Le 17 septembre 1796, George Washington a lancé une tradition que Barack Obama poursuivra aujourd'hui à Chicago en prononçant un discours d'adieu. Le 44e président ne se contentera pas de défendre son bilan. Comme Washington et le 34e président, Dwight Eisenhower, il voudra laisser à la postérité des mises en garde mémorables et pertinentes. On verra s'il fera mieux que son prédécesseur George W. Bush. En attentant, un bref retour sur les testaments des Washington, Eisenhower et Bush.
Haro sur « l'esprit de parti »
À une certaine époque, le discours d'adieu de George Washington était aussi vénéré aux États-Unis que l'adresse d'Abraham Lincoln à Gettysburg. Or, après la conquête républicaine de tous les leviers de pouvoir à Washington, il n'a peut-être jamais été aussi d'actualité. Car il met en garde les Américains contre « les pernicieux effets de l'esprit de parti » qui poussent « les hommes à chercher la sûreté et le repos dans le pouvoir d'un seul ; et tôt ou tard, plus habile ou heureux que ses rivaux, le chef de quelque faction met cette disposition à profit pour s'élever sur les ruines de la liberté publique ». Washington affirme que cet esprit de parti expose également son pays à la corruption par l'étranger. « Il donne de l'influence aux étrangers, et introduit la corruption dans toutes les branches du gouvernement ; et c'est ainsi que la politique et la volonté d'une nation sont soumises à la politique et à la volonté d'une autre nation. » C'est comme si le premier président avait prévu Donald Trump et Vladimir Poutine.
Gare au « complexe militaro-industriel »
Dwight D. Eisenhower n'a pas inventé l'expression « complexe militaro-industriel », qui fait référence aux entreprises d'armement, aux lobbyistes et membres du Congrès dont les efforts communs finissent par gonfler les dépenses militaires. Mais il l'a rendue célèbre en l'insérant dans son discours d'adieu, le 17 janvier 1961 : « Dans les assemblées du gouvernement, nous devons donc nous garder de toute influence injustifiée, qu'elle ait ou non été sollicitée, exercée par le complexe militaro-industriel. Le risque potentiel d'une désastreuse ascension d'un pouvoir illégitime existe et persistera. Nous ne devons jamais laisser le poids de cette combinaison mettre en danger nos libertés et nos processus démocratiques. » Une telle mise en garde pouvait sembler étonnante de la part d'un homme ayant passé l'essentiel de sa vie d'adulte chez les militaires. Mais le général à la retraite et héros de la Seconde Guerre mondiale craignait que les dépenses militaires ne viennent plomber les budgets civils. Sa crainte s'est matérialisée. Et la promesse de Donald Trump d'augmenter massivement les dépenses militaires doit sourire aujourd'hui au complexe militaro-industriel.
La lutte entre « le Bien et le Mal »
Huit ans plus tard, les Américains sont à même de constater la nature éphémère ou illusoire des succès revendiqués par George W. Bush lors de son discours d'adieu. « L'Afghanistan est passé d'un pays où les talibans abritaient Al-Qaïda et lapidaient des femmes dans la rue à une jeune démocratie qui combat le terrorisme et encourage les jeunes filles à aller à l'école. L'Irak est passé d'une dictature impitoyable et d'un ennemi juré des États-Unis à une démocratie arabe au coeur du Moyen-Orient et à un ami des États-Unis. » Au plus bas dans les sondages, le 43e président avait profité de ce discours pour défendre son bilan et sa doctrine formulée après le 11-Septembre. « Le Bien et le Mal sont présents dans ce monde, et entre les deux, il n'y a pas de compromis possible. » Saluant l'élection du premier président noir, Bush avait décrit son investiture prochaine en des termes que Barack Obama ne risque pas d'utiliser concernant celle de Donald Trump : « Ce sera un moment d'espoir et de fierté pour notre pays tout entier. »
Publié le 08 janvier 2017 à 07h38| Mis à jour à 08h44
Donald Trump et Barack Obama, le 10 novembre dernier. PHOTO JIM WATSON, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE
JÉRÔME CARTILLIER Agence France-Presse Washington
Il avait en tête une autre sortie: après huit années au pouvoir, Barack Obama quitte la Maison-Blanche sur une transition acrimonieuse rythmée par les salves de tweets de Donald Trump qui s'apprête à détricoter son bilan.
Même s'il peut s'enorgueillir d'une cote de popularité flatteuse, qui le place dans la même ligue que Ronald Reagan et Bill Clinton à l'heure du départ, la pilule est amère pour le président démocrate qui prononcera mardi à Chicago, où son aventure politique a commencé, son discours d'adieu.
La première rencontre dans le Bureau ovale entre les deux hommes au parcours et au tempérament radicalement différents avait surpris par son ton apaisé. Mais elle semble déjà lointaine.
Le 44e et le bientôt 45e président des États-Unis ont certes eu plusieurs échanges téléphoniques depuis ce tête-à-tête, mais la tension est chaque jour un peu plus palpable.
«Le gouffre entre leurs positions politiques, leurs personnalités et leurs partis était trop béant pour que cette transition se passe sans heurts», résume Larry Sabato, professeur à University of Virginia.
Sur certains dossiers, comme la réforme de l'assurance-maladie (Obamacare) ou la lutte contre le réchauffement climatique, l'orientation est claire: son successeur républicain ira à rebours, par décret ou par voie législative, de toutes les initiatives prises au cours des huit dernières années.
Sur d'autres, en particulier en politique étrangère, le flou est total: que deviendront, dans les mois à venir, l'ouverture à Cuba ou l'accord sur le nucléaire iranien ?
