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vendredi, novembre 11, 2016

ÉTATS-UNIS Deuxième nuit de manifestations contre l'élection de Trump

http://www.ledevoir.com/international/etats-unis/

Des opposés à la présidence de Trump ont défilé même dans les rues de Vancouver

11 novembre 2016 09h47 | Associated Press à Washington
Des rassemblements ont notamment été signalés à New York, Chicago, Denver (notre photo) ou Dallas.
Photo: Jason Connolly Agence France-Presse
Des rassemblements ont notamment été signalés à New York, Chicago, Denver (notre photo) ou Dallas.
Portland — Des manifestants opposés à l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis sont sortis exprimer leur colère pour une deuxième nuit consécutive, jeudi, défilant même dans les rues de Vancouver, en Colombie-Britannique.
 
Des centaines de personnes ont ainsi marché dans les rues de la métropole canadienne, en agitant le poing et en scandant « Love trumps hate » (« l’amour est plus fort que la haine », avec un jeu de mots sur le nom du candidat). D’autres manifestants s’étaient munis d’écriteaux sur lesquels on pouvait notamment lire « Construisez la gentillesse, pas des murs » et « Fier partisan de l’amour ».
 
Un New-Yorkais qui avait choisi de visiter Vancouver pour échapper à la folie de la soirée électorale aux États-Unis a dit ne pas être surpris de voir des gens manifester contre M. Trump aussi loin puisque, selon lui, « la communauté internationale a toutes les raisons du monde de se méfier de lui ».
 
Steve Cucuzza a dit qu’il est « très préoccupant » que M. Trump ait accès à l’arsenal nucléaire américain, d’autant plus que le prochain président « a tendance à se fâcher quand tout ne va pas comme il le souhaite », a-t-il ajouté.
 
À Portland, dans l’Oregon, des milliers de personnes sont descendues dans les rues pour dénoncer l’élection de M. Trump. La police a évoqué une « émeute » et commencé à arrêter des participants quand certains manifestants ont fracassé des vitrines et mis le feu à un conteneur de déchets.
 
Des centaines d’autres manifestants se sont fait entendre ailleurs au pays, que ce soit en Californie, à New York ou à Chicago, aussi bien dans des États qui ont voté pour M. Trump que dans des États qui se sont ralliés à sa rivale démocrate Hillary Clinton.
 
À Denver, des manifestants ont réussi à brièvement paralyser l’autoroute 25 qui mène au centre-ville, jeudi soir. L’artère a été rouverte vers 22 h 30, heure locale. Des scènes similaires se sont déroulées à Minneapolis et à Los Angeles.
 
Au centre-ville de San Francisco, de jeunes étudiants ont scandé « pas mon président ». Ils ont agité des écriteaux qui réclamaient le départ du nouveau président ou encore des bannières arc-en-ciel ou des drapeaux mexicains. Ils ont été applaudis par des badauds dans cette ville lourdement démocrate.
 
À New York, les manifestants se sont de nouveau massés devant Trump Tower, sur la 5e Avenue, à Manhattan. Ils ont scandé des slogans et agité des pancartes anti-Trump.
 
Des manifestations ont aussi eu lieu à Philadelphie, à Louisville, à Baltimore et à Oakland, où des échauffourées ont éclaté entre policiers et manifestants.
 
Les partisans de M. Trump accusent les manifestants d’être « de mauvais perdants » qui ne respectent pas la démocratie. M. Trump a remporté la victoire au collège électoral, mais en date de jeudi soir, Mme Clinton récoltait 47,7 pour cent du vote populaire, contre 47,5 pour cent pour son rival.

vendredi, juillet 08, 2016

Terreur à Dallas: cinq policiers tués, six autres blessés

http://www.lapresse.ca/international/etats-unis/

Publié le 07 juillet 2016 à 22h31 | Mis à jour le 08 juillet 2016 à 07h06
Cinq policiers ont été tués dans la fusillade... (PHOTO DALLAS MORNING NEWS)
PHOTO DALLAS MORNING NEWS
Cinq policiers ont été tués dans la fusillade qui s'est produite jeudi soir à Dallas au Texas.

