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jeudi, janvier 26, 2017

Une taxe sur les produits mexicains pour payer le mur

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Publié le 26 janvier 2017 à 16h25 | Mis à jour à 18h11
Une partie du mur frontalier à Sunland Park,près... (PHOTO REUTERS)
Une partie du mur frontalier à Sunland Park,près de la ville mexicaine de Ciudad Juarez.
PHOTO REUTERS
JÉRÔME CARTILLIERSYLVAIN ESTIBAL
Agence France-Presse
Washington et Mexico
Le président des États-Unis Donald Trump envisage, entre autres possibilités, la mise en place d'une taxe sur les produits mexicains pour financer la construction d'un mur à la frontière qui a provoqué jeudi un pic de fièvre entre les deux immenses pays voisins.
En pleine discorde sur ce projet de mur, promesse emblématique du magnat de l'immobilier durant sa campagne, et sur la renégociation de l'accord de libre-échange ALÉNA, le président mexicain Enrique Pena Nieto a annulé sa visite à Washington, prévue dans moins d'une semaine.
Le porte-parole de la Maison-Blanche, Sean Spicer, a évoqué jeudi après-midi à bord de l'avion présidentiel Air Force One, la mise en place de cette taxe de 20% qui ferait partie d'une vaste réforme.
«En faisant cela, nous pouvons récolter 10 milliards de dollars par an et facilement payer pour le mur grâce à ce seul mécanisme», a-t-il déclaré, affirmant que ce projet avait été évoqué avec les élus de la Chambre des représentants comme du Sénat.
Quelques heures plus tard, il a partiellement fait machine arrière sur ses propos, affirmant qu'il s'agissait seulement d'une proposition parmi d'autres.
Donald Trump a signé mercredi un décret donnant le coup d'envoi, largement symbolique à ce stade, au projet de construction d'un mur renforcé le long de l'immense frontière avec le Mexique.
Commentant l'annulation de la rencontre avec son homologie mexicain, il a estimé qu'elle aurait été «stérile». La veille, M. Pena Nieto avait condamné l'initiative américaine qui, «au lieu de nous unir, nous divise».
«Nous allons maintenir les lignes de communication ouvertes», a tempéré le porte-parole de la Maison Blanche.
Le sénateur républicain Lindsey Graham a exprimé, avec une point d'humour, son profond désaccord avec ce projet de l'administration Trump: «Sécurité aux frontières, oui. Taxes aux frontières, non», a-t-il tweeté, rappelant que le Mexique était le troisième partenaire des États-Unis et qu'une guerre commerciale serait néfaste pour la croissance ses deux pays.
«Pour faire simple, toute politique entraînant une hausse des prix de la Corona, de la tequila et des margaritas est une très mauvaise idée», a-t-il ajouté, concluant d'un «Mucho Sad». 
«Un monde en colère»
Sur l'immigration illégale, véritable cheval de bataille de la nouvelle administration, Donald Trump a signé un autre décret mercredi pour appliquer plus sévèrement la législation.
Il prévoit de réduire les financements fédéraux de Washington pour les quelque 200 «villes sanctuaires» aux États-Unis qui accueillent depuis des décennies des immigrés clandestins.
Le président s'est attiré les foudres des maires démocrates de Los Angeles, New York ou Chicago. Ce dernier, Rahm Emanuel, ancien secrétaire général de la Maison-Blanche sous Barack Obama, a lancé: «Que vous soyez de Pologne, du Pakistan, de l'Inde, d'Irlande, d'Israël, du Mexique ou de Moldavie, vous êtes les bienvenus à Chicago».
Le président septuagénaire pourrait aussi décider, dans les jours à venir, de bloquer pendant un mois l'arrivée en Amérique de ressortissants de sept pays musulmans: Irak, Iran, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen.
Ce projet de décret présidentiel, que le quotidien Washington Post a publié mercredi, est intitulé «Protéger la nation d'attaques terroristes par des étrangers» et prévoit également l'arrêt complet pendant quatre mois du programme américain d'admission de réfugiés de pays en guerre.
Les Syriens, qui ont fui par millions le conflit dans leur pays, et dont seulement 10 000 ont été acceptés aux États-Unis en 2016, seraient, eux, définitivement interdits d'entrer.
L'administration Trump entend accepter 50 000 réfugiés cette année, toutes nationalités confondues, contre plus de 100 000 prévus par l'équipe Obama.
Elu sur des slogans de campagne isolationnistes et de lutte contre le «terrorisme islamique radical», le nouvel occupant de la Maison-Blanche a affirmé mercredi soir sur ABC qu'il fallait agir dans «un monde en colère».
«Ce n'est pas une interdiction contre les musulmans mais cela concerne des pays qui ont beaucoup de terrorisme», a-t-il affirmé, provoquant la colère des groupes de défense des droits de l'homme.
«Tourner le dos à des réfugiés vulnérables ne va pas protéger les États-Unis», a condamné l'ancien patron du centre national du contre-terrorisme, Michael Olsen, aujourd'hui membre de l'association Human Rights First. Au contraire, «cela va nourrir le récit mensonger de (l'organisation djihadiste) État islamique pour qui nous sommes en guerre contre les musulmans et non contre les groupes terroristes».

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