L'ancien sénateur Marcel Prud'homme est décédé

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Publié le 25 janvier 2017 à 17h01 | Mis à jour à 17h01
Marcel Prud'homme applaudi à la Chambre des communes,... (ARCHIVES PC)
Marcel Prud'homme applaudi à la Chambre des communes, à Ottawa, en novembre 2009.
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La Presse Canadienne
Ottawa
L'ancien sénateur Marcel Prud'homme, reconnu pour son franc-parler et sa défense de la cause palestinienne, est décédé à l'âge de 82 ans.
L'huissier du bâton noir, J. Greg Peters, a confirmé la nouvelle dans un courriel envoyé aux sénateurs, mercredi.
Politicien de carrière, M. Prud'homme aura passé 45 années de sa vie entre les murs du parlement d'Ottawa, avant d'être forcé à prendre sa retraite du Sénat lorsqu'il a célébré son 75e anniversaire.
Au cours de ses 29 années en tant que député libéral de Saint-Denis, un ancien comté de la région de Montréal, et de ses 16 ans au Sénat, où il siégeait comme indépendant, Marcel Prud'homme aura mené plusieurs batailles en matière de politique internationale.
Et son passage dans la capitale fédérale ne se sera pas fait sans bruit. Ardent défenseur de la cause palestinienne, il était reconnu pour son franc-parler. Et son acharnement à défendre le peuple palestinien sur la place publique lui aura attiré de nombreuses critiques.
M. Prud'homme a plaidé jusqu'à la toute fin de son séjour au Parlement que le Canada se devait de participer à la résolution du conflit israélo-palestinien, un «cancer qui n'a cessé depuis plus d'un demi-siècle (...) de ronger le monde», a-t-il d'ailleurs réitéré dans son discours d'adieu au Sénat, fin novembre 2009.
Né en 1934, à Montréal, Marcel Prud'homme s'est rapidement dirigé vers la politique. Diplômé en sciences sociales, économiques et politiques de l'Université d'Ottawa, en 1959, il obtient par la suite un baccalauréat en droit à l'Université de Montréal, trois ans plus tard.
Dès ses années universitaires, le jeune étudiant rejoint les rangs politiques, en étant d'abord élu président des jeunes libéraux, en 1958.
Il conservera un rôle actif au sein de son parti, une fois élu député, en occupant les postes de président du caucus national du Parti libéral du Canada en 1987, ainsi que celui de président du caucus québécois de la formation à plusieurs reprises, à la fin des années 1970 et au début des années 1990.
Élu pour la première fois lors d'une élection complémentaire en 1964, dans l'ancienne circonscription montréalaise de Saint-Denis, Marcel Prud'homme sera reporté au pouvoir à huit reprises (1965, 1968, 1972, 1974, 1979, 1980, 1984, 1988).
La carrière politique de M. Prud'homme aurait cependant pu être fort différente, puisqu'il devait à l'origine briguer une circonscription provinciale sous les couleurs du Parti libéral du Québec, en 1960. Le chef libéral de l'époque, Jean Lesage, lui a toutefois demandé de céder sa place à une nouvelle recrue; un dénommé René Lévesque.
Mais le destin aura peut-être finalement bien fait les choses, puisque Marcel Prud'homme se dirige donc vers la scène fédérale, quatre ans plus tard, où il mènera une carrière dominée par son implication en politique étrangère.
S'il s'est dit fier d'avoir exercé sa liberté d'expression tout au long de ses années de parlementaire, «en défendant des causes absolument difficiles (comme celle du Moyen-Orient)», M. Prud'homme a reconnu en revanche que c'était justement ce qui lui avait probablement coûté un portefeuille de ministre.
«Mais je pense que j'avais facilement accepté de ne pas être ministre, sachant que je voulais garder ma liberté», avait-il indiqué, en entrevue avec La Presse canadienne à la veille de sa retraite, en novembre 2009.
Pendant son passage aux Communes, il a été nommé, au début des années 1970, secrétaire parlementaire du ministre de l'Expansion économique régionale, du secrétaire d'État du Canada, et du ministre de la Main-d'oeuvre et de l'Immigration.
Puis, une fois du côté du Sénat, il a mis sur pied une vingtaine d'associations parlementaires, bien souvent avec des nations loin d'être des alliées traditionnelles du Canada (comme la Russie, la Chine, le Liban, ou le monde arabe).
La franchise de Marcel Prud'homme l'aura par ailleurs également mené à abandonner son siège de député, ainsi que sa formation, en 1993, lorsque des divergences d'opinions en matière de politique étrangère l'ont poussé à claquer la porte du Parti libéral.
«J'ai probablement manqué de patience un matin», a-t-il admis avec le recul, 14 ans plus tard.
L'après-midi même, le premier ministre conservateur, Brian Mulroney, a accepté de le nommer sénateur indépendant.
Au terme d'une carrière politique de longue haleine, M. Prud'homme aura servi sous neuf premiers ministres et siégé à de nombreux comités, des Communes ou du Sénat. Il aura effectué de nombreux voyages à l'étranger pour participer à des conférences parlementaires, notamment au Maghreb et au Proche-Orient, de même qu'en Russie, en Amérique latine, en Asie ou en Europe, et représenté le Canada lors d'assemblées des Nations unies.
Marcel Prud'homme a été décoré de plusieurs ordres ou médailles, notamment de l'Ordre de l'Amitié de la Fédération de Russie et de la République de Cuba. Il s'est également vu remettre un doctorat honorifique d'une université algérienne, en 2008.