Justin Trudeau accueilli par des manifestants en Saskatchewan



Publié le 26 janvier 2017 à 21h08 | Mis à jour le 26 janvier 2017 à 21h08
Justin Trudeau a demandé à la poignée de... (PHOTO PC)
Justin Trudeau a demandé à la poignée de manifestants qui le défiaient s'il pouvait continuer de répondre aux questions des gens qui s'étaient déplacés pour le rencontrer.
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La Presse Canadienne
Winnipeg
Le premier ministre Justin Trudeau a été accueilli jeudi par des manifestants à Regina et à Winnipeg, qui lui ont reproché sa gestion des questions autochtones et son appui à des projets d'oléoduc.
En soirée, dans la capitale manitobaine, de petits groupes de manifestants, éparpillés parmi la foule d'environ 1200 personnes venues rencontrer le premier ministre dans le cadre de sa tournée pancanadienne, ont brandi des pancartes et scandé des slogans contre les oléoducs.
Un autre protestataire, assis directement derrière le premier ministre, tenait une pancarte où on pouvait lire: «L'eau est sacrée.»
M. Trudeau a demandé à la poignée de manifestants qui le défiaient s'il pouvait continuer de répondre aux questions des gens qui s'étaient déplacés pour le rencontrer.
«Je sais que vous avez une voix, je viens de l'entendre, leur a-t-il dit. Je vous demande la permission de continuer mon assemblée avec les Canadiens qui sont venus rencontrer leur premier ministre.»
Une grande partie de l'assistance l'a fortement applaudi.
La plupart des questions portaient sur les piètres logements dans les réserves des Premières Nations, les avis d'ébullition de l'eau et le fort pourcentage d'enfants se retrouvant au sein du réseau de la protection de la jeunesse.
M. Trudeau a reconnu que le gouvernement fédéral avait encore beaucoup de travail devant lui.
Deux manifestantes anti-pipeline brandissent des pancartes devant Justin... (THE CANADIAN PRESS) - image 2.0
Deux manifestantes anti-pipeline brandissent des pancartes devant Justin Trudeau, à l'Université de Regina.
THE CANADIAN PRESS
Manifestants à Regina
Plus tôt jeudi, des manifestants avaient aussi accueilli le premier ministre en criant «l'eau c'est la vie!» alors qu'il arrivait à l'Université de Regina pour y rencontrer des étudiants.
M. Trudeau a répondu qu'il était d'accord et a continué à se frayer un passage dans un long couloir rempli d'étudiants qui souhaitaient se faire prendre en photo avec lui.
D'autres manifestants brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire: «Les gens avant les oléoducs.»
Cette visite à l'université mettait un terme au passage de Justin Trudeau en Saskatchewan, où il a participé à une assemblée publique à Saskatoon, mercredi soir, avant de déjeuner avec des cadets à Regina, jeudi matin.
M. Trudeau a été la cible de nombreuses critiques dans cette province en raison de son projet de taxe sur le carbone.
Des entreprises, des agriculteurs et des politiciens ruraux de la Saskatchewan ont envoyé une lettre à M. Trudeau pour lui expliquer que son projet d'imposer une taxe de 10 $ par tonne de carbone à compter de 2018 serait coûteux pour les producteurs et entreprises, tant du point de vue de la compétitivité que des revenus.
«Vous devez parler avec les gens avec lesquels vous êtes en désaccord et qui sont en désaccord avec vous et les écouter, entendre leurs préoccupations», a déclaré M. Trudeau.
«Lorsque j'ai pris une décision au sujet des oléoducs, je suis retourné à Vancouver et plusieurs personnes étaient en désaccord avec moi à ce sujet. J'ai dit: »Écoutez, je sais que vous vous préoccupez des changements climatiques, de la protection de nos océans. Voici ce que nous faisons pour lutter contre les changements climatiques. Voici ce que nous faisons pour les océans. Je sais que vous ne serez pas pour autant d'accord avec moi au sujet des pipelines, mais nous obtenons un équilibre. Nous vous entendons, même si nous ne sommes pas d'accord sur certaines choses.»
M. Trudeau a récemment approuvé deux importants projets : celui de l'oléoduc Trans Mountain de Kinder Morgan dans la région de Vancouver et le prolongement de la Ligne 3 d'Enbridge.