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jeudi, mars 08, 2018

Donald Trump accepte une rencontre historique avec Kim Jong Un

AFP

Chung Eui-yong, conseiller national sud-coréen à la Sécurité lors d'une brève allocution devant la «West Wing» de la Maison-Blanche.

AFP 
MISE à JOUR 
WASHINGTON | L’annonce est aussi inattendue que spectaculaire: le président américain Donald Trump a accepté jeudi de rencontrer prochainement le leader nord-coréen Kim Jong Un, avec lequel il s’était engagé dans une agressive joute verbale depuis son arrivée au pouvoir.
Le lieu et la date d’une telle rencontre entre le 45e président des États-Unis et le dirigeant de l’unique dynastie communiste qu’est la Corée du Nord, n’ont pas été précisés.
Ce rebondissement, impensable il y a quelques semaines, intervient après deux années de très vives tensions entre Washington et Pyongyang liées aux programmes nucléaire et balistique nord-coréens.
Dans une brève allocution devant la West Wing de la Maison-Blanche, à la nuit tombée, Chung Eui -yong, conseiller national sud-coréen à la Sécurité, a annoncé que M. Trump avait accepté l’invitation pour ce sommet historique.

Le leader nord-coréen « a fait part de son désir de rencontrer le président Trump le plus vite possible », a-t-il dit. « Le président Trump a apprécié le compte-rendu et a dit qu’il rencontrerait Kim Jong Un d’ici fin mai pour parvenir à la dénucléarisation permanente », a-t-il ajouté.
La Maison-Blanche a confirmé que le président américain, 71 ans, avait accepté la proposition de l’énigmatique dirigeant trentenaire.

D’un tweet, Donald Trump, a salué de « grands progrès » sur le dossier nord-coréen, insistant sur le fait que l’homme fort de Pyongyang avait parlé de « dénucléarisation », pas seulement d’un « gel » des activités nucléaires. « Les sanctions doivent rester en place jusqu’à ce qu’un accord soit trouvé », a-t-il ajouté.
Un responsable américain a précisé qu’aucune lettre du dirigeant nord-coréen n’avait été transmise au locataire de la Maison-Blanche, mais que son invitation avait été transmise « oralement ».
M. Chung a par ailleurs précisé que Kim Jong Un s’était engagé à œuvrer à la « dénucléarisation » de la péninsule coréenne et a promis de s’abstenir « de tout nouveau test nucléaire ou de missile » pendant d’éventuelles négociations.
Maintien des sanctions
Fils cadet de l’ancien dirigeant nord-coréen Kim Jong Il, Kim Jong Un avait été désigné pour succéder à son père dès l’annonce de la mort de ce dernier, en décembre 2011.
Cette annonce intervient à l’issue de la remarquable détente qui s’est amorcée sur la péninsule depuis le début de l’année à la faveur des jeux Olympiques d’hiver de Pyeongchang.
Après s’être longuement entretenu lundi avec le leader nord-coréen Kim Jong Un, M. Chung avait assuré que ce dernier était désormais prêt à bouger sur le dossier longtemps tabou de l’arsenal nucléaire de Pyongyang. Il avait ajouté le nord était prêt à un « dialogue franc » avec les États-Unis pour évoquer la dénucléarisation.
Nord et Sud ont décidé selon Séoul de la tenue fin avril d’un troisième sommet intercoréen, après ceux de 2000 et 2007. Le sommet aura lieu dans le village de Panmunjom, au milieu de la Zone démilitarisée (DMZ) qui sépare la Corée du Nord de la Corée du Sud.
« Dictature brutale » 
Le président américain Donald Trump avait salué mardi ces signes d’ouverture de la Corée du Nord tout en appelant à la prudence et en réaffirmant que toutes les options étaient sur la table.
« Ce serait bien pour le monde, bien pour la Corée du Nord, bien pour la péninsule, mais nous verrons ce qui va se passer », avait-il lancé.
D’autres responsables de son administration avaient néanmoins conseillé la prudence, certains se montrant même sceptiques que ce soudain apaisement diplomatique après des mois de guerre des mots entre Washington et Pyongyang, sur fond de progrès nord-coréens dans les domaines nucléaire et balistique.
La Corée du Nord affirme désormais que ses missiles sont en mesure d’atteindre le territoire américain.
Visé par une série de sanctions imposées par le Conseil de sécurité des Nations unies mais aussi américaines, le régime nord-coréen avait jusqu’ici toujours affirmé que le développement de son programme nucléaire n’était tout simplement pas négociable.
Il y a moins de trois semaines, M. Trump avait annoncé de nouvelles sanctions visant à isoler encore plus la Corée du Nord, quelques heures après l’arrivée de sa fille Ivanka en Corée du Sud pour la fin des jeux Olympiques.
« Nous devons rester unis pour empêcher cette dictature brutale de menacer le monde de dévastation nucléaire », avait-il alors lancé.

