Après une semaine d'émotion et de deuil, le premier ministre du Québec se dit plus déterminé que jamais à régler l'épineuse question de la neutralité religieuse.
Un texte de Mathieu Gohier
En entrevue à l'émission Les coulisses du pouvoir, Philippe Couillard estime qu'un terrain d'entente dans ce dossier peut être trouvé sans délai.
On peut rapidement, en quelques semaines, disposer de l'encadrement des accommodements, de la question du visage découvert et établir les principes de neutralité religieuse. Philippe Couillard, premier ministre du Québec
Alors que reprendront les travaux à l'Assemblée nationale la semaine prochaine, le premier ministre enjoint au Parti québécois et à la Coalition avenir Québec de donner leur appui au projet de loi 62 sur la neutralité religieuse.
« Ce que je dis à mes collègues de l'opposition, pourquoi ne pas adopter maintenant ce sur quoi nous nous entendons? Libre à vous de dire lors de la prochaine campagne électorale ce qu'il faudrait interdire ou sur quoi il faudrait aller plus loin et vous expliquerez à la population pourquoi c'est si urgent de le faire », indique Philippe Couillard.
La ministre de la Justice Stéphanie Vallée a récemment affirmé que des amendements au projet de loi 62 seront présentés, sans toutefois préciser lesquels.
Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard Photo : La Presse canadienne/Jacques Boissinot
Que devez-vous savoir sur le projet de loi 62?
Le personnel d'organismes publics financés par l'État ou qui reçoivent des subventions, des écoles aux CHSLD, ainsi que les personnes qui reçoivent des services doivent avoir le visage découvert lors de leurs interactions.
Les fonctionnaires doivent faire preuve de neutralité religieuse dans l'exercice de leur travail.
Les accommodements raisonnables pour des motifs religieux pourront seulement être accordés sous certaines conditions.
Les éléments liés au patrimoine culturel québécois, comme le crucifix à l'Assemblée nationale, ne sont pas touchés.
L'admission d'un enfant dans un service de garde éducatif ne peut être liée à l'apprentissage d'une croyance religieuse.
L'emploi, la clé de l'intégration
Si Philippe Couillard veut bien régler la question de la neutralité religieuse de l'État et des accommodements, il n'est pas question pour autant de limiter les droits des minorités religieuses.
« Si on discute des questions relatives à la façon dont les gens se vêtissent, je trouverais assez illogique qu'on me dise que pour mieux aider la communauté musulmane, la meilleure chose à faire c'est de réduire davantage leurs droits », martèle le premier ministre.
Pour M. Couillard, il est plus essentiel de lutter contre la discrimination et de faciliter l'accès au marché de l'emploi pour les membres de la communauté musulmane, par exemple.
Un effort qui ne peut être uniquement fait par le truchement de lois et règlements, prévient M. Couillard.
« Ça appartient à toute la société, les gens d'affaires par exemple dans les entreprises, ceux qui ont des décisions à prendre pour engager des gens, de vraiment se dégager de tous ces stéréotypes et de voir la personne comme elle est », plaide le premier ministre.
L'entrevue complète avec Philippe Couillard sera diffusée dimanche à 11 h (HE) à l'émission Les coulisses du pouvoir et en rediffusion à 12 h 30 (HE) sur ICI RDI.
Mise à jour le lundi 18 janvier 2016 à 23 h 41 HNE
Louise-Andrée Moisan, ex-directrice de la recherche du Parti québécois, en compagnie de Pierre Karl Péladeau (archives).
Entrée en fonction l'automne dernier, Louise-Andrée Moisan quitte son poste à la direction de la recherche du Parti québécois. Elle est remplacée par Jean-François Gibeault. Ce dernier faisait partie du groupe de recherche du PQ et a œuvré comme chef de cabinet sous l'ancien ministre des Finances Nicolas Marceau.
Un texte de Davide Gentile
Louise-Andrée Moisan est une péquiste de longue date. Elle a entre autres œuvré comme chef de cabinet de Bernard Drainville lorsqu'il était ministre. Elle avait été choisie par Pierre Duchesne, le chef de cabinet de Pierre Karl Péladeau.
Des sources indiquent que Mme Moisan démissionne parce qu'elle n'aimait simplement pas ce travail. D'autres sont plus inquiets et relèvent le nombre important de changements dans le personnel politique du PQ depuis quelques mois.
Plusieurs employés de longue date ont quitté le parti, tout comme le chef intérimaire et député de Chicoutimi Stéphane Bédard. L'ancien directeur de la campagne de Bernard Drainville et bras droit de Gilles Duceppe, Stéphane Gobeil, a ensuite annoncé début janvier qu'il allait désormais collaborer avec la Coalition avenir Québec. Ces faits alimentent les rumeurs de morosité au Parti québécois. Mais certains péquistes parlent plutôt de défis « normaux ».