LAURA BUCKMAN
Agence France-Presse
DALLAS
Des tireurs ont abattu cinq policiers et blessé six autres dans une attaque coordonnée jeudi soir à Dallas, lors d'une manifestation en hommage à deux Afro-Américains tués par la police ailleurs aux États-Unis.
Des secouristes donnent les premiers soins à une... (PHOTO TONY GUTIERREZ, AP) - image 1.0
Des secouristes donnent les premiers soins à une personne blessée.
PHOTO TONY GUTIERREZ, AP
Un chien renifleur a effectué des recherches pour... (PHOTO LM OTERO, AP) - image 1.1
Un chien renifleur a effectué des recherches pour retrouver des explosifs à la suite de la fusillade.
PHOTO LM OTERO, AP
S'exprimant à Varsovie, le président Barack Obama a dénoncé « des attaques haineuses, calculées et méprisables », pour lesquelles il n'existe « pas de justification ».
Le centre de Dallas s'est retrouvé plongé dans le chaos et demeurait vendredi un théâtre criminel livré aux démineurs, experts légistes et balistiques.
« Il y avait des Noirs, des Blancs, des latinos, tout le monde. Et il y a eu [les coups de feu] sortis de nulle part », a relaté un témoin. « C'était le chaos total, c'est complètement fou ».
L'un des suspects, qui s'était retranché dans un bâtiment de cette ville du sud des États-Unis, est mort au terme d'un face-à-face avec des unités d'élite.
Il avait auparavant affirmé que des bombes avaient été posées « partout » dans le centre-ville. Trois autres suspects ont été placés en garde à vue.
Les tireurs ont ouvert le feu subitement, vers la fin de la manifestation. Ils visaient très clairement les policiers et ont également blessé un civil, selon les autorités.
Ce bilan de 11 victimes dont cinq morts est le pire enregistré par les forces de l'ordre aux États-Unis depuis le 11 septembre 2001.
Les médias américains ont diffusé une vidéo montrant un homme présenté comme l'un des tireurs, habillé d'un pantalon clair et tenant un fusil d'assaut.
On le voit épauler et faire feu sur des cibles non identifiées.
Chaos total
« C'est lui, là, à côté de la colonne blanche, regardez, il tire vers la gauche, tire vers la droite, tire de l'autre côté, on voit qu'il vise quelqu'un », commente un témoin, Ismael DeJesus, qui filmait à partir d'un hôtel proche.
« Ensuite il s'est retourné, pour vérifier que personne n'arrivait derrière lui, mais il y avait un policier qui arrivait et qui a essayé de l'avoir, mais ça s'est mal terminé. C'était une exécution, franchement. Alors qu'il était déjà à terre, l'homme a encore tiré sur lui trois ou quatre fois », dit-il.
Sur une autre vidéo, on entend des rafales de tirs, un autre témoin commentant par ses mots : « Oh mon Dieu, c'est quelqu'un armé jusqu'aux dents. Et il n'est pas tout seul ».

L'atmosphère était tendue alors que les policiers tentaient... (PHOTO LM OTERO, AP) - image 3.0
L'atmosphère était tendue alors que les policiers tentaient de retrouver les auteurs de la fusillade. 
PHOTO LM OTERO, AP
Un policier tente de calmer une femme alors... (PHOTO LAURA BUCKMAN, AFP) - image 3.1
Un policier tente de calmer une femme alors qu'une personne vient d'être arrêtée. 
PHOTO LAURA BUCKMAN, AFP
La manifestation dénonçait les violences de la police envers les Afro-Américains, après la mort cette semaine de deux hommes noirs sous les balles des forces de l'ordre.
Vers la fin de la manifestation, deux hommes « ont commencé à tirer sur les policiers à partir d'une position élevée », a déclaré le chef de la police de Dallas, David Brown.
Le port d'armes de façon visible est légal au Texas pour une personne munie d'un permis.
Des équipes du SWAT, la force d'intervention d'élite de la police, ont été déployées en nombre après que les coups de feu ont éclaté vers 22 h (heure de l'Est), selon des chaînes de télévision locales, et les autorités ont interdit le survol de la ville, sauf par des vols de secours.
« Plusieurs opérations d'inspection fouillée sont en cours pour rechercher des explosifs en centre-ville. Cela prendra du temps », a indiqué Max Geron, un responsable de la police de Dallas.
« Grave problème »
Des policiers se sont alignés, en position de salut solennel ou la main sur le coeur, à l'extérieur d'un hôpital où ont été transférés les dépouilles de leurs collègues, selon des images diffusées par la presse locale.
« Nous, en tant que ville, en tant que pays, devons nous rassembler, nous étreindre et soigner les blessures dont nous souffrons », a déclaré Mike Rawlings, le maire de la ville.
Le rassemblement à Dallas faisait partie de plusieurs manifestations organisée à travers les États-Unis pour protester contre la mort de deux hommes noirs abattus par la police cette semaine, l'un en Louisiane, l'autre dans le Minnesota.
Leur mort a de nouveau plongé les États-Unis face au spectre du racisme policier.
Le président Obama a dénoncé jeudi un « grave problème » rongeant l'Amérique, soulignant que son pays avait vécu « trop de fois des tragédies » et appelant la police à entreprendre des réformes.
Plusieurs manifestations et veillées ont été organisées à travers le pays, comme à Dallas, après la mort de Philando Castile dans le Minnesota et d'Alton Sterling en Louisiane.
Avec des pancartes et des t-shirts appelant à « Arrêter d'exécuter les Noirs » et « Mains en l'air, ne tirez pas », des centaines de manifestants, de tous âges et origines, se sont rassemblés jeudi soir devant la résidence du gouverneur à Saint Paul, capitale du Minnesota.
À Manhattan, plusieurs milliers de personnes se sont dirigées vers Times Square en scandant notamment et « Black Lives Matter », du nom du mouvement qui dénonce les violences policières contre les Afro-américains.

