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jeudi, mars 08, 2018

Trudeau doit annoncer vendredi qu’il désigne une femme à la tête de la GRC

Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir

Jim Bronskill - La Presse canadienne




Justin Trudeau devrait annoncer vendredi qu’il désigne une femme à la tête de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), signalant un changement de culture dans le corps policier fédéral ayant été ébranlé par des plaintes de harcèlement sexuel et de discrimination à l’égard des femmes dans ses rangs.
Des sources affirment que le premier ministre nommera Brenda Lucki commissaire de la GRC à l’occasion d’une visite d’un centre d’entraînement à Regina, où Mme Lucki occupe actuellement les fonctions de commandant.
Comptant 31 ans d’expérience à la GRC, Mme Lucki a aussi servi dans l’ex-Yougoslavie et au sein de la police civile des Nations unies en Haïti.
Elle a reçu plusieurs honneurs au fil des années, incluant deux médailles des forces de protection des Nations unies et la médaille de service des Casques bleus canadiens.
Selon sa biographie sur le site de la GRC, elle est aussi membre de l’Ordre du mérite des corps policiers en reconnaissance de son travail pour améliorer les relations avec les Premières Nations.
Sa nomination survient alors que les révélations embarrassantes se multiplient sur l’inconduite sexuelle et le sexisme dans les rangs de la GRC, un an après que le commissaire Bob Paulson eut présenté ses excuses pour la discrimination contre les policières et convenu d’une entente à l’amiable de 100 millions $ pour deux actions collectives.
Les relations du corps policier avec les Premières Nations sont aussi particulièrement difficiles.
La nomination est faite dans la foulée de la création l’an dernier d’un comité de sélection indépendant et non partisan, dirigé par l’ancien premier ministre du Nouveau-Brunswick, Frank McKenna, qui avait recommandé plus tôt cette année trois candidatures pour le poste de commissaire.
Le comité avait eu comme directive de tenter de respecter les « engagements du gouvernement du Canada envers la parité des sexes et la représentativité de la diversité ».
Mme Lucki deviendra la première femme à obtenir un mandat en bonne et due forme à la tête de la GRC ; Beverley Busson avait occupé les fonctions de façon intérimaire pour six mois en 2007.

jeudi, octobre 12, 2017

ALÉNA: «Nous sommes prêts à tout» - Justin Trudeau

AFP
MAXIME HUARD
MISE à JOUR 
Après avoir été confronté aux menaces du président Donald Trump sur la résiliation de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), Justin Trudeau s’est dit prêt à toute éventualité, mercredi, et même à signer un accord sans le Mexique.
«Il y a d’autres avenues potentielles, a indiqué le premier ministre du Canada, s’adressant aux médias à partir du toit de l’ambassade canadienne, à Washington. Les circonstances sont actuellement assez imprévisibles et nous sommes prêts à tout.»
Si, à l’issue de sa rencontre avec le président américain, M. Trudeau a réitéré être confiant d’en arriver à une entente bénéfique pour toutes les parties, c’est la première fois qu’il laisse poindre une forme d’ouverture à un accord bilatéral.
«Il a laissé la porte ouverte. Ça montre qu’il ne tient pas mordicus à l’inclusion du Mexique dans les négociations», a expliqué le chargé de cours à l’Université de Montréal et spécialiste en matière de politique américaine, Philippe Fournier.
Les renégociations de l’ALENA, dont la quatrième ronde débutait mercredi en Virginie, étaient sur toutes les lèvres durant la journée. Le président des États-Unis a menacé en début d’après-midi, et ce devant le premier ministre, de mettre fin à l’accord. Il a également évoqué la possibilité de signer une entente bilatérale.
«C’est possible que nous ne soyons pas capables de nous entendre avec l’un ou l’autre des deux pays», a soutenu le milliardaire Donald Trump devant les journalistes dans le Bureau ovale avant la rencontre entre les deux leaders.
«Ça fait partie de la ''trumpisation'' des relations commerciales, analyse le chargé de cours à l’Université de Sherbrooke et expert en droit économique international, David Pavot. Le président Trump veut des deals bilatéraux parce que c’est beaucoup plus facile à négocier.»
Au sujet de l’imposition aux États-Unis de 300 % de droits compensatoires et de taxe antidumping sur les appareils de la CSeries de Bombardier, le premier ministre a dit avoir eu des discussions franches, mais difficiles, avec le président et lui avoir exprimé son désaccord.
M. Trudeau doit partir dès jeudi matin pour Mexico afin de s'asseoir avec le président Enrique Peña Nieto. Il s'agit de la première visite officielle du premier ministre canadien au Mexique.

vendredi, juin 02, 2017

Et si c’est non?

http://www.ledevoir.com/politique/quebec/


2 juin 2017 |Michel David | Québec | Chroniques

En février, le premier ministre Couillard avait mis le doigt sur le vice fondamental de la position constitutionnelle de François Legault : « Il fait plein de demandes, mais il ne dit pas ce qui va arriver si la réponse n’est pas oui. Il n’est pas capable de le dire. Il sait c’est quoi la réponse, mais il ne voudra pas le dire à la population. » Le document réitérant les demandes traditionnelles du Québec qu’il a rendu public jeudi soulève la même question, à laquelle il ne répond pas davantage : que fera-t-il si la réponse est non, comme le suggère fortement la réaction de Justin Trudeau ?