LE PREMIER MINISTRE JAPONAIS SHINZO ABE SALUE LA PERSPECTIVE DE NÉGOCIATIONS 

Le premier ministre japonais Shinzo Abe a salué vendredi l’annonce de la tenue d’ici mai d’un sommet entre le président américain Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un.
« J’apprécie hautement ce changement de la part de la Corée du Nord et le fait qu’elle va commencer des discussions fondées sur le principe d’une dénucléarisation », a dit M. Abe dans une déclaration télévisée, ajoutant qu’il comptait se rendre aux États-Unis pour rencontrer M. Trump « dès avril ».

dimanche, octobre 08, 2017

Les menaces creuses de Donald Trump


AFP
Donald Trump

Après une semaine difficile, Donald Trump est revenu à ses vieilles habitudes de détourner l’attention en proférant des menaces à tout vent. Mais les menaces de Donald Trump sont plus souvent qu’autrement creuses et, dans certains cas, il joue avec le feu.
Jeudi, lors d’une rencontre avec ses principaux conseillers militaires, le président Trump déclenchait une mini-tempête à Washington en déclarant, sourire aux lèvres, qu’on se trouve dans le calme avant la tempête. Quelle tempête? « Vous verrez », a-t-il souligné, sans préciser à quoi il faisait référence au juste. Peut-être s’agit-il de la Corée du Nord, dont il disait ce matin sur Twitter qu’à ses yeux, il n’y a qu’une seule solution pour le problème qu’elle représente. Quelle solution? Encore une fois, silence radio.
Jeudi, c'était le "calme avant la tempête". Quelle tempête? "Vous verrez," a répondu Trump. On attend encore...
 Ce genre de menaces non spécifiques ne représente rien de nouveau pour Donald Trump. En fait, son discours en est littéralement truffé depuis son entrée en politique et avant. Les négociateurs commerciaux canadiens en savent quelque chose, eux qui doivent faire leur travail sous la menace d’un retrait des États-Unis de l’ALÉNA proférée à maintes reprises par le président, même s’ils savent pertinemment que les États-Unis n’ont aucun intérêt à jeter cet accord et que leurs vis-à-vis à la table de négociation le savent très bien.
Un bluffeur qui a rarement du jeu
Que faut-il faire de ces menaces de Donald Trump, qu’il nous sert treize à la douzaine depuis son entrée en politique? Pas grand-chose. En fait, Trump aime à se présenter comme un bluffeur, mais il est rarement très convaincant. Il suffit de rappeler quelques-unes de ses plus remarquables menaces passées qui se sont avérées toutes plus vides les unes que les autres.
Quand Donald Trump était dans les affaires, il menaçait constamment de poursuivre ceux qui entravaient ses visées, mais il passait très rarement aux actes. Il répète depuis toujours à qui veut l’entendre qu’il ne règle jamais ses litiges hors cour, mais il l’a fait au moins une centaine de fois, notamment dans le cas de la Trump University, où il a réglé pour 25 millions de dollars une poursuite de 40 millions. On se souviendra du temps où il faisait campagne pour l’idée saugrenue selon laquelle Barack Obama était né au Kenya. Il avait maintes fois menacé de dévoiler des faits irréfutables que ses enquêteurs avaient déterrés, mais il était assez clair que ces « faits » étaient purement fictifs. Pendant sa campagne électorale, il avait ouvertement menacé d’accuser formellement la Chine de manipuler sa devise, ce qu’il n’a pas fait. Il a aussi menacé de reconnaître Taïwan, mais il a cessé d’en parler peu après. Dans la controverse autour du congédiement de James Comey, il avait menacé de publier des enregistrements qui viendraient appuyer sa version de faits. Ces enregistrements n’ont jamais fait surface. Dans le cadre de votes serrés au Congrès, il a menacé certains législateurs de les désavouer s’ils votaient contre lui, mais après le vote défavorable, Trump passait l’éponge comme si de rien n’était.
Les salves rhétoriques ignorées
Face à la Corée du Nord, Trump répète depuis le tout début les mêmes menaces exagérées contre des gestes indéterminés. À chaque fois, le régime de Kim Jong-un fait comme s’il n’avait rien dit et les menaces sont rapidement oubliées. Même chose pour les menaces proférées à l’endroit des partenaires économiques de la Corée du Nord, qui sont toutes demeurées sans suite. Pour la plupart des spécialistes de ces questions, il est clair que de telles menaces démesurées reposant sur des actions vagues n’aident en rien à contenir les ambitions nucléaires du petit dictateur.
Heureusement, il semble pour le moment que les responsables militaires et diplomatiques conservent un certain contrôle de la situation du côté américain, pendant que les Nord-Coréens semblent avoir tout simplement décidé d’ignorer les salves rhétoriques du président. Même si Trump semble dire que la seule solution à ce conflit est une confrontation militaire totale, ce serait loin d’être une solution et il faudra bien un jour en venir à une entente négociée pour éviter la catastrophe.
Jouer avec le feu
Il est aussi possible que la promesse de tempête de Trump signale son intention arrêtée de mettre fin à l’entente nucléaire avec l’Iran, qu’il présente encore comme la pire entente négociée dans toute l’histoire des États-Unis. Ce qu’il ne dit pas est que cette entente a aussi été ratifiée par tous les membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies et que les perspectives de sanctions efficaces dans l’hypothèse où le gouvernement américain ferait cavalier seul contre l’Iran sont plutôt minces. Ce qu’il cherche à gagner en augmentant la pression sur ce dossier n’est pas du tout clair, car de l’avis unanime de toutes les autres parties à l’entente, celle-ci remplit pour le moment assez bien ses promesses. Peut-être cherche-t-il à extirper une concession de l’Iran qui lui permettrait de présenter cette nouvelle entente, qui porterait son nom, comme le « deal » du siècle. C’est ce qu’on verra.
De toute évidence, comme dans le cas de la loi sur la santé que Trump n’arrive toujours pas à faire abroger, l’accord nucléaire avec l’Iran est un gros morceau de l’héritage politique de Barack Obama, qui a coupé court aux ambitions d’armement nucléaire de l’Iran. Toutefois, contrairement aux décrets qu’il peut facilement démanteler d’un coup de plume, ce genre d’entente serait extrêmement difficile à renégocier et les conséquences d’un retrait unilatéral des États-Unis seraient incalculables. Encore une fois, Trump s’imagine peut-être que son bluff lui permettra de gagner, mais rien n’est moins sûr. Ce qui est clair depuis les tout débuts est qu’il n’a qu’une très vague idée du contenu de l’accord avec l’Iran et des détails de son fonctionnement. Il joue avec le feu mais il se semble pas se rendre compte qu’il pourrait bien être assis sur un baril de poudre.
* * *
Pierre Martin est professeur de science politique à l’Université de Montréal et directeur de la Chaire d’études politiques et économiques américaines au CÉRIUM. On peut le suivre sur Twitter: @PMartin_UdeM