Ralliement à Chicoutimi
Les péquistes se réuniront demain dans Chicoutimi, circonscription laissée vacante par le départ de Stéphane Bédard, dans laquelle se tiendra bientôt une élection partielle. Presque tous les députés seront présents pour cette visite éclair, manière de précampagne pour cette partielle qui doit être déclenchée d'ici la fin avril.
L'avance de 1600 voix de Stéphane Bédard lors du scrutin de 2014 fait en sorte qu'une victoire libérale est théoriquement possible. Cependant, Chicoutimi a voté PQ sans interruption depuis l'élection du père de Stéphane, Marc-André Bédard, en 1973. Preuve pour certains que Stéphane Bédard n'est pas en froid avec le PQ : il devrait être d'un ralliement péquiste demain dans la circonscription.
Les députés péquistes tiendront ensuite leur caucus au Saguenay mercredi et jeudi. Une occasion pour faire le point et préparer le plan de match de la prochaine session. Des sources indiquent que l'avenir des Centres de la petite enfance devrait être au cœur des discussions. La santé, l'éducation et l'économie devraient à nouveau être les thèmes de la prochaine session pour les troupes de Pierre Karl Péladeau.
Le gouvernement fédéral doit revoir sa politique de transferts en santé afin d'éponger 25 % des dépenses dans ce secteur au Québec estime le porte-parole du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau.
En conférence de presse lundi après-midi, M. Péladeau a fait part de ses attentes en vue de la rencontre des ministres provinciaux du pays, qui se tiendra mercredi. M. Péladeau a rappelé qu'en 2011, Ottawa a revu de façon unilatérale sa politique de transferts fédéraux en santé. Une décision qui a coûté environ 9 milliards de dollars sur dix ans au Québec, affirme M. Péladeau.
«La proportion des transferts fédéraux en santé diminue constamment. Alors qu'ils représentaient environ 50 % du financement québécois en santé dans les années 70, ils représentent un peu plus de 22 % en 2013-2014», note M. Péladeau, qui souhaite voir cette proportion passer à au moins 25 % d'ici 2018.
La porte-parole du Parti québécois en matière de santé, Diane Lamarre, estime que les transferts fédéraux doivent tenir compte de la situation démographique du Québec. «Nous avons l'une des provinces les plus vieillissantes. Il faut en tenir compte», dit-elle.
Stopper les frais accessoires
Mme Lamarre a également dit souhaiter que les ministres provinciaux de la Santé discutent de la question des frais accessoires. En novembre, Gaétan Barrette a fait adopter le projet de loi 20 qui normalise certains frais accessoires au Québec.
Pour Mme Lamarre, cette situation est inacceptable.
«Le gouvernement fédéral pourrait diminuer ses transferts fédéraux à cause des frais accessoires. Le ministre Barrette devra se démêler dans cet imbroglio qu'il a lui-même créé», dit Mme Lamarre.
QUÉBEC – Contrairement à sa prédécesseure, le chef péquiste Pierre Karl Péladeau estime que le Québec pourrait devenir indépendant sans connaître de perturbations économiques.
En 2005, Pauline Marois a affirmé que le Québec connaîtrait «cinq années de perturbations économiques» s’il devenait indépendant. Les chefs libéraux ont depuis fréquemment rappelé cette déclaration pour mettre les Québécois en garde contre l’option souverainiste.
Mais Pierre Karl Péladeau ne partage pas cette analyse. «Non, je ne le crois pas du tout. Je pense que le Québec a tous les moyens», a affirmé le chef de l’opposition officielle au cours d’une entrevue de fin d’année avec Le Huffington Post Québec.
Pierre Karl Péladeau n’a toutefois pas expliqué comment il en vient à cette conclusion. «On va avoir l’occasion de l’expliquer au fur et à mesure des années qui se déroulent. Et, en 2018, je vous réitère le fait que nous allons avoir les réponses aux questions légitimes que tous les Québécois et les Québécoises se posent», dit-il.
Le chef péquiste évoque même un ex-premier ministre libéral à sa défense. «Et d’ailleurs Jean Charest a dit l’inverse, il a dit que le Québec avait les moyens d’être un pays», lance Pierre Karl Péladeau. Peu après sa déclaration en 2006, Jean Charest avait toutefois ajouté qu’il y aurait «un prix très important de rattaché à la séparation d'un pays».
Pour Pierre Karl Péladeau, le Québec serait carrément plus riche s’il se détachait de la fédération canadienne. «Bien évidemment, j’ai l’intime conviction qu’il serait plus riche, parce que le 50 milliards$ que les Québécois et les Québécoises envoient chaque année à Ottawa ne reçoit pas l’attention particulière à l’égard du développement économique, on l’a constaté depuis de nombreuses années. Même le gouvernement libéral est là pour s’en plaindre : les transferts fédéraux diminuent de façon systématique.»
