Affaire Paradis: le bureau de Couillard a laissé circuler la mauvaise version

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Publié le 27 janvier 2017 à 11h11 | Mis à jour à 11h11
Le bureau du premier ministre a alors renvoyé... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)
Le bureau du premier ministre a alors renvoyé toutes les questions au cabinet du ministre de l'Agriculture, qui a expliqué que M. Paradis était au repos en raison d'une commotion cérébrale à la suite d'une chute à cheval. Les faits n'ont été corrigés que vendredi matin, à l'effet que l'ex-ministre fait plutôt l'objet d'une enquête policière.
LE SOLEIL, JEAN-MARIE VILLENEUVE
<p>Simon Boivin</p>
SIMON BOIVIN
Le Soleil
(Québec) Le bureau de Philippe Couillard a sciemment laissé circuler une mauvaise version des raisons pour lesquelles Pierre Paradis était relevé de ses fonctions ministérielles.
Mercredi, un communiqué a annoncé que les responsabilités de l'Agriculture devaient être dévolues au ministre Laurent Lessard, sans donner de raison pour le retrait de M. Paradis. Le bureau du premier ministre a alors renvoyé toutes les questions au cabinet du ministre de l'Agriculture, qui a expliqué que M. Paradis était au repos en raison d'une commotion cérébrale à la suite d'une chute à cheval. Même si la chute est bien survenue, elle n'est pas responsable de sa démotion.
«Je veux être bien clair, la raison pour laquelle on lui a demandé de se retirer dans un premier temps du conseil des ministres, ce n'est pas pour cette raison-là, a déclaré Philippe Couillard, vendredi matin. C'est qu'on avait reçu une lettre de la personne qui désire être entendue.» 
Non seulement son bureau a référé les journalistes vers le cabinet de l'Agriculture, mercredi soir, mais jamais il n'a corrigé les faits avant vendredi matin. 
La décision de retirer ses fonctions à Pierre Paradis a donc été prise après la réception d'une lettre, le 24 janvier, signée par une ex-directrice de cabinet de M. Paradis, qui a porté plainte à la police pour des gestes à nature sexuelle. 
Le cabinet du premier ministre a été prévenu le 19 janvier par la Sûreté du Québec qu'un signalement concernant M. Paradis avait été fait. La lettre de la plaignante est parvenue au cabinet de M. Couillard le 24 janvier. Le lendemain, en après-midi, M. Paradis s'est vu retirer ses responsabilités -tout en demeurant ministre- et la version de la chute à cheval a été donnée. Il n'a été exclu du conseil des ministres et du caucus libéral que jeudi le 26 janvier, une fois que la SQ a confirmé au bureau de M. Couillard qu'une enquête allait être menée. 
La péquiste Agnès Maltais a soutenu que des «trous» subsistaient dans les explications du premier ministre et qu'il devait répondre aux questions par souci de transparence.