L'homme d'affaires de 70 ans, qui sera le plus vieux président à entrer à la Maison-Blanche, n'épargne plus le président sortant, 55 ans. Ou plutôt, il souffle, comme il le fait avec nombre de ses rivaux ou alliés, le chaud et le froid.
«Je fais de mon mieux pour ignorer les nombreux obstacles et déclarations incendiaires du président O. Je pensais que la transition se ferait en douceur. MAIS NON!», lance-t-il sur Twitter fin décembre.
Interrogé quelques heures plus tard sur ce thème, il assure, tout sourire, que le processus se fait «très, très en douceur».
«Rupture avec la tradition»
«Par le passé, il y a bien sûr eu des critiques visant l'administration sortante, mais elles se limitaient généralement à des commentaires anonymes de l'équipe entrante. L'utilisation des tweets à cette fin par Trump est une grande nouveauté», estime David Clinton, de Baylor University, auteur d'un livre sur les transitions.
Et l'homme d'affaires novice en politique ne retient pas ses coups sur les dossiers du moment.
Barack Obama annonce des sanctions contre Moscou accusé d'avoir essayé d'influencer le scrutin présidentiel ? Donald Trump salue «l'intelligence» du président russe Vladimir Poutine.
L'exécutif laisse présager de nouveaux transferts de détenus depuis la prison de Guantanamo vers des pays tiers ? Le président élu met en garde contre une telle démarche, insiste sur la menace que représentent «des gens extrêmement dangereux».
«Donald Trump s'est comporté comme s'il était coprésident ou peut-être déjà président. C'est une rupture complète avec la tradition», estime Larry Sabato. «Il a enterré la règle de "Un président à la fois"».
Barack Obama a, de son côté, lancé une série d'initiatives de dernière minute pour mieux marquer son territoire: abstention sur une résolution de l'ONU contre la colonisation israélienne, décrets bloquant tout nouveau forage de gaz ou de pétrole dans de vastes zones de l'océan Arctique.
En affirmant, lors d'un entretien avec son ancien conseiller David Axelrod, que s'il avait pu être de nouveau candidat il l'aurait emporté face à Donald Trump, il savait par ailleurs qu'il piquerait au vif son successeur, dont la susceptibilité n'est plus à démontrer.
L'histoire des transitions présidentielles n'a pas toujours, tant s'en faut, été un long fleuve tranquille.
Celle, au milieu du siècle dernier, entre Herbert Hoover et Franklin D. Roosevelt restera dans les livres d'histoire comme l'une des plus houleuses, les deux hommes refusant de s'adresser la parole le jour de l'inauguration.
Au tournant des années 1980, la passation entre le démocrate Jimmy Carter et le républicain Ronald Reagan fut tendue, sur fond de crise des otages américains en Iran qui se dénoua le jour de la prise de fonction du républicain.
Celle entre George W. Bush et Barack Obama, fin 2008/début 2009, est, à l'inverse, souvent citée comme un modèle du genre.
Et ce dernier rend régulièrement hommage à son prédécesseur pour expliquer son attachement à une transition du pouvoir «en douceur», «l'une des marques de fabrique de notre démocratie».
Celle de 2016/2017 restera probablement comme l'une des plus étranges qui soit.
Barack Obama a été interrogé par les journalistes vendredi lors d’une longue conférence de presse à la Maison-Blanche .Photo: Zach Gibson Agence France-Presse
Washington — Barack Obama a promis vendredi d’envoyer un «message clair» à la Russie après les cyberattaques qui ont perturbé l’élection américaine et appelé son successeur républicain, Donald Trump, à placer l’intérêt du pays avant les querelles partisanes.
Désignant le chef du Kremlin comme responsable des piratages de ces derniers mois — «pas grand-chose ne se passe en Russie sans l’aval de Vladimir Poutine» —, le président américain est resté cependant évasif sur la nature de sa riposte à venir après les conclusions «unanimes» du renseignement américain visant Moscou.
Avant de quitter Washington pour ses dernières vacances présidentielles à Hawaï, le locataire de la Maison-Blanche, calme et posé, a mis en garde M. Trump, favorable à un rapprochement avec le président russe, l’exhortant à accepter une enquête «bipartite, indépendante» sur ces piratages.
La Russie «est un pays plus petit, un pays plus faible», a lancé M. Obama dans une formule qui devrait à coup sûr faire bondir son homologue russe. «Mais ils peuvent nous affecter si nous oublions qui nous sommes.»
«M.Poutine peut nous affaiblir, comme il tente d’affaiblir l’Europe, si nous commençons à admettre l’idée qu’il est acceptable d’intimider la presse, ou d’enfermer les dissidents», a affirmé le président américain.
Menaces
M. Obama a aussi révélé avoir demandé directement en septembre, en marge d’un sommet du G20 en Chine, à M. Poutine de «cesser» les cyberattaques, au risque de «conséquences sérieuses s’il ne le faisait pas».
Le recours à d’éventuelles sanctions contre des cadres du régime russe fait partie des options possibles pour l’exécutif américain. Il placerait Donald Trump dans une position difficile une fois au pouvoir : les supprimer d’un trait de plume nourrirait les accusations d’une trop grande proximité avec Moscou, une posture qui crée des remous au sein du parti républicain.
Citant un sondage selon lequel un tiers des républicains américains, traditionnellement hostiles à la Russie, approuvaient la politique de Vladimir Poutine, qui fut, a rappelé M. Obama, patron du renseignement russe, il a lancé : «Ronald Reagan doit se retourner dans sa tombe! Comment a-t-on pu en arriver là?»