Il doute que le Québec reçoive sa «juste part des investissements» fédéraux. «Moi, ce que je vois, c’est qu’on investit de l’argent dans le pétrole en Alberta, nous investissons pour sauver GM en Ontario, nous octroyons des contrats pour la fabrication de navires dans des chantiers maritimes en Colombie-Britannique et au Nouveau-Brunswick. Je ne vois rien du gouvernement fédéral en matière d’hydro-électricité [pour le Québec]», déplore-t-il.
Quand on lui fait remarquer que le Québec reçoit des versements de péréquation de la fédération canadienne, il rétorque : «Rendez-nous notre 50 milliards$, et vous allez voir qu’on va l’investir au bon endroit, en fonction des valeurs des Québécois et des Québécoises».
Éviter la répétition de 2014
Malgré la défaite historique du Parti québécois aux élections générales d’avril 2014, Pierre Karl Péladeau se dit confiant en vue du scrutin de 2018. Il estime que sa candidature a focalisé le débat sur la souveraineté lors de la dernière campagne électorale.
«Est-ce que nous étions prêts à parler de l’indépendance? Il s’est avéré que nous n’étions pas nécessairement prêts. Donc, il faut apprendre, entre guillemets, de peut-être une possible erreur. Mais soyez assurés qu’en 2018, lorsque les élections vont avoir lieu, nous serons prêts.»
D'ici là, le chef péquiste veut convaincre les jeunes, qui délaissent l’option souverainiste, selon les sondages. «Du côté des jeunes, ce n’est pas une préoccupation aujourd’hui, observe le leader souverainiste. Et c’est normal que ce n’en soit pas une parce que nous n’en avons pas parlé comme collectivité, en tout cas, certainement pas suffisamment.» Il cite les exemples de l’Écosse et de la Catalogne, où la promotion de l’indépendance a fait croître les appuis à l’option souverainiste, selon lui.
Depuis quand ne parle-t-on pas suffisamment de souveraineté? «À partir de 1995, il y a comme eu un traumatisme», dit-il au sujet du référendum. Par la suite, le gouvernement fédéral a utilisé «les propres fonds que les Québécois ont envoyés à Ottawa» dans le scandale des commandites, poursuit-il. «Tout ça a créé un environnement où il y a eu un traumatisme et on n’a pas souhaité en reparler.»
En vrac
Un gouvernement Péladeau aurait-il reporté l’atteinte du déficit zéro?
«J’aurais travaillé sur la colonne des revenus, dit le chef péquiste. Oui, il y a les dépenses, mais malheureusement, du côté du gouvernement libéral, il n’y a aucune attention particulière en ce qui concerne la colonne des revenus.»
«Du côté des dépenses, il y a toujours place à l’amélioration, c’est clair, net et précis, ajoute-t-il toutefois. Mais lorsque vous avez une attention, pour ne pas dire une obsession et une phobie sur les dépenses, et que les seuls moyens que vous êtes en mesure d’atteindre l’équilibre budgétaire, c’est de couper dans l’éducation, je pense que c’est la voie à ne pas suivre, parce que c’est la voie qui est la plus dommageable pour une collectivité.»
Justin Trudeau a dressé un parallèle entre Donald Trump et la charte des valeurs cette semaine. Selon vous, est-ce que c’était digne d’un premier ministre?
«Je pense que c’était inapproprié de faire quelque rapprochement que ce soit, entre la charte et les propos du candidat à la primaire républicaine.»
«La charte était surtout et avant tout motivée par le fait que nous avions l’intention de raffermir encore l’égalité entre les hommes et les femmes.»
Au sujet des négociations sur le renouvellement des conventions collectives : trouvez-vous que le gouvernement Couillard a été dur avec les employés de la fonction publique?
«Ce n’est pas à moi de commenter leur stratégie de négociation parce que nous n’étions pas à la table de négociations. C’est compliqué : il a des conventions, il y a du normatif, il y a du salarial, il y a du normatif à composantes salariales. Je ne suis pas du genre à émettre des opinions si je n’ai pas le jugement éclairé pour y arriver. L’absence aux tables de négociations nous empêche d’avoir une appréciation adéquate.»
Publié par La Presse Canadienne le vendredi 11 décembre 2015 à 16h55. Modifié par 98,5 fm le samedi 12 décembre 2015
Les commissaires Renaud Lachance et France Charbonneau/Photo: Presse Canadienne
MONTRÉAL - La Coalition avenir Québec propose non pas de contraindre, mais d'«inviter» unanimement les commissaires Renaud Lachance et France Charbonneau à venir s'expliquer devant l'Assemblée nationale.
Au cours d'une conférence de presse vendredi à Montréal, les députés caquistes Nathalie Roy et Simon Jolin-Barrette ont dit faire le pari que si le Parti libéral ajoute sa voix à celle du Parti québécois, de la CAQ et de Québec solidaire, l'invitation aurait un poids moral certain face aux deux représentants de la Commission Charbonneau, à défaut de pouvoir les contraindre légalement à témoigner.