M. Couillard est certainement sincère dans son désir de ramener le Québec de façon honorable dans le giron constitutionnel, tout comme l’étaient ses prédécesseurs, mais il sait aussi bien que M. Legault que le Canada anglais n’a plus le moindre intérêt pour la question. Comme le chef de la CAQ, il était cependant conscient de la nécessité de se présenter à la prochaine élection avec une politique constitutionnelle, peu importe que celle-ci soit réaliste ou non. De toute manière, il ne se passera rien de concluant d’ici octobre 2018.

Il s’est bien gardé de fixer un échéancier, même très lointain, à l’ouverture de négociations en bonne et due forme. Cela se produira « le moment venu », a-t-il dit, ce qui signifie souvent aux calendes grecques. On ne sait pas non plus quelle forme prendra l’exercice pédagogique auquel il entend convier la société civile canadienne, mais le succès risque d’être limité. Les colloques universitaires sur le thème « What does Quebec want ? », jadis très courus, ne font plus recette depuis longtemps.

Le concept des deux peuples fondateurs, qui demeure au centre de la vision canadienne de M. Couillard et d’une majorité de Québécois, ne correspond plus à celle du Canada anglais, où le sentiment d’« exil intérieur » que le premier ministre prête aux Québécois n’émeut personne. Si le rapatriement unilatéral de la Constitution en 1982 demeure un « épisode inacceptable » à ses yeux, elle constitue au contraire un acte fondateur pour le ROC, au même titre que l’Acte de l’Amérique britannique de 1867.

M. Couillard est sans doute le premier à savoir que ses chances de réussite sont infinitésimales, mais l’important est de « commencer à parler aux Québécois de ce que nous sommes », a-t-il expliqué. Durant sa conférence de presse, il a lui-même proclamé sa « fierté d’être Québécois » plus souvent qu’il ne l’avait fait depuis qu’il est premier ministre. « Nous sommes avant tout Québécois », a-t-il répété deux fois plutôt qu’une, comme pour faire oublier les nombreuses occasions où il a donné l’impression du contraire.

En insistant sur l’importance du « tronc commun » que constitue la majorité francophone, il souhaite manifestement se distancier de ce multiculturalisme auquel on l’a associé. « L’expression de l’identité nationale québécoise s’appuie non seulement sur un fort sentiment d’appartenance envers le Québec, mais également sur l’existence au Québec d’une histoire, d’une culture et de valeurs qui sont uniques », peut-on lire dans le document.

 
Lors de la signature de l’accord du lac Meech, le PQ de Pierre Marc Johnson avait dénoncé l’insignifiance des conditions posées par Robert Bourassa. C’est seulement quand il est devenu évident qu’il serait rejeté que son successeur, Jacques Parizeau, a commencé à en chanter les louanges, tout en « renchaussant » M. Bourassa pour qu’il ne fasse pas trop de compromis.

Trente ans plus tard, Jean-François Lisée a plutôt félicité le premier ministre pour son initiative, notamment pour avoir substitué la notion de « nation » à celle de « société distincte ». Si Justin Trudeau avait montré le moindre intérêt, le chef péquiste aurait sans aucun doute jugé beaucoup plus sévèrement les demandes de M. Couillard.

M. Lisée a eu beau jeu de dénoncer la désinvolture avec laquelle M. Trudeau a écarté toute réouverture du dossier constitutionnel, qu’il a aussitôt interprétée comme du « mépris » pour la main tendue par le Québec. Un peu plus et il aurait invité M. Couillard à venir se consoler à son chalet, comme le premier ministre l’avait proposé à ce pauvre Marc-Yvan Côté.

Le ton grinçant en moins, la fin de non-recevoir de M. Trudeau ressemblait à s’y méprendre à celle que Jean Chrétien avait opposée à Jean Charest à la veille de la campagne électorale de 1998, quand il avait déclaré que la Constitution n’était pas un « magasin général » et que le Québec avait déjà tout ce dont il avait besoin. Bon nombre de fédéralistes avaient grimacé à l’époque. La possibilité que Lucien Bouchard déclenche un troisième référendum semblait encore une possibilité bien réelle, mais qui a encore peur de la souveraineté au Canada anglais ? Après tout, on a déjà dit non au Québec à deux reprises et il est toujours là.

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vendredi, février 03, 2017

MONTRÉAL Des milliers de personnes aux obsèques de trois des victimes de l’attentat de Québec

http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/

3 février 2017 |Isabelle ParéJessica Nadeau

Les gens sont venus par milliers rendre un dernier hommage aux disparus.
Ils auraient eu raison de pleurer, de rager, d’en vouloir à la terre entière pour la mort de Aboubaker, Adbelkrim, Azzedine, Khaled, Ibrahima et Mamadou. Ils sont plutôt venus rendre un hommage à ceux qui, comme eux, avaient fait de cette terre de froid et de neige leur chez-soi. Ils sont venus dire haut et fort leur besoin de solidarité, leur attachement à ce pays qui leur a ouvert ses portes et qui, depuis dimanche, a mal avec eux.
 
Bien que solennelle, la cérémonie tenue jeudi après-midi en mémoire des victimes de l’attentat de Québec à l’Aréna Maurice-Richard a pris jeudi des airs de baume, d’accolade collective pour bien des Québécois de confession musulmane qui ont applaudi et fortement réagi aux paroles d’inclusion lancées tant par les politiciens présents, les imams que les porte-parole de la communauté musulmane.
Les gens sont venus par milliers rendre un dernier hommage aux disparus.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne

Solidarité
 
« Vive le Québec ! Vive le Canada ! » a-t-on pu entendre, dans les estrades de l’aréna Maurice-Richard, bondées de Québécois de toutes origines. Des musulmans de tous horizons, et d’autres confessions aussi, qui ont bu ces paroles de solidarité qu’ils avaient plus que jamais besoin d’entendre.
 