Retour sur la campagne
Affirmant entretenir des relations «cordiales» avec son successeur, il a encouragé ce dernier à faire preuve, en politique étrangère, de cohérence dans la durée sur des dossiers aussi sensibles que les relations entre Taïwan et la Chine.
Revenant longuement sur la campagne électorale, il a refusé de se prononcer sur l’éventuel impact des piratages dont le parti démocrate a été victime sur la victoire finale de Donald Trump face à Hillary Clinton.
La candidate démocrate juge, elle, que Moscou et Vladimir Poutine sont partiellement responsables de sa défaite surprise face au magnat de l’immobilier. Les cyberattaques dont son parti a été la cible résultent de la «dent» qu’avait gardée contre elle le président russe, a-t-elle déclaré lors d’un dîner ayant rassemblé jeudi des donateurs de sa campagne.
Moscou a vivement réagi aux accusations américaines. «Il faut soit cesser d’en parler, soit apporter enfin des preuves. Sinon, tout ça est plus qu’indécent», a lancé vendredi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.
Barack Obama a reçu Donald Trump à la Maison-Blanche, les deux hommes se serrant la main devant les médias après une rude campagne.
Il faudra bientôt l’appeler « Monsieur le Président ». Et il se comporte en conséquence. Donald Trump a mis de côté son ton hargneux et a lancé une vaste opération de séduction à la Maison-Blanche et au Capitole, jeudi, dans l’espoir de rassurer les Américains et de guérir les profondes blessures qui déchirent le Parti républicain.
Le président désigné a serré la main du président Barack Obama et de hauts gradés du Parti républicain qu’il avait couverts d’injures en campagne électorale. Trump a décrit en termes élogieux le président Obama ainsi que Paul Ryan, président républicain de la Chambre des représentants, avec qui il était en guerre ouverte à la fin de la course à la Maison-Blanche.
Malgré ce changement de ton, les divisions au sein de la société américaine restent vives : une centaine de personnes manifestaient devant le nouvel hôtel de Trump, au coeur de la capitale, dans l’avenue Pennsylvanie entre la Maison-Blanche et le Capitole. Des dizaines de manifestations anti-Trump ont pris place au pays durant toute la journée de jeudi.
Trump et les hauts dirigeants du Parti républicain ont convenu d’une trêve au terme d’une campagne brutale. Les deux camps s’étaient littéralement déchirés après la diffusion de la vidéo incriminante de 2005 où Trump se vante d’agresser des femmes en toute impunité.
«Nous allons accomplir des choses spectaculaires pour le peuple américain», a lancé Donald Trump en rencontrant Paul Ryan, numéro un du Parti républicain, jeudi à Washington. Le président et la majorité républicaine au Congrès pourront mettre en avant «très rapidement» le changement de cap proposé en campagne électorale, a affirmé Trump.
Il a énuméré ses trois priorités : des réformes en santé et en immigration, puis la création d’emplois. «Big-league jobs», a précisé Donald Trump après avoir rencontré Mitch McConnell, leader de la majorité républicaine au Sénat. Trump s’est notamment engagé à éliminer l’Obamacare, qui fournit une assurance médicale à 20 millions d’Américains démunis.
Signe du changement de ton en cours, au moment même où Trump lançait son opération de charme à Washington, des éléments importants de son programme électoral avaient disparu de son site Web de campagne.
Sa promesse d’interdire «totalement et complètement» l’accès du pays aux musulmans s’était envolée, tout comme l’engagement d’annuler la signature des États-Unis sur l’Accord de Paris sur les changements climatiques. Sa liste des candidats pressentis pour devenir juges à la Cour suprême avait aussi disparu, a rapporté l’agence Reuters.
Questionné sur sa promesse maintes fois répétée de faire emprisonner Hillary Clinton pour l’affaire des courriels, Trump a tourné les talons.
Ce vernis de respectabilité a surpris des membres influents des deux partis à Washington. Ils se sont demandé quelle mouche avait piqué Trump, réputé pour ses coups de gueule dévastateurs davantage que pour ses aptitudes de rassembleur. «Ce qui s’est produit? Trump est le président désigné. Nous devons souhaiter qu’il soit bien entouré pour l’empêcher de faire foncer le Titanic dans un glacier», a affirmé sur Twitter Ana Navarro, une stratège républicaine qui a voté pour Hillary Clinton.
Un membre important de l’entourage de Trump était à ses côtés durant toute cette journée d’introduction aux cercles du pouvoir à Washington : Jared Kushner, son gendre de 35 ans, marié à sa fille Ivanka, est décrit comme le prochain directeur de cabinet du président Trump.
Kushner fait partie des rares proches de Trump qui ont eu un effet calmant sur le bouillant candidat à la présidence durant la campagne, selon les analystes américains. D’autres médias évoquent la possible nomination de Stephen Bannon, réputé pour son conservatisme abrasif, à l’image du nouveau président.
Poignée de main historique
En fin d’avant-midi, le moment que le monde entier attendait s’est produit : Donald Trump a fait son entrée à la Maison-Blanche. Il a eu droit à un entretien de 90 minutes avec le président Barack Obama, qui lui a expliqué les tenants et aboutissants de la présidence.
Pendant ce temps, Michelle Obama a reçu Melania Trump, qui deviendra la première dame à compter du 20 janvier 2017. Une légère entorse au protocole de la Maison-Blanche a été notée par des observateurs : aucune photo des deux couples ensemble n’a été prise. On a plutôt eu droit à une séance de questions avec des journalistes dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche, suivie par une poignée de main entre le président Obama et son successeur.
«Monsieur le Président désigné, nous ferons tout en notre possible pour vous aider à réussir. Parce que si vous avez du succès, le pays a du succès», a affirmé Barack Obama. Il a dit avoir apprécié son «excellente conversation» avec Trump, et celle entre Michelle Obama et Melania Trump.