Interrogé à ce sujet, le premier ministre et chef libéral Philippe Couillard est demeuré vague. «Il serait totalement inapproprié pour le chef de l'exécutif de donner quelque instruction que ce soit à des commissaires indépendants», a-t-il commenté.
Du même souffle, il a rappelé que «la commission parlementaire a le loisir de les inviter, de le faire ou de ne pas le faire», mais il n'a pas exprimé sa préférence.
Les députés de la CAQ font une tout autre lecture des événements.
«Les commissaires doivent sortir de leur silence, a lancé la députée Roy. Maintenant on a des faits nouveaux et ce qu'on apprend sent très, très, très mauvais.»
Les récentes révélations de l'émission Enquête, à Radio-Canada, au sujet des courriels au ton acrimonieux échangés entre les deux commissaires et du brouillon de rapport annoté par le commissaire Lachance qui y a ajouté des commentaires comme «ridicule», en plus de biffer certains passages dans le chapitre sur le financement des partis politiques, laissent un goût amer, selon la députée caquiste Roy.
«Ce conflit a-t-il eu pour effet d'atténuer les conclusions et les recommandations du rapport? Est-ce que ce conflit explique l'absence de blâme qui était pourtant attendu de tous? Beaucoup de questions se posent sur la dissidence du commissaire Renaud Lachance», a affirmé Mme Roy.
Elle a toutefois refusé de spéculer quant aux raisons qui auraient pu pousser ainsi le commissaire Lachance à adoucir le ton lors de la rédaction du rapport, alors qu'il s'était montré fin limier lors des témoignages.
Si le leader parlementaire du Parti québécois, Bernard Drainville, a demandé à voix haute si des pressions politiques avaient été faites sur le commissaire Lachance, Mme Roy a refusé de s'avancer aussi loin. «Je l'ignore», a-t-elle simplement répondu.
Mais les Québécois veulent connaître le fond des choses, d'autant plus que la commission a coûté 45 millions $ en fonds publics, ont rappelé les deux députés caquistes. Et la seule façon d'y parvenir est d'entendre les deux parties intéressées et séparément.
Le premier ministre Couillard, quant à lui, a carrément répondu «non» quand on lui a demandé s'il avait été troublé par les révélations de l'émission Enquête.
Puis il s'en est pris au Parti québécois, lui reprochant de s'en prendre aux commissaires lorsqu'il n'est pas satisfait du résultat.
La Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction a produit une soixantaine de recommandations, mais n'a pas émis de blâme formel.
Sa recommandation pivot est d'instituer une Autorité des marchés publics afin de mieux encadrer le système d'appel d'offres. Elle a aussi recommandé d'adopter une loi pour mieux protéger les lanceurs d'alerte — un projet de loi à cet effet vient d'ailleurs d'être déposé.
Le commissaire Lachance a écrit dans le rapport: «je ne peux pas souscrire à la thèse développée dans la section 4.6 concluant à un lien indirect entre le versement de contributions politiques et l'octroi des contrats au niveau provincial».
«Si nous ne faisons pas de référendum, il faudra bien s'y résigner [à la voie électorale]» - Pierre Bourgault, Maintenant ou jamais.
Il existe des rendez-vous avec l'Histoire qui font et défont les peuples, ces moments forts qui changent le cours du temps. Les Catalans s'apprêtent enfin à vivre le leur. Ils feront face à leur destin le 27 septembre prochain dans le cadre d'une élection sur l'indépendance.
Il faut noter qu'aucun référendum n'est prévu, du moins avant l'indépendance elle-même. Leur président sortant, Artur Mas, a été sans équivoque ces derniers jours sur ce point: seuls les votes des députés seront déterminants. Peu importe le suffrage global obtenu.
Cette curieuse affirmation détonne dans tout ce à quoi nous ont habitué les stratèges péquistes en matière de méthodes d'accession à l'indépendance, et ce, depuis presque toujours.
C'est pourtant le mandat sollicité par la coalition de partis politiques indépendantistes nommée Junts pel Sí («Ensemble pour le Oui») dirigée par l'actuel président de lageneralitat (gouvernement catalan). Cette coalition mène dans les sondages, lesquels anticipent non seulement une victoire indépendantiste, mais une majorité au parlement. À seulement trois semaines de l'élection du 27 septembre, la coalition vient enfin de dévoiler ce qu'elle compte faire dès le lendemain, le 28 septembre, si elle est élue.
Les trois documents publiés montrent le sérieux du processus proposé à la population. Le premier document concerne une «feuille de route» décrivant les grandes lignes du processus à suivre et l'échéancier, d'un minimum de 18 mois.