« Nous sortons de cette épreuve plus forts, plus unis que jamais », a soutenu le premier ministre Justin Trudeau, rappelant que les rêves de ceux tombés sous les balles étaient ceux de tous les Canadiens. Donner à leurs enfants le meilleur des mondes.
 
Le premier ministre Philippe Couillard a quant à lui rendu hommage à « ces pères de famille, comme moi, comme nous. Des frères, des fils, des oncles, comme nous. […] Ils étaient donc nous ».
  
« Je veux redire aux Québécois et Québécoises de confession musulmane : sachez que vous êtes ici chez vous », a-t-il souligné,applaudi dans la foule.
 
Après la lecture des noms des victimes et de sourates du Coran en arabe, les discours politiques et ceux des imams, les mots ont commencé à panser lentement les plaies, encore vives. Notamment celles des familles des trois victimes, dont les proches sont encore sous le choc.
 
« C’est important pour nous. On a besoin de cette solidarité, on s’est sentis bien entourés. On sait que bien des Québécois qui ne sont pas ici aujourd’hui sont là en pensées », a confié une proche de la famille d’Aboubaker Thabti, Québécois d’origine tunisienne qui laisse dans le deuil son épouse et trois enfants.
 
Yasmina Hamoudi, une cousine de Khaled Belkacemi, professeur aimé de ses collègues et élèves de l’Université Laval, a dit combien ses proches ont apprécié le soutien reçu ces derniers jours. « Son épouse est très reconnaissante », a-t-elle dit alors que les gens se recueillaient auprès des défunts. « C’est beaucoup pour elle. Mais le vrai deuil, elle le vivra plus tard. »

Unis contre la haine
 
À travers les discours de réconciliation, de fraternité et de paix, des paroles de fermeté à l’égard des mots qui diffusent la haine ont aussi fortement résonné dans la salle. « Il est temps de réaliser que les mots prononcés ont un impact. Tous ces messages dans les réseaux sociaux ne doivent pas être pris à la légère », a insisté le maire de Montréal. « Profitons de la cérémonie d’aujourd’hui pour faire notre propre examen de conscience. »
 
Des imams, aussi, ont lancé un appel à la tolérance, de tous côtés. Plusieurs ont déploré le discours de certains politiciens (sans les nommer) et « les paroles haineuses » qui contaminent les ondes. Des paroles qu’ils attribuent d’abord à « la crainte et la peur de l’autre ».

« Nous avons de quoi nous féliciter, tous ceux qui sont ici. Je suis arrivé à Montréal le 11 septembre et j’ai choisi ce pays pour sa richesse »,a lancé à la foule le cheikh Mahdi Tarkawi. Il a invité toute personne tentée par le repli sur soi à choisir « une autre voie », à transformer la colère en énergie.
 
En fin de cérémonie, les estrades se sont soudainement vidées, et une grande partie de la foule, à l’appel de l’imam, a convergé vers le parterre pour participer à la prière mortuaire. Un moment solennel et poignant, où des hommes, des femmes, où qu’ils soient, se sont tournés dans la même direction pour prier les disparus.
 
Reconnaissance
 
Avant et après la cérémonie, un mot fusait sur plusieurs lèvres. Se rapprocher, se parler.
 
Des centaines de personnes étaient venues en famille ou entre amis, d’autres avec des ribambelles d’enfants. Certains ont même pris des égoportraits devant la sculpture de Maurice Richard. Des grands-mères, des grands-pères sont venus aussi, défiant la neige glissante pour dire au revoir à ces gens pris pour cible sans raison. À ces gens qui auraient pu être eux.
 
Alma Nagera, d’origine marocaine, avait laissé les enfants à son mari pour venir apporter son soutien aux familles. « Ces gens-là, ils venaient ici trouver la paix », a-t-elle dit, alors que les larmes se figeaient en petits cristaux sur ses joues. « On est tous touchés. Mais je sais que c’est un geste individuel, que le Québec est un pays de tolérance, qui nous a ouvert ses portes », a-t-elle insisté, disant se sentir ici en sécurité.
 
Car malgré la peine, l’humeur était aussi à la reconnaissance. « Je suis venu dire ma solidarité et dire que je n’ai jamais vécu de discrimination depuis que je suis arrivé d’Érythrée, il y a 40 ans », a insisté Said Souleiman. Interrogés sur les sentiments vécus depuis l’attentat de Québec, Adla, arrivé du Maroc il y a sept ans, Fatima et Kobra, venues du Tchad, ont dit « ne jamais se sentir en danger au Québec. »« Le soutien qu’on a reçu des hommes politiques, on l’apprécie. »
 
Dans la foule, deux hommes s’approchent bras dessus, bras dessous. « Nous sommes venus dire merci à tous ces gens qui ont été à la hauteur depuis dimanche, en nous disant que nous formons tous un même peuple. Ils ont renforcé la sécurité dans les mosquées. Nous nous sentons plus en sécurité que jamais. C’est ensemble qu’il faut combattre l’extrémisme. »
 
Monji Huni, arrivé de Tunisie il y a 20 ans, croit que sa communauté a aussi la responsabilité de mieux faire connaître sa culture et sa religion. « L’essentiel, c’est de se parler ! » « C’est vrai, il faut que les gens se rapprochent ! » a dit Jacques Laramée, un des rares Québécois de souche venus en cet après-midi glacial.
 