samedi, avril 11, 2015

LETTRE Pour «NOS» acquis

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11 avril 2015 | Grecia Esparza Le 9 avril 2015 | Actualités en société
« Nos acquis valent plus que leurs profits », voilà le titre de la première manifestation à laquelle j’ai participé. Et oui, j’ai manifesté contre le budget d’austérité présenté par le gouvernement libéral et je vous rassure, je sais épeler le mot « austérité ».
 
J’ai marché dans les rues de Montréal avec ma soeur criant avec fierté « NOS acquis valent plus que leurs profits », montant le ton lorsqu’on prononçait le mot « nos », non pas parce qu’il est au début de la phrase, mais bien parce que ce mot signifie beaucoup pour moi. Je suis arrivée au Québec avec ma famille il y a déjà six ans et lorsque nous avons quitté notre pays d’origine, nous avons tout laissé derrière nous. Tout. Une nouvelle vie a commencé pour nous, ici, au Québec. Je n’avais que 13 ans, je ne comprenais pas du tout le choix de mes parents de s’installer au Québec et de nous compliquer la vie en devant apprendre une nouvelle langue, le français. Mais tout a pris son sens lorsque j’ai eu mes premiers cours à l’école, que nous avons reçu une aide financière pour que mes parents puissent apprendre le français sans devoir se soucier de ce qu’ils allaient donner à manger à leurs enfants, ou encore lorsque mon frère est tombé malade et qu’il a reçu des soins gratuits. Car les « acquis » — malgré les défaillances — de la société québécoise font d’elle une société où il fait bon vivre. Où des gens comme mes parents rêvent de voir grandir leurs enfants et pour laquelle ils sont prêts à tout quitter. Je vous avoue que j’ai bien peur qu’avec toutes ces nouvelles mesures que le gouvernement libéral planifie de mettre en place, « NOS acquis » ne soient plus des acquis, mais des oublis.

jeudi, avril 09, 2015

Manifestations en France contre «l’austérité»

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9 avril 2015 09h39 |Agence France-Presse | Europe
Un manifestant à Rennes. Des marches ont eu lieu dans plusieurs autres villes du pays, dont Bordeaux, Marseille et Nantes.
Photo: Damien Meyer Agence France-Presse
Un manifestant à Rennes. Des marches ont eu lieu dans plusieurs autres villes du pays, dont Bordeaux, Marseille et Nantes.
Paris — Des milliers de personnes manifestaient jeudi à travers la France pour dire « stop à l’austérité » et au blocage des salaires, à l’initiative de quatre syndicats qui appelaient aussi à des arrêts de travail.
 
« Le mot d’ordre, c’est contre l’austérité et pour des politiques alternatives à celle du gouvernement et du Medef [patronat]», a expliqué à l’AFP Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, au côté de son collègue de FO Jean-Claude Mailly à la tête d’un cortège parisien long et dense.
 
Les revendications portent sur « la revalorisation des salaires, la réduction du temps de travail, tout ce qui fait en sorte qu’on puisse développer l’emploi », a expliqué Philippe Martinez, alors que le chômage est reparti à la hausse en février avec 3,5 millions de sans-emploi.
 
Les deux autres syndicats à l’origine du mouvement sont la FSU (éducation) et Solidaires. Plusieurs confédérations représentatives — CFDT, CFTC, CGC, CFDT, UNSA — ne s’y sont pas associées.
 
Dans la matinée, plusieurs milliers de manifestants se sont rassemblés en régions, où plus de 80 défilés étaient programmés.
 
Jean-Claude Mailly s’est dit, auprès de l’AFP, « optimiste » sur le plan de la mobilisation, qui intervient une dizaine de jours après les élections départementales marquées par la défaite du Parti socialiste au pouvoir, le progrès de la droite et l’enracinement du Front national (extrême droite).
 
