L'EI complètement assiégé dans son fief d'Al-Bab en Syrie

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Publié le 06 février 2017 à 06h26 | Mis à jour à 06h26

LAYAL ABOU RAHAL
Agence France-Presse
BEYROUTH
Les djihadistes du groupe État islamique (EI) sont désormais complètement assiégés dans la ville d'Al-Bab, leur dernier fief dans la province d'Alep dans le nord de la Syrie, visé par une double offensive.
Depuis près de deux mois, Al-Bab est dans la ligne de mire des rebelles syriens appuyés par les troupes turques, mais récemment, les troupes du régime de Bachar al-Assad soutenues par la Russie ont lancé une offensive pour capturer cette ville symbolique.
Si les troupes turques et leurs alliés font du surplace au nord de la ville depuis début janvier, l'armée syrienne et ses supplétifs avancent rapidement depuis une semaine, notamment au sud de la cité.
Il n'est pas clair s'il s'agit d'une course entre les deux parties pour prendre Al-Bab ou s'il y a une entente tacite entre les parrains de ces forces antagonistes.
Après de profondes divergences sur le dossier syrien, la Turquie a en effet engagé un spectaculaire rapprochement avec la Russie de Vladimir Poutine à la suite du coup d'État avorté contre Recep Tayyip Erdogan.
Depuis près de deux mois, Al-Bab est dans... (AFP)
Depuis près de deux mois, Al-Bab est dans la ligne de mire des rebelles syriens appuyés par les troupes turques, mais récemment, les troupes du régime de Bachar al-Assad soutenues par la Russie ont lancé une offensive pour capturer cette ville symbolique.
AFP
Ainsi, et en plus de son soutien aérien au régime, la Russie a annoncé en janvier avoir également mené des frappes «communes» avec l'aviation turque contre les djihadistes à Al-Bab.
En revanche, l'implication d'Ankara suscite la colère à Damas. Le régime a récemment adressé deux missives au Conseil de sécurité de l'ONU pour dénoncer «les violations de la souveraineté de la Syrie» par la Turquie.
Cette situation traduit une dynamique de plus en plus complexe dans le conflit syrien, où le régime a repris le dessus depuis l'intervention militaire de Moscou en Syrie fin septembre 2015.
L'EI sous pression
Avançant par le sud, «les forces du régime syrien, appuyées par des combattants du Hezbollah libanais et par des frappes russes, sont parvenues à assiéger complètement Al-Bab et ses environs», selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
Elles ont pour cela «réussi à prendre dans la nuit le contrôle de la seule route aux mains de l'EI qui liait cette ville au reste du territoire syrien».
De leur côté, les forces turques et les rebelles sont rassemblés au nord, à l'est et à l'ouest d'Al-Bab, mais éprouvent depuis début janvier des difficultés à avancer face au principal groupe djihadiste en Syrie.
Ankara a lancé le 24 août l'opération «Bouclier de l'Euphrate» dans le nord de la Syrie, qui vise à la fois l'EI et les milices kurdes des Unités de protection du peuple (YPG), alliées des États-Unis dans la lutte antidjihadiste.
Les troupes loyales au président Bachar al-Assad redoublent actuellement d'efforts contre l'EI, en particulier dans la province de Damas et près de Palmyre (centre).
Dimanche, les forces loyalistes ont capturé le champ pétrolier de Hayyan à l'ouest de la célèbre cité antique dont l'EI s'était à nouveau emparée en décembre, quelques mois après en avoir été chassé par le régime.
Dimanche également, les forces gouvernementales ont affronté l'EI près de l'aéroport militaire d'Al-Sine, au nord-est de Damas, selon l'OSDH.
L'EI, qui avait profité du conflit syrien pour étendre son influence, subit des offensives simultanées dans les territoires dont il s'était emparé en 2014 en Syrie et en Irak.
Il est ainsi sous pression à Raqa, son principal bastion en Syrie, vers lequel avancent les Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance arabo-kurde appuyée par les États-Unis.
Samedi, les FDS ont annoncé une nouvelle phase dans leur offensive tout en affirmant avoir besoin de plus d'armes pour mener à bien cette opération.
En Irak, l'EI a déjà perdu la partie orientale de Mossoul, la deuxième ville du pays, reconquise par les forces gouvernementales avec le soutien des frappes de la coalition internationale. Bagdad s'apprête à lancer une nouvelle phase pour reprendre l'est de la ville.