Le nouveau président a adopté un ton tout aussi conciliant. Trump a fait part de son «grand respect» pour Obama, qu’il avait pourtant qualifié de «pire président de l’histoire des États-Unis» en campagne électorale. «J’ai hâte de collaborer avec vous à l’avenir, y compris pour solliciter vos conseils», a précisé le magnat de l’immobilier.
Donald Trump se pliait ainsi à un rituel sacré de la démocratie américaine : la passation harmonieuse des pouvoirs, a souligné à CNN Douglas Brinkley, historien spécialisé dans la présidence. Barack Obama et George W. Bush sont ainsi devenus de réels amis qui ont gardé un respect mutuel dans la foulée de la passation des pouvoirs en 2008.
Publié par Associated Press le lundi 28 mars 2016 à 13h30. Modifié par Léandre Drolet à 14h03.
Fidel Castro
LA HAVANE - Réagissant à la visite historique du président des États-Unis Barack Obama la semaine dernière, l'ancien président cubain Fidel Castro a publié lundi une longue lettre dans laquelle il rappelle l'agression américaine à l'endroit de l'île communiste et déclare que son pays n'a pas besoin des ?cadeaux de l'empire?.
La missive de 1500 mots et intitulée ?Frère Obama? représente la première réaction de M. Castro à la visite du président américain, qui a déclaré être venu enterrer l'hostilité de la guerre froide entre les deux pays.
M. Obama n'a pas rencontré l'ancien président de 89 ans, mais il a discuté avec le président actuel, son frère Raul.
Dans sa lettre, Fidel Castro suggère ?poliment? au président américain de ne pas tenter d'échafauder de théories au sujet de la politique cubaine.
Il passe ensuite au peigne fin, une ligne à la fois, certains des principaux passages du discours du président, répliquant avec indignation à ce qu'il perçoit comme étant des insultes. Il s'insurge notamment que le président Obama n'ait pas rendu hommage aux autochtones ou qu'il n'ait pas souligné que M. Castro a interdit la ségrégation raciale quand il a pris le pouvoir.
L'ancien président cubain lance ensuite qu'on risque une ?crise cardiaque? en entendant M. Obama déclarer que le moment est venu de laisser le passé ?derrière nous?.
M. Castro rappelle les faits saillants de 50 ans d'agression américaine envers Cuba, comme l'embargo commercial toujours en vigueur, l'invasion de la baie des Cochons de 1961 et l'attentat perpétré en 1976 contre un avion de ligne cubain par des exilés qui se sont ensuite réfugiés aux États-Unis.
M. Castro s'en prend finalement au désir du président Obama d'intensifier les liens d'affaires entre les deux pays en déclarant que les Cubains sont capables, seuls, avec leur labeur et leur intelligence, de produire ce dont ils ont besoin.
Publié par Associated Press le lundi 21 mars 2016 à 16h00. Modifié par 98,5 fm à 17h45.
AP
LA HAVANE - Le président cubain, Raul Castro, a demandé, lundi, à Barack Obama de lever l'embargo et les autres restrictions imposés par les États-Unis à Cuba alors que les deux leaders continuent à aller de l'avant avec leur plan pour normaliser les relations entre les deux pays, qui sont à couteaux tirés depuis la guerre froide.
«C'est un jour nouveau», a déclaré M. Obama avec M. Castro à ses côtés après leur rencontre au Palais de la Révolution, à La Havane.
Lors d'une réunion historique dans la capitale cubaine, Raul Castro a fait l'éloge des gestes récemment posés par le président américain pour alléger les sanctions contre Cuba, estimant qu'il s'agissait d'un développement «positif», mais toutefois insuffisant. Il a de nouveau réclamé des États-Unis qu'ils rendent la base navale de la baie de Guantanamo au gouvernement cubain et qu'ils mettent fin à l'embargo.
«Cela est essentiel, parce que le blocus demeure en place et qu'il contient des éléments décourageants», a-t-il souligné.
Barack Obama s'est rendu à Cuba avec l'intention d'exercer de la pression sur ses dirigeants en matière de respect des droits de la personne et des libertés politiques, promettant que la seule présence d'un leader américain sur l'île suffirait à promouvoir ces valeurs. M. Castro a cependant tourné la situation à son avantage en affirmant que Cuba trouvait «inconcevable» qu'un gouvernement échoue à assurer que ses citoyens aient accès à des soins de santé, à l'éducation, à de la nourriture et à la sécurité sociale, une référence claire aux États-Unis.
«Nous défendons les droits de la personne, a soutenu le président cubain. À notre avis, les droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels sont indivisibles, interdépendants et universels.»
M. Obama a révélé qu'il avait abordé avec son homologue des sujets très délicats concernant la démocratie et les droits de la personne sur lesquels Washington et La Havane ne s'entendent pas, présentant cependant ces conversations difficiles comme étant un prérequis au rapprochement entre les deux nations. Félicitant Cuba pour les progrès déjà réalisés, il a ajouté que le rétablissement des relations entre les deux anciens ennemis exigeait qu'ils discutent directement de leurs différends.
Alors que Raul Castro se prépare à quitter la présidence en 2018, il continue de s'opposer à tout changement du système politique à parti unique cubain.
Plus tard lundi, Barack Obama devaient discuter avec des hommes d'affaires cubains et américains, avant d'être reçu en soirée à l'occasion d'un dîner officiel.
Mardi, le président américain prononcera un discours télévisé devant des leaders cubains. Il parlera aussi avec des dissidents cubains et assistera à un match de baseball entre les Rays de Tampa Bay et l'équipe nationale cubaine. Il prendra ensuite le chemin de l'Argentine.