« Moi, j’ai eu du mal à expliquer cela à mes enfants », avoue Khadija, venue avec ses fils et leurs amis. « Je ne veux pas qu’un discours de haine entre dans leur tête, et lier la religion à cela. Je leur ai dit que c’est quelqu’un qui n’est pas bien dans sa tête. Car ces gens pris de haine, ils sont aussi des victimes », pense la mère de famille.
 
Dans la foule à majorité musulmane, deux juifs orthodoxes ont brièvement attiré les regards. « Nous sommes venus apporter notre soutien à cette communauté en deuil », a dit Zvi Hercovich.
 
Abdullah al-Idrissi, un Québécois d’origine bangladeshie, élevé à Saint-Henri, où il a grandi dans les ruelles et joué au hockey, était touché devant cette foule bigarrée. « Ça fait chaud au coeur de voir ces gens de partout, des juifs même. Je sais que des fous d’extrême droite ne représentent pas le Québec. Aujourd’hui, ici, tous ont eu discours rassembleur. »
 
Une cérémonie en hommage aux trois autres Québécois musulmans morts lors de l’attaque contre la grande mosquée de Québec aura lieu ce vendredi, à 11 h, au Centre des congrès de Québec.

mardi, janvier 24, 2017

Libre-échange Canada-UE: une autre étape de franchie

http://affaires.lapresse.ca/economie/international/

Publié le 24 janvier 2017 à 08h33 | Mis à jour à 08h33
Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, assiste... (REUTERS)
Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, assiste à une conférence de presse après la signature de l'Accord économique et commercial global, le 30 octobre 2016 à Bruxelles.
REUTERS
Agence France-Presse
Bruxelles
La commission chargée du commerce international du Parlement européen s'est prononcée mardi en faveur de l'Accord économique et commercial global, l'AECG, qui doit maintenant être soumis au vote de l'ensemble des eurodéputés le 15 février à Strasbourg.
Les députés européens de cette commission se sont prononcés en faveur du texte, à 25 voix pour, 15 contre et une abstention.
«C'est un signal fort et important en faveur de la réglementation de la mondialisation», s'est félicité le social-démocrate allemand Bernd Lange, président de cette commission, après ce vote crucial.
Le passage du texte devant la commission était un préalable obligatoire avant le vote, en plénière, des 751 députés européens.
S'il passe ce nouveau vote le 15 février, l'accord entrera en application partielle et provisoire, le temps d'être ratifié par l'ensemble des parlements nationaux et régionaux d'Europe, une procédure qui peut prendre des années.
«C'est une défaite» et «un tapis rouge pour l'extrême droite et les nationalismes les plus moisis», a regretté le député écologiste Yannick Jadot, vice-président de cette commission.
«Le Parlement européen ne tire aucune leçon de la victoire (du président américain Donald) Trump et du vote du Brexit en augmentant le pouvoir des multinationales et en réduisant celui des citoyens», a-t-il dit à l'AFP.
«Je ne comprends pas ce raisonnement qui laisse entendre que les normes ne seraient pas respectées, qu'on va s'en prendre aux services publics», lui a répondu Franck Proust, député PPE (droite). «On est dans la caricature et dans le mensonge.»
Marielle de Sarnez, du groupe des libéraux et démocrates (Alde), qui s'est abstenue, juge pour sa part l'accord «pas très équilibré».
«Il y a des points d'interrogation», a-t-elle dit, soutenant «la nécessité pour l'Europe d'avoir une vraie politique, plus proactive que simplement faire des échanges commerciaux».
La Commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, était venue lundi défendre l'AECG devant les eurodéputés, le jugeant «plus important que jamais» face au protectionnisme prôné par Donald Trump.
Il s'agit selon elle de «l'accord commercial le plus progressiste jamais conclu dans l'histoire».
Négocié pendant 7 ans, l'AECG avait été signé en octobre par l'UE et le Canada, après plusieurs jours d'incertitudes en raison de son blocage par la région belge de Wallonie.

vendredi, janvier 13, 2017

SYSTÈME DE PAIE PHÉNIX Le gouvernement a été négligent, admet Trudeau

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13 janvier 2017 |La Presse canadienne
Ottawa tente toujours de régler un arriéré d’environ 8000 dossiers d’employés fédéraux qui ont reçu des chèques de paie erronés.
Photo: Ron Ward La Presse canadienne
Ottawa tente toujours de régler un arriéré d’environ 8000 dossiers d’employés fédéraux qui ont reçu des chèques de paie erronés.
Ottawa — Justin Trudeau a admis, jeudi, que le gouvernement fédéral n’avait pas su tenir compte de signes avant-coureurs qui prédisaient déjà des complications dans le nouveau système de paie des fonctionnaires, avant même qu’il ne soit mis en place il y a près d’un an.
 
Lors d’une séance de discussion ouverte avec les citoyens au premier jour de sa tournée nationale, jeudi, à Kingston, en Ontario, le premier ministre a concédé à un fonctionnaire mécontent que son gouvernement « n’avait pas été suffisamment attentif aux défis et aux signes avant-coureurs à l’étape de la transition » vers le nouveau système de paie Phénix. M. Trudeau a assuré au fonctionnaire que le gouvernement « travaille extrêmement fort pour remédier à cette situation ».
 
