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vendredi, janvier 27, 2017

Le Chili ravagé par les feux de forêt

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Publié le 26 janvier 2017 à 20h25 | Mis à jour le 27 janvier 2017 à 08h18
Les incendies frappent en particulier des localités rurales... (PHOTO AFP)
Les incendies frappent en particulier des localités rurales où vivent pour l'essentiel des agriculteurs et des éleveurs de bétail.
PHOTO AFP
GIOVANNA FLEITAS
Agence France-Presse
SANTIAGO DU CHILI
Dix morts, des milliers de personnes évacuées, des villages rasés : le Chili est confronté à des feux de forêt qualifiés par la présidente Michelle Bachelet de « pire désastre forestier » de l'histoire du pays.
Les flammes se sont propagées depuis un peu plus d'une semaine dans sept régions du centre et du sud du pays, attisées par des températures très élevées et des vents violents, ravageant près de 290 000 hectares.
Vendredi, le gouvernement chilien a annoncé que cinq personnes, soupçonnées d'être à l'origine de certains feux, avaient été arrêtées. Elles ont été interpellées dans les localités de Chepica et Linares, à quelque 280 km au sud de Santiago dans la région de Maule, l'une des plus touchées par les incendies.
Selon le gouvernement chilien, deux pompiers, deux policiers, trois pompiers forestiers (« brigadistes ») et trois habitants des zones sinistrées ont trouvé la mort.
Dans la région de Maule, plusieurs localités ont pu être secourues à temps. « Heureusement, on a pu évacuer tout le monde et nous n'avons pas de pertes à déplorer, sauf des dégâts matériels », a déclaré Michelle Bachelet dans une conférence de presse.
La présidente a décrété l'état de catastrophe dans les régions de O'Higgins, Maule, Biobio et Araucania.
De nouveaux foyers menacent l'agglomération de Gran Concepcion, une des zones les plus peuplées du centre et du sud du pays, avec plus d'un million d'habitants.
Sur 142 foyers déclarés au niveau national, 51 étaient maîtrisés et 14 ont été éteints, selon le dernier bilan de la Corporation nationale forestière (Conaf), responsable de la gestion des forêts.
Les incendies frappent en particulier des localités rurales où vivent pour l'essentiel des agriculteurs et des éleveurs de bétail.
D'importantes entreprises forestières ont également été touchées, principalement dans la région de Maule, où les flammes ont ravagé 160 000 hectares, constitués pour l'essentiel de pins et d'eucalyptus.
Pertes économiques « considérables »
Les pertes économiques occasionnées par cette catastrophe « sont considérables et incalculables », a déclaré le ministre de l'Agriculture, Carlos Furche, tout comme les conséquences pour la faune et la flore.
Plus de quatre mille personnes, pompiers, enquêteurs, carabiniers, militaires et civils, sont mobilisées pour venir à bout des incendies.
Michelle Bachelet a annoncé qu'une enquête serait ouverte pour déterminer les causes de ces incendies.
Elle a rencontré des représentants d'entreprises qui se sont mis d'accord pour créer une alliance public-privé afin de faire face à cette catastrophe et de reconstruire les zones détruites par le feu.
« La multiplicité des foyers ne nous permet pas d'écarter qu'il y a ici une dimension intentionnelle », a estimé la présidente.
L'aide internationale commence à se mobiliser. Des spécialistes français et des volontaires colombiens sont arrivés jeudi au Chili pour gagner la région de Biobio et lutter contre le feu avec les volontaires déjà sur place, ainsi que de l'aide d'Argentine, du Brésil, d'Espagne, des États-Unis, du Mexique, de Russie ou encore du Pérou.
Un bombardier d'eau d'une capacité de plus de 73 000 litres d'eau et affrété par une fondation privée américaine a commencé jeudi sa deuxième journée de rotations pour combattre les flammes dans les zones les plus touchées.
Les conditions météorologiques restaient extrêmes jeudi dans le centre-sud de ce pays tout en longueur, coincé entre les Andes et le Pacifique.
Des vents violents continuent de souffler et les températures sont élevées, supérieures à 38 degrés, depuis plus de dix jours, autant de facteurs qui favorisent l'avancée des flammes. Il faut ajouter à cela une sécheresse persistante.
Santiago a enregistré mercredi un record historique avec 37,4 degrés.
L'atmosphère de la capitale chilienne, également affectée, s'est dégradée encore en raison du nuage de fumée provoqué par les incendies.