Le deuxième document décrit les structures étatiques transitoires, c'est-à-dire ce par quoi le gouvernement catalan remplacera les autorités espagnoles, depuis l'élection jusqu'à la ratification d'une constitution permanente.
Finalement, le troisième document concerne le programme politique de la coalition.
De ces trois documents, la feuille de route attire particulièrement l'attention, car elle résume la chronologie des événements à venir en cas de victoire.
Ce que les indépendantistes comptent faire
Dès le départ, les indépendantistes déclareront solennellement «le début du processus d'indépendance» et mettront en place «les structures de l'État catalan», propres à un État indépendant, décrites dans le deuxième document. En parallèle à cette construction effective de l'État, le parlement entamera un «débat citoyen» sur divers sujets, notamment sur un «processus constituant» concernant les institutions catalanes et la future constitution.
C'est au terme de la création de ces structures étatiques provisoires que la coalition Junts pel Sí convoquera le parlement catalan afin de déclarer l'indépendance.
En ce sens, la coalition souhaite la déclarer avec l'accord préalablement négocié du gouvernement espagnol, et elle fera part de ce souhait elle-même directement aux chancelleries européennes dans le cadre d'un processus diplomatique prévoyant l'envoi de plénipotentiaires dans les différentes capitales. Cette effervescence diplomatique servira, naturellement, à jeter les bases d'un futur réseau d'ambassades qui sera fort utile lorsque les «tiers États» seront appelés à reconnaître la Catalogne.
Par contre, si l'Espagne refuse toute négociation, elle légitimera une déclaration unilatérale d'indépendance, prévient Artur Mas, et les structures étatiques catalanes s'imposeront là où elles n'auront pas pu le faire avant la déclaration.
Dans les deux cas de figure, soit la déclaration d'indépendance négociée ou l'unilatérale, l'on remarque la préoccupation constante de ce gouvernement de transition à rechercher l'effectivité du nouvel État, c'est-à-dire l'indépendance de fait.
Cette effectivité est fondamentale, car le droit international précise que, si la reconnaissance internationale est généralement indifférente à la façon dont un État devient indépendant, le critère de l'effectivité, lui, est obligatoire. À titre d'exemple, l'ancien président français François Mitterrand a déjà expliqué au journal Le Mondele 27 novembre 1988 la politique séculaire de la France à cet égard: «Notre pays s'est toujours fondé, dans ses décisions de reconnaissance d'un État, sur le principe de l'effectivité, qui implique l'existence d'un pouvoir responsable et indépendant s'exerçant sur un territoire et une population». Cette politique de reconnaissance est similaire partout en Europe. L'on comprend mieux, à la lumière de ces faits, la stratégie catalane.
Finalement, une fois que la déclaration d'indépendance aura été prononcée, s'ouvrira le processus constituant afin d'en terminer avec la transition. Pour ce faire, la coalition Junts pel Sí propose l'élection d'une constituante qui sera chargée d'écrire la constitution permanente, laquelle sera ensuite entérinée par un référendum de ratification dans un délai imprécisé. Ainsi, la ratification de cette constitution terminera le processus de transition entamé dès l'élection, passant d'une Catalogne espagnole vers un État indépendant.
De la Catalogne au Québec
Il y a beaucoup de dogmes québécois démystifiés par les indépendantistes catalans dans ce processus afin de «réussir» leur pays, paraphrasant ainsi un certain slogan électoral québécois. Nous n'en soulignerons que deux, qu'il n'est pas prématuré d'évoquer à trois semaines du vote.
Le premier concerne le dogme voulant qu'une élection sur la question nationale ferait fuir l'électorat, comme le professent les stratèges péquistes depuis 1973. À cet effet, le doute n'est plus possible. Même si elle devait perdre les élections le 27 septembre prochain, Junts pel Sí a prouvé qu'une élection sur ce sujet est parfaitement jouable d'un point de vue strictement électoraliste.
Non seulement la partie est jouable, faut-il ajouter, mais la voie électorale lui a permis de consolider le vote indépendantiste autour de l'enjeu du pays catalan, ce que les péquistes n'ont plus été en capacité de «réussir» depuis l'élection de Lucien Bouchard en 1998. Peut-être que les stratèges péquistes, présentement en mode panique voyant que des indépendantistes ne votent plus nécessairement pour des partis indépendantistes (c'est le principal constat de l'actuelle campagne électorale fédérale), auront l'humilité de revoir leur stratégie à la lumière de cette nouvelle donnée.
Le second dogme largement propagé est à l'effet qu'il n'existe que le référendum initiateur comme méthode «civilisée» d'accession à l'indépendance. S'il est vrai que les Catalans ont d'abord tenté d'en organiser un, il est intéressant d'observer que, dans leur contexte politique propre évidemment, ils ont été dans l'impossibilité de l'organiser puisqu'ils ont été bloqués par le veto légal de Madrid.