Ottawa tente toujours de régler un arriéré d’environ 8000 dossiers d’employés fédéraux qui ont reçu des chèques de paie erronés — « c’est 8000 de trop », a admis M. Trudeau, jeudi. Ces fonctionnaires ont été trop payés ou pas assez pour des revenus particuliers comme des heures supplémentaires.
 
Plus tôt jeudi, le syndicat des scientifiques et employés professionnels de la fonction publique fédérale demandait d’ailleurs au gouvernement de créer un système de paie séparé afin d’aider tous ces fonctionnaires qui sont encore victimes des ratés de Phénix. L’Institut professionnel de la fonction publique du Canada prévient que la patience de ses membres est à bout.
 
« Les employés qui doivent composer avec une paie substantiellement réduite — voire inexistante — devraient être payés par le biais d’un système séparé, mais parallèle, jusqu’à ce que les problèmes de Phénix soient réglés et qu’ils puissent réintégrer ce système, a indiqué en conférence de presse jeudi la présidente du syndicat, Debi Daviau, à Ottawa. Cela fait presque un an que le fiasco Phénix a été imposé à nos membres. Les appels à la patience du gouvernement sont maintenant déraisonnables. »
 
L’arriéré remonte dans certains cas jusqu’au milieu de 2016, alors que 82 000 dossiers étaient problématiques ; plusieurs centaines de fonctionnaires n’ont même rien reçu pendant un certain temps — et parfois même pendant des mois.

mercredi, janvier 11, 2017

REMANIEMENT Trudeau se prépare à l’ère Trump

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Pour traiter avec les États-Unis, le premier ministre a choisi une diplomate doublée d’une spécialiste du commerce international

11 janvier 2017 | Hélène Buzzetti - Correspondante à Ottawa
Le remaniement ministériel effectué hier après-midi par Justin Trudeau a conduit comme prévu au départ de trois ministres.
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne
Le remaniement ministériel effectué hier après-midi par Justin Trudeau a conduit comme prévu au départ de trois ministres.
C’est en grande partie pour répondre à l’entrée en fonction de l’équipe de Donald Trump que Justin Trudeau a remanié mardi son cabinet. Il a voulu offrir à l’administration américaine un nouvel interlocuteur, certes plus affable, mais surtout plus outillé pour parler le langage qui l’intéresse.
 
Chrystia Freeland devient ainsi non seulement la ministre des Affaires étrangères en remplacement de Stéphane Dion, mais conserve aussi tous les dossiers ayant trait aux États-Unis qu’elle pilotait déjà en tant que responsable du Commerce international. Le litige sur le bois d’oeuvre ou encore la renégociation désirée par Donald Trump de l’ALENA tomberont donc aussi sous sa coupe.
 
« Ce nouveau gouvernement américain a une priorité fondamentalement ancrée dans le commerce et la croissance économique, s’est justifié M. Trudeau en point de presse. Notre ministre des Affaires étrangères va être appelée à être engagée avec les États-Unis sur des enjeux profondément commerciaux et économiques, et je trouve que d’avoir une voix par rapport à ça, c’est la bonne façon d’y aller. On sait très bien que M. Trump veut toujours parler commerce et toujours parler croissance économique et emplois, et chaque fois qu’on va être engagé avec lui, on veut qu’on ait quelqu’un qui va avoir à la fois la responsabilité diplomatique et commerciale. »
J'ai aimé la politique [...]. J'en sors plein d'énergie... renouvelable!Stéphane Dion 
La nomination de Mme Freeland tombe aussi sous le sens. Cette ancienne journaliste économique qui a travaillé pour des publications prestigieuses telles que The Economist est non seulement polyglotte, mais parle le langage des millionnaires et milliardaires qui prendront le pouvoir aux États-Unis le 20 janvier prochain. Comme on le dit dans son entourage, elle n’a pas peur des « hommes blancs en complet ». Elle a d’ailleurs écrit un livre, Plutocrats, dénonçant l’enrichissement de quelques élus et l’appauvrissement des masses. D’avoir commis un tel livre est-il de nature à lui nuire à Washington ?
 
« Je ne pense pas que c’est un bagage, a rétorqué la principale intéressée. Les préoccupations de la nouvelle administration américaine ne sont pas aussi différentes des préoccupations de notre gouvernement. Pour notre gouvernement, la question la plus importante c’est la classe moyenne et travailler pour la classe moyenne. Je pense que le président désigné, Donald Trump, aussi a parlé aux Américains pour lesquels l’économie n’était pas suffisante. C’était l’argument central de mon livre. »
 
Cette femme qu’on dit rassembleuse pourrait ainsi offrir une interface avec l’administration Trump moins rigide que n’aurait pu le faire un Stéphane Dion à cheval sur les principes.
 
Ce n’est que la troisième fois de l’histoire du Canada qu’une femme occupe le poste de ministre des Affaires étrangères, la première pour une libérale. Les précédentes avaient été les progressistes-conservatrices Flora MacDonald (sous Joe Clark en 1979-1980) et Barbara McDougall (sous Brian Mulroney, puis Kim Campbell de 1991 à 1993).
 
Faut-il y voir un lien avec le sexe de Mme Freeland ou une simple référence factuelle au fait qu’elle a quitté presque en larmes (et en colère) la rencontre de la dernière chance en Europe en octobre pour conclure l’accord de libre-échange ? Quoi qu’il en soit, sur le site de CBC qui confirmait sa nomination mardi matin, les commentaires railleurs de lecteurs se sont vite multipliés.
 
