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jeudi, janvier 26, 2017

Trump et les républicains: pas encore sur la même longueur d'onde

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Publié le 26 janvier 2017 à 09h59 | Mis à jour à 09h59
À tout prix, les chefs républicains tentaient d'éviter... (Photo Associated Press)
À tout prix, les chefs républicains tentaient d'éviter de parler des tweets du président Donald Trump (photo), qui représentent à leurs yeux des distractions malvenues.
PHOTO ASSOCIATED PRESS
IVAN COURONNE
Agence France-Presse
Washington
Le président républicain Donald Trump participe jeudi au séminaire des républicains du Congrès à Philadelphie dans le but d'aligner les voix de la majorité et de l'exécutif sur les grandes réformes à venir.
Le parti républicain, qui contrôle tout le pouvoir à Washington, fait de son mieux depuis la victoire du milliardaire en novembre dernier pour mettre en valeur les points d'accord et minimiser les divergences qui existent notamment sur la santé, le budget, les infrastructures, ou tout simplement sur les prises de parole intempestives du nouveau président.
Ce dernier se rendra jeudi après-midi devant les élus de la Chambre des représentants et du Sénat réunis dans un hôtel de la grande cité de Pennsylvanie.
La Première ministre britannique, Theresa May, fera également le voyage jeudi, au moment où elle tâche d'esquisser les contours de la future relation commerciale entre les deux alliés. Elle verra Donald Trump vendredi à la Maison Blanche.
Le commerce, justement, est l'un des points d'achoppement idéologiques entre l'aile libre-échangiste du parti républicain, représentée par des figures comme Paul Ryan, le «speaker» de la Chambre, et la frange protectionniste incarnée par Donald Trump.
Parmi ses premiers actes présidentiels, l'homme d'affaires devenu président a retiré les États-Unis du traité de libre-échange transpacifique péniblement négocié par son prédécesseur Barack Obama, et qui n'avait d'ailleurs jamais été ratifié. Sa promesse de renégocier l'Accord de libre-échange nord-américain inquiète aussi à droite, et les parlementaires auront leur mot à dire au Congrès.
Tweets intempestifs
À tout prix, les chefs républicains tentaient d'éviter de parler des tweets du président, qui représentent à leurs yeux des distractions malvenues.
Il a par exemple annoncé mercredi sur le réseau social le lancement d'une «grande enquête» sur de prétendues fraudes électorales lors du scrutin présidentiel, lors duquel il affirme que jusqu'à cinq millions de personnes ont voté illégalement.
«Je n'ai pas vu de preuve», a dû répondre, mal à l'aise, le sénateur républicain John Thune à Philadelphie.
La persistance du président républicain à attaquer les médias qui ont souligné le nombre relativement faible de personnes ayant assisté à son investiture vendredi dernier à Washington trouble aussi les élus, qui s'inquiètent de la décrédibilisation possible de leur chef de file.
«Cela m'a déçu», a dit Adam Kinzinger sur CNN, qui avertit du «grave danger» de la perte de soutiens au sein du Congrès.
Idem de la menace lancée par Donald Trump de faire intervenir les «fédéraux» à Chicago contre la violence par armes à feu - anathème chez les conservateurs qui refusent par principe toute ingérence fédérale dans les affaires locales.
Au-delà de ces désaccords, les chefs républicains se préparent à légiférer vite pour abroger la réforme du système de santé de 2010, surnommée Obamacare, et voter leur propre réforme. Ils sont d'accord avec Donald Trump sur l'objectif final: faire baisser le coût de l'assurance maladie dans le pays.
Mais le diable se niche dans les détails, et aucun projet de loi ne semble unifier à ce stade les diverses sensibilités du parti. Qui assurer, comment, à quel prix, quand... sont des questions qui restent sans réponse.
Sur la grande baisse d'impôts promise (de 35% à 15% pour l'impôt sur les sociétés, par exemple), le terrain d'entente est plus large mais pas encore inscrit dans le marbre.
Et concernant le grand plan d'infrastructures promis par le 45e président dans son discours d'investiture, ce sont les démocrates qui ont pris leur adversaire au mot. Ils ont déposé mardi une proposition de loi au Sénat pour investir 1000 milliards, le chiffre proposé par Donald Trump pendant la campagne.