C'est pour se sortir de ce cul-de-sac référendiste que la voie électorale a été choisie, leur permettant tout à la fois de rester dans le jeu politique et de pouvoir maintenir un momentum sur l'indépendance qui, pour nous au Québec, n'appartient plus qu'au domaine du rêve.
Quant au PQ, le référendum initiateur y a une place sacralisée et le remettre en question signifie rien de moins qu'une excommunication politique.
En revanche, il est intéressant de se remémorer que deux célèbres congrès de ce parti, celui de 1981 ayant débouché sur le «renérendum», et celui de 2005 s'étant soldé par la démission de l'ex-premier ministre Bernard Landry, ont fait l'objet de résolutions ressemblant sur l'essentiel à s'y méprendre à ce que propose Artur Mas et sa coalition. L'élection initiant le processus d'indépendance, la construction de l'État entre l'élection et la déclaration d'indépendance, et le référendum qui, lui, portera sur une constitution permanente à la toute fin, terminant le processus, sont trois points communs importants qui ne tiennent pas du hasard.
Cette similarité est d'autant plus frappante qu'elle est en fait une réponse naturelle basée sur des faits et des cas d'espèces, dans un contexte politique similaire d'un côté comme de l'autre de l'Atlantique, c'est-à-dire une voie référendaire bloquée. Qu'elle le soit par un gouvernement espagnol qui utilise ses pouvoirs, ou par un gouvernement fédéral utilisant les siens, sinon l'attentisme des «conditions gagnantes» ou du «bon moment», c'est du pareil au même, au final.
Mais à la lumière de ces évidences émanant d'outre-Atlantique, la question ultime qui nous vient à l'esprit est la suivante: le Parti québécois saura-t-il sortir d'un carcan qu'il s'est lui-même imposé? La question est vitale, car elle fait cette différence entre une Catalogne où des indépendantistes voteront pour des partis indépendantistes, et le Québec qui voit une saignée mortelle de son électorat s'apprêtant à voter pour des formations fédéralistes avouées.
Le nouveau chef du Parti québécois, n'étant pas du sérail traditionnel, devra trancher cette question entre la tradition attentiste et le mouvement électoral. Sa réponse fera sans doute la différence entre «réussir» ou LA débâcle, pire encore que celles des dernières années.
Québec
L'histoire du Québec a été marquée par différents mouvements nationalistes. La création de partis souverainistes dans les années 60, dont celle du Parti québécois en 1968, a remis la question de l'indépendance sur le devant de la scène politique. Question qui a été soumise à la population à deux reprises lors des référendums de 1980 et 1995.
Publié par La Presse Canadienne le mercredi 09 septembre 2015 à 14h13.
QUÉBEC — Le remaniement du caucus péquiste marque le début d'une nouvelle période au Parti québécois, a déclaré le chef péquiste Pierre Karl Péladeau.
M. Péladeau s'est défendu d'avoir écarté le député Stéphane Bédard du poste de leader parlementaire, confié à son ancien adversaire dans la course à la direction, Bernard Drainville.
En se rendant à une réunion du caucus péquiste, mercredi, M. Péladeau a rendu hommage à M. Bédard au poste de leader, qu'il occupait depuis près de sept ans.
«Écarté, c'est pas, je ne pense pas... La première chose que je voudrais souligner, c'est que Stéphane a fait un travail exceptionnel», a-t-il dit.
Selon le chef péquiste, le remaniement de son caucus, par lequel certains dossiers ont été confiés à de nouveaux députés, était adéquat à la suite de son élection comme chef en mai dernier.
«Nouvelle session et une nouvelle période s'ouvre, je pense qu'il était adéquat, puisque nous avons des compétences exceptionnelles au PQ dans notre députation, de faire en sorte de mettre en valeur ces compétences, cette diversité et cette énergie», a-t-il dit.
De son côté, M. Bédard a pris acte de la décision de M. Péladeau de lui confier les dossiers de la justice au sein du caucus, tout en soulignant au passage que ses fonctions de leader lui ont permis de développer ses compétences à gérer les crises.
«Je pense que Bernard et M. Péladeau ont donné les motifs et tout cela est bien correct, a-t-il dit. Quand on vient en politique, c'est pour servir une cause, des citoyens, les citoyens de Chicoutimi, tout comme l'ensemble des citoyens du Québec, ce que je vais continuer de faire.»
Mardi, M. Drainville a expliqué que le PQ devait sortir de la «bulle parlementaire» pour se reconnecter aux préoccupations de la population.
M. Bédard, qui a été chef intérimaire durant la dernière course à la direction, a affirmé qu'il n'a aucune intention de quitter ses fonctions en raison du remaniement.
«Je suis attaché au Parti québécois profondément, j'ai milité depuis l'âge de dix ans dans ce parti, a-t-il dit. Je suis né, presque, avec, je suis né en 1968.»