vendredi, septembre 29, 2017

CHRONIQUE Crosby et le privilège blanc

Fabrice Vil
29 septembre 2017 |Fabrice Vil | Hockey | Chroniques
Cet été, Dany Laferrière a dit au Devoir : « Pour extirper le racisme dans une société ou dans une ville, il faut interpeller surtout ceux qui n’en souffrent pas, pas les ostracisés. C’est comme pour les tremblements de terre, il faut aller chercher des forces neuves pour s’en sortir, des gens qui n’en sont pas victimes pour aider ceux qui en souffrent et à qui cela pose problème. »
 
Cette semaine, Sidney Crosby avait une occasion de jouer le rôle d’allié dans la lutte contre le racisme. Il a échoué.
 
Rappelons le contexte : aux États-Unis, quelques athlètes de la Ligue nationale de football (NFL), dont au premier chef Colin Kaepernick, un ancien quart-arrière des 49ers de San Francisco, ont manifesté en s’agenouillant lors de l’hymne national américain.
 
Ces footballeurs, en majorité noirs, ne se rebellent ni contre leur drapeau ni contre leur nation. Ils s’opposent au racisme systémique, et plus particulièrement au profilage racial et à la brutalité policière, qui sévit aux États-Unis.
 
L’affaire soulève les passions. Donald Trump s’en mêle, qualifiant même les footballeurs protestataires de « fils de putes ». La position de Trump suscite la désapprobation des joueurs et d’équipes de la NFL, ainsi que de la ligue elle-même. Plusieurs médias se lancent dans une campagne de désinformation, ignorant le véritable message des protestataires. Le site Breitbart, voilant à peine son racisme, les appelle même des « dégénérés antiaméricains ».
 
Pendant cette tourmente, une autre du même ordre : Stephen Curry, joueur vedette des Warriors de Golden State, champions de la NBA, déclare qu’il ne souhaite pas visiter la Maison-Blanche, contrairement à ce que veut la tradition en faveur des équipes championnes des ligues professionnelles américaines. Curry ne souhaite pas cautionner les actions de son président. Et voilà que Trump se saisit de Twitter pour annoncer de façon cavalière qu’il retire son invitation aux Warriors. La réaction de Trump déclenche l’ire de nombre de joueurs et entraîneurs de la NBA.
 
Alors que 70 % des joueurs de la NFL sont Noirs, pourcentage qui augmente à 74 % dans la NBA, il est difficile de ne pas voir dans cette situation une stratégie de Trump pour alimenter la division raciale aux États-Unis.
 
Tous les athlètes noirs n’ont pas verbalisé leur opposition à Trump. D’ailleurs, certains opposants aux protestataires diraient que P.K. Subban a pour sa part affirmé que par respect, il ne s’agenouillerait pas devant le drapeau américain. En désaccord avec ces propos de Subban, je considère toutefois qu’on ne peut exiger de chaque Noir qu’il porte la pression de la lutte contre le racisme. Subban a déjà dit qu’il est aux prises avec des incidents de racisme au hockey depuis l’âge de trois ans et demi. Souvenons-nous qu’un commentateur sportif a déjà commis un lapsus, suggérant que Subban devrait jouer au hockey « the white way ». Déjà jugé « trop flamboyant » par la Sainte-Flanelle, quel prix aurait à payer Subban s’il devait s’agenouiller devant le drapeau américain ?
 
De là l’importance du privilège blanc. Il permet, notamment, de s’opposer au racisme sans avoir à en subir les foudres. Qu’a fait Sidney Crosby, champion de la LNH ? Il a banalisé la gravité de la souffrance vécue par les Noirs en résultante des propos de Donald Trump.
 
Dimanche, les Penguins de Pittsburgh ont publié un communiqué annonçant qu’ils acceptaient l’invitation de visiter la Maison-Blanche. Le lendemain, Crosby a mentionné qu’il s’agissait « d’un grand honneur d’y être invité ». Pis encore, il a ajouté qu’il n’y avait « pas eu tant de discussion à ce sujet » au sein de son équipe. Le privilège blanc en action : ça ne se passe pas dans ma cour, pourquoi en parler ?
 
Les Penguins de Pittsburgh et Sidney Crosby ont tout à fait le droit de visiter la Maison-Blanche. Et soutenir la lutte contre le racisme n’exige pas de tout faire, tout le temps, contre le racisme. Néanmoins, au nom de l’exercice de leurs propres droits et libertés, il arrive trop souvent que les personnes blanches se désengagent de la lutte contre le racisme. Parce qu’elles n’en sont pas victimes.
 
