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mercredi, janvier 11, 2017

ESPIONNAGE Trump rencontrera les journalistes au sujet de ses liens avec Moscou

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Un mémo contiendrait des informations sur la vie personnelle et les finances du prochain président

11 janvier 2017 08h14 |Jérôme Cartillier - Agence France-Presse | États-Unis
Le président américain désigné, Donald Trump
Photo: Drew Angerer/ Getty Images / AFP
Le président américain désigné, Donald Trump
Le président américain désigné, Donald Trump
Washington — Au lendemain des adieux de Barack Obama, les projecteurs se braquent vers Donald Trump qui doit répondre mercredi aux questions des journalistes après la publication de documents potentiellement explosifs sur ses liens avec Moscou.

À dix jours de sa prise de fonction à la tête de la première puissance mondiale, l’homme d’affaires de 70 ans tient sa première conférence de presse depuis son élection, il y a deux mois.

Le rendez-vous très attendu est fixé à 11 h dans la Trump Tower, au coeur de Manhattan. C’est dans ce même bâtiment de verre qu’il avait lancé, le 16 juin 2015, sa candidature après une descente d’escalator désormais célèbre.

Plusieurs médias américains ont fait état mardi soir d’un document de 35 pages contenant des informations compromettantes qui accréditent l’hypothèse de liens entre l’entourage de Donald Trump et le pouvoir russe.

Mais le Kremlin a assuré mercredi ne pas avoir de «dossiers compromettants» sur le président élu et qualifié les accusations des chefs du renseignement américain de «falsification totale» destinée à saper les relations avec Washington.

Le document a été rédigé par un ancien agent du renseignement britannique qui est jugé crédible par le renseignement américain.

Ces informations, malgré de nombreuses zones d’ombre, ont provoqué le trouble à Washington, et notamment au Congrès.

Selon CNN, les chefs du renseignement américain ont présenté à M. Trump, ainsi qu’à Barack Obama et plusieurs responsables du Congrès, un résumé de deux pages du document, ce qui souligne l’importance qu’ils accordent à ces informations.

Chasse aux sorcières
 
«Fausses informations — une chasse aux sorcières totale !» a réagi le milliardaire sur Twitter.

De son côté, Moscou a dénoncé «une falsification totale». «La fabrication de tels mensonges est une tentative évidente de faire du tort à nos relations bilatérales» avant l’investiture de Donald Trump, favorable à un rapprochement avec Moscou, a assuré le porte-parole du Kremlin Dimitri Peskov.

Les notes détaillent notamment des informations sur des échanges de renseignements supposés pendant plusieurs années entre Donald Trump, ses proches et le Kremlin, dans les deux directions.

Elles contiennent des informations présentées comme compromettantes sur Donald Trump, comme l’existence alléguée d’une vidéo à caractère sexuel impliquant des prostituées, filmée clandestinement lors d’une visite à Moscou en 2013 par les services russes dans le but d’en faire un moyen de chantage.

Les 35 pages ont été publiées mardi par le site d’information BuzzFeed, qui a cependant précisé qu’il n’était pas en mesure de les authentifier. Leur contenu n’a pas non plus été certifié par des sources officielles.

En plein bras de fer avec les services de renseignement au sujet du piratage informatique présumé par Moscou de la présidentielle américaine, M. Trump a martelé ce week-end que «seuls les imbéciles» pouvaient penser qu’avoir «une bonne relation avec la Russie était […] une mauvaise chose».

Selon un sondage Quinnipiac University publié mardi, 51 % des électeurs désapprouvent (contre 31 % qui approuvent) la façon dont il remplit son rôle de président élu. Et une majorité d’entre eux jugent qu’il devrait mettre fin à ses tweets.

Grand oral de Rex Tillerson
 
Le président élu, qui n’a pas participé à une véritable conférence de presse depuis fin juillet, devait initialement se plier à l’exercice le 15 décembre pour s’exprimer sur le devenir de son empire immobilier mais avait annulé le rendez-vous.

«Même si la loi ne m’y oblige pas, je vais abandonner mes affaires avant le 20 janvier pour pouvoir me concentrer sur la présidence», avait-il alors tweeté.