Pour M. Martinez, les salariés ont « sanctionné la gauche » en raison de « l’austérité dont le résultat est le chômage et la montée de la xénophobie ».
 
Hormis dans le transport aérien, où l’appel à la mobilisation télescope un mot d’ordre lancé par le premier syndicat de contrôleurs, les perturbations étaient peu importantes.
 
La Tour Eiffel devait rester fermée jusqu’à 16 h 00 GMT, les personnels d’exploitation (caissiers, agents d’accueil…) du monument payant le plus visité au monde s’étant joints au mouvement.
 
La protestation des syndicats rejoint celle de certains politiques : les écologistes, alliés encombrants des socialistes sans participer au gouvernement, ont demandé un« changement de cap » et la leader socialiste Martine Aubry un infléchissement en faveur« de l’emploi et de la croissance ». L’extrême gauche, dont les communistes, soutient l’initiative syndicale.

UQAM Un collectif d'étudiants et de professeurs demande la démission du recteur

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9 avril 2015 12h54 | Philippe Orfali - Avec Marie-Andrée Chouinard | Éducation
Le collectif demande aussi à l’UQAM de ne pas demander le renouvellement de l’injonction temporaire, qui arrive à échéance lundi, et qui vise à forcer la tenue des cours.
Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir
Le collectif demande aussi à l’UQAM de ne pas demander le renouvellement de l’injonction temporaire, qui arrive à échéance lundi, et qui vise à forcer la tenue des cours.
Un collectif de professeurs et d’étudiants de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) réclame la démission du recteur Robert Proulx, furieux de la «dérive sécuritaire» prise par l’établissement depuis 24 heures.

En conférence de presse jeudi, des représentants des professeurs, des chargés de cours, d’étudiants membres de l’ASSÉ et du groupe Printemps 2015 ont réclamé en choeur le départ du recteur, en réaction aux événements de la soirée et de la nuit dernières, où des manifestations au pavillon J.-A. DeSève ont tourné en affrontements avec les forces policières. 

Ils demandent aussi à l’UQAM de ne pas demander le renouvellement de l’injonction temporaire, qui arrive à échéance lundi, et qui vise à forcer la tenue des cours. Cette injonction n’a pas permis de rétablir le calme. 

La communauté universitaire dénonce le recours à la police et soutient que c’est la décision de la direction de faire appel au SPVM au sein des édifices de l’UQAM qui a mis le feu aux poudres.

La «montée insoutenable de la violence envers les étudiants et étudiantes» est dénoncée par le collectif, qui demande la fin des interventions policières à l’UQAM. Ils dénoncent aussi qu’en période de compression budgétaire, la direction de l’établissement aurait consacré un budget supplémentaire de 500 000$ pour embaucher des agents d’une firme de sécurité privée.

Le recteur Robert Proulx, qui a expliqué au Devoir mercredi soir ne plus pouvoir tolérer les événements de violence au sein de son campus, a pour sa part demandé le soutien du gouvernement pour encadrer le droit de grève des étudiants. Le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, François Blais, doit d’ailleurs prendre la parole à 14h, à Québec, afin de réitérer son appui au recteur Proulx. Il s'est par ailleurs entretenu avec lui jeudi matin.

«Nous ne reconnaissons pas notre institution, sa tolérance et sa vie académique», a dit Marie-Pierre Boucher, du Syndicat des chargés de cours de l’UQAM. «Je m’inquiète de l’attitude de pompier-pyromane de notre recteur», a-t-elle ajouté, disant s’interroger sur la commande politique potentiellement reçue par le recteur.

Alors même que se déroulait la conférence de presse, une marche silencieuse avait lieu dans les murs de l’UQAM, aux pavillon Judith-Jasmin, Hubert-Aquin et celui des sciences de la gestion. Le but des manifestants: «reprendre» l'université après les incidents d'hier.

Manifestation à 12 h 30 

Une autre manifestation doit avoir lieu aux environs de 12 h 30, toujours au sous-sol du pavillon Judith-Jasmin. Les manifestants ont été invités à se déguiser en gardiens de sécurité de la firme Garda, qui assure la sécurité de l’UQAM depuis le début du conflit, avant de défiler dans l’établissement. 

Une contre-manifestation, «en appui à la direction de l’UQAM, aux policiers et aux agents de sécurité», apparemment organisée par des étudiants en gestion, doit avoir lieu en début de soirée. Les participants sont invités à porter du blanc et à arriver munis d’une bougie. 

