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mercredi, janvier 25, 2017

Trump s'attaque à l'immigration et au mur avec le Mexique

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Publié le 24 janvier 2017 à 22h33 | Mis à jour le 25 janvier 2017 à 06h19
Cinq jours seulement après sa prise de fonction,... (photo NICHOLAS KAMM, AFP)
Cinq jours seulement après sa prise de fonction, le président américain Donald Trump doit se rendre dans l'après-midi au ministère de la Sécurité intérieure, a indiqué la Maison-Blanche, et mettre en oeuvre une série de mesures de restriction de l'immigration.
PHOTO NICHOLAS KAMM, AFP
ANDREW BEATTY
Agence France-Presse
WASHINGTON
Le président américain Donald Trump s'apprête à signer mercredi des décrets limitant l'immigration et à prendre de premières mesures pour bâtir un mur entre les États-Unis et le Mexique, s'attaquant à l'un de ses grands thèmes de campagne.
Cinq jours seulement après sa prise de fonction, le président américain doit se rendre dans l'après-midi au ministère de la Sécurité intérieure, a indiqué la Maison-Blanche, et mettre en oeuvre une série de mesures de restriction de l'immigration.
«Grand jour prévu demain sur la SÉCURITÉ NATIONALE. Parmi beaucoup d'autres choses, nous allons construire le mur!», a twitté Donald Trump mardi soir sur cette question hautement polémique qui a été l'un de ses grands sujets de sa campagne électorale.
Il s'était engagé à expulser les clandestins délinquants des États-Unis et à ériger un mur à la frontière de 3200 km, poreuse, entre les États-Unis et le Mexique, menaçant de le faire financer en ponctionnant les 25 milliards de dollars que les migrants mexicains envoient chaque année à leur famille.
Des experts ont émis de sérieux doutes sur l'efficacité, le coût exorbitant et les risques d'avalanches de procédures légales d'une telle mesure, véritable cheval de bataille de la droite et l'extrême droite, socle électoral de Donald Trump.
Même le ministre de la Sécurité intérieure, l'ancien général John Kelly, a indiqué, lors de sa récente audition en vue de son investiture, que le mur frontalier «pourrait ne pas être construit de sitôt».
Le Mexique a pour sa part dessiné les lignes rouges à ne pas franchir lors de ses discussions avec l'administration Trump qui débutent ce mercredi à Washington et ne s'annoncent pas sous les meilleurs auspices. Mexico a en effet menacé de quitter la table des négociations et de rompre l'accord de libre-échange ALÉNA (É.-U., Canada et Mexique) que Donald Trump souhaite renégocier.
«Il y a des lignes rouges très claires qui doivent être dessinées dès le début», a averti mardi le ministre mexicain de l'Économie Ildefonso Guajardo, avant une rencontre avec les responsables américains, mercredi et jeudi, au côté du ministre mexicain des Affaires étrangères, Luis Videgaray.
À la question de savoir si la délégation mexicaine quitterait les discussions si le sujet du mur et des envois de fonds des migrants mexicains étaient mis sur la table, M. Guadajardo a répondu sur la chaîne Televisa: «Absolument.»
Cette première réunion USA-Mexique vise à préparer la rencontre entre le nouveau président américain et son homologue mexicain Enrique Peña Nieto, le 31 janvier à Washington.
Donald Trump veut aussi interdire l'entrée des musulmans aux États-Unis, et notamment de Syriens.
Jeudi, il devrait signer des décrets sur l'immigration et les villes «sanctuaires», qui se sont engagées à refuser d'emprisonner les clandestins lorsque leur détention aura pour but de les expulser.
Ces décrets devraient limiter l'immigration et l'accès aux États-Unis pour les réfugiés et les détenteurs de visas en provenance d'Irak, d'Iran, de Libye, de Somalie, du Soudan, de Syrie et du Yémen, selon le Washington Post.
Les ressortissants de ces pays sont déjà confrontés à une série d'obstacles pour obtenir un visa américain, souligne le quotidien.
Détricoter le bilan Obama
Donald Trump a également promis de supprimer le programme «DACA», mis en place par son prédécesseur Barack Obama en 2012 et qui a permis à plus de 750 000 clandestins arrivés mineurs sur le territoire d'obtenir des permis de séjour et de travail.
Après l'annonce du retrait de l'accord de libre-échange Asie-Pacifique (TPP), Donald Trump continue à détricoter méthodiquement le bilan de son prédécesseur démocrate Barack Obama, comme il avait promis de le faire pendant sa campagne.
Il a redonné vie au projet du gigantesque oléoduc Keystone XL reliant le Canada aux États-Unis, dont la construction avait été bloquée par M. Obama au nom de la lutte contre le changement climatique.
Long de 1900 kilomètres, dont 1400 aux États-Unis, le projet Keystone XL vise à transporter le pétrole canadien des sables bitumineux de l'Alberta (ouest) jusqu'au Nebraska (centre des États-Unis) d'où il pourrait rejoindre les raffineries américaines du golfe du Mexique.
M. Trump a souligné que l'aboutissement du projet Keystone XL était conditionné à une renégociation avec la société canadienne TransCanada.
«Nous allons renégocier certains des termes et, s'ils le veulent, nous verrons si cet oléoduc peut être construit», a-t-il déclaré mardi lors de la signature des documents.
Aux États-Unis, si le camp républicain a salué l'annonce avec enthousiasme, défenseurs de l'environnement et élus démocrates ont dénoncé à l'unisson une initiative prise au mépris des enjeux climatiques.
«Aujourd'hui, le président Trump a ignoré les voix de millions d'Américains et donné la priorité aux profits à court terme de l'industrie des énergies fossiles plutôt qu'à l'avenir de notre planète», a déploré le sénateur Bernie Sanders, ancien rival d'Hillary Clinton lors de la primaire démocrate.
Big day planned on NATIONAL SECURITY tomorrow. Among many other things, we will build the wall!

Le président devrait signer ses premières mesures, mercredi, à l'occasion d'une visite au département de la Sécurité intérieure, alors que d'autres actions devraient être entreprises au cours des quelques jours suivants, a indiqué un responsable.
Il semble que les restrictions sur les réfugiés devaient encore être finalisées. La source mise au courant des propositions a indiqué qu'elles incluaient une interdiction d'entrée aux États-Unis pour au moins 30 jours de gens en provenance de pays comme l'Iran, la Libye, la Somalie, le Soudan et le Yémen, bien que cette personne ait prévenu que les détails pouvaient encore changer.
Il y aurait probablement aussi une exception dans l'arrêt de l'accueil des réfugiés pour les personnes fuyant la persécution religieuse si leur religion est minoritaire dans leur pays. Cette exception pourrait concerner des chrétiens disant être persécutés dans des pays à majorité musulmane.
À titre de président, M. Trump peut interrompre par décret le traitement de dossiers de réfugiés.