Question centrale : comment le magnat de l’immobilier tracera-t-il une ligne étanche entre ses affaires et sa présidence tant sa famille a été étroitement associée à sa campagne et à la transition ?

Son groupe, Trump Organization, est une nébuleuse non cotée en Bourse, avec des activités dans 20 pays, de l’Écosse à Dubaï via les Philippines, de l’hôtellerie au mannequinat en passant par les clubs de golf et les gratte-ciel résidentiels.

La société ne publie aucun chiffre, et faute de déclarations d’impôts que le milliardaire a toujours refusé de publier, impossible de se faire une idée précise.

Le flou est tel que l’évaluation même de la fortune de M. Trump est controversée : lui-même dit 10 milliards, Forbes 3,7.

L’orientation de sa politique étrangère, sur laquelle il entretient un très grand flou, devrait être largement débattue avant même sa conférence de presse, dès mercredi matin au Sénat.

L’ancien patron d’ExxonMobil Rex Tillerson, désigné par Donald Trump pour prendre la tête du département d’État, passera en effet son grand oral devant la puissante commission des Affaires étrangères.

Rex Tillerson, dont les liens avec la Russie suscitent des grincements de dent au Capitole, devra convaincre qu’il peut passer des sommets de l’industrie pétrolière à la tête du premier réseau diplomatique de la planète.


samedi, janvier 07, 2017

INGÉRENCE RUSSE AUX ÉTATS-UNIS Une attaque sérieuse

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6 janvier 2017 |Brian Myles | États-Unis | Éditoriaux

Le renseignement américain maintient ses accusations : la Russie s’est ingérée dans l’élection présidentielle. Une accusation grave, qui contraste avec la désolante légèreté de Donald Trump.

C'est encore la faute aux « médias malhonnêtes ». Ceux-ci auraient exagéré en affirmant que le président désigné, Donald Trump, défiait les services de renseignement. En réalité, il en est « un gros fan », gazouille le principal intéressé.

Ainsi va la politique américaine au temps de Donald Trump. Il passe du déni au cabotinage, de l’attaque à la complainte, du mépris à l’indifférence à l’égard des institutions publiques qu’il est censé servir.

Jeudi matin, lors d’une audition devant un comité du Sénat américain, James Clapper, directeur du renseignement, et l’amiral Michael Rogers, directeur de la puissante Agence de sécurité nationale (NSA), ont réitéré leur profonde conviction que « seuls les plus hauts responsables russes » ont pu autoriser le piratage du Parti démocrate durant la course à la présidentielle.

L’affaire est encore plus préoccupante qu’elle ne le semblait à première vue, et elle devrait alerter toutes les démocraties occidentales. La Russie de Vladimir Poutine aurait mené une campagne « aux multiples facettes » pour interférer dans l’élection présidentielle, en disséminant également dans les médias numériques de la propagande, de la désinformation et de fausses nouvelles (quoi d’autre !).

Ces tactiques seraient utilisées également en Europe et en Eurasie afin de « saper la confiance du public dans l’information, les services et les institutions », a dit M. Clapper.

Les preuves sont attendues d’une journée à l’autre. Sans doute pour convaincre leur détracteur public numéro un, Donald Trump lui-même, les responsables du renseignement ont l’intention de publier un rapport aussi détaillé que possible.

Il serait réducteur d’attribuer la montée du populisme et le ressentiment de peuples entiers à l’égard des élites à la seule influence obscure de la Russie. Le ras-le-bol des électeurs américains, le Brexit et la montée des Marine Le Pen de ce monde ne sont quand même pas tous des élucubrations du Kremlin.

Quoi qu’il en soit, les déclarations de MM. Clapper et Rogers amènent une preuve supplémentaire que le régime Poutine est passé maître dans l’art de la cyberguerre et la déstabilisation des régimes démocratiques.

D’ailleurs, les élus démocrates et républicains n’ont pas offert de résistance. À quelques exceptions près, ils ont rapidement compris que l’attaque contre le site du Parti démocrate ne relevait pas du simple fait divers. Il s’agit bien d’une interférence sans précédent d’une puissance étrangère dans l’élection présidentielle américaine. Le républicain John McCain a même demandé s’il ne s’agissait pas d’un « acte de guerre ».

