en baisse... et Poëti en hausse

http://www.ledevoir.com/politique/quebec/

10 juin 2016 |Marco Fortier
Le premier ministre Philippe Couillard est le politicien récoltant le plus haut score de «mauvaise opinion».
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne
Le premier ministre Philippe Couillard est le politicien récoltant le plus haut score de «mauvaise opinion».

Pour le gouvernement Couillard, c’est une session parlementaire à oublier. Le Parti libéral du Québec (PLQ) atteint un sommet d’insatisfaction et perd des points dans les intentions de vote, même auprès de sa base électorale de Montréal, révèle un sondage de la firme Léger mené pour Le Devoir et Le Journal de Montréal.

Comble de l’ironie, l’ex-ministre Robert Poëti, qui a sonné l’alarme au sujet des irrégularités au ministère des Transports du Québec (MTQ), est le membre le plus populaire du gouvernement Couillard, révèle le baromètre des personnalités politiques. Son successeur au MTQ, le ministre Jacques Daoust, figure au 60e et dernier rang des personnalités les plus estimées.

Le sondage, mené en ligne du 6 au 8 juin auprès de 990 électeurs québécois, confirme que la session parlementaire difficile du gouvernement Couillard a miné la confiance des électeurs. Le PLQ perd trois points dans les intentions de vote, à 32 %, à peu près le même résultat qu’au scrutin de septembre 2012 (31,2 %) remporté par le Parti québécois de Pauline Marois.

La baisse des appuis aux libéraux profite à la Coalition avenir Québec (CAQ) de François Legault, qui remonte de trois points à 24 %. Le Parti québécois (PQ), dirigé par un chef intérimaire depuis la démission-choc de Pierre Karl Péladeau, se maintient à 30 %. Et Québec solidaire reste figé à 10 %.

Le PQ domine tout de même chez les francophones, avec 37 % des intentions de vote, devant la CAQ (28 %) et le PLQ (21 %), ce qui lui donne un avantage sur ses adversaires en raison du nombre élevé de circonscriptions à prédominance francophone.

Fait à souligner, les libéraux ont perdu huit points en un mois dans la région de Montréal — leur fief électoral — où ils obtiennent 37 % des intentions de vote, contre 45 % en mai. Près de sept électeurs québécois sur 10 (68 %) sont insatisfaits du gouvernement, une grogne en hausse de quatre points depuis un mois.

« C’est une fin de session extrêmement difficile, c’est le moins qu’on puisse dire, pour le Parti libéral », dit Christian Bourque, vice-président et associé chez Léger.

Poëti populaire

Le baromètre des personnalités politiques, publié chaque mois de juin par Léger, montre que les temps sont durs pour le PLQ. L’élu libéral le plus populaire, Robert Poëti, figure au 18e rang des personnalités, toutes catégories confondues (fédérales, provinciales, municipales).

L’ancien ministre, démis de ses fonctions en janvier dernier par Philippe Couillard, a gagné huit points dans ce baromètre depuis juin 2015 ; 31 % des répondants ont une bonne opinion du député libéral, qui a dénoncé le mois dernier la lenteur du MTQ à réagir aux soupçons de malversation dans l’attribution de contrats.

À peine 7 % des électeurs ont une bonne opinion de Jacques Daoust, le successeur de M. Poëti aux Transports. Les trois personnalités politiques qui suscitent les opinions les plus défavorables des électeurs sont des membres importants du gouvernement Couillard : le premier ministre lui-même (dont 59 % des répondants ont une mauvaise opinion), le ministre de la Santé Gaétan Barrette (54 % ont une mauvaise opinion) et Sam Hamad (50 % ont une mauvaise opinion).

Ce jugement sévère des électeurs à l’endroit de membres influents du gouvernement montre l’ampleur du défi qui attend le chef libéral pour reconquérir l’électorat, estime le sondeur Christian Bourque. « Vivement l’été politique pour M. Couillard », dit-il.

Une session pénible

La session parlementaire doit prendre fin ce vendredi à Québec, après des jours mouvementés pour le gouvernement libéral. L’ancien ministre Robert Poëti a d’abord jeté un pavé dans la mare en affirmant le mois dernier que la direction du MTQ — un des plus importants donneurs de contrats publics au Québec — mettait bien peu d’empressement à donner le coup de barre qui s’impose dans ses relations avec ses fournisseurs, notamment les firmes de génie-conseil.

La sous-ministre des Transports, Dominique Savoie, a été démise de ses fonctions. Le chef de cabinet de Jacques Daoust a aussi été muté. Deux anciennes responsables des enquêtes internes au MTQ, Annie Trudel et Louise Boily, ont témoigné à leur tour, mercredi, du climat d’intimidation qui règne au sein du Ministère.

Comme si ce n’était pas assez, le ministre Daoust se démène pour expliquer des contradictions dans la façon dont Investissement Québec s’est départi de ses actions dans Rona, ce fleuron québécois passé aux mains du géant américain Lowe’s.

Cloutier et Hivon bien vus

À peine quatre élus de l’Assemblée nationale se classent parmi les 10 politiciens les plus populaires au Québec, indique le sondage. Les aspirants-chefs péquistes Véronique Hivon (6e rang) et Alexandre Cloutier (8e rang), ainsi que Françoise David, de Québec solidaire, (5e) et François Legault, de la CAQ, (7e) font ainsi le top 10 des personnalités. La députée Hivon a gagné 14 points en un an, signe que sa notoriété a augmenté depuis sa candidature à la chefferie du PQ, estime Christian Bourque, de Léger.

Justin Trudeau remporte la palme du politicien le plus populaire, avec 63 % d’opinions favorables. Le premier ministre du Canada a gagné 21 points depuis l’an dernier, quand il dirigeait le deuxième parti de l’opposition. Il détrône le maire de Montréal, Denis Coderre, au deuxième rang au palmarès des élus, avec 60 % d’opinions favorables (contre 69 % à pareille date l’an dernier). Le maire de Québec, Régis Labeaume, suit à 54 %, puis le chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair (qui a échoué son vote de confiance en avril), est 5e, à 50 %.

Fait inusité, plusieurs élus importants, à Québec et à Ottawa, sont d’illustres inconnus : 68 % des répondants ne connaissent pas le ministre David Heurtel, n’ont pas d’opinion à son sujet ou refusent de se prononcer. Ses collègues François Blais, Stéphanie Vallée, Geoffrey Kelley, Dominique Vien, Luc Fortin, Julie Boulet, Laurent Lessard et Dominique Anglade, notamment, sont aussi inconnus d’une bonne partie de la population, selon le sondage.

Un échantillon probabiliste de la taille de ce sondage (990 personnes) aurait une marge d’erreur de 3,1 % dans 19 cas sur 20.
Intentions de vote au provincial
 Mai 2016Aujourd'hui
PLQ35 %32 %
PQ30 %30 %
CAQ21 %24 %
QS10 %10 %
Autres4 %4 %

Source des encadrés : Sondage Léger-Le Devoir-Le Journal de Montréal-Le Journal de Québec mené en ligne les 6 et 8 juin 2016 auprès de 990 Québécois ayant le droit de vote. Un échantillon probabiliste de cette taille aurait une marge d’erreur de plus ou moins 3,1 % dans 19 cas sur 20.