M. Obama est devenu dimanche le premier président des États-Unis en fonction à visiter Cuba en 88 ans, quand l'avion présidentiel américain Air Force One s'est posé à l'aéroport international José Marti à La Havane. Il a été accueilli par de hauts dignitaires cubains, mais non par Raul Castro.
Publié le 18 mars 2016 à 07h46| Mis à jour à 07h46
Une affiche souhaitant la bienvenue à Barack Obama à La Havane.PHOTO ALEXANDRE MENEGHINI, REUTERS
JÉRÔME CARTILLIER Agence France-Presse Washington
Barack Obama se rend dimanche à Cuba pour sceller un rapprochement longtemps inimaginable et unanimement salué à travers le monde qui contraste, à l'heure du bilan, avec les controverses qui entourent ses choix - et atermoiements - au Moyen-Orient.
La prudence est le maître mot de la politique étrangère du 44e président des États-Unis, élu sur la promesse de mettre fin à deux guerres (Irak et Afghanistan). En appelant à écrire «un nouveau chapitre» avec ce pays situé au large de la Floride, il a cependant fait preuve d'une audace qu'aucun de ses prédécesseurs n'avait eue.
Lorsque l'avion présidentiel Air Force One se posera dimanche à Cuba, deux jours après celui du Vénézuélien Nicolas Maduro et près d'un siècle après la dernière visite d'un président américain en exercice, M. Obama tournera une page de l'histoire des États-Unis et fera évoluer l'image de la première puissance mondiale dans l'ensemble de l'Amérique latine.
Accompagné dans ce voyage par sa femme Michelle et leurs deux filles, Malia et Sasha, il rencontrera en tête-à-tête le président cubain Raul Castro. Aucune entrevue n'est en revanche prévue avec son frère aîné, Fidel, éloigné du pouvoir depuis une décennie.
M. Obama, qui rencontrera des dissidents et des acteurs de la vie économique, s'adressera mardi à tous les Cubains à travers un discours retransmis à la radio et la télévision, comme celui du 17 décembre 2014 lorsqu'il avait annoncé, depuis la Maison-Blanche, le rapprochement entre les deux anciens pays ennemis.
«Nous considérons ce discours comme un moment unique dans l'histoire de nos deux pays», a expliqué Ben Rhodes, proche conseiller du président américain, qui a mené pendant 18 mois les négociations secrètes avec La Havane.
Visite de la vieille ville en famille, hommage au père de l'indépendance José Marti, sur la place de la Révolution, match de baseball : le déplacement de trois jours sera aussi truffé d'étapes symboliques et d'images fortes.
30 ans de moins que Castro
L'arrivée du premier président noir des États-Unis - de 30 ans plus jeune que Raul Castro - aura aussi une résonance particulière au sein de la communauté afro-cubaine, notoirement sous-représentée au sein des élites politiques cubaines.
Le pari de la Maison-Blanche : tisser suffisamment de liens, en dépit d'un embargo économique auquel le Congrès républicain refuse pour l'heure de toucher, afin de rendre difficile tout retour en arrière, quel que soit le prochain président américain en 2017.
«Nous voulons rendre ce processus de normalisation irréversible», a souligné Ben Rhodes, qui insiste sur l'impact des politiques déjà engagées: facilitation des voyages, allègement des restrictions commerciales.
À ceux qui lui reprochent de ne pas avoir obtenu de réelles concessions de la part du régime castriste, en particulier sur les droits de l'homme, la présidence américaine promet des discussions «franches», reconnaît que le changement prendra du temps, et insiste sur la nécessité de rompre avec l'isolement, qui a été stérile.
Lors du rétablissement des relations diplomatiques à l'été 2015, M. Obama rappelait - comme pour mieux souligner le caractère anachronique de la politique en place - qu'elles avaient été suspendues par Dwight Eisenhower en 1961, année de sa naissance.
«Doctrine Obama»
La publication, quelques jours avant ce voyage historique, d'un long article dans The Atlantic sur la «Doctrine Obama», a ravivé le débat sur le bilan de politique étrangère du président et sa vision de la place des États-Unis dans le monde.
Réticence à intervenir militairement au risque de créer un vide que d'autres - Russie en tête - s'empressent de combler. Temps de réaction jugé trop lent face à la progression des jihadistes de l'État islamique en Irak et Syrie. L'article décortique avec précision les reproches adressés au président démocrate. Et lui donne aussi la parole.
Martelant ses convictions, déclinant sa méthode sur un ton parfois professoral, le président loue les vertus du dialogue avec ses ennemis, accord sur le nucléaire iranien à l'appui, insiste sur les errements militaires de son prédécesseur George W. Bush.
Mettant en garde contre les engrenages guerriers incontrôlables, il souligne aussi la nécessité pour les États-Unis de ne pas être obnubilés par le seul Moyen-Orient. Et de concentrer ses énergies sur d'autres zones du monde : Asie, mais aussi Afrique et Amérique latine.
Publié par La Presse Canadienne le vendredi 11 mars 2016 à 06h34. Modifié par Charles Payette à 07h36.
AP
WASHINGTON - Environ 170 dignitaires ont assisté à Washington, jeudi soir, à un dîner d'État offert par le président des États-Unis, Barack Obama, en l'honneur du premier ministre du Canada, Justin Trudeau.
Plusieurs personnalités publiques canadiennes qui vivent maintenant aux États-Unis étaient sur place. Elles ont toutes semblé impressionnées par ce qu'ils ont vu et entendu de la part du premier ministre.