Pavillon fermé jeudi

En matinée, les manifestants se sont aussi rendus devant le pavillon J.-A. DeSève, mais n’ont pu y entrer puisque celui-ci est fermé pour la journée afin de faire l’évaluation des dommages causés dans la nuit de mercredi à jeudi par certains des manifestants qui s’y trouvaient. La fermeture d’un jour doit permettre de faire l’évaluation des dégâts et de réparer les dommages causés. 

Cela pourrait toutefois prendre plusieurs jours vu l’étendue de la casse : des dizaines de caméras de sécurité ont été arrachées, les fils électriques pendant toujours du plafond lors du passage du Devoir. Les graffitis se comptent par dizaine sur les murs. Et de nombreuses portes et fenêtres ont été brisées ou endommagées par des manifestants masqués. 

Les cours qui devaient être dispensés ce jeudi au pavillon J.-A.-DeSève sont annulés. Les services habituellement offerts à ce pavillon, tels ceux du bureaux de l’aide financière, seront également fermés.

vendredi, avril 03, 2015

DANS LA RUE CONTRE L'AUSTÉRITÉ Les étudiants n’étaient pas seuls

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Plusieurs dizaines de milliers de jeunes, professeurs, pompiers ou simples citoyens ont défilé dans les rues du centre-ville de Montréal


Aidée par la météo clémente en après-midi, la manifestation s’est déroulée dans la bonne humeur générale.
Photo: Jacques Nadeau
 Le Devoir

Aidée par la météo clémente en après-midi, la manifestation s’est déroulée dans la bonne humeur générale.

Ils ont été des dizaines de milliers — jeunes, moins jeunes, étudiants, mais aussi professeurs, pompiers ou simples citoyens — à défiler dans les rues du centre-ville de Montréal, jeudi après-midi, pour protester contre les mesures d’austérité imposées par le gouvernement Couillard. Une manifestation qui s’est déroulée dans la bonne humeur générale, et dans le calme la plupart du temps, qui visait à envoyer un message clair au gouvernement libéral : il faut que ça cesse.

Les manifestants ont paralysé une fois de plus le centre-ville de la métropole dans l’objectif de mener le gouvernement à plier, jeudi soir, à partir de 20 h. Au moment d’écrire ces lignes, aucun débordement majeur n’avait eu lieu.

En après-midi, l’appel à la manifestation nationale contre l’austérité lancé par l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ) avait été entendu par plusieurs dizaines de milliers de personnes.

Le rassemblement a pris naissance aux environs de 13 h au square Victoria. Près de 135 000 étudiants se trouvaient en grève en vertu de nombreux mandats de grève adoptés dans des universités et cégeps de l’ensemble de la province, a tenu à rappeler la porte-parole de l’ASSÉ, Camille Godbout, au tout début de la marche. « 135 000, ce n’est pas rien. On veut forcer [le gouvernement] à réagir. Il est grand temps qu’il aille chercher de l’argent là où il y en a réellement », a-t-elle expliqué, ajoutant que les cégépiens et universitaires ont l’intention de « continuer [à] augmenter la pression de plus en plus » afin de pousser le gouvernement à revoir ses politiques. Après la manifestation du 2 avril, « on va continuer de se mobiliser », a-t-elle promis.

Camille Godbout n’était pas la seule à vouloir transmettre ce message. De nombreuses centrales syndicales et des organismes des milieux communautaires et militants étaient aussi de la partie, tout comme Naomie Tremblay-Trudeau, cette jeune femme de 18 ans ayant reçu un tir de gaz lacrymogène en plein visage, la semaine dernière, lors d’une manifestation tenue à Québec.

Pas d’itinéraire

« Ce gouvernement est illégal : il n’a pas donné son itinéraire », soulignaient de nombreuses pancartes présentes tout au long du parcours, évoquant avec ironie le règlement municipal P-6, qui exige des manifestants qu’ils déclarent leur itinéraire. Ce qui n’avait d’ailleurs pas été fait pour la manifestation nationale, a tenu à préciser l’ASSÉ.

La foule a déambulé dans les rues Robert-Bourassa, Sherbrooke, Saint-Denis, Cherrier, Berri, et Maisonneuve, au centre-ville et dans le Quartier latin, avant de se disperser aux environs de 15 h.

Rencontré sur la terrasse du Café Cherrier, le chef de l’endroit, Christian Darroman, regardait avec une certaine admiration la foule nombreuse qui défilait devant son restaurant en milieu d’après-midi. « Est-ce que ça nous dérange ? Il y a trois ans c’était plus compliqué avec les terrasses, mais on n’a pas ce problème aujourd’hui », a-t-il indiqué, alors qu’il saluait les manifestants.