Donald Trump n’a pas encore réagi à cette sortie commune des deux plus importants chefs du renseignement. Ses déclarations antérieures oscillaient entre le déni et la médisance. Sous le couvert d’une saine critique des institutions, il s’est lancé dans un travail de sape de ses propres services de renseignement qui servira davantage les intérêts de Moscou que ceux de Washington.

Les dénégations de M. Trump seraient plus plausibles s’il s’appuyait ne serait-ce que sur un iota de preuve. Au contraire, il se contente de croire sur parole Julian Assange, fondateur de WikiLeaks et responsable de la diffusion des courriels du Parti démocrate. M. Assange affirme que ses informations ne lui venaient pas de la Russie ou d’une agence étatique. Or, WikiLeaks est une organisation réputée pour ne pas enquêter à fond sur la provenance de son matériel.

Les deux hommes font de curieux alliés. Pour les républicains purs et durs, Julian Assange est un traître à la nation qu’il faudrait extrader et traduire en justice pour atteinte à la sécurité nationale. Alors qu’il se terre toujours à l’ambassade de l’Équateur à Londres, le lanceur d’alerte a besoin de s’affranchir de cette réputation de marionnette du Kremlin qui lui colle maintenant à la peau. Quant à Donald Trump, il perdra de sa superbe s’il s’avère que la Russie l’a aidé à triompher d’Hillary Clinton.

Le président américain ne sera plus « l’homme le plus puissant du monde » s’il est inféodé à une puissance étrangère. De nombreux signes avant-coureurs montrent qu’il n’a pas l’étoffe d’un président. À commencer par son incapacité à défendre les institutions démocratiques aussi vilement attaquées.

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vendredi, novembre 11, 2016

ÉTATS-UNIS Deuxième nuit de manifestations contre l'élection de Trump

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Des opposés à la présidence de Trump ont défilé même dans les rues de Vancouver

11 novembre 2016 09h47 | Associated Press à Washington
Des rassemblements ont notamment été signalés à New York, Chicago, Denver (notre photo) ou Dallas.
Photo: Jason Connolly Agence France-Presse
Des rassemblements ont notamment été signalés à New York, Chicago, Denver (notre photo) ou Dallas.
Portland — Des manifestants opposés à l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis sont sortis exprimer leur colère pour une deuxième nuit consécutive, jeudi, défilant même dans les rues de Vancouver, en Colombie-Britannique.
 
Des centaines de personnes ont ainsi marché dans les rues de la métropole canadienne, en agitant le poing et en scandant « Love trumps hate » (« l’amour est plus fort que la haine », avec un jeu de mots sur le nom du candidat). D’autres manifestants s’étaient munis d’écriteaux sur lesquels on pouvait notamment lire « Construisez la gentillesse, pas des murs » et « Fier partisan de l’amour ».
 
Un New-Yorkais qui avait choisi de visiter Vancouver pour échapper à la folie de la soirée électorale aux États-Unis a dit ne pas être surpris de voir des gens manifester contre M. Trump aussi loin puisque, selon lui, « la communauté internationale a toutes les raisons du monde de se méfier de lui ».
 
Steve Cucuzza a dit qu’il est « très préoccupant » que M. Trump ait accès à l’arsenal nucléaire américain, d’autant plus que le prochain président « a tendance à se fâcher quand tout ne va pas comme il le souhaite », a-t-il ajouté.
 
À Portland, dans l’Oregon, des milliers de personnes sont descendues dans les rues pour dénoncer l’élection de M. Trump. La police a évoqué une « émeute » et commencé à arrêter des participants quand certains manifestants ont fracassé des vitrines et mis le feu à un conteneur de déchets.
 
Des centaines d’autres manifestants se sont fait entendre ailleurs au pays, que ce soit en Californie, à New York ou à Chicago, aussi bien dans des États qui ont voté pour M. Trump que dans des États qui se sont ralliés à sa rivale démocrate Hillary Clinton.
 
