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vendredi, mars 18, 2016

Obama à Cuba pour sceller un spectaculaire rapprochement

http://www.lapresse.ca/international/amerique-latine/

Publié le 18 mars 2016 à 07h46 | Mis à jour à 07h46
Une affiche souhaitant la bienvenue à Barack Obama... (PHOTO ALEXANDRE MENEGHINI, REUTERS)
Une affiche souhaitant la bienvenue à Barack Obama à La Havane.PHOTO ALEXANDRE MENEGHINI, REUTERS

JÉRÔME CARTILLIER
Agence France-Presse
Washington
Barack Obama se rend dimanche à Cuba pour sceller un rapprochement longtemps inimaginable et unanimement salué à travers le monde qui contraste, à l'heure du bilan, avec les controverses qui entourent ses choix - et atermoiements - au Moyen-Orient.
La prudence est le maître mot de la politique étrangère du 44e président des États-Unis, élu sur la promesse de mettre fin à deux guerres (Irak et Afghanistan). En appelant à écrire «un nouveau chapitre» avec ce pays situé au large de la Floride, il a cependant fait preuve d'une audace qu'aucun de ses prédécesseurs n'avait eue.
Lorsque l'avion présidentiel Air Force One se posera dimanche à Cuba, deux jours après celui du Vénézuélien Nicolas Maduro et près d'un siècle après la dernière visite d'un président américain en exercice, M. Obama tournera une page de l'histoire des États-Unis et fera évoluer l'image de la première puissance mondiale dans l'ensemble de l'Amérique latine.
Accompagné dans ce voyage par sa femme Michelle et leurs deux filles, Malia et Sasha, il rencontrera en tête-à-tête le président cubain Raul Castro. Aucune entrevue n'est en revanche prévue avec son frère aîné, Fidel, éloigné du pouvoir depuis une décennie.
M. Obama, qui rencontrera des dissidents et des acteurs de la vie économique, s'adressera mardi à tous les Cubains à travers un discours retransmis à la radio et la télévision, comme celui du 17 décembre 2014 lorsqu'il avait annoncé, depuis la Maison-Blanche, le rapprochement entre les deux anciens pays ennemis.
«Nous considérons ce discours comme un moment unique dans l'histoire de nos deux pays», a expliqué Ben Rhodes, proche conseiller du président américain, qui a mené pendant 18 mois les négociations secrètes avec La Havane.
Visite de la vieille ville en famille, hommage au père de l'indépendance José Marti, sur la place de la Révolution, match de baseball : le déplacement de trois jours sera aussi truffé d'étapes symboliques et d'images fortes.
30 ans de moins que Castro
L'arrivée du premier président noir des États-Unis - de 30 ans plus jeune que Raul Castro - aura aussi une résonance particulière au sein de la communauté afro-cubaine, notoirement sous-représentée au sein des élites politiques cubaines.
Le pari de la Maison-Blanche : tisser suffisamment de liens, en dépit d'un embargo économique auquel le Congrès républicain refuse pour l'heure de toucher, afin de rendre difficile tout retour en arrière, quel que soit le prochain président américain en 2017.
«Nous voulons rendre ce processus de normalisation irréversible», a souligné Ben Rhodes, qui insiste sur l'impact des politiques déjà engagées: facilitation des voyages, allègement des restrictions commerciales.
À ceux qui lui reprochent de ne pas avoir obtenu de réelles concessions de la part du régime castriste, en particulier sur les droits de l'homme, la présidence américaine promet des discussions «franches», reconnaît que le changement prendra du temps, et insiste sur la nécessité de rompre avec l'isolement, qui a été stérile.
Lors du rétablissement des relations diplomatiques à l'été 2015, M. Obama rappelait - comme pour mieux souligner le caractère anachronique de la politique en place - qu'elles avaient été suspendues par Dwight Eisenhower en 1961, année de sa naissance.
«Doctrine Obama»
La publication, quelques jours avant ce voyage historique, d'un long article dans The Atlantic sur la «Doctrine Obama», a ravivé le débat sur le bilan de politique étrangère du président et sa vision de la place des États-Unis dans le monde.
Réticence à intervenir militairement au risque de créer un vide que d'autres - Russie en tête - s'empressent de combler. Temps de réaction jugé trop lent face à la progression des jihadistes de l'État islamique en Irak et Syrie. L'article décortique avec précision les reproches adressés au président démocrate. Et lui donne aussi la parole.
Martelant ses convictions, déclinant sa méthode sur un ton parfois professoral, le président loue les vertus du dialogue avec ses ennemis, accord sur le nucléaire iranien à l'appui, insiste sur les errements militaires de son prédécesseur George W. Bush.
Mettant en garde contre les engrenages guerriers incontrôlables, il souligne aussi la nécessité pour les États-Unis de ne pas être obnubilés par le seul Moyen-Orient. Et de concentrer ses énergies sur d'autres zones du monde : Asie, mais aussi Afrique et Amérique latine.

samedi, septembre 12, 2015

Le président cubain libère plus de 3500 prisonniers avant la visite du pape

http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/International/

Mise à jour le vendredi 11 septembre 2015 à 17 h 49 HAE   Associated Press
Raul Castro et le pape François au Vatican, le 10 mai 2015
Raul Castro et le pape François au Vatican, le 10 mai 2015 
Photo :  PC/Gregorio Borgia

Les autorités cubaines ont annoncé vendredi qu'elles libéraient 3522 prisonniers, à une semaine de la visite du pape François. Il s'agit d'une troisième amnistie massive avant le passage d'un souverain pontife dans cet État insulaire des Caraïbes.
Le Conseil d'État a annoncé dans le quotidien du Parti communiste cubain, Granma , que les prisonniers libérés sont principalement des femmes, des détenus âgés de moins de 20 ans, des malades chroniques et des gens dont la peine prend fin l'an prochain.
Certains prisonniers étrangers, dont le pays d'origine a accepté l'extradition, seront également libérés avant l'arrivée du pape François, qui sera à Cuba du 19 au 22 septembre.
Le gouvernement n'entend toutefois pas rendre leur liberté à ceux qui ont été condamnés pour des crimes graves, dont font partie le meurtre, la pédophilie ou la violation de la sécurité de l'État, même si cette dernière catégorie comprend parfois des gens considérés comme des prisonniers politiques par les groupes de défense des droits de la personne.
Sont aussi exclues de ce pardon les personnes condamnées pour avoir illégalement abattu du bétail gouvernemental, un crime sévèrement puni à Cuba, où le lait et la viande de boeuf viennent souvent à manquer.
« Profonde satisfaction » des évêques cubains
Un porte-parole du Vatican n'a pas immédiatement répondu à une demande de commentaires, mais la Conférence des évêques catholiques de Cuba a exprimé sa « profonde satisfaction » devant cette décision.
Les noms des prisonniers amnistiés ont été publiés dans un décret signé par le président Raul Castro dans la gazette officielle du gouvernement cubain. Le décret qualifie ces pardons « d'actes humains et souverains ».
Le quotidien Granma a annoncé vendredi matin que les prisonniers seraient relâchés au cours des 72 prochaines heures.
Raul Castro avait amnistié plus de 2900 prisonniers avant la visite de Benoît XVI, en mars 2012. Son frère, l'ex-président Fidel Castro, avait quant à lui libéré environ trois cents détenus quand le pape Jean-Paul II avait visité Cuba en 1998.