Dans la fin de la soixantaine, la Canadienne d’origine égyptienne Nadia Alexan tenait à être de la manifestation. Munie de sa pancarte anti-austérité, elle a accompagné les étudiants pendant plusieurs kilomètres. « Vous avez le 99 % qui n’a rien, et le 1 % qui veut s’accaparer tout, comme Philippe Couillard. Ça ne marche tout simplement pas. […]L’université n’est pas une entreprise », dit-elle.

Venue de la Rive-Sud de Montréal, Sophie-Leblond Lessard faisait partie de ces milliers de personnes qui s’étaient déplacées, souvent par autobus nolisés, pour assister au grand rassemblement du 2 avril. « Le printemps 2015, ce n’est pas celui de 2012. Cela touche toutes les sphères de la société, pas juste le milieu de l’éducation », insiste-t-elle. Contrairement à ce qu’évoquait le comité exécutif de l’ASSÉ en début de semaine, le mouvement n’aurait pas avantage à effectuer un « repli stratégique » jusqu’à l’automne afin de militer aux côtés des syndicats, selon elle. « On peut faire les deux. »

Même si une bonne partie des manifestants a quitté les lieux après la fin officielle de la marche nationale, vers 15 h, un groupe composé de quelques milliers de protestataires a par la suite occupé la place Émilie-Gamelin et les rues environnantes pendant un peu moins de deux heures, avant de se disperser progressivement, à la suite de pressions effectuées par les policiers, dont les jambières et les boucliers arboraient eux aussi des slogans anti-austérité. À l’angle de Maisonneuve et d’Amherst, dans le village, les policiers n’ont pas hésité à sortir le poivre de Cayenne pour forcer certains manifestants à battre en retraite.

« On n’a rien volé, nous ! », scandaient alors narquoisement la foule, reprenant, en réaction aux barrages de l’équipe tactique du Service de police de la Ville de Montréal, la formule utilisée ad nauseam par les employés municipaux. Un noyau dur comptant de quelques centaines de manifestants a par la suite été dispersé vers 17 h, lorsque le SPVM a déclaré« illégal » le rassemblement, après avoir donné trois avis.

mercredi, avril 01, 2015

Manifestation du 26 mars: il y aura enquête

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Le policier qui a blessé une étudiante a été placé en congé de maladie

1 avril 2015 | Isabelle Porter à Québec | Ville de Québec
Une étudiante a été blessée au visage lors de la manifestation du 26 mars devant l’Assemblée nationale à Québec.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne
Une étudiante a été blessée au visage lors de la manifestation du 26 mars devant l’Assemblée nationale à Québec.
Le Commissaire à la déontologie policière a ordonné mardi la tenue d’une enquête sur le comportement du policier qui a blessé une étudiante au visage lors de la manifestation du 26 mars devant l’Assemblée nationale à Québec.
 
L’enquêteur désigné par le Commissaire aura six mois pour remettre son rapport. Cet enquêteur fait partie du personnel du bureau du Commissaire et n’appartient à aucun corps policier, a indiqué Me Louise Letarte, du bureau du Commissaire.
 
Le Commissaire a ordonné l’enquête parce qu’il jugeait l’enjeu « d’intérêt public », a-t-elle expliqué. Le bureau avait auparavant reçu six plaintes dans cette affaire.
 
L’annonce de l’enquête a été faite par communiqué en après-midi. À peu près au même moment, on apprenait que le policier en cause avait été placé en congé de maladie par le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ). Or, la veille, le SPVQ avait indiqué au Devoirque ça n’avait pas été jugé nécessaire jusque-là.
 
On ne sait donc pas si le congé du policier découle ou non de l’enquête en déontologie. Selon Me Letarte, cela n’est pas automatique lorsqu’il y a enquête, et la décision relève du service de police.
 
L’avocat de l’étudiante en question, Marc Lemaire, a par ailleurs signalé à Radio-Canada mardi qu’une mise en demeure serait déposée contre la Ville de Québec.

lundi, mars 30, 2015

Des manifestants tentent de perturber une allocution de Leitao

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30 mars 2015 13h20 |Lia Lévesque - La Presse canadienne | Québec
Des manifestants contre la politique d’austérité du gouvernement ont tenté de perturber l’allocution que devait prononcer le ministre des Finances, Carlos Leitao, devant la Chambre de commerce de Montréal.
Photo: Ryan Remiorz
La Presse canadienne
Des manifestants contre la politique d’austérité du gouvernement ont tenté de perturber l’allocution que devait prononcer le ministre des Finances, Carlos Leitao, devant la Chambre de commerce de Montréal.
La présence du ministre des Finances Carlos Leitao devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, lundi midi, a été marquée par plusieurs gestes d’éclat par de petits groupes de manifestants.
La présence du ministre des Finances Carlos Leitao devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, lundi midi, a été marquée par plusieurs gestes d’éclat par de petits groupes de manifestants.
 