À Denver, des manifestants ont réussi à brièvement paralyser l’autoroute 25 qui mène au centre-ville, jeudi soir. L’artère a été rouverte vers 22 h 30, heure locale. Des scènes similaires se sont déroulées à Minneapolis et à Los Angeles.
 
Au centre-ville de San Francisco, de jeunes étudiants ont scandé « pas mon président ». Ils ont agité des écriteaux qui réclamaient le départ du nouveau président ou encore des bannières arc-en-ciel ou des drapeaux mexicains. Ils ont été applaudis par des badauds dans cette ville lourdement démocrate.
 
À New York, les manifestants se sont de nouveau massés devant Trump Tower, sur la 5e Avenue, à Manhattan. Ils ont scandé des slogans et agité des pancartes anti-Trump.
 
Des manifestations ont aussi eu lieu à Philadelphie, à Louisville, à Baltimore et à Oakland, où des échauffourées ont éclaté entre policiers et manifestants.
 
Les partisans de M. Trump accusent les manifestants d’être « de mauvais perdants » qui ne respectent pas la démocratie. M. Trump a remporté la victoire au collège électoral, mais en date de jeudi soir, Mme Clinton récoltait 47,7 pour cent du vote populaire, contre 47,5 pour cent pour son rival.

mardi, novembre 08, 2016

COP22 Le climat de la planète suspendu à la présidentielle?

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8 novembre 2016 |Alexandre Shields | Actualités sur l'environnement
Les négociateurs réunis au Maroc pour la COP22 ne cachaient pas leur nervosité lundi, dans l’attente du verdict des électeurs américains mardi.
Photo: Fadel Senna Agence France-Presse

Les négociateurs réunis au Maroc pour la COP22 ne cachaient pas leur nervosité lundi, dans l’attente du verdict des électeurs américains mardi.
L’élection présidentielle américaine s’est invitée lundi à l’ouverture de la 22e conférence climatique de l’ONU. Et pour cause. Les États-Unis, deuxième pays émetteur de gaz à effet de serre de la planète, pourraient élire mardi un président ouvertement climatosceptique en la personne de Donald Trump. Mais son adversaire démocrate Hillary Clinton, nettement plus sensible aux enjeux environnementaux, n’en défend pas moins l’exploitation de ressources très controversées, comme le gaz de schiste.
 
Alors que la communauté internationale tentera au cours des prochains jours de s’entendre sur des éléments cruciaux pour la mise en oeuvre de l’accord de Paris sur le climat, les négociateurs réunis au Maroc pour la COP22 ne cachaient pas leur nervosité lundi, dans l’attente du verdict des électeurs américains mardi.
 
Une victoire de Trump « serait un choc », a résumé la négociatrice française, Laurence Tubiana, traduisant le sentiment partagé par plusieurs des représentants des 195 États signataires de l’accord de Paris. « Je pense qu’un dirigeant sage devrait prendre des positions conformes aux grandes tendances du monde », a prévenu pour sa part le négociateur chinois, Xie Zhenhua, cité par l’Agence France-Presse, dans une sortie publique pour le moins inhabituelle à propos d’une élection dans un pays étranger.
 
Plus diplomatique, la responsable du dossier climatique à l’ONU, Patricia Espinosa, a souligné que les États-Unis « sont l’un de nos partenaires les plus importants, leur participation à cet accord est donc cruciale »« Nous espérons que nous pourrons avoir une relation très constructive et positive » avec le futur occupant de la Maison-Blanche.
 
Exit Paris
 
En cas de victoire du républicain Donald Trump, rien n’est moins sûr. Ce dernier a multiplié les déclarations dans lesquelles il remettait en question l’existence même des changements climatiques. « Ça a toujours été comme ça, le temps change, il y a des tempêtes, de la pluie, et des belles journées », a notamment fait valoir M. Trump.
 
« Nous annulerons l’accord de Paris sur le climat, et cesserons tous les paiements d’argent public américain aux programmes de l’ONU sur le réchauffement climatique », a-t-il aussi, et surtout, laissé tomber en mai dernier. Dans un pays où près de 20 % de la population est climatosceptique, une telle affirmation a eu un certain écho.
 