Au milieu d’un débat polarisé qui oppose Donald Trump aux athlètes noirs, Crosby ne pouvait ignorer que ses déclarations, en tant que meilleur joueur de hockey au monde, ont du poids. Il n’est pas obligé de traiter Donald Trump de voyou (« bum »), comme l’a fait le basketteur Lebron James. Toutefois, considérer l’invitation de la Maison-Blanche comme étant tout aussi honorable qu’elle le serait dans le cours normal des choses légitime la position de Trump et discrédite les revendications des Noirs.
 
Les entraîneurs de la NBA Steve Kerr et Gregg Popovich, tous deux Blancs, ont compris la pertinence de leurs critiques du gouvernement Trump et se sont prévalu de leur leadership en ce sens. Crosby, lui, a cru ignorer le débat. Dans les faits, il a soutenu le mauvais camp.

lundi, septembre 25, 2017

Trump a « déclaré la guerre », selon la Corée du Nord


PUBLIÉ IL Y A 21 MINUTESMIS À JOUR IL Y A 17 MINUTES
Ri Yong-ho, le ministre nord-coréen des Affaires étrangères
Ri Yong-ho, le ministre nord-coréen des Affaires étrangères Photo : Reuters/Shannon Stapleton
Le ministre nord-coréen des Affaires étrangères a accusé lundi le président américain Donald Trump d'avoir « déclaré la guerre » à la Corée du Nord. Ri Yong-ho a ajouté que Pyongyang se réservait le droit de riposter, y compris en abattant des bombardiers américains qui ne se trouveraient pas dans son espace aérien.
« Le monde entier devra se souvenir clairement que ce sont les États-Unis qui ont été les premiers à déclarer la guerre à notre pays », a déclaré le chef de la diplomatie nord-coréenne devant des journalistes à New York.
« Puisque les États-Unis ont déclaré la guerre à notre pays, nous avons le droit de prendre des mesures de riposte, y compris le droit d'abattre les bombardiers stratégiques américains même s'ils ne sont pas dans l'espace aérien de notre pays », a-t-il ajouté.
Donald Trump a poursuivi samedi son escalade verbale avec la Corée du Nord en continuant à nommer le dirigeant nord-coréen « Rocket Man » (l'Homme-fusée) et en assurant que le chef de la diplomatie de Pyongyang ne « serait plus là pour très longtemps » s'il se faisait l'écho des pensées de Kim Jong-un.
Le numéro un nord-coréen a déjà promis vendredi des « contre-mesures radicales et historiques » en réponse aux menaces de Donald Trump d'une « destruction totale » du pays brandies à la tribune de l'Assemblée générale des Nations unies mardi dernier.
Dans une rare déclaration publique diffusée par les médias officiels, Kim Jong-un a jugé que les commentaires du président américain représentaient « la plus féroce déclaration de guerre de l'histoire ».

INTERNATIONAL EN CONTINU

mercredi, avril 26, 2017

LIBRE-ÉCHANGE Avec l'ami Trump, pas besoin d'ennemi

http://www.ledevoir.com/politique/canada/

Jean-Robert Sansfaçon
26 avril 2017 |Jean-Robert Sansfaçon | Canada | Éditoriaux
Washington impose à nouveau des tarifs sur les importations de bois d’oeuvre canadien. Le Canada a tenté de négocier, en vain. Trump promettait de s’attaquer au Mexique et à la Chine, mais c’est le Canada qui prend les coups.

C'est la cinquième fois en trente ans que les Américains s’attaquent aux exportateurs canadiens de bois d’oeuvre. Chaque fois que le conflit a été porté devant des tribunaux indépendants, le Canada a gagné, mais au prix de milliers d’emplois perdus entre-temps.
 
Malgré ses défaites, la coalition américaine du bois d’oeuvre revient constamment à la charge pour exiger de son gouvernement qu’il impose à nouveau des droits compensateurs. Ce que Washington n’hésite jamais à faire pour des raisons électoralistes.
 
Faute de pouvoir faire reconnaître les décisions des tribunaux de l’ALENA ou de l’OMC dans cette industrie, le Canada est donc forcé de négocier des ententes à l’extérieur de l’ALENA qui l’obligent à s’imposer à lui-même des quotas ou des taxes pour avoir la paix pendant quelques années.
 
Depuis la fin de la dernière entente du genre signée en 2006 et prolongée jusqu’en 2015, Ottawa a tenté de renégocier avec l’industrie américaine, mais les exigences de celle-ci étaient si élevées qu’il a été impossible de conclure.
 
Hier, Québec a confirmé qu’il réservait 300 millions pour offrir des garanties de prêts aux entreprises touchées, surtout les plus petites qui devront verser des paiements rétroactifs, en attendant un éventuel règlement.
 
De son côté, Ottawa s’est contenté de dénoncer la décision américaine et d’inviter l’industrie canadienne à faire appel aux programmes d’aide existants… dont l’assurance-emploi. Pour l’avenir, on mise sur la Chine pour l’exportation du bois canadien, cette dictature avec laquelle Justin Trudeau rêve de signer un traité de libre-échange malgré l’absence de tribunaux impartiaux.
 

Autre dossier qui fait l’objet d’attaques répétées de Donald Trump, celui du lait. Hier, M. Trump a signé un autre de ses fameux décrets présidentiels destinés à combattre le protectionnisme du voisin tout en défendant le sien. À court terme, cela ne change rien, mais il est évident que la formule canadienne de gestion de l’offre sera remise en cause lors des prochaines négociations de l’ALENA.
 