« Le nouveau protocole pour toutes les missions canadiennes à l’étranger anticipant une visite de notre nouvelle ministre des Affaires étrangères sera d’avoir beaucoup de mouchoirs à portée de la main », a écrit Anthony Laface. Gary Ridgeway a demandé « si elle va pleurer chaque fois que les choses ne tourneront pas comme elle le veut ».
   
Ministère allégé pour le Québec
 
Celui qui remplace Mme Freeland au Commerce international, François-Philippe Champagne, assure qu’il ne se sent pas lésé par la perte d’une partie de son portefeuille. « La planète, c’est grand ! » a-t-il lancé, ajoutant que les dossiers de commerce étaient nombreux en Asie et en Europe.
 
Le nombre de ministres québécois reste donc le même (sept en comptant M. Trudeau), mais leurs responsabilités s’en trouvent réduites par le troc des Affaires étrangères pour ce Commerce international allégé. M. Champagne ne pense pas que cela soit un problème, rappelant que la forte députation québécoise allait continuer à jouer un rôle.
 
Le grand perdant de ce jeu de chaises musicales est évidemment Stéphane Dion, à qui le premier ministre aurait offert les postes d’ambassadeur en Allemagne et à l’Union européenne pour remplacer les Affaires étrangères qu’il perd. M. Dion n’a pas accepté l’offre tout de suite. Son entourage a plutôt envoyé un courriel disant que « pour ce qui est de la suite, il y aura plus à dire dans les prochaines semaines alors qu’il envisage de quelle autre façon il pourrait contribuer à la fonction publique ».
 
Dans sa déclaration, M. Dion écrit que « pendant une année, le premier ministre Justin Trudeau m’a fait l’honneur d’être son ministre des Affaires étrangères. Comme c’est son privilège, il vient de confier cette grande responsabilité à une autre personne ». Il rappelle qu’il a été en politique pendant 21 ans. « Maintenant, je vais déployer mes efforts en dehors de la politique active. J’ai aimé la politique, surtout chaque fois que j’ai pu faire une différence au bénéfice de mes concitoyens. J’en sors plein d’énergie… renouvelable ! Mais la politique n’est pas la seule façon de servir son pays. »
 
Clairement, M. Dion n’a pas aimé être poussé vers la sortie. La réaction était totalement inverse pour John McCallum, lui aussi un vieux routier (il est arrivé à Ottawa en 2000). Cet ancien économiste en chef de la Banque Royale quitte le cabinet à la demande du premier ministre et prendra d’ici deux mois le poste d’ambassadeur en Chine.
 
« C’est le premier ministre qui m’a invité à le voir et m’a suggéré ce poste. J’étais surpris. […] Je n’avais pas vraiment décidé quoi faire au cours des prochaines années », a raconté M. McCallum aux journalistes, démentant ainsi la rumeur que c’est lui qui avait indiqué une volonté de quitter la politique. M. McCallum aime dire qu’il a une relation « 100-50-40 » avec la Chine. « Mon épouse est 100 % chinoise, nos trois fils sont à 50 % chinois et mes électeurs de Markham sont à 40 % des Chinois », a-t-il indiqué mardi. Lui-même parle un peu le mandarin et dit espérer approfondir sa connaissance de la langue une fois là-bas.
 
Il a indiqué que le premier ministre trouvait important que son ambassadeur ait une « connaissance » de la Chine et ait un « lien avec son bureau ».
 
Celui qui remplace M. McCallum à l’Immigration, les Réfugiés et la Citoyenneté est un avocat torontois d’origine somalienne spécialisé dans les questions d’immigration, Ahmed Hussen. Comme Maryam Monsef, M. Hussen est un réfugié. Il a été élu pour la première fois en 2015.
 
Maryam Monsef est une autre des perdantes de ce remaniement. Celle qui pilotait la réforme démocratique et qui avait réussi à rallier l’opposition contre elle à la Chambre des communes perd son dossier. Elle est reléguée à la Condition féminine. Quand on lui a demandé s’il s’agissait d’une rétrogradation, Mme Monsef n’a pas offert les négations offusquées d’usage. « Je vais vous laisser en juger. »
 
C’est une nouvelle arrivée à Ottawa qui prendra sa relève, Karina Gould, une Ontarienne de 29 ans. Enfin, Patty Hajdu, qui était à la Condition féminine, monte en grade en obtenant l’Emploi, le Développement de la main-d’oeuvre et le Travail. La Manitobaine MaryAnn Mihychuk, une ancienne ministre provinciale qui occupait ce poste, quitte elle aussi le cabinet. « Bien sûr que je suis déçue », a-t-elle déclaré à Radio-Canada.
 