Mercredi, M. Péladeau a affirmé que le PQ veut être prêt à répondre aux attaques de ses adversaires contre le projet souverainiste, d'ici la prochaine campagne électorale de 2018.
«Nous allons avoir des réponses aux questions que les fédéralistes ont toujours posées et aussi, surtout, les campagnes de peur que nous connaissons, a-t-il dit. Nous l'avons connu en 1980, nous l'avons connu en 1995.»
Radio-Canada a rapporté mardi que le PQ veut mettre en place une stratégie pour transformer la formation en «machine de guerre», créant notamment une école pour enseigner aux militants les arguments pour l'indépendance du Québec, ce qui a suscité des railleries dans le camp libéral.
«Ils parlent d'ouvrir des écoles de souveraineté, ils veulent endoctriner, essayer d'exposer un point de vue à partir de réponses qu'ils disent qu'ils n'ont pas, a affirmé le leader parlementaire Jean-Marc Fournier. M. Péladeau nous a annoncé qu'il y aurait un institut (sur la souveraineté) parce qu'en ce moment il n'y a pas les réponses.»
Par ailleurs, M. Péladeau a tendu la main au gouvernement fédéral pour faciliter l'accueil au Québec de réfugiés syriens, dont l'exode massif provoque une crise en Europe.
Le PQ a offert son soutien au gouvernement avec le dépôt la semaine prochaine d'une motion soulignant l'ouverture du Québec envers les réfugiés.
Le chef péquiste a plaidé pour une accélération du traitement des demandes de réfugiés, s'en remettant à Ottawa pour évaluer les risques potentiels pour la sécurité intérieure.
«Les délais qui existent, qui se situent autour d'une année, sont absolument inconciliables avec le sentiment d'ouverture que nous devons avoir à l'égard de ce drame humain», a-t-il dit.
Publié par La Presse Canadienne le samedi 16 mai 2015 à 04h25. Modifié par Léandre Drolet à 07h56.
Françoise David
MONTRÉAL - Pauline Marois offre son appui au nouveau chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, affirmant qu'elle sera toujours à ses cotés pour convaincre les citoyens du Québec de la nécessité de se donner un pays.
Par voie de communiqué, l'ancienne chef du PQ souligne la détermination de Pierre Karl Péladeau et sa capacité à rassembler «les plus grandes forces» pour permettre au Québec de se remettre en marche et de réaliser «le grand projet de faire du Québec un pays».
Pauline Marois se dit très fière d'avoir pu accueillir Pierre Karl Péladeau au sein du Parti québécois, soulignant son esprit entrepreneur et son audace.
Elle ajoute que M. Péladeau a un amour profond pour la culture québécoise et qu'il portera avec force et dignité le projet politique du PQ.
De son coté, Québec solidaire estime que l'aile plus progressiste du PQ a perdu devant un vote qui a privilégié le choix d'un «sauveur».
La députée Françoise David soutient que «la vraie partie commence» pour Pierre Karl Péladeau.
Selon elle, M. Péladeau risque de «sonner faux» lorsqu'il demandera au premier ministre Philippe Couillard de négocier de bonne foi avec les employés du secteur public alors qu'il a lui-même, comme patron, été un «antisyndicaliste acharné».
Mme David affirme que Pierre Karl Péladeau aura beaucoup du mal à convaincre ceux qui hésitent à faire l'indépendance.
Selon elle, son style n'est pas rassembleur, et il polarise.
Elle rappelle que les solidaires souhaitent faire du Québec un pays, mais en unissant les Québécois autour d'un projet rassembleur de solidarité plutôt que de tout miser sur un «supposé sauveur».
Quant au chef du Bloc Québécois, Mario Beaulieu, il soutient que grâce à Pierre-Karl Péladeau, les prochains mois et les prochaines années seront stimulants pour tout le mouvement indépendantiste.
Publié par La Presse Canadienne le vendredi 15 mai 2015 à 04h21. Modifié par Charles Payette à 05h48.
Pierre Karl Péladeau, Alexandre Cloutier et Martine Ouellet/PC
MONTRÉAL - Le Parti québécois pourrait avoir dès vendredi soir un nouveau chef, alors que Pierre Karl Péladeau est considéré comme le grand favori de la course à la chefferie de la formation souverainiste.
Les membres du parti ont jusqu'à 17 h pour voter afin de trouver un successeur à Pauline Marois, dernière chef à avoir été choisie par les membres du Parti québécois.
Trois candidats, qui sont tous députés à l'Assemblée nationale, sont dans la course: le député de Lac-Saint-Jean, Alexandre Cloutier; la députée de Vachon, Martine Ouellet et le député de Saint-Jérôme, Pierre Karl Péladeau.
Le magnat de la presse Pierre Karl Péladeau, qui est propriétaire de Québecor, a mené dans tous les sondages réalisés depuis le début de la course.