Un premier groupe d’une douzaine de personnes a tenté de pénétrer dans la salle avant même que le ministre arrive. Il a été repoussé par le service de sécurité de l’hôtel.
 
Un second groupe qui lui avait déjà réussi à entrer s’est aussi mis à scander des slogans et a été escorte à l’extérieur de la salle. Un troisième groupe de trois manifestants s’est mis à scander « stop Couillard » dès que le ministre s’est mis à parler.
 
Le Service de police de la ville de Montréal a escorté d’autres manifestants à l’extérieur de l’hôtel. Pendant ce temps, d’autres manifestants tenaient une manifestation plus conventionnelle à l’extérieur de l’hôtel sous la neige et la grêle.

samedi, mars 28, 2015

Des manifestants marchent contre les tarifs élevés et les compteurs intelligents d'Hydro-Québec

http://www.journaldemontreal.com/

Des manifestants marchent contre les tarifs élevés et les compteurs intelligents d'Hydro-Québec
S�BASTIEN ST-JEAN/
24 HEURES/AGE
AGENCE QMI
MISE à JOUR 
MONTRÉAL – Des manifestants se rassembleront à Montréal devant le siège social d’Hydro-Québec samedi à 13 h pour dénoncer l’utilisation des compteurs «intelligents» ainsi que les tarifs élevés d’électricité.
Les organisateurs de l’événement intitulé Debout contre Hydro-Québec invitent les Québécois à venir en grand nombre à «cette manifestation pacifique, familiale et légale!»
«Les Québécois au pied du mur! Il faudra se battre et se tenir debout pour une baisse des tarifs», peut-on lire notamment sur la page Facebook de l’événement. Les manifestants demandent aussi un moratoire sur le déploiement des compteurs intelligents et un retrait sans frais des compteurs intelligents installés.
Des discours auront lieu avant le début de la marche dont l’itinéraire a été transmis aux policiers. La porte-parole du mouvement Refusons les compteurs intelligents, Michelle Poisson, s’adressera notamment à la foule.
Les protestataires devraient commencer à marcher vers 13 h 40 et emprunteront les rues University, Sainte-Catherine Ouest, Berri avant de revenir devant les bureaux de la société d’État.

MANIFS ÉTUDIANTES «Il ne faut pas leur donner raison»

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Les policiers adoptent la ligne dure

28 mars 2015 |Isabelle Porter | Québec
Naomie Tremblay-Trudeau a été atteinte au visage par le projectile d’un policier alors qu’elle participait jeudi à une manifestation. Des camarades tentent ici de lui porter secours immédiatement après l’événement.
Photo: Francis Vachon Le Devoir
Naomie Tremblay-Trudeau a été atteinte au visage par le projectile d’un policier alors qu’elle participait jeudi à une manifestation. Des camarades tentent ici de lui porter secours immédiatement après l’événement.
Naomie Tremblay-Trudeau a eu la peur de sa vie quand un policier a dirigé vers elle un projectile brûlant lors de la manifestation de jeudi à Québec. Mais pas question pour elle de se tenir loin des manifestations à l’avenir.
 
« Peut-être que je vais être plus prudente, mais je pense qu’on ne doit pas leur donner raison », a-t-elle dit en entrevue au Devoir vendredi. Quand même, elle ne se tiendra peut-être « pas proche » de la ligne de manifestants qui font face aux policiers.
 
Âgée de 18 ans, Naomie étudie au cégep Garneau en sciences humaines, monde et culture. En 2012, elle était trop jeune « et trop influençable » pour aller marcher avec sa pancarte, raconte-t-elle. Mais depuis quelques mois, elle donne du temps à l’association étudiante du cégep et a commencé à participer à des manifestations contre l’austérité.
 
Pourquoi ? « Parce que c’est les étudiants qui vont écoper, parce que la classe moyenne écope pour les riches. » Elle ajoute que sa mère a accouché d’elle très jeune et que, dans les conditions actuelles, une jeune mère n’aurait probablement pas les moyens d’étudier comme à l’époque.
 
