Coderre réclame une circonscription Maurice-Richard

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Publié le 06 février 2017 à 05h00 | Mis à jour à 05h00

La circonscription provinciale de Crémazie, dans le nord de Montréal, devrait être renommée en l'honneur de Maurice Richard afin de «cristalliser toute la portée de ses gestes dans la collectivité», prône Denis Coderre. Le maire de Montréal a donné son appui formel à l'initiative de la députée locale en octobre dernier pour inclure le nom du Rocket dans la nouvelle carte électorale de 2018, a appris La Presse.
«Nous croyons que Maurice Richard répond aux exigences de représentation et de repère de lieu, de même qu'il jouit d'un immense rayonnement à l'échelle du Québec», écrit Denis Coderre dans une lettre datée du 5 octobre 2016 et envoyée à Pierre Reid, directeur général des élections du Québec (DGEQ) et président de la Commission de la représentation électorale dans le cadre des travaux de refonte de la carte électorale.
Le maire ne s'était pas prononcé publiquement à ce sujet à la suite de la sortie publique de la députée provinciale de Crémazie Marie Montpetit, en septembre dernier. La députée libérale avait déposé à l'Assemblée nationale une proposition pour retirer le nom du poète Octave Crémazie au profit de la légende du Canadien de Montréal, une proposition mise de l'avant par l'organisation de hockey mineur des Braves d'Ahuntsic, longtemps présidée par Maurice Richard.
Le maire Coderre ne tarit pas d'éloges à l'endroit de Maurice Richard, qui a habité pendant 50 ans dans le quartier Ahuntsic. «Il était un homme plus grand que nature. Il a laissé dans le coeur et l'histoire des Québécois des souvenirs impérissables, et ce, autant pour ses prouesses en tant que hockeyeur d'exception qu'en raison de son profond attachement et son implication dans sa communauté», écrit le maire dans une lettre obtenue en vertu de la Loi sur l'accès aux documents des organismes publics.
Une murale en l'honneur de Maurice Richard, sur... (PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE)
Une murale en l'honneur de Maurice Richard, sur le restaurant La Molisana, à Ahuntsic, souligne l'attachement des habitants du quartier à la légende du hockey qui y a vécu pendant 50 ans.
PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE
Une réponse sous peu
Les résidants de cette circonscription montréalaise seront-ils des électeurs de «Maurice-Richard» aux prochaines élections, prévues en avril 2018? Le DGEQ refuse de se prononcer. «On a reçu beaucoup de commentaires. On en tient compte de la meilleure façon possible. Je ne peux rien vous confirmer par rapport à ça», a indiqué la porte-parole du DGEQ, Alexandra Reny.
On saura bientôt si la démarche du maire et de la députée portera ses fruits, puisque le DGEQ déposera à l'Assemblée nationale «en février ou en mars» son deuxième rapport sur la refonte de la carte électorale, revue toutes les deux élections générales en vertu de la loi. Les parlementaires débattront alors pendant au moins cinq heures des nouvelles délimitations et dénominations proposées. «Il [pourra] encore y avoir des ajustements» à cette étape, précise Alexandra Reny. Ensuite, la Commission de la représentation électorale prendra une décision en s'appuyant sur les recommandations de la Commission de la toponymie.
Héros national, résidant local, symbole d'un peuple : «Maurice Richard correspond à tous les critères», a assuré la députée Marie Montpetit, en entrevue avec La Presse. De surcroît, «aucun lieu significatif au Québec» ne porte le nom de Maurice Richard, ajoute-t-elle, en excluant le vieil aréna de patinage de vitesse de l'est de Montréal.  
«C'est quand même un de nos plus grands Québécois au niveau de la fierté nationale. C'est un symbole, et c'est comme si on n'avait pas encore trouvé de façon de l'honorer», affirme Mme Montpetit.
La députée ajoute que la mémoire d'Octave Crémazie ne serait pas «diminuée» par ce changement, puisqu'une trentaine de lieux sont nommés à la mémoire du poète québécois du XIXe siècle, dont un boulevard et une station de métro. La circonscription provinciale avait été nommée à son nom en 1972.
- Avec William Leclerc, La Presse