Difficile de savoir s’il mettrait sa menace à exécution. Mais chose certaine, les pays qui ont ratifié l’entente, ce qui est le cas des États-Unis, peuvent s’en retirer « à tout moment après un délai de trois ans à partir de l’entrée en vigueur de l’Accord », précise le texte adopté à Paris en 2015. C’est d’ailleurs ce que le Canada de Stephen Harper a fait pour le protocole de Kyoto.
 
Au-delà de ce coup de gueule, Donald Trump a plaidé en faveur du recours au charbon pour la production d’électricité tout en critiquant ouvertement les mesures prises par des démocrates pour contrôler les émissions des centrales thermiques. Le candidat républicain a également offert un appui indéfectible au projet de pipeline Keystone XL, à l’exploration pétrolière en milieu marin et à l’exploitation du gaz de schiste en sol américain.
 
Gaz de schiste
 
Sur cette question du gaz de schiste et du procédé de fracturation hydraulique, la candidate démocrate Hillary Clinton a elle aussi défendu cette industrie, y voyant un « pont » vers une économie à plus faibles émissions de carbone. Elle a aussi plaidé en faveur de la production énergétique en sol américain, dont celle du pétrole et du gaz, au nom d’une plus grande « indépendance » par rapport aux importations. Un discours que tient lui aussi le candidat républicain.
 
La candidate démocrate propose aussi des mesures environnementales dans la continuité de celles mises en place par le président sortant Barack Obama. Elle estime ainsi que le gouvernement américain doit être « ambitieux » en matière de lutte contre les changements climatiques. Elle a aussi pris position contre le projet de pipeline Keystone XL, qui servirait à importer du pétrole des sables bitumineux en sol américain.
 
Hillary Clinton pourrait par ailleurs ouvrir un nouveau front de collaboration avec le Canada, cette fois dans le domaine environnemental. Elle a fait valoir il y a quelques mois qu’elle souhaiterait mettre en place un Pacte nord-américain sur le climat, c’est-à-dire un plan coordonné de lutte contre les changements climatiques impliquant les États-Unis, le Canada et le Mexique.

MÉCANIQUE Mode d’emploi pour le jour J

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La votation aux États-Unis est un processus complexe

8 novembre 2016 |Marie-Michèle Sioui
Environ 40 % des électeurs américains ont voté, par la poste ou en personne, avant l’élection du 8 novembre.
Photo: Joshua Lott Agence France-Presse
Environ 40 % des électeurs américains ont voté, par la poste ou en personne, avant l’élection du 8 novembre.
Le président
 
Aux États-Unis, le président a un mandat de quatre ans. Pour être éligible, il doit être né aux États-Unis ou être né à l’extérieur des États-Unis de parents citoyens américains. Il doit aussi avoir au moins 35 ans et avoir résidé aux États-Unis pendant au moins 14 ans.
 
Puis, l’aspirant candidat doit être nommé à la présidence par son parti, recueillir l’appui du plus grand nombre de délégués pendant les primaires et les caucus, qui se tiennent dans chacun des 50 États, et être investi candidat à la convention de son parti.
 
Le jour du vote — toujours le mardi suivant le premier lundi de novembre —, le candidat et son colistier, qui forment un « ticket », doivent être choisis par les votants. Dans l’urne, les votants choisissent leur ticket. Mais leurs votes individuels ne déterminent pas directement le résultat de l’élection. En fait, le parti du ticket ayant recueilli le plus de votes est le parti qui enverra ses « grands électeurs » soutenir son candidat à la présidence. Et pour gagner, un candidat doit avoir reçu l’appui du plus grand nombre de grands électeurs.
 
Grands électeurs
 
Les grands électeurs sont ceux qui votent pour le candidat et le colistier qui ont remporté le vote populaire, dans l’urne. Chaque État a des grands électeurs, qui se sont engagés à soutenir un candidat ou un autre, dans un processus appelé le collège électoral. Le nombre de grands électeurs est choisi en fonction de la taille de sa population (il correspond au nombre de représentants et de sénateurs dans l’État). Le parti du ticket qui remporte le vote populaire est le parti qui envoie ses grands électeurs voter pour le président. Dans tous les États, sauf le Maine et le Nebraska, remporter le ticket équivaut à remporter l’ensemble des grands électeurs.
 