Jeudi, elle dénonçait aussi devant le parlement le règlement municipal sur la paix et le bon ordre qui encadre les manifestations depuis 2012 à Québec. « Cette loi-là est plus violente qu’autre chose », dit-elle. C’est d’ailleurs en l’invoquant que, deux jours plus tôt lors d’une autre manif, la police avait embarqué Naomie et pas moins de 273 autres manifestants pour les éloigner du centre-ville.
 
Elle n’en revient pas encore de ce qui lui est arrivé jeudi. « Je m’attendais à ce qu’ils lancent des bombes lacrymogènes mais pas au visage. En plus, moi je n’ai touché à aucun policier, j’étais dans la quatrième ligne. » Or quand la bousculade a débuté, les lignes ne tenaient plus et Naomie s’est retrouvée à l’avant. Elle essayait de retourner à l’arrière quand elle a vu un policier pointer dans sa direction. « Ça faisait une heure qu’on était là. Je pense qu’il s’est crinqué. »
 
Vendredi, elle et sa mère ont dit vouloir intenter des poursuites. Or selon Naomie, le recours ne viserait pas le service dans son ensemble, mais le policier individuellement.

Une intervention disproportionnée
 
À la Ligue des droits et libertés section Québec, on s’étonne de la « rigidité », de l’« inflexibilité » et de la « violence » déployées par la Ville et son service de police. « C’est inacceptable parce que c’est complètement disproportionné par rapport au problème », plaide le coordonnateur de la Ligue, Sébastien Harvey.
 
M. Harvey a été particulièrement étonné par les propos tenus par le maire Régis Labeaume au lendemain de la première manifestation. « Ils connaissent notre comportement, disait le maire. Ce n’est pas nous qui faisons le choix, ce sont les dirigeants des manifestations qui font le choix de ce qui va se passer. Vous choisissez qu’il y ait de la pagaille si vous ne donnez pas votre itinéraire. »
 
Aux yeux de la Ligue, c’est une « déresponsabilisation complète » de la Ville vis-à-vis de son corps de police. Dans un communiqué publié plus tôt cette semaine, elle avançait que le règlement permettait surtout « d’octroyer une marge discrétionnaire au service de police qui peut s’en servir de façon sélective contre des causes jugées moins légitimes ».
 
Vendredi, M. Labeaume s’est moins avancé dans ses propos mais a réitéré son appui au service de police. La ministre de la Sécurité publique, Lise Thériault, s’est dite quant à elle« troublée » par la vidéo montrant clairement le policier pointer le projectile vers Naomie Tremblay-Trudeau.
 
La jeune femme a été chanceuse dans sa malchance. Elle s’en tire avec une enflure à la bouche et une brûlure au bas du visage. Mais ses yeux, ses dents et sa mâchoire ont été épargnés.
 
Jeudi, le policier maniait « un fusil lance-gaz », une arme intermédiaire utilisée pour projeter des gaz irritants. Au Service de police de la Ville de Québec (SPVQ), on signale que cette arme est utilisée depuis 2010 et qu’on y recoure dans plusieurs autres corps municipaux.
 
Le porte-parole François Moisan affirme que le policier n’a pas reçu de directive pour viser le visage de la jeune femme. Pour l’instant, on ne parle pas d’enquête interne, mais d’un« débriefing » et d’une « analyse des événements ».
 
Vendredi, personne au SPVQ n’était en mesure de nous dire s’il était normal qu’on ait recouru à l’arme aussi près de la cible. Selon l’expert en affaires policières Stéphane Berthomet, les directives mêmes de l’École nationale de police indiquent clairement qu’il ne faut pas cibler le haut du corps avec une arme intermédiaire.
 
« Ce qui est frappant, dit-il, c’est que la fille a été brûlée par la flamme qui sortait du fusil. Elle était tellement près qu’elle a été atteinte par la flamme du canon. »
 
Pour lui, l’intensité des affrontements de cette semaine n’a rien de rassurant. « On reprend ce qui s’est passé en 2012-2012 avec son niveau de stress au maximum », dit-il. Cela risque certes de décourager certains de gagner les rues, dit-il, mais c’est une arme « à double tranchant » puisqu’on risque aussi d’exacerber la colère des autres.


« Je suis matricule 3143 »
La vidéo montrant l’affrontement de jeudi entre manifestants et policiers a beaucoup fait réagir les internautes depuis. Un groupe a même été créé sur le réseau Facebook pour réclamer que le policier qu’on soupçonne d’avoir ciblé Naomie Tremblay-Trudeau soit relevé de ses fonctions. Quelques heures plus tard, un autre groupe a fait son apparition pour se porter à sa défense avec comme titre « Je suis Charles Scott-Simard ». « On ne reculera pas non plus », peut-on lire sur la page d’accueil.