Jusqu’à l’an dernier, certains producteurs américains profitaient d’une faille dans l’ALENA pour exporter du lait diafiltré destiné à la fabrication de fromage et de yogourt. Cela a conduit l’industrie canadienne à réduire le prix du lait utilisé pour ce type de produits, au grand dam des Américains incapables d’exporter le leur.
 
Faut-il pour autant mettre la hache dans la gestion de l’offre ? Les Américains n’ont pas accès au marché canadien pour plusieurs catégories de produits laitiers, mais en revanche, ils ne subissent pas la concurrence des Canadiens, qui se contentent de produire pour leur seul marché. Au final, le solde commercial est à l’avantage des Américains, contrairement à ce que prétend Donald Trump.
 
Il est vrai que cette façon de limiter la production aux seuls détenteurs de quotas locaux tout en imposant des tarifs de 250 % sur les importations jure dans un paysage de libre-échange. Difficile pour l’UPA, et pour le Canada, de défendre à la fois la fermeture des frontières au lait et à la volaille des autres tout en exigeant de leur part une pleine ouverture pour notre porc, notre bois d’oeuvre et notre sirop d’érable !
 
À moyen terme, il semble évident que les producteurs de lait et de volaille devront réformer leur système pour le rendre plus productif, plus créatif et plus ouvert sur le monde. De là à abolir la gestion de l’offre, il y a un pas qui est loin d’être franchi puisque cela devrait s’accompagner du rachat des quotas de production et du versement annuel de dizaines de millions en subventions sans avoir l’assurance d’une stabilité des prix pour les consommateurs.
 
Lors de la campagne électorale, Donald Trump promettait de faire disparaître les énormes surplus commerciaux enregistrés par la Chine et le Mexique. Jusqu’ici, c’est le Canada qui fait les frais de ses politiques malgré un ridicule surplus commercial de 3 milliards de dollars l’an dernier, soit l’équivalent d’une journée et demie d’échanges commerciaux, comparativement aux 380 milliards du surplus chinois. Encore une fois, les « faits alternatifs » ont parlé par la bouche de ce grand menteur qu’est Donald Trump.

vendredi, mars 31, 2017

OTAN: le secrétaire américain exige que l'Europe dépense plus

http://www.lapresse.ca/international/etats-unis/

Publié le 31 mars 2017 à 16h12 | Mis à jour à 16h12
Le secrétaire d'État américain Rex Tillerson a exigé de... (Photo Virginia Mayo, REUTERS)
Le secrétaire d'État américain Rex Tillerson a exigé de l'Europe qu'elle «augmente» ses dépenses et investissements militaires d'ici à 2024.
PHOTO VIRGINIA MAYO, REUTERS
NICOLAS REVISE
Agence France-Presse
BRUXELLES
Pour ses premiers pas à l'OTAN, le secrétaire d'État Rex Tillerson a mis la pression vendredi sur ses alliés européens pour qu'ils dépensent plus pour leur défense afin de préserver le lien transatlantique.
À Bruxelles, le nouveau chef de la diplomatie américaine a également condamné l'«agression» russe contre l'Ukraine, Moscou dénonçant en retour une «calomnie» de l'Alliance atlantique.
M. Tillerson a passé à peine cinq heures à sa première réunion des ministres des Affaires étrangères des 28 pays de l'OTAN, au moment où les Européens s'inquiètent pour leur sécurité depuis l'arrivée au pouvoir de Donald Trump, perçu comme isolationniste.
Les États unis, première puissance militaire mondiale - avec un budget que leur président veut porter en 2018 à 639 milliards de dollars - assurent 68% des dépenses de défense cumulées des membres de l'OTAN.
Depuis des années, les Américains se plaignent de trop contribuer «au fardeau financier» de l'Alliance par rapport aux Européens. À la suite de son prédécesseur Barack Obama, Donald Trump réclame donc que chaque pays de l'Alliance consacre à sa défense au moins 2% de leur PIB.
Les Européens s'y étaient engagés sur dix ans lors d'un sommet de l'OTAN au Pays de Galles en 2014. Seuls cinq pays y sont parvenus.
«Accélérer les efforts»
Dès son arrivée à Bruxelles, le discret Rex Tillerson a exigé de l'Europe qu'elle «augmente» ses dépenses et investissements militaires d'ici à 2024.
«Les alliés qui n'ont pas de programmes concrets pour dépenser 2% du PIB en matière de défense d'ici à 2024 doivent les mettre en place maintenant. Ceux qui ont un programme pour atteindre 2% doivent accélérer leurs efforts et produire des résultats», a martelé l'Américain.
Les chefs d'État et de gouvernement de l'OTAN doivent approuver cet objectif lors de leur sommet, avec le président Trump, le 25 mai à Bruxelles. Il faut «que d'ici à la fin de l'année tous les alliés aient rempli leurs engagements ou mis en oeuvre des programmes qui précisent clairement comment» y arriver, a insisté M. Tillerson.
Car, a-t-il prévenu, «les États-Unis ne peuvent plus maintenir une part disproportionnée des dépenses de défense de l'OTAN». Pour Washington, elles représentent 3,6% de son PIB.
Sans véritables moyens de pression sur les Européens, Rex Tillerson a averti que «la capacité de l'Alliance pour la sécurité (...) transatlantique en dépendait».
Son homologue britannique Boris Johnson, dont le pays est l'allié historique des États-Unis et qui a atteint les 2%, a réclamé que l'OTAN soit «correctement financée».
L'Allemagne fulmine
En revanche, l'Allemand Sigmar Gabriel a fulminé contre un objectif «irréaliste». Lorsque Donald Trump avait reçu mi-mars la chancelière Angela Merkel, il avait accusé Berlin de devoir d'«énormes sommes d'argent» à l'OTAN et à Washington.
L'Allemagne avait sèchement démenti.
De son côté, le Français Jean-Marc Ayrault a mis en garde contre la tentation «de faire des dépenses pour faire des dépenses».
C'est l'avis aussi du secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg qui a souligné que les Européens et le Canada avaient dépensé «dix milliards de dollars» de plus en 2016. Il a demandé de «poursuivre sur cette dynamique», vantant une Alliance aussi «vitale» pour l'Amérique que pour l'Europe.
Le sommet de l'OTAN du 25 mai à Bruxelles sera le premier déplacement de Donald Trump en Europe. Il y verra des alliés troublés par ses déclarations fracassantes sur le «merveilleux» Brexit et sur l'OTAN «obsolète».
Mais Rex Tillerson a assuré que «le président et le Congrès des États-Unis soutiennent l'OTAN», comme depuis sa création en 1949.
«Occupation russe»
Après des années glaciales entre l'administration Obama et le Kremlin, Donald Trump a maintes fois plaidé pour un rapprochement avec son homologue russe Vladimir Poutine.
Toutefois, à propos du conflit ukrainien, Rex Tillerson s'est montré vendredi aussi ferme vis-à-vis de Moscou que son prédécesseur John Kerry sous l'ère Obama.
Après une rencontre entre le chef de la diplomatie de Kiev, Pavlo Klimkine, et l'OTAN, il a condamné «l'agression de la Russie en Ukraine», son «hostilité» en Europe de l'Est et son «occupation» en Crimée, qui «compromettent notre vision commune d'une Europe libre et en paix».
La diplomatie russe a répondu en accusant l'OTAN d'instrumentaliser «le mythe de la «menace russe»» et «la calomnie de «l'agression russe»» pour maintenir l'unité de ses membres.