La parité hommes-femmes reste quant à elle intacte avec le départ de deux hommes et une femme, et l’arrivée de trois nouveaux venus dans les mêmes proportions. Il y a maintenant 15 hommes (incluant M. Trudeau) et 15 femmes.

mardi, décembre 13, 2016

Québec veut rouvrir le débat constitutionnel

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Publié le 13 décembre 2016 à 05h00 | Mis à jour à 06h09
Le gouvernement Couillard veut « ouvrir un dialogue » et mettre... (PHOTO ROBERT SKINNER, archives LA PRESSE)
Le gouvernement Couillard veut « ouvrir un dialogue » et mettre « fin aux tabous »
 sur la question constitutionnelle.
PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE
(Ottawa) Et si c'était les Premières Nations qui rouvraient le débat constitutionnel au Québec ? Alors qu'à Ottawa, Justin Trudeau ne veut pas « de chicanes constitutionnelles », le gouvernement Couillard souhaite « ouvrir un dialogue » sur la question constitutionnelle, prenant acte d'une demande de réforme des Premières nations à Ottawa.
Vendredi dernier, lors de la conférence des premiers ministres et des leaders autochtones, le chef national de l'Assemblée des Premières Nations Perry Bellegarde a réitéré la demande des peuples autochtones d'avoir une réforme constitutionnelle leur conférant un statut d'ordre de gouvernement. Le gouvernement du Québec appuie la revendication des Premières Nations, à condition de régler aussi la question du Québec.
Le ministre québécois des Relations canadiennes Jean-Marc Fournier trouve intéressante cette demande de réforme constitutionnelle des Premières nations. 
« Ça permet de sortir de l'aspect de premier réflexe qu'on retrouve généralement à l'extérieur du Québec qui dit : "Ah, c'est encore le Québec qui demande quelque chose." Par définition, le Québec va être différent des autres. Il y a une allégeance très forte au Québec, mais les sondages nous rappellent qu'il y a 75-76% [de Québécois] qui ont une appartenance canadienne à degrés divers. Si on veut susciter une plus grande appartenance canadienne, il faut choisir le dialogue, la compréhension mutuelle, la conversation », dit en entrevue à La Presse le ministre Fournier, qui estime que de « ne pas parler » du dossier constitutionnel, « c'est probablement donner prise à une éventuelle chicane. »
À Ottawa, le gouvernement Trudeau « veut établir un renouveau avec les communautés autochtones », mais souhaite aussi se tenir loin des débats constitutionnels. « On veut établir un renouveau avec les communautés autochtones. On veut démontrer une présence forte du Canada dans le monde. Ce sont des choses qui prennent énormément d'énergie et d'attention, et on est concentrés là-dessus, pas sur des chicanes constitutionnelles », a indiqué hier en conférence de presse le premier ministre canadien Justin Trudeau. Il s'est d'ailleurs dit content de « l'équilibre qu'on a pu établir » avec les chefs autochtones « dans les prises de décisions ». Les leaders autochtones ont participé à une séance de travail avec les premiers ministres provinciaux, vendredi dernier, mais ils auraient souhaité être aussi de la conférence des premiers ministres en après-midi (impossible, car ils ne sont pas reconnus comme un ordre de gouvernement en vertu de l'article 35 de la Constitution).
Le gouvernement Couillard, qui « ne fait aucune demande » à Ottawa pour rouvrir immédiatement le dossier constitutionnel, comprend mal « le tabou » de parler de Constitution. « Les Premières Nations disent : ‟On ne se sent pas tout à fait présentes dans la Constitution." La nation québécoise dit : ‟On ne se sent pas tout à fait présente dans la Constitution." [...] Je comprends que M. Trudeau a dit qu'il ne voulait pas de chicane constitutionnelle, mais ne pas parler de ce que les gens recherchent pour se sentir membres à part entière du pays, c'est probablement donner prise à une éventuelle chicane », a souligné le ministre Fournier.
Le 150e anniversaire du Canada
Le gouvernement Couillard veut profiter du 150e anniversaire du Canada en 2017 pour discuter d'enjeux constitutionnels sur la place publique.
« Au lieu de dire : ‟Parlons pas de ça, ça va faire de la chicane..." Ne parlons pas de quoi ? Du fait que les Premières Nations disent qu'il y a des éléments qu'on ne prend pas en compte, que les Québécois disent : "Il y a des éléments de notre identité qu'on ne prend pas en compte complètement et il faut qu'on en tienne compte." Il faut un espace pour pouvoir discuter [de ces enjeux]. À terme, une fois qu'on aura compris ce que les gens veulent dire, il sera possible d'écrire des libellés. Avant d'arriver à la table [constitutionnelle], il faut qu'on se comprenne. [...] Ce n'est pas un tabou d'essayer de mieux se comprendre et de mieux faire l'avenir », a dit le ministre Fournier. Québec n'organisera pas un forum formel de discussion citoyenne sur les enjeux constitutionnels, préférant « penser à quelque chose d'éclaté » en 2017.
Le gouvernement Couillard ne veut pas suggérer d'échéancier constitutionnel. 
« Ce n'est pas une question d'échéancier, c'est une question de développer la volonté de mieux se comprendre dans la population. Une fois que la volonté va être établie, il sera très facile d'établir l'échéancier constitutionnel. »
Le ministre Fournier ne se formalise pas de la réticence du gouvernement Trudeau à parler « de chicanes constitutionnelles ». « Si la question, c'est : "M. Trudeau, allez-vous faire une conférence constitutionnelle demain matin ?", je comprends sa réponse. S'il l'a interprétée [en se disant que] les PM [premiers ministres] se réunissent dans une salle et règlent ça, j'imagine qu'il se dit : ‟Ça, c'est la méthode usuelle du passé, ça n'a pas donné de bons résultats." Avant de se réunir, si on est sérieux, faire une place à tous ceux qui en demandent une, il va bien falloir un jour commencer par en parler [de la Constitution], que les gens comprennent ce que ça veut dire. [...] Des premiers ministres qui se réunissent dans une salle, qui ne parlent pas à personne, écrivent des libellés et les expliquent ensuite, on ne revivra pas ça. On est dans l'ère moderne : les gens veulent qu'on en parle avant de les écrire. »

