Présidentielle américaine: Barack et Melania à la rescousse

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Melania pour une touche de sensibilité, Barack Obama pour une dose d'enthousiasme: Donald Trump et Hillary Clinton ont joué des cartes opposées jeudi à cinq jours de l'élection présidentielle américaine, soucieux de convaincre les derniers indécis, tandis que les sondages continuent de se resserrer.
Pour des démocrates inquiets, même si Mme Clinton reste favorite pour l'emporter, le président Barack Obama est allé jouer de tout son charisme en Floride, l'Etat-clé qui pourrait décider du résultat de l'élection mardi. Le républicain Donald Trump et son adversaire démocrate y sont au coude à coude.
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"Il y a des moments où le cours de l'histoire peut changer. (...) Celui-ci en est un", a insisté le président à Miami.
"Tous les progrès que nous avons faits partiront par la fenêtre si nous ne gagnons pas cette élection", a-t-il ajouté lors d'une deuxième étape à Jacksonville. "C'est quelqu'un qui endommagerait notre démocratie", a-t-il insisté à propos de Donald Trump, auquel il a opposé l'expérience et l'intelligence d'Hillary Clinton.
Le milliardaire, porté par les sondages dans lesquels il réduit l'écart au niveau national et dans certains Etats-clés comme le Colorado, le New Hampshire et la Pennsylvanie, a décrit Mme Clinton comme "la candidate d'hier", enchaînant trois meetings en Caroline du Nord, où faisait aussi campagne son adversaire.
Melania en solo
Mais sa femme Melania lui a volé la vedette, avec son premier discours de campagne en solo, à Berwyn en Pennsylvanie.
Vêtue d'une sage robe rose, visiblement intimidée, elle s'est faite l'avocate des "valeurs américaines, gentillesse, honnêteté, respect, compassion, générosité". Et cherché à adoucir l'image de son mari qu'elle a décrit comme profondément soucieux de son pays.
"Nous devons trouver une meilleure façon de nous parler, d'être en désaccord, de nous respecter", a insisté Melania Trump, dans un contraste saisissant avec les diatribes souvent insultantes du candidat républicain.
La journée s'est finie pour les deux candidats en Caroline du Nord, autre Etat-clé où ils sont désormais au coude à coude.
Leurs deux avions étaient posés à proximité sur le tarmac de l'aéroport de Raleigh, où se sont croisés leurs cortèges automobile.
Ils ont tenu un meeting à la même heure, à 50 km de distance.
Le chanteur de hip-hop Pharell Williams est monté sur scène avec Mme Clinton et son ancien rival Bernie Sanders, dans un nouvel effort pour attirer les jeunes et les Noirs, dont la mobilisation inquiète le camp Clinton.
"Je suis remontée à bloc pour ces cinq derniers jours", a déclaré l'ancienne Première dame, la voix enrouée par l'enchaînement des meetings.
Barack et Michelle Obama, le vice-président Joe Biden, Bill Clinton, le colistier Tim Kaine, tous les poids lourds démocrates ont été mobilisés.
Lundi soir, pour son dernier meeting, Mme Clinton sera rejointe par son mari Bill, leur fille Chelsea, Barack et Michelle Obama à Philadelphie.
La moyenne des sondages nationaux ne donne plus que deux point d'avance à Mme Clinton, 69 ans, ancienne secrétaire d'Etat hyper expérimentée et soutenue par tout son parti. Elle est à 45% des intentions de vote, contre 43% pour le milliardaire populiste, néophyte en politique, fâché avec son parti et qui depuis 16 mois a déjoué tous les pronostics.
Trump discipliné
Donald Trump joue la prudence disciplinée dans cette dernière ligne droite. Pas de déclarations fracassantes, de tweet rageur ou de dérapages incontrôlés. Il a même tombé la cravate.
"Gentil et calme. N'est-ce-pas ? Reste concentré, Donald, reste concentré. Pas de digressions Donald, pas d'excès", s'est-il même dit à voix haute mercredi lors d'un meeting.
Fébrile à l'idée d'une présidence Trump, Wall Street a encore terminé en baisse jeudi.
"La perspective de cette élection donne la frousse aux investisseurs", a résumé Jack Ablin de BMO Private Bank.
Même si les sondages se resserrent, le New York Times et le site FiveThirtyEight accordent encore respectivement 86% et 67% de chances de victoire à Hillary Clinton.
En 2012 à la même époque, Barack Obama, et son adversaire Mitt Romney étaient au coude à coude dans les sondages. Le président démocrate l'avait finalement largement emporté avec 4 points d'avance.
La campagne 2016 été rude, largement faite d'insultes et d'accusations mutuelles, à un niveau jamais-vu. Les Américains en attendent la fin avec impatience. L'immense majorité a déjà décidé pour qui voter et les derniers rebondissements, notamment celui d'une ramification nouvelle à l'enquête sur les emails d'Hillary Clinton ne les feront pas changer d'avis.
Vendredi, Hillary Clinton retourne dans l'Ohio et Donald Trump en Pennsylvanie.