dimanche, mars 26, 2017

Trump tente de rebondir après l'échec de sa réforme de l'assurance santé

http://www.ledevoir.com/international/etats-unis/

25 mars 2017 22h08 | Élodie Cuzin - Agence France-Presse - à Washington
Le président des États-Unis, Donald Trump
Photo: Mabdek Ngan Agence France-Presse
Le président des États-Unis, Donald Trump
Le gouvernement Trump tentait samedi de présenter un visage combatif après l’échec cuisant de son projet emblématique de réforme de la santé, jurant d’obtenir une nouvelle loi et de s’attaquer sans attendre à ses autres grandes promesses de campagne. 

Le président américain s’est de nouveau tourné vers Twitter pour dénoncer la loi de son prédécesseur démocrate Barack Obama, détestée des républicains.
 
« Obamacare va exploser et nous nous rassemblerons tous et construirons ensemble une superbe loi de santé pour LE PEUPLE. Ne vous inquiétez pas ! » a-t-il tonné, sans préciser de calendrier.
 
Gardant, mis à part ce message, un silence remarqué samedi, il a passé une grande partie de la journée dans un club de golf à son nom en Virginie, près de Washington. Il devait y tenir des réunions, selon son équipe, qui n’a toutefois pas précisé aux journalistes qui il devait rencontrer. 
 Obamacare va exploser et nous nous rassemblerons tous et construirons ensemble une superbe loi de santé pour LE PEUPLE. Ne vous inquiétez pas !Le président américain, Donald Trump

Dépêché en Virginie occidentale, terres conquises à Donald Trump, son vice-président Mike Pence a en revanche joué les émissaires avec un discours éminemment politique. 
 
L’abandon de la réforme de la santé vendredi « est une victoire du statu quo à Washington (...), mais je vous promets que cette victoire ne sera pas longue », a-t-il déclaré à Scott Depot. « Les Américains veulent la fin d’Obamacare. » 

« Vous l’avez vu, 100 % des démocrates de la Chambre, tous, et une poignée de républicains ont bloqué la voie », a encore déploré Mike Pence. 

Des promesses

En attendant qu’une nouvelle loi sur l’assurance maladie soit finalement passée, « je vous le promets, le président Trump ne cessera jamais de se battre pour tenir les promesses faites aux Américains et nous rendrons à l’Amérique sa grandeur », a-t-il poursuivi, reprenant le grand slogan de la campagne.

Mais s’il tentait de faire bonne figure, Donald Trump apparaissait affaibli après le retrait de ce projet, malgré des négociations haletantes dans lesquelles il s’est personnellement impliqué sans parvenir à rallier un soutien suffisant dans ses propres rangs au Congrès. 

Un sérieux camouflet pour ce président arrivé au pouvoir sur la promesse d’employer ses qualités de négociateur, mises à l’œuvre pour bâtir sa carrière d’homme d’affaires, à la Maison-Blanche. 

Une image d’ailleurs battue en brèche samedi par le Washington Post.  « La prochaine fois que quelqu’un assure qu’un homme d’affaires gérerait mieux le pays qu’un politique expérimenté, souvenez-vous de cette dernière semaine », a taclé le quotidien dans son éditorial. 

« M. Trump ne doit pas s’imaginer que les Américains en colère feront retomber la faute sur les démocrates, qui sont complètement bloqués hors du pouvoir, s’il préside pendant que le système s’effondre », poursuit le journal. 

Signée en 2010, la loi dite « Obamacare » a étendu la couverture santé à des millions d’Américains, mais se heurte à des problèmes de financement.