Il y a 538 grands électeurs aux États-Unis. Quand un candidat reçoit l’appui de la majorité (270) de ces grands électeurs, il devient le président désigné. Officiellement, le président désigné est choisi entre la mi-novembre et la mi-décembre, car c’est dans cette période que les grands électeurs votent. Le président désigné devient enfin président le 20 janvier, jour de l’inauguration officielle.
 
En 2016, les États possédant le plus de grands électeurs sont la Californie (55), le Texas (38), New York (29), la Floride (29), l’Illinois (20) et la Pennsylvanie (20).
 
Le Congrès
 
Par ailleurs, les citoyens votent pour aussi pour les membres du Congrès. Le Congrès est séparé en deux : la Chambre des représentants et le Sénat.
 
Les élus de la Chambre des représentants ont des mandats de deux ans. Chaque État est séparé en districts. Les électeurs de chaque district choisissent un représentant. Le nombre de districts, et donc de représentants, varie selon la taille de la population de cet État (la Californie a 53 districts, donc 53 représentants ; l’Alaska a un district, donc un seul représentant). Le candidat qui reçoit le plus de votes est élu représentant, et le parti qui a le plus de représentants a le contrôle de la Chambre des représentants.
 
En ce qui concerne le Sénat, ses élus ont des mandats de six ans, mais ne sont pas élus au même moment : tous les deux ans, le tiers des sénateurs sont soumis à une élection. Chaque État a deux sénateurs, peu importe la taille de sa population. Le candidat qui reçoit le plus de votes est élu représentant
 
Vote par anticipation
 
Environ 40 % des électeurs américains ont voté, par la poste ou en personne, avant l’élection du 8 novembre. Leurs votes ne seront cependant pas comptés avant le soir de l’élection. Si un parti prétend être en avance dans les votes par anticipation, c’est donc surtout parce qu’il sait que certains de ses partisans ont voté et qu’il espère avoir obtenu leur faveur. C’est difficile, sinon impossible, de savoir pour qui ont voté les électeurs qui ne sont pas affiliés à un parti.
 
La grande majorité des États américains autorisent désormais le vote par anticipation, dans une période allant de quatre à cinquante jours avant l’élection.
 
Jusqu’ici, environ 22 millions d’Américains se sont prononcés. Voici quelques tendances observées par le New York Times : les plus grandes hausses de participation par rapport à 2012 ont été observées au Texas, en Californie et en Géorgie. Les électeurs hispaniques ont été plus nombreux à voter par anticipation qu’en 2012, dans tous les États où les données sont disponibles. Les électeurs noirs, eux, ont été moins nombreux à voter par anticipation qu’en 2012. Et dans tous les États où des données sont disponibles, sauf au Colorado, la participation des jeunes au vote par anticipation a diminué.
 
Électeurs inscrits
 
Selon le site TargetSmart, cité par Politico, il y aurait près de 200 millions d’Américains inscrits pour voter (200 081 377 personnes exactement). En 2012, il y en avait 184 960 728. En 2008, 146 300 000.