Si un deuxième tour de scrutin était nécessaire, le nouveau chef du parti serait connu le samedi 23 mai. Ce deuxième tour sera requis si aucun des candidats ne recueille 50 pour cent plus un des votes exprimés; il aurait lieu du 20 mai à 8h au 22 mai à 17h.
La présidence de la course à la direction a été placée sous la responsabilité d'un ancien ministre péquiste, Jacques Léonard.
Stéphane Bédard a mené les destinées du parti de manière intérimaire depuis le départ de Pauline Marois à la suite de la défaite du Parti québécois face aux libéraux, en 2014.
PC | Par Alexandre Robillard, La Presse CanadiennePublication:
Elvis Gratton
QUÉBEC _ Les libéraux ont déclaré mardi que le candidat à la direction du Parti québécois Pierre Karl Péladeau a manqué de respect en les comparant à la caricature de fédéraliste incarnée par le personnage d'Elvis Gratton.
Trois ministres du gouvernement ont dénoncé les propos de M. Péladeau, qui a fait référence au personnage créé par le cinéaste Pierre Falardeau à au moins deux occasions, lors de rassemblements militants.
Le ministre des Ressources naturelles, Pierre Arcand, a affirmé que les propos de M. Péladeau étaient une insulte envers les libéraux.
"Oui, passablement, mais ça c'est dans les critères du député de Saint-Jérôme", a-t-il dit dans un échange avec des journalistes à l'Assemblée nationale.
M. Arcand a rappelé une manchette coiffant un article qui rapportait des propos du leader parlementaire du gouvernement, Jean-Marc Fournier, la semaine dernière, concernant les colères de M. Péladeau.
"Notre leader la semaine passée a dit qu'il avait quelque chose d'une brute dans une certaine mesure, a-t-il dit. Je pense que c'est le cas encore une fois. On voit que le député de Saint-Jérôme n'amène pas la politique à un niveau très élevé."
Le cabinet de M. Arcand a précisé par la suite que M. Fournier n'avait pas lui-même utilisé le mot brute, lors d'une sortie la semaine dernière où il avait affirmé que le candidat péquiste est "incapable de contrôler ses pulsions agressives" et que la manchette contenant ce mot avait ensuite été corrigée.
Mardi, M. Fournier a de son côté invité M. Péladeau à s'inspirer du respect des institutions comme l'Assemblée nationale lorsqu'il s'en prend à ses adversaires politiques.
"Je n'ai pas trouvé que c'est quelque chose qui doit être dit comme ça, a-t-il dit. On peut avoir des opinions différentes, mais minimalement on devrait avoir un peu de respect les uns pour les autres. Je souhaiterais que M. Péladeau puisse envisager l'Assemblée nationale comme étant un lieu où des débats importants doivent se faire dans un cadre démocratique, dans le respect des opinions de tout le monde."
Le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, a soutenu qu'avec ses propos, M. Péladeau s'éloigne des qualités qu'un leader doit nécessairement posséder.
"M. Péladeau se comporte comme un impoli et quelqu'un qui manque carrément de respect à l'égard de la fonction qu'il exerce lui-même", a-t-il dit.
Selon M. Moreau, M. Péladeau manque également de respect envers les électeurs qui ont choisi de voter pour d'autres formations politiques que le PQ.
"Les gens ont élu des péquistes en moins grand nombre, heureusement, mais ils ont élu des caquistes et des libéraux, a-t-il dit. Qu'est-ce que vous dites à un électeur qui a voté pour un député libéral ou un caquiste ou quelqu'un d'autre que lui? En réalité, si je comprends bien, il n'y a que lui qui soit bon."
M. Péladeau n'est pas le premier dans les rangs péquistes à faire référence à Elvis Gratton, personnage principal d'un film culte du cinéma québécois.
En 2008, l'ancienne chef Pauline Marois avait fait un parallèle entre le personnage et une des propositions de la commission Bouchard-Taylor, dont le rapport recommandait de remplacer l'expression "Québécois de souche" par "Québécois d'origine canadienne-française".
Cette comparaison avec le personnage, qui se présentait comme un "Canadien américain francophone d'Amérique" et comme "un Américain du nord français francophone canadien-français", avait froissé l'ancien premier ministre péquiste Lucien Bouchard, qui avait pris la défense de son frère Gérard, coprésident de la commission.
M. Péladeau était absent de l'Assemblée nationale, mardi, en raison d'activités de campagne, mais dans les rangs péquistes, les commentaires sont demeurés limités.
Le chef intérimaire Stéphane Bédard a affirmé que le gouvernement libéral actuel est le plus fédéraliste de l'histoire récente.
"Je ne reprendrai pas des termes précis mais je vous dirais que le gouvernement là-dessus est sur une pente descendante", a-t-il dit.
Partisan de M. Péladeau, le député Pascal Bérubé n'a pas fait de commentaires.
"M. Péladeau assume ses paroles, je vais lui laisser le soin de commenter", a-t-il dit.