Réforme fiscale 

Sécurité, infrastructures, Donald Trump a promis dès vendredi de tourner la page en s’attelant au reste de son programme, avec en premier lieu son autre grande promesse de campagne : une profonde réforme fiscale.

« Je dirais que nous allons probablement commencer à y aller très, très fort avec les grosses coupes d’impôts et la réforme des impôts », a-t-il déclaré. 
 
« Nous avançons. Prochaine étape : revenir à l’agenda en trois parties du président : les emplois, les emplois et les emplois », a renchéri Mike Pence samedi devant ses partisans. 
 
Mais même s’il tente de passer rapidement à autre chose, l’échec de la réforme santé marque la deuxième fois que Donald Trump est forcé de reculer sur un grand projet en seulement neuf semaines au pouvoir, après le blocage par la justice de ses décrets migratoires. 

Un président peu populaire

Et cette déconvenue a fait éclater au grand jour la méconnaissance des rouages du pouvoir d’un président américain à la popularité historiquement basse à ce stade d’un mandat. 
 
Le New York Times dénonçait ainsi la précipitation des républicains, qui ont « expédié une parodie de loi sans passer par le processus laborieux des auditions et de la construction de coalitions ». Avant d’asséner : « Pour M. Trump, c’est un rappel assez brutal que faire campagne, c’est la partie facile ». 
   
« Avec son échec sur la santé, il se retrouve en position instable », estime Julian Zelizer, professeur à l'université de Princeton, dans une tribune publiée sur CNN. « Le défi pour Trump est que, plus il avancera dans sa présidence, plus les électeurs qui l'ont soutenu verront ses points de vulnérabilité ».

mardi, mars 14, 2017

Donald Trump, maître d'oeuvre d'une autocratie?

http://www.lapresse.ca/international/etats-unis/

Publié le 14 mars 2017 à 05h00 | Mis à jour à 07h11
Selon David Frum, ancien rédacteur de discours de... (PHOTO AFP)
Selon David Frum, ancien rédacteur de discours de George W. Bush, le but de Donald Trump est de devenir l'homme le plus riche du monde.
PHOTO AFP
David Frum, ancien rédacteur de discours de George W. Bush, vient de publier dans l'Atlantic Monthly un essai dans lequel il avance que Donald Trump pourrait transformer les États-Unis en «autocratie». Vendredi dernier, il a donné une conférence téléphonique où il a répondu à des questions de lecteurs de l'Atlantic et a affiné sa thèse principale : le but de Trump est de devenir l'homme le plus riche du monde.
«Je suis parti du principe qu'il se servirait de la présidence pour devenir l'homme le plus riche du monde», a expliqué vendredi M. Frum. Le portrait qu'il dresse dans son essai de l'Amérique de 2021 est une graduelle érosion de la vie politique. «L'attitude intelligente est d'éviter les discussions politiques, de s'occuper de ses affaires et de profiter d'une période relativement prospère, imagine M. Frum à propos des États-Unis de 2021. Beaucoup de travailleurs illégaux sont encore aux États-Unis, avec la compréhension tacite que tant qu'ils évitent la politique... personne ne cherchera à les expulser.»
Trump et ses proches se sont enrichis, mais la divulgation par WikiLeaks, avant les élections de 2018, des relevés bancaires de politiciens démocrates a rendu les électeurs cyniques. CNN a dû tempérer ses critiques pour que soit approuvée la fusion entre AT&T et Time Warner, et Jeff Bezos, fondateur d'Amazon, a vendu, sous la menace d'une enquête antitrust, le Washington Post à «un investisseur slovaque qui a recentré la couverture sur la politique municipale».
Deux pistes
Le raisonnement de David Frum suit deux pistes. Tout d'abord, d'autres pays démocratiques ont été récemment convertis en autocraties par un politicien populiste : la Hongrie par Viktor Orbán, le Venezuela par Hugo Chávez et l'Afrique du Sud par Jacob Zuma. «Lors d'un récent voyage en Hongrie, j'ai appris des choses, notamment sur la banque centrale, que je n'ai pas pu vérifier à fond, mais qui m'ont donné une idée de la façon que Trump pourrait s'y prendre pour transformer le pays en autocratie», a-t-il expliqué vendredi.
Ensuite, il relève deux dérives récentes aux États-Unis qui ont fragilisé les «freins et contrepoids» (checks and balances) du système politique : la décision de Barack Obama de légaliser par décret le statut de millions d'immigrants illégaux; et un jugement unanime de la Cour suprême l'an dernier qui avait annulé la condamnation pour corruption de Bob McDonnell, un ancien gouverneur de la Virginie, pour avoir accepté des cadeaux d'un fabricant de suppléments alimentaires - ce dernier avait obtenu un rendez-vous avec un haut fonctionnaire responsable d'un programme de subventions de recherche sur ce type de produits.
Pourquoi Trump maintenant?
«La gauche a une population d'activistes beaucoup plus grande que la droite, mais elle manque de cohésion», a expliqué David Frum vendredi dernier. «Prenez la marche des femmes, en janvier : les groupes pro-vie anti-Trump n'ont pas été acceptés. Cela signifie qu'il y a des dangers plus grands que Trump, que le discours féministe voulant qu'il constitue une menace sans précédent est faux : les groupes pro-vie sont pires que Trump.»
Les 50 premiers jours
«L'embellie économique crée un environnement permissif pour Trump», a dit vendredi M. Frum. «S'il cessait d'être aussi actif sur Twitter, il pourrait arriver à un taux de popularité dans la cinquantaine, ce qui, pour moi, sera son maximum.»
Ce qu'on peut faire pour contrer Trump
«Appelez votre sénateur et votre représentant au Congrès, particulièrement si vous vivez dans un État rouge [républicain], pour qu'ils s'assurent que les juges et les procureurs fédéraux sont choisis pour leur indépendance», écrit M. Frum dans son essai. 
Que penser du juge gorsuch à la cour suprême? 
«N'importe quel président républicain aurait choisi Gorsuch, ça ne veut rien dire», a-t-il répondu vendredi dernier. À l'inverse, deux mesures diminueraient la crainte de M. Frum que les États-Unis ne deviennent une autocratie : «Si Trump rend publiques ses déclarations de revenus et s'il ordonne une enquête indépendante sur l'interférence russe durant la dernière campagne présidentielle.»

