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mercredi, janvier 25, 2017

Donald Trump envisage la réouverture des prisons secrètes

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Publié le 25 janvier 2017 à 11h31 | Mis à jour à 11h31
Selon le New York Times, un décret présidentiel demanderait... (Photo archives Associated Press)
Selon le New York Times, un décret présidentiel demanderait au Pentagone de continuer à envoyer des prisonniers d'Al Qaïda et du groupe armé État islamique à Guantanamo. Il n'y reste actuellement que 41 prisonniers.PHOTO ARCHIVES ASSOCIATED PRESS
Agence France-Presse
Washington
Le président américain Donald Trump prépare un décret qui aboutirait à la réouverture potentielle des contestées prisons secrètes de la CIA à l'étranger, fermées par Barack Obama, selon le New York Times mercredi.
Le projet de décret de trois pages, consulté par le quotidien, révoquerait des décrets signés par Barack Obama en janvier 2009 et qui avaient ordonné la fermeture de la prison de Guantanamo (une fermeture bloquée par le Congrès) et des «sites noirs» de la CIA en dehors du pays; l'accès de la Croix-Rouge à tous les détenus des États-Unis dans le monde; et la fin des techniques d'interrogatoires assimilées à de la torture.
Ce projet de décret de M. Trump, non confirmé par la Maison-Blanche, ne déclencherait pas à lui seul la réouverture des prisons de la CIA créées en secret sous la présidence de George W. Bush au début de la «guerre contre le terrorisme». Mais il ouvrirait la voie juridique à leur réouverture.
Le décret réitérerait l'interdiction du recours à la torture, tout en appelant à envisager une modification du manuel d'interrogatoire utilisé par l'armée américaine et la CIA.
Quant à Guantanamo, selon le New York Times, le texte demanderait au Pentagone de continuer à y envoyer des prisonniers d'Al Qaïda et du groupe armé État islamique. Il n'y reste actuellement que 41 prisonniers.
«Le président peut signer tous les décrets qu'il... (Photo BRENDAN SMIALOWSKI, Agence France-Presse) - image 2.0
«Le président peut signer tous les décrets qu'il veut, mais la loi est la loi», a réagi John McCain dans un communiqué.
PHOTO BRENDAN SMIALOWSKI, AGENCE FRANCE-PRESSE
Torture
L'interdiction de la torture a été inscrite dans le marbre du droit américain par une loi votée en 2015 par le Congrès et portée par le sénateur républicain John McCain. Les États-Unis ne peuvent avoir recours qu'aux techniques stipulées dans le manuel de l'armée. Un décret ne peut changer cette loi.
«Le président peut signer tous les décrets qu'il veut, mais la loi est la loi, a réagi John McCain dans un communiqué. Nous ne ramènerons pas la torture aux États-Unis».
Le sénateur McCain a aussi rappelé que le nouveau directeur de la CIA, Mike Pompeo, s'était engagé à ce que ses agents limitent leurs techniques d'interrogatoire à celles énumérées dans le manuel de l'armée. Le nouveau secrétaire à la Défense, l'ancien général James Mattis, lui a donné le même engagement pour ses troupes.
«Je suis certain que ces leaders respecteront leur parole», a ajouté John McCain.
En février 2016, le candidat Donald Trump avait déclaré: «la torture marche», en promettant qu'il réinstaurerait la technique de simulation de noyade («waterboarding»), bannie par Barack Obama. En novembre dernier, après avoir rencontré James Mattis, il s'était dit «impressionné» par les arguments du général contre la torture, sans toutefois dire s'il avait changé d'opinion.