Mis en ligne le vendredi 11 mars 2016 dans Puisqu'il faut se lever avec Catherine Brisson
L'acteur Michael J. Fox, qui est originaire d'Edmonton, a aimé sa fraîcheur. Il a ajouté avoir été un admirateur de l'ancien premier ministre Pierre-Elliott Trudeau, le politicien le plus attachant de son époque, à son avis.
Un autre acteur, Mike Myers, qui est né à Scarborough, en Ontario, a souligné que Pierre-Elliott Trudeau avait été son premier ministre pendant 14 ans et qu'il avait été un héros pour lui. À son avis, les relations canado-américaines sont prometteuses.
L'actrice Sandra Oh, originaire d'Ottawa, a dit être très fière d'être Canadienne. Elle avait très hâte de rencontrer Justin Trudeau, le fils de l'un des plus grands premiers ministres de l'histoire du pays, à son avis.
Camaraderie et alliance
Cet événement mondain a clôturé une journée au cours de laquelle la relation de camaraderie unissant Justin Trudeau au président Obama semblait évidente.
Le président américain Barack Obama a porté un toast et a fait allusion à l'alliance entre son pays et le Canada, à l'amitié unissant les Américains aux Canadiens ainsi qu'au respect dont ces deux peuples font preuve à l'égard de tout être humain.
Lors de son allocution, Justin Trudeau a rendu hommage aux filles du président, Malia et Sasha Obama, âgées respectivement de 17 et de 14 ans, disant qu'il était honoré de faire leur connaissance. Il a ajouté qu'il aurait aimé être adolescent lorsque son père dirigeait le gouvernement canadien.
La mère de Justin Trudeau, Margaret, figurait parmi les invités du dîner.
Quant à Sophie Grégoire, l'épouse du premier ministre, elle a fait appel à quatre stylistes de Toronto pour sa tenue vestimentaire. Elle portait une robe du couturier Lucian Matis, des chaussures Zvelle, de la styliste Elham AyoubZadeh, des boucles d'oreille de la joaillerie John De Jong et une bague du créateur Dean Davidson.
Vendredi, l'agenda du premier ministre Trudeau à Washington prévoit qu'il dépose une couronne sur la tombe du Soldat inconnu au cimetière national d'Arlington. Il prendra ensuite part à une séance de questions et réponses avec des étudiants de l'American University.
Le premier ministre participera par la suite à un déjeuner organisé par Global Progress et il rencontrera plus tard le président de la Banque mondiale.
Publié par Associated Press le samedi 05 décembre 2015 à 21h44. Modifié par Jacques Thériault à 22h33.
whitehouse.gov
WASHINGTON - Le président américain, Barack Obama, fera un discours à la nation, dimanche à 20 h, à propos des mesures que prendra le gouvernement pour assurer la sécurité du pays après la fusillade survenue mercredi en Californie.
La Maison-Blanche a indiqué que M. Obama ferait le point sur l'attaque à San Bernardino, lors de laquelle un homme et une femme lourdement armés ont fait 14 morts dans une fête d'employés du comté, et discuterait plus largement de la menace du terrorisme. Il devrait aborder la nature de cette menace, la façon dont elle a évolué et la manière avec laquelle le pays prévoit l'éradiquer.
Le président Obama parlera aussi de sa détermination à détruire le groupe armé État islamique et du fait que les États-Unis doivent puiser dans leurs valeurs — la justice, l'égalité et la liberté — pour l'emporter sur les groupes terroristes.
Mise à jour le jeudi 19 novembre 2015 à 5 h 21 HNE
MANILLE - Après une première réunion bilatérale chaleureuse avec Justin Trudeau au sommet de la Coopération économique Asie-Pacifique mardi, aux Philippines, le président américain Barack Obama a déclaré que les deux pays seront bientôt signataires du Partenariat transpacifique.
Un texte de Madeleine Blais-Morin
« Je sais que Justin doit l'examiner », a ajouté Barack Obama, qui avait pressé la veille les 12 pays du PTP de ratifier l'entente de libre-échange.
Pourtant, cette affirmation ne correspond pas tout à fait à la position officielle du gouvernement Trudeau, qui répète qu'il doit d'abord mener des consultations avant d'arriver à une position formelle sur ce partenariat.
« Le pétrole sale »
Barack Obama n'a pas répété l'expression « pétrole sale », qu'il a déjà utilisée dans le passé pour qualifier le pétrole canadien.
Il a dit au sujet des questions énergétiques et environnementales « que le Canada est maintenant un partenaire pour aider à la mise en place de règles mondiales qui seront extraordinairement utiles ».
Lutte contre l'État islamique
Un journaliste américain a demandé si Barack Obama avait suggéré à Justin Trudeau de reconsidérer sa décision de retirer ses avions CF-18 de la campagne de frappes aériennes contre le groupe armé État islamique, mais le président américain a complètement évité la question.
Justin Trudeau, qui a l'intention d'accroître le nombre de soldats en Irak chargés de former des combattants locaux, a encore une fois voulu calmer le jeu. « J'ai rassuré le président et je rassure tous nos alliés que le Canada continue de prendre toutes ses responsabilités sur bien des niveaux de rester engagé dans cette lutte », a-t-il dit.
Un contact chaleureux
Après une rencontre de 23 minutes derrière des portes closes, Barack Obama et Justin Trudeau se sont assis côte à côte dans une petite salle pour répondre aux questions de la presse américaine et canadienne.
Dès leur déclaration initiale, le président a indiqué qu'il a invité Justin et son épouse à le visiter à la Maison-Blanche, pour une plus longue rencontre bilatérale. Sans qu'aucune date n'ait été arrêtée, il a bon espoir que la rencontre se tiendra au début de l'an prochain. À quoi le premier ministre a répondu : « Je suis certain que Sophie sera très excitée d'entendre parler du jardin de Michelle. »
Justin Trudeau a mentionné que ce sera une « période de liens qui se resserrent entre les deux pays », tant au chapitre de l'économie, de la sécurité, de l'engagement dans le monde que sur un plan personnel.