mardi, février 28, 2017

Donald Trump défendra «l'Amérique d'abord» au Congrès

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Publié le 28 février 2017 à 07h00 | Mis à jour à 17h59
Donald Trump... (Photo Alex Brandon, archives Associated Press)
Donald Trump
PHOTO ALEX BRANDON, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS
JEROME CARTILLIERIVAN COURONNE
Agence France-Presse
Washington
Donald Trump défendra mardi soir sa politique de «l'Amérique d'abord» lors de son premier discours au Congrès, occasion solennelle de redonner une cohérence à son action après un premier mois chaotique au pouvoir.
Peu après 21 h, le 45e président des États-Unis entrera selon un cérémonial rodé dans l'hémicycle de la Chambre des représentants au Capitole, où siégeront également sénateurs, ministres et plusieurs juges de la Cour suprême.
L'objectif est de convaincre les Américains de la pertinence de ses orientations, notamment l'augmentation du budget militaire et la lutte contre l'immigration clandestine, alors que le pays reste politiquement divisé.
La cote de popularité du milliardaire républicain est historiquement basse, avec 44% d'opinions favorables en moyenne, contre 62% au même moment pour Barack Obama en 2009, selon Real Clear Politics.
Le nouveau locataire de la Maison-Blanche est également attendu sur la santé et l'économie. «L'Amérique d'abord», selon lui, passe par une relance de l'industrie, une renégociation des accords commerciaux, et une remise à niveau des infrastructures.
Le discours sert aussi de prélude à la bataille pour le budget 2018 qui s'ouvre dans un Congrès contrôlé par ses alliés républicains.
«Ce budget sera un budget de sécurité publique et de sécurité nationale», a annoncé lundi Donald Trump, qui veut parallèlement couper les crédits des autres ministères, notamment l'aide étrangère et l'environnement.
Le président américain compte sur une croissance économique plus forte pour financer la remilitarisation.
«Nous sommes probablement à un peu plus de 1%, si je peux faire passer ce chiffre à 3% voire plus, ce sera une toute autre histoire», a-t-il déclaré mardi sur Fox News.
Afin d'illustrer sa ligne dure contre l'immigration clandestine, le président a invité deux veuves de policiers californiens tués en 2014 par un clandestin. À l'inverse, des élus démocrates ont convié Hameed Darweesh, un Irakien qui avait été arrêté à l'aéroport JFK de New York lors de la mise en place du décret migratoire fin janvier, depuis suspendu par la justice.
Les démocrates présents
Les républicains, pour la première fois depuis 2006, contrôlent à la fois la Maison-Blanche et le Congrès, et leur feuille de route est remplie, avec des réformes de la santé et des impôts en 2017.
«C'est un moment qui n'arrive qu'une fois toutes les générations», s'est félicité Paul Ryan mardi. «Nous avons enfin l'occasion de régler tous les grands problèmes du pays».
Mais la majorité et le président ne voient pas tout du même oeil, particulièrement sur la santé.
Donald Trump et les républicains ont promis d'abroger la réforme emblématique de la présidence Obama, «Obamacare», qui a permis à plus de 20 millions d'Américains de souscrire à une couverture maladie. Mais par quoi la remplacer ?
Un projet de loi qui circulait la semaine dernière a été enterré, faute de consensus entre les conservateurs partisans d'un désengagement public et les pragmatiques qui hésitent à démanteler un système qui a, malgré ses défauts, aidé des millions de leurs électeurs.
Sur le budget, des républicains s'inquiètent de la réticence de Donald Trump à s'attaquer à la protection sociale, qui engloutit deux tiers des dépenses fédérales. D'autres comme le sénateur John McCain jugent la hausse prévue des dépenses militaires trop timide...
Et déjà, la requête de couper les crédits de la diplomatie et de l'aide internationale de plus d'un tiers a reçu une fin de non-recevoir de plusieurs responsables républicains.
«L'aide étrangère n'est pas de la charité», a déclaré le sénateur républicain Marco Rubio; elle «est cruciale pour notre sécurité nationale». «Ce serait un désastre», a dit son collègue Lindsey Graham.
L'affaire russe menace également de briser le bloc majoritaire. Des élus réclament des enquêtes plus vigoureuses que celles en cours sur d'éventuels contacts entre des proches de M. Trump et des responsables russes durant la campagne électorale.
L'opposition démocrate, dont beaucoup de membres avaient boycotté l'investiture de Donald Trump le 20 janvier, assistera cette fois au discours dans son immense majorité, mais au moins une élue, Maxine Waters, ne viendra pas. Un autre, Eliot Engel, a annoncé qu'il n'essaierait pas de serrer la main du président, pour la première fois en 29 ans.