Une revendication de longue date

Les peuples autochtones demandent depuis longtemps d'être reconnus dans la Constitution comme un ordre de gouvernement. « C'est une revendication de longue date, explique Sébastien Grammond, professeur en droit constitutionnel à l'Université d'Ottawa. Dans l'accord de Charlottetown, on disait explicitement que les autochtones étaient un troisième ordre de gouvernement. Même si ça n'a pas été adopté, on reconnaît de plus en plus qu'il y a un phénomène de gouvernance [autochtone] qu'on peut difficilement classer dans l'ordre fédéral-provincial. Il y a de plus en plus d'institutions, et les autochtones disent que c'est une manifestation de leur autonomie gouvernementale inhérente. Mais dans le climat actuel, peu de politiciens au Canada ont un appétit pour des changements constitutionnels. »

mardi, novembre 22, 2016

L'ombre de Trump plane sur le sommet de l'OTAN

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Publié le 22 novembre 2016 à 05h00 | Mis à jour à 05h00
Justin Trudeau au sommet de l'OTAN en juillet dernier.... (ARCHIVES PC)
Justin Trudeau au sommet de l'OTAN en juillet dernier. Le Canada
arrive au 20e rang des pays contributeurs de l'OTAN sur 28,
 ses dépenses militaires équivalant à environ 1% de son PIB.
ARCHIVES PC
(Ottawa) Les critiques de Donald Trump durant la campagne présidentielle au sujet de la contribution insuffisante de la majorité des membres de l'OTAN pourraient convaincre certains pays européens de revoir à la hausse leurs dépenses militaires. Et le Canada pourrait difficilement faire bande à part face aux critiques du président désigné, estime le député conservateur Pierre Paul-Hus.
De passage à Istanbul, en Turquie, afin de participer à l'Assemblée parlementaire de l'OTAN qui a pris fin hier, M. Paul-Hus a soutenu que plusieurs de ses collègues des autres pays craignaient que les critiques de Donald Trump ne portent ombrage à la session automnale de l'organisation qui regroupe des élus des 28 pays membres de l'OTAN et de 14 pays associés.
Or, les pays européens ont plutôt convenu qu'ils ne peuvent plus se fier uniquement à leurs alliés américains pour mener à bien les grandes opérations militaires aux quatre coins du monde et qu'ils doivent donc mettre davantage l'épaule à la roue en haussant leurs dépenses militaires.
«Il semble que les critiques de Donald Trump aient sonné le réveil de certains pays européens», a indiqué hier M. Paul-Hus en entrevue téléphonique, soulignant les propos que des parlementaires européens lui ont tenus durant les quatre jours de la rencontre.
«Les Européens ont décidé de se regarder dans le miroir. Ils ont convenu que Donald Trump avait raison. Certains pays n'en font pas assez.», ajoute M. Hus. 
«Les investissements des Américains en Europe, sous Barack Obama, sont passés de 1 milliard de dollars à 4 milliards de dollars par année, pour consolider la défense sur le territoire face à la menace de la Russie. Un député britannique s'est levé durant l'Assemblée pour dire que les Européens doivent faire un examen de conscience», a ajouté M. Paul-Hus.
Le Canada montré du doigt?
Le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, s'est d'ailleurs servi des critiques de Donald Trump en fin de semaine pour inviter les pays membres de l'alliance militaire à intensifier leurs dépenses militaires. M. Stoltenberg a aussi nommé le Canada à trois reprises parmi les pays qui doivent en faire plus, selon M. Paul-Hus.
Hier, M. Stoltenberg a indiqué aux parlementaires avoir discuté de l'avenir de l'OTAN avec le président désigné Donald Trump vendredi. Durant la campagne électorale, M. Trump a évoqué la possibilité que les États-Unis ne viennent pas en aide aux pays de l'OTAN qui ne respectent pas le critère concernant les dépenses militaires, qui doivent atteindre 2% de leur produit intérieur brut (PIB) respectif. «Il est clair qu'il montrait le Canada du doigt», a dit M. Paul-Hus.
Au 20e rang des contributeurs
À l'heure actuelle, seulement 5 des 28 pays de l'OTAN respectent ce critère : les États-Unis, la Grèce, la Pologne, la Grande-Bretagne et l'Estonie. Le Canada arrive au 20e rang des pays contributeurs, ses dépenses militaires équivalant à environ 1% de son PIB. Pour respecter l'objectif de dépenses militaires fixé par l'organisation, le Canada devrait donc les doubler. Il est peut-être illusoire de penser que le Canada pourrait doubler du jour au lendemain ses dépenses militaires, a convenu le député conservateur, qui est aussi membre du comité permanent de la défense de la Chambre des communes. Mais il est évident que le gouvernement Trudeau a choisi une autre voie en reportant dans le dernier budget des dépenses de 3,7 milliards de dollars.
Pour M. Paul-Hus, qui a été élu vice-président de la commission de défense et de sécurité de l'Assemblée parlementaire de l'OTAN, en fin de semaine, il est évident que l'alliance militaire demeure une organisation importante en raison des velléités expansionnistes de la Russie. «Après la fin de la guerre froide, la pertinence de l'OTAN a peut-être diminué. Mais la montée en puissance des organisations terroristes et les gestes faits par la Russie en Crimée et en Syrie» en montrent la pertinence, a dit M. Paul-Hus.