Justin Trudeau et Barack Obama à Manille Photo : Jonathan Ernst/Reuters
Il y a tout de même eu un moment un peu étrange lorsque Barack Obama a rappelé que lors de son premier appel téléphonique, il a conseillé à Justin Trudeau de se teindre les cheveux rapidement s'il ne veut pas qu'ils deviennent gris comme les siens. Un commentaire qui se voulait familier, auquel Justin Trudeau a répondu qu'il est « si jeune et déjà si cynique ».
Les deux hommes se sont chaleureusement serré la main à la fin de la rencontre.
Les attentats qui ont frappé la capitale française vendredi soir «ne sont pas seulement une attaque contre Paris», mais «une attaque contre toute l'humanité et nos valeurs universelles», a déclaré Barack Obama lors d'une brève allocution à la Maison Blanche.
Briefé sur les événements en cours à Paris, le président américain a ajouté que les États-Unis allaient aider la France à «traduire les terroristes en justice», tout en notant qu'il était encore trop tôt pour savoir qui avait fomenté ces attaques, destinées à «terroriser des civils innocents».
«Il semble qu'il y ait toujours des activités et des dangers en cours alors que nous discutons. Et jusqu'à ce que nous ayons la confirmation des autorités françaises que la situation est sous contrôle et que nous ayons de plus amples informations je ne veux pas spéculer», a ajouté M. Obama.
Le premier ministre britannique «choqué»
Le Premier ministre britannique David Cameron s'est déclaré «choqué» par les attaques vendredi soir à Paris et aux abords du stade de France, au nord de la capitale, qui ont fait au moins 18 morts.
«Je suis choqué par les évènements de ce soir à Paris», a écrit M. Cameron sur son compte twitter. «Nos pensées et nos prières vont au peuple français. Nous ferons tout ce qui est possible pour aider».
Merkel «profondément choquée» par les attaques «à l'évidence terroristes»
La chancelière allemande Angela Merkel s'est dite vendredi soir «profondément choquée» par les attaques «à l'évidence terroristes» qui ont fait plusieurs dizaines de morts à Paris, selon un communiqué de ses services.
«Je suis profondément choquée par les nouvelles et les images qui nous parviennent de Paris. En ces heures, mes pensées vont aux victimes de ces attaques à l'évidence terroristes, à leurs proches et à tous les habitants de Paris», a déclaré la dirigeante.
Le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier s'est dit «horrifié et bouleversé» par les attaques simultanées vendredi soir à Paris, selon le compte Twitter du ministère.
«Nous sommes aux côtés de la France !», a poursuivi le chef de la diplomatie allemande, qui se trouvait au Stade de France aux côtés du président français François Hollande pour assister à la rencontre amicale de football France-Allemagne
Juncker «profondément choqué», exprime sa «solidarité»
Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, s'est dit «profondément choqué» à la suite des attaques vendredi soir à Paris et aux abords du stade de France, au nord de la capitale, exprimant la «solidarité» de l'UE.
«Je suis profondément choqué par les événements à Paris. Nous exprimons notre pleine solidarité avec le peuple de France», a écrit M. Juncker dans un tweet, alors que le dernier bilan fait état d'au moins 39 morts. Le Premier ministre belge Charles Michel a offert ses «condoléances» et a assuré que «la Belgique est aux côtés de la France», sur son compte Twitter.
L'Espagne solidaire
Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy s'est entretenu vendredi soir avec le premier ministre français Manuel Valls pour lui faire part de la solidarité de l'Espagne face aux attentats de Paris, a-t-on appris auprès d'une source gouvernemantale.
Mariano Rajoy a parlé à Manuel Valls pour lui faire part de «toute notre solidarité», a déclaré cette source à l'AFP. «Tout cela confirme que nous faisons face à un défi sans précédent, un défi d'une énorme cruauté», a déclaré au même moment le ministre des Affaires étrangères Jose Manuel Garcia Margallo sur la chaîne publique TVE, évoquant une attaque «jihadiste».
L'Italie exprime sa solidarité avec ses «frères français» et renforce sa sécurité
Le premier ministre italien Matteo Renzi a exprimé vendredi soir sa «solidarité» avec ses «frères français», après les attentats à Paris qui ont fait des dizaines de morts, et convoqué un comité national de sécurité samedi matin.
L'Italie est «ensemble avec ses frères français, contre l'atroce attaque à Paris et à l'Europe», a réagi Matteo Renzi sur son compte Twitter.
«L'Europe, touchée au coeur, saura réagir à la barbarie», a ajouté le Premier ministre, cité par l'agence AGI, qui précise que M. Renzi, qui suit les évènements, a exprimé la «solidarité» de l'Italie au président français François Hollande.
Le «comité national pour l'ordre et la sécurité nationale est convoqué à 9h30 samedi matin», a annoncé pour sa part le ministre de l'Intérieur Angelino Alfano.
Les risques d'attentat en Italie sont régulièrement évoqués depuis que le groupe État islamique (EI) a annoncé avoir fait du Vatican un de ses objectifs, et alors que Rome se prépare à un jubilé annoncé par le pape et qui doit commencer le 8 décembre.
Le maire de New York exprime sa solidarité
Le maire de New York a exprimé vendredi soir la solidarité des New-Yorkais après les «actes de violence insensés» ayant frappé Paris.