vendredi, novembre 04, 2016

Présidentielle américaine: Barack et Melania à la rescousse

http://quebec.huffingtonpost.ca/


Publication: Mis à jour: 
Melania pour une touche de sensibilité, Barack Obama pour une dose d'enthousiasme: Donald Trump et Hillary Clinton ont joué des cartes opposées jeudi à cinq jours de l'élection présidentielle américaine, soucieux de convaincre les derniers indécis, tandis que les sondages continuent de se resserrer.
Pour des démocrates inquiets, même si Mme Clinton reste favorite pour l'emporter, le président Barack Obama est allé jouer de tout son charisme en Floride, l'Etat-clé qui pourrait décider du résultat de l'élection mardi. Le républicain Donald Trump et son adversaire démocrate y sont au coude à coude.
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"Il y a des moments où le cours de l'histoire peut changer. (...) Celui-ci en est un", a insisté le président à Miami.
"Tous les progrès que nous avons faits partiront par la fenêtre si nous ne gagnons pas cette élection", a-t-il ajouté lors d'une deuxième étape à Jacksonville. "C'est quelqu'un qui endommagerait notre démocratie", a-t-il insisté à propos de Donald Trump, auquel il a opposé l'expérience et l'intelligence d'Hillary Clinton.
Le milliardaire, porté par les sondages dans lesquels il réduit l'écart au niveau national et dans certains Etats-clés comme le Colorado, le New Hampshire et la Pennsylvanie, a décrit Mme Clinton comme "la candidate d'hier", enchaînant trois meetings en Caroline du Nord, où faisait aussi campagne son adversaire.
Melania en solo
Mais sa femme Melania lui a volé la vedette, avec son premier discours de campagne en solo, à Berwyn en Pennsylvanie.
Vêtue d'une sage robe rose, visiblement intimidée, elle s'est faite l'avocate des "valeurs américaines, gentillesse, honnêteté, respect, compassion, générosité". Et cherché à adoucir l'image de son mari qu'elle a décrit comme profondément soucieux de son pays.
"Nous devons trouver une meilleure façon de nous parler, d'être en désaccord, de nous respecter", a insisté Melania Trump, dans un contraste saisissant avec les diatribes souvent insultantes du candidat républicain.
La journée s'est finie pour les deux candidats en Caroline du Nord, autre Etat-clé où ils sont désormais au coude à coude.
Leurs deux avions étaient posés à proximité sur le tarmac de l'aéroport de Raleigh, où se sont croisés leurs cortèges automobile.
Ils ont tenu un meeting à la même heure, à 50 km de distance.
Le chanteur de hip-hop Pharell Williams est monté sur scène avec Mme Clinton et son ancien rival Bernie Sanders, dans un nouvel effort pour attirer les jeunes et les Noirs, dont la mobilisation inquiète le camp Clinton.
"Je suis remontée à bloc pour ces cinq derniers jours", a déclaré l'ancienne Première dame, la voix enrouée par l'enchaînement des meetings.
Barack et Michelle Obama, le vice-président Joe Biden, Bill Clinton, le colistier Tim Kaine, tous les poids lourds démocrates ont été mobilisés.
Lundi soir, pour son dernier meeting, Mme Clinton sera rejointe par son mari Bill, leur fille Chelsea, Barack et Michelle Obama à Philadelphie.
La moyenne des sondages nationaux ne donne plus que deux point d'avance à Mme Clinton, 69 ans, ancienne secrétaire d'Etat hyper expérimentée et soutenue par tout son parti. Elle est à 45% des intentions de vote, contre 43% pour le milliardaire populiste, néophyte en politique, fâché avec son parti et qui depuis 16 mois a déjoué tous les pronostics.
Trump discipliné
Donald Trump joue la prudence disciplinée dans cette dernière ligne droite. Pas de déclarations fracassantes, de tweet rageur ou de dérapages incontrôlés. Il a même tombé la cravate.
"Gentil et calme. N'est-ce-pas ? Reste concentré, Donald, reste concentré. Pas de digressions Donald, pas d'excès", s'est-il même dit à voix haute mercredi lors d'un meeting.
Fébrile à l'idée d'une présidence Trump, Wall Street a encore terminé en baisse jeudi.
"La perspective de cette élection donne la frousse aux investisseurs", a résumé Jack Ablin de BMO Private Bank.
Même si les sondages se resserrent, le New York Times et le site FiveThirtyEight accordent encore respectivement 86% et 67% de chances de victoire à Hillary Clinton.
En 2012 à la même époque, Barack Obama, et son adversaire Mitt Romney étaient au coude à coude dans les sondages. Le président démocrate l'avait finalement largement emporté avec 4 points d'avance.
La campagne 2016 été rude, largement faite d'insultes et d'accusations mutuelles, à un niveau jamais-vu. Les Américains en attendent la fin avec impatience. L'immense majorité a déjà décidé pour qui voter et les derniers rebondissements, notamment celui d'une ramification nouvelle à l'enquête sur les emails d'Hillary Clinton ne les feront pas changer d'avis.
Vendredi, Hillary Clinton retourne dans l'Ohio et Donald Trump en Pennsylvanie.