«Les New-Yorkais ont le coeur brisé de voir notre cité soeur de Paris encore frappée par des actes insensés de violence et nous sommes solidaires des Parisiens et de la maire (de Paris Anne) Hidalgo en ces moments tragiques», a déclaré Bill de Blasio dans un communiqué.
Ban Ki-moon dénonce des «attaques terroristes méprisables»
Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a dénoncé vendredi des «attaques terroristes méprisables» à Paris et a affirmé «se tenir au côté du gouvernement et du peuple français».
M. Ban, cité par son porte-parole, a «exigé la libération immédiate des nombreuses personnes qui sont apparemment retenues en otages au théâtre du Bataclan».
La Russie condamne les «odieux attentats» de Paris
La Russie condamne la série d«attentats odieux» et les «assassinats inhumains» perpétrés à Paris et est prête à apporter «toute son aide dans l'enquête sur ces crimes terroristes», a déclaré le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, cité par les agences.
Le président russe Vladimir Poutine a exprimé ses condoléances et le soutien et la solidarité de la Russie au président François Hollande et à l'ensemble du peuple français, selon l'agence TASS.
Scènes d'apocalypse dans Paris
Marie Giffard et Simon Valmary | Agence France-Presse
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Des sirènes hurlantes dans tout Paris, des rues bouclées par la police, des proches de victimes en sanglots qui tentent de passer : scènes d'apocalypse vendredi soir à Paris, théâtre d'attaques meurtrières simultanées qui ont fait au moins 39 morts.
Le périmètre est bouclé autour de l'hôpital Saint-Louis, dans le nord de la capitale. Un homme en larmes raconte que sa soeur a été tuée. À ses côtés sa mère explose en sanglots et se jette dans ses bras. «Ils ne veulent pas nous laisser passer», explique-t-il en montrant le carrefour, 50 mètres plus loin.
«On a entendu des bruits de fusillade, 30 secondes de rafales, c'était interminable, on pensait que c'était un feu d'artifice», raconte Pierre Montfort, qui vit tout près de la rue Bichat, où a eu lieu l'une des fusillades. Un autre témoin décrit la scène: «sur le moment on ne voit que les flammes qui sortent de l'arme, on a eu peur, qui nous disait qu'il n'allait pas tirer sur les fenêtres?»
Florence dit être arrivée «en scooter peut-être une minute après». «C'était surréaliste, tout le monde était à terre. Personne ne bougeait dans le restaurant Petit Cambodge et tous les gens étaient par terre au bar Carillon. C'était très calme, les gens ne comprenaient pas ce qu'il se passait. Une fille était portée par un jeune homme dans ses bras. Elle avait l'air morte», explique-t-elle.
Mêmes scènes de guerre rue Charonne, un peu plus à l'Est. Des camions de pompiers repartent toutes sirènes hurlantes.
Un homme dit avoir entendu des tirs pendant «deux, trois minutes», «des rafales». «J'ai vu plusieurs corps à terre ensanglantés. Je ne sais pas s'ils étaient morts», lâche-t-il.
«Il y avait du sang partout», confirme un autre témoin, parlant de tirs très forts en plusieurs temps.
Toujours dans l'Est parisien, mêmes gyrophares de la police et des pompiers, autre quartier bouclé, celui de la salle de concerts le Bataclan, tout près de la rédaction de Charlie Hebdo cible d'un attentat meurtrier en janvier. Une prise d'otages est en cours.
Les gens sont pendus au téléphone. «Ma femme était au Bataclan, c'est une catastrophe», dit un homme qui a accouru sur place, mais est bloqué par le cordon de sécurité. «Il y a eu une fusillade à l'intérieur du Bataclan. Tout ce que je peux vous dire c'est que c'est plus grave que Charlie Hebdo», glisse un membre des forces de l'ordre.
Le Stade de France, enfin, en banlieue nord de Paris. Des explosions ont retenti autour, des grenades selon certains stadiers. La police afflue, le public a pu entendre deux explosions, mais le match amical France-Allemagne s'est poursuivi. Tout le monde est d'abord confiné à l'intérieur du stade, survolé par un hélicoptère.
«On a entendu les explosions 25 minutes après le début du match. Il a continué normalement. Je pensais que c'était une blague», explique Ludovic Klein, 37 ans, venu de Limoges avec son fils de dix ans. «L'évacuation s'est faite dans le calme à part un petit mouvement de foule.»
Mise à jour le vendredi 9 octobre 2015 à 16 h 59 HAERadio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Le président américain, Barack Obama Photo : PC/Carolyn Kaster
L'administration Obama a décidé de mettre un terme à la formation de rebelles en Syrie après avoir constaté l'échec de ce programme. Washington en a fait l'annonce vendredi en précisant qu'il se concentrerait désormais sur la fourniture d'armes à des groupes ciblés.
« Est-il préférable de placer ces gars dans des programmes de formation pendant des semaines ou de les laisser combattre sur le terrain en leur offrant plus de soutien? Je pense que la bonne réponse est la deuxième et c'est ce que nous allons faire », a résumé Brett McGurk, conseiller de M. Obama chargé de la lutte contre l'EI.
La nouvelle a fait pavoiser les républicains. La sénatrice Deb Fischer s'est félicitée que Washington admette « ce que nous savions depuis quelque temps: l'entraînement des rebelles syriens est un échec ».
L'administration américaine a reconnu avoir rencontré des difficultés à trouver des recrues parce que le programme ne prévoyait qu'un engagement contre le groupe armé État islamique et non contre les forces en faveur du président syrien Bachar Al-Assad.
L'entrée récente de la Russie dans le conflit a accentué les doutes sur la stratégie de l'administration américaine en Syrie et remis en cause l'influence de Washington dans la région.